Devenir, être et rester porte-parole de la minorité. Trajectoire militante d'un ouvrier de l'automobile à Lutte Ouvrière


Mémoire d'Examen Intermédiaire, 2017
39 Pages, Note: 17.5

Extrait

SOMMAIRE

FICHE ENTRETIEN

INTRODUCTION : DU TROTSKISME EN SES ÉTATS & DE LA MATIÈRE PRÉ-ENTRETIEN

I – DEVENIR POLITIQUEMENT (D’EXTRÊME GAUCHE)
1. DES PRÉDISPOSITIONS À L’ENGAGEMENT
2. S’ENGAGER, PAR AFFECTS, ET PAR AFFINITÉ(S)

II – APPARTENIR À L’UNION COMMUNISTE POUR/ET APPARTENIR À SA CLASSE
1. DES STIGMATES DE L’OUVRIER (EN SOI)
2. REPRÉSENTER ET SE BATTRE (POUR SOI)

III - FAIRE SA PLACE : DU « STREET LEVEL ACTIVIST » AU PORTE PAROLE RECONNU ?
1. UN LEADERSHIP LÉGITIMISTE
2. ÊTRE L’OBLIGÉ.E
CONCLUSION GÉNÉRALE :
APPORTS RÉFLEXIFS ET MATIÈRE POST-ENTRETIEN

ANNEXES
1. GRILLE D’ENTRETIEN
2. RETRANSCRIPTION
« JE SUIS D’UNE FAMILLE COMMUNISTE »: LA SOCIALISATION POLITIQUE
« LES GOSSES DE RICHES RELEVAIENT LA TÊTE »: L’ENTRÉE À LUTTE OUVRIÈRE
«JE L’AI PAS VU VENIR ! »: LA PRISE DE RESPONSABILITÉ
« OH, C’EST BIEN PLUS QUE 11 OU 12 % ! »: LES CANDIDAT.E.S OUVRIER.E.S

ENTRETIEN AVEC EDOUARD PERRIC

Ouvrier de l’automobile à l’usine TOYOTA de Douai

Entretien réalisé le 9 novembre 2017

Durée : 1h35 minutes. Edouard Perric a 51 ans au moment de l’entretien (né en 1966), il est ouvrier de l’automobile à l’usine TOYOTA de Douai. Il est titulaire d’un baccalauréat C (mathématiques et sciences physiques). Il réalise par la suite 2 ans en classes préparatoires puis 1 an à l’université de Lille 1 en DEUG-A. Finalement, il abandonne ses études pour des raisons financières après avoir perdu les bourses, ayant été très investi au comité de grève pendant les mobilisations contre la Loi Dewacquet et n’ayant pu obtenir de résultats assez satisfaisants à son premier semestre.

Il vote pour l’Union Communiste - Lutte Ouvrière depuis ses 18 ans, puisqu’il en est adhérent depuis sa Terminale. Il est actuellement le porte parole régional de son organisation. A déjà été candidat aux municipales en 2008 et 2014 à Orchies, aux régionales 2010 et 2015 du Nord/Pas-deCalais/Picardie, et aux législatives 2017 dans la 17ème circonscription du Nord. Il est syndiqué à la CGT de l’usine TOYOTA de Douai, dont il est le responsable syndical.

Par ailleurs, il n’a pas d’engagement associatif ou politique extérieur ; Profession des parents & précision - Père : ouvrier à l’usine RENAULT-Douai, scaphandrier, puis ouvrier dans le bâtiment, délégué CGT, a fait l’Algérie et en voulait à Mitterrand du sacrifice de la sa génération. Mère : ? Cartée à la CGT ;

Profession des grands parents : 2 grands-pères mineurs dans le bassin-minier du Douaisis ;

N’a pas tenu à renseigner sa situation familiale personnelle. (Nous ne lui avons pas demandé explicitement) ;

L’entretien a été réalisé au bar/café « Le lion belge » dans le quartier Lille Flandres, un jeudi en fin d’ après-midi. Géographiquement situé à côté de la gare, d’où l’enquêté, douaisien, sans doute arrivé en train après l’usine. Nous n’avons pas été dérangés pendant l’entretien sinon par le bruit de fond du bar. Edouard Perric a été contacté grâce à un contact sur Facebook de longue date, remontant au moment des élections régionales 2015, où nous avions ajouté l’enquêté pour prendre connaissance de ses actualités, dans un intérêt d’information personnel. Edouard a précisé ne pas être contre l’entretien sur le principe, lors d’une première approche par message, nous conseillant e le recontacter début novembre. Lors du second contact, nous avons fixé le rendez-vous, et l’entretien s’est parfaitement déroulé. A tel point que l’enquêté n’a pas vu le temps passer, et a dû quitter en hâte le bar à la fin.

INTRODUCTION : DU TROTSKISME EN SES ÉTATS & DE LA MATIÈRE PRÉ-ENTRETIEN

De Pierre Lambert à Lionel Jospin, en passant par Alain Krivine, Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Pierre Broué ou encore Daniel Bensaid, le trotskisme a littéralement marqué, depuis la fin de la seconde guerre mondiale jusqu’à nos jours, 60 ans d’histoire politique française, structurant toute une frange des courants intellectuels de gauche de la seconde moitié du XXème siècle, et socialisant, en outre, politiquement une partie de la jeunesse1 qui ne manqua pas de nourrir ses rangs, encore que cela soit dans des contextes particuliers2.

