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Facharbeit (Schule), 2005, 32 Seiten
Autor: Wioletta Agadjanowa
Fach: Französisch - Literatur, Werke
Details
Tags: Jean, Paul, Sartre, influence, vie, Paris, parisienne, jeunesse, guerre, après-guerre, Beauvoir, Simone, Saint-Germain, Flore, Sorbonne, 68, Montparnasse
Jahr: 2005
Seiten: 32
Note: 1,0
Sprache: Französisch
ISBN (E-Book): 978-3-640-39252-0
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Zusammenfassung / Abstract
1. Introduction Jean-Paul Sartre – c´est premièrement un philosophe, romancier, dramaturge, critique littéraire et journaliste. Il est également engagé dans la plupart des combats politiques de son temps, il apparaît comme un homme épris de liberté et intensément présent au monde. On l´a même comparé à Voltaire, le grand philosophe du « Siècle des Lumières », à cause de sa curiosité universelle, de sa capacité de travail et d´ intervention qu´il met au jour. Cet homme singulier est connu pour sa culture immense et un goût manifeste qui efface les frontières non seulement entre les disciplines ( philosophie, psychanalyse, littérature, etc.) et les continents, mais encore entre les peuples et les classes. Pour la première fois, j´ai remarqué Jean – Paul Sartre comme auteur et philosophe pendant la lecture de son oeuvre « Huis Clos » en classe. Dès le début de cette pièce les pensées principales de l`existentialisme apparaissent partout. Il y a seulement un os: d´ordinaire, on doit les reconnaître par soi-même. Et cela peut être vraiment un challenge, si on n´est pas familiarisé avec la philosophie sartrienne. Mais, si on a comprit celle-ci, « Huis Clos » - juste autant que les autres œuvres - se convertit en un livre absolument fascinant puisque, peu à peu, le lecteur découvre la signification de la matière, qui est par endroits extrêmement abstraite, et la porte pour entrer dans le monde existentialiste s´ouvre à lui. Aujourd´hui, l ´existentialisme n´est pas très répandu. Autrefois, à partir des années quarante, il vit sa floraison. Tout le monde en fait connaissance, tout le monde en parle. Le « Quartier latin » de la capitale française, Paris (particulièrement le Boulevard « Saint-Germain »), devient un lieu central des adeptes de cette nouvelle vague philosophique. Sartre et sa « famille » s´ y rencontrent régulièrement; leurs cafés, où ils développent la théorie existentialiste, appartiennent, même de nos jours, aux intellectuels du monde entier. Dans les pages suivantes, j´aimerais bien présenter la personnalité de Sartre et la philosophie à laquelle il donne son empreinte comme nul autre au préalable. Je regarde exactement la maison de sa naissance, son enfance, sa jeunesse, parce que ces aspects sont décisifs pour son avenir. Qui sont ses amis? Pourquoi veut-il devenir écrivain? Et comment crée-t-il sa carrière, son évolution? Un autre point est sa prédilection pour l´existentialisme. Mais quelles sont les raisons pour celle-ci? ...
Volltext (computergeneriert)
Gutenberg Gymnasium Mainz
Facharbeit:
Jean - Paul Sartre
- son influence sur la vie parisienne
et sur la jeunesse de l´après-
guerre
Eingereicht von:
Wioletta Agadjanowa
Abgabetermin:
07.03.05
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Plan
:
1. Introduction
2. Sa vie
3. Sa philosophie
4. La situation parisienne de l´après-guerre
5. Son influence et ceux qui apprennent de lui
6. Conclusion
7. Appendice :
a) Photos - sur les traces de Jean Paul Sartre
b) Bibliographie
c) Crédits photographiques
d) Assurance / Versicherung
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
1. Introduction
Jean-Paul Sartre c´est premièrement un philosophe, romancier, dramaturge, critique
littéraire et journaliste. Il est également engagé dans la plupart des combats politiques de son
temps, il apparaît comme un homme épris de liberté et intensément présent au monde. On l´a
même comparé à Voltaire, le grand philosophe du « Siècle des Lumières », à cause de sa
curiosité universelle, de sa capacité de travail et d´ intervention qu´il met au jour. Cet homme
singulier est connu pour sa culture immense et un goût manifeste qui efface les frontières non
seulement entre les disciplines ( philosophie, psychanalyse, littérature, etc.) et les continents,
mais encore entre les peuples et les classes.
Pour la première fois, j´ai remarqué Jean Paul Sartre comme auteur et philosophe pendant la
lecture de son oeuvre « Huis Clos » en classe. Dès le début de cette pièce les pensées
principales de l`existentialisme apparaissent partout. Il y a seulement un os: d´ordinaire, on
doit les reconnaître par soi-même. Et cela peut être vraiment un challenge, si on n´est pas
familiarisé avec la philosophie sartrienne. Mais, si on a comprit celle-ci, « Huis Clos » - juste
autant que les autres oeuvres - se convertit en un livre absolument fascinant puisque, peu à
peu, le lecteur découvre la signification de la matière, qui est par endroits extrêmement
abstraite, et la porte pour entrer dans le monde existentialiste s´ouvre à lui.
Aujourd´hui, l ´existentialisme n´est pas très répandu. Autrefois, à partir des années quarante,
il vit sa floraison. Tout le monde en fait connaissance, tout le monde en parle. Le « Quartier
latin » de la capitale française, Paris (particulièrement le Boulevard « Saint-Germain »),
devient un lieu central des adeptes de cette nouvelle vague philosophique. Sartre et sa
« famille » s´ y rencontrent régulièrement; leurs cafés, où ils développent la théorie
existentialiste, appartiennent, même de nos jours, aux intellectuels du monde entier.
Dans les pages suivantes, j´aimerais bien présenter la personnalité de Sartre et la philosophie
à laquelle il donne son empreinte comme nul autre au préalable. Je regarde exactement la
maison de sa naissance, son enfance, sa jeunesse, parce que ces aspects sont décisifs pour son
avenir. Qui sont ses amis? Pourquoi veut-il devenir écrivain? Et comment crée-t-il sa carrière,
son évolution? Un autre point est sa prédilection pour l´existentialisme. Mais quelles sont les
raisons pour celle-ci?
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Néanmoins, pour être capable de répondre à ces questions, il ne faut pas oublier la situation et
la société de cette époque. C´est, à savoir, le temps de l´après-guerre, la seconde guerre
mondiale, et on se trouve dans une « renaissance » d´esprit. Les gens, après la souffrance des
années passées, désirent ardemment une culture ordonnée qui les aide de maîtriser la vie
quotidienne encore trop grise. Ainsi, c´est clair qu´ils se laissent séduire par l´existentialisme
et ses pionniers qu` ils admirent beaucoup. Notamment, c´est la jeunesse qui montre un tel
comportement. Pourquoi? Quel est le rôle de Sartre et comment réussit-il à influencer la vie
parisienne de la seconde moitié du 20ème siècle?
Les chapitres suivants me servent à trouver des réponses plausibles et à transmettre l´image la
plus complète possible sur le sujet. De plus, les photos dans l´appendice et les nombreuses
sources sont utilisées pour la compréhension de « Jean Paul Sartre son influence sur la vie
parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre ».
2. Sa vie
Sartre est né le 21 juin 1905 à Paris, dans le XVIème arrondissement, dans une famille de la
bourgeoisie aisée, comme fils d´un sous-lieutenant de marine Jean Baptiste Sartre et sa
femme Anne Marie Schweitzer (elle est une nièce d´Albert Schweitzer). Quelques jours
plus tard on baptise l´enfant selon le rite protestant-calviniste au nom de Jean Paul. Mais
déjà à l´âge de deux ans le premier revers de fortune le frappe: son père meurt d´une
bronchite et il doit partir s´installer avec sa mère chez ses grands-parents à Cherbourg. A
partir de ce moment le grand père de Jean-Paul assume son éducation, puisque Anne
Marie est complètement subordonnée dans cette maison, elle n´a plus d´influence sur son fils.
