Jean Paul Sartre - son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre


Thèse Scolaire, 2005
31 Pages, Note: 1,0

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Contents

1. Introduction

2. Sa vie

3. Sa philosophie

4. La situation parisienne de l´après-guerre

5. Son influence et ceux qui apprennent de lui

6. Conclusion

7. Appendice :
a) Photos - sur les traces de Jean – Paul Sartre
b) Bibliographie
c) Crédits photographiques
d) Assurance / Versicherung

1. Introduction

Jean-Paul Sartre – c´est premièrement un philosophe, romancier, dramaturge, critique littéraire et journaliste. Il est également engagé dans la plupart des combats politiques de son temps, il apparaît comme un homme épris de liberté et intensément présent au monde. On l´a même comparé à Voltaire, le grand philosophe du « Siècle des Lumières », à cause de sa curiosité universelle, de sa capacité de travail et d´ intervention qu´il met au jour. Cet homme singulier est connu pour sa culture immense et un goût manifeste qui efface les frontières non seulement entre les disciplines ( philosophie, psychanalyse, littérature, etc.) et les continents, mais encore entre les peuples et les classes.

Pour la première fois, j´ai remarqué Jean – Paul Sartre comme auteur et philosophe pendant la lecture de son oeuvre « Huis Clos » en classe. Dès le début de cette pièce les pensées principales de l`existentialisme apparaissent partout. Il y a seulement un os: d´ordinaire, on doit les reconnaître par soi-même. Et cela peut être vraiment un challenge, si on n´est pas familiarisé avec la philosophie sartrienne. Mais, si on a comprit celle-ci, « Huis Clos » - juste autant que les autres œuvres - se convertit en un livre absolument fascinant puisque, peu à peu, le lecteur découvre la signification de la matière, qui est par endroits extrêmement abstraite, et la porte pour entrer dans le monde existentialiste s´ouvre à lui.

Aujourd´hui, l ´existentialisme n´est pas très répandu. Autrefois, à partir des années quarante, il vit sa floraison. Tout le monde en fait connaissance, tout le monde en parle. Le « Quartier latin » de la capitale française, Paris (particulièrement le Boulevard « Saint-Germain »), devient un lieu central des adeptes de cette nouvelle vague philosophique. Sartre et sa « famille » s´ y rencontrent régulièrement; leurs cafés, où ils développent la théorie existentialiste, appartiennent, même de nos jours, aux intellectuels du monde entier.

Dans les pages suivantes, j´aimerais bien présenter la personnalité de Sartre et la philosophie à laquelle il donne son empreinte comme nul autre au préalable. Je regarde exactement la maison de sa naissance, son enfance, sa jeunesse, parce que ces aspects sont décisifs pour son avenir. Qui sont ses amis? Pourquoi veut-il devenir écrivain? Et comment crée-t-il sa carrière, son évolution? Un autre point est sa prédilection pour l´existentialisme. Mais quelles sont les raisons pour celle-ci?

Néanmoins, pour être capable de répondre à ces questions, il ne faut pas oublier la situation et la société de cette époque. C´est, à savoir, le temps de l´après-guerre, la seconde guerre mondiale, et on se trouve dans une « renaissance » d´esprit. Les gens, après la souffrance des années passées, désirent ardemment une culture ordonnée qui les aide de maîtriser la vie quotidienne encore trop grise. Ainsi, c´est clair qu´ils se laissent séduire par l´existentialisme et ses pionniers qu` ils admirent beaucoup. Notamment, c´est la jeunesse qui montre un tel comportement. Pourquoi? Quel est le rôle de Sartre et comment réussit-il à influencer la vie parisienne de la seconde moitié du 20ème siècle?

Les chapitres suivants me servent à trouver des réponses plausibles et à transmettre l´image la plus complète possible sur le sujet. De plus, les photos dans l´appendice et les nombreuses sources sont utilisées pour la compréhension de « Jean –Paul Sartre – son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre ».