Sur les « événements » révolutionnaires, et sur les carrières de ceux et celles y ayant participé, la littérature est abondante. A plus forte mesure encore depuis les années 2000[1], où l’extrême-gauche a pu se voir qualifiée d’un regain d’intérêt de la part des études en sciences sociales sur le sujet, du fait de son renforcement électoral au tournant de l’élection présidentielle de 2002, lequel pourrait paraître, dans une perspective téléologique, comme une anecdote, quand il n’a pourtant pas manqué de déchaîner la presse, de façon parfois calomnieuse[2].

1 Encore que celle-ci soit spécifique. Cf, à ce sujet : Birnbaum, Jean. « Transmission révolutionnaire et pédagogie de la jeunesse. L'exemple des trotskismes français », Histoire@Politique, vol. 4, no. 1, 2008

2 En analogie au concept de moment de Pierre Robert Baduel analysant la Révolution Tunisienne comme catégorie d’espace-temps singulier -ni grossièrement spontané, ni ostensiblement déterministe- (in « Le temps insurrectionnel comme « moment politique ». Tunisie 2011 », Revue internationale de politique comparée, vol. vol. 20, no. 2, 2013, pp. 33-61.) on pourrait, qualifier de « moment » de socialisation politique le trotskisme en France. A condition d’y adjoindre la précision suivante : si le trotskisme a structuré la pensée politique du siècle dernier, ce fut dans des contextes multiples, et particulièrement détachées du temps long, où celui-ci connaît une aura culturelle si prégnante qu’il devient structurant, dans les milieux de gauche. De ce « moment » de socialisation politique trotskiste, nous pouvons retenir trois sous-moments notables : « ouvriers en 47 lors des grèves dites « molothov », puis étudiants des années 50 à la fin 70 avec les guerres d’indépendances et l’ « événement » 68 (Dosse, François. « II. Le cas de l'événement Mai 68 : une prolifération de sens », 2010), et depuis le début des années 2000 jusqu’à dernièrement, au travers de plusieurs rebondissements électoraux et des questions altermondialistes.

C’est d’ailleurs, souvent à l’aune de représentations simplistes, ou tout du moins simplifiées, que l’extrême-gauche française est appréhendée par la profession journalistique, et par un certain nombre de dirigeant.e.s politiques[3], ce qui est bien loin d’épuiser le sujet, quand, dans une perspective plus réflexive sur le rapport aux normes et aux systèmes de valeurs des organisations trotskistes et de ses militant.e.s, dans la précision de leurs particularismes de localité, de cellules, de courants et de tendance partisanes, on peut déplorer un certain manque d’intérêt pour l’extrêmegauche en ses logiques d’engagement et d’action collective.

Si le travail des journalistes est la courroie de transmission d’un sujet par le biais médiatique, le souci d’objectivité, dans l’information journalistique ne peut pas être réduite à un problème d' « honnêteté », ou de « partialité » (les deux seraient prétendument antagonistes). En effet, s’il est d’une part tout à fait difficile de prétendre vérifier scientifiquement l’objectivité d’une personne, nous pouvons convenir que la matérialisation de la pensée de chacun se fait, sans exception, par la complexion individuelle et les schèmes de perception de chacun.e, lesquelles sont propre aux socialisations et expériences passionnelles qu’il/elle a experiencé. Ce qui rend bien idéaliste le postulat d’une abstraction telle que l’ « objectivité », laquelle n’est, de toute façon, pas non plus vérifiable scientifiquement, c’est à dire sujette au critère de falsification.

Sans vouloir nous lancer dans une entreprise de sociologie de la médiatisation de l’extrêmegauche, il y a lieu de se demander : l’extrême-gauche, en général, et les trotskistes, en particulier, ne seraient-ils pas encore de grand.e.s incompris.e.s ? C’est en somme, ce qui a pu motiver notre démarche à un objet d’étude aussi délaissé, et à un terrain en apparence peu facile d’accès.[4]

Plus encore, et de façon connexe, nous avons eu lieu de nous étonner récemment d’un fait pour le moins marquant : en France lors des législatives du 11 et 18 juin 2017, alors que l’on retrouve un pourcentage d’ouvrier.e.s candidat.e.s proche de 1,71 %, il apparaît que la moitié d’entre eux (68/135 parmi les 7882 candidat.e.s) sont candidat.e.s à l’extrême gauche.[5] Sur l’ensemble des candidats d’extrême gauche[6], 10,2 % sont ouvriers, ce qui les rends 5,96 fois plus représentatifs des candidats ouvriers que dans la moyenne des formations politiques.[7] Comment comprendre ces taux, qui, même pour des organisations prétendant agir dans une perspective de défense des intérêts des classes populaires telles que le Parti Communiste Français ou plus contemporainement la France Insoumise, peuvent être décevants ? Il faut convenir, comme le souligne Julian Mischi[8] au sujet du PCF, que sa « désouvriérisation » est du à un contexte de recomposition des classes populaires, processus sociologique que l’institution partisane a subi dans le temps long, lequel processus est également lié aux transformations internes du PC, et de ses mutations affectant son personnel militant et son discours idéologique (entre 1970 et 1990, notamment par la prise d’importance des professions intermédiaires et des salarié.e.s des classes moyennes, plus aisé.e.s, et surtout au capital culturel notamment bien plus marqué).

