1. Introduction
Cette dissertation va analyser le chapitre « L’ordre des mots et la démarche » de Vinay et Darbelnet dans Stylistique compareé du français et de l’anglais 1 . On va contrôler l’exactitude de ce chapitre en analysant soit les exemples donnés soit les explications. De plus, on va comparer les faits donnés aux autres livres sur la syntaxe en français et en anglais pour pouvoir établir soit les avantages soit les désavantages du livre analysé.
L’ordre des chapitres dans Stylistique comparée du français et de l’anglais 2 ne correspond pas toujours à l’ordre des chapitres de cette dissertation á cause de l’importance et du contenu des chapitre individuels.
L’ordre des mots 3 est normalement figé et dépend du lexique et de la morphologie 4 . La démarche « semble être l’exploitation de certaines préférences dans la présentation des faits » 5 qui est « jusqu’à un certain point, de l’option » 6 . Cela est aussi appelé « l’ordre psychologique » 7 . L’ordre grammatical ne correspond pas toujours à l’ordre psychologique 8 . Il est typique pour la démarche française de ne pas commençer une phrase par l’essentiel 9 parce que l’emphase se trouve à la fin d’une phrase française. Cela n’est pas le cas en anglais. En anglais, chaque élément d’une phrase peut être mis en relief. Cette restriction en français est la raison pour les constructions différentes en français et en anglais don’t on va parler dans l’analyse suivante.
1 J. P. Vinay, J. Darbelnet, Stilistique compareé du français et de l’anglais. Méthodes de traduction (Paris: Les Éditions Didier, 1958).
2 Ibid.
3 “l’orde grammatical”, cf. ibid., p. 201.
4 cf. ibid.
5 ibid.
6 ibid.
7 ibid.
8 cf. ibid., p. 202.
9 Cf. ibid.
2
1. La mise en relief 10
Vinay et Darbelnet décrivent la mise en relief comme « l’ensemble des moyens
servant à insister sur un segment de l’énoncé » 11 . Ils distinguent trois sortes de mise
en relief : la mise en relief grâce à la phonétique, grâce à la syntaxe et grâce au
lexique 12 . Une autre distinction est faite par Vinay et Darbelnet entre la mise en relief
dans la langue écrite et dans la langue parlée 13 .
1.1. La mise en relief dans la langue écrite 14
1.1.1. La répétition lexicale 15
Les mots mis en relief en anglais sont normalement « notés par des italiques ou autre
signe graphique » 16 . Les exemples 17 de Vinay et Darbelnet sont :
1. It is very nice.
2. It is a very fine picture.
3. Yes, indeed.
Les mots « very » et « indeed » sont notés par des italiques. Des mots comme
« very », « indeed », « quite » et « much » 18 rendent le message de la phrase plus
intensif 19 et en même temps, ils mettent l’accent sur les mots auxquels ils se référent.
Dans la phrase « It’s very nice » 20 , le mot « very » est d’un côté mis en relief par des
italiques, d’autre côté, l’adjectif « nice » est intensifié par lui.
10 cf. ibid., pp. 207/208.
11 Ibid., p. 207.
12 Cf. ibid.
13 cf. ibid.
14 ibid., pp. 208-210.
15 Cf. ibid., p. 209.
16 Ibid., p. 208.
17 Ibid., p. 209.
18 Cf. Randolphe Quirk, Sidney Greenbaum, Geoffrey Leech et Jan Svartvik, A Comprehensive
Grammar of the English Language (London: Longman Group Limited, 1985), p. 472.
19 Cf. ibid
20 Vinay, Darbelnet, p. 209.
3
En français, on utilise, d’après Vinay et Darbelnet 21 , la répétition lexicale pour la traduction des phrases anglaises précédentes. Les traductions 22 sont :
1. C’est très, très bien.
2. C’est un très, très beau tableau.
3. Oui, oui.
Dans les phrases françaises, les mots sont répétés pour obtenir la mise en relief. Ce n’est pas le cas en anglais. Le français a besoin de deux mots égaux pour obtenir le même effet qu’on obtient en anglais avec des italiques et des « intensifs » 23 , comme, par exemple, « very » et « indeed ».
Vinay et Darbelnet prennent l’anglais comme point de départ dans ce chapitre et ils essayent de trouver la meilleure traduction. Ils donnent premièrement l’impression qu’une phrase française comme, par exemple, « C’est très bien » n’est pas une propre solution parce qu’il manque le deuxième « très ». Mais cette phrase est aussi bonne que la phrase « C’est très, très bien » 24 .
Deuxièmement, la répétition en anglais de « very », par exemple, est aussi possible. En anglais, des mots comme « very », « much », « far », « so » etc. peuvent être répétés pour obtenir une mise en relief 25 . La phrase anglaise « It is very, very nice » tient le même sens que la phrase « It is very nice » 26 . La seule différence est la répétition de « very » dans la première phrase et des italiques dans la deuxième phrase. La traduction « C’est très, très bien » 27 serait une meilleure traduction pour la phrase anglaise « It is very, very nice ».
21 Cf. ibid., p. 209.
22 Ibid.
23 cf. Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 472.
