Les événements de 1968 en France

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Détails

Titre: Les événements de 1968 en France
Auteur: Carina Klehr
Matière: Français - Science sociale

Catégorie: Thèse scolaire
Année: 2005
Pages: 20
Note: 12 Punkte
Bibliographie: ~ 22  Entrées
Langue: Français
Taille d'un fichier: 473 KB
N° d'archive: V112013
ISBN (E-Book): 978-3-640-10149-8

Texte intégral

Les événements de 1968 en France

Table des matières

A.

Introduction

I, 1968 ­ une année avec beaucoup d`incidents importants

1

II,

Biographies 1

a) Daniel Cohn-Bendit

b) Général

Charles

de

Gaulle

2

B.

Les événements en détail

I,

La

situation

auparavant

3

II, Les causes de la révolte et les revendications des manifestants

4

III, Le développement

a) Le cours

5-11

b) Le

procédé

des

gens

12

IV, Les suites positives et négatives, ainsi que la situation après les révoltes 13

V, L`opinion de témoins de l`époque et de personnes nées plus tard

a) Jean-Paul

Sartre

14

b) Nicole et Jean-Philippe de Metz

14

c) Estelle

de

Paris

14

d) Antoine de Lyon

14

VI, L`estimation de toutes les circonstances

15

C.

Commentaire

final

16


A)

Introduction

I. 1968 ­ une année avec beaucoup d`incidents importants

L`année

1968

était considérablement influencée de beaucoup d`incidents culturels, sociaux et aussi

politiques. Quelques exemples sont, entre autres, l`assassinat de Robert Kennedy, le candidat à la prési-

dence américaine, l`exécution de Martin Luther King ou la fin du `Printemps de Prague′. Mais, un des

événements les plus importants de ce temps représentent les révoltes étudiantes et les mouvements de

protestation en mai 1968 contre les conditions d`études et de travail, qui ont lieu et qui ont laissé leurs

traces, pas seulement en France, mais dans grandes parties du monde.

Comme la plupart des origines et des causes étaient en

France

, je veux maintenant entrer plus proche

dans les circonstances françaises en présentant, auparavant, les deux personnes les plus influentes de ces

événements : Daniel Cohn-Bendit et Général Charles de Gaulle. En ce qui concerne la partie principale de

mon devoir, je mets, d`abord, en évidence la situation avant les affaires, les raisons et les revendications

des manifestants, et j`illustre en détail le cours et le procédé des gens en donnant, de même, un aperçu des

lieux des insurrections à Paris et alentours. En plus, je fouille aussi bien les suites positives et négatives,

ainsi que la situation du pays après les troubles. Ci-après, je présente l`opinion de quelques importants

témoins de l`époque, comme par ex. Jean-Paul Sartre, et de personnes nées plus tard, en essayant de tirer

au clair et de présenter comme ces gens, mais encore ceux d`aujourd`hui, étaient et sont encore influencés

des ces événements. Puis, je fais une estimation de toutes les circonstances de ces mois, tandis que

finalement, je lance, après tout, un commentaire personnel sur ce temps avec lequel je finis mon travail.

Avant de commencer avec tous les faits, on doit d`abord présenter deux personnages notables qui ont joué

un rôle très important pendant le mai 68.

II. Biographies

a) Daniel Cohn-Bendit

Le fils d`un avocat berlinois, qui s`est enfui des Nazis en 1933, est né en France parce que ses parents

juifs y ont cherché asile pendant la Seconde Guerre mondiale. De 1958-65, il vit dans la République Fé-

dérale d`Allemagne après que son père a repris la nationalité allemande quand la guerre était finie.

Cohn-Bendit passe son bac ; ensuite, il revient à la France pour faire ses études en sociologie et en

sciences humaines. À l`âge de 23 ans, il commence ses études à l`université de Nanterre et il y devient,

pendant le mai 68, le fondateur et le parleur du

`Mouvement du 22 mars′

qui défend, à la pointe de la

révolte étudiante, une réforme universitaire radicale. Par la propagation des protestations à l`université

Sorbonne, au centre parisien, et leur passage aux combats dans les rues, `

Dany le Rouge′

- sauf son

idéologie rouge il avait aussi les cheveux rouges ­ devient, en qualité d`un gauchiste, le rebelle le plus

éminent et la figure de proue de la mutinerie, qui porte le pays au bord d`une révolution.

Lui, qui se désigne comme un `anarchiste marxiste′, il entraîne avec son expressivité fermée les étudiants

et les ouvriers et on l`appelle, ainsi, le chef du mouvement étudiant. Ses convictions : la minorité active

qui pousse à l`action sans revendiquer le commandement lui-même ; la théorie de l`auto libération des

exploités etc. La minorité n`est que le détonateur ; puis, tout dépend de la spontanéité des masses et leur

volonté de commencer avec une rébellion.

1


2. Général Charles de Gaulle (*1890 1970)

L`ancien

Président de la République française

, dont l`ère s`est passée de 1958-69, est, spécialement à

l`après-guerre, considéré comme libérateur qui apporte l`aisance et la fierté au pays. En qualité d`un an-

cien chef de la Résistance et chef de la France libre, il dispose d`un prestige généralement répandu et il

est légitimé doublement pour son rôle pendant les émeutes : d`un côté, comme héros national de l`après-

guerre difficile ; d`autre côté, en raison de son investiture de l`Assemblée nationale. Pendant sa prési-

dence, il stabilise déterminant la Ve République dont la Constitution il a élaboré lui-même, en exécutant,

par ex., la décolonisation, la réconciliation franco-allemande et en construisant une force atomique pour

la défense nationale. En plus, de Gaulle réussit à résoudre la guerre d`Algérie (de 1954-62) en imposant

que la population-là doit décider lui-même du futur du pays, en réponse à quoi, le 18.3.1962, le pays

devient indépendant.

En ce qui concerne la politique extérieure, il veut, d`une part, imposer avec toute sa force et toute son

énergie que la France soit acceptée comme une grande puissance dans le monde ; il veut défendre sa

position internationale et sa réputation comme Grande Nation et il veut garantir son indépendance en

grandes parties dans la politique mondiale. Ainsi, il essaie, par ex., en construisant une Force de frappe

nucléaire, d`augmenter son prestige et de montrer que la France est une force globale et, par là, que les

autres pays ne la peut plus exclure de la formation du monde.

D`autre part, de Gaulle tente de créer un contrepoids contre les deux superpuissances ­ les États-Unis et

l` U.R.S.S., mais, à quelle occasion, ne veut pas céder les droits de souveraineté à une communauté

européenne dont il a besoin de soutien dans son projet. De cette façon, dans les années suivantes, il se

cogne de plus en plus contre la critique et l`incompréhension des autres pays, mais aussi de la population

française lui-même. Le chef de l`État cherche sans fin des partenaires d`alliance pour améliorer et

souligner sa puissance et sa position dans le monde, mais personne ne se trouve prête à le supporter.

Le Président ne devient que de plus en plus insupportable et étrange pour beaucoup de chefs d`État, de

politiciens et même le peuple français.

2


B) Les événements en détail

I. La situation auparavant

Dans les années soixante, il y a un temps de départ et de renversement en France. Le pays se trouve

encore à l`après-guerre ; puis, des perspectives d`amélioration commencent à se former : la consomma-

tion de masse apporte une croissance économique, le débit prospère, la société consommatrice marche à

plein régime, le chômage est pratiquement nul. « La France des années 50 et 60 (est) charmante (...) mais

provinciale et assoupie »1, et les Français ne semblent qu`à souffrir d`une chose, comme un grand journal

le titre : «

La France s`ennuie

»2 cite

Le Monde

le 14.3.1968. Les Français ne participeraient ni directe-

ment ni indirectement aux bouleversements du monde. C`est la raison pour laquelle ils s`ennuieraient. En

particulier de Gaulle et la jeunesse. Dans cette petite France, qui n`est pas vraiment malheureuse et qui,

aussi, ne prospère pas, qui vit pacifiquement avec tout le monde mais qui n`a pas d`influence sur les

événements, la passion et l`imagination seraient autant nécessaires que la prospérité et les loisirs.

En 1967, le pays a manifesté déjà une fois contre la fatigue ­ dans cette année qui a déçu en ce qui

concerne le point de vue économique et social. « La croissance avait été plus faible que prévu, (seule-

ment) 4,4% au lieu de 5,3% et ce retard touchait le foyer de chaque Français. Le chômage augmentait.

