Lutte contre le paludisme. Les facteurs déterminants du paludisme simple chez les enfants de moins de cinq ans à Mananjary


Mémoire (de fin d'études), 2021

65 Pages, Note: Bien


Extrait

SOMMAIRE

INTRODUCTION

I. GÉNÉRALITÉS

II. MÉTHODOLOGIE
11.1. Caractéristiques du site d’étude
11.2. Type d’étude
11.3. Période étudiée
11.4. Durée de l’étude
11.5. Population d’étude
11.6. Mode d’échantillonnage
11.7. Taille de l’échantillonnage
11.8. Mode de collecte des données
11.9. Mode d’analyse des données
11.10. Variables étudiées
11.11. Limites de l’étude
11.12. Considérations éthiques

III. RÉSULTATS
111.1. Facteurs socio-personnels de l’enfant
111.2. Facteurs socio-économiques des parents/familles
111.3. Facteurs environnementaux
111.4. Connaissances, attitudes et pratiques (CAP) des ménages

IV. DISCUSSION

V. SUGGESTIONS

CONCLUSION

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

RÉSUMÉS EN ANGLAIS ET EN FRANCAIS

DÉDICACES

 ma compagne et notre fils Bemananjara Herihajaina Steaven, « Vous ètes pour moi un soutien, une force et puissance inégalable ä mes cotés, vous m’avez aidé ä gravir les montagnes de la vie et des savoirs et des connaissances. Que DIEU vous illumine tous les jours de votre vie, et que la chaleur de joie, de santé, de bonheur et prospérité remplisse notre foyer de tous les jours. »

 mes parents, mes fratries, toute ma famille et belle famille, « Que le Bon Dieu Tout Puissant, Dieu de Bonheur et de Prospérité, soit toujours avec vous et ä tous ce que vous entreprenez. Toutes mes gratitudes pour toutes les sacrifices que vous avez fait pour nous et tous votre soutiens inestimables.»

 tous les Apprenants de la Promotion Master en Sciences Infirmières, « Que Dieu veille sur nous en tout temps, nous illumine et nous donne la force tout au long de notre vie et de notre carrière dans la mise en wuvre des connaissances et savoirs qui nous ont accaparé notre temps. Notre partage de joie, de bonheur et de galère ne sera oublié ä tous jamais.»

 tous les Apprenants Cadre de Santé Sixième Promotion, « Que Dieu Tout Puissant nous illumine et nous guide toujours sur le bon et droit chemin. Notre partage de savoir, de joie, de bonheur et de galère soit gravé en nous ä tout jamais »

REMERCIEMENTS

 Notre Présidente de Mémoire Professeur RAJAONARISON Bertille Hortense Professeur Titulaire d’Enseignement Supérieur et de la recherche en Psychiatrie a la Faculté de Médecine, Chef de Service de santé mentale au CHU-SSPA, Ancienne Présidente de Collège des Enseignants a la Faculté de Médecine, Directeur de ce mémoire, «Vous nous avez fait l’honneur de diriger ce mémoire. Vous nous accordez vos précieux temps malgré vos nombreuses responsabilités et occupations. Veuillez agréer notre très sincères et respectueuses considérations»  Nos Maitres et Honorables Juges Professeur RAHARIMANANA Rondro Nirina Chef de service Pneumophtisiologie au CHU Fenoarivo Professeur Titulaire de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique et Docteur RALISIMALALA Andriamampianina Chef du service pédagogique et scientifique a l'INSPC Enseignante a la Faculté de médecine et a l'INSPC « Vous nous accordez vos précieux temps a la lecture en acceptant de juger ce travail, votre rigueur scientifique et sens critique bien aiguisé nous renforce et inspire a une amélioration continue. Veuillez agréer notre très haute considération.»  Notre Encadreur de Mémoire et Chef de Parcours, Madame RAKOTOZAFY Éléonore Sébastienne Sage-femme diplömée d’État / Cadre de Santé Chef de Parcours MSI /Cadre de Santé a l’INSPC, « Malgré votre occupation, votre âge et votre lourde responsabilité, vous avez consacré vos temps précieux pour les lectures et l’amélioration de ce travail. Votre contribution sur nos développement personnel et épanouissement professionnel reste gravé en nous a tout jamais, Veuillez accorder l’assurance de notre sincère reconnaissance.»

 tous les Enseignants et Personnels de l’INSPC,

« Vous avez accepté de nous partager votre connaissances, savoirs et expériences, malgré vos multiples responsabilités et occupations, Nous vous en sommes très reconnaissants.»

