Les émeutes en France en automne 2005. L'impasse des banlieues


Dossier / Travail, 2010

22 Pages, Note: 1,3


Extrait

2
1) Table de matière
1)
Introduction...3
2)
Emeutes en France...4
1- Définition de l'émeute... 4
2-
Les émeutes en 2005...5
3-
Les raisons des émeutiers...5
3)
Ségrégation Urbaine...6
1- Les ZUS-Zones Urbaines Sensibles...6
2- Un aperçu historique des banlieues...7
3-
Problématiques caractéristiques des Zones Urbaines Sensibles...9
1-le chômage...9
2-situation familiale...10
3-système éducatif et accès à l'éducation et à la formation...11
4)
Impasse politique...13
1)
Une politique menée de manière paternaliste-la politique de la ville n'a créé ni
participation ni médiation...13
2) L'émeute comme revendication politique...14
5)
Robert Castel-La discrimination négative...15
1)
La discrimination négative...15
2)
La discrimination lors de l'emploi...16
3)
Le rôle discriminatoire de la police...17
4)
La discrimination religieuse...19
5)
Les lois mémorielles mettant dans une lumière positive les effets de la colonisation..20
6) Conclusion...21
7) Bibliographie...22

3
1) INTRODUCTION
En me rapprochant aux émeutes apparues en France en automne 2005, nous allons
tenter d'expliquer les raisons pour lesquelles ces émeutes ont pu prendre une telle ampleur.
Celles-ci s'expliquent, surtout par l'impasse dans laquelle les habitants des banlieues, dites
Zones Urbaines Sensibles, se trouvent. En effet, les jeunes des banlieues sont confrontés
quotidiennement à des situations humiliantes subissant discriminations et stigmatisations avec
un manque total de perspectives, dans un contexte économique et social problématique,
s'accompagnant inévitablement d'un climat de violence omniprésent.
Dans un premier temps, je veux essayer de m'approcher au phénomène français de l'émeute,
en donnant une définition du terme de l'émeute, ainsi que de son dérive afin de tenter un vite
aperçu des émeutes en automne 2005. C'est ici également, qu'il faut prendre en considération
le rôle qu'a joué le ministre de l'intérieur, actuellement président de la République Française,
Nicolas Sarkozy. Ensuite, je vais donner un bref aperçu des raisons de la participation aux
émeutes de l'émeutier
C'est dans un deuxième temps, que je veux aborder les raisons plus profondes pour lesquelles
les émeutes françaises en 2005 ont pu prendre une telle ampleur. Ceci d'abord, en me
spécialisant sur la ségrégation urbaine, en expliquant le terme « banlieue » et afin de parvenir
ensuite aux Zones Urbaines Sensibles, car en 2005, c'est majoritairement dans les quartiers
dits sensibles que les émeutes ont eu lieu. Ici, il faut prendre en compte le développement des
Zones dites sensibles, reléguées aux portes de la ville, qui se sont de plus en plus paupérisées
ainsi qu'ethnicisées, surtout depuis la crise économique ainsi que le changement profond du
marché du travail depuis les années 1970.
Enfin, nous allons décrire quelques caractéristiques de manière plus profonde de ces Zones
Urbaines Sensibles, dont le taux élevé du chômage, la situation familiale ainsi que la situation
vis à vis du système éducatif.
Ensuite, je vais parvenir à l'impasse politique, donc une politique menée de manière
paternaliste qui a pour conséquence que ce sont les émeutes qui restent en quelque sorte le
moyen d'exprimer la colère pour les jeunes.
Enfin, le dernier facteur, qui sera pris en compte ici est la « discrimination négative »
1
, telle
qu'elle est définie par Robert Castel. Nous aborderons la discrimination dans le rapport de
l'emploi, la discrimination policière et enfin la discrimination en ce qui concerne la religion
musulmane, pour aborder finalement la loi mémorielle de 2005.

