La Francophonie en Asie du Sud-Est


Hausarbeit, 2006
21 Seiten, Note: 1,3

Leseprobe

Table des matières

1. Introduction

2. Aperçu historique de la colonisation française en Asie du Sud-Est

3. Phase de disparition du français (1954-1990)
3.1 Le Cambodge
3.2 Le Laos
3.3 Le Vietnam

4. Situation actuelle de la Francophonie en Asie du Sud-Est
4.1 Le Cambodge
4.2 Le Laos
4.3 Le Vietnam

5. Prédictions pour l’avenir de la Francophonie en Asie du Sud-Est

6. Conclusion

7. Bibliographie

8. Annexes

1. Introduction

La France voulait, lors de son expansion coloniale pendant le 19esiècle, créer des comptoirs et colonies français partout dans le monde. C’est ainsi qu’ils ont fondé des protectorats en Asie du Sud-Est, mieux connus sous le nom d’« Indochine ». Ce nom comprend les pays du Cambodge, du Laos et du Vietnam avec ses trois provinces, le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine1. De1887 à 1949, ces pays formaient l’« Union d’Indochine » avec l’annexion ultérieure du Laos en 18932. Ces pays sont devenus aujourd’hui une partie importante de la Francophonie en Asie depuis le début de ce mouvement mondial dans les années 60 du 20esiècle3. Ainsi, l’ancien président sénégalais et poète Léopold Sédar Senghor (1906-2001) a joué un rôle important dans la propagation de l’idée d’une Francophonie internationale après la décolonisation des territoires français4. Sédar Senghor prend comme point de départ la langue française comme « langue de culture » qui est le « véhicule d’un humanisme »5 et non seulement un critère linguistique. Il est convaincu que la France et ses anciennes colonies peuvent s’enrichir mutuellement sur le plan culturel6.

Selon Ingo Kolboom, expert des études francophones, le terme « francophonie » peut avoir plusieurs définitions. D’abord, on peut l’examiner sous le point de vue linguistique. La francophonie est alors la communauté de tous ceux qui parlent le français et qui puissent se faire comprendre en utilisant cette langue. Puis, on parle d’une francophonie géolinguistique si des pays ou régions utilisent le français comme langue officielle, comme langue véhiculaire, c’est-à-dire comme langue de communication dans les domaines officiels comme la politique internationale et l’économie, ou comme langue vernaculaire dans les domaines privés et non officiels. Ensuite, la Francophonie institutionnelle (avec un petit ou grand ‘F’) comprend des organisations officielles ou privées qui s’occupent de la défense de la langue française et des cultures des pays francophones ou mi-francophones de même que de la coopération internationale dans de divers domaines. Enfin, la Francophonie politique institutionnelle ou géopolitique définie depuis l’année 1997 l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) qui est une communauté multilatérale composée d’un ensemble d’États et de gouvernements francophones mais aussi non francophones7. En ce moment, l’OIF comprend 53 États et gouvernement membres et 10 États d’un statut d’observateur8. Le « Sommet de la Francophonie » se tient tous les deux ans dans un autre pays francophone afin d’organiser la défense et la diffusion du français dans le monde. Environ 100 millions de gens parlent le français comme langue maternelle, environ 60 millions comme deuxième langue et environ 20 millions comme langue complémentaire9.

Cette étude prendra en compte tous les quatre définitions du terme « francophonie ». Le but de ce travail est l’étude de la Francophonie en Asie du Sud-Est sous un point de vue historique mais prenant aussi en compte la situation actuelle de la Francophonie au Cambodge, au Laos et au Vietnam et la signification de la langue française dans ces trois pays. La première partie de ce petit mémoire sera consacrée à un aperçu historique de la colonisation française en Asie du Sud-Est à partir du 19e siècle jusqu’à la fin de la guerre d’Indochine (1946-1954). Ensuite, nous étudierons la phase de disparition du français dans les trois pays de l’ancienne Indochine pendant la période de 1954 à 1990 et puis, nous examinerons la situation actuelle de la Francophonie en Asie du Sud-Est. Enfin, nous discuterons des prédictions pour l’avenir de la Francophonie sur ce territoire.

