Migrations au Burkina Faso. Comprendre le concept de la translocalité


Essai Scientifique, 2021

29 Pages, Note: manque


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Table des matières

RESUMÉ.

INTRODUCTION

1. MIGRATION, URBANISATION ET LE CHANGEMENT ENVIRONNEMENTAL
1.1. De la migration environnement vers celui de la translocalité
1.2. Caractéristiques et déterminants de la mobilité translocale
1.3. Changement dans la hiérarchie spatiale, connections et croissances des agglomérations urbaines

2. FACTEURS, PROCESSUS ET IMPACT DE LA MOBILITÉ TRANSLOCALE AU BURKINA FASO
2.2. Moteurs, pratiques, structures et processus des systèmes de mobilité translocale
2.3. Impacts des systèmes de mobilité translocale et développement rural

3. GOUVERNANCE ET MOBILITÉ TRANSLOCALE DURABLE AU BURKINA FASO

CONCLUSION

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

RESUMÉ

La présente étude sur les migrations au Burkina Faso est essentiellement basée sur la revue de littérature. Elle vise à mieux cerner le concept de la translocalité. D’une manière globale, la recherche documentaire a permis d’appréhender ce concept en abordant dans un premier temps la problématique de la migration environnementale et de l’urbanisation. Elle permet également, d’appréhender les principaux facteurs, processus et impacts de la mobilité translocale ainsi que la problématique de la gouvernance et de mobilité translocale durable au Burkina Faso.

Mots clés: Migrations, translocalité, Burkina Faso.

Migrations in Burkina Faso: understanding the concept of translocality

Abstract:

This study on migration in Burkina Faso is essentially based on the literature review. It aims to better understand the concept of translocality. Overall, the documentary research made it possible to understand this concept by first addressing the issue of environmental migration and urbanization. It also makes it possible to understand the main factors, processes and impacts of translocal mobility as well as the issue of governance and sustainable translocal mobility in Burkina Faso.

Keys words: Migrations, translocality, Burkina Faso

INTRODUCTION

L’Afrique de l’ouest est depuis longtemps considérée comme une région à forte mobilité. En effet, selon le Department of Economic and Social Affairs/ United Nations (2020), le nombre total d'émigrants Ouest-Africains a presque doublé au cours des 30 dernières années, passant de 4 470 738 personnes en 1990 à 7 398 379 personnes en 2019. La particularité de cette mobilité est qu’elle s’effectue majoritairement à l’intérieur des pays dans le cadre de la migration rural-urbaine, entre les pays de la sous-région ou entre avec les pays africains, en particulier en Afrique de l’Ouest et Australe (Adepoju, 2016).

Les causes de cette mobilité sont diversement traitées dans la littérature. On peut citer notamment les facteurs économiques (Gandhi, 2018), sociodémographiques et environnementales (Henry et al., 2003), sociaux et politiques (Black et al., 2011).

La présente revue de littérature structurée en trois parties traite d’abord de la migration, de l’urbanisation et le changement environnemental, puis des facteurs, des processus et impacts de la mobilité translocale et en fin de la gouvernance et mobilité translocale durable au Burkina Faso.

1. MIGRATIONS, URBANISATION ET LE CHANGEMENT ENVIRONNEMENTAL

La littérature en rapport avec la migration, l’urbanisation et le changement environnemental aborde essentiellement la relation changement environnemental et migrations dans un premier moment, les caractéristiques et les déterminants de la mobilité translocale dans un second temps et dans un troisième moment, le changement dans la hiérarchie spatiale, les connections et croissances des agglomérations urbaines.

1.1. De la migration environnementale vers celui de la translocalité

Plusieurs travaux ont été effectués dans la littérature en rapport avec la relation changement environnemental et migrations.

Selon Foresight (2011), les changements environnementaux affectent et continueront d’affecter les migrations du fait de leur influence sur certains facteurs de la vie comme celui de l’économie, du social et de la politique. Ces facteurs affectent les migrations et sont susceptibles de faire que les migrations suivent leur cours indépendamment des changements environnementaux. L’ampleur et la complexité des interactions entre ces différents facteurs font qu’il est pratiquement difficile d’identifier les migrants environnementaux des autres types de migrants. La relation entre les changements environnementaux et les migrations demeure une influence ambivalente. Autant les impacts des changements environnementaux sur les formes de migration sont susceptibles de s’augmenter dans les années à venir, autant ces changements environnementaux sont aussi bien capables d’atténuer que d’accroître le phénomène de la migration.

Parlant de changements environnementaux, Mérenne-Schoumaker (2020) focalise ses analyses sur les migrations environnementales. L’auteur conclut comme Foresight (2011) que les migrations environnementales sont complexes et difficiles à distinguer des autres migrations, car les raisons naturelles (effets environnementaux) des déplacements sont très souvent combinées aux autres causes économiques, sociales et politiques. Pour cet auteur, c’est la répétition des catastrophes naturelles et l’incapacité de disposer des moyens matériels pour y résilier qui engendre des migrations définitives surtout.

Quant aux travaux de Bastien et Gemenne (2016), ils montrent que les changements environnementaux sont à l’origine des migrations environnementales. Pour ce faire, ils fondent leurs analyses sur trois dimensions que sont la durée, le niveau de préparation et le niveau de coercition. La migration peut être de courte ou de longue durée, réactive ou proactive et forcée ou volontaire. Tous ces différents types de déplacements résultent du niveau de dégradation de la situation environnementale et les facteurs émanent des niveaux micro, méso et macro.

Swiss Agency for Developpement and Cooperation (2018) a également mené une étude sur les migrations dont l’objectif a consisté à analyser les liens entre changement climatique, environnement et risques de catastrophe d’une part, et d’autre part migration et développement économique. Selon cette étude, les facteurs environnementaux sont toujours mis en lien avec d’autres facteurs pour expliquer les mobilités humaines sous l’effet des évènements climatiques externes, des fléaux naturels comme les inondations, la dégradation accrue de l’environnement, les érosions, la désertification. Alors le changement climatique, l’environnement et la migration sont d’une manière ou d’une autre interconnectés directement ou indirectement. La connexion entre le changement climatique et environnemental et la migration est loin d’être déterministe et les effets directs du changement environnemental sur la migration ne doivent pas non plus être surestimés car la migration reste un phénomène aux causes multiples. Le changement climatique intervient comme un facteur amplificateur qui complexifie davantage le lien environnement-migration. Les modèles de migrations qui découlent des facteurs environnementaux sont internes ou transfrontaliers, permanents ou temporaires, volontaires ou forcés. En revanche, ces différents flux de population peuvent différer selon le type de changement environnemental. Et le plus souvent, les migrations dues aux fléaux environnementaux s’effectuent du monde rural vers les milieux urbains.