Symboliquement, cette « désouvrièrisation » peut aussi être vécue comme la marque d’un délaissement par une partie des classes populaires par les partis de la gauche radicale dominante, quand à contrario, il est à noter que l’extrême-gauche n’a visiblement pas subie ce processus, ou du moins y résiste mieux.

Organisation politique dont les origines peuvent être datées des années 1946-1947, où elle sort de l’ombre pendant la grève des ouvriers grâce au Syndicat Démocratie de Renaud créée par quelques-un.e.s de ses membres, à l’usine Renault-Billancourt, l’Union Communiste a connu des périodes de tensions, voire de dissolution (49-56), mais perdure et présente régulièrement, à chacune des élections d’importance nationale (présidentielles et législatives), des candidat.e.s depuis 197411. A l’extrême-gauche, elle est une des rares à tenir un discours encore à la fois productiviste, ouvriériste, c’est à dire avoir une lecture historique inchangée depuis les années 60, comme le souligne notamment Jean Margollin dans son analyse d’archives de recommandation bibliographiques de l’organisation12.

Au delà de l’analyse des raisons de la mise en avant du candidat ouvrier à l’Union Communiste - Lutte Ouvrière, l’heuristique de notre démarche se situe dans l’optique de l’appréhension plus générale des normes régissant l’organisation, au travers de l’étude du profil sociologique d’un porte-parole de l’organisation au niveau régional, et de son parcours13. Comment devient-t-on porte-parole ouvrier d’une formation minoritaire en politique ? Comme le souligne Olivier Filleule dans son Dictionnaire des mouvements sociaux14, la notion de carrière militante peut se comprendre comme une activité sociale spécifique, s’inscrivant dans le temps articulant des phases d’enrôlement, de maintien de l’engagement et de défection. A ce titre, quel est le profil des représentants politiques ouvriers à Lutte ouvrière, et à quoi ressemblent leurs carrières ? Notre hypothèse est la suivante : l’engagement ouvrier à l’UC, et particulièrement sa rétribution dans l’organisation (et en général, dans d’autres formations politiques) est tout de même pré-déterminé par un capital culturel nettement plus élevé, ainsi qu’un capital politique fort, permettant par la suite la constitution d’un capital militant 15 spécifique aux rapports de l’engagé.e avec son organisation et l’interaction avec ses membres.

Edouard Perric est ouvrier de l’automobile, à l’usine TOYOTA de Douai. Il est membre de Lutte Ouvrière et porte-parole régional de l’organisation. A ce titre, il en a été le candidat à différentes élections, depuis 2010, lesquelles sont d’ordre locales et nationales[9]. A l’image de notre prise de contact avec Perric[10], notre avec interaction avec celui-ci s’est faite, en dépit des apparences de nos différences de positions sociales, plutôt facilement, sinon naturellement. Il est à noter qu’au regard des socialisations primaires et secondaires de l’enquêté, nos habitus[11] ne sont que très sensiblement différents[12]. Certes, des ratés peuvent aisément apparaître (on pensera notamment au jugement qu’il aura manifesté sur nous, connaissant notre engagement politique[13], lequel s’est violemment manifesté par un passage, sans doute non maîtrisé de sa part et qui ne nous aura apparu qu’à la retranscription, au vouvoiement, quand il avait pourtant laissé tomber cette barrière de distanciation professionnelle ou sociale dès la dixième minute de notre entretien), mais dans l’ensemble, nous avions parfois l’illusion d’un échange cordial entre connaissances, voire, même, à certains moments entre un père et son fils, ce qui témoigne sans doute de l’image que Perric a eu de nous, un jeune bienveillant, sensible à son engagement[14] venu pour ses études, mais qui a encore politiquement tout à apprendre[15].

L’enquêté a donc exercé sur nous une certaine domination symbolique[16], malgré nos connaissances que nous estimions pourtant convenablement étayées, et bien que sectorielle (en l’occurrence, sur l’histoire du mouvement ouvrier et sa littérature), elle a tout de même été significative d’une distance sociale plutôt particulière, fondée sur son fort capital militant, plus que sur nos positions et nos postures sociales réciproques. Bien que celle ci se soit aussi manifestée par une certaine lutte entre l’enquêté et nous pour définir l’objet de la situation, laquelle a été particulièrement marquante en fin d’entretien ou dans ces refus de se soumettre aux classifications professionnelles du ministère de l’Intérieur[17].

Domination symbolique dans le rapport de l’enquêté à l’interaction en son sens, également, car en nous rencontrant au café « Le lyon belge », dans le quartier gare Lille Flandres, nous avons posé les bases de l’entretien dans une ambiance de sympathie où nous avons offert une bièrepression à l’enquêté, en lui demandant, après nous être présentés de façon non-exhaustive mais honnête[18], si il comprenait l’intérêt d’un tel entretien. Perric se fendra d’un « Oh oui, j’ai déjà fait-ça plusieurs fois ! », qui n’est pas sans nous rappeler les écrits de Didier Demazière au sujet des rapports enquêteurs/trices-enquêté.e.s dans le cas d’une « Professionnalité affirmée pour la mise en scène »[19].

