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Le Verlan - règles et usages

Termpaper, 2005, 19 Pages
Author: Miriam Nieser
Subject: Romance Languages - French Linguistics

Details

Institution/College: University of Marburg
Tags: Verlan
Category: Termpaper
Year: 2005
Pages: 19
Grade: 15 Punkte
Bibliography: ~ 10  Entries
Language: French
Archive No.: V67638
ISBN (E-book): 978-3-638-60427-7

File size: 183 KB
Notes :




Excerpt (computer-generated)

Philips-Universität Marburg, Institut für Romanistik
PS : La politique linguistique de la France
Wintersemester 2004/05, 7. Fachsemester
Abgabe: 14.07.05

Le Verlan - règles et usages

von: Miriam Nieser

 


Sommaire

Introduction 2

1) Le mot verlan 3

2) L’histoire du verlan 3

3) Le verlan et ses locuteurs 5

4) Le codage 9

a) Les dissyllabes 9
b) Les trisyllabes 10
c) Les monosyllabes 11
d) La troncation 12
e) La reverlanisation 13

5) Mode d’emploi du verlan 14

6) Le verlan : français ou langue étrangère?  15

Conclusion 17

Bibliographie 18



 

Introduction

Le verlan n’est pas une langue en soi mais un procédé de langage qui procure fierté et plaisir, mais aussi angoisse à ceux qui l’utilisent. Ce ‘nouveau’ système de communication qui semble largement utilisé par les jeunes est parfois amusant, parfois violent. Tantôt méprisé par les uns, tantôt exploité par les autres, il reste finalement ambigu et mystérieux par la diversité de ses références et de ses méthodes de transformation. Mais c’est un langage où se reflètent des tensions sensibles de la société française actuelle. On a décrit le verlan comme une sorte d’argot utilisé surtout par les petits voyous, les drogués, mais aussi comme un jeu de langage pour adolescents et pour ceux qui cherchent le contact avec les jeunes.

Qui dit verlan dit l’envers à l’envers. Nous avons donc affaire à un langage à l’envers. Rien de neuf, en somme. Mais ce n’est pas si simple. Comme toute langue, le verlan a ses règles : règles de formation, règles d’usage. Le verlan ne s’utilise pas n’importe comment. On le repère surtout dans les lieux marginaux de la société. Il ne vise pas à la clarté mais à la mystification. Il emploie un code pour exprimer librement en public ce qui n’est pas permis par la langue standard. Apparemment, le verlan est devenu un code répandu parmi la jeunesse de toutes les classes sociales. Mais il reste que parler à l’envers provoque en général l’hostilité des noninitiés. Pour qu’un langage secret ou argotique arrive à s’imposer à ses locuteurs de manière durable, il faut qu’il réponde à un besoin social, à une réalité sociale.

Dans mon exposé, je vais essayer de retracer l’historique du verlan avant de souligner les raisons sociales qui en font le mode de communication préféré de certains groupes. Pour finir, je donnerai quelques règles de cryptage en essayant de souligner les éléments qui font son succès parmi les locuteurs.

1) Le mot verlan

Le verlan est un langage codé où, pour simplifier un peu, les syllabes des mots sont inversées. Les mots sont donc à l’envers. Le nom de ce langage est lui-même du verlan (l’envers vers-l’en verlan)1. Nathalie J. Lefkowitz propose une autre interprétation possible du mot. Selon elle, le mot verlan pourrait aussi être l’inversion du terme langue verte (langue verte verte langue verlan).2 Ceci n’est pas très plausible quand on sait qu’auparavant le verlan s’écrivait avec un e donc verlen. C’est Auguste Le Breton qui a introduit ce terme et qui, le premier, s’est servi de la métathèse en littérature. On peut dire que le verlan fait partie des codages cryptologiques du français argotique et vernaculaire, tout comme le largonji, le loucherbem et le javanais.

2) L’histoire du verlan

Le verlan est probablement aussi vieux que le français même, sans pour cela avoir un nom. En effet, les métathèses, c’est-à-dire des inversions de lettres ou de sons dans un mot, sont assez fréquentes dans le langage courant et ces inversions ont parfois même conduit à des transformations morphologiques. Par exemple le mot fromage qui est la déformation de formage dans lequel on pouvait encore reconnaître ferme / fermage ou encore forme / formage.3

Les traces les plus anciennes du verlan sont constatées au Moyen Age. Dans Le Roman de Tristan (1190), le prénom de Tristan est transformé en Tantris.4

Vers la fin du 16e siècle, on trouve aussi des traces de ce jeu d’inversion des syllabes dans la langue du peuple. En ce temps-là, on appelait les Bourbons Bonbours. Au 17e siècle, l’expression un sans-souci, ce qui veut dire pauvre, est transformée en un sans-six sous. Plus tard, vers 1760, le roi Louis XV (quinze) est couramment appelé sequinzouil, et ceci est indéniablement une forme de verlan5.

Même Voltaire a appliqué ce code. A l’âge de 22 ans, il cherchait un pseudonyme pour mettre de la distance entre son état de poète et le nom de sa famille. Il s’est souvenu que son grand-père n’habitait pas loin d’une ville qui s’appelle Airvault. Alors il a inversé ce nom (vault-air) ce qui a donné Voltaire.6

[...]


1 cf. PLENAT, Marc 1995 : 97

2 cf. LEFKOWITZ, Natalie J. 1989 : 312

3 cf. MERLE, Pierre 1997 : 48

4 cf. AZRA, Jean-Luc et Véronique CHENAU 1994 : 149

5 En effet, on reconnaît ici le e muet de [k3 s(?)]. Cf. ci-après p. 11 sqq.

6 cf. MERLE, Pierre 1997 : 49


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