Sartre se rappelle: « Jusqu´à dix ans je restais seul avec un vieillard et deux femmes »1. Le
grand-père est très fier de son petit-fils, il le gâte beaucoup. Concernant cela Francis Jeanson
remarque: « Pendant des années, on lui a répété qu´il était un don du ciel, une merveille, (...).
Orphelin de père, il lui a manqué d´emblée cette sorte d´assurance, de respect de soi que le
géniteur communique à sa progéniture et qui s´appelle « droit de vivre» »2. En 1911 la
famille de Sartre revient de nouveau à Paris, la situation pour Sartre ne change pas. Au
contraire, il pense que les adultes le modèlent et qu´il n´a pas assez de liberté pour se
développer comme il veut : « Ma vérité, mon caractère et mon nom étaient aux mains des
1 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 129
2 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 129 / p.130
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
adultes ; j´avais appris à me voir par leurs yeux ; j´étais un enfant, ce monstre qu´ils
fabriquent avec leurs regrets.»3 En conséquent, le garçon n´arrive pas à se faire de camarades,
il est vraiment rejeté par les autres enfants. Mais, en même temps, Sartre développe son
intérêt pour le théâtre: inspiré par le petit théâtre des marionnettes dans le Parc du
Luxembourg, où il fait des promenades avec les adultes, il crée ses propres pièces. Son talent
pour l´écriture est né.
Après cette enfance dans le cocon familial, jusqu´à l´age de dix ans il reste en famille, Jean-
Paul entre au Lycée Henry IV en octobre 1915, en classe de sixième. Là, il rencontre Paul -
Yves Nizan qui est son premier ami et qui reste son ami toute sa vie. Deux années plus tard,
Sartre, sa mère et son nouveau mari vont à La Rochelle (un village au bord de l´Atlantique)
où le garçon se sent, pour la première fois, complètement négligé. Selon Sartre ce sont les
plus mauvaises années de sa vie. Il n´a pas d´amis et il lui manque des grands-parents qui
l´aiment et qui répondent à tous ses désires. En plus, il n´accepte pas son beau-père, il le
déteste instamment. C´est ce qu´il raconte plus tard : « [Mon beau-père] a été, constamment,
le type contre lequel j´écrivais. Toute ma vie »4. En 1920 il revient d´ « exil » et il apparaît de
nouveau à son vieux lycée. Nizan y est encore élève, tous deux deviennent, presque
immédiatement, « indiscernables » , et on les appelle « Nitre » et « Sarzan ». S´ils sont
fanatiques des livres et de la plume, ils savent que la ville les attend et c´est d´elle que vient la
reconnaissance suivante: ils veulent devenir écrivains. Jusqu´ en 1924 Sartre fait ses études
scolaires, mais il commence à s´ennuyer tôt. « C´est un ennui profond, profond, le coeur
profond de l´existence, la matière même dont je suis fait »5. Le jeune homme ne sait pas quoi
faire avec lui-même. Tout à coup, il perd ses plans, ses buts. Au lieu de cela, il pense
régulièrement au suicide et un jour il écrit à Nizan: « (...) plus absurde est la vie, moins
supportable la mort »6. Mais son ami sait un remède effectif, il lui propose d´explorer leur
ville. Les élèves jouent les grands conquérants et leur commune aventure exceptionnelle leur
sert aussi à éprouver et affermir leur cohésion. Mais en se livrant à des véritables incursions
dans la capitale, les amis négligent leurs études scolaires. Comme ils sont tout de même des
élèves brillants, ils entrent à l´Ecole Normale Supérieur à Paris, qui est une des plus
renommées en France, et leur vie se met à changer rapidement. Ils sont pleins d´idées qu´ils
veulent communiquer aux autres, ils rédigent des courts récits pour de nombreuses revues
3 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 130
4 Simone de Beauvoir: La cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 65
5 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 131
6 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 132
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5
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
estudiantines. La première publication du jeune Sartre est « L´Ange du Morbide » dans la
« Revue sans titre ». En 1929 Jean-Paul est reçu premier à l´agrégation de philosophie;
Simone de Beauvoir, qu´il ne connaît pas jusqu´à ce moment, est seconde; Paul Yves Nizan
est troisième. Or, une nouvelle amitié naît dans la vie de Sartre puisqu´il est fasciné par
Simone (aussi surnommée « Le Castor »). Tous deux découvrent leurs ressemblances et
s´unissent pour être toujours ensemble, pour aider l´un l´autre, pour travailler. Ils se
conduisent comme un couple, mais ils ne veulent pas du tout se marier, parce que la liberté est
plus importante que l´autres choses. Avec les autres étudiants de philosophie, ils forment une
sorte de clan. Cela veut dire: ils se rencontrent chaque jour dans les nombreux cafés du
« Quartier latin » (par exemple dans « Le Flore » ou dans les « Deux Magots ») pour échanger
leurs opinions sur sujets différents, pour discuter.
Pendant les années 1929 et 1931 Sartre accomplit son service militaire à Tours, puis, il
devient professeur de Français et de philosophie dans plusieurs écoles françaises. Il passe
aussi quelque temps à Berlin et se familiarise avec des oeuvres d´Husserl, d´Heidegger et
d´Hegel qui l´impressionnent beaucoup. Au printemps 1935, Sartre tombe amoureux d´une
élève du Castor, Olga Kosackiewicz. Mais comme on lui donne une possibilité de publier son
premier livre en développant le sujet de son diplôme, il lâche le roman avec la jeune fille de
Rouen. Ainsi, Sartre se jette sur le travail, il utilise dans son oeuvre de psychologie
phénoménologique toutes ses expériences avec la philosophie allemande, comme « Un essai
sur l´Imagination » (1936) et « La Transcendance de l´ego » (1937) le prouvent.
Parallèlement à sa réflexion philosophique, il invente « l´écriture narrative, romanesque, sans
que l´étanchéité entre les deux soit recherchée »7. Les exemples de cette vision nouvelle où le
monde est dominé par le dégoût et le désespoir sont : « La Nausée » (1938) et « Le Mur »
(1939). Comme dans ce dernier il s´agit déjà de la morale existentialiste que tombe sur
désapprobation, ce livre suscite un scandale et produit une image d´un Jean-Paul Sartre
provocant qui, à chaque pas, s´éloigne d´ « un fils de bonne famille ». Au contraire,
concernant sa vie d´amour il se transforme en « enfant terrible » qui joue avec les femmes
sans avoir de remords, mais, peut-être, c´est le caractère de la société d´alors. Un exemple:
« Colette A. essaie en vain de reprendre sa liaison avec Sartre, qui a une liaison épisodique
avec Bianca B., qui a une liaison régulière avec le Castor, qui a une liaison à éclipse avec
Bost, qui a une liaison fixe avec Olga, qui veille avec soin sur la liaison de Wanda avec
7 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015
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6
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Sartre. Tout le monde étant fort jaloux de tout le monde, il faut mentir, manoeuvrer.
Epuisant »8.
