Jean Racine: Sources et modèles de l’antiquité dans 'Phèdre'


Dossier / Travail de Séminaire, 2010

18 Pages, Note: 1,0


Extrait

Table de matières

I. Préface

II. Présentation du sujet
A. L’auteur
B. La pièce

III. Analyse de la pièce
A. Les personnages principaux
B. Structure
C. Sources et modèles de l’antiquité

IV. Postface

V. Références

I. Préface

Ce mémoire traitera de la tragédie Phèdre de Jean Racine. Son but est de montrer qui a influencé la grande œuvre de Racine, les auteurs antiques que Racine a copiés et où dans la pièce on peut voir cette influence. Après l’analyse de la pièce, on s’attachera à l’importance et la portée de l’approche et de la démarche de Racine.

Dans un premier temps, je présenterai les circonstances et les conditions sous lesquelles la pièce a été écrite pour mieux comprendre l’importance de Phèdre pour la littérature française. Ensuite, je résumerai le contenu de la tragédie avant d’analyser l’œuvre en trois phases : description des personnages principaux, structure et, sujet principal de ce travail, les sources et les modèles de l’antiquité.

Il est très important de traiter d’abord les personnages – surtout Phèdre et Hippolyte - pour comprendre les ressemblances avec les auteurs antiques qui seront traités après et pour pouvoir voir l’influence importante du jansénisme sur la vision du monde de Racine. La structure de la pièce aussi est soumise à des principes qui étaient typiques à l’époque, mais qui suivaient le modèle d’Aristote.

La troisième partie de l’analyse montrera que la version très connue dans nos jours encore de Phèdre de Racine, se base sur une histoire qui a déjà été racontée dans la Bible et qui s’est développée à travers des versions différentes d’auteurs différents. Pour ne pas sortir du cadre de ce mémoire, je me limiterai aux sources et modèles de la Grèce ancienne et de l’ancienne Rome. Les auteurs français qui ont utilisé la même histoire avant et après Racine, ne seront pas mentionnés, parce que leur influence sur Racine n’est pas aussi grande, visible ou importante que celle des anciens auteurs.

II. Présentation du sujet

A. L’auteur

Avec Pierre Corneille[1] et Molière[2], Jean Racine est l’un des plus grands dramaturges du XVIIème siècle, le siècle du classicisme français qu’on appelle aussi le Grand Siècle. La politique de Richelieu[3], et plus tard de Louis XIV[4], est à l’origine d’un épanouissement culturel particulièrement favorable au théâtre. Grâce au système de rémunération mis en place par le Roi Soleil, Racine percevait un revenu régulier lui assurant la considération en tant qu’écrivain.

Orphelin à trois ans, issu d'une famille de la moyenne bourgeoisie, Racine grandit dans l’école monastique janséniste de Port Royal au nord de Paris, dont la doctrine se fonde sur le prédéterminisme du théologien hollandais Cornelius Jansen (1585-1638) et postule la soumission de l’homme envers le deus absconditus, le dieu caché.

Selon ces principes, l’homme n’a pas de libre arbitre, mais est à la merci de ses passions et son destin est fixé par Dieu. À la différence du jansénisme, l’idéologie jésuite qui était très répandue à l’époque suppose un libre arbitre de l’homme et la possibilité d’être absous de son vivant.

L’éducation janséniste éveille l’intérêt de Racine aux tragédies grecques, dans lesquelles l’homme est également à la merci de Dieu. Cette solide culture antique lui fournira de nombreuses sources d'inspiration et de réflexion pour son théâtre.

À partir des années 1660, après quelques tentatives dans le domaine de la poésie, Racine se consacre entièrement au drame.

Après la publication de ses deux premières pièces Les frères ennemis [5] (1664) et Alexandre le Grand (1665) qui ont remporté peu de succès, il a réussi à percer par la pièce Andromaque (1667) qui répond aux critères aristotéliciens.

Comme la pièce ne différencie pas les innocents des coupables selon les règles de la morale chrétienne, le tragique de la pièce naît de la soumission de l’homme à ses passions. Ce principe influencera la littérature française durablement.

La pièce Andromaque a remporté beaucoup de succès, mais a été critiquée par l’Église ce qui était prévisible.

Après une comédie peu célèbre (Les plaideurs, 1668), Racine se concentre sur les tragédies faisant référence à l’histoire romaine - comme par exemple les pièces très populaires Britannicus (1669), Bérénice (1670) et Mithridate (1673) – et à l’histoire orientale ou grecque comme Bezajet et Iphigènie (1674).

Un élément central des tragédies de Racine est la culpabilité : tous les caractères sont à la merci de Dieu et tourmentés par les sentiments de culpabilité. Les passions qu’elle engendre ont des effets dévastateurs.