Au Chef SDSanP Mananjary, a toute l’équipe de l’EMAD et tous les personnels du SDSanP Mananjary, Qui nous a facilité l’étude, nous encourage et nous appui sur l’évolution professionnelle et de plan de carrière.

 Monsieur l’Adjoint Technique de SDSanP Mananjary, Responsable du programme de lutte contre le paludisme, et le Responsable SIG du SDSanP Mananjary,

Qui nous accorde la réalisation de cette présente étude ainsi que l’utilisation des bases de données de statistique sanitaire du SDSP sur le paludisme.

 Monsieur le Responsable Programme Élargie de Vaccination et l’équipe PEV de SDSanP Mananjary, Qui nous encourage a continuer notre étude pour une évolution de plan de carrière professionnelle et de nous avoir fournis et accorde l’utilisation des données statistiques sanitaire de sectorisation.

Au Chef de CSBU Mananjary, a l’équipe sentinelle de surveillance épidémiologique du CSBU, ainsi qu’a tous les personnels, bénévoles, stagiaires et étudiants, Qui nous accueille a bras ouvert, nous accorde la réalisation de cette étude au sein de CSBU, et nous encourage a la continuation notre étude.

 Tous ceux qui ont contribué de près ou de loin a la réalisation de ce travail, «Nous VOUS en sommes TOUS très reconnaissant» « Nos vifs et sincères remerciements ».

LISTE DES ABRÉVIATIONS ET ACRONYMES

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I: Répartition des cas et témoins selon les facteurs socio-personnels de l’enfant

Tableau II: Répartition des cas et témoins selon les facteurs socio-économiques des Parents/Famille

Tableau III: Répartition des cas et des témoins selon les facteurs environnementaux

Tableau IV: Répartition des cas et des témoins selon la CAP des ménages

INTRODUCTION

Le paludisme s’avère l’infection parasitaire la plus fréquente dans le monde. Elle se transmet par une piqüre de moustique du genre Anophèles. Quatre espèces principales sont en causes : Plasmodium falciparum, Plasmodium ovalae, Plasmodium vivax et Plasmodium malariae. Le moustique constitue l’höte définitif, l'anophèle femelle joue le röle de vecteur exclusif d’une maladie strictement interhumaine. Sur plus de 500 espèces d'anophèles connues, près d'une cinquantaine sont capables de transmettre le Plasmodium. L’homme constitue l’höte intermédiaire, seul höte réservoir, avec un cycle schizogonique ou asexué. Des formes sexuées assurent la transmission et la survie de l’espèce et l'acquisition d’une immunité de type prémunition au prix d’une mortalité infantile très élevée pour le Plasmodium falciparum. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a défini les critères de gravité du paludisme, mais il convient de préciser qu’aucun accès dü au Plasmodium falciparum n’évolue vers la gravité si la prise en charge commence précocement au moment de l’accès simple, qui ne comporte que les symptömes suivants : fièvre, frissons, céphalées, troubles digestifs. Tout symptöme supplémentaire doit etre considéré comme un élément d’aggravation [1-3].

Sur le plan mondial, le paludisme devient une priorité de santé publique vu qu’il se place parmi les premières causes infectieuses de mortalité dans les zones d’endémie. Le nombre de cas de paludisme est estimé a 228 millions en 2018, 219 millions en 2017, contre 217 millions en 2016 et 239 millions en 2010. Le nombre de décès liés a cette maladie a été estimé a 405 000 en 2018, 435 000 en 2017, contre 451 000 en 2016 et 607 000 en 2010. Toutefois, la réduction de la mortalité due au paludisme a connu un ralentissement sur la période 2016-2018 par rapport a la période 2010-2015. Les enfants de moins de cinq ans s’avèrent les plus vulnérables face a cette maladie, ils représentent les deux tiers (67%) des décès dus au paludisme en 2018, 61% (266 000) en 2017, et un enfant sur deux meurt toutes les deux minutes de cette maladie dans le monde [4,5].