I – DEVENIR POLITIQUEMENT (D’EXTRÊME GAUCHE) : ENTRER À L’UNION COMMUNISTE

1. DES PRÉDISPOSITIONS À L’ACTION SOCIALE MILITANTE

S’engager ne va pas de soi. Comme en attestent les travaux de sociologie[20], l’engagement politique doit s’appréhender sous le prisme des rapports entre les effets politiques des déterminismes sociaux, lesquels peuvent relever de la socialisation primaire et/ou de la socialisation secondaire, comme par le biais des contextes sociaux, historiques et/ou micro-historiques[21], lesquels sont structurant des motifs et des raisons d’agir. Autrement dit, et plus particulièrement dans notre cas, nous cherchons à comprendre quelles sont les dispositions individuelles de l’enquêté à l’engagement, ainsi que ce qui a pu les motiver, les activer, dans sa prise d’engagement à l’Union Communiste.

Premièrement, en sa socialisation primaire[22], on notera que l’enquêté est issu d’une famille des classes populaires, et ouvrière de surcroît. Son père a été ouvrier à l’usine RENAULT-Douai, scaphandrier, puis ouvrier dans le bâtiment. Il ne nous a pas renseigné la profession de sa mère (ce que nous avions oublier de lui demander de précisé) mais a expliqué par la suite de l’entretien que, comme son père et par fidélité à son engagement en tant que délégué à la CGT, elle a été cartée à la CGT, et l’est encore, en tant que retraitée. Ses grand-parents également étaient ouvriers, engagés à la CGT, son grand-père paternel ayant même été engagé au Parti Communiste.

Et pis votre engagement alors, il a commencé très tôt ?

Oui, oui, bah euh...jsuis issu d’une famille communiste ! Bah euh...mes deux grands-pères étaient mineurs, mon père travaillait dans le bâtiment, euh...mes deux grand-pères avaient été tous les deux à la CGT, un avait été au Parti Communiste, il l’avait été jusqu’en 38, et puis mon père était délégué CGT dans le bâtiment… Et puis depuis tout gamin, j’étais bercé par les discussions sur la mine, celle qu’allait mon oncle avec mes grands-parents… Il était mineur où, alors ?

Euh, dans le Douaisis, ...jsuis originaire de Wazier, et pis mes grand-parents habitaient à coté à Pont de la Deule, et c’était donc euh...le bassin minier du Douaisis Curieusement, nous voyons que Perric (dont l’enfance a joué un rôle déterminant dans sa socialisation primaire, car c’est dans un tel contexte qu’il a intégré les normes sociales et schèmes de perceptions initiant une structuration de sa pensée en tant qu’individu social), apparaît exempté du concept bourdieusien d’ « amnésie de la génèse »[23], signe d’une socialisation réussie car rendue naturelle sinon inepte aux yeux de l’enquêté. Et en effet, on observe[24] que, quelque part conscient de la dépendance socioaffective passée à l'égard des adultes qui l'ont entouré et du processus, il apparaît ainsi évident pour l’enquêté de revendiquer et de poser un sens social à être issu d’une « famille communiste », quand seul un de ses pairs y a été adhérent. Ce sens, c’est celui des valeurs et des principes, des rituels et des stigmates qu’il a incorporé, dans une famille de gauche, et d’engagé.e.s syndicaux, sens qui nous est apparu avec une sincérité encore plus violente dans l’expression, notamment, des histoires familiales que l’enquêté s’est vue contées :

Et puis euh...moi c’était toutes les histoires des grèves, les histoires politiques, mon grand-père qui me racontait 36...il se souvenait même de manifestation qu’ont fait suite à la catastrophe de Courrières !…

Ah oui carrément !

Oui, il avait 8 ans à ce moment là…

Courrières c’est quoi déjà, 1900...1905 ?

Courrières c’est euh..1906, euh…

Ah oui, l’année de la Charte d’Amiens quoi

Euh la Charte d’Amiens c’était euh…

1906, ouais, 1906 c’est ça…

1906, ok, voilà lui euh...il a souvenir de manifestation de mineurs qui venait régler leur compte à ceux qu’avaient repris le travail, ...qui maintenait la pression pour de meilleurs salaires...hein...et pis lui il se souvenait de ça à l’époque…

Mais, par suite, et de façon tout à fait évocatrice également, c’est en sa socialisation secondaire que Perric va nous étonner. En introduction, nous postulions que l’engagement des ouvrier à Lutte Ouvrière était pré-déterminé par un capital culturel nettement plus élevé, ainsi qu’un capital politique fort. Si nous tenons aisément le « capital politique » dans la socialisation primaire de l’individu, nous pourrions en revanche penser que le capital culturel fait défaut (encore qu’il soit lié au capital politique). Pourtant, et c’est d’ailleurs marquant dans la retranscription de notre entretien, quand dans le contexte nous étions persuadé que l’enquêté n’avait pas fait d’études, Perric a obtenu le baccalauréat, et est même passé en classes préparatoires, avant d’échouer à l’université, échec qui dépend, selon lui et très certainement au vu de son capital culturel acquis par le biais des enseignement de l’école de la République, de son investissement politique dans un contexte de mobilisations étudiantes massives :

Donc vous n’aviez pas fait d’études auparavant ?

