L'effet de l'entraînement de la force avec périodisation linéaire sur l'amélioration de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieurs chez les jeunes footballeurs


Thèse de Master, 2014

73 Pages


Extrait

SOMMAIRE

Dédicace

Remerciement

Sommaire

Liste des figures

Liste des tableaux

Liste des graphiques

Liste des abréviations

I- Introduction
1. But de la recherche
2. Problématique
3. Hypothèse

II- Revue de la littérature
1. Analyse de l'activité du football
2. La force
2.1.Structure générale du muscle squelettique
2.2. Les différents types de fibres
2.3. Les différents modes de contraction
2.3.1. Le travail isométrique
2.3.2. Le travail concentrique
2.3.3. Le travail excentrique
2.3.4. Le travail pliométrique
2.3.5. Synthèse
2.4. Le calcul de répétition maximale (RM)
2.5. Les différents types de force:
2.5.1. La force maximale
2.5.2. La force vitesse
2.5.3. La force endurance
2.6. Les différents objectifs
2.6.1. Le gain d'endurance
2.6.2. Le gain de volume
2.6.3. Le gain de force maximale
2.6.3.1 Les méthodes de développement de la force maximale
2.6.3.1.1. Méthode des efforts maximaux
2.6.3.1.2. Méthode des efforts répétés
2.6.3.1.3. Méthode des efforts dynamiques
2.6.3.1.4. Méthode de la pyramide
2.6.3.1.5. Méthode d'électrostimulation
2.6.4. Le gain de puissance
2.6.5. Synthèse
2.7. La force en football
2.8. La force chez l'adolescent (2ème phase pubertaire)
3. La périodisation
3.1. Définition
3.2. La périodisation linéaire

III- Méthodologie de la recherche
1. Rappel du but de la recherche, de la problématique et de l'hypothèse:
1.1. Buts de la recherche :
1.2. Problématique
1.3. Hypothèses
2. Sujets
3. Protocole expérimentale
4. Mesures anthropométriques
Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten
5. Les tests physiques
5.1. L'évaluation de la condition physique au soccer
5.1.1. Tests de vitesse
5.1.2. Squat jump, Counter mouvement jump et Drop jump
5.1.3. Test de 1RM
5.1.4. Tests d'agilité sans et avec ballon
5.1.4.1. Test d'agilité de 15m (Mujika 2007)
5.1.4.1.1. Sans ballon
5.1.4.1.2. Avec ballon
6. Plan d'entrainement
7. Méthodes statistiques
7.1. La moyenne arithmétique
7.2. La variance
7.3. L'écart type
7.4. La valeur minimale et maximale
7.5. Les moyennes de progression

IV- Résultats
1. Présentation des résultats des deux groupes dans les différents tests
2. Variations des résultats en pourcentages chez les deux groupes

V- Discussion
1/ Effet de l'entrainement sur la force maximale
2/ Effet de l'entrainement sur la vitesse, l'agilité et la détente verticale

VI- Conclusion

VII- Bibliographie
1/ Articles scientifiques
2/ Thèses, mémoires et ouvrages

Liste des figures

Figure 1: Modèle simplifié de deux sar comère s disposés en parallèle. (Modifiée d'après Horowits et coll., 1989).

Figure 2: Muscle relâché (Modifiée d'après Huxley, 1954)

Figure 3: Muscle contracté (Modifiée d'après Huxley, 1954)

Figure 4 : Recrutement des différents types de fibres en fonction de la charge imposée. (D'après Costill, 1980)

Figure 5: Représentation schématique du test d'agilité de 15 m (Mujika 2007)

Liste des graphiques

• Graphique 1: Variations en pourcentage des performances de la force maximale chez

• Graphique 2: Variations en pourcentage des performances de la détente verticale chez les deux groupes

• Graphique 3: Variations en pourcentage des performances de la vitesse chez les deux groupes

• Graphique 4: Variations en pourcentage des performances de l'agilité chez les deux groupes

Liste des tableaux

• Tableau 1 : Demande physique lors de la saison 2005/2006 de football de Ligue 1 .HI=Haute Intensité (Dellal et al. 2010)

• Tableau 2 : Distance couverte (m) aux différentes allures en fonction des postes pour des joueurs internationaux, et nombre de sprint effectué, au cours d'un match

• Tableau 3: Recommandations pratiques pour l'entrainement de la force (Faigenbaum et al. 2009)

• Tableau 4: Recommandations pratiques pour l'entrainement de la puissance (Faigenbaum et al. 2009)

• Tableau 5 : Synthèse des modalités d'entraînement en fonction des objectifs

• Tableau 6: Modèle de périodisation linéaire Fleck et Kramer (1997)

• Tableau 7 : Caractéristiques de la population d'étude

• Tableau 8 : Equation de Durnin et Womersley

• Tableau 9 : Programme d'entrainement étalant sur 12 semaines.