Le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM, 2015) révèle en outre que la migration interne, voire internationale est l’expression d’une recherche désespérée de solutions face aux effets néfastes de la dégradation de l’environnement que sont les érosions, les inondations, les sécheresses répétées, la désertification qui conduisent à leur tour à des crises alimentaires, la famine, etc. C’est la recherche des moyens de survie et ceux qui sont restés sur place vivent des transferts de fonds des émigrés.

Diallo et Renou (2015) partent des changements climatiques pour analyser les changements environnementaux et les migrations. Pour ce faire, ils mettent en exergue les migrations environnementales provoquées par les effets néfastes des aléas climatiques qui sont entre autres les sécheresses et les inondations dues à la baisse et à l’augmentation des précipitations, les famines, la pauvreté, l’augmentation des températures atmosphériques et la dégradation de l’environnement. Cependant, ils admettent qu’il est difficile de définir de manière consensuelle les migrations environnementales car isoler le facteur environnemental d’autres facteurs de la migration s’avère aussi difficile.

Par ailleurs, l’article de travers des données empiriques sur les moyens de subsistance en milieu rural, montre que . Les auteurs sont d’accord avec l’hypothèse qui stipule que la migration est un moyen d’adaptation des ménages face au changement de l’environnement. Toutefois, ils identifient des lacunes à cette hypothèse :

- Elle néglige l’impact significatif d’autres formes de migration ;

- Elle ne couvre pas d’autres dimensions de la façon dont les personnes, les communautés et les sociétés font face aux changements environnementaux ;

- Elle est interprétée d’une manière qui justifiait les politiques migratoires à tendance néolibérale.

Pour combler ces lacunes, ces auteurs ont proposé une approche qui intègre la translocalité et la résilience sociale. Le concept de résilience sociale translocale et ses implications conceptuelles ont été abordés pour améliorer la compréhension du lien entre migration et environnement. La résilience sociale translocale, selon eux, est considérée comme « l’interaction entre les propriétés structurelles des moyens de subsistance des ménages, intégrées dans les réseaux locaux et translocaux et les contextes de risque spécifiques, et l’action humaine » (p.87). Sur cette base, elle s’appuie sur trois composantes :

- Les pratiques sociales des acteurs mobiles et immobiles ;

- La construction sociale des relations homme-environnement (les deux sphères ne peuvent pas être comprises isolément l’une de l’autre) ;

- La connectivité translocale (les liens continus et durables entre les migrants et leurs régions d’origine).

La littérature ci-dessus présentée montre qu’il existe des relations entre le changement environnemental et les migrations qui s’influencent mutuellement. Dans la suite de notre recherche, traitons des caractéristiques et déterminants de la mobilité translocale.

1.2. Caractéristiques et déterminants de la mobilité translocale

En ce qui concerne les caractéristiques et déterminants de la mobilité translocale, selon Greiner et Sakdapolrak (2013), le concept de translocalité a pris de l’ampleur dans divers domaines de recherche comme la géographie, l’histoire et les études régionales, et l’anthropologie et des études de développement. Selon ces auteurs, le concept de translocalité se fonde sur l’approche transnationale (au-delà des Etats-nations). Ainsi, pour ces auteurs, les articulations significatives doivent donc être comprises comme des interactions de local à local. La translocalité est utilisée pour décrire la dynamique socio-spatiale et les processus de simultanéité et de formation de l’identité qui transcendent les frontières-y compris, mais aussi au-delà, celles des États-nations.

Par ailleurs, Jacobs et Etzold (2020) partent du concept de transnationalisme pour aboutir au concept de translocalité. En se basant sur les limites du premier, ils estiment que la translocalité est plus complète que le transnationalisme et est perçue comme étant une version ancrée et enracinée de ce dernier. La particularité de la translocalité réside dans le fait que les lieux sont d’importance capitale et elle se caractérise par les multiples liens souvent croisés en ces lieux, la circulation des personnes et des biens de toute nature, des capitaux, des idées et des idéologies. D’où cette notion de connectivité translocale que les auteurs inscrivent dans une perspective configurationnelle, qu’ils vont appeler la configuration translocale. Pour ces auteurs, la configuration translocale est la résultante des pratiques des acteurs dans des situations d’interdépendance entre des personnes d’une même famille dont certains sont restées dans le milieu d’origine et d’autres en mobilité (migration). Dans ce cas, les pratiques translocales, les interactions et les transactions entre les différents lieux où résident ces personnes et leur localité de départ dans une configuration sont en réseau.

Pour Glick et al. (1995), ce qui diffère la translocalité du transnationalisme est le fait qu’elle s’écarte de la logique nationaliste et plaide pour une compréhension relationnelle en termes de réseau et de plurilocale de l’espace.

Quant à Le Bigot (2017), la translocalité se caractérise par la remise en cause des idées selon lesquelles les mobilités internationales étaient une culture d’individuation, d’effritement de liens sociaux. Elle est plutôt perçue comme significative des constructions sociales liées au nouvel esprit du capitalisme. Autrement dit, les structures sociales ne sont pas diluées mais sont reconfigurées, réactivées. Un accent est mis sur les lieux, leur relation, leur production et leur appropriation dans le cadre de cette reconfiguration des liens sociaux mondialisés. Les translocalités s’inscrivent dans l’évolution des rapports sociaux dans le cadre de la mondialisation.

Toujours en 2017, les travaux de Naumann et Greiner montrent que la migration interne de la main-d'œuvre des zones rurales vers les centres urbains a été et reste l'un des principaux modèles de migration en Afrique du Sud. Cette étude se base sur les données ethnographiques de terrain pour explorer les modèles de mobilité et les relations translocales des mineurs dans la province du Cap Nord en Afrique du Sud. La perspective translocale utilisée dans cette étude a permis d’améliorer l'interprétation des transformations spatio-temporelles dans les communautés minières en Afrique du Sud. La migration dans la région de Kuruman est caractérisée par une migration de la main-d'œuvre. Près de 45% des ménages enquêtés ont au moins un membre travaillant dans l'industrie d’exploitation minière. Aussi, la mobilité croissante des femmes est influencée non seulement par la migration des hommes, mais aussi de l'évolution des relations entre les sexes et de la baisse des taux de nuptialité. On assiste ainsi plus à la migration des femmes célibataires vers les zones urbaines. En effet, arrivés en milieu urbain, la plupart des travailleurs migrants n’ont pas les moyens d’acheter ou de louer des maisons en ville car les prix à Kathu sont trop élevés. Donc de nombreux mineurs s’installent dans des agglomérations périurbaines. La pratique de la translocalité se caractérise par les transferts en espèces (envois de fonds) et en nature (nourriture ou vêtements) des zones urbaines vers les zones rurales, qui sont essentiels pour la sécurisation des moyens de subsistance des ménages. Ces transferts vont aussi bien à destination de la propriété familiale, qu’aux parents qui sont au chômage ou incapables de travailler. Aussi, de nouvelles idées et modes de vie façonnent l'apparence des zones rurales, la plus visible est la modernisation de la maison des mineurs migrants, agrandies avec des garages, avec des téléviseurs à écran plat, des réfrigérateurs. Les pratiques translocales ne sont pas unidirectionnelles. De retour, les migrants bénéficient du soutien de leurs parents non migrants. Les personnes vivant dans les zones urbaines dépendent des services de garde d'enfants offerts par des proches des zones rurales. Les jeunes enfants qui ne sont pas encore scolarisés ou qui sont seulement à l'école primaire sont envoyés dans des villages où ils restent par exemple chez leurs grands-parents. Ainsi, les relations translocales sont caractérisées par une dépendance mutuelle et des échanges qui circulent dans les deux sens.