Si. J’ai fait des études,... ouais, j’ai fait...j’ai fait un bac...j’ai mis 2 ans pour l’avoir ...j’ai fait un BAC C…

Un Bac C, c’est quoi déjà ?

C’est maths...maths-physique...et pis du coup je me suis retrouvé en maths sup’

Ok, en prépa…

Ouais, et pis j’ai foiré ma prépa, et en fac euh...jsuis rentré en fac à Lille 1 en 86 dans ce qui s’appelait DEUG-A et c’était en plein milieu de la grande contestation étudiante...euh..

Dewacquet ?

Dewacquet...Ouais...donc j’étais au piquet de grève, pis j’ai foiré mon semestre, et pis, comme mes parents étaient ouvriers, et que j’avais perdu les bourses...bon bah…jme suis dit que euh….voilà, je me sentais pas le droit de pomper mes parents qui avaient pas beaucoup d’argent…

En outre, et toujours dans le cadre de sa socialisation primaire, deux éléments éminemment déterminants sinon pré-décisifs peuvent nous indiquer, de façon plus spécifique au-delà du cadre familial général, un contexte favorable à la prise d’engagement de l’enquêté.

En effet, si Edouard Perric est prédisposé à l’engagement politique à gauche, il l’est également, non pas simplement par raison sociale, mais aussi par affect partagé car il ressent deux univers sociaux de démobilisations chez ceux et celles qu’il considère comme les siens. Une première chez les siens, familiaux. Cette attente, avec laquelle il se figure qu’en n’agissant pas, en restant les bras-croisés, il ne peut rien alors que sa famille (et les amis proches de sa famille), pensaient que les socialistes pouvaient tout, est significative, car il nous prendra le temps de nous l’exposer, de lui-même :

Et donc là comment ça s’est passé un peu ? Quel camarade vous avez rencontré...est-ce que vous vous rappelez votre premier contact avec Lutte Ouvrière ?

Deja c’était une situation où euh..(raclement de gorge)...où euh la gauche était au gouvernement depuis euh 81..où euh...bah moi même, ma famille, on avait beaucoup d’illusions dans le fait que la gauche allait apporter des choses aux travailleurs, et puis euh...c’était le contraire.

Donc une vraie effervescence au départ quoi…

Bah au départ moi je..bien sûr, j’avais 14 ans, j’étais au collège de Waziers avec mes potes qui étaient fils de militants eux-même…

Pour le coup ça me parle... mon père a vécu exactement la même chose

Et euh bon...on avait 14 ans et on discutait déjà politique, on était tous pour la gauche...tous pour le PS..même tous...euh...enfin, une grande partie pour qu’il y est des ministres communistes euh..

Au gouvernement ouais !..

Bah qui poussent au cul le PS…(sourire jaune)

Avec le programme commun, tout ça quoi...même s'il a été largué.

Ouais, et pis finalement, ce qu’on a pu mesurer, bah c’est que c’était des gros reculs…

Du moins, une tentative au départ, mais…

Je sais que mon père a compté qu’il vivait mal la situation dans la CGT parce qu’on leur demandait de pas provoquer des grèves hein..

Oui, oui, bien sûr

Et...les patrons en profitaient...Et donc y’a eu bah, une démoralisation rapide, que tout le monde ressentait, que moi même je ressentais dans ma famille hein….euh..hein plein de militants baissaient les bras alors euh ça a été un ouf de soulagement quand le PC a été poussé dehors du gouvernement, après 3 ans de collaboration avec le PS mais euh...euh..

Et en outre, il manifestera de même une seconde démobilisation, chez les siens, politiques :

(…) tu sais ça fait euh bah c’était...en 84, mais moi en 68 j’avais 2 ans…

Ouais, bah oui

...mais mine de rien il restait encore des ptits trucs, tu vois, en 81, je me souviens, bah en 81, 81-82 quand je suis rentré au lycée j’avais en tête que j’allais rencontrer des organisations politiques, …

Alors que non, là ça a été la déception…

...maoïste, ou trotskiste, hein...comme dans l’après 68...et puis justement cette démoralisation je l’ai sentie très rapidement...y’avait rien… Bien sûr (nous baissons la tête)…

Quelques années après, après cette montée des réacs...des gens de droite, bah j’ai voulu m’engager...j’ai cherché...j’ai cherché LCR dans le bottin et j'trouvais pas...y’avait pas internet à l’époque...et puis LO, je savais pas ce que c’était…

2. S’ENGAGER, PAR AFFECTS, ET PAR AFFINITÉ(S)

Tout prédisposé qu’il/elle est à l’engagement par son milieu social, il n’y a pourtant rien d’inéluctable à l’engagement d’un homme ou d’une femme. Sans tomber dans l’analyse, par essence infalsifiable, des intentions, encore faille-t-il déceler des motifs d’engagement, formulés consciemment ou non par l’intéressé.e. Ici, l’enquêté va vouloir s’engager par une série d’émotions et de contextes affinitaires spécifiques.