• Tableau 10: Répartition des exercices à chaque séance d'entrainement.

• Tableau 11 : Performances de force maximale chez les deux groupes

• Tableau 12 : Performances de détente verticale chez les deux groupes

• Tableau 13: Performances de vitesse chez les deux groupes

• Tableau 14: Performances d'agilité chez les deux groupes

Liste des abréviations

G.Exp. = Groupe expérimental

G.Con. = Groupe de contrôle

V = Variance

P = Signification

RM = Répétition maximale

SJ = Squat jump

CMJ = Counter mouvement jump

DJ = Drop jump

Perf. = Performance

MB = Medecine-ball

Min = Minutes

IMC = Indice de masse corporelle

SEC = Seconde

I-INTRODUCTION:

Le football est un sport qui connait sans cesse une réputation de plus en plus populaire ayant un caractère presque totalitariste par rapport aux autres sports. Il engendre par conséquent une place sociale assez distinguée marquant la fierté et la vertu des clubs et des nations.

Comme tout autre sport, le soccer n'est pas une science, mais la science peut aider à améliorer la performance des joueurs (Stolen et al. 2005 ). Sur les deux décennies passées, le soccer a apparu comme le sport le plus populaire dans le monde avec une augmentation significative de participation. Hommes, femmes et enfants, avec différents niveaux d'expertise, pratiquent cette activité. Une enquête faite par la Fédération internationale des associations de football (FIFA) en 2006 a montré qu'autour de 4 % de la population mondiale sont directement impliqués soit comme, joueurs (265 millions), arbitres ou fonctionnaires (Althoff et al. 2010 ).

En termes de science, le soccer a fait l'objet de plusieurs recherches. Les spécialistes ont mené leurs études de différents angles que ce soit sur terrain ou en dehors. Ils ont étudié la performance au cour des matchs et aux entraînements (Stolen et al, 2005 ; Bangsbo et al. 2006 ). Avec l 'évolution des pratiques suite aux nouvelles méthodes d'entraînement, la science a été incorporée à une mesure plus grande dans la planification et l'exécution des entraînements (Bangsbo et al. 2006 ).

Les qualités techniques, tactiques et psychologiques des joueurs sont dépendantes de leurs capacités physiques. Le soccer est une activité qui implique autant des actions aérobiques qu'anaérobiques. La demande physiologique imposée aux joueurs pendant les matchs et les entraînements ont fait le sujet de recherches des dernières décennies (Osgnach et al. 2010 ). Le soccer moderne exige une vaste gamme de demandes physiques sur les joueurs pendant le match.

Outre la puissance aérobie et la capacité à supporter une haute utilisation fractionnaire de cette dernière (Hoff et al. 2004 ), le joueur de soccer a besoin d'une rapidité explosive et d'une vitesse de course décisive tant dans la défense que dans l'attaque. Durant le match, le joueur exécute en moyenne une distance de 0.35 km à la première mi-temps et 0.30 km à la deuxième mi-temps en sprint (Mohr et al. 2003 ).

La puissance, la détente et l'agilité sont souvent importantes dans les moments critiques du jeu. Canavan (2004 ) mentionne que la puissance des membres inférieurs, et en particulier la détente verticale, est considérée comme un élément crucial pour la performance athlétique. La force et la puissance partagent l'importance avec l'endurance dans le soccer de haut niveau.

Il a été montré, au cours d'un match de football, que le joueur ne fait pas uniquement beaucoup de course, mais aussi réalise toutes sortes d'activités de force. En effet, il s'agit d'un travail spécifique du football, comme les duels, les tacles glissés, les sauts pour les coups de tête, les tirs, les passes, les contrôles, les feintes.

