La presse allemande d'exil à Paris


Dossier / Travail de Séminaire, 2002

10 Pages, Note: 1,3


Extrait

I) introduction

Dès la prise du pouvoir de Hitler en 1933, il est patent que tous ceux qui critiquent la politique des nazis sont en danger. C’est le cas pour de nombreux journalistes allemands qui ne veulent pas renoncer à la liberté d’expression et fondent beaucoup de journaux d’exil. Très peu d’entre eux ont leur origine dans des journaux ou des maisons d’éditions déjà existants comme die neue Weltbühne. La plupart doivent commencer tout seuls. Entre 1933 et 1950 la presse allemande a édité plus de 400 publications dont 111 à Paris. La majorité d’entre elles sont crées en 1933, leur nombre diminue dans les années suivantes et augmente seulement un peu pendant la guerre civile en Espagne et pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Mais, le plus grand nombre de suspensions a lieu en 1939 et il faut souligner que la durée de vie de la plupart des journaux excède pas plus d’un an: par exemple parmi 95 publications de la presse allemande d’exil à Paris qui sont paru plusieurs fois, seulement 45 sont paru régulièrement.

Dans le corps de ce travail on présentera d’abord quelques informations de base destinées à faire comprendre la situation de travail en exil des journalistes et ensuite on présentera trois journaux allemands d’exil à Paris ; le Pariser Tageszeitung/ Tageblatt (PTZ/ PTB), die neue Weltbühne (NWB) et das Neue Tage-Buch (NTB). En conclusion on portera un jugement sur le rôle et l’influence de la presse allemande d’exil.

II) Partie principale

A) Informations de base

1.) les noms des journaux

On connait mieux les intentions des journalistes fondateurs si on examine les titres choisis. Plusieurs évoquent la guerre : Neue Front, Krieg und Frieden, ou encore Kulturkampf. Pour exprimer la résistance au totalitarisme et mettre en exergue la liberté d’expression, on nomme son journal Freie Jugend, Freie Kunst und Literatur, das freie Wort, gegen den Strom, Freiheit !, Deutsche Freiheitsbriefe et Deutsche Freiheit. On trouve aussi des noms qui soulignent la tâche d’informer : Informationen von Emigranten für Emigranten, Informationen aus Deutschland, Informationsblätter. Des noms comme Marxistische Tribüne, die kommunistische Internationale et Mitteilungen des Parteivorstandes rappellent que ce journal travaille pour un parti. Quelquefois un journal est fondé pour informer seulement d’un événement politique comme l’indiquent der Reichstags-Prozess et Revolution in Spanien. Des journaux destinés à des groupes sociaux comme Die Frau, Frauen und Mädchen im dritten Reich sont assez rares et ne perdurent pas longtemps.

2.) Les buts de la presse

La presse d’exil considère qu’elle représente le peuple allemand condamné à se taire. Dans die neue Weltbühne le rédacteur en chef Willi Schlamm écrit dans l’éditorial en 1933 : « Wir kämpfen gegen das Deutschland von heute ; aber wir wollen nicht das Deutschland von gestern. Die Arbeiter und Intellektuellen, die im Dritten Reich – sein Beil im Nacken – eine kommende Auflehnung vorbereiten, meinen es bitter ernst. Sie wollen das Deutschland von morgen.[1]

Il est important de comprendre qu’on se dresse contre le fascisme, mais pas contre l’Allemagne. Leopold Schwarzschild, le rédacteur en chef du NTB, écrit en 1933: „Da wir genötigt sein werden, ja da es zu unseren Hauptaufgaben gehört, uns häufig und intensiv gerade mit deutschen Angelegenheiten zu befassen, möchten wir betonen und bekennen, dass uns nie deutlicher als in der jetzigen Lage zu Bewusstein kam, wie sehr das unglückliche Land jenseits des Rheins unsere Heimat ist.“[2]

Un objectif très important de la presse d’exil est de donner des conseils pratiques aux exilés. On les informe non seulement du droit d’asile, mais on les avertit aussi des indicateurs de la Gestapo. Hanns-Erich Kaminsky écrit dans le PTB en mars 1935 : « Emigranten, Vorsicht bei Gesprächen!“[3]

Le journal est un moyen d’action contre l’isolement des individus ou des groupes politiques, syndicaux, culturels ou intellectuels. On rapporte des nouvelles du Monde et on essaie d’expliquer la situation politique d’Allemagne en analysant la Weimarer Republik et l’Empire. Les journalistes apprennent aux lecteurs la vraie situation prévalant dans le Reich où la presse y est fortement manipulée. Dans le NWB on publie par exemple des récits de témoins oculaires des prisons allemandes et des salles de torture. On cherche à prévenir le monde du danger nazi, à mettre en garde contre le blitzkrieg et à convaincre les puissances occidentales que la politique d’appaisement est une erreur. Encourager la résistance au fascisme est le thème omniprésent de tous les journaux d’exil. Individuellement les journalistes eux-mêmes luttent contre le fascisme en émettant de fortes critiques contre le régime.

Dans tous les articles on parle de la politique, même dans les critiques littéraires. Dans la plupart des cas les journalistes évitent de critiquer les puissances occidentales car on ne veut pas abuser du droit de publication.

3.) La presse pluraliste et ses lecteurs

Dans une lettre Kurt Tucholsky se plaint de la pluralité de la presse d’exil et souhaite l’existence d’un seul journal au lieu de plusieurs qui font vite faillite. Pour comprendre la raison de cette pluralité, il faut savoir que dans chaque pays d’exil le groupe doit à nouveau êtrereprésenté. La presse est le porte-parole de beaucoup de groupes et institutions politiques, culturelles, syndicales et scientifiques. A cause de l’expulsion on est démoralisé et même dans les petites rédactions les journalistes sont divisés. Une autre raison de la pluralité de la presse d’exil est qu’on fonde aussi des journaux pour relater des événements politiques spéciaux. Par exemple après le référendum dans la Sarre en 1935, on crée non seulement des magazines spécialisés pour venir en aide aux Sarrois, mais aussi des journaux qui continuent à œuvrer en exil comme en France le Deutsche Freiheit (socio-démocratique) et le Deutsche Volkszeitung (communiste).

[...]


[1] Walter, 48

[2] Walter, 106

[3] Raßler, 14

Fin de l'extrait de 10 pages

Résumé des informations

Titre
La presse allemande d'exil à Paris
Université
Université Paris-Sorbonne (Paris IV)
Cours
L'exil à Paris
Note
1,3
Auteur
Année
2002
Pages
10
N° de catalogue
V115621
ISBN (ebook)
9783640170548
ISBN (Livre)
9783640305704
Taille d'un fichier
588 KB
Langue
Français
mots-clé
Paris
Citation du texte
Sonja Breining (Auteur), 2002, La presse allemande d'exil à Paris, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/115621

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