24 Vinay, Darbelnet, p. 209.
25 Cf. Quirk, Greenbaum, Leech, Svartvik, p. 473.
26 Vinay, Darbelnet, p. 209.
27 Ibid.
4
Troisièmement, la répétiton lexicale en français est typique pour la langue française parlée 28 . La répétition lexicale n’est pas nécessairement dans la langue écrite. Les phrases françaises sont plus formelles sans la répétition lexicale.
1.1.2. La répétition syntactique avec le plus souvent dédoublement du pronom 29
Un autre moyen français servant à insister sur un segment de l’énoncé est la répétition du pronom avec un dédoublement. Vinay et Darbelnet donnent des exemples suivants 30 :
1. I know you, Dinah ! Je te connais bien, moi !
2. His was all right, but hers was rather poor. Le sien à lui allait encore, mais celui de Jeanne était fort médiocre.
Dand le premier exemple, l’emphase du mot anglais « I » est traduite en français par la répétition de « je » par le pronom personnel disjoint « moi » à la fin de la phrase française.
Dans la deuxième phrase anglaises, « his » n’est pas seulement traduit par le pronom possessif « le sien » mais « à lui » est ajouté pour obtenir la mise en relief. C’est le même avec « hers » et « celui de Jeanne », mais le pronom démonstratif est utilisé. Cette répétiton syntactique avec le dédoublement du pronom n’est pas possible en anglais. L’emphase en anglais dans la langue écrite est notée par des italiques. La position du pronom en français peut varier. I l peut se trouver au début de la phrase comme, par exemple, dans la phrase « Moi, je veux travailler le soir, mais lui pas » 31
28 cf. la chapitre suivante
29 cf. Vinay, Darbelnet, p. 209.
30 Ibid., p. 209.
31 Roger Hawkins, Richard, Towell, French Grammar and Usage (London: Arnold, 2001), p. 72.
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où à la fin de la phrase « Je veux travailler ce soir, moi » 32 . Non seulement les sujets d’une phrase peuvent être mis en relief par ce moyen d’emphase, mais aussi les objets. L’objet « me » dans « Why pick on me ? » 33 devient « me » et « à moi » dans
la phrase « Pourquoi me faire ça, à moi ? » 34 .
Vinay et Darbelnet ne décrivent pas des phrase comme « Je veux, moi, travailler ce soir ». Elles sont aussi possibles, le pronom peut être placé au centre du phrase 35 . La possibilité de utiliser le pronom personel disjoint de la troisième personne sans sujet n’est pas mentionné non plus. Un exemple est la phrase « Lui pourrait le faire » 36 , « He could do it ». Cette mise en relief n’est pas possible à la première et à la
1.1.3. Le tour de présentation qui permet de détacher l’élément jugé important 38
Dans ce chapitre, Vinay et Darbelnet présentent plusieurs méthodes de présentation et d’emphase d’un élément important dans une phrase. D’entre elles, la mise en relief avec « C’est … qui/que » 39 est la plus connue et la plus fréquente dans la langue française.
32 Ibid.
33 Vinay, Darbelnet, p. 209.
34 Ibid.
35 cf. Hawkins, Towell, p. 72.
36 Ibid., p. 72.
37 Cf. ibid.
38 Vinay, Darbelnet, p. 209.
39 “constructions clivées”, Monique L’Huillier, Advanced French Grammar (Cambridge: Cambridge University Press, 1999), p. 37.
6
1.1.3.1. La mise en relief avec « C’est … qui/que » 40
Bien que cette méthode d’emphase est très fréquente, Vinay et Darbelnet n’attirent pas l’attention des lecteurs sur ce tour de présentation. Ils donnent seulement deux phrases commes exemples 41 :
1. I did it. C’est moi qui l’ai fait.
2. Only you wouldn’t let me. Mais c’est toi qui n’as pas voulu. Il n’y a pas de présentation similaire dans les deux exemples anglais. Le « you » dans la deuxième phrase est aussi mis en relief par le mot « only », mais ces moyens d’emphase vont être traités dans le chapitre prochain.
Vinay et Darbelnet présentent seulement la mise en relief avec la construction « C’est … qui ». C’est utilisé pour mettre en relief le sujet d’une phrase. Mais on peut aussi mettre l’accent sur l’objet ou sur un complément circonstantiel 42 : « Non, c’est/ce sont les vieux quartiers qu’elle aime » 43 . « Les vieux quartiers » sont les objets directs de la phrase et à cause de cela, on utilise la construction avec « que » 44 . Pour les objets indirects dans la phrase « Non, c’est à Paris qu’elle habite » où « à Paris » est un complément circonstantiel.
Le verbe est le seul élément d’une phrase qui ne peut pas mis en relief avec cette construction 45 .
Vinay et Darbelnet donnent l’impression que ces constructions sont des tours de présentation, mais on les utilise plus pour l’emphase d’un élément d’une phrase et aussi pour l’opposition de deux éléments. La fonction des constructions clivées dépend du contexte :
40 Vinay, Darbelnet, p. 210.
41 Ibid.
42 Günter Freitag, Alfred, Göller, Cours Intensif 2 (Stuttgart: Ernst Klett Schulbuchverlag GmbH,
1991), p. 10.
43 Ibid.
44 ibid.
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Quote paper:
Sylvia Hadjetian, 2002, L'ordre des mots et la démarche, Munich, GRIN Publishing GmbH
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