Expansion du commerce chinois en Afrique centrale. Problème et Perspectives


Travail de Recherche, 2022

53 Pages


Extrait

DEDICACE

A la mémoire de mon grand-père

Justin Mulendja Dady

AVANT-PROPOS

Ce travail est le fruit d'une persévérance, constitue une phase décisive de notre connaissance en Relations Internationales.

Qu'il nous soit permis de remercier s'incrément tous ceux qui, de loin ou de près, directement, ou indirectement ont contribué à l'élaboration et à la réussite de ce travail.

Nous serons comblés si cet article suscite d'autres ou on nous dira ce que nous n'aurions pas dû dire et que nous avons dit ou ce que nous aurions dû dire et que nous n'avons pas dit.

Justin Mulendja Dady

DU MEME AUTEUR

Covid-19 : solution ou crise économique en Afrique. Cas de la Tanzanie, Edition Universitaire Européenne, 2021.

Donald Trump et la lutte contre le terrorisme au Sahel. Cas du Mali : Une analyse de la cause profonde du terrorisme Malien, Edition Universitaire Européenne, 2022.

RESUME DU TRAVAIL

Cette analyse, est le constat de l'expansion du commerce chinois en Afrique centrale, opportuniste aux yeux d'acteurs Africains. Nul n'ignore que l'émergence de l'Afrique centrale est liée dans une certaine mesure au renforcement de ses liens commerciaux avec la Chine. Le géant asiatique se sert du continent africain dans le cadre de l'extension de son marché. La recherche des ressources naturelles demeure le principal catalyseur de l'internationalisation des firmes chinoises pour couvrir les besoins grandissants de leur industrie.

L'expansion commerciale, que nous avons considérée comme, l'élargissement d'une telle ou telle autre économie d'Etat dominant, grâce au marché intérieur des Etats dominés. En analysant méticuleusement le commerce chinois en expansion en Afrique centrale, présente certain défi. Lequel l'appréciation du côté de la demande et de l'offre, l'évolution des cours dépendra également de la réponse de l'offre, et la hausse des prix des matières premières, ayant entraîné par une hausse de ses recettes d'exportation, au cours des dernières décennies.

O. INTRODUCTION GENERALE

I. ETAT DE L'ART

Un travail scientifique s'appuie le processus de veille informationnelle de manière à accéder à des sources et des données primaires riches au sujet des pays concernent.

Claude Sumata étudie la dynamique des relations internationales entre la Chine et les pays francophones d'Afrique centrale : Les défis d'un partenariat gagnant en 2021. Ce travail confirme également l'existence de la chine sur le continent africain et en particulier l'Afrique centrale, dans le cadre de l'extension de son marché1.

Enfin, ses auteurs ; Jean-Pierre Cabestan, Élisa Domingues dos Santos, Zhao Alexandre Huang, Philippe Le Billon et Thierry Vircoulon, ont travaillé sur « Les influences chinoises en Afrique ». Les outils politiques et diplomatiques du « “grand pays en développement” », en 2021. Ils ont donné certaines, lequel Néanmoins, ces relations suscitent aussi des controverses importantes et révèlent que la « Chinafrique » se caractérise, non pas par une interdépendance mutuelle, mais plutôt par une asymétrie économique et financière renouvelée de l'Afrique à l'égard de la Chine2.

Théophile Dzaka-Kikouta, dans son ouvrage « l'investissement en Afrique centrale, a réalisé une étude sur l'approche libérale, visant à pallier au processus d'intégration régional d'un pays3.

Sphoie Wintgens et Xavier Auregan en 2019 ont réalisé une étude comparative visant à illustrer les stratégies de construction d'une grande puissance chinoise en Afrique et en Amérique latine. Ils analysent la stratégie chinoise pour promouvoir un nouvel ordre International dans les pays en voie de développement, par le biais de l'investissement intensif et la coopération qualifiée de gagnant-gagnant4.

Dans le cadre de ce travail, nous avons également élargi le champ de la recherche aux travaux scientifiques et consulte les ouvrages et articles chinois publies dans le monde anglo-saxon, africain. En d'autres termes, cette étude est appuyée sur une revue de littérature poussée pour conceptualiser l'expansion de la chine en Afrique centrale dans une perspective économique.

