Le but de la politique est la gestion du bien commun et non la gestion d'une ethnie. Le tribalisme est donc le contraire de la politique. Placé au sommet d'un pays, le chef d'Etat doit représenter tout le peuple. Le pouvoir étant sucré, personne ne peut le lâcher de sa propre initiative. Et pour s’y éterniser, il suffit de réviser régulièrement la Constitution et d'égorger ceux qui osent penser. Or, celui qui commet un crime doit être traduit en justice. Mais peut-on juger les dirigeants africains? Si oui, où? En Europe, ce continent qui téléguide nos bourreaux? Et quand? Pendant ou après leur règne illimité? Sinon, pourquoi? Ne sont-ils pas des mortels au même titre que leurs concitoyens? A vrai dire, qui peut les juger pendant qu'ils sont encore au pouvoir? Pourquoi se poser tant de questions ? L'Afrique ne fait-elle pas partie du monde? Les Noirs ne sont-ils pas des êtres humains à part entière?
Table des matières
Introduction Le déclic: la grande surprise de la VOA
Chapitre I L’état des lieux
Chapitre II Plaidoyer contre
Chapitre III Que peut l'Union européenne pour l'Afrique?
Chapitre IV Qui n'a pas tué ?
Chapitre V Bannir à tout prix l'impunité
Chapitre VI Arguments pour, pourquoi pas ?
Chapitre VII L'Europe aussi
Chapitre VIII Sortir l'Afrique de son isolement
Chapitre IX Nos présidents sont-ils des irresponsables?
Chapitre X Quelle instance va-t-elle les juger ?
Chapitre XI La fin de l’impunité ?
Conclusion Un espoir pour l’humanité ou La victoire des droits de l’homme
Objectifs et thèmes de l'ouvrage
Cet ouvrage examine la question complexe et urgente de la responsabilité pénale des chefs d'État africains face aux crimes commis sous leur règne. L'auteur analyse les obstacles politiques, juridiques et psychologiques à cette justice, tout en plaidant pour une fin de l'impunité comme condition sine qua non du développement durable du continent.
- L'analyse de l'impunité en tant que système de gouvernance en Afrique.
- Le rôle et la responsabilité des anciennes puissances coloniales dans le soutien aux régimes dictatoriaux.
- La critique de la sacralisation du pouvoir présidentiel et de l'absence de séparation des pouvoirs.
- La nécessité de la limitation des mandats présidentiels et de l'âge au pouvoir pour restaurer la démocratie.
- La réflexion sur la compétence universelle et les instances internationales comme recours face à la défaillance des tribunaux nationaux.
Auszug aus dem Buch
Chapitre I - L’état des lieux
Faut-il juger les chefs d’Etat africains ? Quelle question ? Peut-on seulement les juger ? Si oui, où ? Pourquoi cette question et pourquoi se pose-t-elle à ce moment précis ? Quel est son fondement ?
Elle précise bien «juger les chefs d’Etat africains» et non tous les chefs d’Etat du monde, puisque ça se fait sous d’autres cieux, sauf en Afrique noire. Pourquoi se pose-t-elle aujourd’hui précisément ? C’est que depuis le mois de juin 2001, on parle beaucoup d’un certain nombre de procès : celui de Pinochet, Milosévic, Hisène Habré, Sassou Nguesso, Robert Gueï, Laurent Gbagbo et puis les génocidaires Rwandais, les citoyens simples sont en train d’être traduits en justice à Arusha (en Tanzanie). Ce n’est donc pas un problème d’actualité en tant que tel.
Cette question est-elle pertinente, est-on tenté de se demander ? Sûrement. Sinon établissons l’état des lieux ; on comprendra vite que les chefs d’Etat africains ne sont pas comme les autres. Couramment en Afrique, on entend prononcer des paroles qu’on entend nulle part ailleurs dans le monde. Par exemple :
«Qu’es-tu même ? Sais-tu à qui tu as affaire ? Sais-tu que je peux te faire disparaître ici même sans subir aucune conséquence ? Je suis du côté du président de la République – Il est tout-puissant. Il n’a peur de rien et de personne. Il peut vous tuer tous, qu’est-ce qu’on peut lui faire ? Quand il parle qui, dans ce pays, peut encore ouvrir la bouche ? Dieu est au ciel et le président de la République est sur la terre. Dieu veille sur les morts et lui sur les vivants ; c’est par sa volonté que nous vivons. Il peut faire de nous ce qu’il veut. Rien ne peut lui arriver, car, c'est un irresponsable.»
