Caractérisation et gestion de ligneux fourragers dans les systèmes de production agro-pastorale du terroir de Dankana en zone Sud soudanienne du Burkina Faso


Thèse de Master, 2004
87 Pages

Extrait

Content

LISTE DES FIGURES

LISTE DES TABLEAUX

LISTE ANNEXES

AVANT-PROPOS

RESUME

ABSTRACT

INTRODUCTION

PREMIERE PARTIE : GENERALITES

1. Cadre géographique

2. Cadre géologique

3. Cadre pédologique
3.1. Classification des sols
3.2. Occupation des sols

4. Cadre bioclimatique

5. Végétation de Dankana

6. Cadre hydrographique

7. Cadre zoologique

8. Cadre socio-économique
8.1. Population
8.2. Système de production
8.2.1. Système de production agro-pastorale
8.2.1.1. Système de production à dominance agricole
8.2.1.2. Système de production à dominance pastorale
8.2.2. Système de production agro forestière
8.2.3. Système de production sylvicole
8.3. Mode d’accès aux ressources naturelles

DEUXIEME PARTIE : METHODOLOGIE DE L’ETUDE
1. Inventaire des espèces ligneuses.
2. Description de l’appareil aérien
2.1. Le choix des espèces
2.2. Déroulement des mensurations
2.3. Déroulement de la défoliation
2.4. Etablissement des relations entre les paramètres physiques
3. Prélèvement d’échantillons fourragers
4. Valeur nutritive
4.1. Valeur énergétique
4.2. Valeur azotée.
4.3. Teneur en élément minéraux (Na., Ca., Mg., K. et P)
5. Enquête auprès de la population
6. Analyses statistiques

TROISIEME PARTIE : RESULTATS ET DISCUSSIONS
1. Etude floristique des ligneux
1.1. Composition floristique.
1.1.1. Représentativité des familles les plus importantes en espèces
1.2 Spectre d’appétibilité des espèces ligneuses inventoriées.
2. Description de l’appareil aérien
2.1. Les paramètres physiques des six ligneux
2.2. Estimation de la biomasse foliaire
2.2.1. Equations de droite de régression et courbes d’ajustement
3. Valeurs fourragères
3.1. Exploitation des plantes
3.2. Valeurs nutritives des six ligneux fourragers
3.2.1. Valeurs énergétique
3.2.2. Valeur azotée..
3.2.3. Teneur en éléments minéraux.
3.2.3.1.Proportion des minéraux..
3.2.4. Valeurs fourragères et besoin du bétail..
4. Gestion endogène des quatre principaux ligneux fourragers
4.1. Stratégies traditionnelles
4.2. Stratégies mixtes
4.3. Utilisation des quatre principaux ligneux fourragers par la population
4.3.1. Utilisation fourragère.
4.3.2. Autres utilisations..
4.4. Impacts des différentes utilisations sur le peuplement ligneux.
4.5. Impacts de systèmes de production sur le peuplement ligneux
4.5.1. Système de production à dominance agricole
4.5.2. Système de production à dominance pastoral
4.5.3. Système de production agro forestière

CONCLUSION GENERALE ET PERSPECTIVES

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES.

ANNEXES

LISTE DES FIGURES

Fig. 1 : Localisation de Dankana

Fig. 4 : Occupation des terres dans la zone de Dankana

Fig. 7 : bilan hydrique moyen de la province du Noumbiel de l’année 2002

Fig. 8 : Evolution de la pluviosité de 1966-2000

Fig. 9 : Représentation des différentes mesures effectuées

Fig. 16 : Représentativité des familles les plus importantes en espèces….

Fig. 27 : Spectre d’appétibilité des ligneux…

Fig. 28 :.Parc à Faidherbia albida

Fig. 29 : Afzelia africana ébranchée

Fig. 30 : Daniellia oliveri.

Fig. 31 : Ficus sycomorus.