Premier affect, le sentiment d’impuissance et le dégoût d’un réel inchangé, voir exacerbé, plus que jamais visible, dans un contexte où la gauche devait selon le jeune Perric, en son identité[25] sociale et culturelle d’alors, avoir le pouvoir de casser les injustices. Ce malaise, couplé à la subjectivisation permanente de sa position sociale[26] envers et contre celle des « gosses de riches », va le pousser à s’engager, pour, exprimer sa « réaction », sa fierté de classe, dans son combat pour le socialisme.

(…) il y a avait les illusions qui tombaient sur le gouvernement...et pis, moi, ce que je pouvais mesurer concrètement dans le lycée de bourges dans lequel j’avais atterri à Douai bah...c’était que … bah les gosses de riches là bah euh… Ils se satisfaisaient ?

Ils relevaient la tête ! ... ils animaient un syndicat...l’UNI, un syndicat de droite ou d’extrême droite.

Je connais…

Un syndicat...oui...et puis ils étaient, … ils étaient arrogants ! Et moi bah, … c’est surtout en réaction à ça bah…

En réaction à l’UNI tout ça ? Cette fierté...cette fierté qu’avaient à nouveau les bourgeois en fait quoi ?

Ouais, cette situation là, je me suis dit, il faut que je fasse quelque chose, que je m’engage quoi.

Plutôt communiste, par sa famille, et notamment son père, il voyait l’URSS de façon positive, mais ressentait surtout une déception vis à vis du rôle du Part Communiste en France. C’est par ce second affect, dont le champ est plus familial, qu’il ne veut pas s’engager au PCF (tout en lui manifestant une certaine dévotion, qui se manifeste aussi par son ton conciliant, et sa compréhension des communistes), mais lui préférerait initialement une organisation trotskiste, la LCR d’Alain Krivine :

Ah, que l’URSS, qui euh était intervenue en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Afghanistan hein, ça m’allait pas trop mais je défendais quand même hein euh...l’URSS, …hein, mais c’était un tout..mais quelque part...la perte de confiance qu’avait mon père vis à vis du PC en 81-84 bah euh, je ressentais un peu la même chose, alors je cherchais autre chose..

Voilà !

Alors euh, Lutte Ouvrière, à l’époque, je savais même pas que c’était trotskiste… Ah ouais c’est ça la nuance quoi...hein !

Moi, la seule image que j’avais, c’était les calomnies du PC contre Arlette Laguiller...qui disait..qui disait que..

(…)

Et pis j’ai cherché LCR dans le bottin, je trouvais pas…

Donc ça veut dire que vous aviez bon appriori de la LCR, ….un bon appriori, ...alors qu’au niveau de Lutte Ouvrière vous étiez plutot critique !…

Bah, j’avais un bon appriori des trotskistes,..hein…

Ouais

Voilà..sans savoir que LO était trotskiste.

Enfin, troisième et ultime affect, d’ordre affinitaire, c’est un ami de lycée qui le fait entrer en contact avec un des lycéen.ne.s militant.e.s à Lutte Ouvrière :

Sans réfléchir quoi, j’avais gobé, sans réfléchir …

Hmm, d’accord

Et puis...quand j’ai commencé à chercher, j’avais un pote au lycée, qu’a redoublé pas mal de fois, donc qu’était plus vieux (rires) et qui avait commencé à chercher, qui avait déjà voté, et qui m’a dit : « j’ai déjà voté aux dernières élections pour Lutte Ouvrière...mais si ! Je t’assure ! Ils sont trotskistes », et hein, comme la LCR, …

(…)

...Et pis, donc, ce pote là me dit : « Tiens...je connais un gars, qu’est dans une autre terminale, hein, il est en contact avec Lutte Ouvrière ! Et pis il fait des réunions dans le lycée, hein »...(bruit de fond disturbant)(silence)…bah...j’lui ai dit : « tu m’le présentes hein ! ». Et pis, il me l’a présenté (nouveau de bruit de fond)...et puis, je suis allé à ces réunions...où y parlait, des idées, des idées marxistes, du matérialisme, du communisme, de la commune de Paris...euh..de l’Histoire du mouvement ouvrier, de la Révolution Russe, du fascisme et puis euh...j’ai très rapidement eu envie d’approfondir dans les idées, et de m’engager…

Donc, quelques mois après, j’allais à la fête nationale, qui se déroule toujours à la Pentecôte à Prêles dans le Val-d’Oise et pis j’ai décidé de militer…

On voit par ailleurs tout l’enjeu, dans cet exemple, de l’offre politique. Ici, explicitement, l’enquêté s’engage car il ne parvient pas à prendre contact avec la Ligue Communiste Révolutionnaire, qu’il estimait comme son premier choix d’engagement. Cette absence d’offre de recrutement, ce vide à la

LCR se comble dans la prise de contact avec un représentant lycéen de Lutte Ouvrière, connu d’un de ses amis, trotskiste lui aussi, qui le pousse et traduit son engagement par du concret, la prise de carte, et l’entrée en militantisme au lycée.

Dans une perspective processuelle[27], on peut donc convenir que l’engagement de Perric ne peut être parfaitement objectivable, car il serait pour ce faire question de cerner avec exactitude voire omniscience l’ensemble de variables qui sont entrées en jeu. Néanmoins, certaines variables lourdes nous sont acquises, tel que le contexte de l’engagement, l’offre politique du moment, les émotions suscitées, qui nous permettent de saisir et d’appréhender la trajectoire de l’enquêté par le sens de son activité sociale militante.