Pour accomplir ce travail spécifique du FB, le joueur a besoin d'une force musculaire au niveau du train supérieur (duels pour récupérer le ballon, couverture, coup de tête, rentrée de touche.), et du train inférieur (tacles, sauts, tirs, passes.).

Il existe une relation entre la force musculaire et les blessures. Les joueurs puissants présentent moins de blessures que les joueurs peu solides.

L'entraînement de la force est aussi important pour la prévention des blessures que pour la reproduction de blessures. Une période prolongée d'inactivité, suite à une blessure, affaiblit considérablement les muscles.

Le soccer est donc un sport complexe et la performance dépend de plusieurs facteurs, tels que les facteurs psychologiques, la technique des joueurs, la tactique de l'équipe et la forme physique. Dans notre étude, nous cherchons à améliorer ce dernier aspect par le biais d'un entraînement de force étalant sur 12 semaines avec périodisation linéaire.

Depuis quelques décennies, la périodisation des entraînements s'est imposée comme la manière la plus efficace dans la gestion des entraînements, l'anticipation des progrès (et donc l'observation des qualités limitant la progression d'un athlète). (MATTHEW et al. 2011) Néanmoins, à l'inverse d'une programmation non périodisée, la rigueur dans la mise en place et l'exécution des entraînements en cycle impose une vision à long terme, pouvant engendrer une absence de progression que l'entraîneur observe au dernier moment, créant un état d'urgence préjudiciable aux performances.

La périodisation linéaire amène à répéter sur des périodes plus ou moins longues des entraînements travaillant les mêmes qualités avec une augmentation de l'intensité parallèlement à la baisse du volume. (MATTHEWet al. 2011).

Nous allons donc appliquer ce type de périodisation dans un programme de force de 12 semaines et par la suite déterminer leurs effets sur la performance physique du jeune footballeur.

1. But de la recherche :

Le but de cette étude était de déterminer l'effet de l'entraînement de la force avec périodisation linéaire sur l'amélioration de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieurs chez les jeunes footballeurs.

On va aussi vérifier l'équation de Wong et al. (2010) qui permet de faire la prédiction de 6RM du "leg press" à partir de 6RM de "back squat".

Vers la fin de notre étude on va comparer notre étude qui repose sur la périodisation linéaire avec d'autres études qui utilisent le même type de périodisation.

2. Problématique :

L'évolution des contraintes physiques du sport de haut niveau a engendré des modifications de l'entrainement technique, tactique et physique . Baboult et al. (2008)

Sur le plan physique, il n'est plus à démontrer l'importance de la force et de son action sur le rendement du footballeur. Cette amélioration est tributaire de plusieurs facteurs tel que l'endurance musculaire, l'hypertrophie, la force maximale et la puissance.

Nous nous confrontons, suite à cette confirmation à des interrogations majeures ;

" Est ce que les améliorations de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieures chez le jeune footballeur ont plus ou moins influencées par l'entrainement de la force en utilisant la périodisation linéaire ? "

"Est ce que la durée de 12 semaines de travail de force avec 3 semaines à chaque phase est réellement suffisante pour assurer un bon développement des performances mesurées?"

3. Hypothèses :

- Les performances de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieurs du jeune footballeur vont être très améliorées suite à 12 semaines d'entrainement de la force avec périodisation linéaire.
- La durée de 12 semaine de travail de la force avec 3 semaines pour chaque phase (endurance musculaire, hypertrophie, force maximale et puissance) est suffisante pour améliorer les performances mesurées.

II- Revue de la littérature

1. Analyse de l'activité de football:

L'analyse de l'activité physique du footballeur durant un match, a été effectuée par de nombreux auteurs, ce qui permet d'avoir une littérature scientifique assez riche sur ce sujet, avec une forte croissance du nombre de publications au fil du temps.

Effectivement, de nombreux scientifiques se sont intéressés à l'évaluation des implications physiques et techniques au cours d'un match, et l'évolution des technologies (cardiofréquencemètres, Global Positionning System (GPS), systèmes d'analyse de mouvement tel que Amisco ou ProZone, accéléromètres.) a permis de créer des analyses de plus en plus fines et fiables au cours du temps.