II. PROBLEMATIQUE ET HYPOTHESE

A. PROBLEMATIQUE

La problématique est « l'expression de la préoccupation majeure qui circonscrit de façons précise et détermine avec l'absolu, clarté des dimensions essentielles de l'objet d'étude que le chercheur se propose de mener »5.

Nul n'ignore que l'émergence de l'Afrique centrale est liée dans une certaine mesure au renforcement de ses liens commerciaux avec la Chine. Le géant asiatique se sert du continent africain dans le cadre de l'extension de son marché. La recherche des ressources naturelles demeure le principal catalyseur de l'internationalisation des firmes chinoises pour couvrir les besoins grandissants de leur industrie6. [...] L'Afrique centrale est particulièrement importante aux yeux de la Chine pour des raisons à la fois économiques. Sur le plan économique, l'Afrique centrale représente aujourd'hui 51 % des échanges extérieurs de la Chine avec l'Afrique et 55 % de son stock d'IDE7.

Face à cette situation, deux questions, nous est apparue importante et que l'on se contente d'énoncer sans prendre position sur sa véracité c'est-à-dire sans l'affirmer ou la nier. Susciter notre curiosité, à savoir :

- Pourquoi l'expansion du commerce chinois en Afrique centrale ?
- Comment le commerce chinois en expansion constitue un défi en Afrique centrale ?

B. HYPOTHESE

L'hypothèse est définie comme étant une position de la réponse à la question posée8.

Face aux questions susmentionnées, nos hypothèses à cette étude sont les suivantes :

- Le commerce chinois en Afrique centrale s'explique par l'engagement de la chine marquée par des relations étroites d'échanges, d'investissements et de financements. Pratiquement tous les pays d'Afrique centrale reçoivent des investissements directs étrangers (IDE) chinois, qui ne cessent de se diversifier. Si les industries pétrolières et minières dominent encore, les services financiers, la construction et les industries manufacturières représentent désormais la moitié des apports à l'Afrique centrale.
- En analysant méticuleusement l'expansion du commerce chinois en Afrique centrale, nous constatons que celui-ci présente certain défi aux yeux des acteurs africains. Laquelle l'appréciation du côté de la demande et de l'offre, l'évolution des cours dépendra également de la réponse de l'offre, et la hausse des prix des matières premières, ayant entraîné par une hausse de ses recettes d'exportation, au cours des dernières décennies. Les pays pétroliers d'Afrique centrale demeurent des bénéficiaires substantiels de cette situation. La demande de pétrole de la Chine devrait atteindre environ 12,8 millions de barils par jour en 2025, soit une hausse de 130 %.

III. CADRE D'ANALYSE

Tout problème de recherche doit d'abord s'intégrer dans une perspective théorique globale, le cadre théorique sert principalement à présenter un cadre d'analyse et à généraliser des relations d'hypothèses déjà prouvée dans d'autres contexte pour tenter de les appliqués au problème9.

En ce qui concerne notre travail, nous avons retenu le libéralisme . Cette théorie a fait l'objet de plusieurs études scientifiques dans les domaines des de relatons internationales.

Le libéralisme, est une théorie de relations internationale qui admet que la société internationale est constituée d'États indépendants qui rivalisent pour la défense de leurs intérêts propres comme les individus rivalisent au sein de la société nationale pour la satisfaction de leurs intérêts propres et besoins. Cette théorie soutient que seule la libéralisation des systèmes économiques et la démocratie des systèmes politiques des États permettront de pacifier les relations internationales tout en procurant la liberté et la liberté aux citoyens des différents pays10.

En effet, on distingue plusieurs approches du libéralisme. Chacun de ces types de libéralisme représente des points de vue. En ce qui concerne notre travail nous allons recourir à la proche fonctionnaliste . Ce dernier et au croisement de différents courants des pensées et fut présenté par David Mitrany, considéré comme le père du fonctionnalisme international11. C'est une théorie basée sur le pouvoir des acteurs unitariste, il recommande un système international fondé sur l'organisation des intérêts substantiels et des besoins réels des individus et des groupes à travers les frontières nationales sans références inconditionnelles de rouage étatiques12.

