Introduction : L’automédication constitue un problème majeur de santé publique, en particulier dans la prise en charge du paludisme en Afrique subsaharienne, où elle contribue aux retards thérapeutiques, aux complications et à l’augmentation de la mortalité liée aux formes graves. Cette étude visait à déterminer la fréquence et identifier les déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans la zone de santé de Kamina.
Méthode : Il s’agit d’une étude analytique transversale menée sur une période allant du 20 Janvier au 20 Mai 2024, auprès de 231 patients ayant souffert du paludisme grave et ayant été admis à L'Hôpital Général de Référence de Kamina, centre de santé de référence BUMI et polyclinique Bon Berger au cours de la période d’étude. Les données ont été collectées par interview face à face à l’aide d’un questionnaire pré-testé et paramétré sur l’outil Kobotoolbox. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS version 23. Les associations ont été testées à l’aide du test du Chi Carré de Pearson ou de Fischer exact selon le cas. Une régression logistique binaire a été utilisée pour identifier les déterminants de l’automédication (P <0,05). La performance du modèle a été évaluée grâce à une courbe ROC.
Résultats : Les résultats de cette étude ont montré que la fréquence de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans notre milieu d’étude est de 33,3%. Ainsi, les déterminants de l’automédication dans notre milieu d’étude sont : l’absence d’information sur l’interdiction de l’automédication ; la mauvaise appréciation de la qualité des soins administrés dans l’établissement sanitaire ; la non instruction et le niveau socioéconomique faible. La capacité de prédiction des déterminants a été évaluée, avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,94 (IC95% : 0,90–0,97 ; p < 0,001), démontrant une performance significative du modèle.
Conclusion : L’automédication dans la prise en charge du paludisme grave demeure fréquente à Kamina et est fortement influencée par des facteurs informationnels, éducatifs, socioéconomiques et par la perception de la qualité des soins.
Déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave à Kamina, RDC
Determinants of Self-Medication in the Management of Severe Malaria in Kamina, DRC
RESUME
Introduction : L’automédication constitue un problème majeur de santé publique, en particulier dans la prise en charge du paludisme en Afrique subsaharienne, où elle contribue aux retards thérapeutiques, aux complications et à l’augmentation de la mortalité liée aux formes graves. Cette étude visait à déterminer la fréquence et identifier les déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans la zone de santé de Kamina.
Méthode : Il s’agit d’une étude analytique transversale menée sur une période allant du 20 Janvier au 20 Mai 2024, auprès de 231 patients ayant souffert du paludisme grave et ayant été admis à L'Hôpital Général de Référence de Kamina, centre de santé de référence BUMI et polyclinique Bon Berger au cours de la période d’étude. Les données ont été collectées par interview face à face à l’aide d’un questionnaire pré-testé et paramétré sur l’outil Kobotoolbox. Les analyses statistiques ont été réalisées avec le logiciel SPSS version 23. Les associations ont été testées à l’aide du test du Chi Carré de Pearson ou de Fischer exact selon le cas. Une régression logistique binaire a été utilisée pour identifier les déterminants de l’automédication (P <0,05). La performance du modèle a été évaluée grâce à une courbe ROC.
Résultats : Les résultats de cette étude ont montré que la fréquence de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans notre milieu d’étude est de 33,3%. Ainsi, les déterminants de l’automédication dans notre milieu d’étude sont : l’absence d’information sur l’interdiction de l’automédication ; la mauvaise appréciation de la qualité des soins administrés dans l’établissement sanitaire ; la non instruction et le niveau socioéconomique faible. La capacité de prédiction des déterminants a été évaluée, avec une aire sous la courbe (AUC) de 0,94 (IC95% : 0,90-0,97 ; p < 0,001), démontrant une performance significative du modèle.
Conclusion : L’automédication dans la prise en charge du paludisme grave demeure fréquente à Kamina et est fortement influencée par des facteurs informationnels, éducatifs, socioéconomiques et par la perception de la qualité des soins.