Résumé des chapitres
Introduction: L'ouvrage s'ouvre sur le déclic suscité par un débat à "La Voix de l'Amérique", poussant l'auteur à s'interroger publiquement sur la possibilité de traduire un dirigeant africain devant un tribunal.
Chapitre I: L'auteur établit l'état des lieux, soulignant la nature exceptionnelle du pouvoir présidentiel en Afrique noire, marqué par une impunité totale et l'absence de séparation des pouvoirs.
Chapitre II: Le chapitre présente un plaidoyer contre le jugement, explorant les arguments de ceux qui craignent l'instabilité et la remise en cause de l'autorité sacrée du président.
Chapitre III: Analyse du rôle limité de l'Union européenne et du manque de mécanismes effectifs pour protéger les droits de l'homme sur le continent africain.
Chapitre IV: Discussion sur la culture de la violence en politique, où le meurtre est souvent perçu comme un outil de maintien de l'ordre face à des citoyens perçus comme "ingouvernables".
Chapitre V: Plaidoyer pour la fin de l'impunité, en soulignant que la violation des droits humains est ancrée dans une mentalité façonnée par la colonisation.
Chapitre VI: Exposition des arguments favorables au jugement, insistant sur le fait que l'immunité pénale fait des chefs d'État des monstres incontrôlables.
Chapitre VII: Tour d'horizon des expériences de jugement à l'étranger (Grèce, Roumanie, France), pour montrer que la justice est un principe universel.
Chapitre VIII: Appel à une sortie de l'isolement politique de l'Afrique par l'adoption de normes internationales de justice et la limitation des pouvoirs exécutifs.
Chapitre IX: Réflexion sur la responsabilité personnelle des présidents, qualifiés d'irresponsables par leurs actes, et sur le besoin urgent de structures de jugement neutres.
Chapitre X: Examen des instances internationales existantes (TPI, TPIY, TPIR) et leur insuffisance pour juger les dirigeants africains.
Chapitre XI: Conclusion sur la fin de l'impunité, appelant à une éducation humaniste et à une limitation irréversible des mandats présidentiels.
Mots-clés
Impunité, Afrique noire, Droits de l'homme, Chefs d'État, Justice internationale, Démocratie, Dictature, Mandat présidentiel, Compétence universelle, Responsabilité pénale, Néocolonialisme, État de droit, Tribalisme, Pouvoir politique, Corruption.
Questions fréquemment posées
De quoi traite principalement cet ouvrage ?
L'ouvrage traite de la problématique de l'impunité des chefs d'État africains auteurs de crimes contre leur propre peuple et examine la possibilité juridique et politique de les traduire en justice.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes centraux incluent le statut du pouvoir présidentiel, l'influence néocoloniale, l'absence de séparation des pouvoirs et l'impératif de respecter la dignité humaine.
Quel est le but ultime de l'auteur ?
L'objectif est de démontrer que l'impunité constitue un frein au développement et qu'une réforme profonde des structures de pouvoir, via notamment la limitation des mandats, est nécessaire.
Quelle méthode scientifique est privilégiée ici ?
L'auteur utilise une approche analytique, s'appuyant sur des faits historiques, une analyse des textes constitutionnels et une réflexion philosophique sur la responsabilité et la nature humaine.
Quels aspects sont couverts dans le corps du texte ?
Le corps du texte couvre la réalité des régimes dictatoriaux, les échecs des systèmes judiciaires nationaux et les leçons tirées de l'histoire internationale en matière de justice.
Quels mots-clés définissent le mieux ce travail ?
L'impunité, la démocratie, les droits de l'homme, la responsabilité politique et l'État de droit.
Pourquoi l'auteur critique-t-il la notion d'affaires intérieures ?
Parce que cet argument est souvent utilisé par des dictateurs pour masquer des violations massives des droits humains et se soustraire à toute reddition de comptes.
Quel rôle joue la colonisation dans l'analyse de l'auteur ?
La colonisation est décrite comme la source structurelle de la mentalité actuelle des dirigeants africains, qui méprisent la vie humaine et agissent au détriment de leurs propres compatriotes.
La justice peut-elle être rendue sur le sol africain selon l'auteur ?
L'auteur est très sceptique en raison de l'absence de séparation des pouvoirs et de la corruption généralisée, privilégiant une instance internationale neutre.
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- Prof. Dr. Dr. Chindji Kouleu (Author), 2005, Peut-on juger les Chefs d’ État africains?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/119008