Exemple de la crise du drame - Pelléas et Melisande de Maeterlinck

Crise des personnages et de la langue


Exposé Écrit pour un Séminaire / Cours, 2008

13 Pages, Note: 2


Extrait

Inhaltsverzeichnis

1. Introduction

2. La crise du personnage
a) Quelques faits sur les personnages
b) Perte des caractéristique humaines
c) Impossibilité de l’analyse psychologique
d) Personnes errantes
e) Immobilisme
e1) Golaud
e2) Pelléas
e3) Arkel et Genviève
e4) Mélisande
f) Contradictions entre les propos et les
actions des personnages
g) Somnambules en osmose avec univers
h) Peur métaphysique et le personnage sublime
i) Marionnettes

3. Conclusion

4. Bibliographie

Son théâtre est bientôt tout un monde où les personnages traditionnels du théâtre reparaissent évoqués par le dedans. La fatalité inconsciente du drame antique devient chez Maeterlinck la raison d’ être de l’action. Les personnages sont des marionnettes agitées par le destin.

Antonin Artaud.

1. Introduction

L’écrivain belge Maurice Maeterlinck (1862-1949) fait partie des grands dramaturges, qui, à la fin du 19ième siècle, ont contribué à transformer la conception du drame.

Il invente son propre théâtre tragique pour marionnettes et met en cause ou bien supprime les conventions du théâtre traditionnel et tout ce qui détourne l’homme du spectacle de sa condition mortelle.

Maurice Maeterlinck est considéré comme l’un des grands poètes symbolistes.

Ses pièces sont empreintes de l’atmosphère désesperante de la fin du monde que ressent la génération avant la Premiere Guerre mondiale.

Il a été influencé par Novalis, par E. A. Poe, par le mysthyque Ruysboerck du 14ième siècle ainsi que par le théâtre elisabéthien de Shakespeare

Sa pièce « Pelléas et Mélisande » (1892) a fait date. De toutes les pièces de Maeterlinck elle est sans doute la plus personnelle et la plus envoûtante. Le thème proche de Roméo et Juliette mais encore plus du mythe celtique de Tristan et Iseut ainsi que du Liebestod wagnérien, met en scène le trio du mari, de la femme et de l’amant. Nous ne conaissons pas le passé des personnages. Tout commence, dans une forêt, où Golaud est perdu alors qu'il chassait et rencontre Mélisande en pleurs au bord de l’eau. Golaud l’épouse et l'emmène avec lui dans son château, où se trouve son frère, Pelléas. Avec le temps Mélisande et Pelléas tombent amoureux, mais tout n'est que non-dits, ils avouent qu'à la fin leur amour, où ils sont surpris par Golaud, fou de jalousie, qui tue Pelléas. Peu après Mélisande meurt aussi dans son lit dans le château. La fable est simple mais le vrai drame se joue à l’insu des personnages. Elle perd sa banalité dans l’atmosphère inquiétante et étrange, avec des nombreux symboles.

La pièce « Pelléas et Mélisande » montre très bien la rupture avec le théâtre classique. Je traiterai un aspect de la crise du drame, en regardant de plus près des personnages.

2. La Crise du personnage

Dans la dramaturgie traditionelle, le personnage est en charge de fonctions multiples, telles que vecteur de l’action, garant de la mimèsis, passeur de l’identification et support de la fable. A la fin du 19ième siècle, le personnage a perdu des caractéristiques physiques et des repères sociaux. Les figures sont devenues errantes, passifs et somnambules, impossible à analyser psychologiquement, agité par une force inconnue comme des marionnettes.[1] Traitons en détail les différents aspects.

a) Quelques faits sur les personnages

Les noms des personnages sont empruntés à l’univers des contes et des légendes. Juste pour donner un exemple, le nom «Golaud» met sur la piste de Golo, un personnage de la vielle légende médiévale «Geneviève de Brabant».[2]

Les personnages ne sont jamais à la bonne distance, qui permet le dialogue fondé sur une relation interpersonnelle.[3] L’action n’avance plus avec la parole:

Acte I, Scène 2: Golaud: Vous avez l’air très jeune. Quel âge avez-vous ?

Mélisande : Je commence à avoir froid. Ici les deux personnages ne se comprennent pas. La phrase de Mélisande est pourtant très important, comme le froid est un signe qu’elle va mourir.

