Croissance Durable et Nouvelles Energies

Un Exposé


Dossier / Travail de Séminaire, 2008

10 Pages, Note: 1,2


Extrait

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Croissance Durable et Energies Nouvelles

Les élites économiques et politiques du monde entier ont compris il y a longtemps le fort lien qui unit croissance économique et sources de richesse, leur exploitation, leur quantité... La préoccupation à propos de ces sources de richesse touche le monde occidental dans les années 1970 où est commandé une étude sur l’avenir de la croissance en fonction du niveau de ressources naturelles présent sur le globe : c’est le modèle du club de Rome. Cette manifestation d’inquiétude est la première d’une longue série : on assistera successivement à la conférence de Stockholm, l’émission du rapport << Notre Avenir à Tous » ou encore le Sommet de la Terre à Rio.

Toutes les réflexions issues de ces événements ont permit d’arriver au début des années 1990 à la définition d’un nouveau modèle de développement : ledéveloppement durableest un << développement qui répond aux besoins des générations du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs »1. Evidemment, dans la notion de développement est entre autres contenu le concept de croissance : les états actuels doivent soutenir un taux de croissance suffisant pour faire face aux mutations économiques et politiques en marche, mais également penser au taux de croissance des générations futures, tout ceci dans un contexte d’économie mondialisé. Cela revient à dire que l’effort doit également être mondialisé.

Situation actuelle dans le domaine de l’énergie

Le domaine de l’énergie est particulièrement intéressant à observer en matière de croissance durable. Les menaces sont nombreuses et le secteur vital pour l’économie mondiale. En effet, le charbon, le pétrole et le gaz sont les principales ressources naturelles énergétiques et toutes les trois sont fossiles. Or, au-delà du fait que ces ressources libèrent énormément de gaz à effet de serre dans l’atmosphère, elles se font de plus en plus rares. Par exemple, certaines études estiment qu’il ne resterait en 2005 que 165 milliards de tonnes de pétrole brut exploitable dans le monde alors que sont produits et vendus dans le monde pour la même année près de 3,9 milliards de tonnes.2 A ce rythme, sans prendre en compte une probable augmentation à court terme de la consommation ni les probables découvertes de nouveaux gisements, il faudrait une quarantaine d’années avant d’arriver à épuisement.

Cette épée de Damoclès fait peser le spectre de la récession qu’un schéma économique simple nous permet de comprendre : la disparition des ressources entraîne une augmentation de leur prix, ce qui va provoquer pour les entreprises industrielles, agricoles et certaines entreprises de services une augmentation des coûts de production, donc des prix de vente et ainsi provoquer des problèmes de pouvoir d’achat pour le consommateur et de compétitivité pour le producteur. De plus, l’effet définitif de ce manque de ressources fossiles, dans l’éventualité d‘une stagnation des technologies énergétiques, préfigure une crise longue et profonde. Pensons qu’aujourd’hui déjà, le monde est secoué par les variations de prix des énergies, avec par exemple le baril de pétrole brut côté à plus de 100$ à New York.

Ce tableau du futur est dépeint aussi négativement car il est vu à l’époque actuelle, sans connaissance certaine de l’avenir, et est issu d’un sentiment d’insécurité relatif à l’approvisionnement en énergie. En effet, la situation décrite risque de se produire si aucune action n’est entreprise.

Heureusement, les pays développés inscrivent la recherche énergétique à leur agenda, même si ce n’est pas suffisant : le budget de recherche alloué par le Programme Cadre européen (Annexe 1) aux énergies nouvelles pour la période 2007 – 2013 n’est que de 2,35 milliards d’€ alors que celui alloué aux TIC dépasse 9 milliards d’€.3

Cette initiative de l’UE est intéressante, mais c’est surtout de la part des entreprises productrices d’énergie que l’on attend de grands pas en avant dans la recherche portant sur les énergies nouvelles et leurs modes d’utilisation. Cependant, ces grands groupes pratiquent souvent un lobbying intense auprès des organes politiques et macro-économiques afin de s’assurer de la conservation de la valeur mercantile actuelle des énergies fossiles. Par exemple, des groupes tels que le français Total cherchent à « repousser les limites » de l’exploitation des énergies fossiles et se concentrent trop peu dans leurs rapports annuels sur des questions d’énergies nouvelles.4 D’aucuns qualifient d’ailleurs cette attitude de suicidaire étant donné le contexte mondial et les ressources encore disponibles.