De plus, ces difficultés se profilaient sur l`arrière-plan morose d`une récession économique européenne et

d`une crise monétaire internationale »3. Mais ensuite, de profonds changements avancent. « (E)n mai 68,

la France est dirigée depuis dix ans par le général de Gaulle qui a tout apporté au pays - la fin de la guerre

d`Algérie, des institutions politiques solides, une prospérité économique certaine. Le pays est satisfait

(...), mais cette satisfaction cache un réel déficit démocratique. Le gaullisme pèse sur la France. Radios et

télévisions sont aux ordres du pouvoir et l`opposition ne joue pratiquement aucun rôle »1. C`est vrai que

la France aie eu un avancement dans le club privé des pays les plus riches du monde, mais la croissance

économique de l`après-guerre cache très mal les mauvaises inégalités sociales. « Les ouvriers n`ont reçu

que de petites miettes du gâteau. »1 Derrière la façade, « la contestation gronde contre une société

productiviste qui écrase l`homme, contre un Président sourd aux attentes de la population, en particulier

de la jeunesse »2.

Par l`apparition des injustices sociales, souvent seulement les riches gens se peuvent permettre le cours

pour leurs enfants ; dans les universités le nombre des étudiants a doublé de 250,000 en 1958 à 500,000

en 1968. « Des professeurs en nombre insuffisant, des campus universitaires peu accueillants, un

enseignement élitiste inadapté aux nouvelles générations, des perspectives peu favorables, en matière

d`emploi, aux futurs diplômés (...) »4.

Même en hiver 1967/68, les mouvements de protestation sont restés comparativement discrètes.

Les thèmes étaient les réformes universitaires, les règles des examens, le numerus clausus, la politique

américaine en Vietnam. Même déjà au début de l`année 1968, les étudiants de Nanterre, sous Daniel

Cohn-Bendit, ont demandé, avec des grèves et des manifestations, une radicale réforme des universités et

des plans d`une nouvelle formation. Sans succès. Dans les larges milieux de la population française, les

difficultés de la politique intérieure augmentent, le mécontentement de même. Mais, au printemps de

1968, personne ne peut encore prévoir qu`une crise d`une énorme étendue va bientôt secouer le pays.

Un tract du

MLF

(Mouvement de Libération des Femmes) du mai 68 le dit franchement :

« (...)

Tout peut se changer dans ce pays si nous tous refusent d`accepter, bête et donné, les
injustices et la bêtise d`une politique déjà en faillite !

»5

3


II. Les causes de la révolte et les revendications des manifestants

Si l`on éclaire profondément les raisons qui ont mené aux protestations et aux manifestations en mai

1968, on constate qu`on peut trouver les racines dans presque tous les secteurs de la France. Le pays ne

souffre que du manque, mais de l`abondance mal répartie. La crise de croissance des années soixante

insatiables concerne le plus les universités. Les professeurs ne sont que des bornés qui donnent une

formation bornée aux étudiants, les amphithéâtres sont surchargés et le système des unis est rigide et trop

répressive. En plus, les conditions de travail sont mauvaises, il y a de misérables cours magistraux, des

séminaires monotones, des déterminations absurdes etc. ­ tous les structures démodées qui ne peuvent pas

suivre l`expansion.

Parmi les ouvriers et les employés il y a des batailles contre les syndicats, mais aussi contre le grand

chômage. Les Français sont extrêmement mécontents avec les circonstances économiques et sociales qui

ne sont pas du tout justifiées. Beaucoup de jeunes doivent abandonner l`école pour gagner de l`argent et

la majorité des fils d`ouvriers n`a pas assez d`argent de payer leurs études. En plus, l`enseignement à

l`université est trop théorique et les étudiants n`apprennent pas assez de choses pour la vie profession-

nelle. En général, les résistances contre la politique intérieure de de Gaulle surgissent. Les gens commen-

cent de se méfier de leur Président parce qu`il isole avec son excentrique la France dans le monde. Les

Français composent des protestations contre les hiérarchies et les ordres emparés qu`ils veulent renverser.

Ils se prononcent contre les armes nucléaires, ils refusent le socialisme bureaucratique de l`état, et

beaucoup d`entre eux s`opposent à la police, qui, avec son procédé, contribue en grandes parties à

l`escalade de la force pendant les manifestations.

Dans la société, deux groupes se forment avant tout, qui essaient de renforcer leurs revendications par des

grèves. D`une part, il y a les étudiants aux universités qui veulent avoir tout d`un seul coup : « la révolu-

tion avec un grand `R′, la liberté sexuelle, l`égalité des chances sur les bancs de l`école, la fête perma-

nente (...), le bonheur pour les ouvriers, (...) la fin de la guerre du Viêt-nam »1 et même la démission du

Président Charles de Gaulle. D`autre part, les employés et les travailleurs qui se rassemblent contre l`état

tout-puissant et pour une décentralisation plus forte. Ils persistent dans une société plus ouverte et plus

indépendante, la liberté politique et individuelle, mais ils revendiquent aussi ­ comme les étudiants

auparavant ­ des changements politiques : l`abandon du chef de l`État. Ainsi, ils veulent faire d`une

pierre deux coups. Leurs idées principales, ce sont naturellement ­ en particulier ­ la sécurité de leurs

postes de travail, une rémunération améliorée et des heures de travail plus courtes. Un appel des ouvriers

de Rénault le 3.6.68 l`exprime franchement :

« Nous, les ouvriers de Sud-Aviation Bouguenais (Nantes), qui étaient les premiers, le 14 mai, de
se mettre en grève et d`occuper nos usines, nous vous disons : Nous ne nous laissons pas diviser !
Continuons-nous de manifester ! Nous voulons :

-

La semaine de 40 heures toute de suite.

-

1,000 Francs minimum mensuel, la retraite avec 60 ans.

-

La sécurité absolue des postes et de la qualification.

-

Le paiement complète des jours de manifestation, pas de punition pour les actions protestantes.
Nous ne nous laisserons pas tromper ! »6

Ainsi, on peut voir que les deux côtés ont des revendications et des buts partiellement différents, mais

qu`ils ne se distinguent qu`un peu de leurs protestations contre les conditions de vie et les circonstances

politiques en France.

4


III. Le développement

a) Le cours

La crise commence à

Nanterre

, « dans cette nouvelle université bâtie au centre d`un bidonville qui

illustre le contraste entre les privilèges de certains et la misère des plus pauvres »2. Le détonateur de cette

explosion, c`est Daniel Cohn-Bendit qui, au printemps 1968, avec 142 `

enragés

′, érige le premier

drapeau rouge, qui unit toutes sortes de protestants et de membres de groupes, et qui commence, au retour

des vacances de Pâques, de tout bouleverser. Samedi, le 22.3., une groupe d`étudiants gauches occupe les

institutions de la faculté des lettres qui est transférée de la

Sorbonne

surchargée à la banlieue Nanterre.

Auparavant, ils ont déjà posé une série d`exigences qui ne sont pas remplies : Ainsi, les garçons ne

voulaient que, par ex., aller voir les salles des filles après la tombée de la nuit, ou ils voulaient emmener

leurs copines dans leurs chambres. Les policiers encerclent le bâtiment des filles pour arrêter les élèves

qui y séjournent. Au 9e étage, on dresse des barricades, on distribue des tracts. C`est la fermeture de la

faculté pour une semaine qui est la suite de la première émeute, après que plusieurs étudiants sont

appréhendés. La date de cette grande manifestation contre les arrestations deviendra, plus tard, le nom

d`un groupement : `

le Mouvement du 22 mars

′, qui organise les occupations des institutions et doit se

sortir des disputes avec des groupes étudiants et des personnes d`extrême droite. Après qu`on leur refuse

Nanterre, les jeunes s`installent en Sorbonne. Juste une semaine plus tard, ils occupent une grande salle de

cours et ils organisent une manifestation sur laquelle les étudiants allemands, italiens et hollandais

informent des `mouvements révolutionnaires′ à leurs unis.

Mardi, le 2.4., la faculté de Nanterre, justement réouverte, revient le centre de l`inquiétude : Cohn-Bendit

fait un discours, et Paris retient, pour la première fois, le nom de l`étudiant inconnu. Lundi, le 22.4., la

police se présente à Nanterre. « Le doyen (Pierre) Grappin fait adopter des mesures complètement répres-

sives. Les

CRS

(compagnies républicaines de sécurité) vont avoir le droit de circuler librement dans le

campus. La presse et surtout l`ORTF (Office de radiodiffusion télévision

française) à la botte du pouvoir »7. Des coupures de journaux font rapport sur

« des `enragés′ et des `groupuscules anarchistes′ »7. Les étudiants sont insultés

comme provocateurs et « agitateurs - fils-à papa qui empêchent les fils de

travailleurs de passer leurs examens »7. Même `Occident′, un groupement

violent et xénophobe, semblable à la `NPD′ allemande, menace les politiciens

de rétablir l´ordre. « (D)es bâtons, des boulons et des lance-pierres »7 sont

organisés ; sur les toits, des postes d`observation s`installent. Une atmosphère

étrange se crée. Même à Nanterre la situation s`aggrave : Grappin réagit très libéral, mais il dit qu`il crai-

gne bientôt des morts ; c`est pourquoi qu`il ferme la faculté des lettres. Puis, 500 CRS au minimum se

présentent au campus qui fouillent l`université et arrêtent plusieurs étudiants. La peur gère, la tension

monte, il y a beaucoup de discussions. L`émeute, va-t-elle mener à la révolution ?