Fig. 32 : Pterocarpus ébranchée

Fig. 33 : Sterculia setigera défeuillée

Fig. 34 : Taux d’exploitation des individus supérieurs à 5 m

Fig. 39 : Valeur énergétique des espèces

Fig. 40 : Valeur de la matière azotée digestible

Fig. 40 : Teneur de différents éléments minéraux

Fig. 41 : Appréciation de la disponibilité des 4 ligneux fourragers par la population

Fig. 45 : Traitement de ligneux lors des défrichements

LISTE DES TABLEAUX

Tableau I : Espèces ligneuses recensées et les organes appétés

Tableau II : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Faidherbia albida

Tableau III : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Afzelia africana

Tableau IV : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Daniellia oliveri

Tableau V : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Ficus sycomorus

Tableau VI : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Pterocarpus erinaceus

Tableau VII : Valeurs moyennes des paramètres physiques de Sterculia setigera.

Tableau VIII : Relation entre biomasse foliaire (PF) et la circonférence (c) du tronc à 30 cm des individus inférieurs à 5 m…

Tableau IX : Relation entre biomasse foliaire (PF) et la hauteur (H) des individus inférieurs à 5 m

Tableau X : Relation entre biomasse foliaire (PF) et la surface (S) du houppier des individus inférieurs à 5 m

Tableau XI : Proportion des éléments minéraux…...

Tableau XII : Utilisation de Faidherbia albida en pharmacopée

Tableau XIII : Utilisation de Afzelia africana en pharmacopée

Tableau XIV : Utilisation de Ficus sycomorus en pharmacopée

Tableau XV : Utilisation de Pterocarpus erinaceus en pharmacopée

ANNEXES.

Annexe I : Fiche d’enquête

Annexe II : Fiche de mensuration

Annexe III : Diverses utilisations des quatre principales espèces comme bois d’œuvre

Tableau 1 : Diverses utilisations de Acacia albida comme bois d’œuvre

Tableau 2 : Diverses utilisations de Afzelia africana comme bois d’œuvre

Tableau 3 : Diverses utilisations de Ficus sycomorus comme bois d’œuvre

Tableau 4 : Diverses utilisations de Pterocarpus erinaceus comme bois d’œuvre

Annexe IV: Tableau récapitulatif des éléments chimiques des six ligneux fourragers

Annexe V : Liste des espèces citées dans le texte

AVANT- PROPOS

Nous voudrions témoigner ici notre reconnaissance aux nombreuses personnes, qui de près ou de loin ont participé à la réalisation de ce document.

Nos remerciements s’adressent :

