Table des matières
1. Introduction: la littérature féminine algérienne 1
2. Le contexte socioculturel politique et religieux: la crise algérienne et la situation de la
femme en Algérie pendant les années 90 3
2.1. La crise algérienne: la guerre civile 3
2.2. Les lois culturelles et religieuses dominant la vie des femmes: le Code de la Famille 4
3. Informations sur Maïssa Bey 7
3.1. Sa Biographie 7
3.2. Sa profession d écrivaine 7
4. Le roman Au Commencement Était La Mer 10
4.1. Résumé de Au Commencement Était La Mer 10
4.2. Thèmes abordés dans Au Commencement Était La Mer 10
4.2.1. La crise algérienne pendant les années 90: la violence 10
4.2.2. Les interdits imposés par la culture et par la religion islamique 11
4.2.3. Les sources d énergie de bonheur de liberté et d identité 12
4.2.4. La transgression des règles absurdes et injustes 15
4.2.5. La solitude l amour et le plaisir déçus et les mensonges de sa vie 16
4.2.6. La mort 17
4.3. Le style utilisé dans Au Commencement Était La Mer 19
4.3.1. La forme narrative et la structure narrative du roman 19
4.3.2. La langue poétique et symbolique 19
5. Conclusion 21
Bibliographie 22
1. Introduction: la littérature féminine algérienne
Depuis 1990, de plus en plus d’écrivaines algériennes qui écrivent en français publient des textes (par exemple, chroniques, journaux, récits de vie, autobiographies patentes ou masquées, romans ou contes) qui ont comme sujet la réalité algérienne pendant les années 90: ils témoignent surtout de la crise algérienne et de la situation difficile des femmes: [L]a femme est bien celle sur qui s’exerce en priorité la violence en Algérie. Celle-ci, du reste, n’a pas cessé depuis l’Indépendance d’être le centre et le lieu de confrontation des idéologies dans la société mais aussi dans la littérature algérienne. Autour de la figure féminine […] se greffent les dialectiques de la tradition et de la modernité, de l’islam et de laïcité, de l’intégrisme et de la liberté de l’individu. (Ibrahim-Ouali 2002: 6)
En fait, les textes de ces écrivaines sont «des œuvres de combat» (Ireland 1999: 49) qui ont pour but de «décrire et condamner la terreur qui règne en Algérie et la violence faite aux femmes en particulier» (Ireland 1999: 49) et de dénoncer «la folie meurtrière des hommes et les lois injustes d’une société malade» (Ibrahim-Ouali 2002: 5) afin de briser le silence et la soumission des femmes à l’égard des hommes et des interdits culturels et religieux qui déterminent leur vie et les intimident.
L’auteur algérien [...] confronté à la représentation de cette expérience extrême, doit en plus et surtout oser dire, trouver le courage de braver les silences et les interdits. [...] Au-delà des choix et des modes d’expression, la démarche de l’écrivain consiste à prendre la plume comme on prend les armes [...]. (Ibrahim-Ouali 2002: 7)
En général, ces auteures «n’optent pas pour l’essai historique ou sociologique et tentent une expression plus personnelle» (Chaulet-Achour 1998: 7): elles n’ont pas seulement l’intention de décrire la société algérienne objectivement et, en particulier, la violence qui l’a marquée jusqu’à aujourd’hui, mais aussi de donner au lecteur une impression plus réaliste des femmes qui sont souvent enfermées, voilées, opprimées, exposées à des formes différentes de violence – comme, par exemple, «égorgement, viol, avortement, emprisonnement carcéral» (Chaulet- Achour 2005: 74) – ou même assassinées:
[Les] romancières s’efforcent de dépasser les discours politiques et médiatiques afin de donner de cette violence vécue au quotidien une représentation plus complexe, plus nuancée et surtout, paradoxalement, plus humaine. La violence est alors traduite en images et symboles, expliquée parfois en termes crus et choquants [...]. (Ibrahim-Ouali 2002: 6)
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Il en ressort qu’elles mettent au centre de leur écriture la situation de la femme algérienne à la recherche de l’identité et de la liberté et dont l’existence est souvent caractérisée par le désir et des essais de résister à la violence, de transgresser les lois religieuses et socioculturelles et, en général, de braver la domination masculine.
Les motivations littéraires de la plupart de ces écrivaines oscillent entre création et urgence. Cela signifie qu’elles n’écrivent pas seulement pour faire une création littéraire, mais également «sous la pression de l’actualité» (Chaulet-Achour 1998: 8) – c’est-à-dire dans l’urgence ou la nécessité d’exprimer leurs pensées et leurs sentiments quant à la situation de la femme dans la société algérienne.