Après que la Sorbonne est occupée par la police, les courses y sont aussi interrompues, et la faculté est

fermée la première fois de son histoire de 711 ans ; environ 40,000 étudiants doivent rester dehors. Cette

décision d`Alain Peyrefitte, le ministre de l`éducation et de la culture nationale, mène à une transforma-

tion de la révolte étudiante qui provoque des actions protestantes de grandes parties de la population

contre le gouvernement de de Gaulle. Avec la fermeture, les premières manifestations et barricades

commencent, dont de mauvaises disputes sanglantes entre la police et les élèves universitaires précèdent,

5


après que les derniers ont protesté contre la fermeture de la faculté philosophique de Nanterre.

Pour disperser les étudiants et pour les évacuer du `

mouvement du 22 mars

′ et leurs sympathisants,

« (l)e recteur Jean Roche, moins patient que son collègue de Nanterre, (appelle) la police pour qu`elle

(procède) à `l`expulsion des perturbateurs′ »8. En voyant les gendarmes mobiles entrer dans la cour

universitaire, on commence avec les premières explosions et attaques: des batailles avec pavés, grenades

et barricades suivent. La police, une foule impressionnante de plusieurs centaines d`agents « casqués,

armés, avec lunettes, gants de protection et boucliers »7 arrête plus que 500 personnes, mais le reste des

grévistes tient bon. Plusieurs heures plus tard, la bagarre se transforme en un gigantesque affrontement :

presque 2,000 protestants, dont il y a plusieurs activistes, déferlent les rues du Quartier Latin, arrachent

des pavés, dressent des barricades de grilles fondées ­ sous une pluie de grenades lacrymogènes et de

coups de gourdin de la police. Après l`arrestation de plusieurs étudiants qui s`y sont rassemblés, le reste

tombe sur les agents de police du Ve arrondissement qui sont renforcés par les forces mobiles. La violence

est définitivement détonnée ! L`apaisement n`arrive que vers 22 h 30. « On (compte) une centaine de

blessés, 596 personnes (sont) appréhendées : ainsi, (commence) le 3 mai ce terrible engrenage de la

violence qui (entraîne) le pays au bord d`une révolution »8.

Après la fermeture des deux universités, l`inquiétude saisit maintenant grandes parties des étudiants.

« La France abasourdie par les premières émeutes ne reconnaît plus ses enfants (...) En l`absence du

Premier ministre,

Georges Pompidou,

(...) le gouvernement paraît plus décidé à négocier l`avenir qu`à

désamorcer le présent. »9 Dimanche, le 5.5., un journal rapporte de 72 policiers blessés et plusieurs

centaines d`arrestations, quatre étudiants sont condamnés à de peines de prison sans sursis. Dans les rues,

les collisions entre les étudiants et la police deviennent de plus en plus dures. L`UNEF (Union nationale

des étudiants de France) veut réagir, mais elle ne vient pas au bout de la grande foule devant la Sorbonne

où de plus en plus de passants se sont rassemblés. De nouvelles résolutions et grèves sont préparées.

Par protestation contre le procédé brutal de la police contre les manifestants, de nouvelles marches ont

lieu, quotidiennement, qui atteignent leur point culminant avec une bataille le lundi suivant. D`abord, les

étudiants se rencontrent à la faculté des sciences, ensuite, ils défilent, dans une grande cortège, le rive

droite de la Seine à la direction du Palais-Royal, le siège officiel de Charles de Gaulle. Vers 18 h, il y a

les premières batailles et chocs. Parmi 16,000 grévistes se trouvent 5,000 étudiants qui, au Quartier Latin,

sont encerclés et attaqués par les forces de l`ordre avec du gaz lacrymogène et du gaz toxique. Les images

des manifestants blessés sur lesquels la police tombe jusqu`à l`évanouissement, provoque de l`indignation

dans la population française. Une vague de solidarité se produit sur les deux côtés, il y a beaucoup de

blessés. Même dans les journaux connus, beaucoup d`articles sont publiés qui, cependant, présentent

quelques contradictions dans leurs commentaires, avant tout du procédé et le comportement policier.

« (L)e juge de la 10e chambre correctionnelle (prononce) 9 condamnations avec sursis et 4 peines de

prison ferme contre des manifestants pris en flagrant délit »8. La situation s`empire rapidement : Très vite,

on a fait les protestants aux victimes ! « Un tract étudiant annonce trois morts dans les rangs des manifes-

tants. La fausse nouvelle (se propage vite). Climat de panique. »11 Qui sera le prochain ? Le soir, il y a

encore une nouvelle au Palais Bourbon, le bâtiment de l`Assemblée nationale. Alain Peyrefitte reconnaît

une lente détente : « Si ces conditions paraissent réunies, la reprise des cours à la faculté des lettres de

Paris-Sorbonne et (...) de Nanterre pourrait intervenir (...), c`est-à-dire, j`espère, pour commencer dès

demain après-midi. Si l `ordre est rétabli, tout est possible ; si l`ordre n`est pas rétabli, rien n`est

possible. »9 On espère que l`atmosphère se détendra, mais la Sorbonne n`est pas réouverte !

6


Le 10.5., les profs du SNEsup (Syndicat national de l`enseignement supérieur) proclament une grève

laquelle, l`après-midi, plusieurs milles de lycéens, accompagnés de quelques travailleurs, suivent. Jusque

tôt dans la soirée, les étudiants ont dressé environ soixante barricades dans la rue Guy Lussac. 35,000

élèves, lycéens et étudiants se groupent et ils défilent le quartier de l`université pour occuper la Sorbonne

qui est encore fermée. Les policiers de la CRS mal famée occupent les ponts de la Sorbonne et le Quartier

Latin, centaines de véhicules blindés sont en action. Vers 23 h, les manifestants sont finalement

encerclés ; ils recommencent de construire des barricades en pavés, arbres, palissades et voitures, et ils

préparent des cocktails Molotov. Vainement, la police répète les appels de raison. Vers 2 h 40, les

attaques policières commencent. Les agents tirent du gaz lacrymogène et des bombes fumigènes dans la

foule, du gaz de chlore plus tard, qui causent des blessures jusqu`à l`évanouissement. Les ambulances

sont gênées au passage. En s`attaquant mutuellement, les deux côtés utilisent des pavés et des tuiles

comme projectiles ­ comme par miracle pas de morts ! Presque soixante barricades doivent être prises

successivement, des voitures sont mises en feu ou endommagés gravement. « La police (attaque) avec une

violente inouïe. »11 En se réveillant, les Parisiens ne croient pas leurs yeux quand ils voient la bataille ;

des parents affolés essaient d`apprendre des nouvelles concernant leurs enfants. « Encore une fois

l`opinion générale (semble) réprouver l`intervention de la police, jugée trop expéditive, et les partis de

gauche dénoncèrent `les abus′ de la répression policière »11. Le pays découvre qu`il se trouve au bord

d`une guerre civile ! Cette nuit entre dans l`histoire comme `

la nuit des barricades du 11 mai

′.

De bon matin, vers 8 h, la police maîtrise l`affaire, mais la nuit se termine, politiquement, avec la victoire

des grévistes. La police fait son bilan : 750 blessés légers, 367 blessés graves, dont 251 policiers.