Mots clés : Déterminant, Automédication, prise en charge, Paludisme grave
I. INTRODUCTION
L’automédication, définie comme le recours volontaire à des médicaments par un individu pour traiter des symptômes qu’il s’est lui-même diagnostiqués sans avis médical préalable, est un comportement omniprésent dans de nombreux contextes à travers le monde(1). Si cette pratique peut parfois répondre à des besoins de première réponse pour des affections mineures, elle devient problématique lorsqu’elle s’applique à des maladies potentiellement graves ou lorsque les médicaments utilisés ne sont pas adaptés, ce qui peut entraîner des effets indésirables, des retards de prise en charge appropriée, une résistance aux médicaments, et une augmentation de la morbidité et de la mortalité (2).
Le paludisme est l’une des maladies infectieuses les plus importantes au monde, particulièrement en Afrique subsaharienne, où il est endémique et représente une charge majeure de morbidité et de mortalité, en particulier chez les enfants de moins de 5 ans et les femmes enceintes. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en 2022, on estimait à environ 249 millions le nombre de cas de paludisme dans le monde, entraînant plus de 600 000 décès, dont la majorité en Afrique subsaharienne(3). Dans ce contexte, une prise en charge rapide, adéquate et guidée par un professionnel de santé est essentielle pour éviter les complications sévères et les issues fatales.
Cependant, dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire, l’accès difficile aux soins formels, les barrières financières, les longues distances aux centres de santé, et la disponibilité de médicaments sans ordonnance ont favorisé le recours à l’automédication comme modalité de traitement initiale du paludisme (4). L’automédication dans le traitement du paludisme a été documentée dans de multiples études africaines. Par exemple, au Nigeria, la prévalence de l’automédication pour le paludisme atteint jusqu’à 88 % dans certaines populations rurales (5). Une étude en Éthiopie a montré que près de 78 % des personnes interrogées utilisaient des médicaments antipaludiques sans prescription médicale lors d’épisodes fébriles suspectés comme étant du paludisme (6). De même, au Cameroun, l’automédication représente plus de 60 % des réponses initiales au paludisme chez les adultes interrogés (7). Ces pratiques sont souvent associées à une connaissance limitée des schémas thérapeutiques recommandés, à une confiance excessive dans les expériences antérieures, et à une utilisation non contrôlée de médicaments disponibles dans les officines ou sur les marchés informels (8).
Ces situations sont particulièrement préoccupantes dans le cas du paludisme grave. Par définition, cette forme implique des complications telles que l’anémie sévère, l’altération de l’état de conscience, l’insuffisance respiratoire, ou d’autres dysfonctionnements d’organes, nécessitant une prise en charge hospitalière urgente (9). L’automédication avant admission hospitalière dans ce contexte peut masquer les signes cliniques de gravité, entraver la reconnaissance rapide des complications et prolonger l’intervalle avant une prise en charge adéquate, ce qui augmente le risque d’issue fatale (10).
La littérature internationale met en évidence que plusieurs facteurs sont associés à l’automédication, notamment le faible niveau d’instruction, le niveau socioéconomique défavorable, l’insatisfaction envers la qualité des services de santé, ainsi que l’absence d’information sur les risques liés à l’automédication (11).
En République démocratique du Congo (RDC), bien que plusieurs études aient documenté la prévalence générale de l’automédication dans la population, peu d’entre elles ont spécifiquement analysé les déterminants de l’automédication en lien avec des cas de paludisme grave nécessitant une admission hospitalière (12). La ville de Kamina, située dans la province du Haut-Lomami, constitue un exemple de milieu où la combinaison de fortes fréquences palustres, de contraintes d’accès aux soins et de pratiques communautaires de traitement par automédication pourrait amplifier les risques sanitaires associés à cette pratique.
Dans ce contexte, comprendre les facteurs qui motivent et déterminent l’usage de l’automédication avant la prise en charge hospitalière du paludisme grave est essentiel pour orienter des interventions de santé publique ciblées. Ces interventions pourraient inclure des campagnes d’éducation sanitaire, des stratégies pour améliorer l’accessibilité et la qualité des soins, ainsi que des régulations plus strictes sur la vente de médicaments sans prescription.
