Table de matières
1. Qu’est-ce que le français populaire?...................................................................................4 1.1 Le passé du français populaire : éléments pour une histoire externe………………….4 1.1.1 La langue populaire à côté du français commun………………………………………...4 1.1.2 L’argot…………………………………………………………………………………...4
1.2 Source d’une histoire interne du langage populaire……………………………………4 1.2.1 Les documents non-littéraires…………………………………………………………....4 1.2.2 Représentation dans la littérature………………………………………………………...5
1.3 Le français populaire vu par les grammairiens et les lexicographes………………….6 1.3.1 Les dicos, répertoires et glossaires……………………………………………………….6 1.3.2 Les grammaires…………………………………………………………………………..6
1.4 Le français populaire comme réalité de sens commun…………………………………7 1.4.1 Exemples de jugements sur les domaines linguistiques………………………………….7 1.4.2 Ce que le français populaire n’est pas……………………………………………………7
1.5 Vers une définition………………………………………………………………………..8 1.5.1 Plan socioloqique………………………………………………………………………...8 1.5.2 Plan linguistique………………………………………………………………………….8
2. Syntaxe de la phrase simple……………………………………………………………….8 2.1 La structure de la phrase simple………………………………………………………...8 2.1.1 Le groupe sujet…………………………………………………………………………..9 2.1.2 Constructions verbales…………………………………………………………………...9 2.1.3 Quelques particularités des prépositions…………………………………………………9
2.2 Les détachements………………………………………………………………………..10 2.2.1 L’inversion……………………………………………………………………………...10 2.2.2 La dislocation avant ou après, avec reprise……………………………………………..11 2.2.3 Les structures à présentatif……………………………………………………………...11 2.2.4 Les énoncés binaires……………………………………………………………………12
2.3 Les formes de phrases…………………………………………………………………..12 2.3.1 La négation……………………………………………………………………………...12 2.3.2 L’interrogation………………………………………………………………………….12 2.3.3 L’exclamation et l’impératif……………………………………………………………13 2.3.4 Autres formes de phrases……………………………………………………………….14
3. Syntaxe des phrases complexes…………………………………………………………..14 3.1 Parataxe, coordination, subordination…………………………………………………14 3.1.1 Le mythe de la simplicité : la parataxe………………………………………………….14 3.1.2 L’attachement des séquences…………………………………………………………...14 3.1.3 Les subordonnées……………………………………………………………………….15
3.2 Temps et modes dans les subordonnées……………………………………………….15 3.2.1 L’indicatif………………………………………………………………………………15 3.2.2 Le conditionnel………………………………………………………………………....15
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3.2.3 Le subjonctif 16
3.2.4 L’infinitif 16
3.3 Les subordonnées en que (conjonction) 16
3.4 Les relatives 17
3.5 Autres subordonnées 18
3.5.1 Les circonstancielles 18
3.5.2 Les interrogatives indirectes 19
3.5.3 Les nominalisations 19
4. Le lexique 19
4.1 Langue populaire et argot 19
4.2 Les procédés formels de création 20
4.2.1 La dérivation 20
4.2.2 La composition et les locutions 21
4.2.3 La transposition des catégories grammaticales 21
4.3 Autres procédés formels 21
4.3.1 L’abondance des clitiques 22
4.3.2 La métaphore et l’épithète de nature 22
4.3.3 Extensions des significations 23
4.3.4 Les emprunts 23
4.4 Spécificités de l’argot 23
4.4.1 Champs sémantiques 23
4.4.2 Les codages ou javanais 24
4.4.3 Les argots du groupe 24
4.5 Un rapport ludique à la langue 25
4.5.1 Jeux de mot 25
4.5.2 Phraséologie 25
5. Conclusion : La langue populaire : problèmes de dénomination 26
Bibliographie 26
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1. Qu’est-ce que le français populaire?
Ce qui aide à établir des catégories de la réalité linguistique, est- entre autres- l’ordre social qui oppose le langage des différentes couches sociales : langage du peuple vs. lequel des classes aisées ou cultivées.
1.1 Le passé du français populaire : éléments pour une histoire externe 1.1.1 La langue populaire à côté du français commun
Le français actuel est le résultat d’un long processus qui est étroitement lié à la constitution du Royaume de France. Il est stabilisé et normalisé par des grammairiens à partir du XVI siècle. Par conséquence, la distance entre les différents usages se creuse, puisque la langue soignée n’accepte pas certaines évolutions populaires. Le français s’impose lentement dès le XVI siècle, mais même trois cents ans plus tard, les gens ne parlent guère français en dehors des villes ; au mieux, ils maîtrisent également le patois et le français.