Les jours suivants, toute la France est en état de choc. Le matin, au cours d`une réunification de la CGT

(Conféderation Générale du Travail), de la CFDT de gauche (Confédération Française Démocratique du

Travail) et de la petite groupe de droite FEN (Fédération de l`Éducation nationale et des Étudiants

nationalistes), on décide le 13 mai comme le jour de la grève générale. Le parti social démocratique, la

FO (Force Ouvrière), se rejoint plus tard. Alain Peyrefitte annonce sa démission, tandis que de Gaulle

n`écoute que les opinions des deux côtés ­ sans réaction. Les partis de gauche proclament d`immatriculer

une nouvelle motion de censure contre le chef de l`État. Le Premier ministre, tranquillement, prend la

parole en télé, le 16 mai, après une conversation avec de Gaulle :

«

(...) Avec l`accord du président de la République, qui s`adressera à vous dans quelques jours,
j`ai rendu l`Université à ses maîtres et à ses étudiants. Je leur ai tendu la main pour la concerta-
tion la plus large et la plus constructive. J`ai libéré les manifestants arrêtés. J`ai annoncé une
amnistie totale. (...) Le gouvernement doit défendre la République. Il la défendra. Je m`adresse à
vous avec calme mais avec gravité. Etudiants, ne suivez pas les provocateurs qui déclarent
eux-mêmes se désintéresser des trois quarts d`entre vous. Ecoutez la voix de la raison. Nous
sommes prêts à entendre toutes vos revendications légitimes. Ne les ruinez pas par des excès. (...)
Il vous appartient de montrer, par votre sang froid, mais aussi par votre résolution, quelles que
soient vos préférences politiques, quelles que soient vos revendications sociales, que vous refusez
l`anarchie. Le gouvernement fera son devoir. Il vous demande de l`aider. » 12

Son allocution crée bientôt une assez bonne impression au publique. (Ses promesses ont été tenues : les

étudiants arrêtés étaient libérés 48 heures plus tard !) Le Premier ministre, réussit-il à désarmer libérale-

ment le conflit ? Il n` en a pas le temps. Le mouvement étudiant se doublera bientôt, encore une fois, avec

une grande explosion ! Lundi, le 13.5., finalement, la

grève générale

contre la suppression policière a

lieu, qui est annoncée par les syndicats français en solidarité avec les étudiants. À Paris, 800,000 gens

manifestent contre la brutalité de la police et la politique de de Gaulle. Cohn-Bendit, qui est le chef d`un

7


cortège de 200,000 personnes, est enthousiasmé d`être la tête d`un tel déploiement. La manifestation dure

presque deux heures et semble d`avoir aucune fin.

Ensuite, les protestations se transforment en une vague de débrayages ; jusqu`à la fin de mai, presque dix

millions de Français se trouvent à la grève. Maintenant, l`inquiétude passe aussi aux ouvriers dont les

manifestations pour l`augmentation des salaires et plus de cogestion paralysent l`organisme de la France.

Toute la vie économique s`écroule, la conjonction des mouvements des étudiants et des ouvriers réussit à

influencer tout le pays. Puis, on commence d`occuper les usines. Les bouleversements se répandent au

secteur publique et les moyens de transport, on soutient l`idée de se mettre en grève « à Sud-Aviation, à

Nantes, chez Rénault à l`usine de Cléon, à Billancourt »13 et chez Peugeot ­ environ 32,000 travailleurs.

Dans les meetings imposants, les protestations s`orientent à de concrètes revendications : la réduction des

horaires, l`abaissement de l`âge de la retraite etc. Tout le monde attend ce que de Gaulle dit ­ rien ne se

passe ! Quand même, le recul de l`état ne mène pas à la détente voulue, mais à de plus en plus de

nouvelles revendications. Il en résulte qu`une vague de protestation, de grèves, d`occupations des

universités et des entreprises se répand sur tout le pays, l`enseignement aux écoles universitaires

s`affront ; centaines d`usines sont occupées, peu à peu les bureaux de poste, les cinémas, les grands ma-

gasins, les banques et les stations-service sont fermés. À partir du 19.5., les transports publics sont paraly-

sés. Le vite départ du Président d`un voyage montre qu`il est donc soucieux de l`étendue de la crise.

Le matin suivant, pendant son discours, il est très furieux. Mais la situation s`aggrave encore. L`essence

devient rare, et plus tard, elle n`est que distribuée aux médecins et aux secouristes. La circulation de

l`argent s`arrête ; il y a aussi des interruptions concernant l`alimentation en électricité. On propose

l`utilisation de force contre les manifestants, mais le Premier ministre impose une ligne de compréhension

et de compromis : la relâche des jeunes arrêtés, l`ouverture les universités fermées. Les communistes et la

CGT, au contraire, ne veulent pas de renversement révolutionnaire ; ils transforment la grève en un

mouvement de salaires quand quelques réformes sociales, par ex. `la Participation des ouvriers′, sont

promises. Contrairement aux idées des étudiants, qui sont orientés vers un renversement du système

capitaliste, les syndicats profitent de l`humeur chauffée pour un combat de travail. En raison du

chômage et le mécontentement politique, particulièrement les jeunes sont prêts à faire la grève. Mais, les

communistes et les gauchistes renoncent à poser la question de pouvoir parce qu`ils savent que le régime

a toujours un grand appui dans la population et qu`il a aussi la possibilité de mobiliser les masses.

Après la grève générale, le gouvernement prononce « l`interdiction de séjour »11, même contre Cohn-

Bendit. Celui annonce surtout : « (

O)n est tous des juifs allemands.

»11 Il en

résulte que la situation n`arrête pas de devenir pire. La crise a causé la chute du

franc, le pays se jette sur les épiceries et les pompes à essence. Vendredi, le

24.5., de Gaulle fait un nouvel discours à la radio. L`opinion publique attend

beaucoup d`intervention, mais elle est déçu : il détériore toute la situation, il

annonce seulement de petites réformes universitaires et économiques. Lui-

même au sommet du renouvellement ? Cependant, son message n`a pas d`effet

agitant, les jeunes ne comprennent pas sa langue et ses pensées, les citoyens ne

voient que son autorité absente. Le discours était, comme il l`a dit après, « totalement raté ». La fin d`une

ère dans laquelle il ne trouve plus les mots corrects ? Il est juste avant de céder la présidence ; pour beau-

coup de gens, il ne semble que fatigué et découragé. Pompidou, à son côté, propose de commencer les

négociations avec les patronats et les syndicats. Le chef de l`État, acceptera-t-il la proposition ? Au

8


même temps, le Premier ministre cherche des interlocuteurs pour ses négociations, et, finalement le 25.5.,

il convient les conversations avec la CGT auxquelles il décide des compromis et essaie d`être coopératif

aux ouvriers. Ainsi, il commence, par ex., des mesures immédiates comme le relèvement des revenus

minimums, l`augmentation drastique des salaires, la réduction des horaires, l`abaissement de l`âge de la

retraite et des réformes diverses. Pour la première fois, on a l`espoir que la situation se changera à quel-

que chose de bon ­ mais c`est une déception. Déjà à la fin du matin, la base de grève refuse l`acception

des accords et annonce de continuer avec les manifestations. À cause des jours de grèves suivants, les

syndicats et l`association des patrons signent, partout, après 48 heures de négociations difficiles, `

les

accords de Grenelle′

qui contiennent une large acceptation des revendications des syndicats. Les

points principaux des travailleurs sont satisfaits, mais les débrayages continuent. Le chef de l`État remar-

que qu`il n`apprend plus à maîtriser les événements. Il sent déjà l`évanouissement contre les inquiétudes

qui se propagent de plus en plus, qui laissent marquer un signe de paralysie de l`économie et de

l`administration, de dissolution et d`anarchie. Le vieux de Gaulle ne comprend plus la jeunesse ; les

développements sont incalculables pour lui, ce qu`on sent aussi dans la population française.

L`impression de cette politique `vide′ atteigne son paroxysme avec la connaissance de la `disparition′ du

chef de l`État, qui, au lieu de présider le Conseil des ministres, a quitté l`Élysée le bon matin. Où est-il

venu ? Personne ne le sait ! La fin semblante du système gaulliste ? Les rumeurs les plus diverses

circulent et provoquent la confusion et la panique en Paris. Puis, vers 18 h, il y a la détente. Juste

quelques jours plus tard, on apprend que de Gaulle, secrètement, est allé au Baden-Baden pour rencontrer

Général Massu

, le commandant supérieure des forces françaises en Allemagne. De Gaulle, voulait-il

« `dramatiser′ la situation par son absence ? (Avait-il) un instant, la tentation de se retirer ? (Cherchait-il à

gagner du temps ?) Ce qui est certain, c`est que la menace de la subversion emporta sa décision et qu`il

(revient) plus ferme qu`il n`(est) parti »14 et qu`il n`a pas abandonné ses fonctions. En attendant, la

population française fait son bilan. Les suites des insurrections sont oppressantes : « plus de 690 blessés

en région parisienne »15. Les ouvriers demandent maintenant l`ouverture des usines par force. Après de

plusieurs jours d`hésitation, le pouvoir se calme de nouveau. À peine que de Gaulle est redevenu,

