Dépréciation du capital environnemental et croissance économique dans l'espace UEMOA


Thèse de Master, 2018

48 Pages, Note: Manque


Extrait

TABLEAUX DES MATIERES

DEDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

TABLEAUX DES MATIERES

LISTES DES TABLEAUX

ABSTRACT

Introduction

CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE
1 .1. Problématique, objectifs et hypothèses de travail
1.1.1. Problématique
1.1.2. Objectifs de l’étude
1.1.3. Hypothèses
1.2. Revue de littérature
1.2.1. Une notion générale du capital
1.2.2. Revue de littérature théorique
1.2.3. Revue de littérature empirique

CHAPITRE 2 : CADRE METHODOLOGIQUE DE L’ETUDE ET DONNEES
2.1. Présentation de la zone d’étude
2.2. Méthodes d’analyse
2.2.1. Cadre théorique et méthodologie d'estimation de l'apport des sources de la croissance économique
2.2.2. Cadre théorique et méthodologie d'estimation des facteurs influençant le niveau de dépréciation de l’environnement
2.2.3. Données de l’étude

CHAPITRE 3 : PRESENTATION ET ANALYSE DES RESULTATS
3.1. Résultat d'estimation de l'apport des sources de la croissance économique
3.2. Résultats d'estimation des facteurs influençant le niveau de dépréciation de l’environnement
3.2.1. Statistiques descriptives
3.2.2. Etude de stationnarité
3.2.3. Résultat du test de causalité de Granger
3.2.4. Présentation et discussion des résultats

Conclusion

Références bibliographiques

ANNEXES

DEDICACE

Je dédie ce travail

A

Ma mère ZOUNON Christine

Mon père AKPA Michel

Mes frères et sœurs

REMERCIEMENTS

Avant toute chose, nous tenons à exprimer nos profondes gratitudes à l’endroit des membres du Jury qui ont bien voulu accepter apprécier ce modeste travail de recherche.

Ce travail de recherche n’aurait pas été possible sans le concours de certaines personnes à qui nous exprimons notre profonde gratitude. Nos remerciements vont à l’endroit :

- Du Professeur Agrégé HONLONKOU Albert, notre maître de mémoire qui a accepté superviser ce travail avec rigueur et dévouement. Nous vous témoignons toute notre admiration pour vos grandes qualités scientifiques et humaines.
- Du Professeur Titulaire de sciences économiques Charlemagne IGUE, Doyen de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion pour sa contribution à notre formation.
- Du Directeur de l’Ecole Doctorale des Sciences Economiques et de Gestion, Professeur Titulaire HOUNKOU Emmanuel.
- De tous mes collègues auditeurs au LESEP pour leur apports et critiques lors des rapports d’étapes.
- Du Dr AMEGNAGLO Jaurès, qui a mis à notre disposition les documents nécessaires pour la réalisation de ce travail et de son épouse pour son soutien.
- Du Professeur Titulaire Rufin-Willy MANTSIE, ancien Directeur du PTCI et toute son équipe pour leur dévouement à former et renforcer le capital humain pour l’Afrique.
- De tout le corps enseignant de la FASEG et son personnel pour leur contribution à notre formation.
- De toute la promotion du PTCI 2016 en particulier M. Hospice DOUGBE, M. Roméo AGNOUN, M. Esaïe AMAVI et M. Josias SALAKO pour les moments passés lors des études à s’expliquer les notions de cours.
- De M. GUEDEGUE Darius et son épouse, Mme AGBO Patricia AKPA et son époux, ma chérie VODOUNON Arlette, M. AKPA Blaise et son épouse, M. AMEGNAGLO Romaric et son épouse et M. AMEGNAGLO Bonheur pour leurs soutiens inestimables tout au long de ma formation.
- De mes frères et sœurs, cousins et cousines, neveux et nièces
- De tous ceux de près ou de loin ont contribué à la réalisation de cette œuvre.

Que ce travail soit pour tous, le témoignage de mon amour et de ma reconnaissance.

