Le présent article a pour ambition de mettre en exergue le statut de la responsabilité dans le débat écologique contemporain en partant de l’éthique jonassienne de la responsabilité.
Il rappelle précisément que la responsabilité, dans le débat écologique contemporain, renvoie essentiellement à la définition des stratégies d’endiguement de la crise écologique, constituant ainsi une antithèse au principe espérance qui est le principe générateur de l’utopie technoscientifique.
Justement parce que c’est de la peur de la dégradation irréversible de la biosphère qu’incorpore l’utopie technoscientifique que découle la responsabilité qui s’exprime en stratégie d’endiguement de la crise écologique dans le présent et l’actuel.
Table des matières
Introduction
1. L’utopie technoscientifique : principe générateur de la technique moderne
2. De la critique de l’utopie technoscientifique à la nécessité de la responsabilité
3. La responsabilité : une stratégie d’endiguement de la crise écologique
Conclusion
Objectifs et thématiques de l'ouvrage
Cet article analyse le statut de la responsabilité dans le débat écologique actuel en s'appuyant sur l'éthique de Hans Jonas. L'objectif est de démontrer comment la responsabilité peut agir comme une stratégie d'endiguement face aux dérives de l'utopie technoscientifique et aux menaces pesant sur la biosphère.
- Le rôle de l'utopie technoscientifique dans la modernité.
- La confrontation entre le "principe espérance" d'Ernst Bloch et le "principe responsabilité" de Hans Jonas.
- La nécessité d'une nouvelle éthique basée sur la précaution et l'heuristique de la peur.
- Le fondement rationnel et sentimental de la responsabilité face au périssable.
- Les implications politiques de la responsabilité pour la survie des générations futures.
Extrait du livre
3- La responsabilité : une stratégie d’endiguement de la crise écologique
Malgré la cohabitation de la vie et de la mort dans le cosmos, l’être et le non-être dans la nature, rien ne semble justifier la fondation de la valeur morale sur le non-être. Et cette évidence de la cohabitation de la vie et de la mort dans l’être-même des choses permet de mieux comprendre la situation de l’homme dans la biosphère ; l’homme qui, tout en étant le résultat de l’évolutionnisme, n’est pas seulement un être défini par l’ambivalence être et non-être comme tous les autres d’ailleurs, mais aussi un être doué de talents destructeurs de la nature-mère grâce au pouvoir que lui procure son savoir (H. Jonas, 1992). C’est dans ce paradigme que doit s’imposer le « oui » à la vie, c’est-à-dire le passage du vouloir au devoir et précisément le devoir de la permanence de la vie sur terre qui doit redéfinir tous les nouveaux rapports entre l’homme et la nature.
Dans cette perspective, pour que la valeur de la vie incite à l’action pour sa conservation, il faut que l’individu soit disposé à être affecté par de telles choses. Ce n’est donc pas avant tout une conviction rationnelle qui pousse à l’accomplissement du bien mais une attitude attentive au sens des choses, voire une sentimentalité; ainsi, malgré l’évolution de la prédiction dans les sciences humaines et environnementales qui informent avec plus d’exactitude sur l’état de la biosphère et la portée environnementale, économique et sociologique des activités anthropiques, c’est de la sentimentalité et pas que de la raison qu’émanera l’engagement pour une meilleure biosphère.
Résumé des chapitres
Introduction: Présente la crise écologique comme une transformation radicale du rapport de l'homme à la nature, nécessitant une redéfinition éthique à travers le prisme de Hans Jonas.
1- L’utopie technoscientifique : principe générateur de la technique moderne: Examine comment l'utopie technoscientifique, fondée sur le principe espérance, est devenue le moteur de la société industrielle moderne malgré ses risques.
2- De la critique de l’utopie technoscientifique à la nécessité de la responsabilité: Analyse la transition nécessaire vers une éthique de la précaution, opposant le mauvais pronostic à l'euphorie technologique.
3- La responsabilité : une stratégie d’endiguement de la crise écologique: Détaille les fondements rationnels et sentimentaux de la responsabilité, posant cette dernière comme une condition indispensable à la permanence de la vie humaine.
Mots-clés
Crise écologique, Biosphère, Responsabilité, Éthique, Hans Jonas, Utopie technoscientifique, Principe espérance, Technique moderne, Endiguement, Heuristique de la peur, Précaution, Ontologie, Générations futures, Développement durable, Anthropocène.
Foire aux questions
De quoi traite principalement cet article ?
L'article explore la place centrale de la responsabilité dans le débat écologique actuel, en proposant une relecture philosophique de l'éthique de Hans Jonas face aux défis technoscientifiques.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la critique de l'utopie technoscientifique, le conflit entre le progrès technique et la préservation de la biosphère, ainsi que le rôle de la peur et de la précaution dans l'action politique.
Quel est le but ultime de la recherche ?
Le but est de démontrer que seule une éthique de la responsabilité, agissant comme stratégie d'endiguement systématique, peut garantir la survie d'une humanité authentique.
Quelle approche méthodologique est utilisée ?
L'auteur adopte une approche philosophique comparative, principalement entre les pensées d'Ernst Bloch (principe espérance) et de Hans Jonas (principe responsabilité).
Quels sont les principaux sujets développés dans le corps du texte ?
Le texte développe les fondements ontologiques et psychologiques de la responsabilité, le passage de la technique comme outil de progrès à une menace, et la nécessité de définir de nouvelles obligations politiques.
Quels mots-clés définissent le mieux cette étude ?
Les termes tels que crise écologique, éthique, responsabilité, biosphère et Hans Jonas sont les piliers conceptuels de l'analyse.
Comment l'article définit-il l'utopie technoscientifique ?
Elle est décrite comme une force motrice de la modernité, centrée sur une foi aveugle en le progrès technique, tout en ignorant les conséquences irréversibles sur la nature et l'humain.
Quelle est la distinction entre l'éthique traditionnelle et celle de Jonas ?
L'éthique traditionnelle était limitée au présent et à l'humain proche, tandis que l'éthique de Jonas intègre la temporalité longue et le périssable, imposant une responsabilité envers le futur et la biosphère.
- Arbeit zitieren
- Tchilabalo Adjoussi (Autor:in), 2021, Le statut de la responsabilité dans le discours écologique contemporain. A partir de l’éthique de la responsabilité de Hans Jonas, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1129370