Face à cette situation inquiétante, la présente étude a pour objectifs de déterminer la fréquence et d’identifier les déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans la zone de santé de Kamina.
II. MATERIELS ET METHODE
2.1. . Cadre de l’étude
Cette étude a été effectuée dans la zone de santé de Kamina se trouvant dans la division provinciale de la santé du Haut-Lomami en République Démocratique du Congo. La Ville de Kamina où se trouve le bureau central de la zone de santé, chef-lieu de la province du Haut-Lomami, est une entité administrative décentrée, avec une population estimée à 366.557 habitants répartis dans seize quartiers. Sa population a comme occupations principales, l’agriculture vivrière et le petit commerce. Les principales productions agricoles sont : Maïs, haricot, patate douce, arachide...
2.2. . Types, Période et Population d’étude, échantillon
Il s'agit d'une étude d'analyse transversale menée entre le 20 Janvier et le 20 Mai 2024. La population d'étude comprenait tous les patients atteints du paludisme grave admis à L'Hôpital Général de Référence de Kamina, centre de santé de référence BUMI et polyclinique Bon Berger. Pour obtenir des résultats représentatifs, cette étude s'est avérée exhaustive, impliquant tous les 231 cas de paludisme grave répertoriés au cours de la période d’étude.
2.3. . Collecte et analyse des données statistiques
Les données ont été collectées au moyen d'entretiens face-à-face structurés avec des patients atteints du paludisme au cours de la période d'étude, à l'aide d'un questionnaire préalablement testé et configuré sur le serveur Kobotoolbox.
Après collecte, les données ont été téléchargées au format Excel et analysées à l'aide du logiciel SPSS version 23. Les variables continues et catégorielles ont été exprimées sous forme de fréquences et de proportions. Les associations entre la variable dépendante et indépendantes ont été testées à l'aide du test du Chi Carré de Pearson ou du test exact de Fisher, selon le cas.
Une analyse de régression logistique ascendante utilisant la méthode pas à pas de Wald a été réalisée pour identifier les déterminants de l'automédication dans le traitement du paludisme grave, en mesurant la force d'association pour chaque déterminant et en ajustant les analyses. Les associations avec la valeur P <0,05 dans les analyses ajustées ont été considérées comme statistiquement significatives. Ensuite, la courbe ROC a été réalisée pour évaluer la performance du modèle.
2.4. Critères de sélection
Ont été inclus dans cette étude, tous les patients ayant souffert du paludisme grave et ayant été admis à L'Hôpital Général de Référence de Kamina, centre de santé de référence BUMI et polyclinique Bon Berger pendant la période de cette étude.
Ont été non inclus dans cette étude, tous les cas ne répondant pas au critère d’inclusion.
2.5. Considérations éthiques
En l’absence de comité d’éthique local, nous avons pris des mesures strictes pour garantir le respect des principes éthiques internationaux. Le consentement verbal a été obtenu des personnes interrogées. Les données ont été collectées de manière anonyme et sécurisée pour protéger l'identité des participants. Nous avons accordé une attention particulière à la vulnérabilité des patients atteints de paludisme grave en évaluant leur capacité à comprendre les questions de recherche. Nous avons également pris en compte le respect de la modestie, de la tradition, des considérations culturelles, de la dignité et de l'honneur des participants en leur assurant que les résultats de l'étude seront publiés sans aucune identification personnelle.
III. RESULTATS
Tableau I. Répartition des sujets selon la fréquence de l’automédication et les caractéristiques socio-démographiques
Abb. in Leseprobe nicht enthalten
Il ressort de ce tableau que la fréquence de l’automédication dans la population étudiée était de 33,3 %. L’âge moyen des participants était de 21,1 ± 8,4 ans, avec une répartition quasi équilibrée entre les sujets âgés de moins de 23 ans (49,4 %) et ceux de 23 ans et plus (50,6 %). Une prédominance masculine a été observée (56,7 %). La majorité des participants étaient sans profession (62,3 %) et avaient un niveau d’instruction secondaire ou universitaire (59,3 %). Par ailleurs, 71,0 % provenaient de ménages de plus de cinq personnes et 51,9 % appartenaient à un niveau socioéconomique élevé.
