La "Médée" de Pierre Corneille, entre monstruosité et justification


Dossier / Travail, 2006
29 Pages, Note: 1,3

Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. Le mythe de Médée et les sources littéraires
2.1 Médée et la conquête de la Toison d’or
2.2 Médée chez Euripide et Sénèque
2.3 Le mythe de Médée chez Corneille

3. Corneille et la tragédie classique
3.1 La conception classique de Corneille
3.2 Médée, entre baroque et classicisme
3.3 Le plaisir du spectateur

4. Le personnage de Médée
4.1 Médée, épouse blessé et mère aimante
4.2 Médée, femme barbare d’origine étrangère
4.3 Médée, magicienne de force divine
4.4 Médée, « furie, exécrable »

5. Les autres personnages féminins dans Médée 23
5.1 Nérine
5.2 Créuse

6. Conclusion

7. Bibliographie

1. Introduction

L’intérêt pour le personnage de Médée dans la littérature depuis l’Antiquité grecque est basé sur les différentes possibilités de l’interprétation du mythe. Ainsi, Médée peut passer d’une mère qui aime tendrement ses enfants à une meurtrière passionnée commettant des actes atroces dans sa vengeance. De plus, elle peut être femme abandonnée et errante, mais aussi magicienne ou sorcière. Toutes ces interprétations ne sont ni vraies ni fausses puisque Médée est un personnage ambigu. Le point de vue de l’auteur est important, par exemple il condamne Médée comme monstre inhumain comme l’a fait Sénèque, auteur de l’Antiquité romaine, ou l’auteur déclare Médée non coupable et voit ses actes dans une toute autre lumière comme l’a fait récemment l’auteur allemand Christa Wolf dans son œuvre poly perspectif Médée. Voix1. Elle établit une nouvelle image de Médée qui devient le bouc émissaire pour les intrigues personnelles du roi Créon à Corinthe et qui est sacrifiée par Jason pour sa propre prospérité. Christa Wolf a expliqué son choix du personnage de Médée de la façon suivante :

Médée s'imposa à moi comme une femme à la frontière entre deux systèmes de valeurs, concrétisés d'une part par sa patrie, la Colchide, et d'autre part par le lieu où elle a trouvé refuge, Corinthe, […], Corinthe, la riche cité dorée, qui ne supporte pas la guérisseuse hautaine, sûre d'elle, compétente qui devine que la cité s'est construite sur le crime. On sacrifie des êtres humains à deux idoles, pouvoir et la richesse. Il faut calomnier cette femme, l'humilier, la chasser, la supprimer. On lui accroche pour l'éternité l'étiquette d'infanticide. Les meurtriers de ses enfants auront l'hypocrisie de rendre hommage à leurs victimes. Toute tentative pour tirer au clair les circonstances du meurtre en essayant de comprendre, d'élucidé [sic], de changer les comportements est rendue impossible. L'Histoire se met en marche.2

Pour Pierre Corneille, Médée est sa première tragédie. Il écrit cette pièce au début de sa carrière de dramaturge et s’orienta encore beaucoup vers le modèle sénèquien de ce personnage à la fois mythique mais aussi littéraire. Médée est une pièce d’essai, en quelque sorte un « apprentissage tragique »3 qui prépare ses grands succès comme Le Cid, Horace et Polyeucte lesquels feront de lui un des plus importants dramaturges du 17esiècle en France, aux côtés de Racine et Molière. Ainsi, cette tragédie est un peu oubliée et dans l’ombre des autres pièces de Corneille puisque souvent, les critiques trouvent les œuvres postérieures à Médée plus intéressantes à étudier.

Dans cette étude, nous nous interrogerons sur le statut de l’héroïne dans la Médée de Pierre Corneille entre monstruosité et justification de ses actes. La première partie de ce mémoire sera consacrée au mythe de Médée et les sources littéraires qui ont influencé Pierre Corneille dans sa rédaction de Médée. Puis, nous verrons cette tragédie dans le cadre de la littérature classique à l’époque des bienséances et de la vraisemblance en prenant aussi en compte le statut de Médée comme œuvre entre baroque et classicisme et le plaisir du spectateur face à cette tragédie. Ensuite, le personnage complexe de Médée sera l’objet d’un examen détaillé. Nous l’examinerons sous les aspects suivants : Médée en tant qu’épouse blessée et mère aimante, femme barbare d’origine étrangère, magicienne de force divine et enfin « furie, exécrable » (Médée, vers 1589)4. Finalement, nous étudierons les autres personnages féminins dans cette tragédie, Nérine, la suivante de Médée, Créuse, la princesse de Corinthe, et Cléone, la gouvernante de la princesse.