En Afrique, le paludisme pèse le plus lourdement et entraine des répercussions socio- économiques négatives 6. Sur le million de décès annuels dü au paludisme, environ 91% se produisent en Afrique et 85% chez les enfants de moins de cinq ans. Le paludisme consomme les 40% des dépenses de santé publique en Afrique, il entrave la scolarité des enfants et, ainsi, le développement social. Les 10 pays ou le paludisme sévit le plus en Afrique ont rapporté une hausse de 3,5 millions supplémentaire du nombre de cas en 2017 par rapport en 2016. Parmi ces pays, le Nigéria, Madagascar et la République démocratique du Congo ont enregistré les plus fortes augmentations, toutes estimées a plus d’un demi-million de cas. La charge mondiale de paludisme reste largement concentrée dans la région africaine qui a représenté 93% de tous les cas de paludisme en 2018 [7,8].

Le rapport de l’OMS montre une correlation positive forte entre le paludisme et l’anémie chez les enfants de moins de cinq ans vivant en Afrique subsaharienne. Quelque 24 millions d’enfants de cette région sont infectés par le parasite plasmodium falciparum. Sur ces 24 millions, 12 millions ont présenté une anémie modérée, et 1,8 million une anémie sévère qui constitue un facteur de risque majeur de mortalité infantile [9-13].

A Madagascar, la période de transmission dépend du faciès épidémiologique. En 2015, le paludisme a représenté la troisième cause de morbidité au niveau des Formations Sanitaires (FS) et s’est chiffré a 10,13% tout âge confondu et a 18,60% chez les enfants de moins de cinq ans. Quant a la mortalité, son niveau se situe a 12,30% tout âge confondu et a 25,70% des enfants de moins de cinq ans, toutes causes confondues. L’incidence du paludisme représente 3,10% tout âge confondu et 6,70% chez les enfants de moins de cinq ans en 2015. Le paludisme constitue le quatrième motif de consultation dans les centres de santé et les höpitaux, et la quatrième cause de mortalité. La prevalence du paludisme dans les zones a faciès épidémiologique équatoriale est évaluée a 9% en 2016 chez les enfants de moins de cinq ans [14,15].

A Mananjary, classé zone endémique de paludisme, la prevalence hospitalière de paludisme est estimée a 14,34% en 2018, contre 17,23% en 2017. Parmi les 32 266 enfants de moins de cinq ans venus en consultation externe dans toutes les formations sanitaires du district sanitaire de Mananjary, 5 100 soit 15,80% ont été diagnostiqué positif au paludisme en 2017, et 3 826 cas de paludisme recensés chez les enfants de moins de cinq ans au rapport annuel du district sanitaire en 2018 soit 11,75%, parmi les 32 574 16. Le paludisme fait parti des motifs fréquents d’absentéisme des jeunes écoliers, engendre une dépense médicale des ménages, sans oublier les répercussions psychosociales et professionnelles des parents/familles.

Ce qui suscite la question sur les facteurs associés a la survenue du paludisme simple des enfants de moins de cinq ans a Mananjary, dans la présente étude, faisant sortir une hypothèse : les facteurs socio-environnementaux et les connaissances-attitudes- pratiques des ménages affectent la survenue du paludisme simple chez les enfants de moins de cinq ans a Mananjary. La présente étude a pour objectifs de déterminer les facteurs socio-environnementaux et les connaissances-attitudes-pratiques des ménages associés au paludisme simple des enfants de moins de cinq ans a Mananjary, afin de proposer des suggestions en fonction des résultats.

La présente étude se divise en cinq parties dont la généralité, la méthodologie, la présentation des résultats puis la discussion et enfin les suggestions afférentes.

I. GÉNÉRALITÉS

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés par l’Organisation des Nations Unies (ONU) en 2015 visent a garantir une vie en bonne santé et a promouvoir le bien-etre pour tous les enfants. La cible 3.2 figurant dans l’ODD 3 consiste a éliminer les décès évitables d’enfants de moins de cinq ans d’ici 2030, ramener la mortalité des enfants moins de cinq ans a 25 pour mille naissances vivantes au plus dans tous les pays. Les objectifs restent encore loin d’etre atteints, malgré les efforts bien palpables [17,18].

Selon le résumé d’orientation par le groupe consultatif stratégique sur l’éradication du paludisme de l’OMS, le succès d’une approche d’éradication du paludisme exige des efforts ciblés dans quatre domaines. L’une des priorités majeures consiste le renouvellement du programme de recherche et de développement. Les autres priorités comprennent l’accès a des services de santé abordables, axés sur les patients, un système de surveillance et d’intervention fiable, rapide et précis, et le développement de stratégies nationales et infranationales adaptées aux conditions locales [19,20].