La principale limite de cette étude est qu’elle ne parvient pas à expliquer les liens entre les transformations locales et les moteurs globaux de cette forme de migration.

La présente revue de littérature, en plus d’aborder les caractéristiques et déterminants de la mobilité translocale, traite du changement dans la hiérarchie spatiale, des connections et croissances des agglomérations urbaines .

1.3. Changement dans la hiérarchie spatiale, connections et croissances des agglomérations urbaines

Concernant les changements dans la hiérarchie spatiale, les connections et croissances des agglomérations urbaines, notre investigation met en exergue quelques travaux dans la littérature.

En effet, Zongo et Bredeloup (2009) à travers leur publication sur ‘‘Migrations internationales et reconfigurations territoriales en Afrique de l’Ouest et au Sahara’’ , expliquent que l’installation des migrants dans des lieux de transit de manière provisoire ou leur retour au pays natal participe à la croissance urbaine. Cette croissance se traduit invariablement par le développement des secteurs immobiliers et commerciaux. À Nouadhibou en Mauritanie par exemple, les locaux ont pris conscience des intérêts qu’ils pouvaient tirer du passage des migrants. Ainsi, ils construisent de nouvelles cités afin de bénéficier de la rente locative. Au Burkina Faso également, dans la ville de Béguédo (ville des Italiens) les transferts de fonds par les migrants en Italie ont permis l’essor du secteur de l’immobilier. De nombreuses villas construites grâce aux efforts des migrants ont donné un nouveau paysage à cette ville au point que l’offre immobilière dépasse la demande. La ville de Béguédo est réorganisée à l’initiative des migrants et est plus animée lors des visites régulières des migrants. Autrement dit, les activités se développent au rythme de l’absence ou de la présence des migrants.

Selon Swiss Agency for Developpement and Cooperation (2018), les migrations internes sont surtout un moyen permissif conduisant à l’urbanisation d’une population d’un pays. Les flux de populations des zones rurales vers les centres urbains, associés à une augmentation rapide de la démographie sont source d’urbanisation galopante dans les pays d’Afrique du Nord.

Pour leur part, Steinbrink et Niedenführ (2020) indiquent que l’Afrique est toujours la partie la moins urbanisée du monde et que l'immense rythme de l'urbanisation pose des défis de grande envergure. Le plus grand défi réside dans les conditions économiques et sociales dans lesquelles se déroule cette croissance urbaine car l'urbanisation africaine n'est pas liée à un développement macroéconomique positif. Ces auteurs considèrent la dynamique d'urbanisation en Afrique comme étant un processus sans une croissance économique correspondante et la qualifient d'urbanisation de la pauvreté. Cette situation s’explique, selon eux par l'émergence, par le développement et la densification des établissements humains informels qui regorgent la majorité de la population africaine urbaine. Ainsi, en raison des conditions précaires du marché du travail et de la forte augmentation des prix du logement et de la nourriture en milieu urbain, de nombreux migrants ruraux - urbains sont plongés dans une pauvreté urbaine, à laquelle ils ne peuvent échapper. Compte tenu de cette situation, les migrations rurale-urbaines entraînent très rarement le déplacement de l'ensemble des ménages. Certains membres du ménage s'installent dans les zones urbaines à la recherche de travail, et en maintenant de liens sociaux et économiques étroits avec leurs familles et leurs zones de provenance. Dans ces conditions, ils pensent que l'urbanisation en Afrique ne peut être adéquatement abordée de manière efficace que dans la perspective de translocalité. Ils estiment 40 à 60% la proportion des personnes des zones rurales en Afrique subsaharienne qui vivent dans un ménage translocal. Les structures des ménages dans la perspective de translocalité ne peuvent pas être appréhendées convenablement avec les instruments de recensement conventionnels.

Cette première partie de notre recherche consacrée à la migration, l’urbanisation et au changement environnemental a permis d’appréhender les opinions des auteurs en lien avec ces termes. Ainsi, les principaux travaux à notre connaissance, traitent surtout de la relation changement environnemental et migrations, des caractéristiques et les déterminants de la mobilité translocale et en fin du changement dans la hiérarchie spatiale, les connections et croissances des agglomérations urbaines. La seconde partie de la présente investigation se rapporte aux facteurs, processus et impact de la mobilité translocale.

2. FACTEURS, PROCESSUS ET IMPACT DE LA MOBILITÉ TRANSLOCALE AU BURKINA FASO

Cette seconde partie de notre recherche met en relief respectivement les corridors de la mobilité translocale au Burkina Faso; les moteurs, pratiques, structures et processus des systèmes de mobilité translocale; et des impacts des systèmes de mobilité translocale et développement rural.

2.1. Corridors de la mobilité translocale

La mobilité translocale dans le système francophone en général et dans le contexte du Burkina Faso en particulier peut être cernée sous l’angle des migrations transfrontalières, internationales, interrégionales, interprovinciales, intercommunales et intervillageoises. C’est dans ce sillage des migrations que sont identifiés les corridors des migrations burkinabè en faisant un aperçu historique des migrations des Burkinabè à l’étranger et leurs destinations privilégiées. Des destinations qui n’ont pas empêché les émigrés de maintenir les liens avec leur milieu d’origine du fait des raisons et le contexte de leur départ. Historiquement, le Ghana et la Côte d’Ivoire sont les zones de destination de prédilection des émigrés voltaïques et burkinabè (à partir de 1984) (Savonnet, 1970 ; Bénoit, Lévy & Pilon, 1986). Ces destinations ont des causes historiques qu'il s'agisse de celles datant des périodes précoloniales et coloniales ou de ceux en cours de nos jours. À cet effet, le pays est désigné comme un « réservoir de main d’œuvre abondante » pendant l’époque coloniale et une « terre des hommes » pour avoir contribué aux efforts de guerre au cours de la première et seconde guerre mondiales (Sawadogo, 2016).