Nous referons à cette théorie pour tenter de faire voir comment le commerce chinois en expansion imposé son hégémonie sur le plan commercial en Afrique centrale, qui présente certains défis aux yeux des acteurs africains.

IV. METHODE ET TECHNIQUE

A. METHODE DE TRAVAIL

La méthode est définie comme la procédure logique d'une science c'est-à-dire l'ensemble des pratiques qu'elle met en œuvre pour que le cheminement de ses démonstrations soit clair, évident et irréfutable.13

Dans le cadre de la présente dissertation de ce travail, la méthode fonctionnelle nous a apparu la mieux identique pour conduire nos investigations et aboutir à des résultats éprouvés. Cette méthode désigne une relation entre deux ou plusieurs éléments, tel que tout changement introduit d'ans l'un provoque une modification dans l'autre ou les autres entrainent de leur part une adaptation14.

B. TECHNIQUE DE TRAVAIL

Les techniques sont considérées comme des procédés plus concrets et empiriques, des instruments des mesures des phénomènes sociaux servants à la récolte des données et à leur dépouillement15.

En vue de la récolte et du dépouillement des informations utiles à la rédaction de ce travail, nous avons utilisé la technique documentaire . C'est ainsi que la récolte des données s'est faite essentiellement par voie de lecture des ouvrages ayant un rapport direct avec la matière faisant l'objet de la recherche. Les articles, des revues et des journaux n'ont pas été négligé dans la récolte des données.

V. DELIMITATION DU SUJET

Tout travail scientifique nécessite une délimitation aussi bien dans le temps que dans l'espace.

A. DANS LE TEMPS

Dans le temps, ici il nous faut définir, pour déterminer la période qui couvre notre recherche et motiver notre choix. Notre champ temporel couvre la période allant de 2014 à 2020, années que la tendance haussière du commerce entre la Chine et l'Afrique s'est atténuée et le début que certains gouvernements d'Afrique centrale ont manifesté une volonté de rééquilibrage de leurs relations.

B. DANS L'ESPACE

Sur le plan spatial, il s'agit de porter notre réflexion sur l'Afrique centrale terrain de recherche.

VI. SUBDIVISION DU TRAVAIL

Hormis l'introduction générale et la conclusion générale, ce travail comprend trois chapitres, dont le premier est intitulé : Considérations générales, dans ce chapitre nous analysons tour à tour les grandes lignes qui marquent les compréhensions des concepts clés contenu dans ce sujet. Le deuxième chapitre est intitulé : L'Afrique centrale dans ce chapitre nous abordons la présentation de notre terrain de recherche. Et le troisième en fin s'intitule : L'expansion du commerce chinois en Afrique centrale : problème et perspectives, dans ce chapitre nous portons nôtres études sur le défi du commerce chinois en Afrique centrale, en élucidant les perspectives d'un bon system.

CHAPITRE I : CONSIDERATIONS GENERALES

Dans ce chapitre, où sont abordés cinq points, le premier est consacré aux définitions des concepts de bases, le deuxième aux notions de commerce, le troisième aux théories du commerce internationales, le quatrième au commerce chinois en Afrique, le cinquième en fin à l'expansions du commerce chinois en Afrique.

SECTION I : DEFINITION DE CONCEPTS DES BASES

Dans cette section, les concepts suivants feront l'objet des clarifications : expansion, commerce et expansion commerciale.

§1. EXPANSION

Attitude visant à l'expansion territoriale, économique, idéologique. L'expansion a souvent inspiré la politique des Etats au siècle passé16.

§2. COMMERCE

Le commerce est l'activité de revente en l'état, sans transformation de produits achetés à des tiers17. Cette activité peut inclure quelques opérations annexes telles que le conditionnement.

La définition de la comptabilité nationale (selon la Nomenclature des Activités Française) insiste sur l'idée que le commerce se contente de revendre en l'état des marchandises achetées à des tiers18.

§3. EXPANSION COMMERCIALE

Mouvement général qui caractérise une économie en progression par la croissance du produit national et du pouvoir d'achat. Expansion commerciale, marché intérieur en pleine expansion19. Cette définition est restrictive, car elle fait allusion à la croissance économique.