Nous nous concentrerons, lors de cette analyse de l'activité, aux recherches les plus récentes, afin de coller au plus près de l'effort physique du footballeur moderne. Effectivement, bien que certaines analyses de l'activité aient débuté dès les années 1950 (Winterbottom et al.1953) le football est un sport en perpétuelle mutation, et cette donnée doit être prise en compte afin d'actualiser de façon permanente les techniques d'entrainement.

Ces analyses permettent aux staffs techniques d'orienter l'entraînement au plus près des exigences des matchs, de la réalité du terrain, et de spécifier et individualiser les séances en fonction des exigences des différents postes occupés sur le terrain (Jones et al. 2013)

Chaque joueur effectue, durant un match, une distance totale comprise entre 8 000 et 13 000 mètres en moyenne (Dellal et al.2010 , Clemente at al. 2013 , Dellal et al. 2011 ), la charge aérobie lors d'un match est approximativement estimée à 75% de la VO2max, et le stress cardio- vasculaire provoqué par l'activité physique du footballeur induit une fréquence cardiaque (FC) moyenne de l'ordre de 80 à 90% de la FCMax (St0len et al. 2005).

Ces données trop générales représentent des chiff res non exploitables dans l'entraînement de par leur globalité. Ceci ne pourra servir que de tendance à l'entraîneur, car ces données seront inutiles dans le calibrage des séances.

Par conséquent, une analyse plus qualitative doit être établie afin d'orienter plus précisément l'entraînement. Les études récentes démontrent que durant un match, l'activité des joueurs varie en fonction des postes de jeu (Table 1& 2) (Dellal et al.2010 , Clemente at al. 2013 , Dellal et al. 2011 ) et des organisations technico-tactiques inhérentes à la culture de chaque championnat (Sarmento et al. 2011) et aux consignes de chaque staff (Dellal et al. 2011).

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Table 1. Demande physique lors de la saison 2005/2006 de football de Ligue 1 .HI=Haute Intensité (Dellal et al. 2010)

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Table 2. Distance couverte (m) aux différentes allures en fonction des postes pour des joueurs internationaux, et nombre de sprint effectué, au cours d’un match

Ces tableaux nous démontrent une différence de l'activité physique de chaque joueur en fonction des postes. Nous notons effectivement que la distance totale parcourue ainsi que les distances totales effectuées en sprint et en course haute intensité (HI) varient en fonction des postes occupés.

Le match de football est composé aussi d'efforts explosifs répétés. Ils représentent 5% de l'ensemble des efforts, mais s'avèrent déterminants durant un match (sauts, accélérations, freinages, changement de direction, tirs, duels etc).

On observe 150 à 200 actions individuelles composées essentiellement en:

- 15 à 30 sauts
- 30 à 50 duels
- 10 à 15 tacles

De plus, lors d'un match de football, il y a entre 1000 et 1200 changements de directions et d'allures avec une moyenne de 50 changements de direction par joueur.

La durée moyenne des accélérations, liées à ces changements de directions et d'allures, est comprise entre 2 et 3 s (15 m).

Les actions décisives sont précédées d'accélérations, de sprints, de sauts, de frappes et de changements de directions.

Dès lors, la conclusion suivante s'impose: La force , la vitesse, l'agilité et la détente verticale constituent des qualités physiques primordiales pour la performance en football.

2. La force:

Selon Zatsiorsky (1966) , la force est définie par "la capacité de l'homme de manifester par l'effort musculaire certaines valeurs de force, de vaincre (avec élongation ou raccourcissement du muscle), de maintenir (sans modifier la longueur des muscles) ou bien de céder (avec la modification de la longueur des muscles)."

Selon A.Lassoued (1984), "c'est la possibilité de l'organisme de soulever, de transporter, de pousser ou de tirer certains poids sur la base de contraction musculaire"

Selon Michel Pradet (1966), "En tant que propriété humaine, la force est la faculté de vaincre une résistance extérieure ou de s'y opposer grâce à la contraction"

Ainsi la musculation peut être appliquée dans un but de gain de force, de puissance, d'explosivité, d'endurance ou de volume. En fonction de l'objectif du pratiquant et afin d'avoir une bonne efficacité, le nombre de répétitions, la charge ou encore la vitesse du mouvement sont autant de paramètres qui sont à maîtriser Marsal & al. (2007) . De plus, différents modes de contraction existent, il faut donc choisir le ou les modes contractiles qui s'appliquent le mieux à la situation. Afin de faire le meilleur choix possible pour les joueurs, des connaissances sur les effets de chacun de ces modes sont nécessaires.