LISTE DES SIGLES ET ACRONYMES

DCM : Dépréciation du Capital Minier

FAO : Programme des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture

FCFA : Franc des Communautés Financières d’Afrique

LSDV : Least Square Dummy Variables

MCG : Moindres Carrés Généralisés

MCO : Moindres Carrés Ordinaires

OCDE : Organisation de Coopération et Développement Economique

ODD : Objectifs de Développement Durable

OMD : Objectifs du Millénaire pour le Développement

PIB : Produit Intérieur Brut

PNB : Produit National Brut

PNUD : Programme des Nations Unies pour le Développement

PTF : Productivité Totale des Facteurs

UEMOA : Union Economique et Monétaire Ouest Africaine

WCED : World Commission on Environment and Development

LISTES DES TABLEAUX

Tableau 1 : Part moyenne des sources de croissance dans l’espace UEMOA

Tableau 2 : Statistiques descriptives

Tableau 3 : Etude de stationnarité

Tableau 4 : Résultat du test de causalité de Granger

Tableau 5 : Résultats de la régression du modèle à effets fixes

Tableau 6 : Résultats estimation effets fixes par pays

RESUME

Ce mémoire vise à déterminer la contribution du capital environnemental à la croissance économique tout en insistant sur les facteurs qui influencent la dépréciation du capital environnemental dans l’espace UEMOA. A partir des données de la Banque Mondiale sur sept (07) pays de l’espace UEMOA couvrant la période de 1990-2015 nous estimons dans un premier temps les parts des sources de la croissance économique dans l’UEMOA et enfin nous estimons par une régression des données de panel l’effet de croissance sur le capital environnemental et dégageons si cet effet est spécifique ou pas selon les pays. A la lumière des résultats, les parts respectives du capital physique, du travail et du capital environnemental sont 21.80%, 37.10% et 41.10% sur la période de l’étude. Les résultats d’estimation sur le modèle à effets fixes ont montré que les coefficients associés au produit intérieur brut et au taux d’intérêt réel sont statistiquement significatifs. Toutefois l’effet du produit intérieur brut sur la dépréciation environnementale est positif tandis que celui du taux d’intérêt réel est négatif.

Mots clés : Dépréciation, Capital environnemental, Croissance économique, Investissement, statistiques descriptives, données de panel.

Environmental capital depreciation and economic growth in WAM countries

ABSTRACT

This research paper aims to determine the contribution of the environmental capital to the economic growth while insisting on the factors which influence the depreciation of the environmental capital in UEMOA space. From the data of the World Bank on seven (07) countries of UEMOA space covering the period of 1990-2015 we initially estimate the shares of the sources of the economic growth in the UEMOA and finally we estimate by a regression of panel data the effect of growth on the environmental capital and release if this effect is specific or not according to the countries. In the light of the results, the respective shares of physical capital, labour and environmental capital are 21.80%, 37.10% et 41.10% over the period of the study. The results of estimate on the model for fixed purposes showed that coefficients associated with gross domestic product and at the real interest rate are statistically significant. However, the effect of the gross domestic product on the environmental depreciation is positive while that of the real interest rate is negative.

Key words : Depreciation, environmental Capital, Economic growth, Investment, descriptive statistics, panel data

Introduction

L’environnement représente le milieu dans lequel un organisme fonctionne, incluant l’air, l’eau, la terre, les ressources naturelles, la flore, la faune, les êtres humains. Mais il est aujourd’hui menacé par la dégradation de son capital environnemental qui est devenue une préoccupation majeure dans les économies du monde entier. La dégradation du capital environnemental se manifeste par exemple par la perte de la surface forestière mondiale estimée à 94 millions d’hectares au cours de ces dix dernières années (Programme des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture [FAO], 2001). Une des causes essentielles de ce phénomène est la croissance économique car l’activité économique nécessite l’exploitation de capital environnemental comme facteur (Toman., 2003). Cependant, vu l’état poussé de la dégradation de l’environnement et la place qu’il occupe dans la croissance des nations, le monde entier se mobilise à travers plusieurs canaux tels que la recherche, les investissements, la sensibilisation, les sommets internationaux afin de trouver des solutions adéquates à ce phénomène.

L’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) composée de huit (08) pays1 occupe une superficie totale estimée à 3 509 098 km2 pour une population estimée à 98 634 965 habitants en 2013 (Rapport UEMOA, 2014). La zone est dotée de ressources naturelles comme les terres arables, les forêts, les fleuves et autres plans d’eau, les ressources halieutiques, pastorales et minérales abondantes relativement importantes et qui constituent la base de subsistance et de richesse des populations. Son économie est basée sur l’exportation des ressources naturelles telles que les métaux précieux dont l’or non monétaire, les combustibles minéraux, les huiles minérales dont le pétrole, le cacao et ses préparations, les fruits comestibles, le caoutchouc et ses ouvrages en caoutchouc, le coton, les minerais dont l’uranium, les produits chimiques inorganiques, le bois et son ouvrage en bois et les poissons et crustacés. Ces exportations représentent une recette de 8814 milliards de FCFA en 2013, soit environ 76,1% de ces exportations totales (Rapport UEMOA, 2014).

Mais aujourd’hui, ces ressources sont menacées par une exploitation excessive qui crée un sérieux déséquilibre écologique induit par l’homme et des facteurs naturels liés au climat. Elles sont, pour la plupart, devenues fragiles et affectées partout par la dégradation. Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) (1996) estime que la population de la zone UEMOA va doubler à l’horizon 2020 et que cette situation accélérera le rythme de la dégradation si aucune action n'est entreprise.