Les œuvres sont donc prises dans cette tension entre création qui demande distance et médiation esthétique et urgence qui tire vers l’immédiateté du témoignage [...]. (Chaulet-Achour 1998: 10)
Dans ce travail, je m’occupe de ce que Maïssa Bey, une de ces nouvelles écrivaines algériennes, dit sur la société algérienne et sur la place des femmes dans ce contexte socioculturel. En particulier, j’essaie d’analyser la manière dont la situation de la femme pendant la crise algérienne des années 90 est représentée. Afin de pouvoir expliquer comment la fiction double la réalité, je me concentre sur des thèmes liés à la société et à la culture algérienne ainsi qu’au rôle de la femme qui sont abordés dans le roman Au Commencement Était La Mer de Maïssa Bey.
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2. Le contexte socioculturel, politique et religieux: la crise algérienne et la
situation de la femme en Algérie pendant les années 90
Pour qu’on puisse mieux comprendre les messages que Maïssa Bey – comme les autres écrivaines algériennes – veut communiquer par ses œuvres, il faut prendre en considération le contexte socioculturel, politique et religieux de l’Algérie pendant les années 90 qui influençait la place de la femme dans la société à un haut degré. D’abord, voilà une description générale de la situation problématique de la femme algérienne:
La structure familiale [au Maghreb] est de type patriarcal strict et de filiation agnatique (les enfants appartiennent, en exclusivité, au père et à la lignée paternelle); les femmes étant sous tutelle masculine. Le statut féminin qui découle de cette structure familiale est marqué par une infériorisation psychologique et morale doublée d’une surveillance constante et méfiante, coercitive (notamment affective et sexuelle). Le mariage est […] une affaire d’arrangements entre familles et non entre individus. Les sorties hors du foyer ou de la famille sont déconseillées – voire proscrites – si elles ne sont pas accompagnées d’un homme de la famille. La répudiation est licite, de même que la polygamie. Toute activité mettant en contact la jeune fille ou la jeune femme avec les hommes n’appartenant pas à la famille est mal perçue, sinon suspecte. De manière générale, la femme ne peut être crédible et détenir le pouvoir de la parole que lorsqu’elle est âgée et qu’elle ne peut plus être un objet de désir sexuel pour les hommes. Enfin, de droit, l’héritage est favorable aux hommes. Néanmoins, il est reconnu à la femme un territoire d’autorité: sa maisonnée (bonne nourriture, bonne éducation des enfants, bons soins et bonne marche générale du foyer). Quant à la sexualité proprement dite, à condition qu’elle soit conjugale, elle ne fait l’objet d’aucun interdit religieux […]. (Sow 1991: 220).
2.1. La crise algérienne: «la guerre civile»
L’Algérie est devenue un état indépendant après la guerre d’indépendance contre la présence coloniale française qui avait duré de 1954 à 1962. Après plusieurs années de gestion autocratique (1962-1989), pendant lesquelles le Front de Libération Nationale (FLN) avait été le parti unique, l’Algérie est entrée dans un processus de démocratisation (par exemple, l’introduction d’une nouvelle constitution, du multipartisme et de la liberté de presse), notamment après les émeutes d’octobre de 1988. En 1991, le Front Islamique du Salut (FIS), une formation politique algérienne militant pour la création d’un État islamique, est entré dans le champ politique et cela a provoqué l’intervention de l’armée: craignant une victoire du FIS, le gouvernement a annulé les élections après les résultats du premier tour. Cela a marqué le début du conflit et d’une vague de violence et de terrorisme en Algérie qui dure jusqu’à nos jours. Après l’interdiction du FIS et l’arrestation de beaucoup de ses membres, divers groupes de guérilla islamiste – comme le Mouvement Islamique Armé (MIA) et le Groupe Islamique Armé (GIA) – ont émergé et ont commencé une lutte armée contre le gouvernement et ses
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partisans (surtout l’armée et la police), et puis, les intégristes attaquaient aussi des civils (cf. Barrada et al. 1995: 132-146).
Donc, pendant les années 90, «la décennie noire» ou «la décennie du terrorisme», le pays se trouvait dans une quasi guerre civile qui opposait le gouvernement algérien et des groupes islamistes. La violence se manifestait par de nombreux assassinats, rafles, incendies criminels, attentats à la bombe et attentats suicides. Selon les statistiques officielles, cette guerre a coûté la vie à plus de 100 000 personnes. À la fin des années 90, la longue crise algérienne semblait être terminée: après l’élection d’un nouveau président (Abdelaziz Bouteflika) de la république d’Algérie en 1999: il a ordonné une amnistie par la loi sur la concorde civile et a promis d’introduire des mesures pour mettre un terme à la crise violente qui dominait le pays. D’abord, le conflit et la violence semblaient diminuer, mais, en réalité, des combats violents continuent toujours, le nombre de gens tués augmente à nouveau et donc, la crise du pays n’est pas vraiment finie (cf. Le Monde 2005: http://www.lemonde.fr/ web/module_chrono/0,11-0@2-3212,32-691961@51-689863,0.html).