Pompidou recommande la dissolution de l`Assemblée nationale et l`issue par élections, ce veut dire

l`opinion publique. Mais de Gaulle, le

30.5

., reprit la situation en main. Peu après 16 h, il fait un discours

très résolu ­ pas, comme d`habitude, à la télé, mais, comme au temps de guerres, à la radio ­ un pendant :

« Françaises, Français, étant le détenteur de la légitimité nationale et républicaine j`ai envisagé
depuis vingt-quatre heures toutes les éventualités sans exception qui me permettraient de la main-
tenir. J`ai pris mes résolutions. Dans les circonstances présentes, je ne me retirerai pas. J`ai un
mandat du peuple, je le remplirai, je ne changerai pas le premier ministre dont la valeur, la solidi-
té, la capacité méritent l`hommage de tous. (...) Je dissous aujourd`hui l`assemblée nationale. J`ai
proposé au pays un référendum qui donnait aux citoyens l`occasion de prescrire une réforme pro-
fonde de notre économie et de notre université et en même temps de dire s`ils me gardaient leur
confiance ou non par la seule voie acceptable, celle de la démocratie. (...) on empêche les étu-
diants d`étudier, les enseignants d`enseigner, les travailleurs de travailler. Ces moyens, ce sont
l`intimidation, l`intoxication et la tyrannie exercées par des groupes organisés de longue main en
conséquence, et par un parti qui est une entreprise totalitaire même s`il a déjà des rivaux à cet
égard. (...) il faut que s`organise l`action civique. Cela doit se faire pour aider le gouvernement
(...) à assurer autant que possible l`existence de la population et à empêcher la subversion. (...) la
République n`abdiquera pas, le peuple se ressaisira, le progrès, l`indépendance et la paix
l`emporteront avec la liberté (...) »

16

Pas de démission, ni la sienne, ni celle de Pompidou ; il faut que le peuple décide démocratiquement de

l`avenir du pays. Avec son discours de 4 ½ minutes, de

16.31-16.35

h, par les radios dans tous les appar-

tements et tous les bureaux français, il renverse le temps encore une fois. « La fermeté du langage, la

9


décision de mettre la France face à ses responsabilités (provoquent) une détente. »14 La situation se tourne

complètement : le parti gaulliste, qui est resté calme jusqu`ici, se lève et il accroche la tricolore dans la

salle demi-cercle du Palais Bourbon. La foule manifeste ­ la première fois pour de Gaulle. Cependant,

une parole au mur de la Sorbonne montre que tout le monde n`est pas si enthousiasmé de ce discours :

«

(De Gaulle) a mit trois semaines pour annoncer en cinq minutes qu`il fera dans un mois ce qu`il n`avait

pas réussit pendant dix ans ! »

17 Bientôt après le discours décisif, une gigantesque manifestation, prépa-

rée par les comités de défense de la Ve République, mobilise 30,000-40,000 personnes qui défilent les

Champs-Élysées en soulevant des paroles comme « la France aux Français »18 ou même « Cohn-Bendit à

Dachau ! »18. La situation s`est renversée : le soir, ils seront des milliers, bientôt une million. Déjà une

heure plus tard, on voit un flot tricolore partout. Tard l`après-midi, une énorme foule parisienne, des

gaullistes, convaincue de gagner, en chantant la Marseillaise, défile sous la Tricolore ­ personnes de tous

âges et de toute condition. Parmi eux, des cris immenses se lèvent qui résonnent jusqu`au Palais de

l`Élysée où le chef de l`État est fortifié dans son résolution de rester au pouvoir et d`organiser des

élections. Les suites de ce tournant de 180° sont évidentes : la proche fin des troubles. Le péril d`un coup

d`État est conjuré ; de Gaulle retourne, encore une fois, comme triomphateur.

Le 1.6., il y a un article dans

Le Monde

qui dit que «

tous les Français (...) refusent l`anarchie et veulent

assurer le renouveau dans le maintien de la légalité. (...) Ce qui frappe le plus, c`est le nombre impres-

sionnant de jeunes gens, garçons et filles, jeunes travailleurs. (...) Maintenant les organisateurs vont

tenter de faire entreprendre la dispersion mais il est évident qu`ils ne possèdent pas pour cela les mêmes

qualités qu`un service d`ordre de la CGT »

18. Le jour prochain, l`économie prospère à nouveau, et le

week-end de Pentecôte, la population rassurée va à la campagne. À cause de dures interventions du

gouvernement liées avec des promesses en ce qui concerne les élections imminentes ; et avec une fatigue

générale de manifester, le mouvement de protestation se termine lentement. Pompidou commence à pré-

parer les élections et à changer son équipe politique. Les ministres qui étaient concernés de la crise quit-

tent le gouvernement : Peyrefitte, Christian Fouchet, le ministre de l`intérieur, et Jean-Marcel Jeanneney,

le responsable des affaires sociales. François Ortoli, un grand homme et un collaborateur du Premier

ministre, devient le ministre de l`Éducation Nationale, tandis que la politique intérieure est assigné à

Raymond Marcellin, un homme très engagé. Même les étudiants commencent à fatiguer, et les ouvriers se

dédient les avantages qui sont atteints avec les accords de Grenelle.

Dans le domaine de la politique, la situation commence aussi à se normaliser en grandes parties : le pou-

voir gaulliste reprend ses droits et ses fonctions. À la fin du mai, plus en plus d`ouvriers retournent à leurs

places de travail ; les usines de Rénault en Flins, l`Odéon et la Sorbonne sont évacués par force. Mais, il y

a aussi des aspects négatifs : le 10.6., les funérailles de

Gilles Tautin

qui, comme élève du lycée

Mallarmé voulait se porter en sécurité des ouvriers automobiles en Flins, ont lieu. Quand, le 7 mai, il a

remarqué des policiers, il s`est jeté dans la Seine pour échapper. Les agents de police essayaient de le

raviver ­ vainement ! Il n`est devenu que dix-huit ans ! Cependant, comme on l`a supposé trop tôt, les

protestations ne sont pas encore finies. Le 11.6., à 17 h, l`UNEF organise, tout près de la gare de Nord, au

monument de Gilles Tautin, une manifestation commémorative. Vers 19 h, en rapport avec la police, elle

dégénère en un déploiement qui avance avec la reprise de la Sorbonne et de l`Odéon ; dans la rue des

Saints-Pères, devant les bâtiments de la nouvelle école de médicine, les voitures brûlent lumineusement.

Les forces de l`ordre réagissent très dures : parmi 5,000 manifestants on compte environ 400 blessés

graves. Finalement devenus compréhensifs, les étudiants exécutent des nettoyages, le 15.6., dans la cour

10


d`honneur de la Sorbonne, jusque la police intervient le jour suivant pour y réaliser l`ordre définitivement.

Même chez Rénault, le travail recommence. La révolte est presque donc encore devenue une révolution !

Le

23

. et le

30.6

.,

les élections législatives

, avec une participation de 80%, se passent qui se terminent

avec une majorité absolue et une victoire massive pour les gaullistes. Il ne faut pas voir la majorité

comme le grand succès du Président, mais du Premier ministre, « dont la solidité, mais aussi la souplesse

avaient largement contribué à apaiser les esprits »19. Puisqu`elles sont gagnées avec frayeur - avant, on ne

savait pas encore exactement comment les Français voteraient finalement ­ les élections étaient un vrai

triomphe pour de Gaulle. Avec ce résultat, le mai est maintenant passé. La jeune génération, à vrai dire, a

tout mise en marche, mais une grande partie d`eux (les 200,000 jeunes qui sont devenus 21 ans après le

mois février) n`ont pas encore eu la permission de voter ! Cependant, la France se trouve encore dans une

crise grave : les longues manifestations ont appauvrit l`économie ; le franc se trouve dans une des plus

grandes accalmies. Mais lentement, le pays se calme des coups terribles des semaines précédentes.

De Gaulle est alors confirmé à son position ; mais Pompidou démissionne de son fonction comme

Premier ministre, bien que ce soit lui qui est resté le pole calme qui a contribué à la fin de la rébellion.

À son place,

Maurice Couve de Murville

, qui était longtemps le ministre de l`extérieur, pourvoit son

déploie. Il y a une grande surprise en apprenant que de Gaulle accepte la démission de Pompidou. Il lui

remercie seulement « pour `son action exceptionnellement efficace′ et il ajoute ces mots sibyllins :

`

Je souhaite que vous vous teniez prêt à accomplir toute mission et à assurer tout mandat qui pourrait

vous être confié un jour par la nation.′

(...) Disgrâce ou distance ? Le chef de l`État, avait-il pris ombrage

de la popularité de son ministre ? (...) Pensait-il que Pompidou n`était pas l`homme le plus apte à mener

cette nouvelle politique de participation qu`il préconisait ? Les trois raisons entrèrent sans doute dans sa

décision. »19 En janvier 1969, au contraire, il y a un incident politique quand Pompidou déclare qu`il

serait prêt à la présidence de la République si l`on devrait chercher un successeur pour de Gaulle : «

Ce

n`est, je crois, un mystère pour personne que je serai candidat à l`élection à la présidence de la Républi-

que quand il y en aura une.