Après l´éclatement de la deuxième guerre mondiale Sartre est mobilisé comme infirmier à
Nancy. Il ne lutte pas, mais il souffre énormément quand même. La misère qu´il voit chaque
jour s´enfonce profondément dans son coeur et ne le quitte jamais. Le 21 juin 1940, c´est à son
35ème anniversaire, il est fait prisonnier par les Allemands. « J´ai été un peu fou de faim,
pendant deux, trois jours, comme beaucoup de mes voisins; on délirait parce qu´on n´avait
rien á manger, on était là, couchés sur le sol ; on avait des heures de délire, des heures de
sang-froid, ça dépendait »9. L´homme qui aime la liberté se sent mal à l´aise dans le camp
comblé. Donc, pour se distraire, il commence à écrire quelques pièces pour le théâtre des
prisonniers dans lesquelles il reflète leur situation fâcheuse. Mais bientôt Sartre a une chance
absolument inattendue. En avril 1941 il réussit à s´échapper du camp en se faisant passer pour
un civil. Cette expérience extraordinaire inspire Sartre, il découvre que « puisque Dieu
n´existe pas, l´homme est seulement ce qu´il se veut et ce qu´il se fait »10. Etant relâché et
pratiquant sa profession de nouveau, Sartre se rencontre avec des amis parisiens (« les
existentialistes, la gauche, les jeunes intellectuels qui hantent Saint-Germain-des-Près »11) -
Beauvoir, Nizan, Quenaeau, Leiris, Giacometti, Vian et Camus- parce qu´ il a besoin d´eux
pour aider la Résistance dans son travail. Bien sûr, c´est dangereux, Sartre, pourtant, persiste
dans ce plan. A ce moment-là, il n´éprouve pas de peur du tout, mais il éprouve désespoir,
haine et désir de s´engager. Parallèlement, il publie « L´Etre et le Néant » (1943), qui devient
son oeuvre philosophique principale, et il présente sa pièce « Les Mouches » (1943), suivi de
« Huis Clos » en mai 1944 (après l´épreuve de la « Wehrmacht »). Peu à peu, Sartre atteint
beaucoup de succès comme auteur et, par conséquent, il peut se permettre terminer son
activité comme professeur. Sartre est aussi envoyé aux Etats-Unis par le journal « Combat »
pour couvrir la conférence de la Résistance. En outre, il crée sa propre revue « Les Temps
Modernes » (1945) qui exprime son essai de s´imposer dans le monde politique. Il écrit « La
Putain respectueuse » (1946) et « Morts sans séparation » (1946). En 1948 il publie « Les
Mains sales », puis, « Le Diable et le Bon Dieu » (1951), « Kean » (1953) et « Nekrassov »
(1955). A partir de ce temps Sartre prône un théâtre où se sont débattues les grandes questions
contemporaines, à travers des personnages pris dans des situations violentes, extrêmes, dont
8 Denis Bertholet: Sartre; Paris, Plon, 2000, p. 199
9 Simone de Beauvoir: La Cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 491
10 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015
11 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015
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7
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
l´enjeu est toujours le sens, la liberté, la responsabilité, les exigences souvent en contradiction
avec l´action. Mais pas tout le monde est d´accord avec lui, la gloire se mêle à la moquerie.
Pour s´éloigner des opinions différentes sur sa conception du théâtre, Sartre décide de
s´associer avec le parti communiste. Au cours de cela, il fait - accompagné par Simone de
Beauvoir - des nombreux voyages dans les pays des « rouges »: à Cuba (avant et après la
prise de pouvoir par Fidel Castro, qu´il rencontre), en URSS, en Chine et Brésil, dans la
Yougoslavie de Tito et même en Egypte.
Entre-temps, Sartre revient à la littérature en publiant « Les Séquestrés d´Altona » (1959) et la
première partie de son autobiographie « Les Mots» (1964), pour laquelle on lui décerne le
« Prix Nobel de la Littérature ». Encore une fois il réagit d´une manière pas conventionnelle,
car il refuse le prix. L´existentialiste fanatique ne se laisse pas intimider par la critique de tous
côtés. Au lieu de cela, il continue à poursuivre sa ligne. En 1965 on peut voir une adaptation
des « Troyennes » d´Euripides, ensuite Sartre se consacre aux arts de la communication en
général : il écrit plusieurs scénarios de films et participe à nombre d´interviews, de
conférences et d´émissions de radio. Mais le grand homme s´occupe aussi de sa vie privée. La
même année, il introduit une requête en vue de l´adoption d´Arlette Elkaïm une jeune fille
dont la mère est décédée et dont les relations avec son père et sa belle-mère sont inexistantes-,
parce qu´il n´a pas d´enfant, pas d´héritier proche. La loi française accepte la requête le 18
mars. Son prochain pas est l´engagement en mai 1968 en sympathisant avec les étudiants et
les ouvriers qui se révoltent. Il déclare: « Ces jeunes gens ne veulent pas d´un avenir qui sera
celui de leurs pères »12.
Ensuite, cinq ans plus tard, le bonheur se détourne de lui, il est frappé de cécité et doit arrêter
la majeure partie de ses activités, mais il ne se condamne pas. En 1974, il s´entretient avec
Andreas Baader à Stuttgart; pendant l´année 1976 il termine les dix volumes des
« Situations » qui gardent la trace de tout son travail critique et politique. Bien que Sartre soit
un homme célèbre, il vit dans la pauvreté. A propos de cela Bernard-Henri Levy remarque le
suivant : « Pas d´objets. Guère de meubles. Une table en Formica blanc. Des cendriers. Une
impression de grand désordre et d´austérité »13. Le 19 mars 1980 Sartre se sent très mal,
Simone de Beauvoir- en voulant le réveiller- trouve Sartre « assis au bord de son lit, haletant,
presque incapable de parler »14. Ensuite, on le conduit à l´hôpital « Broussais », où il meurt le
12 Michel Contat/Michel Rybalka: Les écrits de Sartre, Paris, Gallimard, 1995, p. 463
13 Ibid., p. 308
14 Simone de Beauvoir: La cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 152
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
8
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
15 avril d´un oedème pulmonaire qui se résorbe vite. Environ 50 000 personnes qui veulent
rendre hommage « à l´homme et aux libertés qu´il incarnait » suivent son cortège funéraire
jusqu´ au cimetière de Montparnasse le19 avril. Là, Jean-Paul Sartre trouve son repos éternel.
3. Sa philosophie
Jean-Paul Sartre élabore une philosophie de l´être humain où « la notion de liberté et de
responsabilité jouent un rôle central »15. Ce qu´il considère comme assez avancé, c´est que le
mouvement existentialiste prend l´existence comme centre de réflexion. « Je pense, donc je
suis » (Descartes) devient un slogan exemplaire pour lui. Et la raison pour tel attitude est
facilement compréhensible. La montée du nazisme et l´occupation de la France par les
Allemands causent une désillusion forte. Mais, heureusement, elle n´est pas une démission et
peu de temps avant Sartre s´embarque dans les pensées des philosophes différents en
accordant une place central à la liberté humaine. Ainsi, les racines de la réflexion de Sartre
sont des influences complexes et parfois contradictoires. Tout d´abord, il faut mentionner
Hegel, Marx et Freud (théorie du travail humain), Husserl et Heidegger (notion de
« Dasein »). Cependant, Sartre hérite également de la philosophie de Descartes et,
finalement, de Kierkegaard, le « père de l´existentialisme »16. Or, les idées-motrices de
l´anthropologie sartrienne, qui proviennent de l´existentialisme athée, sont : 1. la distinction
entre « l´être des objets extérieur » (« l´en-soi »17) et « l`être de la conscience » (« le pour-
soi »17), 2. la distinction entre « l´essence » et « l´existence ». Concernant le premier point, on
peut dire que l´homme, d´une part, fait partie de « l´en-soi » par son corps, son ego et son
passé. De ce point de vue, il est aussi absurde et « de trop » parce qu´il n´est ni actif ni passif ;
il ne montre ni affirmation ni négation. L´homme, dans ce cas, appartient au domaine de
l´essence, de ce qui est déterminé. D´autre part, l´homme, comme « l´être de la conscience »,
est son seul maître qui crée son esprit, ses idéaux, ses valeurs parce qu´au départ il ne possède
aucune identité. Et, ce qui est le plus important, l´homme se crée lui-même, il n´a pas besoin
de Dieu ( Sartre est parfaitement convaincu de sa non-existence ). Cet aspect constitue la
liberté qui représente le pouvoir de la conscience de « néantiser ». Cela veut dire: d´annihiler
15 http://www.philocampus.com/histoire.php?page=sartre
16 http://www.momes.net/dictionnaire/e/existentialisme.html
17 http://www.cvm.qc.ca/ccollin/conception/existentielle/anthropologie.htm
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9
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
les divers déterminismes dont elle peut être l´objet pour qu´elle soit capable de se manifester
dans tous les actes de l´homme. Selon Sartre on ne peut pas éviter ce procès, puisque
« l´homme est condamné à être libre », il est contraint d´en faire usage et d´accomplir ses
choix, son but est l´engagement total. En résumé, la liberté est le pouvoir que détient la
conscience de se soustraire à la chaîne des causes et d´échapper aux déterminations naturelles.