L’augmentation de population et la pression exercée par cette dernière contribuent à la réduction et à la dégradation des ressources. Dans les pays en voie de développement du sud dont les économies dépendent essentiellement de l’exploitation des ressources, un taux de croissance rapide de la population peut être une menace pour les ressources naturelles Nguyen (1999). Dinda, (2004) remarque aussi que le capital environnemental se détériore au fur et à mesure que la pression démographique augmente. Les pays de l’UEMOA perdent annuellement 599.000 hectares de forêts et cela est due à l’utilisation des espaces forestiers dans d’autres secteurs de l’économie nationale comme l’agriculture, à l’exploitation forestière et aux feux de brousse répétés (Rapport UEMOA, 2008).

Pourtant l’environnement, compte tenue de ce qu’il apporte aux économies en voie de développement en terme de capital environnemental, en l’occurrence à celles des pays de l’UEMOA, il convient de pouvoir arbitrer entre sa contribution aux économies et la dégradation engendrée par cette exploitation. C’est dans un tel cadre que s’inscrit le présent travail qui se donne pour mission d’évaluer dans le contexte de l’UEMOA la dépréciation du capital environnemental et la croissance économique. Pour cela, le développement des modèles permettant d’appréhender les déterminants des facteurs de la croissance revêt d’une importance capitale. Nous partirons du modèle de croissance de Solow (1986) qui conceptualise le capital environnemental comme un facteur de production semblable au capital physique tel que la machinerie et l'équipement. En supposant une fonction Cobb-Douglas et des rendements d'échelle constants nous mesurerons les parts des sources de la croissance économique dans l’UEMOA.

Le choix du sujet réside dans le fait qu'il pourra éclairer sur la contribution du capital environnemental à la croissance économique dans l’espace UEMOA dans une perspective de développement soutenable de l'économie de la zone. Son objectif de fournir les informations pouvant servir de base aux débats sur la question de l’exploitation et de la gestion du capital environnemental aux fins du développement durable et de la réduction de la pauvreté.

Pour bien aborder le travail nous l’avons divisé en trois chapitres. Dans le premier, nous traiterons du cadre théorique de l’étude, puis dans le second chapitre nous traiterons du cadre méthodologique de l’étude et enfin le troisième et dernier chapitre sera consacré à la présentation et à l’analyse des résultats après estimation.

CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE DE L’ETUDE

Dans ce chapitre, nous présenterons d’abord la problématique qui essaiera de montrer que la recherche de développement par les nations est la principale cause de la dépréciation du capital environnemental telle que la déforestation, la dégradation des sols, la désertification et l’érosion des sols. Ensuite, nous aborderons les objectifs et les hypothèses de travail qui nous permettrons de suivre une directive dans la recherche afin de répondre à la question recherche posée. Et enfin, la revue de littérature essaiera de faire un rappel sur les différents théories et faits stylisés sur le problème de recherche posé.

1 .1. Problématique, objectifs et hypothèses de travail

1.1.1. Problématique

La contribution de l’environnement à la croissance économique a été une source de débats dans la littérature économique. Les physiocrates ont très tôt compris le rôle majeur du capital environnemental (la terre) dans la croissance économique. La terre, actif environnemental, était le facteur de production essentiel pour l’économie (Faucheux et Noël, 1995). Par contre, pour les classiques, la terre un actif environnemental essentiel à la production et à la croissance de la population est soumise aux rendements décroissants (Solow, 1956 et Mankiw et al., 1992). Cependant, la prise en compte de l’environnement dans le développement des nations relève plus d’une nécessité que d’un devoir moral, car la survie des sociétés humaines en dépend. Cette prise en compte doit s’inscrire dans un cadre de développement durable, c’est-à-dire un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs (World Commission on Environment and Development (WCED), 1998).

Le développement durable est un des objectifs poursuivis par les Nations Unies et cela a conduit à la rédaction de documents et de stratégies afin de préserver le capital environnemental. Ainsi, les Nations Unies ont rédigé le document stratégique des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) qui s’est fixé quelques objectifs de développement. Cependant, les OMD ne prenaient pas en compte les questions touchant au changement climatique et à la dégradation continue de l’environnement. Les Objectifs de développement durable » (ODD) ont ainsi succédé aux OMD prenant en compte aussi bien l'environnement que le développement et impliquant non seulement les pays en développement, mais aussi les pays industrialisés.