De notre part, l'expansion commerciale, renvoie à l'élargissement d'une telle ou telle autre économie d'Etat dominant, grâce au marché intérieur des Etats dominés.

SECTION II : NOTION SUR LE COMMERCE

Dans cette section ; commerce intérieur et commerce extérieur feront l'objet des clarifications

§1. COMMERCE INTERIEUR

Le commerce intérieur est également connu comme le commerce d'accueil. Elle est réalisée dans les limites politiques et géographiques d'un pays. Il peut être au niveau local, ou régional ou national20.

Le commerce intérieur peut être divisé en deux groupes, à savoir :

a) Commerce de gros: Il implique l'achat en grandes quantités par les producteurs ou les fabricants et la vente par lots aux détaillants pour la vente aux consommateurs. Le grossiste est un lien entre le fabricant et le détaillant. Un grossiste occupe la position de premier plan puisque les fabricants ainsi que les détaillants sont dépendants de lui21.
b) Commerce de détail: Consiste à acheter en lots plus petits des grossistes et la vente en très petites quantités à consommateurs pour un usage personnel. Le détaillant est le dernier maillon de la chaine de distribution. Il établit un lien entre les grossistes et les consommateurs22.

§2. COMMERCE EXTERIEUR

Le commerce extérieur se réfère à l'achat et la vente entre deux ou plusieurs pays. Par exemple, vend ses marchandises à un autre commerçant de New York, alors23.

Le commerce extérieur subdivise en trois groupes, à savoir

a) Commerce d'exportation: quand un trader à partir de pays d'origine vend ses biens à un opérateur situé dans un autre pays, il est appelé commerce d'exportation. Par exemple un commerçant de l'Inde achète des marchandises d'un commerçant en chine24.
b) Commerce d'importation: quand un trader dans le pays d'origine obtient ou acheter des marchandises à un commerçant établit dans un pays25.
c) Entrepôt commercial: lorsque les marchandises sont importées d'un pays, puis réexportés âpres avoir fait un certain traitement, il est appelé commerce d'entrepôt26.

SECTION III : QUELQUES THEORIES DU COMMERCE INTERNATIONAL

Trois points importants sont développés dans cette section. Il s'agit donc de la théorie d'Adam Smith, de Ricardo et de la similitude des biens échangés internationalement.

§1. THEORIE D'A.SMITH

Smith prône le développement du commerce international. Sa théorie est fondée sur la loi de l'avantage absolu qui désigne le processus de spécialisation des pays dans les produits pour lesquels ils ont des conditions de production meilleures que les autres27.

§2. THEORIE DE RICARDO

Ricardo va approfondir la pensée de Smith en démontrant par la théorie des avantages comparatifs, que tous les pays gagnent à la spécialisation, Ricardo fournira ainsi au libre-échange le plus solide de ses arguments théoriques. A travers le célèbre exemple du Portugal et la Grande Bretagne avec deux produits (vin et drap), il démontre que même si le Portugal détient un avantage absolu dans la production des deux biens pour lesquels les coûts unitaires sont inférieurs, l'échange est possible et même bénéfique pour les deux nations. Son raisonnement est fondé sur la comparaison des coûts relatifs28.

§3. SIMILITUDES DES BIENS ECHANGES INTERNATIONALEMENT

Cette théorie, proposée par Balassa, est fondée sur l'échange intra-branche ou l'échange croisé. La portée du principe des avantages comparatifs se trouve amenuisée, voire affaiblie puisque les nations qui ont pratiquement le même avantage comparatif s'échangent le produit en question. Mais il faut nuancer la nature de cet échange, parce qu'il ne s'agit pas d'un échange qui porte sur des produits homogènes, mais plutôt l'échange porte sur des produits différenciés. Ce type d'échange est surtout développé au sein des pays industrialisés où le revenu par tête est élevé et par conséquent la demande nationale va porter sur les exigences des consommateurs qui cherchent la qualité, la diversité et les produits de haut de gamme29.

SECTIN IV : EMERGENCE DE LA CHINE EN AFRIQUE

Sept points feront l'objet de clarification dans cette section, il s'agit donc de la politique étrangère qui privilège le sud ; conférence de Bandung ; sommer d'Addis-Abeba (2003) ; sommet de Pékin (2006) ; sommet de Charm El-chekh (2009) ; sommet de pékin (2012) ; et enfin le sommet de Johannesburg (2015).