2.1. Structure générale du muscle squelettique:

L'élément fondamental du tissu musculaire strié est la cellule musculaire squelettique, responsable des mouvements volontaires et du maintien de la posture. Cette cellule est sous l'influence du système nerveux central, mais c'est l'agencement des différentes structures intracellulaires qui lui confère sa forme et sa fonction. La cellule musculaire est caractérisée par une striation transversale résultant de l'organisation axiale des myofibrilles qui forment des unités répétitives, les sarcomères (figure 1). Ceux-ci sont composés de filaments épais : la myosine et de filaments fins : l'actine. Les filaments fins et épais sont associés à d'autres protéines sarcomériques qui soutiennent l'architecture du sarcomère. Parmi celles-ci la titine relie le filament de myosine à la strie Z maintenant le bon centrage des filaments d'actine et de myosine. Cette dernière jouerait un rôle important dans l'élasticité de la fibre (en se comportant comme un ressort de décompression). La nébuline, de même longueur que le filament d'actine, s'insère sur la strie Z et conditionne la longueur d'assemblage de l'actine. La protéine Z et l'alpha-actinine sont aussi des protéines constitutives importantes puisqu'elles permettent d'accoler les filaments d'actine à la strie Z. Enfin, la desmine assure la connexion des stries Z entre eux et donc la stabilité de la structure de la fibre musculaire au niveau latéral.

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Figure 1. Modèle simplifié de deux sarcomères disposés en parallèle. (Modifiée d'après Horowits et al. 1989).

La contraction musculaire est permise grâce à l'interaction entre les filaments. La théorie qui prévaut actuellement pour expliquer comment les muscles créent des tensions internes est celle dite "des filaments glissants" développée par Hanson et Huxley (1954) . Elle stipule qu'une contraction musculaire de type concentrique est réalisée par le raccourcissement des fibres musculaires et résulte du glissement actif des filaments épais de myosine entre les filaments fins d'actine. Ce glissement a d'abord été mis en évidence par microscopie électronique. Par la suite, des grossissements plus poussés ont confirmé les premiers résultats comme le montre la figure 2 lors d'enregistrements réalisés au cours d'une contraction en raccourcissement de l'échantillon de fibres musculaires. C'est le degré de recouvrement qui informera sur les possibilités de production de force (nombres de ponts d'acto-myosine). Comme nous le verrons dans le chapitre suivant, des relations entre les grandeurs mécaniques ont pu être mises en évidence en condition statique pour une longueur de fibre musculaire donnée (relation force-longueur) ou un angle articulaire donné (relation force-angle) ou en condition dynamique à une vitesse de mouvement donnée (relation forcevitesse).

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Figure 2. Muscle relâché (Modifiée d'après Huxley, 1954)

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Figure 3. Muscle contracté (Modifiée d'après Huxley, 1954)

Le déplacement de la myosine sur l'actine est possible grâce à la formation de liaisons ou "ponts" formés entre ces deux molécules, en suivant un processus cyclique. Une molécule d'ATP se fixe sur la tête de myosine puis sera hydrolysée. Cette dernière va fournir l'énergie nécessaire à la bascule des têtes de myosine exerçant ainsi une traction sur les filaments fins pour les faire glisser. La régulation de la contraction musculaire est réalisée par une molécule associée à la molécule d'actine, la tropomyosine qui au repos masque le site de la liaison actine-myosine. La libération de ce site est sous l'influence des ions calcium initialement contenus dans les citernes du réticulum sarcoplasmique. L'influx nerveux, provoque une dépolarisation de la membrane plasmique qui s'étend le long des membranes du système tubulaire transverse. Cette dépolarisation va provoquer l'ouverture des canaux calcique par l'intermédiaire du système "dihydropyridine-ryanodine" entraînant la libération du calcium qui active la contraction musculaire. La force générée sera directement proportionnelle au nombre de ponts d'actine-myosine formés (taux de recouvrement entre les deux myofilaments), et selon la force extérieure qui s'oppose à la tension ainsi générée, il y aura ou non raccourcissement du muscle.