Une des zones qui subit les effets de la dépréciation de son environnement est l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) regroupée en huit (8) États de l’Afrique de l’Ouest. Ces pays se sont mis en intégration pour faire face efficacement aux défis du millénaire et couvrent une superficie de 3 509 098 km2 pour une population de 98 634 965 habitants Rapport UEMOA (2014). La réduction du couvert végétal due à l’exploitation du bois par les populations pour le chauffage ou par les industries cause et accentue la dégradation des terres et la désertification. L’une des conséquences de cette action est que les arbres ne peuvent plus assurer leur activité de capture du dioxyde de carbone. Ce qui va accentuer la pollution de l’air et par ricochet accentuer les effets néfastes des changements climatiques. Un peu plus du tiers des terres (37%) arables en Afrique sont menacés par la dégradation et la désertification. De plus, la dégradation des terres et la désertification sont des problèmes majeurs affectant la planète toute entière (Millenium Ecosystem Assesment, 2005). Par ailleurs, dans les pays en développement en général et les pays tropicaux en particulier, le bois constitue 80 % de la consommation d’énergie et sa consommation est en augmentation constante (RODA, 2000). Aussi, les feux de brousse concourent non seulement à une dégradation rapide du couvert végétale mais aussi à la pollution de l’environnement. Williams et Balling (1994) estiment que 42 % des émissions totales de gaz carbonique dans l’atmosphère chaque année proviennent des feux de brousse et de forêts.

Un autre défi au développement durable de la zone UEMOA est l’érosion, causée par l’action de l’homme sur le capital environnemental. L’érosion côtière constitue de sérieuses menaces pour les infrastructures sur la côte (Adam, 2007). Dans certains pays côtiers de l’Afrique de l’Ouest comme par exemple le Togo, le Bénin et la Cote d’ivoire, la mer emporte jusqu’à 30 mètres de côtes par an (Boko et Ogouwalé, 2008). De plus, la zone UEMOA dispose de ressources naturelles importantes (terres arables, forêts, fleuves et autres plans d’eau, ressources halieutiques, pastorales et minérales abondantes) qui concourent à la formation de son produit intérieur brut (PIB) et dont l’épuisement constitueraient une menace pour la croissance de la zone. En effet, les ressources naturelles de la zone sont aujourd’hui menacées par une exploitation excessive qui crée un sérieux déséquilibre écologique induit par l’homme et des facteurs naturels liés au climat. Elles sont, pour la plupart, devenues fragiles et affectées partout par la dégradation. Avec les estimations faites par (PNUD, 1996) la population de l'Union va doubler à l'horizon 2020 ce qui va s’accélérer le rythme de la dégradation, si aucune action n'est entreprise.

Des études ont montrées l’importance du capital environnemental dans certaines régions du monde. Crowards (1996) a montré que la dépréciation du capital environnemental (forêts, sols et ressources minières) représente approximativement 2% du produit intérieur brut (PIB) annuel du Zimbabwe sur la période de 1980–1989. Figueroa, Calfucura et Nuñez (2002) ont montré que la dépréciation du capital environnemental pour l’activité minière (cuivre) représente à 4,62% du PIB du Chili pour 1977–1996 et 5,27% sur la période 1985–1996. Pour les auteurs, cette dépréciation est quatre fois plus importante que l’investissement annuel en recherche et développement. La Banque Mondiale (2009) estime la dépréciation du capital environnemental pour le minier à 18.30% pour la Mauritanie à 11.49% pour la Zambie à 7.87% pour la République Démocratique du Congo à 1.30% pour le Togo. La zone UEMOA est caractérisée par une absence de travaux sur la contribution du capital environnemental dans la formation du PIB.

Face à un environnement qui se dégrade à cause de l’exploitation accélérée de ses ressources, il est important d’investir la rente issue de son exploitation dans d’autres secteurs de l’économie pour un développement durable. Sur la question, deux théories économiques s’opposent. Solow (1993) soutient qu’il suffit que l’altération du capital naturel soit compensée par un accroissement du capital productif ou des flux de biens de consommation mis à la disposition des générations futures pour que le développement soit durable. Ce résultat est atteint lorsque la rente de rareté retirée de l’exploitation du capital environnemental est réinvestie dans la formation de nouveau capital (équipement productifs, éducation, recherche et réhabilitation écologique). Par contre, Pearce et Atkinson (1995) ou les acteurs du courant de l’économie écologique profonde contestent cette vison et pensent que le capital environnemental possède des caractéristiques uniques et irréversibles.

Au regard de tous ces problèmes évoqués, il se dégage la question de recherche principale suivante : quelle est la contribution du capital environnemental à la croissance économique dans l’UEMOA ? De cette question de recherche principale, se dégage deux questions spécifiques de recherche. Quelle est la part du capital environnemental dans la croissance économique dans l’UEMOA ? Quels sont les facteurs qui influencent la dépréciation du capital environnemental dans la zone UEMOA ? La résolution des questions spécifiques de recherche nous permettra de répondre à la question principale de recherche.