Le thème numéro deux dans les pensées de Sartre est : « l´existence précède l´essence ».
« Cela signifie que l´homme existe d´abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu´il se
définit après. L´homme, tel que le conçoit l´existentialiste, s´il n´est pas définissable, c`est
qu´il n´est d´abord rien. Il ne sera qu´ensuite, et il sera tel qu´il se sera fait. (...) L´homme est
d´abord ce qui se projette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans
l´avenir »18. Par cette affirmation Sartre explicite que l´individu se définit (« essence »), au
moment de sa mort, par (l´ensemble de) ses actes. En conséquence, on est ce qu´on fait.
Parallèlement, comme l´homme n´est pas créé par Dieu, il doit trouver en lui ses propres
valeurs et il doit décider par lui-même les actes qu´il commet. Il est donc responsable de ce
qu´il est, de son succès comme de ses échecs. « La vie morte », une vie sans modification,
sans mouvement, pour lui, n´existe pas. Mais pour se réaliser, il lui faut aussi les autres qui lui
donnent une évaluation sur sa personne de l´extérieur. Or, comme il se voit de l´intérieur,
l´homme peut mettre ensemble ces deux images et il se trouve, normalement, confirmé.
D´après Sartre les rapports entre les hommes sont inévitables, ils servent de l´accumulation
des actes, et, plus tard, de la formation de « l´essence ».
Par contre, « la mauvaise foi », qui est le trait de caractère de nombreux individus, empêche la
connaissance de soi-même. En masquant la vérité déplaisante et fuyant la sincérité, on ment à
soi-même, le trompeur et le trompé sont unis dans une personne. Pour Sartre cet état et le plus
grave dans la vie de l´homme parce qu´à ce moment-là il ne pense pas. Il agit sans réfléchir en
voulant cacher la réalité, son triomphe sur « la bonne foi » est d´une durée momentanée.
18 Jean-Paul Sartre: L´existentialisme est un humanisme, Paris, Gallimard, p. 29-30
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
10
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
4. La situation parisienne de l´après-guerre
« La guerre a divisée ma vie en deux »19. Cette thèse sartrienne est aussi bien valable pour la
majorité des hommes et des femmes de Paris. La guerre, comme la capitale française est le
coeur de l´Europe, ne s´arrête pas devant celle-ci. Bien sûr, il est vrai que la ville est à peine
détruite, néanmoins, beaucoup de sacrifices sont exigés dans tous les domaines et dans toutes
les couches sociales. La terreur transforme Paris, la ville d´amour et de la diversion, en ville
de la douleur et de la monotonie. On a l´air de plonger dans la tristesse, aussi bien à
Montmartre qu´aux Champs - Elysées. De plus, le nombre des infirmes, des vieux et
l´absence des hommes est patent. Rarement, ici ou là, passe une dame élégante, ou on entend
une belle musique qui vient d´un restaurant chic, mais cette image des jours passés est plutôt
une exception. C´est une façade, derrière laquelle se cachent souvent une grande pauvreté et
la faim.
Sous l´occupation, qui dure quatre ans, de 1940 à 1944, la plupart des Parisiens ne connaît pas
de repas suffisants, parce que les magasins, à cette époque, sont presque vides: oeufs, viandes,
légumes, fruits et autres aliments « exotiques » existent seulement dans les rêves des gens ou
au marché noir où ils sont vendus 10 fois plus cher. Les queues devant les magasins des
produits de lait ou devant les boulangeries s´allongent et des tickets d´alimentation qui sont
distribués par famille s´épuisent vite. Les habitants de Paris, comme les autres Français,
vivent dans la peur (il y a des contrôles, des représailles, etc.), ils sont contraints au
rationnement et au pillage. A partir de 1943, s´unifie, grâce à Jean Moulin, la Résistance, une
organisation de la clandestinité parisienne dont la tâche est la lutte contre les ennemies par
tous les moyens et qui compte beaucoup de membres des milieux intellectuels puisqu´ils se
sont trompés sur Paris. Ils sont choqués par sa transformation, la perte de ses mystères.
Simone de Beauvoir prête ses réflexions à l´un des personnages des « Mandarins » : « Si un
jour elle (la ville de Paris) brillait à nouveau, la splendeur de Paris serait celle des capitales
déchues; Vieux Prague, Bruges la Morte. Pas les mêmes rues, pas la même ville, pas le même
monde »20. Ensuite, quand le Débarquement des Alliés a lieu et Charles de Gaulle arrive à
Paris le 25 août 1944, les Parisiens célèbrent la fin du malheur, mais, comme déjà mentionné,
ils ne peuvent pas accueillir le début du bonheur parallèlement. Il y a trop de choses qui
doivent être « digérées » ou rétablies.
19 Jean Luc Moreau: Le paris de Jean- Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne
Hachette Livre, 2001, p. 80
20 Simone de Beauvoir: Les Mandarins; Paris, Gallimard, 1954, p. 157
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Cependant, les Parisiens particulièrement les jeunes - se donnent beaucoup de peine, ils ont
tout simplement faim de leur « savoir vivre ». Fin août 1944, le Gouvernement provisoire de
Charles de Gaulle, qui accorde le droit de vote aux femmes le 21 avril 1945, s´impose sur le
terrain. Il se compose des gaullistes, des socialistes et des communistes dont l´engagement
dans la Résistance procurent un prestige important dans l´opinion publique. D´abord, on
commence, après le temps du choc collectif, par la reconstruction de la ville - et des
nombreux coeurs blessés. Même si les conditions économiques ne permettent pas de
dévergondages excessifs, on cherche à se divertire, à s´amuser partout. Ainsi, ce n´est pas
étonnant que la culture populaire américaine séduit beaucoup de jeunes parisiens en entrant
dans les cabarets du Quartier Latin, et puis, dans la vie quotidienne. La facilité et la gaieté de
la mode d´outre-atlantique sont artificielles, mais ils aident à trouver le sentiment de la vie.
On rigole à nouveau, on chante, on danse - surtout sur le jazz. Le Swing et le Be-bop règnent
maintenant dans les soirées de l´après-guerre. Ensuite, dans les têtes des gens. En 1946, un
autre événement politique s´abat sur les habitants de la capitale française: le Gouvernement
provisoire cède sa place à la Quatrième République, instaurée par une nouvelle constitution
approuvée par référendum. Mais les tensions internes (entre les membres du nouveau
gouvernement) suite aux divergences concernant les problèmes coloniaux en Indochine et en
Algérie conduisent à des crises successives et à plusieurs remaniements ministériels. Or, la
« paix absolue » n´est pas rétablie. Pas encore.
Dans les années cinquante on baigne dans l´optimisme pur parce que la situation va de mieux
en mieux. Les jeunes, à part les fêtes, sont occupés à rattraper le temps perdu par leur parents
pendant la guerre. Et les adultes? D´une côté, ils supportent les idées de la jeunesse. De
l´autre côté, ils essaient de continuer leurs travaux de l´avant-guerre. Comme cela ne
fonctionne pas toujours, on se trouve devant un recommencement. Néanmoins, chacun si il
ou elle le veut - obtient un emploi puisque il y a beaucoup à faire. L´industrie, par exemple,
vit sa deuxième floraison après le temps d´industrialisation. En plus, on s´efforce de se payer
toutes les choses admirables que les Américains offrent, on s´efforce d´ être quelqu´un, de
vivre dans un monde parfait et sans frontières - dans lequel l´amour libre joue un rôle
particulier (« le nombre de naissances enregistrées à cette époque dépasse des records
historiques »21). En conséquence, «Coca Cola», «Chewig Gum», «Blue Jeans» et «Rock and
Roll» gagnent une faveur immense. Ils s´établissent rapidement dans la société de Paris qui
devient, à cause de la prospérité et du plein emploi, consumériste et insouciante. La politique,
21 http://www.annees2000.com/seventies.html
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de sa part, développe également des solutions nouvelles. Le 13 mai 1958 est un jour couronné
de succès pour de Gaulle, car le Parlement lui demande de prendre la direction du pays. Par la
suite, le général devient Président du Conseil en juin 1958 c´est le début de la Cinquième
République et il est élu Président de la République en décembre de la même année.