2.2. Les différents types de fibres :

Les muscles sont principalement composés de trois types de fibres. Les fibres de type I encore appelées fibres rouges ou fibres lentes sont les fibres les plus endurantes, ce sont celles qui développent le moins de force mais elles sont peu fatigables. Elles fonctionnent sur un mode oxydatif, c'est-à-dire aérobie : elles utilisent l'oxygène pour fabriquer leur énergie (ATP) et nécessitent donc un muscle bien capillarisé.

Les fibres de type II également appelées fibres blanches ou fibres rapides. Il en existe 2 types différents : les fibres IIa et IIb. Ces deux types de fibres fonctionnent principalement sur un mode anaérobie. Les fibres IIb sont celles qui développent le plus de force mais sont les plus fatigables. Les fibres IIa sont intermédiaires par rapport aux types I et IIb : elles sont relativement fatigables et développent une force modérée.

Lors d'une contraction musculaire, les différents types de fibres ne sont pas recrutés simultanément dès le début de l'exercice. Leur recrutement se fait selon l'intensité de la résistance avec un recrutement principal des fibres I pour une intensité faible (jusqu'à 50% de la RM) auxquelles vont se rajouter les fibres IIa (à partir de 50% de la RM) puis les fibres IIb (au-delà de 80% de la RM). Cet ordre de recrutement est cependant modifié lors d'une contraction intense explosive avec un recrutement prioritaire des fibres IIb (Gain & al. 2003a ). Cette chronologie de recrutement est illustrée sur le schéma suivant (figure 1).

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Figure 4 : Recrutement des différents types de fibres en fonction de la charge imposée. (D'après Costill, 1980)

2.3. Les différents modes de contraction:

2.3.1. Le travail isométrique:

La contraction isométrique est une contraction statique ce qui implique que le développement de la force s'effectue principalement dans la position angulaire de travail. Par conséquent cette position doit être judicieusement choisie en lien avec l'utilisation fonctionnelle du muscle, ou le renforcement isométrique devra être effectué successivement à différentes positions (Gain & al. 2001 ; Bellaud & al. 2003 ; Gain & al. 2003a et 2003b ).

Ce mode de contraction est favorable au développement du volume musculaire (Gain et al. 2001 ; Bellaud & al. 2003 ; Gain & al. 2003a ; Vanbiervliet et al. 2008 ) et il permet de développer une force supérieure de 10% à la force maximale concentrique (Gain & al., 2003a ). Ses principaux inconvénients sont qu'il diminue la capillarisation intramusculaire, il est peu favorable à la vitesse de contraction (Gain & al. 2001 ; Bellaud & al. 2003 ; Gain & al. 2003a ) et ne permet pas le développement de la coordination intra et intermusculaire (Gain & al. 2001 ).

Finalement ce type de contraction semble peu fonctionnel et un entraînement musculaire en mode isométrique est répétitif et monotone pour le sujet (Bellaud & al. 2003 ). Son utilisation doit être modérée et couplée à d'autres modes de travail (Gain & al. 2001 ).

2.3.2. Le travail concentrique:

La contraction concentrique est un mode de travail dynamique du muscle dans lequel sa longueur se réduit et ses points d'insertion se rapprochent.

Il s'agit du régime de contraction qui développe le moins la force mais il présente l'intérêt de nécessiter un temps de récupération plus court. Il sollicite un grand nombre d'unités motrices ce qui le rend efficace à l'échauffement, mais cela implique également une grande consommation d'énergie (Gain et al. 2001 ; Gain & al. 2003a ).

2.3.3. Le travail excentrique:

Lors de la contraction excentrique, le muscle s'allonge et ses points d'insertion s'éloignent (Bellaud & al. 2003 ). Cette contraction part donc d'une course plutôt interne vers une course plutôt externe et l'action réalisée est alors une action de freinage d'une charge, comme par exemple la contraction quadricipitale excentrique lorsqu'un sujet s'accroupi pour retenir la charge qui est le poids de son corps.

Ce mode de contraction est celui qui développe le plus de force (30 à 50% de plus que la force maximale isométrique selon Gain). Il est peu consommateur en énergie métabolique et nerveuse est très efficace dans l'objectif de gain de force tout en n'entraînant que peu d'augmentation du volume musculaire (Gain & al. 2003a ). Toujours selon Gain, le renforcement musculaire en mode excentrique améliore la force également dans le mode concentrique à moyen et long terme (après restructuration des stries Z lésées par l'entraînement excentrique) .