2.2. Les lois culturelles et religieuses dominant la vie des femmes: le Code de la Famille
Le Code de la Famille a été adopté le 9 juin 1984 par l’Assemblée Populaire Nationale (APN), constitué d’un parti unique, le FLN. Le Code est basé sur la Charia, la loi islamique, réglemente le statut personnel de la femme en Algérie et définit les lois concernant les relations familiales. Au lieu de protéger la femme, le Code la livre à une vie déterminée par des incertitudes. D’une part, il est complètement en opposition avec les droits humains fondamentaux et, d’autre part, il est en contradiction avec la constitution algérienne qui garantit l’égalité des droits entre les hommes et les femmes. En fait, le Code ne reconnaît aucun droit de la femme, mais institutionnalise son infériorité, notamment en ce qui concerne le mariage, le divorce, la tutelle des enfants, le travail et l’héritage. Entre autres, le Code contient les lois suivantes:
S la reconnaissance d’être propriété du père ou d’un des ses proches parents masculins (article 65) ou sous l’autorité du mari qui est le chef de la famille (article 39) S l’obligation d’avoir un tuteur matrimonial (père, frère, oncle) pour se marier (article 9, 11) S l’impossibilité d’épouser un non-musulman (article 31) S la reconnaissance de la polygamie (article 8) S l’inégalité de l’héritage entre les femmes et les hommes (articles 126, 183) S la possibilité pour le mari de la dissolution du mariage par répudiation (article 48) (cf. Tilmatine 1999: 11-12)
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Par contre, la demande de divorce est extrêmement difficile à obtenir pour la femme: elle doit prouver l’infidélité et les fautes de son mari ou acheter sa liberté par une somme d’argent, le «khol» (article 54). En tout cas, le divorce met la femme dans une situation matérielle et morale catastrophiques. Tout l’argent et le logement appartiennent au mari à qui l’autorisation parentale est également attribuée. En plus, comme le droit des femmes à l’éducation et au travail dépend de l’autorisation du père, du tuteur matrimonial ou du mari, et comme la plupart d’entre elles donc n’ont ni de formation ni d’expérience, elles n’ont pas de chance de trouver du travail (cf. Tilmatine 1999: 11-12).
Après son introduction, le code était soutenu par les conservateurs, et, en particulier, par les intégristes selon lesquels l’égalité des droits entre hommes et femmes était une erreur fondamentale qu’il fallait combattre et, en plus, que les femmes étaient «responsables des maux économiques et sociaux du pays» (Tilmatine 1999: 17). Par contre, les féministes et les partis de gauche le dénonçaient, car il imposait aux femmes certaines conditions de vie et déniait l’égalité entre les sexes. En fait, surtout au cours des révoltes d’octobre 1988, beaucoup d’opposants se sont organisés et manifestaient pour l’abolition – ou au moins une révision – du Code et, en général, pour une amélioration de la condition des femmes (par exemple, l’Association pour l’Égalité devant la Loi entre les Femmes et les Hommes/A.E.L.F.H., l’Association pour l’Émancipation de la Femme/A.E.F., l’Association pour la Défense et la Promotion des Droits de la Femme/A.D.P.D.F.). Quatre ans après l’adoption du Code, il y avait une trentaine d’associations, mouvements et collectifs des femmes qui formaient une coordination nationale des femmes. En conséquence, ces femmes devenaient l’objet de violence massive, mais continuaient à s’opposer au Code, même au risque de leur vie (cf. Tilmatine 1999: 13-17).
Après plusieurs années de révolte des femmes contre la pression des intégristes et pour la libération de la femme, le gouvernement algérien a finalement réagi à leurs revendications: en 2005, le Code de la Famille a été révisé par certains amendements et ainsi, les femmes en Algérie ont obtenu plus de droits. Entre autres, la réforme du Code de la Famille a accordé des droits et des avantages aux femmes en ce qui concerne, par exemple, l’obéissance au mari, le mariage avec un non-musulman, le choix du tuteur matrimonial, la divorce (par exemple, l’introduction de trois motifs de divorce supplémentaires: la violation du contrat de mariage, la mésentente et la violence), le partage de l’autorité parentale et la restriction de la polygamie (cf. Gillet 2007: http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_jeune_afrique.asp?art_cle =LIN29077lecodmrofre0).
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Olivia Frey, 2007, Maïssa Bey - Au Commencement Était la Mer, Munich, GRIN Publishing GmbH
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maissa bey
au commencement etait la mer.
maissa bey est une auteur algerienne qui a redigé un roman pendant la periode noire de l'algerie:dans ce roman elle araconté son pays et a representé des personnages veullent gagner leur liberté
on Tuesday, November 11, 2008-