§1. POLITIQUE ETRANGERE QUI PRIVILEGIE LE SUD

La Chine se considère encore comme un « grand pays en développement ». Solidaire du Sud, elle milite pour la multipolarité et une démocratisation des relations internationales sur la base des « cinq principes de la coexistence pacifique » en particulier le principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. L'un des principaux objectifs de la politique étrangère chinoise est de créer le plus grand nombre de partenariats possibles (stratégiques, globaux, etc.) afin d'affaiblir les alliances américaines, de neutraliser les « forces hostiles à la Chine » et de créer des coalitions à géométries variables susceptibles de pousser son avantage. Seul pays du Sud à siéger en tant que membre permanent avec droit de véto au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU), la Chine prétend l'y représenter. En tout cas, elle instrumentalise fréquemment ce statut30.

La Chine soutient officiellement le multilatéralisme et est favorable à la formation d'organisations régionales (Union européenne [UE], Union africaine [UA], Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest [CEDEAO], Communauté de développement d'Afrique australe [SADEC], Communauté d'Afrique de l'Est [EAC], etc.). Depuis les années 2000, la Chine cherche à renforcer son soft power, notamment avec la multiplication des Instituts Confucius depuis 2004. La stratégie de la Chine consiste à gagner le soutien du Sud pour mieux affaiblir le Nord, en le contournant, un peu comme Mao utilisait les campagnes pour encercler les villes. Les Nouvelles routes de la soie (Belt and Road Initiative - BRI), lancées en 2013, puis la montée des tensions sino-américaines (et sino-occidentales), ont amplifié cette stratégie. Plus que jamais, Pékin insiste sur le « droit au développement » et plus particulièrement, le droit de chaque pays à choisir sa « voie » ou son modèle de développement (Livres blancs de 2016 et 2019).31 Son slogan est la « modernisation sans occidentalisation », en clair sans la démocratie libérale.

Enfin, la Chine entend réformer l'ordre mondial et les normes internationales, afin que ceux-ci soient « justes et équitables » et favorisent le dialogue entre civilisations sur la base du principe d'égalité et d'apprentissage mutuel. Dans ce cadre, la Chine est prête à « partager son expérience » avec les autres pays, leur proposer des « solutions » et construire avec eux un « destin commun pour l'humanité ». Bref, son discours est destiné à gagner le soutien du Sud32.

§2. CONFERENCE DE BANDUNG

Considérée comme le Sommet de l'Histoire, la conférence de Bandung est l'un des événements majeurs des relations internationales du 20e siècle, car elle a rassemblé pour la première fois des représentants de 29 pays d'Afrique et d'Asie, du 18 au 24 avril 1955 et a accueilli plus de 1 300 invités en Indonésie. L'ancien président sénégalais Léopold Senghor voyait en cette conférence le plus grand coup de tonnerre depuis la renaissance33. Celle-ci puise ses origines dans la quête d'indépendance et la volonté d'affirmation internationale des pays d'Afrique et d'Asie. Elle marque l'émergence sur la scène internationale d'un groupe nouveau, celui des « non-alignés » dans un contexte international dominé par la guerre froide et opposant le bloc soviétique au bloc occidental. La conférence de Bandung avait pour objectif de promouvoir la coopération entre les nations africaines et asiatiques, d'analyser les relations socio-économiques et culturelles entre les pays participants, d'étudier les problèmes liés au racisme et au colonialisme, et d'examiner la position afro-asiatique dans le contexte de la guerre froide34.

Toutefois, la revendication principale de la conférence était la lutte pour l'indépendance des pays africains et asiatiques. Si à cette époque s'amorce la réindustrialisassions de la Chine, c'est à Bandung que le pays devient un super-grand, car la conférence de Bandung marque le début de sa reconnaissance internationale. Elle a permis de positionner la République populaire de Chine (RPC) comme puissance alternative face à la domination occidentale du 20e siècle35.