2. Le mythe de Médée et les sources littéraires

2.1 Médée et la conquête de la Toison d’or

Le mythe de Médée, composé de cinq épisodes, est étroitement lié à la conquête de la Toison d’or par les Argonautes sous le commandement du prince grec d’Iolcos, Jason. Celui- ci était engagé par son oncle Pélias (ou Pélie) pour conquérir la Toison d’or en échange du trône d’Iolchos. Donc, Jason et les Argonautes se mirent en chemin vers la Colchide, le royaume du roi Aeétès, qui se trouvait sur le territoire de la Géorgie d’aujourd’hui en Asie, au sud du Caucase au bord du fleuve Phase5. Pour recevoir la Toison d’or, Jason dut passer plusieurs épreuves normalement irréalisables puisqu’il s’agissait d’abord de labourer un champ avec des taureaux d’Héphaïstos qui soufflaient du feu à travers leurs naseaux. Puis, de semer des dents de dragon dans ce champ duquel resurgissaient tout de suite des guerriers qui se tournaient alors contre leur semeur. Ensuite, il fallait battre un dragon sans sommeil qui protégeait la Toison d’or dans une grotte. Dans toutes ces épreuves, Médée, princesse de la Colchide et petite-fille du dieu de Soleil, aida Jason pour conquérir la Toison d’or car la déesse Aphrodite avait inspiré Médée d’un amour passionné pour Jason dans le but de protéger celui de blessures. Après l’achèvement couronné de succès des épreuves, Aeétès refusa la Toison d’or à Jason mais celui-ci s’enfuit avec tous les Argonautes sur le navire Argo en emmenant Médée et la Toison d’or. Pour empêcher son père de les suivre, Médée tua son propre frère Apsyrtos et le jeta morceau par morceau dans le Pont-Euxin, la Mer Noire. Contraint par les traditions colchidiennes de s’arrêter pour reprendre les morceaux de corps de son fils, Aeétès abandonna la poursuite.

Les Argonautes rentrèrent à Iolcos pour remettre la Toison d’or à Pélie en demandant le trône pour Jason. Pélie lui refusa ce droit et pour se venger, Jason envoya Médée, avec sa force de magicienne et de prêtresse d’Hécate. En conséquence, Médée gagna la confiance des filles de Pélie et les persuada de couper leur père dormant en morceaux pour le rajeunir ensuite. Mais après avoir mis les morceaux dans une chaudière, l’effet prétendu ne se produisit pas. Suivant ce meurtre, Médée et Jason furent chassés d’Iolcos par le fils de Pélie, Acaste. Ils trouvèrent refuge chez Créon, le roi de Corinthe en Grèce. Cet épisode est celui qui est le plus souvent repris dans la littérature et par lequel Médée a gagné sa réputation de sorcière et meurtrière cruelle, mais aussi de femme désespérée et passionnée. Ensuite, les versions diffèrent : soit Créon voulut donner sa fille Créuse à Jason, soit ce fut l’idée de Jason même, après dix ans de vie commune avec Médée, d’épouser la fille du roi pour mieux s’adapter à la vie de la Cité grecque dans laquelle les étrangers n’avaient presque pas de droits. Ainsi, il aurait gagné les droits d’un citoyen grec. Le seul problème fut qu’il avait juré à Médée sa fidélité éternelle et qu’ils avaient déjà deux enfants ensemble. Pour le nombre des enfants, les sources du mythe divergent de deux fils à sept filles et sept fils, mais puisque la plupart des sources mythologiques n’ont retenu que deux enfants, nous resterons sur ce fait. En apprenant le projet de Jason de se marier avec Créuse, Médée prit la décision de se venger de son époux infidèle et ingrat. Elle envoya alors une robe et des bijoux empoisonnés à Créuse pour le mariage qui tuera en même temps Créon. Enfin, pour se venger de Jason, elle tua leurs deux enfants car il les aimait profondément et cela était le seul moyen de vraiment le blesser. Médée échappa de Corinthe sans punition dans un char volant tiré par des dragons ailés et envoyé par son aïeul, le Soleil. D’après la suite du mythe, elle trouva refuge chez Égée, le roi d’Athènes auquel elle donna un fils, Médos. Après avoir essayé en vain de tuer Thésée, le fils aîné d’Égée, elle fut de nouveau bannie et retourna en Colchide. Là-bas, elle rendit le royaume à son père Aeétès qui avait été dépossédé du trône par Persès et le fils de Médée fonda le peuple des Mèdes. Puis, Médée devint immortelle en se rendant aux Champs Elysées où elle est l’épouse d’Achille6. Le personnage de Médée a inspiré beaucoup d’auteurs, dès l’Antiquité grecque, à écrire leur propre interprétation de ce mythe.