Si Perric s’engage, on peut établir que cela est du à un ensemble de prédispositions sociales acquises lors de sa socialisation primaire (valeurs et schèmes de perception des classes populaires engagées et marqué à gauche et acquisition d’un capital politique) et de sa socialisation secondaire (acquisition d’un capital culturel relativement important grâce à l’école, et développement d’un potentiel de capital militant). En outre, des contextes de démobilisation (aussi ressentis et exarcerbés subjectivement par l’enquêté au regard de son habitus) peuvent également être analysés comme des éléments prédisposant à son engagement. Quant aux éléments plus affectifs, qui ont finament marqué l’entrée concrète dans le militantisme, on peut convenir que si ils ont leur importance, ils ne sont structurants que parce qu’il y avait déjà chez le jeune Perric une préalable attente de militer, comme d’attente d’agir, puisque Perric manifeste un double besoin, celui d’être utile aux siens (agir pour « pousser au cul le PS », ou réagir aux mouvements lycéens de droite et d’extrême droite qui se (re)constituaient) et celui de se former politiquement, d’être dans l’action concrète, dans le réel, celui qu’il est discursivement dans sa famille.

[...]


[1] Cf, notamment : Pagis, Julie. Mai 68, un pavé dans leur histoire. Événements et socialisation politique. Presses de Sciences Po (P.F.N.S.P.), 2014 ; Raynaud, Philippe. « Sur l’histoire des trotskistes en France », Commentaire, vol. numéro 98, no. 2, 2002, pp. 478-482 ; Garnier, Jean-Pierre. « L'altermondialisme : un internationalisme d'emprunt », Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol. 84, no. 4, 2006, pp. 67-77 ; Buton, Philippe. « L'extrême gauche française et l'écologie. Une rencontre difficile (19681978) », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, vol. 113, no. 1, 2012, pp. 191-203 ; Juhem, Philippe. « Entreprendre en politique. De l'extrême gauche au PS : La professionnalisation politique des fondateurs de SOS-Racisme », Revue française de science politique, vol. vol. 51, no. 1, 2001, pp. 131-153.

[2] On prendra pour exemple significatif, outre le cas Jospin utilisée dans une perspective de décrédibilisation du candidat, les reportages de l’époque sur Lutte Ouvrière, et sa candidate Arlette Laguiller, créditée à l’époque de 10 % des voix dans les sondages. Voir notamment les archives INA, Enquête sur le parti Lutte Ouvrière; L’organisation de Lutte Ouvrière, Coulisses de Campagne (26/03/2002) ; La Polémique Arlette Laguiller (04/04/02)

[3] Pour citer un exemple contemporain, des formations politiques telles que le Parti Communiste Français, ou la France Insoumise sont constamment confondues et assimilés à l’extrême gauche par les Journaux La Croix (08/2017), Valeurs

Actuelles (09/2017), Le Figaro (06/2017), et même France Info (08/2017)

[4] Encore qu’en notre cas, le contexte ait nettement favorisé un tel « choix », car, comme précisé dans notre fiche descriptive par un concours de circonstances du passé, nous possédions le contact de l’enquêté avant même d’avoir l’idée de lui proposer un entretien. Voir : « Entretien avec Edouard Perrick », p.2, par.7.

[5] Jeu de données du ministère de l’Intérieur « Elections législatives des 11 et 18 juin 2017 - Liste des candidats du 1er tour », disponible en ligne sur

www.data.gouv.fr/fr/datasets/elections-legislatives-des-11-et-18-juin-2017-liste-des candidats-du-1er-tour/ . Données traitées par nous.

[6] Il nous fut malheureusement impossible de dissocier LO des autres organisations, le jeu de données du ministère classant sous l’étiquette « EXG » tous les candidat.e.s à la gauche du Parti Communiste Français.

[7] Et de façon différente selon les formations politiques, on retrouve, à titre comparatif, 1,25 % et 1,73 % de candidat.e.s ouvrier.e.s pour, respectivement, le PCF et la France Insoumise. 0 % au Parti Socialiste, à La République en Marche, et aux Républicains. 1,40 % au Front National.

[8] Mischi, Julian. « Le PCF et les classes populaires », Nouvelles Fondations, vol. 6, no. 2, 2007, pp. 15-23

[9] Voir : Encadré préliminaire, Entretien avec Edouard Perric, p2, par.2

[10] Voir : Encadré préliminaire, op.cit, p2, par.7

[11] Cf. Reynaud, Bénédicte. « Règles, usages et habitus. Le cas d'un établissement de la RATP », Actes de la recherche en sciences sociales, vol. 205, no. 5, 2014, pp. 90-103.

[12] Nous y reviendrons dans « II – Appartenir à Lutte ouvrière pour/et appartenir à sa classe. 1. Des stigmates de l’ouvrier (en soi) », p.12

[13] Dans un contexte étudié par la suite (II – Appartenir à Lutte ouvrière pour/et appartenir à sa classe, op.cit), il aura cette phrase lourde de sens : « Oh, vous savez, y’a pas de carriériste à Lutte Ouvrière... ». Voir : Entretien, partie 2 « Je ne l’ai pas vu venir, ça m’est tombé dessus ! » : la prise de responsabilité. Perric tentera même en fin d’interwiew, sans préavis de notre part, de nous convaincre de l’inefficacité du réformisme.