Selon l’OMS, la clé de la réussite de la lutte contre le paludisme réside dans la couverture sanitaire universelle. L’accès des personnes exposées au risque de paludisme, en particulier les femmes enceintes et les enfants, a des services de santé primaire s’avère nécessaire pour prévenir, diagnostiquer et traiter cette maladie mortelle. La couverture sanitaire universelle, adossée a un système de santé primaire fonctionnel, est essentielle pour éliminer le paludisme dans le monde et atteindre les objectifs de développement durable liés a la santé. L’accès aux soins reste bien trop faible pour les jeunes enfants d’Afrique subsaharienne montrant des signes de fièvre. Selon des enquetes nationales menées ces dernières années, aucun prestataire de santé formé n’a été sollicité dans 36% des cas d’enfants fébriles vivant dans cette région. La prise en charge intégrée des cas dans la communauté est considérée comme une stratégie efficace qui étend la portée des services de santé publique pour les trois maladies infantiles les plus répandues : le paludisme, la pneumonie et la diarrhée, dans les zones les plus difficiles d’accès. La prise en charge intégrée des cas dans la communauté implique l’utilisation d’agents de santé communautaires pour fournir les soins requis dans leur communauté. Bien que 30 pays appliquent désormais cette approche a des niveaux différents, sa mise en place demeure limitée dans la plupart des pays d’Afrique, principalement a cause de goulots d'étranglement au niveau des financements des services de santé [21-29].

A Madagascar, selon le niveau du taux de positivité des Tests de Diagnostic Rapide (TDR), les districts ont été classés en trois catégories pour le quinquennat de 2018 a 2022 :

- districts en zones de contröle (taux d’incidence supérieur ou égal a 10%),
- district en zones de pré-élimination (taux d’incidence entre 1 a 10%, taux de positivité supérieur ou égal a 5%), et
- district en zones en voie d’élimination (taux d’incidence inférieur a 1% et taux de positivité inférieur a 5%).

Les stratégies a mettre en place doivent etre en fonction de l’endémicité et de la phase de chaque district dans le continuum vers l’élimination. Selon la durée et de l’intensité de la transmission, quatre faciès épidémiologiques sont décrits a Madagascar. Ils reflètent la situation géographique et la variété des climats observés dans le pays :

- faciès équatorial sur la Cöte Est, caractérisé par une transmission forte et pérenne, les principaux vecteurs sont anophèles gambiae et anophèles funestus,
- faciès tropical sur la Cöte Ouest, caractérisé par une transmission saisonnière longue de plus de six mois, les principaux vecteurs sont anophèles gambiae, anophèles arabiensis et anophèles funestus,
- faciès subdésertique dans le Sud ou la transmission est épisodique et courte prenant des allures épidémiques, les principaux vecteurs sont anophèles gambiae, anophèles arabiensis et anophèles funestus,
- faciès des Hautes Terres Centrales (HTC) ou le paludisme est a risque épidémique, les principaux vecteurs sont anophèles arabiensis et anophèles funestus, liés surtout a la riziculture.

A l’intersection de ces faciès, il existe des zones hybrides, appelées marge. En raison des variations regionales en termes de pluviométrie, de température et d’altitude, la transmission du paludisme est hétérogène a Madagascar. Deux profils principaux sont identifiés :

- zone a paludisme stable, malgré des variations saisonnières, la transmission est pérenne toute l’année le long des cötes, la ou vit près de la moitié de la population malagasy, la prémunition dans la population adulte est considérable. Surtout les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes s’avèrent les plus vulnérables et risquent de développer un paludisme grave,
- zone a paludisme instable, la transmission reste intermittente sur les HTC et dans le Sud subdésertique ou vit l’autre moitié de la population. L’immunité acquise reste insuffisante, toute la population est a risque et les épidémies peuvent survenir avec un fort taux de mortalité, son incidence atteint son apogée après la saison des pluies, de Décembre a Avril.