2. Sa vie

Sartre est né le 21 juin 1905 à Paris, dans le XVIème arrondissement, dans une famille de la bourgeoisie aisée, comme fils d´un sous-lieutenant de marine Jean – Baptiste Sartre et sa femme Anne – Marie Schweitzer (elle est une nièce d´Albert Schweitzer). Quelques jours plus tard on baptise l´enfant selon le rite protestant-calviniste au nom de Jean – Paul. Mais déjà à l´âge de deux ans le premier revers de fortune le frappe: son père meurt d´une bronchite et il doit partir s´installer avec sa mère chez ses grands-parents à] Cherbourg. A partir de ce moment le grand – père de Jean-Paul assume son éducation, puisque Anne – Marie est complètement subordonnée dans cette maison, elle n´a plus d´influence sur son fils. Sartre se rappelle: « Jusqu´à dix ans je restais seul avec un vieillard et deux femmes »1. Le grand-père est très fier de son petit-fils, il le gâte beaucoup. Concernant cela Francis Jeanson remarque: « Pendant des années, on lui a répété qu´il était un don du ciel, une merveille, (...). Orphelin de père, il lui a manqué d´emblée cette sorte d´assurance, de respect de soi que le géniteur communique à sa progéniture et qui s´appelle « droit de vivre» »2. En 1911 la famille de Sartre revient de nouveau à Paris, la situation pour Sartre ne change pas. Au contraire, il pense que les adultes le modèlent et qu´il n´a pas assez de liberté pour se développer comme il veut : « Ma vérité, mon caractère et mon nom étaient aux mains des adultes ; j´avais appris à me voir par leurs yeux ; j´étais un enfant, ce monstre qu´ils fabriquent avec leurs regrets.»3 En conséquent, le garçon n´arrive pas à se faire de camarades, il est vraiment rejeté par les autres enfants. Mais, en même temps, Sartre développe son intérêt pour le théâtre: inspiré par le petit théâtre des marionnettes dans le Parc du Luxembourg, où il fait des promenades avec les adultes, il crée ses propres pièces. Son talent pour l´écriture est né.

Après cette enfance dans le cocon familial, jusqu´à l´age de dix ans il reste en famille, Jean-Paul entre au Lycée Henry IV en octobre 1915, en classe de sixième. Là, il rencontre Paul - Yves Nizan qui est son premier ami et qui reste son ami toute sa vie. Deux années plus tard, Sartre, sa mère et son nouveau mari vont à La Rochelle (un village au bord de l´Atlantique) où le garçon se sent, pour la première fois, complètement négligé. Selon Sartre ce sont les plus mauvaises années de sa vie. Il n´a pas d´amis et il lui manque des grands-parents qui l´aiment et qui répondent à tous ses désires. En plus, il n´accepte pas son beau-père, il le déteste instamment. C´est ce qu´il raconte plus tard : « [Mon beau-père] a été, constamment, le type contre lequel j´écrivais. Toute ma vie »4. En 1920 il revient d´ « exil » et il apparaît de nouveau à son vieux lycée. Nizan y est encore élève, tous deux deviennent, presque immédiatement, « indiscernables » , et on les appelle « Nitre » et « Sarzan ». S´ils sont fanatiques des livres et de la plume, ils savent que la ville les attend et c´est d´elle que vient la reconnaissance suivante: ils veulent devenir écrivains. Jusqu´ en 1924 Sartre fait ses études scolaires, mais il commence à s´ennuyer tôt. « C´est un ennui profond, profond, le cœur profond de l´existence, la matière même dont je suis fait »5. Le jeune homme ne sait pas quoi faire avec lui-même. Tout à coup, il perd ses plans, ses buts. Au lieu de cela, il pense régulièrement au suicide et un jour il écrit à Nizan: « (...) plus absurde est la vie, moins supportable la mort »6. Mais son ami sait un remède effectif, il lui propose d´explorer leur ville. Les élèves jouent les grands conquérants et leur commune aventure exceptionnelle leur sert aussi à éprouver et affermir leur cohésion. Mais en se livrant à des véritables incursions dans la capitale, les amis négligent leurs études scolaires. Comme ils sont tout de même des élèves brillants, ils entrent à l´Ecole Normale Supérieur à Paris, qui est une des plus renommées en France, et leur vie se met à changer rapidement. Ils sont pleins d´idées qu´ils veulent communiquer aux autres, ils rédigent des courts récits pour de nombreuses revues estudiantines. La première publication du jeune Sartre est « L´Ange du Morbide » dans la « Revue sans titre ». En 1929 Jean-Paul est reçu premier à l´agrégation de philosophie; Simone de Beauvoir, qu´il ne connaît pas jusqu´à ce moment, est seconde; Paul – Yves Nizan est troisième. Or, une nouvelle amitié naît dans la vie de Sartre puisqu´il est fasciné par Simone (aussi surnommée « Le Castor »). Tous deux découvrent leurs ressemblances et s´unissent pour être toujours ensemble, pour aider l´un l´autre, pour travailler. Ils se conduisent comme un couple, mais ils ne veulent pas du tout se marier, parce que la liberté est plus importante que l´autres choses. Avec les autres étudiants de philosophie, ils forment une sorte de clan. Cela veut dire: ils se rencontrent chaque jour dans les nombreux cafés du « Quartier latin » (par exemple dans « Le Flore » ou dans les « Deux Magots ») pour échanger leurs opinions sur sujets différents, pour discuter.