1.1.2. Objectifs de l’étude

L’objectif principal de cette étude est de déterminer la contribution du capital environnemental à la croissance économique dans l’UEMOA.

¶Les objectifs spécifiques sont :¶

- Mesurer les parts des sources de la croissance économique dans l’UEMOA
- Déterminer les facteurs qui influencent la dépréciation du capital environnemental dans la zone UEMOA

1.1.3. Hypothèses

- Le capital environnemental occupe une part plus importante que la main d’œuvre dans la croissance économique dans l’espace UEMOA
- La croissance économique à un effet positif sur la dépréciation du capital environnemental dans l’UEMOA.

1.2. Revue de littérature

1.2.1. Une notion générale du capital

La théorie du capital repose sur le fait que les biens d'équipement fournissent des services non seulement au cours d'une période donnée, mais sur de nombreuses périodes. Le montant global des services rendus dans le temps par une unité du bien d'équipement dépend techniquement de son taux de détérioration dans le temps et économiquement de l'horizon temporel du décideur. Plus le taux de détérioration est bas, plus le bien capital peut être utilisé longtemps ; et plus l'horizon temporel est long, plus le montant total des services fournis par le bien d'investissement est important et pris en compte sur le plan économique (Faber et al., 1999). C'est la source de la sagesse conventionnelle de la théorie du capital : pour un taux donné de détérioration technique, plus l'horizon temporel de la prise de décision est long, plus il est avantageux d'utiliser une nouvelle technique employant un nouveau bien.

Cependant, l'utilisation du bien d'investissement peut également avoir des effets négatifs comme la pollution de l'environnement. Très souvent, cette dernière s'accumule avec le temps, et le stock accumulé de pollution peut être considéré comme un capital néfaste. En effet, il rend de mauvais services à chaque période de temps c'est-à-dire que le bien-être réduit les dommages environnementaux. Une analyse inter-temporelle complète de l'innovation d'une nouvelle technique nécessite qu’on prenne en compte les deux types de capital, le bien capital productif et le capital polluant mauvais. Contrairement à la théorie du capital classique avec des biens d'équipement hétérogènes, le bien de production et le capital polluant correspondant ne sont pas indépendants l'un de l'autre. Ce dernier est directement lié au premier en tant que service bénéficiaire et la pollution environnementale dommageable est produite conjointement (Baumgärtner et al., 2001). Par conséquent, une notion générale de capital englobe non seulement les biens d'équipement qui fournissent des services économiques accrus au bien-être, mais aussi les capitaux malfaisants qui apportent un bien-être qui diminue les mauvais services environnementaux.

L'environnement, c'est-à-dire la collection de toutes les richesses naturelles, peut être considéré comme un stock de capital. Pour le distinguer des formes de capital artificiel généralement reconnues telles que les machines et les bâtiments, les termes « capital environnemental » et « capital naturel » sont maintenant utilisés (Dasgupta, Kristrom et Maler, 1994). Cependant, la notion de capital environnemental n'est pas nécessairement récente. Daly (1994) définit le capital naturel comme le stock qui est produit du flux des ressources naturelles c’est-à-dire la population des poissons dans l'océan qui génère le flux de pêche allant dans le marché ; la forêt sur pied à l'origine du flux d'arbres coupés et les réserves de pétrole dans le sol dont l'exploitation fournit le flux de pétrole à la pompe. Les biens d'équipement se distinguent habituellement des autres par deux caractéristiques connexes : ils sont durables et fournissent donc un flux de services au fil du temps. Il n'est pas difficile d'envisager l'environnement en ces termes. Comme tout autre type de capital, le capital environnemental est durable et génère un flux de services au fil du temps. Ces services comprennent trois types de fonctions inter-reliées. D’abord l’environnement fournit des matières premières allant de l'air que nous respirons aux minéraux que nous extrayons puis il agit comme un réceptacle pour les émissions de gaz et de rejets de déchets et enfin il fournit des équipements esthétiques tels que les paysages.

L'environnement est un élément essentiel de toute économie car il sert de fournisseur de ressources et de récepteur de déchets pour soutenir la productivité. Alors que l'environnement sert souvent de source fondamentale de matières premières pour le développement économique, les processus d'expansion économique ont un impact direct ou indirect sur l'environnement. Les liens en amont et en aval ont généré des débats entre les défenseurs de l'environnement et les activistes du développement au fil des ans. Différents modèles et théories de l'économie reconnaissent depuis longtemps le rôle crucial de la durabilité de l'environnement pour la durabilité économique. Les deux principales réflexions économiques, les théories classique et néoclassique, reconnaissent l'essence de la contribution de l'environnement à la croissance économique et au développement. Les théories économiques classiques supposent des contraintes liées aux limites environnementales et les théories économiques néoclassiques reconnaissent l'environnement naturel dans ses prémisses. L'économie classique a cependant été associée plus à l'environnement que l'économie néoclassique.