Ce qui suit maintenant est la prise de conscience des intellectuels: on reconnaît la dégradation
de l´individu dans la société de l´opulence, dans la société superficielle et matérialiste.
L´engagement politique n´y existe plus, les valeurs d´autrefois perdent leur signification.
Pourtant, la jeunesse ignore, plus ou moins, cette opinion-là; elle s´adonne à la « Béatitude »
et la musique rythmée (« beat »). Après, apparaît un nouveau mouvement de masse qui vient
de la musique pop et accessoirement de la marijuana, et qui célèbre soi-même d´une façon
généreuse. C´est le temps de « Flower Power », de ses fondateurs pacifistes et progressistes
qui se baptisent « Hippys ». En luttant contre « les partisans de la consommation et de ses
vertus », c´est-à-dire contre les supporteurs de la guerre du Vietnam, ils gagnent la sympathie
du grand public, ils ouvrent les yeux et jouissent du respect de nombreuses penseurs et artistes
de tout poil. Dans cette situation Paris (et toute l´Europe occidentale) remet en question les
principes irrationnels. En plus, « les idées contestataires de tous bords y puisent une
formidable dynamique inespérée » et le Gouvernement « se retrouve en face d´un phénomène
irrésistible et incontrôlable qui »22 atteint son point culminant en mai 1968. Quand même, de
Gaulle est capable de reprendre la main et d´éviter le « chaos total ». En avril 1969 son
gouvernement propose, par le référendum national, la création des 21 régions qui doivent
avoir des compétences politiques limitées. Mais le Président n´accepte pas cet idée ; son
« non » l´éloigne du référendum et il abandonne son poste. Le gaulliste Georges Pompidou
devient le prochain successeur dans l´Assemblée Nationale, à la tête de la France.
A ce moment « la société se transforme. Une nouvelle ère est née. Malgré de vaines tentatives
de récupération politiques au profit des idéologies communistes, la mode est résolument aux
idées pacifistes et aux projets utopistes. Le monde culturel se tourne vers l´underground
anglo-saxon et les artistes populaires américains connaissent alors leur heure de gloire »23.
22 http://www.europa-planet.com/France/histoire.htm
23 http://www.annees2000.com/seventies.html
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5. Son influence et ceux qui apprennent de lui
Pourtant, ce ne sont pas seulement les Américains et leurs coutumes qui inspirent les Parisiens
après la seconde guerre mondiale. Non, il y a une autre puissance. Et éventuellement, elle est
plus forte - particulièrement, dans les premières années de « la seconde vie » - parce qu´elle
sort d´un esprit français, elle n´est pas artificielle, elle nomme les choses par son nom. C´est
l´existentialisme dont je parle, et son représentant Jean-Paul Sartre.
En automne 1944, Sartre, jusque-là relativement inconnu, s´avance vers le public en
découvrant le journalisme pour soi-même. Ce métier lui sert pour suggérer les opportunités de
la situation présente au peuple, donc pour appeler à l´action. Ainsi, le 9 septembre il écrit
comme réaction à la désorientation nationale et à la liberté regagnée - dans Les Lettres
Françaises : « Jamais nous n´avons été plus libres que sous l´occupation allemande »24. Cette
phrase paraît paradoxe, ironique, provocante. Mais elle donne une nouvelle signification de la
liberté: il ne suffit pas d´être libre au sens politique pour être libre au sens métaphysique. Une
autre manière d´exprimer ce fait pourrait être la suivante : il faut décider, s´imposer, modifier.
En conséquence, les concitoyens de Sartre, comprenant que sa conception est vraiment la
seule chance de se sauver, commencent à créer en lui. Et le « grand homme » n´est pas contre
cela, au contraire, il voudrait aider les habitants de Paris d´une façon plus efficiente et, pour
cette raison, cherche partout la conversation avec eux - particulièrement dans les cafés
(« caves ») de Saint- Germain-des- Prés le Flore, les Deux Magots, la Coupole, la Rotonde
ou le Dôme - qui se remplissent peu à peu de femmes et d´hommes ; ils se nomment
maintenant « existentialistes ». D´abord, c´est le temps de « Huis clos » - une pièce de théâtre
dans laquelle trois personnages se rencontrent en enfer où ils restent ensemble à tout jamais -
qui concrétise l´opinion sartrienne sur la liberté de l´homme. On y reconnaît que la liberté
vient de notre engagement, de nos actes. Si ceux-ci sont remportés, le bonheur personnel
s´établit presque automatiquement. En plus, l´homme, selon l´existentialiste, ne porte pas
seulement la responsabilité totale de son existence, il porte aussi celle de l´existence de tous
les autres. Cela veut dire que l´homme est obligé de faire des actes exemplaires, d´être
humain, d´être raisonnable comme ceux qui ont dit « non » pendant l´Occupation, « à toute
heure du jour et de la nuit »25. Evidement, tels mots tombent comme « un cadeau du ciel » sur
les gens qui aspirent à la fin de la misère, du chaos. Tels mots les enthousiasment, leur
offrent une direction. Tels mots marquent forcement leur vie. La suite : « Huis clos fut à coup
24 Denis Bertholet: Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 248
25 Denis Bertholet: Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 248
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sûr l´événement culturel qui ouvrit l´âge d´or de Saint-Germain-des-Prés »26 précise Annie
Cohen-Solal, une contemporaine de Sartre.
Après, en hiver 1944, Sartre, le Castor, Aron, Leiris, Merleau-Ponty, Albert Ollivier et Jean
Paulhan créent une revue ( Sartre est directeur), « Les Tempes Modernes ». Les collègues, qui
sont dégoûtés du silence pendant la guerre, se trouvent face à un défi : ils espèrent redécouvrir
le monde pour leurs lecteurs, car « l´univers d´avant-guerre a explosé, les systèmes
d´explications classiques ont volé en éclats. Il faudrait rassembler le monde, le ressaisir tel
qu´il est (...) »27. Cependant, Sartre s´intéresse au passé, aux événements de la guerre dans
lesquels il veut découvrir les crimes qui se passaient autour de lui et faire un rapport sur ceux-
ci, « parce qu´il n´a pas écrit une ligne pour les empêcher »28. Pour la majorité des Parisiens
Sartre a déjà assez fait, il est un héros de la Résistance, mais « à ses propres yeux, il a failli »29
et doit, maintenant, se délivrer de « la mauvaise foi ». Pour cela, il publie son autobiographie,
« Chemins de la liberté », dans laquelle l´intellectuel présente les circonstances de sa vie
pendant la guerre, il écrit sincèrement et ne minimise pas ses erreurs. En plus, il se purifie et
développe sa philosophie. Et en faisant cela, il convainc définitivement ses supporteurs qui
considèrent le roman comme « le reflet intime de leur propre autobiographie »30. En même
temps la jeunesse parisienne se familiarise avec lui. « Les jeunes gens qui n´ont pas de passé,
qui se sont formés juste avant ou pendant la guerre, et qui débarquent sur le marché des idées,
n´ont pas grande envie de se précipiter dans les vieilles institutions, parti ou Eglise. Sartre leur
offre une alternative ». Denis Bertholet constate encore: « Il est neuf, omniprésent,
passionnant »31. Mais quelle est la vraie raison pour laquelle on le suit? Ce qui est réellement
avantageux pour son succès ce sont: les principes fondamentaux relativement simples et
l´accord avec les aspirations d´une grande partie de la jeunesse. Au-delà, Etienne Antonetti,
lycéen d´une quinzaine d´années, témoigne : «Les idées de Sartre (...) nous paraissaient très
accessibles. Elles nous semblaient en prise directe avec le réel, et nous en étions d´autant plus
proches »32. En ce moment Anne-Marie Cazalis, poétesse, et Juliette Gréco, chanteuse,
participent à la création de l´une des « caves » restées les plus célèbres de Saint-Germain-des-
Prés: le Tabou qui existe seulement trois mois et qui, après, devient une « cave mythique »
dont on parle même de nos jours à cause de son atmosphère unique. On y fait tout en
26 Annie Cohen-Solal: Sartre 1905-1980, Paris, Gallimard, 1999, p. 370
27 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 249
28 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 250
29 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 250
30 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 263
31 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 263
32 Vincent Gille: Saint-Germain-des-Prés, 1945-1950 ; Paris, Paris-Musées, 1989, p. 26
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
commun. On y partage tout. La solidarité, résultant de la même attitude, du désir de la fortune
et de s´amuser à tout prix, vit sa « renaissance » dans le Tabou. Et cet « événement » est
inoubliable pour les Parisiens.