Pendant les années 1929 et 1931 Sartre accomplit son service militaire à Tours, puis, il devient professeur de Français et de philosophie dans plusieurs écoles françaises. Il passe aussi quelque temps à Berlin et se familiarise avec des oeuvres d´Husserl, d´Heidegger et d´Hegel qui l´impressionnent beaucoup. Au printemps 1935, Sartre tombe amoureux d´une élève du Castor, Olga Kosackiewicz. Mais comme on lui donne une possibilité de publier son premier livre en développant le sujet de son diplôme, il lâche le roman avec la jeune fille de Rouen. Ainsi, Sartre se jette sur le travail, il utilise dans son œuvre de psychologie phénoménologique toutes ses expériences avec la philosophie allemande, comme « Un essai sur l´Imagination » (1936) et « La Transcendance de l´ego » (1937) le prouvent. Parallèlement à sa réflexion philosophique, il invente « l´écriture narrative, romanesque, sans que l´étanchéité entre les deux soit recherchée »7. Les exemples de cette vision nouvelle où le monde est dominé par le dégoût et le désespoir sont : « La Nausée » (1938) et « Le Mur » (1939). Comme dans ce dernier il s´agit déjà de la morale existentialiste que tombe sur désapprobation, ce livre suscite un scandale et produit une image d´un Jean-Paul Sartre provocant qui, à chaque pas, s´éloigne d´ « un fils de bonne famille ». Au contraire, concernant sa vie d´amour il se transforme en « enfant terrible » qui joue avec les femmes sans avoir de remords, mais, peut-être, c´est le caractère de la société d´alors. Un exemple: « Colette A. essaie en vain de reprendre sa liaison avec Sartre, qui a une liaison épisodique avec Bianca B., qui a une liaison régulière avec le Castor, qui a une liaison à éclipse avec Bost, qui a une liaison fixe avec Olga, qui veille avec soin sur la liaison de Wanda avec Sartre. Tout le monde étant fort jaloux de tout le monde, il faut mentir, manœuvrer. Epuisant »8.