- Au Professeur Sita GUINKO, responsable du 3e cycle des Sciences Biologiques appliqués pour avoir accepté notre inscription.
- Au Professeur Amidou BOLY, Directeur de l’INERA, pour nous avoir accepté en stage dans son institution.
- Au Docteur Hamidou TAMBOURA, chef de département de production animale de l’INERA, pour avoir joué un grand rôle pour mon inscription au 3e cycle. Malgré ses multiples occupations, il s’est fait du temps pour corriger notre projet de recherche et notre rapport.
- Au Docteur Augustin KANWE, coordinateur des productions animales de l’Ouest, pour ses encouragements à chaque fois que nous nous rencontrions.
- Au Professeur Joseph I. BOUSSIM, notre Directeur de mémoire, qui malgré ses multiples occupations n’a ménagé aucun effort pour veiller au bon déroulement de ce travail. Je ne saurai oublier son humanisme, son aide d’ordre matériel, logistique et didactique fait à notre égard.
- Au Docteur Moumini SAVADOGO, chercheur à l’INERA, auprès de qui nous avons beaucoup appris en pastoralisme. En tant que notre maître de stage, il a suivi nos travaux depuis la conception du projet de recherche, en passant par le terrain, jusqu’au parachèvement du document.
- Au Professeur Jeanne RASOLODIMBY / MILLOGO, coordonnatrice du 3e cycle. De la composition du thème de recherche à l’achèvement du document en passant par la conception du projet de recherche, elle a été une référence attentive pour nous.
- A mon oncle Ouétian BOGNOUNOU ethnobotaniste et son épouse Françoise, pour leur soutien incalculable. Depuis la conception du projet de recherche jusqu’à l’achèvement du document, Ouétian a consacré beaucoup de temps et d’énergie pour suivre ce travail. Nous avons beaucoup appris à ses côtés.
- Au corps professoral de l’UFR/SVT, pour nous avoir inculqué un enseignement de qualité.
- Au personnel de l’INERA de la station de Kamboinsin, pour l’accueil chaleureux qu’il nous a toujours réservés, du PDR/Poni, pour nous avoir facilités l’introduction sur le terrain.
- Au Docteur Alkassoum MAÏGA, enseignant à l’UFR/SH, pour ses multiples services faits à notre égard, à Roger BAYALA, pour nous avoir soutenus moralement et corrigé le projet de recherche, à Paulin OUOBA qui a consacré beaucoup de temps pour corriger le document ; à Moussa OUEDRAOGO qui nous a faits les photos de ligneux fourragers.
- A nos collègues du laboratoire de Biologie et d’Ec]ologie Végétales pour leur promptitude à nous donner des conseils, et à nos promotionnaires de la 15ème promotion de D.E.A. Toute ma gratitude :
- A la fondation « Amici di Pietro Annigoni » d’Italie, pour avoir contribué au financement de cette étude.
- A la famille DORSCH, Tom et Marcy DORSCH, équipiers de Campus pour Christ, pour leurs soutien spirituel, morale et matériel.
- A la famille du pasteur Elisé DAKIO à Gaoua pour nous avoir reçu comme membre de sa famille durant les trois mois de terrain.
- A nos amis et frères FOFANA Lazare et son épouse Sara, KOHOUN Norbert, FOFANA Karfa Jacques pour nous avoir entourés de leur chaleur humaine et leurs multiples soutiens sans faille à notre égard ; à nos amis frères et sœurs de Gaoua, Masseké DEMBELE, Gédéon TRAORE, Narcisse PODA, Augustin COULYBALI, Foulazoun TIAWARA, Blandine KARAMA/DAKIO, Irène PODA/COULYBALI et Patrice DABIRE, notre compagnon de terrain, pour l’accueil fraternel qu’ils nous ont réservés
- A la famille du pasteur Thomas TRAORE qui nous héberge depuis notre accession à l’université de Ouagadougou ; à notre tante Hangnoumbiri BOGNOUNOU pour tout son soutien et ses encouragements.

RESUME

La production foliaire des ligneux fourragers est généralement ignorée bien que l’on reconnaisse le rôle non négligeable de ces fourrages dans l’alimentation du bétail. En saison sèche elle est d’une importance primordiale par l’apport protéique qu’elle représente, permettant souvent au bétail de survivre. La présente étude qui porte sur la caractérisation et la gestion de ligneux fourragers établit une relation logarithmique entre la production foliaire et un paramètre physique facile à mesurer (circonférence du tronc, diamètre du houppier, hauteur totale) chez Afzelia africana, Daniellia oliveri, Ficus sycomorus, Pterocarpus erinaceus et Sterculia setigera. Cette relation permet l’estimation de la biomasse foliaire. Nous identifions la gestion des principaux ligneux fourragers (Afzelia africana, Faidherbia albida, Ficus sycomorus et Pterocarpus erinaceus) du terroir de Dankana. La régénération de ces espèces est compromise par les différentes utilisations et systèmes de production. Des raisons écologiques convaincantes appellent une stratégie globale de gestion du terroir.

Mots clés : Burkina Faso, Dankana, gestion, ligneux fourragers, zone Sud soudanienne, terroir.

ABSTRACT

The leave production of the woody fodder is ignored generally although one recognizes the non negligible role of these fodders in the food of livestock. In dry season it is of a primordial importance by the protein contribution that it represents, often allowing livestock to survive. The present survey that is about the characterization and the management of woody fodder establishes a logarithmic relation between the leave production and an easy physical parameter to measure (circumference of the trunk, diameter of the foliation, total height) at Afzelia africana, Daniellia oliveri, Ficus sycomorus, Pterocarpus erinaceus and Sterculia setigera. This relation permits the evaluation of the leave biomass. We identify the management of the fodder woody principals (Afzelia africana, Faidherbia albida, Ficus sycomorus and Pterocarpus erinaceus) of the soil of Dankana. The regeneration of these species is compromised by the different uses and systems of production. The convincing ecological reasons call a global strategy of management of the soil.