Néanmoins, l´époque de la floraison de Saint-Germain-des-Prés ne dure pas longtemps. La
ruine du « Tabou » en 1945 a de mauvaises conséquences sur l´existentialisme. A la fin des
années quarante le véritable Saint-Germain-des-Prés - « comme un lieu de grande tolérance,
où les divers courants artistiques, intellectuels et politiques se côtoyaient, se frottaient les uns
les autres, tandis que la jeunesse guettait le résultat du coin de l´oeil dans l´attente d´un monde
nouveau » 33 - n´est pas plus à la mode. On s´intéresse aux choses que les Américains
présentent.
Malgré cela, Sartre, un homme qui ne peut pas que servir son peuple - notamment les ouvriers
et les étudiants, car il hait la bourgeoisie dont il est issu - par ses activités, ne disparaît pas de
la circulation; il est de l´immunité perpétuelle, il sait se défendre contre l´ignorance de la
jeunesse et de tous les autres. Subséquemment, il réussit de temps en temps à attirer leur
attention sur ses idées en continuant à publier des articles et des pièces de théâtre. Sartre
participe aussi dans un grand nombre de manifestations et de combats politiques. En
novembre 1960, par exemple, il met en route (accompagné par Simon de Beauvoir et leur ami
Henri Jeanson) le « Manifeste des 121 » sur le droit à l´insoumission dans la guerre d´Algérie
et est ensuite accusé d´avoir constitué un réseau d´aide au F.L.N (Front de Libération
Nationale) qui se est responsable de la plupart des attentats, des assassinats à cette époque.
« Mais cela n´avait pas empêché Sartre de donner des conférences de presse pour provoquer
la police : certains des 121 avaient été iniquités, voire arrêtés, et lui non. Pourquoi? Parce que
de Gaulle s´était bien gardé de faire de lui un martyr, et avait paraît-il eu ce mot : « On
n´arrête pas Voltaire » »34.
Ultérieurement, en novembre 1964, « Le Nouvel Observateur », un hebdomadaire de gauche,
est fondé. Sartre est le parrain et ses « fils » Gorz, Lanzmann, Pontalis, Pouillon et Todd
commence le travail. « Le premier numéro paraît en 1964, muni d´une grande interview de
Sartre, qui souhaite ainsi lui procurer la plus large audience. Il poursuit son offensive en
33 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 103
34 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p.122
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
direction des nouvelles générations. On dit qu´elles sont dépolitisées, répète-t-il, mais ce n´est
pas vrai, elles sont profondément politisées. Les jeunes gens d´aujourd´hui sont « au même
point que moi. Leur point de départ est mon point d´arrivée » 35 »36. Dans ce cas Sartre défend
la jeunesse parce qu´ il veut s´approcher de celle-ci de nouveau, parce qu´ il est sûr qu´elle
offre beaucoup de potentiel pour l´avenir. Mais, c´est le capitalisme qui leur bouche la vue et
les prive de la possibilité de penser, de s´occuper du substantiel. Donc, selon Sartre, il y
seulement une seule solution, un seul espoir: le marxisme. Or, il tente un coup de force.
Contre les pères, qui essaient de transformer leurs rejetons en « classe de consommateurs », il
prend la direction des opérations. « En d´autres termes, les buts ne sont pas l´élévation du
niveau de vie, le travail, les écoles et les logements (...). Il s´agit de casser. Il faut briser les
reins de la bourgeoisie »37. En outre, Sartre se met par rapport à la jeunesse parisienne, « il lui
offre un miroir : regarde comme tu es belle. En retour, il se mire en elle : je suis comme toi,
pur et intact malgré les ans. Tu aimes détruire, je veux détruire ; tu as besoin de la vérité, je te
l´offre ; tu aspires à l´absolue, je te le révèle (...). Aimez moi, et je vous aimerai »38.
Directement en ce moment une nouvelle page dans l ´histoire de Paris s´ouvre : les jeunes se
sentent vraiment concernés, vraiment compris par Sartre et reproduisent une unité avec leur
« vieux maître » dont la tache est une rupture avec les traditions, c´est-à-dire une révolution.
Celle- ci débute en mars 1967 dans la faculté de Paris - Nanterre, quand un groupe d´étudiants
réclame le droit d´accès aux dortoirs des filles en invoquant les mânes de Wilhelm Reich
puisque d´après lui et « beaucoup d´idéologues marxistes de sa génération, la répression
sexuelle est un stratagème qui permet aux capitalistes d´orienter vers la production l´énergie
vitale des travailleurs »39. Cependant, c´est surtout à la rentrée de novembre que le
mouvement lancé sur la question des équivalences entre anciens et nouveaux diplômés du
premier cycle, prend pour thème-clé particulièrement à l´initiative de Philippe Meyer la
lutte contre la sélection à tous égards. Ensuite, dès la fin de novembre, les enseignants de
sociologie et l´UNEF (Union National des Etudiants de France), qui est un mélange de
différents groupuscules d´extrême - gauche et au sein duquel apparaît un certain Daniel Cohn
Bendit, appellent à la grève. Mais, à l´exception de la conversation avec le doyen Grappin
(Université de Paris Nanterre), elle n´a pas d´effet immense. Après, il y une phase plus ou
moins tranquille. Toutefois, les apparences sont trompeuses parce que c´est seulement le
35 Michel Contat : Rien dans les mains, rien dans les poches ; Paris, Gallimard, 1977 p. 89
36 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 469
37 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 470
38 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000, p. 470
39 http://www.herodote.net/histoire05030.htm
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
calme avant la tempête qui commence par le « Mouvement du 22 mars », suite à l´arrestation
des six étudiants à Paris qui militent contre la guerre du Viêt-nam. Ce jour, qui joue une rôle
important dans la révolution, les militants du mouvement occupent le bâtiment administratif
de la faculté de Nanterre, puis, ils commencent à parler politique et incitent le recteur à fermer
l´université le 29 mars pour qu´on puisse mener des débats. Le Doyen consent à cette
« proposition » et laisse fermer la faculté du 29 mars au 2 avril. Malheureusement, le climat
entre lui et les étudiants reste le même : on se méfie parce que chaque parti veut avoir raison ;
chaque côté veut triompher sur l´autre. Par cet événement l´attention de Sartre est éveillée et il
rejoint la jeunesse en saluant leur « puissance de refus »40, leur irrespectueux comportement
envers l´autorité qui conduit à une deuxième fermeture de la faculté le 2 mai.