L’abbé Grégoire constate à la fin de XIX siècle que les Français ne parlent pas la langue de la nation ou la parlent seulement à peine. Mais certains facteurs - entre eux la scolarisation, les travaux saisonniers et l’émigration vers des villes- font progresser son usage et aussi le service militaire obligatoire pour tous (à partir de 1875). L’histoire externe du français populaire, cependant, est étroitement liée au développement de Paris. Déjà cent ans plus tôt, mais surtout à partir du 17 ième siècle, on assiste à un langage populaire urbain qui se distingue des patois des alentours de la capital. Après la révolution il se développe de façon encore plus manifeste, grâce à l’apparition d’un prolétariat et à l’agrandissement et l’industrialisation de Paris. Quand la société n’est pas bouleversée par des affrontements entre les couches différentes, la langue d’élite exerce une certaine influence sur le français populaire. Mais cette réalité prend fin dès la fin du 19 ième , car les gens défavorisés s’en vont aux banlieues, ce qui augmente la division linguistique. 1.1.2 L’argot
Il faut établir la distinction entre français populaire et argot. Pendant très longtemps, celui-ci demeure la langue des bandes organisées et des habitants de certains quartiers parisiens, mais se sert de la syntaxe et de la prononciation de celui-là. Le terme « argot » est attesté pour première fois dans le 13 ième siècle, utilisé pour se référer aux gueux et après également à leur façon de parler. Il finit de perdre son individualité quand au 19 ième disparaissent les dernières bandes isolées. Par conséquent, l’argot et le français populaire s’influence mutuellement. 1.2 Source d’une histoire interne du langage populaire 1.2.1 Les documents non-littéraires
Il y avait un langage populaire avant la Révolution dont ne témoignent que des documents écrits : les mystères, le théâtre de la foire, chansons populaires, rapports de police, etc. Les
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œuvres qui constituent les premières sources sont des livres qui mettent en garde contre cet usage « incorrect ». Le premier livre synchronique date de 1870 : « Le sublime ou le travailleur comme il est en 1870 » de Denis Poulot. Zola s’est inspiré de cette manière de parler pour L’Assommoir. Quant aux textes authentiques, on dispose seulement des cartes de soldats (source restreinte). Le reste des documents existants a subi d’auto - surveillance et d’aménagement, entre autres pétitions, doléances et journaux populaires (qui -de temps en temps ne reproduisent que des stéréotypes). 1.2.2 Représentation dans la littérature
Celle-là constitue une source plus grande. Dès le Moyen Age, les petits gens figurent dans des œuvres, mais l’usage du langage populaire est restreint au burlesque et aux digressions. Les premières représentations sont du type comique, à l’exception prêt de Rabelais : grossières, conventionnelles, peu fidèles ; moins caricaturales dans Cyrano de Bergerac et chez Molière. Cependant, d’excellents exemples se trouvent chez Marivaux. Peu à peu, la classe populaire est décrite dans la littérature, mais on n’utilise la langue qui y convient que plus tard. A partir de 1850, il y a des romanciers qui mettent en scène les habitants des villes. Les premiers qui se soucient d’authenticité linguistique sont Monnier, Hugo et Sue ; Balzac, lui, possède moins de scrupules. Ces trois derniers empruntent à Vidocq. C’est aussi Céline qui essaie de reproduire le langage du peuple.
Dès 1875 (à partir du naturalisme), des écrivains comme Zola, Céline et Queneau, mais aussi ceux du type prolétarien, populiste ou bien réaliste socialiste se souci dans leurs livres de la question sociale et de la représentation du peuple. La vraisemblance devient vraiment importante, ce n’est pas suffisant - pour montrer qu’une personne appartient au peuple - de n’utiliser que des mots d’argots, des provincialismes et des tours faux. En ce qui concerne l’argot, il y a quelques auteurs qui en font l’usage : François Villon (au 15 ième ), Hugo (dès 1829) et Sue, qui le vulgarise. Plus tard, ce sont Jean Richepin, Aristide Bruant et quelques auteurs de romans policiers qui l’utilisent (Auguste Le Breton, San Antonio, Albert Simonin). Il faut pourtant lire ces livres avec précaution, car l’authenticité n’est pas l’élément le plus important. Ils utilisent donc ce langage plutôt pour connoter (négativement) que pour représenter. Les auteurs répètent de manière fréquente les mêmes éléments, qui ne correspondent pas toujours à la réalité orale. On est donc censé de croire que le langage populaire est monotone et n’est constitué que de peu de phénomènes, ce qui n’est pas le cas. L’instabilité du système n’est pas reproduite non plus. Mais les romanciers ont pris en considération cette réalité linguistique très longtemps avant les grammairiens.