Après l´éclatement de la deuxième guerre mondiale Sartre est mobilisé comme infirmier à Nancy. Il ne lutte pas, mais il souffre énormément quand même. La misère qu´il voit chaque jour s´enfonce profondément dans son cœur et ne le quitte jamais. Le 21 juin 1940, c´est à son 35ème anniversaire, il est fait prisonnier par les Allemands. « J´ai été un peu fou de faim, pendant deux, trois jours, comme beaucoup de mes voisins; on délirait parce qu´on n´avait rien á manger, on était là, couchés sur le sol ; on avait des heures de délire, des heures de sang-froid, ça dépendait »9. L´homme qui aime la liberté se sent mal à l´aise dans le camp comblé. Donc, pour se distraire, il commence à écrire quelques pièces pour le théâtre des prisonniers dans lesquelles il reflète leur situation fâcheuse. Mais bientôt Sartre a une chance absolument inattendue. En avril 1941 il réussit à s´échapper du camp en se faisant passer pour un civil. Cette expérience extraordinaire inspire Sartre, il découvre que « puisque Dieu n´existe pas, l´homme est seulement ce qu´il se veut et ce qu´il se fait »10. Etant relâché et pratiquant sa profession de nouveau, Sartre se rencontre avec des amis parisiens (« les existentialistes, la gauche, les jeunes intellectuels qui hantent Saint-Germain-des-Près »11 ) - Beauvoir, Nizan, Quenaeau, Leiris, Giacometti, Vian et Camus- parce qu´ il a besoin d´eux pour aider la Résistance dans son travail. Bien sûr, c´est dangereux, Sartre, pourtant, persiste dans ce plan. A ce moment-là, il n´éprouve pas de peur du tout, mais il éprouve désespoir, haine et désir de s´engager. Parallèlement, il publie « L´Etre et le Néant » (1943), qui devient son œuvre philosophique principale, et il présente sa pièce « Les Mouches » (1943), suivi de « Huis Clos » en mai 1944 (après l´épreuve de la « Wehrmacht »). Peu à peu, Sartre atteint beaucoup de succès comme auteur et, par conséquent, il peut se permettre terminer son activité comme professeur. Sartre est aussi envoyé aux Etats-Unis par le journal « Combat » pour couvrir la conférence de la Résistance. En outre, il crée sa propre revue « Les Temps Modernes » (1945) qui exprime son essai de s´imposer dans le monde politique. Il écrit « La Putain respectueuse » (1946) et « Morts sans séparation » (1946). En 1948 il publie « Les Mains sales », puis, « Le Diable et le Bon Dieu » (1951), « Kean » (1953) et « Nekrassov » (1955). A partir de ce temps Sartre prône un théâtre où se sont débattues les grandes questions contemporaines, à travers des personnages pris dans des situations violentes, extrêmes, dont l´enjeu est toujours le sens, la liberté, la responsabilité, les exigences souvent en contradiction avec l´action. Mais pas tout le monde est d´accord avec lui, la gloire se mêle à la moquerie. Pour s´éloigner des opinions différentes sur sa conception du théâtre, Sartre décide de s´associer avec le parti communiste. Au cours de cela, il fait - accompagné par Simone de Beauvoir - des nombreux voyages dans les pays des « rouges »: à Cuba (avant et après la prise de pouvoir par Fidel Castro, qu´il rencontre), en URSS, en Chine et Brésil, dans la Yougoslavie de Tito et même en Egypte.

Entre-temps, Sartre revient à la littérature en publiant « Les Séquestrés d´Altona » (1959) et la première partie de son autobiographie « Les Mots» (1964), pour laquelle on lui décerne le « Prix Nobel de la Littérature ». Encore une fois il réagit d´une manière pas conventionnelle, car il refuse le prix. L´existentialiste fanatique ne se laisse pas intimider par la critique de tous côtés. Au lieu de cela, il continue à poursuivre sa ligne. En 1965 on peut voir une adaptation des « Troyennes » d´Euripides, ensuite Sartre se consacre aux arts de la communication en général : il écrit plusieurs scénarios de films et participe à nombre d´interviews, de conférences et d´émissions de radio. Mais le grand homme s´occupe aussi de sa vie privée. La même année, il introduit une requête en vue de l´adoption d´Arlette Elkaïm –une jeune fille dont la mère est décédée et dont les relations avec son père et sa belle-mère sont inexistantes-, parce qu´il n´a pas d´enfant, pas d´héritier proche. La loi française accepte la requête le 18 mars. Son prochain pas est l´engagement en mai 1968 en sympathisant avec les étudiants et les ouvriers qui se révoltent. Il déclare: « Ces jeunes gens ne veulent pas d´un avenir qui sera celui de leurs pères »12.