4
2-EMEUTES EN FRANCE
2.1) Définition de l'émeute
Depuis environ un quart de siècle, la France a connu plusieurs formes d'émeutes dans
les banlieues françaises apparues de manière très régulière. Les émeutes se caractérisent
spécialement par des affrontements nocturnes entre les jeunes (souvent issus de l'immigration
et au chômage) ainsi que les forces de l'ordre.
2
Les premières émeutes éclatent en septembre
1979 dans le quartier de la Grappinière, à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, où les
jeunes affrontent la police et incendient les voitures.
3
Le terme « émeute » dérive du verbe
«émouvoir » et « depuis le Moyen Age à la Renaissance, une « esmote » désigne une émotion
collective prenant la forme d'un soulèvement populaire spontané. »
4
« L'émeute est donc une
émotion collective populaire et spontanée. » Depuis les années 1980, donc en forme
contemporaine, l'émeute a presque toujours commencé à cause de la mort ou de la blessure
d'un ou de plusieurs jeunes au cours d'un drame, très souvent provoqué par la police.
5
Pourtant, les émeutes qui se sont succédées dans les trente dernières années dans les
banlieues françaises n'ont jamais eu un impact aussi fort que celles de 2005, de par sa
réception internationale et nationale, de par son extension dans près de 300 communes en
France et de par la participation d'un grand nombre de jeunes ainsi que par les dégradations
constatées.
2.2) Les émeutes en 2005
C'est le 27 octobre 2005, après l'électrocution de trois jeunes dans un transformateur
EDF (dont deux décèdent) qui tentaient échapper la police que les émeutes éclatèrent, à
Clichy-sous-Bois, une commune située à 15 km dans l'est de Paris dans le département Seine-
Saint-Denis.
6
Trois jours plus tard, le jet d'une grenade lacrymogène tirée par les CRS, devant
la Mosquée Bilal, à Clichy-Sous-Bois, lors de la prière durant le temps de Ramadan, aggrave
la situation. Aucune excuse ne suit cet acte venant des représentants de la République
Française. Selon le maire de Clichy-Sous-Bois, Claude Dilain, c'est cet évènement qui met en
1
Castel, Robert, La discrimination négative, Condé-sur-Noireau : Éditions du Seuil et La République des Idées,
octobre 2007.
2
Mucchielli, Laurent; Le Goaziou, Véronique, Quand les banlieues brûlent, Paris : Editions la Découverte,
Paris,2006,p.5.
3
Les Banlieues, Manière de Voir, Paris : SA Le monde Diplomatique, octobre-novembre 2006, p.13.
4
Mucchielli, Laurent; Le Goaziou, Véronique, Quand les banlieues brûlent, Paris : Editions la Découverte,
2006,p 11-26.
5
Mucchielli, Laurent ; LeGoaziou, Véronique, Quand les banlieues brûlent, Paris : Editions la Découverte,
2006,p 11-26.
6
Vidal, Dominique, Casser l'apartheid à la française, Les Banlieues, Manière de Voir 89, Paris : SA Le monde
diplomatique, novembre 2006, p.13.