En ce qui concerne les facteurs à l’origine de la migration interprovinciale au Burkina Faso, Henry et al. (2003) estiment que les migrations interprovinciales dans ce pays sont influencées d’une part, par des conditions environnementales défavorables (variabilité des précipitations, dégradation des terres et disponibilité des terres) dans les zones d’origine, et d’autres part, par des conditions favorables à la destination. Ainsi, la prise en compte du changement environnemental devrait permettre au Burkina Faso de mieux anticiper et planifier les futurs flux migratoires, notamment intervenir dans les domaines du régime foncier et des infrastructures sociales et économiques dans les provinces de destination pour les migrants. Selon ces auteurs, c’est la combinaison de facteurs sociodémographiques et, dans une moindre mesure, des facteurs environnementaux qui expliquent les migrations interprovinciales au Burkina Faso. Autrement dit, les caractéristiques démographiques, socioéconomiques et environnementales des provinces avaient une influence significative sur les tendances migratoires. Toutefois, la contribution des variables environnementales à l’explication de la migration était légèrement inférieure à celle des variables sociodémographiques. Les migrations interprovinciales au Burkina Faso sont influencées par des taux élevés d’alphabétisation et d’activité économique aussi bien dans les zones d’origine que dans les zones de destination.

En plus de ces auteurs, l’article de Beauchemin (2011) explique les potentielles tendances observées dans les zones urbaines et rurales en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso. La méthode utilisée dans cet article est l’historique des migrations à l'aide de données rétrospectives provenant des enquêtes nationales sur les migrations, ainsi que la revue de la littérature. Il ressort de cette étude que l'exode rural tend désormais à diminuer ou à se stagner, alors que l’émigration urbaine est en augmentation. Cette tendance est observée en Côte d'Ivoire qui connaît un schéma de contre-urbanisation où le niveau d'urbanisation diminue. En effet, dans ce pays, sur un total de 3042 burkinabè enquêtés, 85 % étaient originaires des zones rurales du Burkina Faso et seulement 0,3 % ont migré à l'intérieur du Burkina Faso avant de quitter leur pays. Selon l’auteur, en Côte d’Ivoire ainsi qu’au Burkina Faso, la part de la migration dans la croissance urbaine a diminué au fil des décennies. L’émigration rurale et l’augmentation de l’émigration urbaine sont liées essentiellement à des facteurs économiques (économies récessives, à un rétrécissement de l’écart entre les zones rurales et urbaines en termes de revenus et d’investissements publics). L’augmentation de l’émigration urbaine semble être le résultat de l’appauvrissement de la population urbaine. Nonobstant la pertinence des explications données dans cet article, sa principale limite est qu’il est basé sur les données des résultats publiés. Les résultats ne sont presque pas comparables d’une source à l’autre. Il est très difficile de bien comprendre comment l’exode rural et son contre-courant ont évolué.

Quelques années avant la publication de cet article (ci-dessus cité), Dabiré et al (2009) ont analysé les résultats définitifs du recensement général de la population et de l’habitation de 2006 au Burkina Faso. Cette analyse révèle que pour les migrations internes durée-de-vie, on retient que :

Les deux principales régions de destination des migrants durée-de-vie sont la région du Centre qui accueille 35,7% des migrants, et les Hauts Basins (17,9%). Elles sont suivies par la Boucle du Mouhoun (7,6%), le Centre-Ouest (6,9%) et les Cascades (6,6%). Le Centre et les Hauts Bassins sont les deux régions qui abritent les deux principales villes du pays, et l’exode rural peut expliquer cette forte attraction des flux sortants. La Boucle du Mouhoun est une région cotonnière qui a attiré beaucoup de migrants dans le temps. Le Centre Ouest abrite une assez grande ville (Koudougou). La région des Cascades avec la ville industrielle de Banfora et ses potentialités agricoles, est aussi une région attractive. Quant aux régions qui sont les principaux foyers de départ des migrants durée-de-vie, la région du Nord vient en premier lieu avec 18,4% des départs, suivie de la Boucle du Mouhoun (10,5%), du Plateau Central (9,8%) et du Centre Nord (9,6%). Ces régions sont connues comme principaux foyers de départ des migrants. La Boucle du Mouhoun est une région d’attraction dans les années 1970 avec la culture du Coton. Mais à partir des années 1990, on a observé une saturation des terres et des émigrations ont commencé vers ce qu’on appelle les nouveaux fronts pionniers (Cascades). C’est ce qui explique que cette région est à la fois attractive et répulsive (Dabiré et al, 2009, p. 50-51).

Le graphique suivant présente la situation des migrations internes durée-de-vie au Burkina Faso.

Figure 1 :Répartition des migrants internes selon les régions de départ et de destination

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Ce graphique indique clairement que jusqu’en 2006, les régions du centre et des Hauts Bassins étaient les principales destinations de la migration interne au Burkina Faso. En effet, selon toujours les travaux de Dabiré et al. (2009), en termes de migrations internes récentes (migration effectuée au cours des 12 mois ayant précédé le recensement de 2006), au Burkina Faso à cette époque, l’on retient que :

Les principaux foyers de départ des migrants internes récents sont par ordre d’importance la région du Centre (16,6%) de l’ensemble des départs, suivie de la région des Hauts Bassins avec 15,8%, de la région du Nord (11,0%) et de la région de la Boucle du Mouhoun (8,3%). Les régions où les départs sont le plus faibles sont l’Est (3,9%) et les Cascades (4,4%). Quant aux destinations, c’est la région du Centre qui capte l’essentiel des entrants internes récents avec 21,2 % du total des entrants. Elle est suivie par la région des hauts bassins (13,1%). Les régions qui ont reçu le moins de migrants récents sont le Sud-Ouest (4,3%) et le Centre-Sud (4,4%). Ces deux régions ont très peu participé aux échanges migratoires internes au cours des 12 derniers mois précédant le recensement (Dabiré et al, 2009, p55-56).

Après la publication de l’analyse de Dabiré et al, (2009), Zongo (2010) a présenté son ouvrage intitulé ‘‘L es enjeux de la diaspora burkinabè : Burkinabè à l’étranger, étranger au Burkina Faso ’’. Selon cet écrit, à l’époque voltaïque, les flux de population du Burkina Faso avaient parmi leurs destinations préférentielles la Côte d’Ivoire et malgré les indépendances des années 60, les émigrés burkinabè ne cesseront pas d’envahir le territoire ivoirien. Les départs forcés cèderont de plus en plus leur place aux migrations volontaires.