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1.3 Le français populaire vu par les grammairiens et les lexicographes Les peu d’ouvrages qui sont de caractère descriptif sont les « savonnettes à vilain » qui critiquent (après la Révolution) les écarts à la norme, les provincialismes et les traits populaires. Ces œuvres se concentrent surtout sur l’aspect du lexique. 1.3.1 Les dicos, répertoires et glossaires
Après les dictionnaires publiés par Oudin (1640), Richelet (1680), Furetière (1690), l’Académie (1694) et Trévoux (1707) apparaissent les dictionnaires correctifs : ils existent déjà au XVII siècle, mais ils se répandent plutôt dans les premières années du 19 ième dans le mouvement indispensable visant à fixer la langue qui commence après la Révolution. Ces œuvres étaient très importants pour la généralisation de l’usage. Ces livres sont presque toujours normatifs, ils poursuivent toutes sortes d’incorrections, voire dans la haute volée et chez les écrivains célèbres, les régionalismes (d’un but pédagogique), les expressions vulgaires et le lexique professionnel spécialisé, de temps à autre sans établir les distinctions nécessaires. Dans le cadre des dictionnaires du lexique vulgaire existent des œuvres descriptifs et normatifs (ces cacologies populaires préfèrent une forme à une autre). Mais après l’argot entre dans le français populaire, des dictionnaires de l’argot bientôt prennent leur place. 1.3.2 Les grammaires
Du au fait qu’on attribuait peu de valeur sociale à la langue populaire, il n’existent presque pas des descriptions faites par des grammairiens jusqu’à la fin du 19 ième siècle. Avant cette date, il y avait juste quelques remarques dans des œuvres correctifs, par exemple chez Vaugelas (1647), Ménage (1675) ou Hindret (1687). Le premier livre qui se libère d’un caractère local et entreprend une caractérisation socio - culturelle est celui de Charles Nisard (1872) : Etude sur le langage populaire ou patois de Paris et sa banlieue. Le premier qui essaie de décrire tous les usages non - normés est Henri Bauche avec Le langage populaire (1920), mais ils ne s’intéressent pas pour les éléments vulgaires. En 1929 La Grammaire des fautes de Henri Frei est publiée, qui a pour but l’étude du français avancé (les fautes, les provincialismes, la langue familière, la langue populaire). Une des publications les plus récentes est Le français populaire de Giraud (1965).
A part cela, il existe des études sur l’argot d’auteurs divers qui se concentrent aussi sur la langue populaire dans son ensemble, mais ces œuvres ne sont pas toujours systématiques : Bally, Brunot, von Wartburg, Zumthor, etc. Les descriptions de la prononciation sont soit inexistantes soit inadéquates, c’est pour première fois au 18 ième siècle que la distance entre la prononciation et l’orthographe a été reconnue. Cependant, il faut mentionner deux œuvres ou
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auteurs : Danjeau (1693-1792) et le traité de Thurot (1881). Les grammairiens cités du 20 ième fournissent au moins des parties de leurs travaux aux observations sur la prononciation, le seul à publier un ouvrage sur ce sujet est Martinon, on le publie même avant sa grammaire. 1.4 Le français populaire comme réalité de sens commun
1.4.1 Exemples de jugements sur les domaines linguistiques
Les jugements positifs sont également stéréotypées et valorisent ainsi « l’authenticité, (…) le parler piquant, l’humour, le bon sens » (p. 18).
On qualifie la syntaxe comme lourde, privée de beauté, de logique, de recherche, de complexité et très souvent redondante. On peut critiquer certains aspects de cette valorisation :
Le terme « logique » n’a pas de valeur linguistique (Pourquoi peut-on constater qu’il est logique d’éviter la construction je vais chez le docteur ?) ; certains caractéristiques ne sont dévalorisés que parce qu’ils font partie de la langue populaire (en français soutenu Pierre vient-il ? n’est pas (des)qualifié comme redondant ; de temps à autre on laisse de côté certains faits : si on est capable de mesurer la complexité, est-ce qu’il y a quelque chose de plus complexe que quand c’est que c’est qu’il a dit ça ? et le jugement idéologique (Peut-on classifier un type de langue comme « vulgaire » ou « dégradé » sans penser de la même façon des gens qui la parlent ? ). Quant à la prononciation, on attribue les différences (la suppressions des sons et le relâchement) à la « paresse articulatoire et au moindre effort » (p. 19). Aussi en jugeant le lexique, c’est fait sous un angle idéologique. C’est sans fournir de vraies preuves qu’on souligne la monotonie, la pauvreté et la trivialité. Afin de pouvoir attribuer l’étiquette « populaire » à quelqu’un, diverses dichotomies ont été établies : haut et bas, complexe et simple, distingué et vulgaire, nature et culture, etc. On applique ces termes à trois éléments : à la position sociale du locuteur, à « sa tenue de corps » (p. 20) et à sa manière de parler. Même les locuteurs ont tendance à partager ces opinions, indépendamment de leur forme de parler. D’ailleurs, le français populaire n’est pas considéré comme un système à part, ce qui montre que c’est estimé comme une « pratique minimale et déficitaire » (lexique restreint) (p. 21). Certains grammairiens sont d’avis que le français populaire n’est pas construit selon des règles, puisque il « échappe au normatif » (ibid.).
1.4.2 Ce que le français populaire n’est pas
Il s’oppose à plusieurs termes : parlé (car on peut l’écrire ; la langue parlée n’est pas toujours identique au français populaire), familier (usage situationnel), régional, fautif (tout écart n’est pas populaire et populaire ne signifie pas un manque de système).
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Dominik Menz, 2009, Français populaire total, München, GRIN Verlag GmbH
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