2.2 Médée chez Euripide et Sénèque

Aujourd’hui, les critiques sont d’accord sur le fait que le dramaturge grec Euripide a probablement inventé l’épisode de l’infanticide pour rendre sa tragédie plus intéressante pour les spectateurs de l’Antiquité grecque. Il existe une version antérieure de l’épisode corinthien où les habitants de Corinthe se vengent en tuant les enfants parce qu’ils avaient apporté la robe et les bijoux empoisonnés à Créuse7. À une époque antécédente d’Euripide, les sacrifices d’enfants n’étaient pas insolites en Grèce. Donc, le mythe de Médée avait déjà existé avant Euripide mais il l’introduisit comme pièce tragique dans la littérature et rendit ce mythe immortel. Dans sa tragédie de 431 avant Jésus-Christ8, il met en scène une femme désespérée par la séparation de son époux Jason pour lequel elle a tout sacrifié et même tué son propre frère. Euripide rend Médée pitoyable, une femme passionnément amoureuse et sans avenir avec un statut d’étrangère barbare dans la Cité grecque. Avec cette pièce, Euripide fait preuve de beaucoup d’empathie pour cette femme abandonnée en lui donnant un côté humain. Ainsi, il est plus facile pour le spectateur de s’identifier avec le personnage de Médée même si elle commet des actes cruels.

Plus tard, dans l’Antiquité romaine, l’orateur et écrivain latin Sénèque reprend le mythe entre 49 et 62 après Jésus-Christ9 d’une toute autre façon pour présenter une pièce spectaculaire aux Romains, à l’époque du règne de l’empereur Néron, pour lesquels les mythes grecs avaient un côté exotique et étrange. Chez Sénèque, Médée est une sorcière furieuse et dangereuse sans pitié pour la vie de Créuse et Créon et de ses enfants ; une femme allant jusqu’à l’infanticide pour se venger de son époux qui lui préfère après dix ans de vie commune la princesse de Corinthe. Médée est présentée comme un monstre inhumain, une sorcière qui utilise sa force héritée du Soleil pour commettre un des pires crimes possibles, l’infanticide. Sénèque montre celui-ci même sur scène pour souligner le sang-froid de Médée en tuant ses propres enfants. Le spectateur n’a pas de compassion pour les actes de cette femme car il ne peut pas s’identifier à ce monstre. Par contre, Pierre Corneille, dramaturge du 17e siècle, a adapté le mythe de Médée d’une toute autre manière.

2.3 Le mythe de Médée chez Corneille

Pierre Corneille, met en scène Médée, sa première tragédie en 1635 mais elle paraît en librairie seulement en 163910. Il s’oriente vers les deux Médée[s] d’Euripide et de Sénèque comme il le reconnaît d’ailleurs dans l’« Examen » de sa Médée en 166011. Il reprend en outre l’aspect spectaculaire du théâtre sénèquien en représentant la mort de Créon et Créuse sur scène. Cependant, il représente Médée comme épouse blessée et mère aimante qui gagne à la fin aussi un côté monstrueux mais sa vengeance est justifiée par les intrigues iniques de Jason et des Corinthiens dont elle est la victime. Au contraire de Sénèque, Médée n’est pas un monstre inhumain chez Corneille, elle reste humaine. Elle a de bons motifs de réagir comme elle le fait puisque Jason est l’incarnation de la vanité et de l’orgueil et Créuse est si impertinente qu’elle demande même la plus belle robe de Médée après le bannissement fixé.

Ils rendent les actions vengeresses de Médée plus justifiées dans les yeux du spectateur. De plus, Corneille se garde de mettre en scène l’infanticide qui est seulement évoqué par quatre vers dans le discours final de Médée à Jason12. Corneille fait de toute manière plus preuve de finesse psychologique que les deux autres auteurs. Il met en scène cette femme trahie dans l’objectif que le spectateur ait de la pitié pour Médée, cette femme pathétique mais forte qui doit choisir entre amour maternel et vengeance meurtrière. Or, en suivant dans sa tragédie le mythe tel qu’il avait été évoqué par les Anciens Euripide et Sénèque, Corneille s’en écarte dans un point important : il met en scène le suicide de Jason à la fin de Médée. Dans la mythologie grecque, Jason survit l’épisode corinthien. Outre Euripide et Sénèque, Corneille a certainement pris en compte les œuvres de l’auteur latin Ovide13, étant probablement déjà une source littéraire pour Sénèque. Nous trouvons dans son ouvrage Héroïdes, une collection de lettres fictives d’héroïnes mythiques à leurs amants, une lettre d’amour de Médée à Jason qu’elle écrit au moment où elle apprend que Jason projette d’épouser Créuse pour s’assurer son avenir dans la Cité grecque. Elle exprime sa douleur et demande à Jason avec humilité de changer d’opinion et de lui rester fidèle. Après la passion de son amour, elle exprime sa fureur envers Jason et on y trouve déjà un pressentiment de sa vengeance future, les meurtres et l’infanticide14. De plus, Ovide a consacré un chapitre de ces Métamorphoses au mythe de Médée. Dans le livre VII, il la montre comme sorcière avec un côté démoniaque et comme « mère abominable »15 qui devient meurtrière par déception et jalousie. Toute autre est la représentation du personnage de Médée à l’époque du classicisme français.