Cependant, le mode excentrique doit être utilisé avec précaution car le risque de lésions musculaires est présent, notamment à vitesse rapide, alors que le travail à vitesse ralentie ne présente qu'un intérêt limité car peu fréquent dans les activités courantes (Bernard & al. 2008 ).

2.3.4. Le travail pliométrique:

Il s'agit d'une contraction excentrique suivie immédiatement d'une contraction concentrique. Ce mode de contraction est retrouvé dans les activités quotidiennes majoritairement sur les membres inférieurs : course, sauts ce qui rend cet entraînement proche de la fonction (Gain et al. 2001 ).

2.3.5. Synthèse:

Chaque mode de contraction présente ses avantages et ses inconvénients. En fonction du joueur, de son niveau et de ses objectifs, un mode sera préférentiellement choisi par rapport à un autre. Le mode de contraction utilisé au cours des exercices de renforcement musculaire sera donc lié aux objectifs .

D'une manière générale, le renforcement musculaire afin d'être optimal doit mêler différents modes de contraction afin d'utiliser au mieux les avantages et inconvénients de chaque type de contraction.

On peut alors imaginer un début de programme en isométrique, moins traumatisant, puis rapidement une progression vers le concentrique et enfin, lorsque le sujet se sent à l'aise, un renforcement excentrique et pliométrique .

Cependant les critères de chaque mode de contraction ne sont pas les seuls éléments à prendre en compte. En effet, il faut déterminer le mode de contraction fonctionnel du muscle dans les activités sportives. Le mode de contraction utilisé ensuite en entraînement sera le même afin de pouvoir transposer les acquis de l'entraînement dans la fonction (Gain et al. 2001 ; Marsal et al. 2007 ). Ainsi par exemple, le muscle moyen fessier fonctionnant majoritairement comme stabilisateur en contraction statique lors de la phase unipodale de la marche sera préférentiellement renforcé dans le mode statique et dans l'angulation d'abduction de hanche correspondant à celle de la phase d'appui unipodal de marche. De la même manière un muscle sollicité en concentrique dans l'activité ne sera pas entraîné en excentrique.

Afin d'atteindre les objectifs fixés, le choix du bon mode de contraction est important, mais d'autres paramètres entrent également en jeu. Ceux-ci sont entre autres la résistance appliquée, le nombre de répétitions effectuées ou encore les temps de repos entre les séries.

La partie suivante nous permet de déterminer ces paramètres d'après la littérature en fonction de l'objectif de rééducation.

2.4. Le calcul de répétition maximale (RM):

La résistance maximale ou charge maximale d'un muscle est la charge maximale qu'il est capable de mobiliser une fois et une seule sur l'amplitude totale du mouvement concerné. Cette valeur permet ensuite d'évaluer la résistance à imposer au muscle en fonction de l'objectif recherché. Avant de commencer le programme il faut donc mesurer la RM du joueur sur l'ensemble des exercices qui vont composer le programme. Le calcul de RM doit être réalisé avec le matériel qui sera utilisé ensuite lors du programme de renforcement et après une phase d'échauffement car on va alors demander à un muscle non-entraîné de soulever une charge importante.

Il existe deux façons de déterminer la RM, une méthode directe et une indirecte. La méthode directe consiste à trouver la charge correspondant à la RM en augmentant progressivement la charge « à tâtons » jusqu'à trouver celle qui ne peut être mobilisée qu'une seule fois et qui constitue donc la RM. La méthode indirecte consiste à soulever une charge moins importante que la RM le maximum de fois possible, il existe ensuite une relation entre le nombre de répétitions qu'a été capable de réaliser le joueur et le % de RM que représente la charge qui a été mobilisée. Selon Brzycki cette relation serait RM = charge déplacée / 1.0278-(0.0278 x nombre de répétitions) (Bernard & al 2008 ). Ainsi par exemple une charge ayant été mobilisée à 10 répétitions représente 75% de la RM. Cependant lors du calcul de RM plus la charge est importante et donc le nombre de répétitions réalisées est faible et plus la valeur de la RM déterminée est fiable.