Piché (2015) quant à lui, rappelle qu’à un moment donné, l’histoire de la Haute-Volta (actuel Burkina Faso) a mis dans son actif un gouvernement colonial qui a instauré des lois sur le travail forcé qui contraignaient les bras valides burkinabè à émigrer en Côte d’Ivoire pour servir de main d’œuvre. À cette époque, en plus du corridor Burkina Faso-Côte d’Ivoire, il y avait celui du Burkina Faso-Ghana. S’agissant des besoins de satisfactions des conditions de vie sous l’effet des contraintes, certains émigrés vont vite se diriger vers le Ghana pour des raisons de condition de travail et de salaire élevés dans ce pays plus qu’en Côte d’Ivoire.

Dans ce même sens, Dabiré (2016), dans le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations explique que le corridor Burkina Faso-Côte d’Ivoire a connu et connait des vagues de migrations des Burkinabè vers la Côte d’Ivoire qui se verront accentuer par mise en œuvre d’une loi instituant la mise en valeur des colonies en 1921. De ce fait, les émigrés burkinabè serviront de main d’œuvre en Côte d’Ivoire. Il montre que de par le constat fait, les régions du Burkina Faso qui dénombrent les plus grands nombres des émigrés en direction des pays étrangers sont essentiellement celle du Centre-Ouest, du Centre-Est, du Sud-Ouest et la région de la Boucle du Mouhoun (RGPH de 2006). Ces flux migratoires des Burkinabè s’expliquent par la qualité des sols agricoles, l’instabilité de la pluviométrie, le faible niveau de rendement agricole et la dégradation des conditions de vie des ménages (conditions économiques précaires) qui font que les populations peinent à subvenir à leurs besoins et trouvent refuge dans l’émigration. Nous percevons en cela une sorte de mobilité translocale car les émigrés gardent le lien avec leur famille restée sur place.

Par ailleurs, toujours en 2016, l’Organisation internationale pour les migrations a produit un rapport sur la diaspora burkinabè au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, en Italie et en France. Selon ce rapport, la diaspora burkinabè est comme :

Des personnes ou des réseaux, des associations et des communautés, qui ont quitté leur pays d’origine et qui maintiennent des liens avec leurs patries. Ce concept couvre les communautés d’expatriés bien installées, les travailleurs émigrés temporairement, des expatriés avec la nationalité du pays d’accueil et des migrants de seconde, voire de troisième génération (OIM, 2016, p.xii).

Cette définition, qui implicitement pourrait faire référence à la translocalité de par le maintien des liens avec la patrie, fait de la Côte d’Ivoire, de l’Italie et de la France des corridors des mobilités translocales.

Au-delà du Burkina Faso, Gandhi (2018), souligne qu’en 2017, les flux migratoires les plus importants en Afrique centrale, en Afrique de l’Est et en Afrique de l’Ouest ont été vers d’autres pays de leurs régions respectives. Le corridor migratoire Burkina Faso-Côte d’Ivoire comptait le plus grand stock de migrants, avec 1,3 million. Les migrations dans l’autre sens, de la Côte d’Ivoire au Burkina Faso, figuraient également parmi les cinq premiers. Les corridors migratoires en Afrique de l’Ouest sont motivés par des considérations économiques, car ils relient les migrants à des emplois dans l’agriculture et le commerce informel.

D’autres auteurs comme Steinbrink et Niedenführ (2020) ont également signalé que contrairement à la médiatique du phénomène de la migration des africains vers l’Occident, les migrations en Afrique sont essentiellement intracontinentales. Ils identifient trois grands corridors de migrations intracontinentales : du Burkina Faso vers la Côte d'Ivoire, du Soudan du Sud vers l'Ouganda et du Mozambique vers l'Afrique du Sud. Parmi les formes de migrations en Afrique, les migrations internes aux Etats occupent une part importante bien que les données soient indisponibles.

En dehors des travaux sur les corridors de la mobilité translocale évoqués ci-dessus, il convient de cerner les moteurs, les pratiques, les structures et processus des systèmes de mobilité translocale.

2.2. Moteurs, pratiques, structures et processus des systèmes de mobilité translocale

Selon Du Yongtao (1970), la translocalité décrit les dynamiques sociales à travers l’espace à deux niveaux différents mais liés. Au niveau micro, c’est la pratique de la mobilité enracinée au sein de l’espace social nouvellement créé entre lieux locaux. Au niveau macro, elle reflète les changements à la fois réels et perçus de l’espace par la mobilité géographique. En tant que mobilité enracinée, la translocalité doit être distinguée des autres catégories de mouvements humains comme les déportations massives et la réinstallation des réfugiés par l’État qui sont du forcing et ne laisse pas le choix à l’acteur. Or la translocalité implique certains privilèges à l’acteur et non accessible à tous comme le choix de se déplacer et de maintenir des liens solides avec les personnes à domicile/communauté d’origine.

Ainsi, Velayutham et Wise (2005) ont publié un article dont l’objectif vise à explorer les dimensions translocales d’un village rural du Sud de l’Inde. Ils abordent la translocalité dans le contexte du village. Ils partent de la notion « village translocal » qu’ils perçoivent comme un sous ensemble théorique distinct de la grande catégorie transnationalisme et démontrent comment le lieu (village) entretient des relations sociales étendues mais circonscrites par économie morale affective dans laquelle se reproduisent des relations de parenté. La morale élaborée par le village, l’économie étendue au-delà des frontières est ce qui donne sens à la notion village translocal. En d’autres termes, ils décrivent le village translocal par un ensemble de relations et d'activités sociales de type villageois qui se sont formées parmi les migrants transnationaux dans le pays d'accueil et qui reflètent les relations du village d'origine.

Par ailleurs, Brian et al . (2016) s’écartent de cette vision du village translocal comme étant un sous ensemble théorique du transnationalisme. Pour eux, la translocalité appliquée au village met un accent sur les relations quotidiennes qui permettent d’envisager la quotidienneté des réseaux et des échanges matériels, familiaux, sociaux et symboliques qui relient les lieux.

Quant à Duplan (2016), dans une approche critique de mobilités et des migrations ainsi que des études sur le genre et les sexualités, il souligne que les pratiques translocales s’agencent de façon multiscalaire en un mode de vie dans la mobilité.

En outre, McGarrigleet et Ascensão (2017) pour leur part, dans le cadre de leurs travaux sur la translocalité ou les pratiques translocales, montrent qu’un accent est mis sur la relationnalité des multiples échelles avec une concentration des connexions socio-spatiales. Ces connections émergent et interagissent pendant toute la période migratoire. Autrement dit, ce sont les liens entre les zones de départs et les milieux d’accueil des migrants qui sont mis en évidence.