Comme l'explique Thampapillai (2002), de 1945 à 1980, les économistes néoclassiques dominants ont trop insisté sur la croissance économique en supposant que la production était principalement déterminée par le travail et le capital humain, négligeant ainsi les rôles importants de l'environnement. La Commission Brundtland (1987) a donné une impulsion majeure à la reconnaissance plus large de l'environnement dans la croissance économique et aux études sur la comptabilité du revenu national, soulignant que l'environnement et le développement ne sont pas des défis distincts mais intimement liés. Le rôle de l'environnement en tant que capital essentiel des activités économiques est devenu une maxime pour les économistes et les gouvernements après la publication du rapport de la Commission Bruntland en 1987. Un flux circulaire de relation de cause à effet entre la pauvreté et les dommages environnementaux est inévitable pour les pays qui ne sont pas capable de soutenir adéquatement leurs environnements. La dégradation de l'environnement entraîne la pauvreté tandis que la pauvreté entraîne souvent une dégradation excessive de l'environnement résultant de la surexploitation et de la négligence de l'environnement.

1.2.2. Revue de littérature théorique

L'analyse de la croissance économique a commencé avec le fameux travail de Solow (1956) et de Swan (1956). Solow (1956) attribue l’origine de la croissance par tête au montant de capital technique investi. Cependant, le modèle de Solow s’écarte de la réalité car il considère que la croissance économique par tête peu à peu diminue et finit par cesser de progresser. Cela est causé par l’absence d’innovations technologiques continues. Pour combler le fossé des connaissances sur les causes de la croissance, d'autres sources de croissance ont été trouvées. Pour certains auteurs la croissance est causée par les nouvelles connaissances et l'éducation (Mankiw et al., 1992 et Zhu et Li, 2017). Mankiw et al. (1992), enrichissent le modèle de Solow (1956) en intégrant la notion d’investissement en capital humain comme un facteur supplémentaire de la fonction de production qui peut être accumulé, et en reconnaissant que le travail n’est pas un facteur homogène. Par contre d’autres auteurs expliquent la croissance par l'innovation (Aghion et Howitt, 1992 ; Ulku, 2004). En effet, Aghion et Howitt (1992) donnent à l’innovation un rôle clé dans la croissance, et celui-ci est liée à la part de la main-d’œuvre affectée aux activités de recherche. Barro (1990) explique la croissance économique par l'infrastructure publique. Plus récemment, les économistes institutionnels (Jutting, 2003 et Prévost, 2008) ont souligné le rôle important des institutions dans la croissance économique, tandis que Landes (1998) et Fujita et al. (1999) ont tenté d'expliquer la croissance par la géographie.

La nouvelle école de géographie économique a expliqué par quelques approximations, valeurs absolues de latitude, distances de l'équateur, proportion de terre dans 100km de la côte, températures moyennes et précipitations moyennes, qualité du sol et écologie de la maladie, l’impact de la géographie sur la croissance. La croissance de la production économique nécessite de plus grandes quantités d'énergie et de matériaux, et génère de plus grandes quantités de déchets. L'augmentation de l'extraction des ressources naturelles, l'accumulation des déchets et la concentration des polluants vont donc submerger la capacité de charge de la biosphère et entraîner une dégradation de la qualité de l'environnement et une baisse du bien-être humain, malgré l'augmentation des revenus Daly (1977). L'épuisement des ressources naturelles entraînera la fin de la croissance. Les études constatent que la contribution de l'environnement à la croissance est double : directe et indirecte. La voie directe est la façon dont l'environnement fournit des ressources et des matières premières tandis que la voie indirecte passe par les services fournis par les écosystèmes, y compris la séquestration du carbone, la purification de l'eau, la gestion des risques d'inondation et le cycle des nutriments.

Il faut noter qu’avant les années soixante-dix, la théorie néoclassique expliquait la croissance par le capital et le travail. Pour Faucheux et Noël (1995) l’absence du capital environnemental dans les modèles de croissance est due à deux raisons majeures. Tout d'abord, par la non prise en compte des ressources naturelles comme des biens économiques et ensuite, par la prise en compte de la terre (ressources naturelles) dans le facteur capital. Mais, les deux chocs pétroliers des années soixante-dix et la raréfaction d'un nombre croissant de ressources remettront les préoccupations environnementales au cœur des débats. Bien évidemment, cela ne signifie nullement qu'aucun économiste néoclassique ne considérait les problèmes environnementaux avant cette époque. En effet, dès les années trente, deux personnes ont contribué à créer ce qui sera appelé plus tard l'économie des ressources naturelles Hotelling (1931) par l'exploitation des ressources épuisables et l'économie de l’environnement Pigou (1920) à travers l'économie du bien-être et l'internalisation des externalités.