Key words: Burkina Faso, Dankana, management, woody fodder, South sudanian zone, soil.

PREMIERE PARTIE : GENERALITES

1 Introduction

Comme pour beaucoup de pays sahéliens, l’agriculture et l’élevage constituent les principales ressources du Burkina Faso. Le Sud-ouest du pays, appartenant aux régions les plus humides, présente d’importantes potentialités agro-sylvo-pastorales. L’exploitation de la zone se heurtait à deux redoutables dangers : l’onchocercose ou cécité des rivières (PELISSIER et DIARRA, 1978) et la trypanosomose animale africaine (BENOIT, 1977). Bien des technologies ont été mises au point par la recherche pour permettre l’exploitation de ces potentialités. Depuis les sécheresses des années 1973-1974 et 1983-1984, le Sud-ouest est devenu une zone d’accueil du cheptel du Nord et du Centre à la recherche de pâturage et d’eau (MARA, 1989 cité par TRAORE 2002), puis de populations humaines à la recherche de terres cultivables. De plus, le bitumage de la Nationale N° 12 contribuera à drainer d’avantage de migrants vers le Sud-ouest. Les systèmes de production agricole et pastorale ont des difficultés pour assurer une utilisation durable des ressources naturelles en générale et des ligneux fourragers en particulier.

D’une façon générale, la culture attelée est en voie de prendre le pas sur la culture manuelle. On assiste à l’extension des superficies cultivées aux dépens des ressources forestières et pastorales. La circulation du bétail se limite surtout au cours de la saison pluvieuse où une bonne partie des terres est occupée par les cultures. Les quelques pistes qui existent sont soit rétrécies par endroit, soit elles conduisent à des champs, de telle sorte que le moindre mouvement du bétail peut être source de dégâts et donc de conflits.

D’autre part, l’augmentation du cheptel dans la région entraîne un surpâturage. La pâture des espèces spontanées constitue en général le seul mode d’alimentation des bovins, des ovins et des caprins dans les régions tropicales à longues saisons sèches (GIFFARD, 1974). La réussite de toute entreprise d’élevage est conditionnée par la quantité et surtout la qualité des denrées fourragères mise à la disposition des animaux. Ainsi les éleveurs des zones soudaniennes ont coutume de conduire leurs troupeaux dans les forêts pour qu’ils profitent du pâturage arboré dont l’importance est encore plus marquée en saison sèche lorsque l’herbe fait défaut. Ils détruisent aussi les arbres, soit en les ébranchant sévèrement, soit en concentrant en un seul point un grand nombre d’animaux qui, affamés, compromettent la régénération. L’avenir de l’élevage et de la production agricole ne peut être garanti qu’en les intégrant dans une stratégie globale de protection de la nature et de l’environnement.

Face aux pressions anthropiques, agricole et pastorale, plusieurs actions sont menées dans le sens d’une meilleure gestion des ressources naturelles de la région. C’est dans

l’optique d’aider à la résolution de ces difficultés que le département des productions animales de l’INERA en collaboration avec des partenaires du Nord a entrepris un projet pilote financé par l’Union Européenne dans le cadre du programme projet ‘‘International Cooperation with Developping Countries’’ (INCO-DC), afin de contribuer à la durabilité des systèmes de vie pastorale et agropastorale en proposant des voies et moyens dans lesquelles :

- la dégradation écologique peut être réduite ou évitée ;
- les relations entre éleveurs et agriculteurs peuvent être améliorées par la création et le renforcement de partenariats mutuellement bénéfiques ;
- les pratiques de gestion des sols et des autres ressources naturelles peuvent être améliorées.
- Les objectifs spécifiques du projet étaient :

1. évaluer les potentialités pastorales des différents types de pâturages et des terres cultivées dans les villages sites ;
2. évaluer la gestion actuelle des ressources naturelles dans les systèmes d’élevage et de production agricole ;
3. développer des systèmes de régulation de l’utilisation de la terre, qui soient efficaces, socialement acceptables et qui prennent en compte la tenure de la ressource pastorale ;
4. développer des outils et techniques à vulgariser auprès des groupes cibles. Ces groupes cibles comprennent au niveau village tous les utilisateurs de la ressource, et au niveau macro les décideurs politiques et les autorités administratives.