5
évidence la relation ambivalence que la République Française entretient avec la Communauté
Musulmane, car «cet événement présente une agression ».
7
A partir du 1er novembre, les incendies de voitures ainsi que les affrontements avec les forces
de l'ordre se propagent progressivement en Seine-Saint-Denis et à plusieurs villes en France.
Le 8 novembre 2005, le gouvernement proclame l'Etat d'urgence
8
, qui restera en vigueur
jusqu'en janvier 2006. Le calme ne reviendra qu'en mi-novembre. Presque 10.000 véhicules
sont incendiés (comparé à 28 000 véhicules entre le 1er janvier et le 30 septembre ainsi que
presque 6000 interpellations succédant les émeutes.)
Quant aux émeutes en automne 2005, il faut également prendre en considération le rôle qu'a
joué le ministre de l'Intérieur de cette époque, actuellement président de la République,
Nicolas Sarkozy. Ce dernier a en quelque sorte mis le feu aux poudres dans toute l'affaire, en
juin 2005 avec l'annonce du nettoyage au « Kärcher » des jeunes délinquants lors d'une visite
de la Cité parisienne « La Courneuve » ainsi qu'en insultant des émeutiers « racaille » sans
retirer cette nomination.
9
Mais le discours de Nicolas Sarkozy cherchant à atteindre un certain
électorat ainsi que des médias s'est beaucoup durci en se référant aux jeunes des banlieues
ainsi qu'à la population issue de l'immigration. C'est un discours assez méprisant et radical
qui stigmatise ces jeunes de « voyous » ou bien de « violeurs en bandes ». C'est aussi face à
l'Islam que le discours se sert de stéréotypes, et proclame qu'il s'agissait de groupes
islamistes. Ce discours renforce le fossé entre le public concerné et le reste de la population et
a laissé un malaise profond.
10
2.3) Les raisons de la participation aux émeutes des émeutiers
Comme nous l'avons vu précédemment, les raisons de la participation aux émeutes en
automne 2005 ont été déclenchées par la mort de deux jeunes ainsi que la tire d'une grenade
lacrymogène par la police. Plus profond est la colère envers les institutions, telles que l'école,
c'est-à-dire l'échec scolaire que beaucoup ont du subir, ainsi que des situations
discriminatoires face à l'embauche, très souvent vécu comme des expériences humiliantes
8
Il faut ajouter ici que l'Etat d'Urgence n'a pas été proclamé depuis la Guerre d'Algérie, le 3 avril 1955, utilisée
une seule fois depuis en Nouvelle-Calédonie. L'Etat d'Urgence « permet aux préfets d'interdire la circulation
des personnes et des véhicules à certaines heures et sur certains territoires, de prononcer la fermeture provisoire
des salles de spectacles et de débits de boissons, l'interdiction des réunions, l'assignation à résidence de certaines
personnes, la possibilité d'effectuer des perquisitions de nuit et mêmes de poursuivre à l'intérieur des résidences
privées les suspects en fuite. » retiré de Laurent Mucchielli, Véronique LeGoaziou, Quand les banlieues brûlent,
Paris, Editions la Découverte, Paris,2006,p.15-20.
9
Vidal, Dominique, Casser l'apartheid à la française, Les Banlieues, Manière de Voir 89, Paris : SA Le monde
diplomatique, novembre 2006, p.13.
10
Bonelli, Laurent, Les raisons d'une colère, Les Banlieues, Manière de Voir 89, Paris : SA Le monde
diplomatique, novembre 2006, p.6.

6
personnelles. On peut parler de manière générale d'un manque de perspectives réelles qui
pourraient les aider à se sortir des banlieues. En général, c'est la situation humiliante dans
laquelle se trouve l'émeutier vis à vis de la société qu'il fait entendre sous forme d'une
émeute. La plus grande haine se dirige néanmoins contre la police, car beaucoup
«considèrent que la source quotidienne de leur sentiment d'injustice et d'humiliation est
d'abord leur relation avec la police.»
11
« Et c'est bien cela le fond de leur révolte, ce sont des
sentiments d'injustice, d'abandon, d'absence d'avenir et de cynisme du reste de la société, qui
finissent par constituer une « victimisation collective » qui justifie et qui libère leur colère
dans le moment de l'émeute.»
12
Les émeutes n'ont connu aucune organisation, mais se sont
déroulées de manière spontanée et se constituaient de petits groupes en affront avec la police.
3) SEGREGATION URBAINE
Les Zones Urbaines ou des quartiers dits sensibles se développent, lorsque les
populations issues des couches moyennes ou avec des revenus plus élevés les quittent et que
les classes populaires y demeurent et ne disposent pas de beaucoup de choix en ce qui
concerne leur lieu de résidence. Suite à ce développement, l'image de ce quartier se dégrade
et donc les populations favorisées sont encore plus réticentes à venir habiter dans ces
quartiers. Dans un premier temps, historiquement, le terme «banlieue» signifie « lieu » de
«ban», donc un lieu pour ceux qui doivent «vivre hors des murs», lorsqu'il leur est interdit de
résider au sein de la ville. Le terme porte donc une connotation négative en soi qui désigne
l'exclusion, la relégation ainsi que la marginalisation. Dans un premier temps, la périphérie
parisienne a accueilli les paysans venant en ville, ensuite les différentes vagues d'immigration
étant venus durant le XX. siècle.
13
3.1) LES ZUS--Zones Urbaines Sensibles
Les violences en automne 2005 ont essentiellement eu lieu dans les quartiers les plus
défavorisés du pays, concentrés dans des zones urbaines et nommés « Zones Urbaines
Sensibles » (ZUS). Ces zones urbaines ont un taux élevé en ce qui concerne le chômage, la
délinquance, l'échec scolaire, une grande densité de logements sociaux ainsi qu'une large
population issue de l'immigration. Des « Cités hors de la ville » comprennent 4,7 millions
11
Mucchielli, Laurent ; LeGoaziou, Véronique, Quand les banlieues brûlent, Paris : Editions la Découverte,
2006, p.21
12
Mucchielli, Laurent ; LeGoaziou, Véronique, Quand les banlieues brûlent, Paris : Editions la Découverte,
2006, p.23.
13
Ramoet, Ignacio, Une révolte française, Les Banlieues, Manière de Voir 89, Paris : SA Le monde
diplomatique, novembre 2006, p.4.