Ensuite, cinq ans plus tard, le bonheur se détourne de lui, il est frappé de cécité et doit arrêter la majeure partie de ses activités, mais il ne se condamne pas. En 1974, il s´entretient avec Andreas Baader à Stuttgart; pendant l´année 1976 il termine les dix volumes des « Situations » qui gardent la trace de tout son travail critique et politique. Bien que Sartre soit un homme célèbre, il vit dans la pauvreté. A propos de cela Bernard-Henri Levy remarque le suivant : « Pas d´objets. Guère de meubles. Une table en Formica blanc. Des cendriers. Une impression de grand désordre et d´austérité »13. Le 19 mars 1980 Sartre se sent très mal, Simone de Beauvoir- en voulant le réveiller- trouve Sartre « assis au bord de son lit, haletant, presque incapable de parler »14. Ensuite, on le conduit à l´hôpital « Broussais », où il meurt le 15 avril d´un œdème pulmonaire qui se résorbe vite. Environ 50 000 personnes qui veulent rendre hommage « à l´homme et aux libertés qu´il incarnait » suivent son cortège funéraire jusqu´ au cimetière de Montparnasse le19 avril. Là, Jean-Paul Sartre trouve son repos éternel.

3. Sa philosophie

Jean-Paul Sartre élabore une philosophie de l´être humain où « la notion de liberté et de responsabilité jouent un rôle central »15. Ce qu´il considère comme assez avancé, c´est que le mouvement existentialiste prend l´existence comme centre de réflexion. « Je pense, donc je suis » (Descartes) devient un slogan exemplaire pour lui. Et la raison pour tel attitude est facilement compréhensible. La montée du nazisme et l´occupation de la France par les Allemands causent une désillusion forte. Mais, heureusement, elle n´est pas une démission et peu de temps avant Sartre s´embarque dans les pensées des philosophes différents en accordant une place central à la liberté humaine. Ainsi, les racines de la réflexion de Sartre sont des influences complexes et parfois contradictoires. Tout d´abord, il faut mentionner Hegel, Marx et Freud (théorie du travail humain), Husserl et Heidegger (notion de « Dasein »). Cependant, Sartre hérite également de la philosophie de Descartes et, finalement, de Kierkegaard, le « père de l´existentialisme »16. Or, les idées-motrices de l´anthropologie sartrienne, qui proviennent de l´existentialisme athée, sont : 1. la distinction entre « l´être des objets extérieur » (« l´en-soi »17 ) et « l`être de la conscience » (« le pour-soi »17 ), 2. la distinction entre « l´essence » et « l´existence ». Concernant le premier point, on peut dire que l´homme, d´une part, fait partie de « l´en-soi » par son corps, son ego et son passé. De ce point de vue, il est aussi absurde et « de trop » parce qu´il n´est ni actif ni passif ; il ne montre ni affirmation ni négation. L´homme, dans ce cas, appartient au domaine de l´essence, de ce qui est déterminé. D´autre part, l´homme, comme « l´être de la conscience », est son seul maître qui crée son esprit, ses idéaux, ses valeurs parce qu´au départ il ne possède aucune identité. Et, ce qui est le plus important, l´homme se crée lui-même, il n´a pas besoin de Dieu ( Sartre est parfaitement convaincu de sa non-existence ). Cet aspect constitue la liberté qui représente le pouvoir de la conscience de « néantiser ». Cela veut dire: d´annihiler les divers déterminismes dont elle peut être l´objet pour qu´elle soit capable de se manifester dans tous les actes de l´homme. Selon Sartre on ne peut pas éviter ce procès, puisque « l´homme est condamné à être libre », il est contraint d´en faire usage et d´accomplir ses choix, son but est l´engagement total. En résumé, la liberté est le pouvoir que détient la conscience de se soustraire à la chaîne des causes et d´échapper aux déterminations naturelles.