En matière de recherche, les investigations ont été effectuées par l’INERA en partenariat avec le Réseau MARP/BURKINA et le PDR-PONI. Notre thème d’étude s’insère dans l’objectif spécifique 2. L’étude a porté sur la caractérisation et la gestion de ligneux fourragers dans les systèmes de production agro-pastorale du terroir de Dankana. La problématique est que, les activités agro-pastorales, poumons de l’économie du terroir, menacent les ressources forestières en général et les ligneux fourragers en particulier. L’objectif général était de contribuer à la durabilité des systèmes de production agro-pastorale en proposant une exploitation rationnelle des ressources naturelles notamment les ligneux fourragers. Les objectifs spécifiques ont été de :

- inventorier les espèces ligneuses et établir leur spectre d’appétibilité ;
- établir des caractéristiques de 6 ligneux fourragers et évaluer leurs valeurs fourragères ;
- Identifier les valeurs ethnobotaniques des 4 principaux ligneux fourragers et caractériser leur gestion traditionnelle.

L’étude est divisée en 4 parties principales :

la première partie résume les caractéristiques du terroir de Dankana, la deuxième partie présente l’approche méthodologique, la troisième partie constitue les résultats et les discussions puis la conclusion et les recommandations.

1. Cadre géographique

Le terroir de Dankana couvre une superficie de 2898 ha. Le village Dankana est situé à environ 65 Km au Sud-ouest de Gaoua, à 36 Km au Nord-est de Batié et à 11 Km au Sud-est de Legmoin qui est le chef lieu du département. Administrativement, le département de Legmoin relève de la province du Noumbiel avec pour chef lieu Batié. Celle-ci est située dans la région Sud-ouest du Burkina Faso. Elle est limitée à l’Est par la République du Ghana, à l’Ouest et au Sud par la République de Côte d’Ivoire et au Nord par la province du Poni.

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Figure 1 : Localisation de Dankana

2. Cadre géologique

Ces renseignements géologiques sont de LABOURET (1925) et de MARCELIN (1971). L’ensemble de la région est une pénéplaine monotone, mollement ondulée, qui oscille entre 250 et 350 mètres d’altitude et culmine dans la région de Lorhosso. L’érosion a mis en relief les roches basiques qui forment des ensembles de collines surplombant la plaine de 200 mètres en moyenne. Les principaux massifs sont situés au Sud-est de Karankasso, dans la région de Gaoua, au Sud de Kampti, au Sud de Batié et autour de Kpéré. Des quartzites birrimiens et certains filons de quartz se marquent par des reliefs plus mous et plus discontinus, alors que les schistes ont été altérés et ravinés, parfois profondément. Les domaines granitiques ont été rabotés par l’érosion ; on n’y observe par places que des dalles ou des boules éparses au niveau de la pénéplaine. Les cuirasses latéritiques, nombreuses, apportent un peu de variété par leurs reliefs tabulaires festonnés de végétation. Le point culminant est le mont Nouéhé ou Koyo dont le chapeau bauxitique avoisine 600 mètres d’altitude. A l’Ouest, le lit du Mouhoun, peu encaissé, descend en pente douce de 240 mètres au Nord à 220 mètres au Sud. Le terroir de Dankana est entièrement plat et les bas-fonds n’occupent qu’une très faible partie (NILL, 1999).

3. Cadre pédologique

3.1. Classification des sols.

D’après les études pédologiques de l’INERA et al. (2002), les sols du terroir de Dankana sont de texture gravillonnaire à profondeur faible. La majeure partie du terroir est occupée par des sols gravillonnaires avec des sols sableux à sablo-argileux ou limoneux le long des cours d’eau et dans les bas-fonds. Des affleurements de cuirasse apparaissent et occupent une partie des versants de bas-fonds.