Parallèlement, le conflit de la banlieue ouest de Paris se déplace vers le coeur de la capitale,
vers le Quartier Latin. Le 6 mai l´UNEF maintenant il y trois leader : Daniel Cohn Bendit,
Alain Geismar et Jacques Sauvageot envahit la Sorbonne et « toute la journée, les étudiants
affrontent la police. La nuit venue, au lieu de se disperser, ils élèvent des barricades »41. Le 7
mai une grande manifestation, de la place Denfert - Rochereau à la place de l´Etoile, a lieu. La
confrontation s´accentue, la nuit du 10 au 11 est d´une violence sans exemple. Par ailleurs, les
étudiants obtiennent le soutien des salariés, des « travailleurs » qui sont également mécontent
du système d´Etat, de la dominance de la bourgeoisie. Enfin, Sartre prend parti encore une
fois : le 12 mai, à Radio - Luxembourg, il parle officiellement à la nation, à l´autorité. A son
avis, « le seul rapport valable des étudiants á l´Université c´était de la casser et pour cela il
fallait descendre dans la rue »42. Le lendemain commence alors la grève la plus forte que
Paris, que la France, ait jamais vue (jusqu´à 8 million de grévistes) et Sartre la fait progresser.
Simone de Beauvoir, par contre, qui se retient dans cette affaire, note quelque temps plus
tard : « Jamais, ni dans ma studieuse jeunesse, ni même au début de cette année 68, je n´aurais
pu imaginer pareille fête. Le drapeau rouge flottait sur la chapelle et sur les statues des grands
hommes. Sur les murs fleurissaient les merveilleux slogans inventés quelques semaines plus
tôt à nanterre. Chaque jour apparaissaient dans les couloirs des nouvelles inscriptions, des
tracts, des affiches, des dessins »43. Elle aussi s´émerveille de la coexistence d´une multitude
des formations politiques ; évidement, elles ne se regardent pas comme adversaires, mais
40 Ibid., p. 581
41 Jean-Luc Moreau : Le paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 130
42 Jean-Luc Moreau : Le paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 130
43 Ibid.
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
comme alliés. Donc, l´esprit du mai 68 naît de la solidarité et du bout commun produits par
Sartre. Il est à côté des autres penseurs le « point fixe » de la révolution. Cela se montre
notamment après son discours dans l´amphithéâtre de la Sorbonne le 20 mai. Là, il « répond
de son mieux aux apostrophes de la parole contestataire, justifiant le recours à la violence,
félicitant mine de rien les étudiants de reprendre son programme des années quarante, « une
liaison du socialisme et de la liberté »44 »45. Cependant cette idée n´est pas adaptée et Charles
de Gaulle reste Président. Alors, « une révolution ratée? Ce n´était pas une révolution du tout.
Ce fut une révolte nécessaire et une fête réussie »46formule André Comte Sponville dans
son article « Mai 68, un souvenir de bonheur ».
Après les troubles du printemps 68, Sartre trouve rapidement de nouveaux champs d´activité.
Par exemple, il assume la responsabilité des articles de « La cause du peuple », une revue de
la gauche prolétarienne « dont la teneur devrait lui valoir d´être arrêté »47. Comme le
gouvernement ne laisse pas faire cela il a peur de la reconstruction de la puissance
révolutionnaire « des militants, vendeurs du journal, sont arrêtés puis emprisonnés »48.
Sartre réagit d´une manière risqué : il distribue le journal sur la voie publique, le 20 juin 1970.
Six jours plus tard une manifestations se forme et Sartre « descend » pour la première fois
dans les rues de Paris exactement comme la jeunesse le fait en 1968. A ses côtes Sur il y a
les amis fidèles : le Castor, Marie-France Pisier, Louis Miller, Robert Gallimard, Patrice
Chéreau et autres. Mais le gouvernement reste sévère, les désirs de la « gauche sartrienne » ne
l´intéresse pas ; il arrête même les deux directeurs successifs de « La cause du peuple ». Or,
Sartre est acculé et il a besoin de l´aide des habitants parisiens, notamment des ouvriers. Son
prochain pas : « Juché sur un tonneau de fuel, il prend la parole à la sortie des usines de
Renault-Billancourt [le 21 octobre 1970] (...), prônant la rencontre des intellectuels et des
prolétaires »49. Malgré cela, l´écrivain n´a pas suffisamment de succès et il doit se soumettre
aux règles de l´Etat. Il accepte que ce que l´autorité ne veut pas, c´est la vérité, ce sont les
révolutionnaires.
44 Annie Cohen-Solal : Sartre 1905-1980 ; Paris, Gallimard, 1999, p. 768
45 Jean-Luc Moreau : Le paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p.136
46 http://www.psychologies.com/cfml/chroniqueur/c_chroniqueur.cfm?id=194&pleinepage=oui
47 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 138
48 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 138
49 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 139
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Finalement, il participe à la création du journal « Libération » - son dernier projet digne d´être
mentionné - en mai 1973, « donnant de son temps et de son argent » 50 en masse parce qu` il
veut que « le peuple parle au peuple » 51. Et le peuple avant tout les Parisiens - le remercie
infiniment pour cela, même de nos jours.
6. Conclusion
C´est incontesté: l´influence de « son » existentialisme est énorme et elle aide Sartre à obtenir
une gloire incomparable. Et ça, non seulement à Paris, mais, sans exagérer, dans le monde
entier. Avec ses lunettes aux verres épais, ses canadiennes sans âge, ses écharpes, sa pipe ou
sa cigarette, Sartre est un symbole. La raison pour cela est que dans Sartre, s´unissent des
fonctions différentes. Pour beaucoup d´ex-communistes qui sont déçus par le stalinisme,
Sartre semble être le nouveau prophète. Pour la jeunesse et les ouvriers, cet homme, dont le
café habituel - un lieu où il travail et s´amuse, où il passe sa vie (« Sartre, c´était devenu un
quartier »52) - « Le Flore », devient un lieu de pèlerinage, incarne la justice totale. Il est aussi
admiré par les femmes à cause de ses manières aristocratiques, le monde théâtral le bénit pour
ses pièces extraordinaires qui appartiennent aux plus populaires de son siècle.
Pourtant, Sartre est un enfant de son temps. Jusqu´en 1940 il est exclusivement marqué par
l´histoire; un peu plus tard, quand « son » existentialisme est vraiment à la mode et commence
visiblement à influencer les habitants parisiens et puis même les pays d´outre-mer ; il a le
droit de se vanter d´être plus qu´un phénomène du temps, à savoir: d´être la cause pour celui-
ci. Sartre est une tête politique très résolue, son terrain, ce sont les affaires publiques. Ensuite,
il s´en tient à une tradition littéraire qui est énormément vivante en France. C´est la tradition
d´un « écrivain », d´un homme, qui met sa plume inconditionnellement au service de son
opinion politique, qui affirme de manière flamboyante son « j´accuse » ou son « écrasez
l´infâme! ». Selon Bernard-Henri Lévy, Sartre « a fait de soi une sorte d´homme - lumière
n´existant que pour autant qu´il s´offrait à l´admiration, la haine, la curiosité, l´indiscrétion,
l´appel, la médisance encore, le bavardage, bref le regard de ses contemporains »53. En outre,
c´est une personne qui s´engage, qui se sent responsable de l`« égalité », de la « fraternité » et
50 Jean-Luc Moreau : Le Paris de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions du Chêne-Hachette
Livre, 2001, p. 139
51 Annie Cohen-Solal : Sartre 1905-1980 ; Paris, Gallimard, 1999, p. 802
52 Michel Sicard : Essais sur Sartre ; Paris, Galilée, 1989, p. 33
53 Bernard Henry Lévy : Le siècle de Sartre ; Paris, Editions Grasset & Fasquelle , 2000, p. 630
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
de la « liberté » pour tout le monde. La conséquence de cette attitude est la suivante: tous les
romans et toutes les pièces de Sartre font remarquer la situation politique actuelle aux
lecteurs. Malgré cela, ils renoncent expressément aux sujets qui ne se démodent pas.