L'année 1971 marquera le début du réchauffement du partenariat sino-africain, matérialisé par le vote des pays africains en faveur de l'adhésion de la RPC au Conseil de sécurité des Nations Unies en qualité de membre permanent, au détriment de Taïwan. La conférence de Bandung confirme la politique de coexistence pacifique, d'amitié et de coopération de la Chine vis-à-vis des pays du tiers monde. Cette nouvelle politique africaine de la Chine se veut davantage multidimensionnelle et sophistiquée, l'objectif étant de créer une influence politique, culturelle et économique afin de renforcer sa croissance économique. Une fois son influence établie en Afrique, à la Chine et à l'Afrique de diversifier les cadres d'échanges et d'enrichir les coopérations bilatérales et multilatérales dans l'optique d'institutionnaliser et de renforcer le partenariat sino-africain. On observe en effet un développement rapide des relations sino- africaines dans divers secteurs, notamment les domaines économiques, politiques et culturels. S'inscrivant dans la déclaration de Bandung, les conférences multilatérales entre gouvernements africains et chinois constituent un espace de dialogue structuré dans lequel les échanges ne cessent d'augmenter36.

La mission principale du FOCAC est de concurrencer les Occidentaux, qui disposent déjà de structures semblables et organisent des sommets analogues, tels que le sommet France-Afrique en à la Chine et à l'Afrique de diversifier les cadres d'échanges et d'enrichir les coopérations bilatérales et multilatérales dans l'optique d'institutionnaliser et de renforcer le partenariat sino-africain. On observe en effet un développement rapide des relations sino-africaines dans divers secteurs, notamment les domaines économiques, politiques et culturels. S'inscrivant dans la déclaration de Bandung, les conférences multilatérales entre gouvernements africains et chinois constituent un espace de dialogue structuré dans lequel les échanges ne cessent d'augmenter37.

§3. SOMMET D'ADDIS-ABEBA (2003)

En novembre 2003, lors du deuxième sommet du FOCAC à Addis-Abeba, on dénombre une grande participation de cinq chefs d'États africains et de personnalités telles que des vice-présidents et premiers ministres. Les objectifs principaux sont de promouvoir les investissements bilatéraux, l'établissement de la coopération dans divers domaines (paix, sécurité, consultation au sein des organisations internationales et sous-région ales comme le NEPAD, etc.), l'engagement en faveur de la paix sur le continent, et le rééquilibrage de la balance commercial38.

§4. SOMMET DE PEKIN (2006)

Le sommet de Pékin de novembre 2006 marquait le cinquantième anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains. Comptant la participation de 48 pays africains et de la Chine, il fut un grand succès39.

Ce sommet a aussi été l'occasion pour la Chine d'annoncer le doublement de son aide à l'Afrique, passant de 44 millions $ en 2005 à 88 millions $ en 2009. La Chine promet aussi d'annuler 1,4 milliard de $ de dette partielle et de prêts à taux préférentiels de pays africains. Elle diversifie ses projets dans les usines, les centrales hydroélectriques, les hôpitaux, les logements et les installations portuaires. Elle permet aussi l'établissement d'instituts Confucius en Afrique, la promotion de l'enseignement des langues africaines dans les écoles chinoises, ainsi que la formation de nombreux journalistes et professionnels de l'audiovisuel40. La Chine s'est également engagée à doubler le nombre de bourses offertes aux étudiants africains. Par ailleurs, plus de 600 enseignants ont reçu une assistance technique. Les dirigeants chinois ont aussi apporté des réponses aux inquiétudes des dirigeants africains en promettant l'amélioration des standards des entreprises chinoises en matière de corruption et de respect de normes environnementales. La Chine a aussi promis le rééquilibrage de la balance commerciale entre les deux régions avec la suppression des droits de douane pour certains produits en provenance des pays les moins avancés (PMA). Au cours de ce sommet, elle bénéficie d'un accès continu aux matières premières et ressources énergétiques fournies par le continent africain. On note aussi la création d'un fonds Chine- Afrique destiné à appuyer les entreprises chinoises dans la réalisation d'investissements directs en Afrique. Les échanges se sont développés de manière remarquable avec un total de 1,9 milliard $ de contrats signés.