3.2. Occupation des sols

Les différents types de sol ont en général des vocations bien définies et leur distinction est précieuse pour fixer leur meilleure utilisation possible : zones agricoles ou maraîchères, zones de parcours du bétail, zones susceptibles de porter des forêts de production, zones qui doivent être protégées par le maintien de la végétation naturelle ou par des reboisements. Toute action modifiant l’équilibre végétal entraîne une évolution du sol qui se traduit tôt ou tard, quand elle est mal conduite, par une dégradation ou une stérilisation du terrain. La végétation forestière est liée à la nature du sol mais elle contribue également à la formation d’un sol qui lui est propre (RIEFFEL et MOREAU, 1956).

L’espace agraire se catégorise en types de sols à vocation agricole diversifiée. Ainsi les communautés villageoises (Dagara) distinguent huit types de sols (INERA et al., 2001) :

- Les sols latéritiques ou « Dalempoua » à vocation agricole nulle ;
- Les sols à texture sableuse et argileuse ou « Zii-biriziè », propices à la culture des céréales telles que le sorgho, le mil et des légumineuses comme le niébé, l’arachide et le voandzou. Ce type de sol se révèle également être apte à la production des tubercules comme les ignames ;
- Les sols des bas-fonds ou « Zii-varma », apte à la production de sorgho et de riz ;
- Les sols marécageux ou « Zii-plipla » à vocation agricole médiocre ;
- Les sols inondés ou « Zii-varmaziè » dont la vocation agricole est nulle ;
- Les sols argileux ou « Zii-bambiné » sur lesquels sont valorisées les céréales comme le sorgho et le maïs ;
- Les sols des champs de case ou « Zii-balezié ». Ces sols sont perpétullement exploités par les communautés villageoises et de ce fait, ne sont jamais mis en jachère. La spécificité d’un tel type de sol vient du fait qu’il bénéficie périodiquement d’un amendement organique. Ainsi, fumier, détritus ménagers, compost constituent les éléments fertilisants majeurs des champs de case ;
- Les sols gravillonnaires ou « Kosbè-ziè », aptes à la production de maïs, de niébé, du mil et du sorgho.
- Les champs de brousse sont exploités pendant un temps allant de 4 à 6 ans, après quoi, ils sont laissés en jachères pendant un temps nécessaire à la reconstitution de leur fertilité.

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Figure 2 : Occupation des terres dans la zone de Dankana

4. Cadre bioclimatique

Notre zone d’étude est soumise au climat Sud soudanien avec deux saisons bien marquées :

- Une saison des pluies allant du mois d’avril au mois d’octobre avec un maximum de précipitation en juillet-août ;
- Une saison sèche avec une chaleur qui culmine en mars-avril.

L’influence des vents et les variations annuelles de l’hygrométrie entraînent une subdivision du climat, du moins bien cernée par les populations locales :

- Une saison sèche et fraîche, de novembre à février ;
- Une saison sèche chaude, de mars à juin ;
- Une saison humide chaude, de juin à octobre.

La moyenne annuelle des températures du terroir de Dankana est de l’ordre de 27°C. On note deux périodes fraîches (Décembre à Février et août) et deux périodes chaudes (Mars à Avril et septembre). Dans la région de Gaoua, les pluies débutent vers la mi-avril et finissent vers fin octobre. L’Evapo-Transpiration Potentielle (E.T.P.) moyenne est de 194,41 mm ; elle est basse en Août (62 mm) et élevée en Janvier (348,3 mm). La période active de végétation s’étend d’Avril à Octobre, soit 7 mois. Cette période active correspond à la période pendant laquelle la pluviosité mensuelle est supérieure à la moitié de l’E.T.P.(Fig. 3). La pluviosité annuelle est comprise entre 1000 et 1300 mm (Fig. 4).

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Figure 3 : Bilan hydrique moyen de la province du Noumbiel de l’année 2002 (Source : station synoptique de Gaoua.)