Tableau II. Relation entre l’automédication et les caractéristiques sociodémographiques
Abb. in Leseprobe nicht enthalten
La lecture du tableau II montre que la non instruction (aucun/primaire) et le faible niveau socioéconomique sont statistiquement associés à l’automédication.
Tableau III. Relation entre l’automédication et Information sur l’automédication, Information sur l’interdiction de l’automédication, Distance entre votre ménage et la formation sanitaire, Fil d’attente dans la formation sanitaire et l’ appréciation sur la qualité des soins administrés a la formation sanitaire
Abb. in Leseprobe nicht enthalten
Le passage en revue du tableau III montre que le risque de l’automédication est très élevé chez les sujets qui n’ont pas l’information sur l’automédication, qui n’ont l’information sur l’interdiction de l’automédication et qui ont une mauvaise appréciation sur la qualité des soins administrés a la formation sanitaire.
Tableau IV : Déterminants de l’automédication par régression logistique
Abb. in Leseprobe nicht enthalten
Après la régression logistique, grâce à la méthode de pas à pas ascendante de wald, l’étude a retenu que les déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave sont l’absence d’information sur l’interdiction de l’automédication (ORa = 7,37 ; IC95 % [3,0118,05] ; p = 0,028) ; la mauvaise appréciation de la qualité des soins administrés dans l’établissement sanitaire (ORa = 12,93 ; IC95 % [3,82-43,74] ; p < 0,001) ; la non instruction (ORa = 25,33 ; IC95 % [6,28-102,28] ; p = 0,00) et le niveau socioéconomique faible (ORa = 11,60 ; IC95 % [3,02-44,48] ; p < 0,001).
Les valeurs de l’aire sous la courbe indiquent une capacité de prédiction de l’automédication à Kamina de 94% (AUC comprise entre 0,90 et 0,97). Puisque la valeur p est inférieure à 0,001, nous rejetons l’hypothèse nulle et nous concluons que notre modèle a une capacité de prédiction significativement meilleure que le hasard.
Abb. in Leseprobe nicht enthalten
Figl. Courbe ROC = 0,94 soit 94%; IC95%=[0,90 - 0,97]) ; p=0,000.
IV. DISCUSSIONS DES RESULTATS
La fréquence de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans notre milieu est 33,3%, ce qui montre que cette pratique demeure un vrai problème de santé publique dans le milieu de recherche. Une analogie des études menées dans d’autres villes de la République Démocratique du Congo, à Kinshasa une étude a été menée montre une prévalence de 59,6 % pour les patients admis aux services d'urgences médicales des hôpitaux universitaires, qui est supérieure à la nôtre (13). Toujours en RDC, une étude menée au campus universitaire de Kassapa à Lubumbashi met en évidence une fréquence de 99% chez les étudiants (14). Par contre au mali, une étude menée à Bamako a montré une fréquence supérieure à la nôtre de 76,5% (15). Généralement, l’automédication présente un problème de santé publique dont la disparité des fréquences dépend de plusieurs facteurs tel que la grandeur de la taille de l’échantillon. Une fréquence inferieure à la nôtre a été constaté au Cameroun, une étude menée à Douala a révélé que 39,7% des enquêtés sollicitaient des médicaments en automédication (16). Au contraire en France, l'enquête décennale Santé menée par l'INSEE en 2002-2003, a montré durant l'enquête que 20 % des individus ont eu recours à au moins un achat de médicament sans ordonnance, ce qui est inférieur à la nôtre (17). Cette disparité de résultats pourrait être attribuée au fait que nous mettons en parallèle des patients provenant de différentes régions, en employant des instruments de mesure variés et une méthode d'échantillonnage distincte. Cela nous pousse à méditer sur les stratégies en place et leur efficacité.