§5. SOMMET DE CHARM EL-CHEIKH (2009)

Lors du sommet de Charm el-Cheikh en 2009, il a été convenu que les échanges et l'approfondissement de la culture entre la Chine et les pays africains se multiplient. Le continent africain est devenu un centre de convoitise et la Chine a joué un rôle non négligeable dans cette transformation. On remarque le retour des partenaires traditionnels et un nombre croissant de donneurs émergents. Les dirigeants africains ont de plus en plus confiance en leur potentiel et la Chine prend conscience de cette complexité, ce qui justifie la modification de ses rapports avec le continent africain, notamment dans un changement à la fois dans la politique africaine de la Chine et dans la prise de conscience de la complexité que revêt la gestion des relations Chine-Afrique41. Le discours politique de la Chine en tant que partenaire providentiel et fraternel doit être honoré, bien que son image soit ternie sur la scène internationale par son soutien aux pays africains voyous. La Chine se retrouve donc dans une impasse où le respect du principe de non-ingérence et le respect de la souveraineté comme elle le prône seront mis au défi42.

§6. SOMMET DE PEKIN (2012)

Le FOCAC de Pékin de 2012 a été placé sous le thème de la consolidation des acquis et de l'ouverture des perspectives pour un nouveau partenariat stratégique sino-africain. Ce FOCAC a mondiale et des marchés internationaux43.

§7. SOMMET DE JOHANNESBURG (2015)

Le sixième sommet Chine-Afrique, qui a eu lieu en 2015 à Johannesburg, est qualifié d'historique par de nombreux chefs d'État. Au cours du sommet, la Chine a annoncé une aide sans contrepartie de 60 millions $ à l'Union africaine pour financer ses opérations de maintien de la paix. Cette somme complétera les 100 millions $ promis par Xi Jinping pour soutenir une force de réaction rapide de l'Union africaine. La lutte contre la pauvreté, l'éducation et les infrastructures ont été également des sujets de discussion au cours de ce FOCAC44.

Le FOCAC peut être perçu comme un exemple d'inter régionalisme hybride. Selon nous, nous ne pouvons le qualifier ni de cadre bilatéral, dans la mesure où il regroupe aujourd'hui la quasi-totalité des pays africains, ni de cadre multilatéral, car chaque pays discute indépendamment avec la Chine. Nous voyons le forum comme un déséquilibre entre un pays et un continent, ce qui met en doute le partenariat gagnant-gagnant souvent défendu par la Chine. Or, selon les Chinois, l'égalité dont il s'agit ici est la souveraineté, et la réciprocité relève de complémentarité dans les échanges et les coopérations45.

SECTION V : COMMERCE CHINOIS EN AFRIQUE

Dans cette section ; dynamique de l'économie chinoise ; premier partenaire d'Afrique ; le partenariat gagnât-gagnant ; et caractéristique de l'intervention chinoise en Afrique feront l'objet des clarifications.

§1. DYNAMIQUE DE L'ECONOMIE CHINOISE

« Depuis 1978, la Chine a connu d'importantes réformes fondées sur l'adoption des règles du marché qui lui ont permis d'aligner un taux de croissance moyen d'environ 10% (tableau 1). Beijing a franchi une étape supplémentaire dans la mise en œuvre des réformes dans les années 80 et au début des années 90. Cette stratégie a eu des résultats positifs, car le commerce et les investissements internationaux ont été partiellement libéralisés »46. Par conséquent, cette économie en croissance rapide nécessite des ressources naturelles abondantes47.

Table 1 : Quelques variables macroéconomiques sur la china 1999-2008

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Source : Claude sumata, op.cit, p.1312.

[...]


1 Claude Sumata, « La dynamique des relations économiques entre la Chine et les pays francophones d'Afrique centrale : Les défis d'un partenariat gagnant-gagnant », Université Mohammed V de Rabat, 4 mars 2020, p.1310.

2 Jean-Pierre Cabestan, Élisa Domingues dos Santos, Zhao Alexandre Huang, Philippe Le Billon et Thierry Vircoulon, « Les influences chinoises en Afrique. 1. Les outils politiques et diplomatiques du « “grand pays en développement” », Études de l'Ifri, Ifri, novembre 2021 ; p.3.