2. Aperçu historique de la colonisation française en Asie du Sud-Est

C’est déjà au début du 17e siècle que des missionnaires français arrivent sur le territoire de l’ancienne Indochine. Alexandre de Rhodes, un jésuite français, dirige une première mission dans la province du Tonkin en 162710. Son mérite consiste dans l’introduction de l’alphabet phonétique romanisé de la langue vietnamienne qui était auparavant écrit avec des signes chinois. Cet alphabet, appelé quôc ngu, devient officiel sous la colonisation française, prenant le statut d’« écriture nationale » en 1919. Jusqu’à aujourd’hui, le Vietnam est le seul pays de l’Asie du Sud-Est qui utilise une écriture romanisée11.

Les Français envisagent la découverte et la colonisation des territoires asiatiques pour élargir le pouvoir de la France comme puissance mondiale et son importance dans le commerce extérieur12. En 1858, la France commence à conquérir les territoires sur la péninsule indochinoise13. D’après Dao Vinh, la « conquête de l'Indochine par la France a commencé avec le bombardement du port conflictuel de Da Nang au Centre Vietnamen [sic] en septembre 1858. »14. Puis, la flotte française conquiert la ville de Saigon, aujourd’hui Hô Chi Minh-Ville, et la Cochinchine. La conquête des ports vietnamiens comme points stratégiques est très importante pour la France dans la guerre d’Opium avec la Chine dans le but d’obtenir des territoires chinois15. De plus, l’évangélisation des peuples asiatiques est d’un intérêt majeur pour le gouvernement français et d’autres nations colonisatrices européennes, comme l’Espagne ou le Portugal qui arrivent déjà au 16e siècle au Vietnam dans le but de missionner les « païens »16.

De 1858 à 1885, les Français colonisent les trois provinces du Vietnam, le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine, et leurs donnent le statut de protectorats. La France est alors la puissance protectrice de ces provinces et leurs accorde la protection militaire. En échange, la France gagne de l’influence sur la politique étrangère, sur l’économie et sur la politique financière de ces protectorats. Le protectorat se distingue d’une colonie par la plus grande autonomie dont jouit le pays protégé17. Cela est la théorie, mais en réalité, le protectorat ne se différencie souvent pas d’une colonie. En 1863, le Cambodge devient protectorat français. Le roi Norodom Ieraccepte cette protection à cause de la menace grandissante par le Siam, aujourd’hui la Thaïlande18. En1887, l’Union d’Indochine est créée d’abord avec le Vietnam et le Cambodge comme membres. Ainsi, le français devient la langue officielle et administrative en Indochine19. En 1893, le Laos devient aussi protectorat français après une dépendance du Siam de plus de cent ans. Les Français réunissent en 1897 toutes les régions du Laos et définissent ainsi le territoire du Laos actuel. En 1904, la France reçoit des territoires au Laos à l’ouest du Mékong qui sont cédés par le Siam20. Par ailleurs, la France reçoit encore une fois des territoires du Siam en 1907. Cette fois-ci les provinces de Battambang et d’Angkor au Cambodge21.

Des tensions entre les protectorats indochinois et la France commencent à se créer au cours du premier tiers du 20e siècle. En 1930, Hô Chi Minh fonde le « Parti Communiste Indochinois » (PCI) au Vietnam qui encourage la lutte contre la puissance coloniale dans toute l’Indochine22. Entre 1940 et 1944, le Japon occupe l’Indochine dans l’objectif de soutenir les efforts d’indépendance des pays de l’Union d’Indochine. Le 9 mars 1945, les militaires japonais attaquent les troupes françaises stationnées en Indochine et l’indépendance du Vietnam est proclamée23. Cependant, les Français peuvent se maintenir en Indochine […] aux prix d’importantes concessions économiques et militaires, parmi lesquelles le droit d’utiliser de nombreuses bases navales et aériennes japonaises dans le pays.24

La capitulation japonaise le 15 août 1945 lors de la Seconde Guerre mondiale entraîne un mouvement d’indépendance mené par le Vietnam seul, sans le soutien japonais. Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh proclame la « République Démocratique du Vietnam » avec un gouvernement provisoire. La même année, le Laos proclame provisoirement son État libre25. En 1946, l’« Union Française » est créée. Elle devient une union politique de la France et des colonies françaises d’après le modèle du Commonwealth britannique avec l’objectif d’empêcher les efforts d’indépendance de certaines colonies ou protectorats, comme celles de l’Indochine26.