Souvent, on reproche à Racine des inexactitudes historiques. Pourtant il n’était pas dans ses intentions de reproduire exactement l’histoire ou les mythes. Ceux-ci reflètent la société française contemporaine où la gloire et l’honnêteté sont l’apanage de l’aristocratie écartelée entre représentation, responsabilité et émotion. Phèdre (1677) est la dernière tragédie terrestre, la dernière pièce profane de Racine.

Le thème principal est la jalousie féminine incarnée. Mais l’amour est une violence imposée par des dieux vengeurs à de pitoyables créatures humaines. Dans ce conflit des dieux et des héros, jamais le destin n’a semblé avoir autant écrasé le héros racinien.[6]

Giavarini et Rollinat-Levasseur parlent d’une « résonance symbolique » de Phèdre: « Racine est désormais l’auteur français qui a su rivaliser avec les grands dramaturges de l’Antiquité ».[7]

Après être devenu historiographe royal, le dramaturge se retira du théâtre, mais écrivit deux tragédies de commande Esther (1689) et Athalie (1691).

En 1699, il mourut d’un cancer du foie et fut enterré dans le domaine de Port Royal.

B. La pièce

Phèdre a été représentée pour la première fois le 1er janvier 1677, à Paris par la troupe de l’hôtel de Bourgogne. La pièce traite du combat de l’homme pour s’affirmer dans la société courtoise[8]. Mme Champmeslé, une grande actrice et tragédienne de cette époque, a joué le rôle de Phèdre.

La matière de la pièce se situe dans la Grèce mythologique. La deuxième épouse du roi Thésée, Phèdre, tombe amoureuse de son propre beau-fils Hippolyte. En revanche, celui-ci aime secrètement la princesse athénienne Aricie, captive et ennemie de Thésée. Pendant la longue absence du roi, sa famille reçoit un faux message annonçant sa mort. Cela provoque une crise politique et laisse espérer aux héros la possibilité de réaliser leurs désirs amoureux : Phèdre commence à croire que son amour envers son beau-fils n’est plus moralement condamnable. Le point crucial de la pièce est la scène dans laquelle Phèdre avoue son amour à Hippolyte; cette scène marque la chute irrémédiable de tous les autres personnages impliqués.

Thésée réapparaît à Trézène à la cour et Phèdre mesure l'horreur de sa situation. Pour sauver Phèdre du déshonneur, Œnone accuse Hippolyte de tentative de viol.

Quand Phèdre apprend par la bouche d'Œnone qu'Hippolyte aime Aricie, elle devient jalouse et décide de ne pas révéler la vérité. Pendant ce temps, Hippolyte s’est déjà enfui de la cour : Il meurt avant que Phèdre puisse avouer sa culpabilité parce que, aveugle de colère, Thésée avait demandé à Poséidon, dieu de la mer, de tuer son fils. Par la suite, Phèdre confesse son crime à Thésée et se suicide en s’empoissonnant.

[...]


[1] Pierre Corneille, dramaturge français (1606- 1684).

[2] Molière, né Jean- Baptiste Poquelin,auteur comique français (1622-1673).

[3] Armand- Jean du Plessis de Richelieu (1585- 1642), homme d’État et cardinal depuis 1622, cofondateur de l’Académie Française (1635) avec Louis XIII.

[4] Louis XIV, appelé le „Roi Soleil“ (1638- 1715).

[5] Publié sous le titre La Thébaïde plus tard.

[6] Cf. PÉLISSIER, G.: Étude sur la tragédie racinienne. Paris 1995, p. 68.

[7] GIAVARINI, L/ROLLINAT-LEVASSEUR, E. : Petits Classiques Larousse. Phèdre Racine. Paris 1998, p. 19.

[8] Cf. RUCKABERLE, A. (Ed.): Metzler Lexikon Weltliteratur. Paris 2006. Article: Racine, Jean [Baptiste].

Fin de l'extrait de 18 pages

Résumé des informations

Titre
Jean Racine: Sources et modèles de l’antiquité dans 'Phèdre'
Université
Christian-Albrechts-University of Kiel  (Romanisches Seminar)
Cours
Literaturwissenschaftliches Hauptseminar Französisch "Le théâtre classique- Corneille, Racine, Molière"
Note
1,0
Auteur
Année
2010
Pages
18
N° de catalogue
V159037
ISBN (ebook)
9783640722600
ISBN (Livre)
9783640723027
Taille d'un fichier
545 KB
Langue
Français
Annotations
Kommentar des Dozenten: "Differenzierte und prägnante Darstellung des Themas in einem flüssigen und fehlerlosen Französisch"
mots-clé
Jean, Racine, Sources, Phèdre
Citation du texte
Sarah Peters (Auteur), 2010, Jean Racine: Sources et modèles de l’antiquité dans 'Phèdre', Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/159037

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