Selon Etzold (2017), la translocalité n’est pas un phénomène, mieux, un fait acquis automatiquement par la migration. Un espace translocal doit se construire par des pratiques translocales. Pris dans un sens bourdieusien, les pratiques translocales sont les pratiques sociales des migrants anciens et actuels et des personnes non mobiles qui vont d’un lieu à l’autre et relient ainsi différentes localités dans un même champ social. Ces pratiques translocales sont composées d’actes de mobilité humaine (migration permanente ou temporaire, voyage d’affaire et déplacement), d’actes de communication (partage d’information, d’idées et de croyances), d’actes de circulation des ressources (argent et artefacts) et d’actes d’investissements dans les réseaux translocaux (création de liens sociaux à travers l’espace). La migration rurale-urbaine est le premier pas vers la vie translocale car ceux qui quittent le village vers les villes laissent dernière eux une famille et partent à la recherche de travail. Ils retournent au village pour des raisons familiales, pour des festivités ou pour aider la famille dans les récoltes. Ainsi s’établissent les schémas circulaires de la mobilité car les migrants ne vivent pas dans un seul endroit.

En ce qui concerne l’Afrique subsaharienne dont le Burkina Faso fait partir, Steinbrink et Niedenführ (2020) pensent qu’il existe des modèles de « migration par étapes » dans lequel les gens des zones rurales souvent migrent premièrement vers les centres urbains plus petits à proximité, puis vers les villes plus grandes et plus lointaines. C’est le cas par exemple au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Gabon, au Mali et au Sénégal. Ce système s’explique par le développement des réseaux translocaux. Les auteurs décrivent le processus de translocalisation en trois grandes étapes :

- La phase 1 est consacrée à l’expansion translocale par des « migrants de travail typiques ». Par cette étape, les migrants, qualifiés de pionniers, essentiellement des migrants de travail, maintiennent les liens sociaux avec des parents et amis dans la région d'origine. Ils sont principalement des jeunes et des hommes qui partent pour des motifs d’emploi. Ils construisent ainsi de réseaux translocaux et préparent le terrain pour les potentiels futurs migrants ;

- La phase 2 est la c onsolidation du réseau. À cette deuxième phase, les pionniers servent de points de contact pour d'autres migrants de la zone d'origine. À cette étape aussi, la migration de main-d'œuvre reste toujours le principal mode. Les nouveaux demandeurs d’emploi utilisent les réseaux translocaux existants (de la phase 1) afin de réduire les risques liés à la migration. Par ces réseaux, les pionniers facilitent aux nouveaux arrivants, l'accès au logement et la recherche d'emploi. Ici, prédomine la migration des jeunes masculins ;

- La phase 3 est la m aturation du réseau translocal. Lorsque les réseaux translocaux sont créés et consolidés, on assiste souvent à la migration des autres membres du ménage. À cette étape, les motifs de cette migration sont divers. Il s’agit de la recherche d’emploi, la migration féminine, soit pour le travail, soit pour chercher de partenaire ou s’occuper des membres du ménage dans le milieu urbain, comme les enfants. Aussi, on assiste à la migration des enfants (aspect peu étudié dans la translocalité) qui sont envoyés dans les écoles en milieu urbain chez les membres du ménage. Pour maintenir le lien avec la zone d'origine et pour stabiliser des liens translocaux, les migrants reviennent régulièrement dans leur milieu d’origine, souvent lors des célébrations (en cas de décès, rituels comme des mariages, les baptêmes) ou par des simples visites. Revenir est considéré comme un impératif moral et / ou obligation sociale pour les migrants. L’utilisation des téléphones mobiles, notamment disposant de l’internet constitue le nouveau moyen de communication afin de renforcer les réseaux sociaux.

En dehors des travaux sur les corridors de la mobilité translocale, et des moteurs, pratiques, structures et processus des systèmes de mobilité translocale dont nous avons présenté la synthèse de la littérature, dans cette partie nous abordons également les impacts des systèmes de mobilité translocale et le développement rural.

2.3. Impacts des systèmes de mobilité translocale et développement rural

Compte tenu de l’origine anglo-saxonne du concept de translocalité, la mobilité translocale dans notre contexte (francophone) peut être appréhendée sous l’angle des migrations transfrontalières ou internationales ou encore transnationales afin de cerner l’impact sur le développement rural, bien que la translocalité soit considérée par Jacobs & Etzold (2020) comme étant plus complète et une version ancrée du transnationalisme.

Pris dans cette logique, les travaux de Zongo (2003) indiquent que même les émigrés qui se sont installés définitivement dans leur pays d’accueil n’ont pas rompu les liens avec leur milieu d’origine. Ils font des visites régulières et certains y reviennent se marier. Lors de leur visite au village natal, même s’ils investissent peu dans les activités rémunératrices, ils aident les parents avec l’équipement agricole (charrue, charrette, âne, etc.). Une minorité de migrants arrive à construire des maisons d’habitation. Le seul investissement économique que le migrant réalise est l’achat de bétail que la famille pourrait utiliser pour résoudre d’éventuels problèmes après son départ.

En 2011, l’auteur (Zongo) a en outre publié sur la migration, diaspora et développement au Burkina Faso. Selon lui, dans la dynamique de maintien des liens avec les zones natales, l’émigré est perçu comme un acteur du développement et joue un rôle de bailleur par les biais des transferts de fonds et des investissements dans l’immobilier. Cela témoigne le rôle des émigrés dans le développement des zones de départ.

Greiner (2011) explique quant à lui que, la migration et les réseaux ruraux-urbains sont essentiels à la subsistance de nombreuses personnes en Afrique sub-saharienne. Les envois en argent ou en nature constituent un complément de revenu, améliorent la sécurité alimentaire et permettent d'accéder à des ressources viables tant dans les zones rurales que dans les zones urbaines. La migration permet ainsi aux ménages concernés de bénéficier des écarts de prix entre zones rurales et urbaines. Les résultats de ses travaux démontrent que les réseaux ruraux-urbains non seulement contribuent à réduire la pauvreté et à améliorer la sécurité, mais également renforcent la stratification socio-économique en Namibie. À l'aide de données ethnographiques de Namibie, l'auteur a adopté une perspective translocale de la migration et de la stratification, en se concentrant sur l'impact qui en résulte dans les zones rurales où des formes urbaines modernes de stratification, induites par l'éducation et les revenus du travail salarié sont en augmentation. En ce qui concerne la diversification des moyens de subsistance, la migration est perçue comme une stratégie centrale pour diversifier les sources de revenus des ménages et accéder aux ressources qui ne sont pas disponibles localement. Ainsi, la translocalité fait référence à la dynamique, aux liens et aux interdépendances de l’espace social multidimensionnel reliant les zones d’origine et de destination des migrants. L’auteur distingue trois champs distincts dans l’analyse de la translocalité :

- L’intégration multilocale des acteurs, des ménages, des communautés ou des régions, décrite comme une « connexion triadique » qui relie les migrants à leur domicile et leurs communautés d'accueil ;
- Les divers liens et réseaux concrets reliant ces unités à travers les différentes localités ;
- L’étude des interdépendances et des impacts locaux.