3 Confer Theophile Dzaka-Kikouta, « L'investissement en Afrique centrale », 2011, p.28. Disponible sur htt://www.cain.info/revue-outre-terre.htm

4 Zhao Alexandre Huang, « Servir le soft power et la diplomatie publique a la chine : analyse communicationnelle de l'université de Nairobie », paris est sup, thèse soutenue en 2020, p.127.

5 Wenu Becker, « Recherche scientifique et pratique Lubumbashi », Ed presse universitaire Lubumbashi, 2006, p.27.

6 Claude Sumata , op.cit, p.1310.

7 Confer Jean-Pierre Cabestan, op.cit, p.15.

8 M.Grawitz, « Lexique des sciences sociales », éd Dalloz, Paris, 7e éd, 2000, p.36.

9 Laramée.A et Valée, « La recherche en communication : élément de méthodologie », Presse de l'université de Québec, 1991, p.170.

10 Esambu Matenda Jean-Bosco « Relations internationales : Introduction », Lubumbashi 2018, p.27.

11 Nguway Kpalaingu Kadony, « organisations internationales », Edition d'Essai, 2022, p.116.

12 Idem, p.117.

13 Aktouf Omar, « Méthodes des sciences sociales et approche qualitatives des organisations : à la recherche classique Montréal », 1987, p.27.

14 N. Mulumbati, « Introduction à la science politique », collection savoir et conaitre, ed Africa-Lubumbashi, 1977, p.32.

15 Philippe Braelard , « Système et relations internationales », Genève, Masson, 1977, p.15.

16 Voir www.conrtl.fr

17 Marc Benoun, « Définitions du commerce et de la distribution », Définition selon la Nomenclature d'Activités Française, 2008, p.4. Disponible Sur http://www.colloc.minefi.gouv.fr/colo_struct_gest_loca/anim_econ/comm.html

18 Idem, p.5.

19 Définition de l'expansion disponible sur www.cnrtl.fr

20 Voir l'adresse www.formationgratuite.com consulté le 22 juin 2022 à 19h00

21 www.formationgratuite.com

22 Idem

23 Ibidem

24 Idem

25 Ibidem

26 Ibidem

27 Sassi Tmar « Introduction à l'économie générale contemporaine », 2013, p.170.

28 Idem, p.172.

29 Béla Balassa, économiste hongrois, 1928- 1991. Disponible sur www.google.com

30 Jean-Pierre Cabestan, « Les grandes orientations de la politique chinoise à l'égard de l'Afrique centrale et australe », Ifri, 2021, p.11.

31 Idem, p.12.

32 Ibidem

33 Conte, A.Bandung, « Tournant De L'histoire ». Paris : Robert Laffont, 1965.

34 Idem

35 Codja Laurindo de Chacus, « Les relations sino-africaines : Enjeux et défis à travers l'analyse du cas sénégalais », Université d'Ottawa, p.25. Disponible sur www.google.com

36 Codja Laurindo de Chacus, op.cit, p.26.

37 Idem

38 Dakaractu 2016, « Un accord de siège signé entre le Sénégal et le NEPAD. LA VIE SéNéGALAISE ». Tiré de https://www.laviesenegalaise.com/accord-de-siege-signe-entre-senegal-nepad

39 Codja Laurindo de Chacus, op.cit, p.28.

40 Codja Laurindo de Chacus, op.cit, p.28.

41 Idem

42 Ibidem, p.29.

43 Discours du secrétaire général des Nations Unies lors de l'ouverture du cinquième Forum sur la coopération sino-africaine en juillet 2012 à Pékin.

44 Codja Laurindo de Chacus, op.cit, p.29.

45 Idem

46 J. Sachs, « The End of Poverty: How We Can Make It Happen In Our Lifetime », Penguin Books, 2005.

47 Idem

Fin de l'extrait de 53 pages

Résumé des informations

Titre
Expansion du commerce chinois en Afrique centrale. Problème et Perspectives
Auteur
Année
2022
Pages
53
N° de catalogue
V1263332
ISBN (Livre)
9783346703187
Langue
Français
Mots clés
expansion, afrique, problème, perspectives
Citation du texte
Justin Mulendja (Auteur), 2022, Expansion du commerce chinois en Afrique centrale. Problème et Perspectives, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1263332

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Titre: Expansion du commerce chinois en Afrique centrale. Problème et Perspectives



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