Il est vrai que les personnages principales sont d’un rang social élevé, pourtant, comparé avec le théâtre classique, ils n’ont plus de tout les comportements de la noblesse. Ainsi les personnages nobles ne font plus des action nobles. Il n’y a voire presque pas d’actions.

Golaud se marie avec une fille qu’il a trouvé dans un forêt et le Roi Arcel ne dit rien contre cela. Acte I, scène 3 : Genviève: Qu’en dites-vous ?

Arkel : Je n’en dis rien. Il a fait ce qu’il devait probablement faire. Je suis très vieux et cependant je n’ai pas encore vu clair un instant, en moi même ; comment voulez vous que je juge ce que d’autres ont fait ? Cela n’aurait jamais pu arriver dans une tragédie classique. Le roi ici ne commande pas, mais commente et conseille. Un autre exemple est le comportement de Golaud, quand il remarque que Pelléas et Mélisande sont attirés l’un par l’autre. La passage suivante montre, que Golaud s’apprête de façon résignée à tenir le rôle traditionnel du mari jaloux qu’il lui faut jouer.

Acte IV: Scène 2 : Vous ferez comme il vous plaira, voyez vous. Je n’attache aucune importance à cela. Je suis trop vieux ; et puis je ne suis pas un espion. J’attendrai le hasard ; et alors…Oh ! alors !…simplement parce que c’est l’usage, simplement parce que c’est l’usage. Il ne tue pas Pelléas par passion d’amour pour Mélisande mais, Acte V, Scène 2 : malgré lui.

Les personnages ne communiquent que avec des mots simples, infantins et n’utilisent pas une langue qui convient à leur rang social. Dans l’Acte I,Scène 2, Mélisande parle, quoiqu’elle soit apparemment une princesse, de la manière suivante : Ne me touchez pas! ne me touchez pas ! Je me suis enfuie, enfuie, enfuie. Je ne suis pas heureuse ! Je ne suis pas heureus !

Dans un entretien avec Adolphe Brisson en 1886, Maeterlinck explique qu’il a emploié cette langue, parce que les paysans chez lui prononçaient toujours plusieurs fois les mêmes épithètes. Il s’en est inspiré, comme il pensait qu’un personnage de légende avait quelque affinité avec un homme des champs.[4] Il sentait donc les personnages nobles de sa pièce plus près des hommes des champs qu’à de la noblesse dans la réalité.

b) Perte des caractéristiques humaines

Parlons des caractéristiques des personnages de Maeterlinck. En premier lieu il faut dire qu’ils sont désincarnés.

Ainsi, le petit Yniold dit à son père, que Pelléas et Mélisande ne ferment jamais les yeux ( Acte III, Scène 5), ce qui fait penser morts aux yeux ouverts. La perte des caractéristiques humaines se voit surtout à l’exemple de Mélisande. Parfois elle ne semble plus respirer :Acte IV, Scène 5 : Pelléas : Je ne t’entends plus respirer.

Elle a presque le physique d’une morte, comme elle ne ferme jamais des yeux pendant la journée: Acte I, Scène 2 : Golaud: Vous ne fermez jamais les yeux ? Mélisande : Si, si; je les ferme la nuit. Ses yeux n’ont pas l’air d’être humains. Quand Pelléas lui dit qu’il allait partir du château et qu’elle n’allait plus le voir, elle répond: Acte IV, Scène 1: Je te verrai toujours ; je te regarderai toujours.

[...]


[1] Cf. Sarrazac 2005, p. 150-153

[2] Cf. Maeterlinck 1992, p. 85

[3] cf. Sarrazac 2005, p. 67

[4] cf. Gros 1985,

Fin de l'extrait de 13 pages

Résumé des informations

Titre
Exemple de la crise du drame - Pelléas et Melisande de Maeterlinck
Sous-titre
Crise des personnages et de la langue
Université
Free University of Berlin
Note
2
Auteur
Année
2008
Pages
13
N° de catalogue
V153735
ISBN (ebook)
9783640666492
ISBN (Livre)
9783640666355
Taille d'un fichier
512 KB
Langue
Français
mots-clé
Maeterlinck, symbolisches Theater
Citation du texte
Dipl. Jonathan Lecot (Auteur), 2008, Exemple de la crise du drame - Pelléas et Melisande de Maeterlinck, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/153735

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