»21 Beaucoup de Français ont l`impression que l`abandon de de Gaulle ne

pourrait pas avoir des suites graves parce que Pompidou resterait ! Malgré son succès triomphale aux

élections, de Gaulle veut fortifier sa position, supplémentaire, par un plébiscite, mais, évidemment, il

surestime sa popularité déjà affichée parce qu`il lui manque, de plus en plus, la force de conviction. Il est

sûr qu`il puisse laisser confirmer sa fonction encore une fois par un référendum d`une réforme de l`état et

des régions ­ deux questions plutôt insignifiantes. («

Référendum suicide, référendum absurde

»21 on a dit

après.) Deux semaines plus tard, il fait son dernier discours à la radio : «

Votre réponse va engager le

destin de la France !

»21 Ses arguments ne sont pas convaincants ; la plupart des électeurs refuse le projet

avec

52,41%

de `

non

′. À la suite, le Président tire ses conséquences dans la nuit du 27.6. : «

Je cesse

d`exercer mes fonctions de président de la République. Cette décision prend effet aujourd`hui lundi à

midi.

»21 Frappé, il considère le défaite comme une condamnation, après qu`il a gouverné plus que dix

ans. La fin d`une ère dans laquelle on a posé des aiguilles décisives dans les situations de crises graves.

Après la démission, les institutions fonctionnent normalement. Le 29.4.69,

Alain Poher

, l`ancien

Président du Sénat, est assermenté au gouvernement de passage ; le 15.6.69,

Pompidou

devient le nouvel

chef d`État. La tâche difficile reste à Couve de Murville : « Il (faut) remettre en marche la machine

économique, que les grèves (ont) paralysée, remettre en état les finances et enrayer l`hémorragie de

devises ; en novembre, en effet, les francs (quittent) massivement le pays (...). Au début de l`année 1969,

l`expansion (reprend) lentement »19.

11


b) Le procédé des gens

Les manifestants de ce temps ont reconnu très vite qu`ils ne pourraient qu`imposer leurs revendications en

utilisant la force et la pression, alors ils ont pris le chemin combattant. Les révolutionnaires, en particulier

les jeunes étudiants, se sont appelés `les enragés′ qui expriment leur rage du manque de liberté et des

contraintes. Ils ont enfreint sciemment les règles et les lois ; ils ont utilisé la force brutale, avec des pavés,

des barricades et des grenades, avant tout contre la police et la CRS.

La parole la plus fameuse, `l`imagination au pouvoir !′ ou des choeurs comme `Ouvriers/étudiants/unité !′

et `Pour les travailleurs/étudiants !′ sont chantés sur presque tous les manifestations. La question qui a

concerné tout le monde : la révolte, doit-elle seulement apporter une ligne d`améliorations directes qui

sont, en partie, déjà visibles, ou doit-on transformer toute la chose de dessous ? Puisque, quelques années

plus tard, la plupart de ces améliorations mèneront à la même situation ; en cela, tous les protestations

et tous les efforts n`auraient pas servi à rien. Il s`ensuit que seulement un cours direct pourrait changer

quelque chose ­ c`est la raison pour laquelle la force a commencé.

Même les ouvriers et les employés étrangers se sont intégrés dans les événements, comme le tract suivant

des comités de « les trois continents » le montre :

« Camarades, ouvriers étrangers, vous êtes exploités encore plus forts que nous, les ouvriers
français. Vous avez des salaires plus bas, des appartements plus mauvais, s`il y a de renvois, ce sont
vous qui sont les premiers à partir. Ce combat est aussi le vôtre. Le gouvernement est sans direction
et il se trouve en retraite. Désespéré, le gouvernement institue des forces policières contre les
travailleurs révolutionnaires et les intellectuelles. Ne devenez pas de briseurs de grève, malgré les
menaces. C`est la dernière possibilité pour vous de dire `non` » 20


La partie adverse, les CRS

et la police, ne fréquentent

pas aussi douillettes avec les

insurgés : armés avec des

gourdins affreux, appelé

`bidules′, ils forçaient les

manifestants aux fuites

précipitées. Même contre les

personnes désintéressées et

relativement inoffensives, ils

procédaient véhéments, et

ils ne faisaient pas la

différence entre celles et les

protestants qui ont agi

violemment ou brutalement ­ mais, pas rarement, la population française les a critiqués très forte !

12


IV. Les suites positives et négatives, ainsi que la situation après les révoltes

Comme déjà mentionné, tous ces soulèvements, protestations, manifestations et défilés ne se sont pas

passés, naturellement, sans des raisons profondes et importantes. Les gens voulaient des changements, ils

voulaient de meilleures conditions de vie, de travail et d`études, et des innovations décisives en ce qui

concerne la politique, la société et l`état. Les événements du mai 68 ont portés ces changements, même

s`ils n`étaient pas aussi grandique que la plupart des Français les avait attendus. Après ce `quasi-guerre

civile′, les esprits se fendent et s`attachent. Bonheur, joie, et même agression et désespoir se mêlent.

D`une part, les manifestants ont tout à fait obtenu beaucoup : les ouvriers ont fait disparaître une quantité

de naveté et de bêtises des têtes des étudiants, tandis que les étudiants ont vidé la méfiance héritée et pas

justifiante des travailleurs. Beaucoup de groupes et de couches diverses et complètement différentes

commençaient à s`approcher. Il n`y avait pas de bouleversement profondément sociale de la France, mais

les changements qu`on a fait apportaient des modernités nécessaires et souhaitables. La tolérance se

développait dans les affaires sociales, il y`avait plus d`égalité ; les étudiants obtiendraient plus d`influence

dans les universités, les ouvriers plus de pouvoir dans leurs usines et leurs entreprises. Président de Gaulle

se déclarait prêt à l`innovation des unis et des réformes générales, mais elles restaient irréalisée à cause

des protestations et des oppositions de beaucoup de politiciens.

Edgar Faure, le ministre de l`Éducation Nationale, a mis sa réforme universitaire (la loi d`orientation sur

l`enseignement supérieur) à trois choses principales : « des petites universités à effectifs peu nombreux

replaceraient les grosses universités et se diviseraient chacune en de multiples unités d`enseignement et

de recherches (

U.E.R.

). Ces universités seraient cogérées par des conseils comprenant à la fois des

enseignants, des étudiants et du personnel administratif. Enfin, chacune d`entre elles aurait le libre choix

de ses programmes et de ses examens, cette autonomie sous-entendant une indépendance financière.

De plus, les étudiants auraient le libre exercice d`activités politiques et syndicales (...) »22.

D`autre part, il ne faut pas oublier de mentionner que le mai 68 avait aussi des conséquences négatives.

Ainsi, il y avait, entre autres, centaines de blessés, d`aveugles et même des morts au cours des batailles,

comme un

bilan policier

du 11. et du 12.6. le montre : «

·

1500 manifestants appréhendés et conduits à Vincennes pour vérification d`identité
(à 8 heures, 64 d`entre eux étaient gardés pour délits divers) ;

·

72 blessés parmi le service d`ordre ;

·

72 barricades élevées un peu partout ;

·

75 voitures endommagées ou détruites ;

·

10 véhicules de police (1 moto, 8 cars et 1 voiture légère) saccagés ;

·

5 commissariats de police (...) attaqués ;

·

25 arbres abattus ;

·

7 lampadaires détruits ;

·

7 avertisseurs de police ou des pompiers endommagés ; (...) »

23

En plus, les membres du parti communiste sont fâcheux de la victoire des conservatives aux élections et

ils se font des reproches réciproques ; les ouvriers et les étudiants ont le sentiment d`être trahis. Beaucoup

de revendications des Français ne sont pas réalisées, en partie ou pas du tout. Déjà bref après les dernières

batailles, tout semble comme avant, une illusoire apparence de normalité règne. Faut-il n`être qu`un mal

souvenir qui doit être oublié et nié autant vite que possible ? Il y a en France, si peu de temps après,

à nouveau, le vieux malaise normal ? Les paroles sur les murs sont éloignées, leurs occupants sont

disparus ; les journaux, les tracts et les autres mouvementées sont interdits. La situation qui doit avoir

changée est retournée si vite à son vieux air que l`histoire a quelque chose d`étrange, comme si elle ne

serait pas véritable ou si elle ne s`avait pas vraiment passée !