Le 2 mars 1946, Hô Chi Minh est nommé président de la République Démocratique du Vietnam par l’Assemblée nationale vietnamienne qui était élue auparavant sans l’accord de la France. Cependant, la France reconnaît le Vietnam comme un État libre « faisant partie de la Fédération indochinoise et de l’Union française »27. Au printemps de l’année 1946, les troupes françaises reconquièrent le Laos28. C’est le début de la guerre d’Indochine entre la France et le mouvement communiste de libération « Viet Minh » (Ligue pour l’Indépendance du Vietnam)29, plutôt connu sous le nom de « Viet Cong ». Ce mouvement soutient aussi le Laos et le Cambodge dans leurs efforts d’indépendance contre la France. Mais déjà depuis l’année 1949, la France accorde une autonomie assez large au Laos qui se trouve alors dans une situation de querelle entre les partisans communistes et les neutralistes30.

En 1949, la France reconnaît le Vietnam indépendant « au sein de la Communauté Française »31, c’est-à-dire qu’il a maintenant une souveraineté intérieure totale. Puis, le mouvement Viet Minh passe à l’offensive contre l’ex-empereur Bao Dai comme chef d’État assigné par la France avec le soutien du régime communiste de la Chine32. En 1953, le Cambodge et le Laos sont aussi reconnus comme indépendants par la France33.

[...]


1 Montagnion (2004), p. 9; cf. aussi l’Annexe 1 : « Les étapes de l’intervention française en Indochine »

2 Masson (1950), p. 95/96

3 Erfurt (2005), p. 10

4 Cf. ibid.

5 Zoberman (2001), p. 25

6 Ibid., p. 30

7 Pour les définitions du terme « francophonie » : Kolboom et al. : Handbuch Französisch (2002), p. 59, 462

8 Organisation Internationale de la Francophonie (OIF): www.francophonie.org

9 Kolboom et al., p. 462; 469/470

10 Masson, p. 47

11 Trésor de la langue française au Québec (dans le suivant: TLFQ): Vietnam.

12 Masson, p. 78

13 Vinh (2001); TLFQ Vietnam

14 Vinh

15 Vinh

16 Cf. ibid.

17 Microsoft Encarta 2005

18 TLFQ Cambodge

19 TLFQ Vietnam

20 TLFQ Laos

21 Masson, p. 86

22 TLFQ Laos

23 Masson, p. 116/117

24 TLFQ Vietnam

25 TLFQ Laos

26 Microsoft Encarta 2005

27 Masson, p. 120

28 TFLQ Laos

29 Masson, p. 118

30 TLFQ Laos

31 TLFQ Vietnam

32 Ibid.

33 TLFQ Cambodge et Laos; Kolboom at al., p. 460

Ende der Leseprobe aus 21 Seiten

Details

Titel
La Francophonie en Asie du Sud-Est
Hochschule
Johannes Gutenberg-Universität Mainz
Note
1,3
Autor
Jahr
2006
Seiten
21
Katalognummer
V125932
ISBN (eBook)
9783640322305
Dateigröße
1042 KB
Sprache
Deutsch
Schlagworte
Francophonie, Asie, Sud-Est, Indochine, Cambodche, Vietnam, Laos, Indochina, Frankophonie, Kambodscha, Südostasien, Ostasien, Südasien
Arbeit zitieren
M.A. Kathleen Fritzsche (Autor), 2006, La Francophonie en Asie du Sud-Est, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/125932

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