7
d'habitants. Il existe en tout 751 zones urbaines sensibles. Le terme « Zones Urbaines
Sensible » (ZUS) décrit les territoires intra-urbains, ainsi que des cibles prioritaires de la
politique de la ville, mais il ne s'agit pas forcement des banlieues. Par les Zones Urbaines
Sensibles, on comprend également des quartiers dans la ville qui font face à des problèmes
particuliers, les émeutes en 2005 ont néanmoins eu lieu principalement dans les banlieues
faisant parties des ZUS.
14
3.2) Un aperçu historique des Banlieues
A la fin de la deuxième Guerre Mondiale, la France fait face à une très grave crise du
logement et le nombre des mal-logés atteint 11 millions de personnes au milieu des années
1950.
15
La pénurie des logements s'explique d'une part par des destructions subies dans
certaines régions durant la guerre, ainsi que d'un «effort considérable de modernisation
entreprise par le pays et du vigoureux rattrapage de son développement économique», qui
était assez affecté par la guerre
16
. Ce rattrapage se prolongeait durant les « Trente
Glorieuses », c'est-à-dire de 1947 à 1974. Durant cette époque, la croissance économique était
rapide et la société connaissait le plein-emploi. Il existait même une insuffisance de main-
d'oeuvre qui a conduit à favoriser l'immigration liée au travail. C'est ainsi que l'époque
nommée est marquée par un fort afflux, d'abord de populations d'origine rurale dans les
villes, puis d'immigrés venant pour travailler en France. De plus, dû à l'immigration de
travail, nécessaire à cause d'un manque de la main-d'oeuvre, du Portugal, de l'Espagne ainsi
que des anciennes colonies, il se développait des bidonvilles autour des villes où les immigrés
venus travailler en France, vivaient souvent en communautés séparées l'une de l'autre, dans
les situations très précaires. Ce n'est qu'en 1976 que le dernier bidonville est détruit à Nice
17
.
C'est pour cela qu'il fallait construire très rapidement un grand nombre de logements au coeur
ou bien à proximité des zones urbaines et les cités de transit, censées être provisoire et
succéderont les bidonvilles. Donc, entre 1958 et 1973, 195 zones à urbaniser en priorité
(ZUP) sont créées comprenant deux millions de logements, essentiellement dans les HLM à
vocation locative»
18
.
14
Fitossi, Jean-Paul; Laurent, Éloi; Maurice, Joël, Ségrégation urbaine et intégration sociale, Paris : La
Documentation Française, 2004, p.20.
15
Castel, Robert, La discrimination négative, Condé-sur-Noireau : Edition du Seuil de la République des idées,
octobre 2007, p.15-24
16
Fitossi, Jean-Paul ; Laurent, Éloi; Maurice, Joël, Ségrégation urbaine et intégration sociale, La
Documentation Française, Paris 2004, p.55.
17
Les Banlieues, Manière de Voir 89, Paris : SA Le monde diplomatique, novembre 2006, p.11.
18
Fitossi, Jean-Paul; Laurent, Éloi; Maurice, Joël, Ségrégation urbaine et intégration sociale, Paris, La
Documentation Française, 2004, p.20.
Fin de l'extrait de 22 pages

Résumé des informations

Titre
Les émeutes en France en automne 2005. L'impasse des banlieues
Université
European University Viadrina Frankfurt (Oder)
Note
1,3
Auteur
Année
2010
Pages
22
N° de catalogue
V376610
ISBN (ebook)
9783668538306
ISBN (Livre)
9783668538313
Taille d'un fichier
471 KB
Langue
Français
mots-clé
france
Citation du texte
Caro Feistritzer (Auteur), 2010, Les émeutes en France en automne 2005. L'impasse des banlieues, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/376610

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