Cela dit, force est de constater que les problèmes environnementaux et les ressources naturelles ont été éludés jusqu'à ce que les ressources naturelles marchandes (épuisables, mais aussi renouvelables) retrouvent la place qu'elles avaient dans la théorie classique et soient considérées comme un capital spécifique, qualifié par Solow (1991) de capital naturel. Des chercheurs, regroupés au sein du Club de Rome affirment que si les tendances actuelles (économiques et environnementales) se perpétuent, beaucoup de ressources naturelles seront épuisées à moyen terme, ce qui limitera, voire empêchera, toute croissance future (Meadows et al., 2004). En d'autres termes, une croissance exponentielle conduit le système à un effondrement à terme puisqu'un nombre de plus en plus important d'individus interagissent économiquement et environnementalement en exploitant les ressources dont certaines sont épuisables et d'autres, renouvelables, voient leur capacité de régénération dépassées dans un monde qui, lui, est fini. Comme les Classiques, il y a, pour ces "pessimistes", un mouvement inéluctable vers un état stationnaire. Ces chercheurs parlaient donc déjà de croissance économique non soutenable sans utiliser ces termes.

Brock et Taylor (2004) ont constaté que les limites à la croissance peuvent non seulement découler de la source finie de matières premières de la nature, mais plutôt de la capacité limitée de la nature à agir comme un puits pour les déchets humains. Ainsi, la surexploitation des ressources naturelles et du service finira par mettre en péril l'activité économique elle-même. Pour assurer l'environnement et même l'activité économique, la croissance économique doit cesser et le monde doit faire la transition vers une économie stable. Le développement est durable lorsque les générations présentes assurent leurs besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins (WCED, 1998). Le concept de développement durable implique des limites et non des limites absolues mais des limites imposées par l'état actuel de la technologie et de l'organisation sociale sur les ressources environnementales et par la capacité de la biosphère à absorber les effets des activités humaines (WCED, 1998).

Le principe fondamental de l'économie de l'environnement est que la nature est capital et que, sans sa présence, l'activité économique ne peut pas continuer. Les travaux phares de sur le revenu durable ont conduit à l'établissement de liens théoriques entre revenu durable et épuisement des ressources naturelles. Hartwick (1977) montre que la rente provenant de l'épuisement des ressources devrait être exactement le niveau d'investissement en capital pour atteindre une consommation constante au fil du temps. Daly (1990) soutient que la substituabilité entre les ressources naturelles et le capital est limitée et que la durabilité exige que le capital total (créé par l'homme et naturel) soit maintenu intact. L'évolution théorique de la durabilité a conduit à reconnaître que les comptes nationaux conventionnels tels que le produit intérieur brut (PIB) et le produit national brut (PNB) n'ont pas intégré la dégradation de l'environnement et l'épuisement des ressources et qu'ils ne peuvent mesurer avec précision les revenus durables. Ces dernières années, plusieurs études ont considéré l'agrégation des dotations naturelles d'une économie comme des stocks globaux ressemblant à l'accumulation de capital manufacturé (KM) dans les comptes nationaux (Thampapillai et Uhlin, 1997). Les efforts de plusieurs organisations internationales telles que l'OCDE, la Banque mondiale et les Nations Unies ont donné lieu à des développements prometteurs en matière de comptabilité environnementale et d'estimation du PIB vert dans les pays en développement et les pays développés. La comptabilité environnementale a également pris de l'ampleur en Chine, car son environnement en rapide détérioration est devenu une source de grande préoccupation pour les décideurs.

Bien qu'elles soient limitées par des lacunes dans les données et des difficultés méthodologiques, certaines études récentes révèlent les défis environnementaux de la Chine Thampapillai, Wu et Sunderaj, (2007). La construction d'un indicateur correct capable de mesurer l'impact de l'environnement sur la croissance et l'inverse ont été les enjeux de plusieurs travaux de nombreuses organisations (OCDE, Banque mondiale) et d'économistes (Thampapillai, Wu et Sunderaj, 2007). Arrow et al. (1995) ont constaté qu'une augmentation monotone de la dégradation de l'environnement exigeait une réglementation environnementale stricte et même des limites à la croissance économique pour assurer une économie durable. Une diminution monotone de la dégradation de l'environnement le long de la trajectoire de développement d'un pays suggère que les politiques qui accélèrent la croissance économique conduisent également à des améliorations rapides de l'environnement