Dans notre étude, nous avons observé que l’absence d’information sur l’interdiction de l’automédication était fortement associée à la pratique de l’automédication. Cela signifie que les personnes qui ne savaient pas qu’automédication était déconseillée ou réglementée avaient plus de 7 fois de risque de s’automédiquer que celles qui en étaient informées. Cette association reflète un manque d’éducation sanitaire qui est régulièrement mis en avant dans la littérature : plusieurs études montrent que l’ignorance ou la connaissance limitée des règles de bonne utilisation des médicaments favorise le recours spontané à des médicaments sans prescription, car les individus s’appuient sur leurs propres jugements ou des normes sociales plutôt que sur une évaluation clinique professionnelle (18). Par exemple, une revue systématique indiquait que la méconnaissance des risques et des indications des médicaments est l’un des principaux déterminants de l’automédication dans de nombreux pays à revenu faible et intermédiaire (19)
Nous avons également constaté que la mauvaise appréciation de la qualité des soins dans l’établissement sanitaire était un facteur très fortement associé à l’automédication. En d’autres termes, les personnes qui jugeaient la qualité des soins reçus comme insatisfaisante avaient presque 13 fois plus de risques de recourir à l’automédication. Ce résultat rejoint les conclusions d’André SEYA(20) et d’une méta-analyse qui a montré que le manque de satisfaction vis-à-vis des services de santé, y compris la confiance et la qualité perçue des soins, est significativement associé à une hausse des pratiques d’automédication.(19) Cette insatisfaction peut être liée à des attentes non comblées, des temps d’attentes trop longs, ou une perception de négligence professionnelle - autant d’éléments qui poussent les patients à rechercher des « solutions rapides » en dehors du système formel de santé.
Un autre déterminant clé identifié dans notre étude était la non instruction des participants, ce qui indique que l’absence de scolarisation ou d’éducation formelle multipliait de plus de 25 fois le risque d’automédication. Dans la littérature internationale que nationale, le niveau d’instruction est un facteur bien établi dans le comportement de santé(20). Une étude menée en Ethiopie a rapporté que l’analphabétisme ou un niveau d’éducation faible était significativement associé à une pratique plus fréquente de l’automédication, car les personnes ayant moins d’éducation ont souvent une compréhension limitée des indications médicales, des risques de mésusage et de la nécessité de consulter un professionnel.(21) Cela s’explique en partie par le fait que l’éducation formelle améliore l’accès à l’information de santé, la capacité d’interpréter les instructions médicales et la confiance dans les conseils professionnels.
Notre étude a montré que le niveau socioéconomique faible était un facteur associé de manière significative à l’automédication. Les personnes avec un faible statut socioéconomique avaient plus de 11 fois plus de risque de recourir à l’automédication. Ce constat est largement corroboré par la littérature : plusieurs revues systématiques montrent que le faible revenu, l’absence de ressources financières suffisantes et les barrières économiques à l’accès aux soins de santé sont parmi les principaux moteurs de l’automédication, surtout dans les pays à revenu faible et intermédiaire.(22) (20) En effet, l’automédication devient souvent une alternative « abordable » pour ceux qui ne peuvent pas supporter les coûts directs (consultations, examens) ou indirects (transport, perte de revenu) associés aux soins dans un établissement de santé.
V. CONCLUSION
A l’issue de cette étude analytique transversale, portant sur les déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave, il s’est constaté que la fréquence de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave dans notre milieu d’étude est de 33,3%. Ainsi, les déterminants de l’automédication dans le milieu d’étude sont : l’absence d’information sur l’interdiction de l’automédication; la mauvaise appréciation de la qualité des soins administrés dans l’établissement sanitaire ; la non instruction et le niveau socioéconomique faible.
Conflits d’intérêts: Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêts.
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- Citar trabajo
- Georges Mwema Ilunga (Autor), 2024, Déterminants de l’automédication dans la prise en charge du paludisme grave à Kamina, RDC, Múnich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/1763233