Le thème numéro deux dans les pensées de Sartre est : « l´existence précède l´essence ». « Cela signifie que l´homme existe d´abord, se rencontre, surgit dans le monde, et qu´il se définit après. L´homme, tel que le conçoit l´existentialiste, s´il n´est pas définissable, c`est qu´il n´est d´abord rien. Il ne sera qu´ensuite, et il sera tel qu´il se sera fait. (...) L´homme est d´abord ce qui se projette vers un avenir, et ce qui est conscient de se projeter dans l´avenir »18. Par cette affirmation Sartre explicite que l´individu se définit (« essence »), au moment de sa mort, par (l´ensemble de) ses actes. En conséquence, on est ce qu´on fait. Parallèlement, comme l´homme n´est pas créé par Dieu, il doit trouver en lui ses propres valeurs et il doit décider par lui-même les actes qu´il commet. Il est donc responsable de ce qu´il est, de son succès comme de ses échecs. « La vie morte », une vie sans modification, sans mouvement, pour lui, n´existe pas. Mais pour se réaliser, il lui faut aussi les autres qui lui donnent une évaluation sur sa personne de l´extérieur. Or, comme il se voit de l´intérieur, l´homme peut mettre ensemble ces deux images et il se trouve, normalement, confirmé. D´après Sartre les rapports entre les hommes sont inévitables, ils servent de l´accumulation des actes, et, plus tard, de la formation de « l´essence ».

Par contre, « la mauvaise foi », qui est le trait de caractère de nombreux individus, empêche la connaissance de soi-même. En masquant la vérité déplaisante et fuyant la sincérité, on ment à soi-même, le trompeur et le trompé sont unis dans une personne. Pour Sartre cet état et le plus grave dans la vie de l´homme parce qu´à ce moment-là il ne pense pas. Il agit sans réfléchir en voulant cacher la réalité, son triomphe sur « la bonne foi » est d´une durée momentanée.

[...]


1 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 129

2 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 129 / p.130

3 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 130

4 Simone de Beauvoir: La cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 65

5 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 131

6 Francis Jeanson: Sartre / Ecrivains de toujours ; Paris, Editions du Seuil, 1955, p. 132

7 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015

8 Denis Bertholet: Sartre; Paris, Plon, 2000, p. 199

9 Simone de Beauvoir: La Cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 491

10 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015

11 http://www.memo.fr/article.asp?ID=PER_CON_015

12 Michel Contat/Michel Rybalka: Les écrits de Sartre, Paris, Gallimard, 1995, p. 463

13 Ibid., p. 308

14 Simone de Beauvoir: La cérémonie des adieux ; Paris, Gallimard, 1981, p. 152

15 http://www.philocampus.com/histoire.php?page=sartre

16 http://www.momes.net/dictionnaire/e/existentialisme.html

17 http://www.cvm.qc.ca/ccollin/conception/existentielle/anthropologie.htm

18 Jean-Paul Sartre: L´existentialisme est un humanisme, Paris, Gallimard, p. 29-30

31 de 31 pages

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Titre
Jean Paul Sartre - son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre
Note
1,0
Auteur
Année
2005
Pages
31
N° de catalogue
V131254
Taille d'un fichier
4921 KB
Langue
Français
mots-clé
Jean, Paul, Sartre, influence, vie, Paris, parisienne, jeunesse, guerre, après-guerre, Beauvoir, Simone, Saint-Germain, Flore, Sorbonne, 68, Montparnasse
Citation du texte
Wioletta Agadjanowa (Auteur), 2005, Jean Paul Sartre - son influence sur la vie parisienne et sur la jeunesse de l´après-guerre, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/131254

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