1.2.3. Revue de littérature empirique

Les travaux de Solow (1957) sur la comptabilité de la croissance ont permis non seulement à beaucoup d’études de tester empiriquement les déterminants de la croissance, mais également de formuler d’autres théories pour répondre notamment à la préoccupation centrale de l’économie de développement. Ainsi, Solow (1957) en estimant empiriquement son modèle sur une période de près d’un demi-siècle montre que ni le capital ni le travail ne peuvent expliquer la cohérence de la croissance mais que le facteur résiduel qu’il appelle le progrès technique l’explique pour environ 80%. Aryeetey et Fosu (2005) constatent que la croissance au Ghana est principalement influencée par la productivité totale des facteurs (PTF), que le travail ou le capital ne soit pas significatif.

Thampapillai et Uhlin (1997) ont construit un cadre keynésien pour la détermination du revenu durable pour les États-Unis sur une période de 37 ans (1950-1986) en utilisant des approches de détermination du revenu linéaire et non linéaire. Leurs résultats ont montré une amélioration de l'efficacité de l'utilisation du capital environnemental et une possible convergence entre les trajectoires de revenus durables et réelles. Une étude de Thampapillai et Hanf (2000) a utilisé une fonction de production de Cobb-Douglas contenant du capital environnemental à la suite de l'exposition conceptuelle de Solow (1986).

Ils ont indiqué que, lorsque la viabilité et la non-durabilité d'au moins certaines composantes du capital environnemental sont reconnues, il est possible de montrer que tous les loyers dus à l'ensemble du capital environnemental doivent être mis de côté en tant que déduction pour amortissement. Au cours des 30 dernières années, il y a eu une impulsion accrue pour passer d'un cadre conceptuel de capital environnemental et naturel à des chiffres autour du concept et incorporer ces chiffres dans la mesure de la richesse d'une nation. La Banque mondiale (2012) indique que le capital naturel ou environnemental représente environ 36% de la richesse des pays en développement.

Smil et Yushi (1998) estiment que le coût des dommages environnementaux pour l'économie chinoise pourrait atteindre 4,1% du PIB total en 1992, tandis que les dommages causés aux écosystèmes coûteront 13,9% de plus. Selon un rapport de la Banque mondiale (1997), la pollution de l'air et la pollution de l'eau ont coûté à l'économie 7,9% du PIB en 1995. Par ailleurs, les études empiriques (Armstrong et Read, 2004) concluent que les ressources naturelles, le climat et la topographie ont un impact direct sur la croissance économique (Artelaris et al., 2007).

Thampapilai et Hanf (2000) estiment quant à eux à 55.33%, 26.18% et 18.49% les parts respectives de la main-d’œuvre, du capital manufacturé et du capital environnemental employés pour produire le PIB sur la période de 1984 à 1995 en Australie. Il faut toutefois rappeler que les premières estimations de la dépréciation du capital minier (DCM) pour plusieurs pays ont été faites par Pearce et Atkinson (1993). Elles ont été ensuite largement diffusées par la Banque Mondiale (2009). L’indicateur retenu est le ratio DCM sur PIB. Cet indicateur est estimé à 18.30% pour la Mauritanie ; 11.49% pour la Zambie ; 7.87% pour la République Démocratique du Congo et dans l’espace UEMOA elle est de 1.30% pour le Togo (Banque Mondiale, 2009). Anaman & Agyei-Sasu (2014) estiment à 45%, 36% et 19% les parts respectives de la main-d’œuvre, du capital environnemental et du capital manufacturé employés pour produire le PIB sur la période de 1993 à 2012 au Ghana. Ils établissent également que la dépréciation environnementale est significativement liée au PIB réel et au PNB réel dans une relation log-linéaire positive tandis que sa relation avec le taux d'intérêt réel est négative mais pas statistiquement significatif.

[...]


1 Bénin, Burkina Faso, Niger, Togo, Mali, Côte d’Ivoire, Sénégal et Guinée Bissau

Fin de l'extrait de 48 pages

Résumé des informations

Titre
Dépréciation du capital environnemental et croissance économique dans l'espace UEMOA
Université
Université d'Abomey-Calavi
Note
Manque
Auteur
Année
2018
Pages
48
N° de catalogue
V1035284
ISBN (ebook)
9783346445650
ISBN (Livre)
9783346445667
Langue
Français
mots-clé
dépréciation, uemoa
Citation du texte
Armand Frejuis AKPA (Auteur), 2018, Dépréciation du capital environnemental et croissance économique dans l'espace UEMOA, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1035284

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