2.5. Les différents types de force:

2.5.1- La Force maximale:

Dans la force maximale, on distingue une force maximale statique et une force Maximale dynamique. la force maximale statique est selon Frey (1977 ) la force la plus grande que le système neuromusculaire peut exercer par contraction volontaire contre une résistance insurmontable ; la force maximale dynamique est la force la plus grande que le système neuro­musculaire peut réaliser par contraction volontaire au sein d'un développement gestuel. La force maximale statique est toujours plus grande que la dynamique, car une force maximale ne peut intervenir que si la charge (charge limite) et la force de contraction du muscle s'équilibrent (Ungerer1970 )

2.5.2. La force vitesse :

Est la force nécessaire de déplacer le corps, des parties du corps ou des objets à la vitesse la plus grande possible. Elle est surtout fonction de la coordination intramusculaire. Verkhochansky la définit comme « la force maximale pouvant être développer pendant une limite de temps (weinek et al. 1992 )

La force vitesse pour (Helgo et letzelter-1990 ) est caractérisée par la capacité qu'à le système neuromusculaire de surmonter des résistances avec la plus grande vitesse de contraction possible (weinek 1990 )

La force- vitesse recouvre la capacité qu'a le système neuromusculaire de surmonter des résistances avec la plus grande vitesse de contraction possible (Harre 1976, Frey 1977 ).

2.5.3. La force endurance :

L'endurance- force est selon Harre (1976 ) la capacité de résistance à la fatigue de l'organisme en cas de performances de force de longue durée. (Les critères de L'endurance-force sont l'intensité du stimulus « en % de la force maximale de contraction » et l'amplitude du stimulus « somme des répétitions ». La modalité de la mobilisation d'énergie résulte alors de l'intensité de la force, de l'amplitude du stimulus, ou de la durée du stimulus.)

Pour Cometti & al (1989) c'est la capacité de résistance de la musculation à la fatigue lors d'un effort prolongé ou répétitif (statique et dynamique).

2.6. Les différents objectifs:

2.6.1. Le gain d’endurance musculaire:

Pour gagner en endurance, le renforcement doit solliciter les fibres de type I qui sont les plus endurantes et fonctionnent sur un mode aérobie (consommation d'oxygène) (Gain & al. 2007 ). Ce type d'entraînement « vise à améliorer les capacités du muscle sur le plan métabolique » (Gain & al. 2003b ).

Les auteurs s'accordent sur le fait que les charges à mobiliser ne sont pas importantes 30 à 50% de la RM (Burtin, 2010 ) ou 30 à 60% de la RM (Marsal, 2007 ) mais que la répétition des exercices est recherchée (Marsal, 2007 ) avec des séries de plus de 20 répétitions (Bird & al. 2005 ) voire même plus de 30 répétitions (Burtin, 2010). Pour un travail en endurance, le nombre de séries et de 4 à 6 avec 30 à 60 secondes de repos entre chaque série (Bird & al. 2005).

Il est possible de travailler l'endurance spécifique d'un muscle par l'alternance d'exercices globaux et analytiques, organisés du plus global au plus analytique permettant un épuisement musculaire localisé. Une pré-fatigue est obtenue par l'exercice global suite auquel on réalise un exercice analytique sur le muscle cible (Cometti, 2002).

D'autre part, l'entraînement peut être spécifique à différents niveaux d‘endurance qui ont chacun leurs caractéristiques : l'endurance de force maximale (capacité à mobiliser des charges lourdes dans la durée), l'endurance axée sur la vitesse (capacité à répéter des exercices à grande vitesse) et l'endurance à puissance maximale (capacité à répéter des exercices dans le secteur optimal du produit force-vitesse) (Gain & al. 2003b ). L'action de l'entraînement sur chaque type d'endurance est fonction de l'intensité de la résistance appliquée - dans la fourchette de 30 à 60% de la RM - et par conséquent de la vitesse du mouvement.

[...]

Fin de l'extrait de 73 pages

Résumé des informations

Titre
L'effet de l'entraînement de la force avec périodisation linéaire sur l'amélioration de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieurs chez les jeunes footballeurs
Auteur
Année
2014
Pages
73
N° de catalogue
V1215030
Langue
Français
Citation du texte
Ramzi Ben Slimene (Auteur), 2014, L'effet de l'entraînement de la force avec périodisation linéaire sur l'amélioration de la force maximale, de la vitesse, de l'agilité et de la puissance des membres inférieurs chez les jeunes footballeurs, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1215030

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