Sur les vingt-six espèces d’anophèles présentes a Madagascar, quatre s’avèrent potentiellement vectrices : An. Arabiensis et An. gambiae, An. Funestus et An. mascarensis. An. merus étant present dans le Sud de l’lle mais non vecteur . An. Counstani et An. Squamosus sont très récemment connus vecteurs du paludisme a Madagascar . D’après l’étude de surveillance entomologique menée par le President’s Malaria Initiative (PMI) au niveau des sites sentinelles, des vecteurs piquent en dehors des maisons. La politique de traitement antipaludique vise a :

- assurer une guérison clinique et parasitologique rapide et durable,
- réduire la morbidité du paludisme, y compris l’anémie liée au paludisme,
- prévenir l’évolution du paludisme simple vers les formes graves, potentiellement mortelles,
- réduire l’impact de l’infestation placentaire et de l’anémie palustre maternelle grâce au traitement préventif intermittent,
- réduire le risque de survenue de la chimiorésistance, ainsi que le taux de resistance.

La prise en charge du paludisme se résumé en trois mots de l’OMS : « Test-Treat­Track » (tester, traiter, et faire le suivi), accompagné de conseils. Selon l’OMS, le paludisme simple s’agit d’un paludisme symptomatique associé a une parasitémie sans signes de gravité ou de dysfonctionnement d’un organe vital. Il n’y a pas de signes ou symptömes spécifiques du paludisme. Il n’y a aucun signe qui diffère des signes cliniques du paludisme aux autres maladies fébriles. Une fièvre supérieure ou égale a 37°5 avec ou sans signes évocateurs du paludisme fera l’objet d’une confirmation biologique. Le diagnostic rapide et précis constitue l’étape essentielle de prise en charge correcte des cas de paludisme. Ainsi, le diagnostic repose sur les critères cliniques associés a la détection des parasites ou d’antigènes dans le sang par l’examen biologique afin de réduire l’utilisation abusive des antipaludiques et de traiter les autres causes de fièvre.

Le diagnostic clinique a lui seul ne peut pas poser le diagnostic du paludisme il n’y a pas de symptömes spécifiques du paludisme. Un interrogatoire complet doit comprendre : l’âge, le lieu de residence, la notion de voyage récente, l’utilisation de prophylaxie, l’existence d’un antécédent de fièvre et des accès fébriles au cours des trois jours précédents, la notion de prise d’antipaludique au cours de l’actuel épisode.

Les agents de santé dispensent l’éducation pour la santé aux malades et a leurs accompagnants. Cette éducation doit porter sur la maladie dont souffre le patient, sur la prévention et le traitement du paludisme. Informer la communauté que le paludisme reste mortel, mais que le décès est évitable si le traitement est administré précocement, encourager la communauté a rechercher les soins précocement au niveau des centres de santé en cas de fièvre, donner des conseils sur l’élimination, sensibiliser sur l’importance de la prévention et de la protection individuelle (utilisation de Moustiquaire Imprégnée d’insecticide Durable (MID), assainissement du milieu...) 30.

Malgré la mise a disposition des tests de dépistage (TDR) de paludisme au niveau communautaire et de traitement de paludisme simple (Artémisinine Combinate Treatment (ACT)), ainsi que la sensibilisation et les offres de soins, la Prise en Charge (PEC) et traitements au niveau des sites de Prise en Charge Intégrée des Maladies des Enfants Communautaires (PCIMEC) par des Agents Communautaires (AC) et/ou Agents de Santé (AS) au niveau de Centre de Santé de Base (CSB), site de première intention de PEC et traitements, encore bon nombre de cas de paludisme arrive au stade de gravité, motif d’hospitalisation voire de mortalité [31-34].

Les parents/familles restent réticents aux offres de soins de santé de base ou communautaire, malgré differentes approches de communication, s’adosse a l’insuffisance d’agent de sante dans les formations sanitaires. Le faible niveau d’etudes des parents/familles affecte la qualite de vie des menages, la sante de la famille, surtout des enfants 35.

L’automedication a domicile et d'autres pratiques traditionnelles, l’usage de medecine alternative, la meconnaissance des parents/familles des modes de transmission, de lutte et de prevention contre le paludisme entravent les mesures de lutte, et de prise en charge adequates contre la maladie. L’enclavement geographique, l’accessibilite, l’eloignement, entraine parfois le retard de traitement et de prise en charge medicale, pèse sur ce lourd fardeau.

La pratique de l’allaitement maternel exclusif (AME) jusqu’a l’âge de deux ans revolus procure aux enfants une alimentation complète et une protection immunitaire, qui est censee les proteger contre des maladies. Les enfants de plus de deux ans sont confrontes a l’exploration spatiale de son environnement, dans son developpement psychomoteur et psychosocial qui les expose aux differents risques socio-sanitaires comme les piqures des moustiques, des maladies.