Mais, bien que ses oeuvres soient appréciés, Sartre n´est pas un acteur politique couronné de
succès, il n´est pas capable de faire de la politique. Il réfléchit, puis, il écrit sur celle-ci. Son
monde est celui des livres, des bibliothèques, des bureaux où il peut s´isoler et développer ses
pensées. Dans la première partie de son autobiographie il résume cet état des faits en une
seule phrase: « J´ai commencé ma vie comme je la finirai sans doute: au milieu des livres »54.
Comme nous savons aujourd´hui, finalement, il n´a pas raison, car il passe les dernières
minutes de sa vie volumineuse dans un hôpital et pas à la maison, dans sa bibliothèque
privée, comme il le désire. L´enterrement de Sartre est un « beau désordre », pourtant, cet
ultime instant montre son exploit unique encore une fois, la dernière fois. « Nous ne sommes
pas les fils de Sartre: nous sommes Sartre, peu ou prou, parce que son universelle singularité
résonne en nous »55. C´est ce que les personnes dans les rues - l´ancien jeunesse influencée
par Sartre - se disent à propos de « Dieu du gauchisme ». Chacun d´eux peut retrouver ses
ambiguïtés et sa faiblesse, les « oui » qui couvent des « non », les convictions qui cachent des
névroses, les incertitudes qui se résolvent en croyances et en violence. Comme Sartre toujours
reflète le mouvement embrouillé de la vie, l´ambivalence prédomine ses actes comme ses
idées et ses affections. Et exactement par ce comportement et par son esprit, sa passion
continuelle, il réussit à « contaminer » les autres particulièrement les jeunes parisiens des
années quarante et cinquante. Enfin, toute sa vie Sartre joue. Il aime mettre tous ses oeufs dans
le même panier; c´est pourquoi il perd tout et il gagne tout perpétuellement.
En faisant le bilan, il est, à mon avis, justifié de parler de lui et de son influence de la vie
parisienne et de la jeunesse de l´après-guerre de la façon subséquente. Il perd: lui-même, la
capacité de dire « je » et le présent. Il gagne: une oeuvre, l´amour de ses contemporains,
l´immortalité dans les coeurs de ceux-ci et le respect des générations qui viennent.
Et tout cela vient de son élan vers le service aux hommes auquel il s´adonne pour toujours,
auquel il s´adonne entièrement.
54 Jean Paul Sartre : Les Mots ; Paris, Gallimard, 1964, p. 36
55 Denis Bertholet : Sartre ; Paris, Plon, 2000 p. 568
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
21
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
7. Appendice
a) Photos sur les traces de Jean-Paul Sartre :
1. Spectacle de marionnettes au jardin du 2. Sartre en classe de seconde, au lycée de
Luxembourg, 1914 La Rochelle (premier rang, premier à
partir de la gauche), 1919
3. Café du Dôme, 1925
4. Sartre sur les toits de l´Ecole normale
avec un camarade (probablement Nizan),1926
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
5. Le jardin du Luxembourg, la fontaine 6. La Bibliothèque nationale où Sartre travaille
Médicis (érigée en 1624, de style italien) régulièrement et avec grand plaisir
Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir
s´y donnent rendez-vous en 1929
7. La promotion de Sartre (dernier rang, 8. Sartre mobilisé en Alsace, 1939
deuxième à partir de la gauche), 1934
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
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JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
9. Le Tabou, 1945 10. Soirée au Tabou, Juliette Gréco
(première à partir de gauche) et Sartre
au piano
11. Retour au théâtre avec Simone de Beauvoir,
Nekrassov, 1955 2. Jean-Paul Sartre au 42, rue
Bonaparte où il vit dix-sept ans
(de 1945 à 1962)
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
24
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
13. Le Café de Flore, 1958; fondé 1887, il 14. Le Flore aujourd´hui
est « l´un des berceaux de l´Action française »56
15. Sartre au Flore, 1959
56 Ibid.
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
25
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
16. Découverte du Brésil, 1960 17. Le « territoire » de Sartre:
Montparnasse,...
18. ...La Coupole, 1961; la décoration de
chacun des trente-deux piliers de la salle de
restaurant est due à un artiste de
Montparnasse des années trente...
19. ...et Les Deux Magots, l´un des
plus anciens cafés de Paris,
ouvert en 1885 et « littéraire »
d´origine: Verlaine, Rimbaud,
Mallarmé ont l´habitude de s´y
rencontrer; puis ce sont les
surréalistes, d´autres écrivains et
peintres, comme Elsa Triolet,
André Gide, Jean Giraudoux et
Hemingway; Picasso et Fernand
Léger ; après les existentialistes
y passent leur temps
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
26
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
20. Un des voyages en URSS, 1963 21. Sartre justifiant son refus du prix
(premier à partir de gauche) Nobel de Littérature, 1964
22. Sartre et Arlette Elkaïm, sa fille adoptive,
1965 23. En Egypte, 1967, Sartre est accompagné
par Lanzmann (un collègue) et par Simone
de Beauvoir
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
27
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
24. Le Quartier Saint-Germain-
des- Prés, 6 mai 1968 25. La cour de la Sorbonne, 14 mai 1968
26. Sartre dialogue avec les étudiants
dans le grand amphi de la Sorbonne,
22 mai 1968
27. Assemblée général au grand amphithéâtre
de la Sorbonne, 22 mai 1968
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
28
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
28. Sartre devant les grilles de Renault 29. Sartre rend visite à Andreas Baader
(Billancourt), 1970 avec son avocat Klaus Croissant,
1974
30. La Réunion de travail aux Temps
modernes, 1977
31. Le bureau de Sartre, 1978
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
29
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
32. L´enterrement de Sartre sur le cimetière
de Montparnasse le 19 avril 1980; 33. ...et « ses enfants » lui
Simone de Beauvoir... disent au revoir
34. Le cimetière de Montparnasse garde 35. ...mais le Café de Flore conserve
le corps de Sartre,... son esprit pour toujours
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
30
JeanPaul Sartre son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
b) Bibliographie:
- Livres:
Bertholet, Denis: Sartre; Paris, Plon, 2000
Cohen-Solal, Annie: Sartre 1905-1980 ; Paris, Gallimard, 1999
Contat, Michel: Rien dans les mains, rien dans les poches ; Paris, Gallimard, 1977
Contat, Michel / Rybalka, Michel: Les écrits de Sartre, Paris, Gallimard, 1995
de Beauvoir, Simone: Les Mandarins; Paris, Gallimard, 1954
de Beauvoir, Simone: La cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981
Gille,Vincent: Saint-Germain-des-Prés, 1945-1950 ; Paris, Paris-Musées, 1989
Jeanson, Francis: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955
Lévy, Bernard Henry: Le siècle de Sartre ; Paris, Editions Grasset & Fasquelle , 2000
Moreau, Jean Luc: Le paris de Jean- Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions
du Chêne Hachette Livre, 2001
Sartre, Jean - Paul: L´existentialisme est un humanisme ; Paris, Gallimard, 1946
Sartre, Jean Paul: Les Mots ; Paris, Gallimard, 1964
Sicard, Michel: Essais sur Sartre ; Paris, Galilée, 1989
- Internet:
http://www.annees2000.com/seventies.html
http://www.cvm.qc.ca/ccollin/conception/existentielle/anthropologie.htm
http://www.europa-planet.com/France/histoire.htm
http://www.philocampus.com/histoire.php?page=sartre
http://www.psychologies.com/cfml/chroniqueur/c_chroniqueur.cfm?id=194&pleinepage=oui
http://www.herodote.net/histoire05030.htm
http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015
http://www.momes.net/dictionnaire/e/existentialisme.html
c) Crédits photographiques:
Bertholet, Denis: Sartre; Paris, Plon, 2000: photos 2, 7, 11, 16-18, 20-23, 26, 28-30, 32-33
Moreau, Jean Luc: Le paris de Jean- Paul Sartre et de Simone de Beauvoir ; Paris, Editions
du Chêne Hachette Livre, 2001: photos 1, 3-6, 8-10, 12-15, 19, 24-25, 27, 31, 34-35
Wioletta Agadjanowa, 12 F.a
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