13


V. L`opinion de témoins de l`époque et de personnes nées plus tard

a) Jean-Paul Sartre

En considérant les causes qui ont menées à la rébellion, le cours de ces événements du mai 1968, ainsi

que les suites et les changements qui sont portés par ces bouleversements radicales, il est, naturellement,

aussi intéressant d`apprendre comment les gens qui ont vu personnellement ces mois, mais aussi ceux qui

n`ont fait que l`expérience plus tard, pensent des circonstances aujourd`hui. Jean-Paul Sartre, par ex., qui

s`est solidarisé avec la manifestation, comme la plupart des intellectuelles célèbres de ce temps, et qui a

souligné `la nouvelle idée du mai 68′, a estimé la situation de la manière suivante : «

Tous ceux, qui ont

injurié les étudiants, je reproche de n`avoir pas vu qu`ils expriment une nouvelle revendication : celle de

l`autodétermination.

» Après que les ouvriers ont appris des étudiants, ils se sont chargés de leurs buts et

de leurs formes d`action, «

vraies relations

» ne pourraient qu`exister entre eux, «

s`ils collaborent, dans

les universités comme dans les entreprises.

»6

«

La vérité, c`est que la violence est la seule chose qui reste, quel que soit le régime, aux étudiants
qui sont jeunes, qui pensent qu`ils ne sont pas encore entrés dans le système que leur ont fait leurs
pères et qui ne veulent pas y entrer. Autrement dit, ils ne veulent pas de concessions, ils ne veulent
pas qu`on aménage les choses, qu`on leur donne satisfaction sur une petite revendication, pour en
fait les coincer et leur faire prendre la filière, et leur faire être (...) dans trente ans ce vieux
bonhomme usé qui est leur père

»9, 24.

b) Nicole et Jean-Philippe, 21 et 19 ans en Mai 68 ; aujourd`huit ils avocats à Metz (Moselle)

Le couple considère les événements aujourd`hui d`un autre point de vue :

«

J`ai vécu Mai 68 comme un moment festif, très ludique. On s`est bien amusé sans avoir cons-
cience de faire quelque chose de sérieux. (...) On ne savait pas très bien contre quoi on protestait.
En fait, on rejetait en bloc les règles que la société nous avait imposées. Dans ce sens, je dirais
que ce mouvement était très anti-de Gaulle, car de Gaulle et son gouvernement représentait nos
parents, un puritanisme que nous ne voulions plus. Nous voulions plus de libertés et nous avons
pris la parole pour le dire. (...) Les événements ne sont pas arrivés brutalement. La contestation
couvait depuis pas mal de temps, notamment à Strasbourg, où les situationnistes étaient très actifs.
(...) Mai 68 a servi d`appel d`air. J`ai l`impression que nous sommes passés du noir et blanc à la
couleur. L`époque était tellement figée ! La censure existait encore, les écoles n`étaient pas mixtes.
Dans mon lycée, les jeans et les chemises à manches courtes étaient interdits ! Ce n`était plus
supportable. C`est pourquoi j`ai participé à la révolte étudiante (...)

» 25

c) Estelle, 20 ans, fait ses études en communication visuelle à Paris

Elle est une des personnes nées plus tard :

«

J`ai entendu parler de Mai 68 par mes parents et par la télévision. À la maison, mon père a
surtout raconté les conséquences matérielles de crise, comme la pénurie d`essence. (...) à mes
yeux, ce mouvement a eu du bon. Il a contribué à faire bouger les mentalités, notamment les
rapports hommes-femmes et les rapports entre les enfants et les parents. Avant, dans les familles,
il n`y avait pas de discussion possible, on ne contredisait pas l`autorité parentale. En cela, Mai 68
a été un détonateur. Je me suis souvent demandée si on pouvait refaire la même chose
aujourd`hui. Je crois que non. Il y a pourtant plein de raisons pour que cela explose, mais on est
beaucoup plus frileux. Les jeunes restent de plus un plus tard chez leurs parents, ils cherchent à se
protéger au maximum. On a l`impression qu`il n`y a plus de passion, plus de causes à défendre.
C`est dommage.

» 26

d) Antoine, 20 ans est en première année de l`École de Management à Lyon

«

Je vois Mai 68 comme la déprime d`une société gâtée, lassée par le train-train quotidien. (...)
Aujourd`hui, on réclame ce qu`on avait à l`époque : du boulot et du fric. S`il y avait un nouveau
Mai 68, le contexte serait différent. Le mouvement serait global. Il inclurait les plus démunis : les
chômeurs de longue durée, les RMIstes (revenu minimum d`insertion), les gens en fin de droits,
bref, toutes les populations sans espoir. (...) Du côté des jeunes, les motivations ont changé :
autrefois, la politique leur tenait plus à coeur, aujourd`hui, on veut un emploi (...). »

27

14


VI. L`estimation de toutes les circonstances

Quoi peut-on encore dire maintenant ­ plus que 35 ans plus tard ­de ces mois ? Comment peut-on juger,

de la manière la plus facile, ce que ces événements et ces circonstances ont signifié pour les Français ?

Au début, les grèves se formaient par des mouvements spontanés qui étaient difficiles à encercler ou à

cerner. La protestation des étudiants et des ouvriers, elle était l`oeuvre de beaucoup de centres très

diverses, occasionnellement d`anarchistes qui ont profité de l`atmosphère étrange et violente. Ils avaient

l`intention de bouleverser les autorités les plus importantes ­ professeurs, hommes de main professionnels

et doctrinaires. C`était « (...) l`heure d`une immense remise en question (...)»13 de toutes sortes de

discussions d`une meilleure société. Les manifestations en France germaient les nostalgies les plus

diverses, souvent les plus contradictoires. Les uns étaient inspirés « d`idéologies du passé qui offrent

encore l`illusion d`un avenir, pour les autres de revendications qu`ils n`osent pas encore s`exprimer »1.

En général, on peut dire que l`insurrection ne pouvait pas venir pendant la nuit ; elle avait ses causes déjà

plus tôt ; de plus en plus, elles sont augmentées, et elles sont escalées finalement en mois de mai. Mais, au

début, personne ne pouvait pas peser la vraie portée de ce mouvement. Après les événements, même

l`opinion publique exprimait clairement qu`elle ne s`arrange pas si facile de cette soudaine normalité :

« Restent : la situation économique, les 500,000 chômeurs, l`université besoin de réformes.
C`est clair que le régime gaulliste, fortifié par ses succès électorales, se tiendra encore plus à sa
politique de répression sociale qu`il poursuit encore depuis dix ans. Les mêmes causes auront les
mêmes effets, et le gouvernement cognera de nouveau la protestation du peuple. De Gaulle a reçu
un délai de grâce, mais son régime est condamné. »

(L`Humanité, le 1.7.68) 28


«

La révolution n`est pas faite à un jour, et l`unité entre les étudiants et les ouvriers ne sera
pas encore réalisée demain. Nous n`avons que fait le premier pas. Des autres suivront. »

(Daniel Cohn-Bendit, cité par Sartre, le Nouvel Observateur, 26.6.68) 29

Un autre profond bouleversement qui a eu lieu à cause d`anciennes circonstances, c`est « celui des

minorités. La France centralisatrice découvre la différence. Elle découvre que le breton, l`occitan et le

basque continuent de se parler (partout). Elle découvre qu`elle a accueilli des centaines de milliers de

Marocains, d`Algériens, de Tunisiens, bref d`immigrés à la peau basanée qui ont aussi des droits.

Elle découvre qu`il y a des minorités qui n`ont jamais eu le droit à la parole et qui la prennent : les homo-

sexuels, les détenus, ceux qu`on dit fous, ceux qu`on appelle des handicapés » 30. Ensuite, tous ces

changements, qui ont suivi les grenades lacrymogènes et les grenades de gaz toxique, même les cocktails

Molotov au Quartier Latin, ont fait disparaître le vieux monde et les vieux points de vue ! Pour le pays,

c`étaient les confrontations les plus violentes et les plus spectaculaires, même les plus inattendues, qui ont

fait chanceler le régime de de Gaulle. Le mai 68 français était la plus grande insurrection qui a jamais vu

le jour dans une métropole capitaliste qui s`est développée de cette large manière. Pendant un mois,

l`économie était paralysée, la vie sociale ne s`est jouée que dans les rues ­ jusque l`état a rétabli,

finalement, son monopole de force. Au début, on avait encore eu l`impression que cette insurrection

renversait la Ve République. Il est vrai que les événements aient bouleversé la France, mais le pays s`est

rassuré beaucoup plus vite après ces coups terribles qu`on l`a supposé.