Les Malagasy ont pour valeur sociale l’entraide et la solidarite, s’epaulent dans la vie quotidienne, socioeconomique surtout l’instruction de l’enfant. Certains jeunes parents confient leurs enfants aux membres de la famille et/ou la famille elargie, pour pouvoir faire face et suivre la course de la vie socioeconomique quotidienne, le devoir et le travail oblige.

II. MÉTHODOLOGIE

II.1. Caractéristiques du site d’étude

11.1.1. Sociodémographique et géographique

La présente étude s’est effectuée au Centre de Santé de Base Urbain (CSBU) Mananjary. Localisé a 21.23430° Sud 48.34763° Est, le CSBU desserve en lui seul dans son secteur sanitaire 22 678 populations en 2020, dont 16,90% d’enfants de moins de cinq ans, répartit dans 8 fokontany, accessibles en route goudronnée. Implanté dans la Commune Urbaine de Mananjary d’ou son statut, le centre fait parti des 43 CSB du Service de Santé Publique de District (SDSanP) de Mananjary, dans la région Vatovavy, classée zone endémique de paludisme a faciès équatorial, ou le paludisme sévit le plus et qui se caractérise par une forte transmission pérenne [14,34]. Bordé a l’Est par l’Océan Indien, traversé par le canal de Pangalana, Mananjary se trouve sous un climat tropical, chaud et humide, a forte pluviométrie, favorable a la prolifération des moustiques [14,15,34]. Son emplacement au centre ville et prés du marché accorde au CSBU Mananjary une forte fréquentation qui s’élève a 32,40% en 2018 et 37,80% en 2017, laisse profiter aux usagers les memes offres de service a la population du secteur sanitaire qu’aux hors-secteur.

11.1.2. Socioculturel et économique

D’une société a predominance patriarcale, Mananjary est abrité par l’ethnie Antambahoaka, ou les Ampanjaka, gardiens des mreurs, us et coutume, exercent leurs influences presque dans toutes les domaines : sociale, administrative, politique, économique, technique, voire sanitaire. Majoritairement reuvrant dans le secteur primaire : l’agriculture, culture de rente, élevage, exploitation minière et la peche en eau douce et en mer, le niveau d’instruction de la population locale reste encore faible en général, qui affecte parfois la communication en santé.

Mananjary est traversé par le canal de Pangalana, de Toamasina, premier port maritime national, passant par NosyVarika jusqu’a Farafangana reliant Manakara, le transport fluviale non seulement laisse circuler les marchandises, de nature économique et commerciale, mais aussi les maladies, comme le paludisme, surtout passant des nuits sur le canal, ou les piqüres des moustiques vecteurs du paludisme s’avèrent imminents. D’une population jeune et cosmopolite, le commerce intérieur, l’exode et l’éducation des enfants favorisent un dynamisme démographique et social local, mais aussi la propagation des maladies.

11.1.3. Ressources Humaines

Une équipe de 12 personnels de santé s’adonne pour faire fonctionner le CSBU Mananjary, le temps de la présente étude. Trois médecins assurent la consultation externe, un responsable de la santé infantile, avec le Médecin Chef CSBU. Quatre Infirmières et Sages-femmes assurent les activités des programmes, les soins et activités de routines, appuyés par les bénévoles et les étudiants : la pesée, la prise des températures, la realisation de test TDR, l’IEC/CC, les traitements et suivis. Avec ses équipes techniques, s’ajoutent l’administration, le gardiennage et la gestion des intrants de santé, le prestataire de Pharmacie a gestion communautaire (Phagecom).

11.1.4. Santé Communautaire

Le CSBU compte en lui 24 Agents Communautaires (AC) soit deux par fokontany éparpillés dans les 12 fokontany qu’il partage avec le CSBII semi-privé Fanantenane, occupant les 4 fokontany des 12, tous ont été formés en PCIMEC et offrent des services de santé communautaires dans leurs fokontany respectifs. Ces AC forment les piliers de base du système de santé communautaire, reuvrent en étroite collaboration avec les leaders locaux, les ONG et surtout le système de santé publique local. Ces AC assurent le pont entre la population locale, bénéficiaire principale des offres de soins et de service de santé publique d’une part, le personnel de santé publique du CSBU et les ONG d’autre part, ils rapportent surtout les besoins exprimés de la population locale.