Selon toujours les travaux de Greiner (2011), concernant la pratique de la translocalité en Namibie, l'organisation translocale se traduit par la distribution des âges. La plupart des adultes valides vivent dans des villes, tandis que la population rurale se compose principalement d’enfants d’âge préscolaire et de retraités. Aussi, les parents urbains envoient souvent leurs enfants grandir avec leurs grands-parents dans les milieux ruraux. Les populations rurales et urbaines sont reliées par des réseaux de transfert durables. Pendant leur séjour en tant que citadins, la plupart des migrants entretiennent des relations très étroites avec leurs parents restés dans les milieux ruraux. Ces liens se caractérisent essentiellement par des envois de fonds afin de subvenir aux besoins de leur famille rurale. Hormis, les transferts financiers, les envois en nature comprennent généralement des produits moins chers et plus faciles d’accès dans les zones urbaines, notamment les produits d’épicerie, des articles ménagers et des articles liés à l’élevage. En retour, les ménages ruraux fournissent à leurs proches urbains des produits chers dans les zones urbaines tels que la viande, des produits laitiers et, dans certains cas, de l’argent généré par la vente de bétail. Ils fournissent également des services importants tels que le placement en famille d’accueil des enfants, les soins aux membres malades de la famille et la garde du bétail et d’autres biens appartenant aux citadins. Et pour ce qui est de l’utilisation des envois de fonds, l’argent gagné dans les emplois urbains est investi dans l’amélioration des maisons familiales rurales.

En Afrique Centrale, Page (2011) part du paysage de Bali Nyonga (une ville au Cameroun) pour montrer le rôle des migrants translocaux dans le développement des zones de départ. Le développement de cette localité est l’œuvre des générations de migrants qui sont revenus avec l’argent et les idées pour investir dans l’immobilier qui constitue le tissu de cette ville. Chaque génération apporte de nouveaux styles architecturaux et de nouveaux matériaux et s’engage auprès des résidents immobiles.

Pour revenir en Afrique de l’Ouest où est situé le Burkina Faso, Oltmer (2015) souligne que dans cet espace, la migration est considérée comme un moyen de diversification du revenu, et par là un moyen de réduction du risque de pauvreté des familles, grâce à des envois de fonds. Malgré, les avantages importants des envois de fonds pour les ménages ruraux, des désavantages importants surviennent lorsque les opportunités d'éducation des enfants ne sont pas prises au sérieux ; le risque de pauvreté est donc hérité. En termes d’ estimation, quand bien même qu’un montant exact ne peut être déterminé en raison de l'informalité des transactions au Burkina Faso, les moyens informels d’envois de fonds représentent 30 à 40% de tous les envois. En ce qui concerne les moyens de transaction des fonds, en plus des transferts légaux, les migrants remettent les fonds à leurs amis qui reviennent dans sa région d'origine, des sommes parfois énormes, afin d'éviter les frais élevés des sociétés de transfert d'argent. Les envois de fonds aident de deux manières à atténuer le problème du chômage. D'une part, les migrants ont eux-mêmes du travail, et d'autre part, ils créent des emplois dans leur région d'origine grâce à l'augmentation des ressources et de la consommation. Les envois de fonds contribuent à réduire le taux de chômage dans la région. Il faut noter que les migrants ont créé du travail. Aussi, l'augmentation des ressources et de la consommation dans la région a permis la création d’emploi. En plus de ces avantages, le transfert de technologies et de « transferts sociaux peut être cités car de nouvelles idées, valeurs et pratiques sont observées dans la région de l’est du Burkina Faso (région caractérisée par la migration des Bissa vers l’Italie). Des usines de transformation de tomates sont mises en place sur le modèle italien. D'autres formes de vie semblent également avoir émergé dans la région. L’auteur précise également qu’en matière de migration des enfants, les garçons sont plus nombreux dans le contexte des migrations transfrontalières, tandis que les filles prédominent dans les déplacements à l’interne du pays.

Toujours en Afrique de l’Ouest, Dabiré (2016), dans le rapport de l’Organisation internationale pour les migrations souligne que dans la même perspective de maintien de lien et de transfert de fonds dans les zones de départ, l’on découvre que :

Ces transferts monétaires participent à la réduction de la pauvreté, particulièrement en milieu rural, car, même si une tendance à utiliser les transferts dans des secteurs productifs se décline, une grande partie est destinée aux ménages des migrants. En effet, selon les données de la BCEAO sur un total de fonds régulièrement reçus de 24 694 054 736 FCFA, 42 % sont affectés à l’investissement dont 25,7 % pour le seul secteur de l’immobilier, le reste étant destiné à la consommation courante (37,3 %), l’éducation (15 %) et la santé (2,2 %) (Dabiré, 2016, p. 50-51).

Plus récemment, Steinbrink et Niedenführ (2020) ont dans leurs travaux analysés les impacts des systèmes de mobilité translocal sur trois dimensions (économique, sociale et écologique). En ce qui concerne la dimension économique, la mobilité translocale a principalement des causes économiques. Le manque d'opportunités d'emploi, notamment non agricoles dans les milieux ruraux, la migration de la main-d'œuvre constitue une impérative. Elle est considérée comme un moyen de diversification du revenu des ménages. Pour soutenir les membres de famille, restés dans les zones de départ, les migrants transfèrent aussi bien des ressources financières que des ressources matérielles. Ces envois de fonds peuvent avoir des effets économiques positifs (directs et indirects) sur les régions d'origine des migrants :

- Ils contribuent directement à l'amélioration du niveau de vie des bénéficiaires ;
- L’augmentation du pouvoir d'achat des bénéficiaires peut renforcer les conditions économiques dans les régions d'accueil à travers les investissements des capitaux supplémentaires dans des activités agricoles ou non agricoles ;
- Ils amplifient les disparités socio-économique.

Ainsi, la majorité des envois de fonds ne sont pas investis dans des « actifs productifs » mais utilisés directement pour sécuriser ou améliorer le niveau de vie des bénéficiaires. En plus des envois de fonds, on note également du changement dans la division de travail dans les milieux ruraux. En effet, la pénurie de main-d'œuvre familiale induite par la migration rurale-urbaine a entraîné une réduction de la capacité agricole.