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Figure 4 : Evolution de la pluviosité de 1966-2000 (Station synoptique de Gaoua)

5. Végétation de Dankana

Selon les travaux de FONTES et GUINKO (1989), le terroir de Dankana se situe dans le district Ouest Mouhoun. Sa végétation est de type soudano-guinéenne avec des savanes à Parkia biglobosa et Vitellaria paradoxa, des forêts claires et des formations ripicoles à Daniellia oliveri le long des bas-fonds. La végétation, en dégradation est dominée par Detarium microcarpum et la famille des Combretaceae. Les savanes arborées claires et les savanes arbustives constituent la végétation dominante avec 48,9% de la superficie du terroir (TRAORE, 2002). Les champs occupent 26,5% de la superficie totale du terroir. Les formations ripicoles sont les plus faiblement représentées avec 3,2%.

6. Cadre hydrographique

Le terroir de Dankana est situé sur le versant Ouest du Mouhoun à environ 7 km du lit et à environ 10 km de la Bambassou (INERA et al., 2001).

Le réseau hydrographique est constitué par un cours d’eau qui traverse le village d’Ouest en Est sur deux bras et va se jeter dans la Bambassou. Il tarit dès janvier. Le Mouhoun est le seul cours d’eau permanent. La Bambassou se réduit en saison sèche à un chapelet de mares.

7. Cadre zoologique

Les ressources en faune du terroir de Dankana sont en relation avec l’état dégradé de l’habitat. La faune terrestre est essentiellement dominée par le petit gibier malgré la proximité du Mouhoun et de la Bambassou. La faune rencontrée est composée essentiellement de lièvre, d’ourébi, de reptiles terrestres et aquatiques et de quelques espèces de la faune aviaire : francolin, pintade commune, calao, poule de rocher, tourterelle.

8. Cadre socio-économique

8.1. Population

Dankana est peuplé de Dagarti-wilé (88,5%) et de peuls (11,5%) (INERA et al., 2001). La population est estimée à 985 individus. On distingue les clans Dagari ou lignées familiales Gbanè, Kpagnonè, Zouè et Nairé. Les principaux noms de familles sont SOME, DAH, HIEN et KAMBOU. La population active est estimée à 63%. La population est essentiellement animiste (68%). On y trouve des chrétiens (21%) et des musulmans (11%), ces derniers étant essentiellement représentés par les peuls. Le flux migratoire est important. En 1999-2000, on a dénombré environ 1 émigrant par ménage dont 81% d’hommes et 19% de femmes. Il représente plus de 10% de la population totale et 30% de la population active. Les pays d’accueils sont la Côte d’Ivoire (83%) et le Ghana (17%) (INERA et al., 2001).

8.2. Systèmes de production

A l’instar de l’ensemble du pays, l’économie de Dankana est basée sur l’agriculture et l’élevage.

8.2.1. Système de production agro-pastorale

Les systèmes de production purement agricole sont très peu représentés. Il existe surtout des systèmes de production agro-pastorale à dominance pastorale ou à dominance agricole.

8.2.1.1. Système de production à dominance agricole

L’agriculture constitue la principale activité de la population dans ce système. L’élevage est une source de revenu secondaire. Ce sont les autochtones de l’ethnie Dagara qui pratiquent ce système (SAVADOGO et al., 2002). Il est de type extensif et sédentaire. Le producteur possède en même temps des petits ruminants et des bovins, soit uniquement des petits ruminants, soit uniquement de la volaille. Les efforts de la population sont surtout portés sur les cultures vivrières qui sont des cultures annuelles. Les principales espèces cultivées sont le mil, le sorgho, l’arachide, le niébé, le voandzou, les ignames et le riz. L’agriculture s’y pratique selon deux aspects : celle traditionnelle et celle utilisant des méthodes modernes, perfectionnées, de mise en valeur du sol. La majorité de la population utilise un outillage agricole rudimentaire. C’est avec des outils de mains et avec la seule force des muscles qu’ils effectuent les défrichements, la préparation des terres, les semis, les plantations, l’entretien des cultures et les récoltes. Ils laissent à la nature, par le système des jachères, la tache de lutter contre l’épuisement du sol. La minorité de la population pratique une agriculture traditionnelle associée à la culture attelée, aux amendements et à l’engrais.

Les principales contraintes de l’agriculture sont :

- la baisse croissante du niveau de fertilité des sols cultivés ;
- le faible niveau d’application des techniques culturales vulgarisées ;
- l’insuffisance de la main d’œuvre due à la forte émigration des jeunes ;
- le faible niveau d’équipement agricole des ménages : seulement 6,7% de ménages sont équipés en charrue.