3. Corneille et la tragédie classique

3.1 La conception classique de Corneille

Au début du 17e siècle, un débat autour des règles dans la littérature s’anime en France en s’achevant avec la querelle autour du Cid, tragi-comédie et plus tard rebaptisée tragédie de Corneille, en 1637. Finalement, les « réguliers » classiques triomphent sur les « irréguliers » baroques16 et une nouvelle époque de la littérature française commence avec une prospérité de la tragédie au théâtre. Les préconisateurs classiques s’appuient sur le principe d’Horace que le théâtre doit « instruire en plaisant » et fondent leurs interprétations à partir des auteurs de l’Antiquité grecque et romaine, et surtout d’Aristote, sur des raisonnements moralisateurs17. L’effet de catharsis décrit par Aristote et les règles des bienséances et de la vraisemblance sont les bases de la littérature classique. Aristote explique la catharsis comme but de la tragédie qui « suscitant pitié et crainte, opère la purgation propre à pareilles émotions. »18. Au 17e siècle, la catharsis perd sa valeur esthétique et gagne une dimension moralisatrice en traduisant « émotions » par « passions ». Le spectateur de l’époque classique doit se purifier et se soulager des passions considérées comme moralement mauvaises en s’identifiant avec le héros d’une tragédie et en subissant ainsi les « passions » de celui-ci19. Les bienséances consistent à ne pas représenter des actes de violence ou des meurtres sur scène et de donner aux personnages des mœurs convenables à leur âge et statut social20. La vraisemblance prescrit la représentation de la nature ou de l’histoire non pas comme elles sont réellement mais comme elles devaient être, c’est-à-dire d’épargner des faits choquants ou scandaleux et de montrer au public quelque chose qui semble être vrai pour créer une vérité atemporelle et vertueuse21. De plus, les trois unités d’action, de lieu et de temps, une journée, doivent être respectées. La préférence pour la rationalité s’exprime aussi dans le langage utilisé. La rhétorique théâtrale est dominée par la sobriété et la clarté qui se manifeste dans l'emploi de l’alexandrin comme le parfait moyen d’imiter le langage parlé22.

[...]


1 titre allemand : Medea Stimmen.

2 Wolf, Christa sur http://www.sitartmag.com/medee.htm (01.01.2006).

3 Sweetser (1977), p. 112

4 pour tous les extraits du texte cf. l’édition de Garnier-Flammarion 1980.

5 cf. Eissen (1993), carte Le Retour des Argonautes, p. 77

6 pour les éléments du mythe cf. Eissen (1993) et Grimal (1951)

7 cf. Grimal (1951), p. 279b et Eissen (1993), p. 88

8 cf. Eissen (1993), p. 85

9 cf. ibid., p. 86

10 cf. ibid., p. 89

11 cf. Corneille (1980), p. 137, 138, 140

12 cf. vers 1539-1542

13 dates de vie : 43 av. JC.-17 ap. JC.

14 cf. Ovide : Héroïdes (1928), p. 76/77 : « Elle [Créuse] pleurera et sera consumée par des feux qui l’emporteront sur les miens. […] tourne ton regard vers ceux qui sont nés de notre union : la marâtre cruelle va sévir contre ce que j’ai engendré. »

15 Ovide : Les Métamorphoses (1928), p. 42

16 cf. Bertrand (1999), p. 8, 140

17 cf. Bertrand (1999), p. 43, 44

18 Aristote (1965), 1449b (p. 37)

19 cf. Bertrand (1999), p. 45

20 cf. ibid., p. 32

21 cf. ibid., p. 28, 29, 34, 229

22 cf. ibid., p. 225

Fin de l'extrait de 29 pages

Résumé des informations

Titre
La "Médée" de Pierre Corneille, entre monstruosité et justification
Note
1,3
Auteur
Année
2006
Pages
29
N° de catalogue
V125935
ISBN (ebook)
9783640322329
ISBN (Livre)
9783640326846
Taille d'un fichier
484 KB
Langue
Français
mots-clé
Médée, Pierre, Corneille, Medea, Anouilh, monstruosite, justification, monstre, griechische Mythologie, mythologie grecque
Citation du texte
M.A. Kathleen Fritzsche (Auteur), 2006, La "Médée" de Pierre Corneille, entre monstruosité et justification, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/125935

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