Selon toujours Steinbrink et Niedenführ (2020), dans la dimension écologique , il y a peu d’attention scientifique. Les résultats empiriques sont très divergents sur les effets des migrations sur les conditions environnementales dans les zones rurales d'origine (besoin de plus de recherche). La d imension sociale quant à elle regroupe l’éducation, le genre et la santé.

En somme, les données de la littérature en rapport avec les facteurs, processus et impact de la mobilité translocale abordée dans cette seconde partie a permis de passer en revue les corridors de la mobilité translocale, les moteurs, pratiques, structures et processus des systèmes de mobilité translocale et des impacts des systèmes de mobilité translocale et développement rural. La troisième partie est consacrée à la gouvernance et la mobilité translocale durable au Burkina Faso.

3. GOUVERNANCE ET MOBILITÉ TRANSLOCALE DURABLE AU BURKINA FASO

Selon nos investigations, il existe très peu de travaux sur la gouvernance et la mobilité translocale durable au Burkina Faso si bien que la synthèse presentée dans cette partie provient essentiellement des travaux de Dabiré (2016) dans le cadre du rapport de l’Organisation internationale pour les migrations intitulé ‘‘Migration au Burkina Faso : profil migratoire’’.

D’après ce rapport, les migrations quelles que soit leurs natures ou leurs formes font partie intégrante de l’histoire du monde entier et de son peuplement. Historiquement, le champ de la migration connait une évolution dans la dimension conceptuelle et cela fait qu’on a diverses formes de migrations : migration rurale-urbaine, urbaine-rurale ; migration interne et externe, migration transfrontalière ; migration internationale ; migration transnationale et aujourd’hui la mobilité translocale. Un concept anglo-saxon plus récent dans lequel sont ensachées les autres formes de migration sauf qu’un accent est mis sur les lieux et les interactions et interrelations entre ces lieux : le réseau relationnel. La nouveauté du concept fait que la gouvernance ou les politiques de migration dans un contexte burkinabè seront autour des migrations d’une manière générale. Elles vont des indépendances à nos jours.

La première tentative gouvernementale dans l’organisation des migrations remonte aux lendemains des indépendances avec la signature de conventions entre le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Gabon et le Mali. Des conventions qui se solderont par un échec et feront nourrir au Burkina Faso, l’idée d’une politique d’interdiction de l’émigration. Une politique qui sera soutenu en 1981 par le Comité Militaire pour le Redressement et Progrès National (CMRPN) avec l’instauration d’un visa de sortie pour se rendre à l’étranger. Mais ne mettra pas fin aux migrations et sera source de migrations irrégulières. En 1983, le pays va penser à des politiques qui ont pour but d’atténuer les facteurs permissifs de l’émigration par la mise en place des programmes spécifiques pouvant maintenir ceux qui ont un désir prégnant d’émigrer par faute de travail. Parmi ces programmes figurait le programme d’aménagement hydro-agricole intitulé : Aménagement des vallées des voltas (A.V.V), le programme national de gestion des terroirs (PNGT). À ces programmes s’ajoute la politique de développement des villes secondaires.

Face aux échecs successifs des conventions, une stratégie nationale de migration a été élaborée. Ces échecs ont aussi fait que la politique d’intégration régionale s’avère une alternative plus prometteuse en termes de gestion des migrations. Ce faisant, au sein des cadres de regroupement comme l’Union Économique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA) au plan sous-régionale et la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) au plan régionale, la libre circulation des personnes et des biens est le principe fondamental mis en exergue par des traités.

CONCLUSION

D’une manière globale, la présente revenue de littérature sur la translocalité nous a permis de mieux appréhender les notions de migration, d’urbanisation et de changement environnemental, des facteurs, des processus et impacts de la mobilité translocale et dans une faible mesure la question de la gouvernance et mobilité translocale durable au Burkina Faso.

Le schéma ci-après permet de synthétiser cette recherche sur le concept de la translocalité.

Figure 2 : Cadre conceptuel du concept de translocalité.

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Source : Adapté de Black et al. (2011) et Steinbrink & Niedenführ (2020).

Selon le schéma ci-dessus, la décision de migration peut intervenir à deux niveaux (macro et micro).

Au niveau macro, les facteurs économiques comprennent les opportunités d'emploi et les écarts de revenus entre les lieux (origine et destination). Quant aux facteurs politiques, ils sont composés entre autres des conflits, de la sécurité, de la discrimination et de la persécution. Les facteurs démographiques sont composés non seulement de la taille et la structure des populations dans les milieux d'origine, mais aussi de la prévalence des maladies qui affectent la morbidité et la mortalité. Comme moteurs sociaux, il s’agit de la recherche d'opportunités en matière d’éducation et des attentes familiales ou culturelles. Enfin, les facteurs environnementaux de la migration sont l'exposition aux aléas géophysiques et climatiques ainsi que la disponibilité des services écosystémiques. Il s’agit de la multi causalité et la dimensionnalité des mouvements de la population. Pour Suhrke et Hazarika (1993), le changement de l'environnement est considéré comme une variable contextuelle qui affecte la situation économique, de risque et social du migrant. L'effet peut être ressenti au niveau de l'individu, de la communauté ou, peut-être, d'une nation entière. Selon les minimalistes, la décision de migrer a un caractère multidimensionnel et que la migration peut être considérée comme une stratégie d’adaptation des ménages face aux impacts du climat. (Renou et Diallo, 2014).

Au niveau des ménages (micro), la migration est considérée comme un moyen de diversification du revenu des ménages (Steinbrink et Niedenführ, 2020). La mobilité translocale a principalement des causes économiques. Face au manque d'opportunités d'emploi, notamment non agricoles dans les milieux ruraux, la migration de la main-d'œuvre constitue une impérative. Pour ce faire, le processus de translocalisation se résume en trois grandes étapes : expansion du réseau, la consolidation et la maturation. Lorsque ce processus est lancé, il y a échange entre le milieu rural et le milieu urbain. Ces échanges concernent aussi bien les flux financiers, les biens en nature, les modes de vie que les personnes.

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Titre
Migrations au Burkina Faso. Comprendre le concept de la translocalité
Note
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Auteurs
Année
2021
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N° de catalogue
V1172391
ISBN (Livre)
9783346584472
Langue
Français
mots-clé
Migrations, Translocalité, Burkina Faso
Citation du texte
Vincent ZOMA (Auteur)Komi Ameko Azianu (Auteur)Abdoul-Kader Minoungou (Auteur)Hubert Bonayi Dabiré (Scientific editor), 2021, Migrations au Burkina Faso. Comprendre le concept de la translocalité, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1172391

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