8.2.1.2. Système de production à dominance pastorale.

Dans le système de production à dominance pastorale, l’agriculture joue un rôle marginal. L’essentiel des revenus monétaires provient de l’élevage. Il est pratiqué essentiellement par les allochtones peuls (SAVADOGO et al., 2002). L’élevage porte surtout sur les bovins, les ovins et les caprins. Pendant la saison sèche, la transhumance annuelle, d’une faible amplitude, concentre la population bovine vers les points d’eau et les fourrages. Les zones riveraines du Mouhoun et de la Bambassou sont les zones d’accueils. Pendant la saison pluvieuse, le bétail est conduit dans l’espace pastoral délimité par les responsables villageois. Il est aussi conduit en pâture sur d’autres terroirs comme celui de Dapkolo, Koulé, Nakoun, Delotion (SAVADOGO et a l.,.2002). Ces déplacements sont sources de conflits en saison pluvieuse. La destruction précoce des pâturages par les feux, la mortalité de la volaille et des petits ruminants puis l’installation anarchique des champs en début de saison pluvieuse constituent les principales contraintes.

La charge animale réelle du terroir de Dankana est estimée à 1163,4 Unités Bovines Tropicales (U.B.T.). Cette charge est essentiellement constituée de bovins. Le disponible en fourrage ligneux du terroir en 2002 était estimé à 129,72 t (TRAORE, 2002).

8.2.2. Système de production agro forestière

Le système de production agro forestière traditionnel a donné lieu à des paysages dits anthropiques. Ce sont des arbres laissés sur les zones de cultures ou de jachères. Leur utilité est la protection des sols, la production d’aliments et de fourrage. Ce système se caractérise par une interaction entre les cultures, les animaux et les éléments ligneux.

8.2.3. Système de production sylvicole

Les principales activités sylvicoles sont : la production de plants en pépinière, les plantations d’espèces fruitières et le reboisement pour la production de bois. Ce système de production est à l’état embryonnaire. Quelques villageois ont un verger d’anacardiers. La plus part des villageois plantent des arbres fruitiers (citronnier, papayer, manguier, etc.) dans leur concession.

8.3. Mode d’accès aux ressources naturelles

Selon qu’on est autochtone ou allochtone, le mode d’accès à la terre diffère. Ainsi, les autochtones accèdent à la terre et à certaines composantes de l’environnement par héritage matri-lignagère. Nonobstant les textes administratifs régissant le foncier et les divers actifs naturels, les communautés par méconnaissance pour certains, et par refus pour d’autres, continuent de gérer traditionnellement leur patrimoine naturel. En règle générale, le fait de leur appartenance aux lignages des villages, confère aux autochtones un droit de culture sur tout le terroir. Ce droit peut être permanent ou temporaire, individuel ou collectif.

Les allochtones sont des usufruitiers des ressources locales. Pour la plupart du temps ils empruntent la terre auprès des détenteurs fonciers permanents.

Les ressources en eau sont accessibles à toutes les communautés locales. Le peu de ressources fauniques disponibles actuellement est utilisé par les différentes populations locales. L’ouverture de la chasse ou des battues se fait selon les prescriptions de la tradition. Il y a certains rites coutumiers qui officient cette activité.

[...]

Fin de l'extrait de 87 pages

Résumé des informations

Titre
Caractérisation et gestion de ligneux fourragers dans les systèmes de production agro-pastorale du terroir de Dankana en zone Sud soudanienne du Burkina Faso
Cours
Biologie et Ecologie Végétales
Auteur
Année
2004
Pages
87
N° de catalogue
V176012
ISBN (ebook)
9783640971664
ISBN (Livre)
9783640972722
Taille d'un fichier
1524 KB
Langue
Français
mots-clé
caractérisation, dankana, burkina, faso
Citation du texte
Dr. Fidele Bognounou (Auteur), 2004, Caractérisation et gestion de ligneux fourragers dans les systèmes de production agro-pastorale du terroir de Dankana en zone Sud soudanienne du Burkina Faso, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/176012

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