15


C) Commentaire final

On ne peut pas dire que toutes les bagarres et tous les événements du mai 68 étaient vains ou échoués ;

ils ont vraiment apporté quelques altérations positives et des décisions essentielles. Pour la première fois,

grandes foules d`étudiants, d`élèves, de professeurs, d`ouvriers, d`employés et d`apprentis ont battu

ensemble pour des buts communs ! Mais si l`on considère toute la situation aujourd`hui, en rétrospective,

on doit pourtant constater que beaucoup de ces changements ne se sont imposées et tenues qu`un peu.

Comme un mouvement politique, le mouvement des étudiants et des travailleurs a échoué. Beaucoup de

désirs des Français ne pouvaient pas ou n`étaient pas obtenues ; les réformes qui sont réalisées au début

de la présidence du nouvel chef de l`État n`ont pas apporté des situations qui étaient tout d`un coup

mieux, qui ont tout changé et qui ont tout amélioré, mais seulement de petites corrections pour, d`abord,

rassurer les étudiants et de créer l`apparence que leurs protestations ont imposé de profondes nouveautés

en ce qui concerne la société et la publique.

L`idée en soi était bonne, mais ces incidents, naturellement, ne pouvaient pas résoudre tous les problèmes

en France. Ainsi, aujourd`hui, il y a encore des inquiétudes sociales à cause des conditions de travail et de

vie peu satisfaisantes. Les industries, la société et la culture ­ avant tout à Paris - sont extrêmement

centralisées. Les événements du mai français ont fait clair deux choses paradoxales : Premièrement, la

crise était prête à renverser le régime gaulliste, mais, finalement, elle se changeait à la victoire, après que

les Français s`avouaient soudainement de leur chef d`État. La deuxième chose, c`était le fait que de

Gaulle, bien qu`il aie gagner les élections à la fin du mois juin, était poussé à sa démission. En fait, lui,

qui, comme ses collaborateurs, était étonné de la portée de la rébellion, il était paralysé de la crise

civiliste, et, pour cela, il se déciderait de mettre en jeu son mandat et d`obéir la confiance publique pour

créer une nouvelle politique de `participation′ - dans ses yeux le seul aide contre les profondes causes de

la révolte.

Beaucoup de gens appelaient l`élection de de Gaulle comme un manoeuvre magistral du `sauveur de la

patrie′ ; mais il ne pouvait par arrêter l`avancement des années passées. Allant sur ses quatre-vingt ans,

il était simplement trop vieux pour encore pouvoir comprendre les tendances, les opinions et les points de

vu des jeunes de ce temps, ou de pouvoir garder sa politique de la manière qu`il peut recevoir la confiance

des jeunes gens et des étudiants. Sans l`intervention dure, la chose ne s`était pas finie aussi vite, mais la

situation ne serait pas explosée aussi déchaînée et les étudiants auraient, peut-être, aussi reconnu plus tôt

qu`ils ont, de toute façon, des chances plus minimes contre la police, les autorités et la force de l`état !

« Sur un mur de 68, un inconnu a résumé toutes ces transformations et toutes ces mutations d`une phrase

lapidaire et poétique : `

Cours plus vite, camarade, le vieux monde est derrière toi !′ » 30

16


Annotations

_____________________________

1 Pellegrin, Bernard ; « Dossier » ; «Le « big bang » de Mai 68 » ; in : écoute 5/93 ; p. 25

2 Fouilleron, Charlotte ; « société » ; « Mai 68, 30 ans après » ; in : écoute 5/98 ; p. 28

3 Semnoz, Claude ; « la Ve République de 1958 à nos jours, préface de Pierre Miquel » ; Librairie Larousse ; Paris 1985 ; p. 81

4 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 82/83

5 Nooteboom, Cees ; « Paris, Mai 1968 » ; edition suhrkamp ; suhrkamp Verlag ; Frankfurt am Main 2003 ; cf. p. 41

6 Renner, Jens ; « 1968 »; Rotbuch 3000 ; Rotbuch Verlag ; Hamburg 2001 ; p. 47

7 Lavandin, Line ; « Dossier »; « Mai 6, 25 ans déjà! »; in : écoute 5/93 ; p. 22

8 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 85

9 « Etudes Françaises, nouveaux Horizons 2 » ; Ernst Klett Verlag; Stuttgart 1997; édition 2000 ; p. 82

10 Lavandin, Line ; loc.cit ; p. 23

11 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 86

12 « Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL : http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/ « Allocution radiotélévisé

prononcée par Georges Pompidou le 16 mai 1968 » [Stand : 30.12.2004]

13 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 87

14 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 94

15 Lavandin, Line ; loc.cit ; p. 24

16 « Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL : http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/ « Le discours du général de

Gaulle du 30 mai 1968 » [Stand : 30.12.2004]

17 Nooteboom, Cees ; loc.cit. ; cf. p. 58

18 « Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL : http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/ « Marée bleu-blanc-rouge sur

les Champs-Elysées le 30 Mai 1968 » [Stand : 30.12.2004]

19 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 97

20 Nooteboom, Cees ; loc.cit. ; cf. p. 44/45

21 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 99

22 Semnoz, Claude ; loc.cit ; p. 98

23 « Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL: http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/ «Le bilan établi par la préfec-

ture de police suite à la manifestation de la gare de l`Est dans la nuit du 11 au 12 juin 1968 » [Stand : 30.12.2004]

24 « Etudes Françaises, nouveaux Horizons 2 » ; loc.cit ; p. 83

25 Fouilleron, Charlotte ; « société » ; « Témoignages » ; in : écoute 5/98 ; p. 29

26 Fouilleron, Charlotte ; « Témoignages » ; loc.cit ; p. 30/31

27 Fouilleron, Charlotte ; « Témoignages » ; loc.cit ; p. 31

28 Nooteboom, Cees ; loc.cit. ; cf. p. 75

29 Nooteboom, Cees ; loc.cit. ; cf. p. 77

30 Pellegrin, Bernard ; loc.cit ; p. 26

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Bibliographie


LIVRES :

·

« Chronik 1968, Tag für Tag in Wort und Bild » ; Chronik Verlag ; Dortmund 1987 ; pp. 82/83

·

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·

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Hartmann, Peter Claus ; « Geschichte Frankreichs »; Verlag C.H.Beck ; München 1999

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Renner, Jens ; « 1968 »; Rotbuch 3000 ; Rotbuch Verlag ; Hamburg 2001

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Semnoz, Claude ; « la Ve République de 1958 à nos jours, préface de Pierre Miquel » ;
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Weisenfeld, Ernst ; « Geschichte Frankreichs seit 1945 (Von de Gaulle bis zur Gegenwart) » ;
Verlag C.H.Beck ; München 1997




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o

Fouilleron, Charlotte ; « société » ; « Mai 68, 30 ans après » ; in : écoute 5/98 ; pp. 28/29

o

Fouilleron, Charlotte ; « société » ; « Témoignages « ; in : écoute 5/98 pp. 29-31

o

Lavandin, Line ; « Dossier »; « Mai 68, 25 ans déjà! »; in : écoute 5/93 ; pp. 22-24

o

Pellegrin, Bernard ; « Dossier » ; «Le « big bang » de Mai 68 » ; in : écoute 5/93 ; pp. 25/26




INTERNET :

« Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL :http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/

« Le discours du général de Gaulle du 30 mai 1968 » [Stand : 30.12.2004]

« Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL :http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/

« Marée bleu-blanc-rouge sur les Champs-Elysées le 30 Mai 1968 » [Stand : 30.12.2004]

« Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL: http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/

«Le bilan établi par la préfecture de police suite à la manifestation de la gare de l`Est dans la nuit
du 11 au 12 juin 1968 » [Stand : 30.12.2004]

« Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; URL: http://membres.lycos.fr/mai68/ordre/

« Allocution radiotélévisée prononcée par Georges Pompidou le 16 mai 1968 »
[Stand : 30.12.2004]

« Un autre mai 1968 : les coulisses des évènements » ; « affiches » ;

URL : http ://membres.lycos.fr/mai68/68art/68art.htm [Stand : 28.12.2004]

Photo de Daniel Cohn-Bendit : http ://dwardmac.pitzer.edu/Anarchist_Archives/bright/Bendit/

benditgraphics.html [Stand : 28.12.2004]

Photo de Charles de Gaulle ; URL : http ://www.dhm.de/lemo/objekte/pict/BiographieGaulle

CharlesDe_photoPortraitGaulleCharlesDe1958/ [Stand : 28.12.2004]

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