11.2. Type d’étude

La présente étude est une étude cas-témoins.

11.3. Période étudiée

La période étudiée s’étale du début du mois de juin 2020 jusqu’a la mi-octobre 2020.

11.4. Durée de l’étude

La présente étude dure 32 mois, d’Avril 2019 jusqu’a 14 Décembre 2021.

11.5. Population d’étude

La population de la présente étude est constituée par les enfants de moins de cinq ans et parents/familles de l’enfant vus en consultation externe au CSBU, du début Juin 2020 a mi-Octobre 2020.

II.5.1 Critères d’inclusion

- Cas: sont inclus dans la présente étude, les enfants de moins de cinq ans diagnostiqués positif au paludisme simple TDR(+), dont les parents/familles acceptent de répondre aux questionnaires.
- Témoins: sont inclus dans la présente étude, les enfants de moins de cinq ans diagnostiqués négatif au paludisme TDR(-), dont les parents/familles acceptent de répondre aux questionnaires.

II.5.2. Critères d’exclusion

Sont exclus de cette présente étude les enfants dont les parents/familles ne sont pas disponibles a l’enquete ou présentant des difficultés de communication : les malentendants, les malades psychiatriques, pour les cas et les témoins.

11.6. Mode d’échantillonnage

Une inclusion exhaustive a été optée pour les cas, respectant les critères d’inclusion. Et une sélection par échantillonnage aléatoire systématique a été effectuée pour les témoins, respectant les critères d’inclusion. Tous les enfants respectant les critères de témoins ont été dressés sur une liste. Le nombre des cas se chiffre a 50. Le pas de sondage est calculé par le nombre total des témoins recrutés sur le nombre de cas. Le premier témoin est tiré au hasard sur la liste des témoins, puis suit le pas de sondage, ainsi de suite, jusqu’a obtenir un échantillonnage équilibré.

11.7. Taille de l’échantillonnage

La présente étude comporte un échantillonnage équilibré, dont 50 cas pour 50 témoins.

11.8. Mode de collecte des données

Sur la base de connaissance de la localité et des valeurs sociales, les questionnaires de la présente étude ont été introduites au dialecte locale, réitérer ou reformuler de manière comprise par les parents/familles de l’enfant questionnés, précédés d’une explication de l’objectif, de l’intéret de la présente étude, avec l’accord favorable de ses derniers. Une prise de température et pesée de tous patients souhaitant consulter un médecin ont été pratiquées par le responsable de soins, avec une aide active des étudiants en stage au CSBU, qui contribuent a l’orientation diagnostique du médecin consultant. L’équipe sentinelle paludisme et de surveillance épidémiologique du CSBU pratique le test TDR, sur proposition et avis des médecins traitants suivant la suspicion diagnostique de paludisme constatée en consultation externe. Les questionnaires ont été introduites aux parents/familles de l’enfant en attente du résultat du test TDR, suivi d’un IEC/CC sur la prevention et de lutte, les mesures d’hygiène, avec l’appui technique de l’équipe sentinelle de surveillance épidémiologique et les étudiants. Dans un contexte sanitaire particulier de Covid-19, les enquetes et les tests ont été réalisés dans le strict respect des règles sanitaires et d’hygiène : le port de masque et de gants, l’usage de gels désinfectants et le respect de la distanciation sociale.

11.9. Mode d’analyse des données

Les données ont été traitées sur le logiciel Excel puis analysées sur Epi-info 3.4.5. L’Odds-Ratio (OR) avec son Intervalle de Confiance (IC) a 95% a été utilisé pour mesurer l’association entre les variables d’exposition et la survenue du paludisme, le p<0,05 pour seuil de significativité. Toutefois si une variable d’une valeur théorique inferieure a 5 se présente dans le tableau, le Fisher Exact a été utilisée pour test de significativité.

II.10. Variables étudiées

II.10.1. Variables des résultats

- Cas: tous les enfants âgés de moins de cinq ans vus en consultation externe au CSBU Mananjary durant la période d’étude du début Juin 2020 a la mi-Octobre 2020, présentant au moins un signe clinique de paludisme simple, avec test de diagnostic de paludisme simple positif TDR(+), sans signes de gravité associés, respectant les critères d’inclusion et dont les parents/familles acceptent de répondre aux questionnaires.
- Témoins: les enfants sélectionnés aléatoirement systématique parmi tous les enfants de moins de cinq vus en consultation externe au CSBU Mananjary durant la période d’étude du début juin a la mi-Octobre 2020, suspectés de paludisme simple, qui ont été testés négatif TDR(-), respectant les critères d’inclusion et dont les parents/familles acceptent de répondre aux questionnaires.