Les politiques économiques de ces groupes sont d’ailleurs parfois étranges : en effet, Total a entrepris il y a quelques années le développement un coûteux projet d’exploitation des sables bitumeux du Canada pour en retirer du pétrole. En plus d’être en opposition complète à l’aspect environnemental de la croissance durable, les groupes pétroliers mondiaux sont sûrs d’être sur le devant de la scène pendant encore des années, et ce à cause d’un manque de réactivité à la fois de la classe dirigeante et des habitants des états industrialisés.

On observe aujourd’hui en ce qui concerne les énergies nouvelles une réelle difficulté politique ainsi qu’un manque certain de volonté dans un certain nombre de pays. Prenons l’exemple de la France : en 2007 s’est tenu le Grenelle de l’Environnement.

Ce dernier a mis du temps à être organisé, ses conclusions ont été vivement critiquées, et les actions déjà mises en place sont peu nombreuses ou peu efficaces, mais surtout en partie antiéconomiques.5 Entre autres a été critiquée la taxe sur la pollution des véhicules particuliers, notamment à cause du fait qu’elle touche la consommation d’énergie polluante des ménages.

Quelque soit le degré d’implication du politique, il ne faut cependant pas oublier que cette avancée vers d’autres sources d’énergie ne doit pas se faire au détriment d’un taux de croissance suffisamment important pour permettre aux ménages de consommer malgré l’inflation. Cette idée est parfaitement illustrée par le protocole de Kyoto (1997) : un certain nombre d’états ont signé ce protocole qui prévoyait de réduire d’en moyenne 5,2 % les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2012 par rapport aux émissions constatées en 1990. Même si l’initiative paraît bonne, certains rapports constatent à quel point la mise en place d’une politique visant à atteindre ces objectifs serait coûteuse et relativement inefficace6, avec schématiquement une restriction de la production (légale pour respecter le protocole), une augmentation des prix et donc une perte de pouvoir d’achat. Il convient donc de rester réaliste dans les objectifs fixés afin de ne pas mettre en péril l’économie mondiale.

Une autre menace pèse sur le protocole de Kyoto : les restrictions d’émission de GES (gaz à effet de serre) s’appliquent particulièrement à chaque entreprise industrielle. Or si une entreprise pollue moins que son quota, elle peut revendre unpermis négociable de polluerà des entreprises ayant dépassé leur propre quota. Or, le problème est que ces permis se sont retrouvés à des prix dérisoires (0,02€ la tonne de dioxyde de carbone le 31/03/2008) car les quotas accordés à certains états étaient trop importants : acheter un permis de polluer revient beaucoup moins cher à une entreprise que de payer la taxe prévue par la loi.

Ainsi, les obligations du protocole de Kyoto sont difficilement respectées par la majorité des entreprises.

Malgré cette situation difficile, où une réelle prise de conscience collective tarde à arriver, il y a tout de même des raisons d’espérer : la technologie nous donne les moyens pour maîtriser des éléments naturels afin de les convertir en énergie utilisable par l’Homme ; ce sont les énergies renouvelables.

[...]


1 Rapport Brundtland, Commission mondiale sur l’environnement et le développement, 1987

2 BP Statistical Review of World Energy, 2005

3 Décision du Conseil de l’Union Européenne du 18 décembre 2006 : le Conseil valide les programmes de recherche de l’EU sur la période 2007 – 2013.

4 Rapport d’activités Groupe TOTAL, 2006, page 66.

5 Eric Le Boucher, Rédacteur en Chef, Le Monde, 30 Septembre 2007.

6 Note Economique de l’IEM, Septembre 2006, Les coûts économiques et l’inefficacité du protocole de Kyoto.

Fin de l'extrait de 10 pages

Résumé des informations

Titre
Croissance Durable et Nouvelles Energies
Sous-titre
Un Exposé
Université
Reims Management School RMS
Note
1,2
Auteur
Année
2008
Pages
10
N° de catalogue
V129017
ISBN (ebook)
9783640378951
ISBN (Livre)
9783640379064
Taille d'un fichier
3110 KB
Langue
Français
mots-clé
Croissance, Durable, Nouvelles, Energies, Exposé
Citation du texte
Steffen Männle (Auteur), 2008, Croissance Durable et Nouvelles Energies, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/129017

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Titre: Croissance Durable et Nouvelles Energies



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