[14] Et nous l’avons été, peut-être même trop.

[15] Un passage de l’entretien nous aura à ce titre marqué à la ré-écoute : l’évocation, puis la description par l’enquêté après notre concession de non-connaissance, du livre « La Mère », (1907) de l’écrivain russe Maxime Gorki comme un classique indépassable pour un jeune intéressé par l’histoire de la Révolution Russe, et « [qu’ on] ne peut pas ne pas avoir lu ».

[16] Addi, Lahouari. « Violence symbolique et statut du politique dans l'œuvre de Pierre Bourdieu », Revue française de science politique, vol. vol. 51, no. 6, 2001, pp. 949-963.

[17] Cf : Cf. Entretien Edouard Perric, « Oh ! Mais c’est bien plus que 11 ou 12 % » : Les candidat.e.s ouvrier.e.s, partie 3, pX

[18] Voir : Conclusion, p.19

[19] Demazière, Didier. « L'entretien biographique comme interaction négociations, contre-interprétations, ajustements de sens »,2.2 « Professionnalité affirmée pour

la mise en scène » , Langage et société, vol. 123, no. 1, 2008, pp. 15-35

[20] Lagroye J. (sous la dir.), La politisation, Paris, Belin, 2003 ; Fillieule O ; Mayer,

N (dir.) « Devenirs militants », Revue française de sciences politiques, 51 (1.2), 2001 ;

[21] Ginzburg, Carlo, et Carlo Poni. « La micro-histoire », Le Débat, vol. 17, no. 10, 1981, pp. 133-136.

[22] Qribi, Abdelhak. « Socialisation et identité. L'apport de Berger et Luckmann à travers « la construction sociale de la réalité » », Bulletin de psychologie, vol. numéro 506, no. 2, 2010, pp. 133-139.

[23] Bourdieu Pierre. Le mystère du ministère [Des volontés particulières à la "volonté générale"]. In: Actes de la recherche en sciences sociales. Vol. 140, décembre 2001. Votes. pp. 7-11.

[24] Peut-être significativement, mais par peur d’interprétraliser à outrance nous concédons n’avoir pu en trouver une explication.
De façon analogue, nous avions repéré que l’enquêté n’a pas tenu à nous dire son statut familial. Nous ne savons donc pas si il est marié, père, ou non. Cela dit, cet élément est nettement plus révélateur pour nous, et est à creuser, et mettre en parallèle avec les normes de l’organisation sur les questions de relations entre vie privée et publique, lesquelles ont fait l’objet de nombreuses polémiques (journalistiques), aux caractères peu scientifique mais qui peuvent nous indiquer une piste de recherche.

[25] Sur la notion d’identité, cf. Weller, Jean-Marc. Le mensonge d'Ernest Cigare : Problèmes épistémologiques et méthodologiques à propos de l'identité, Sociologie du Travail, Vol. 36, No. 1 (janvier 1994), pp. 25-42 ; et Goffman, Erwing. Stigmate. Les usages sociaux des handicaps, Paris, 1975 (1re éd. 1963).

[26] Pour le jeune Perric, être un fils d’ouvrier et être socialement un ouvrier est une représentation de soi solide, encore plus qu’un fait matériel établi. Pour en savoir plus, se rapporter à III- Appartenir à l’Union Communiste, pour/et appartenir à sa classe.

[27] Fillieule, Olivier. « Propositions pour une analyse processuelle de l'engagement individuel. Post scriptum », Revue française de science politique, vol. vol. 51, no. 1, 2001, pp. 199-215.

Fin de l'extrait de 39 pages

Résumé des informations

Titre
Devenir, être et rester porte-parole de la minorité. Trajectoire militante d'un ouvrier de l'automobile à Lutte Ouvrière
Note
17.5
Auteur
Année
2017
Pages
39
N° de catalogue
V428070
ISBN (ebook)
9783668729544
ISBN (Livre)
9783668729551
Taille d'un fichier
697 KB
Langue
Français
Annotations
Annexes d'entretien particulièrement riches: JE SUIS D’UNE FAMILLE COMMUNISTE: LA SOCIALISATION POLITIQUE; LES GOSSES DE RICHES RELEVAIENT LA TÊTE: L’ENTRÉE À LUTTE OUVRIÈRE; JE L’AI PAS VU VENIR !: LA PRISE DE RESPONSABILITÉ; OH, C’EST BIEN PLUS QUE 11 OU 12 % !: LES CANDIDAT.E.S OUVRIER.E.S
mots-clé
militant, lutte ouvriere, lo, trotskisme, trostki, minorité, lutte, ouvrier, engagement, bourgeois, riches, communisme, usine, nord-pas-de-calais, douai, toyota
Citation du texte
Rémy Bretton (Auteur), 2017, Devenir, être et rester porte-parole de la minorité. Trajectoire militante d'un ouvrier de l'automobile à Lutte Ouvrière, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/428070

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