II.10.2. Variables d’exposition

II.10.2.1. Facteurs socio-personnels de l’enfant

- Classe d’âges [0-2ans]: les enfants de moins de 24 mois, ]2ans-5ans]: les enfants plus de 24 mois a cinq ans.
- Genre: masculin et féminin.
- Nombre de fratries <2 fratries: l’enfant n’a qu’un frère ou une sreur, >2 fratries: l’enfant a au moins 2 frères et/ou sreurs avec lui dans le meme ménage et la meme famille.
- Rang dans la fratrie premier enfant: l’enfant premier né dans le ménage, l’ainé de la fratrie, deuxième enfant et plus: l’enfant au deuxième rang et plus de la fratrie.

11.10.2.2. Facteurs socio-économiques desparents/familles de l’enfant

- Niveau d’études des parents/familles Niveau primaire et moins: les parents/familles ont au plus un niveau d’études équivalent a la classe de 7ème du niveau primaire. Niveau secondaire et plus: les parents/familles ont au moins un niveau d’études équivalent a la classe de 6ème du niveau secondaire ou Collège.
- Secteur d’activités des parents/familles Secteur primaire: les parents/familles reuvrent dans le secteur de l’agriculture, l’élevage, l’extraction minière, la peche, le secteur informel, et/ou similaire. Autres: les parents/familles reuvrent dans le secteur d’activités autres que primaire : le commerce, le tourisme, les salariés de l’État ou des secteurs privés et/ou similaire.

11.10.2.3. Facteurs environnementaux

- Durée mise pour rejoindre le CSBU <48 heures: les parents/familles sont arrivés a rejoindre le CSBU, amener l’enfant consulter, moins de 48 heures de la perception de la maladie. >48 heures : les parents/familles ne sont arrivés a rejoindre le CSBU, amener l’enfant consulter au CSBU que de 2 jours ou plus de la perception de la maladie.
- Distance parcourue pour venir au CSBU >10km : les parents/familles ont parcouru plus de 10km pour venir au CSBU, pour amener l’enfant a consulter, les parents/familles de passage a Mananjary pour des raisons quelconques, les hors-secteurs. <10km : les parents/familles ont parcouru moins de 10km pour venir au CSBU, pour amener l’enfant a consulter. II.10.2.4. Connaissances, attitudes etpratiques (CAP)
- L’automédication a domicile et/ou autres recours thérapeutiques, médecines alternatives avant consultation médicale
- Oui: les parents/familles de l’enfant ont déja utilisé des traitements a domicile avant d’amener l’enfant au CSBU pour consultation médicale, soient des restes des médicaments a domicile, et/ou médicaments achetés sans avis médical, décoction ou infusion ou autres médecines alternatives,...
- Non: les parents/familles de l’enfant n’ont pas utilisés des traitements a domicile, ni autres moyens thérapeutiques, ni médecines alternatives avant d’amener l’enfant en consultation au CSBU.
- Connaissances des parents/familles sur la lutte contre le paludisme (usage quotidien de MID, usage des répulsifs anti-moustiques, élimination des gites larvaires autour de l’habitat,.)
- Oui: les parents/familles de l’enfant donnent au moins une réponse exacte sur la prévention ou de lutte contre le paludisme. Non: les parents/familles de l’enfant ne donnent aucune réponse exacte sur la prévention ou de lutte contre le paludisme.

[...]

Fin de l'extrait de 65 pages

Résumé des informations

Titre
Lutte contre le paludisme. Les facteurs déterminants du paludisme simple chez les enfants de moins de cinq ans à Mananjary
Cours
Cadre de Santé
Note
Bien
Auteur
Année
2021
Pages
65
N° de catalogue
V1315547
ISBN (Livre)
9783346798497
Langue
Français
Mots clés
déterminants, paludisme, moins de cinq ans, Mananjary, Madagascar.
Citation du texte
Henri Michel Bemananjara (Auteur), 2021, Lutte contre le paludisme. Les facteurs déterminants du paludisme simple chez les enfants de moins de cinq ans à Mananjary, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1315547

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