François Truffaut, FAHRENHEIT 451 : Quand les livres brûlent

La mise en scène du roman par F. Truffaut


Thèse Scolaire, 2007
14 Pages, Note: 1,0

Extrait

Inhaltsverzeichnis

1: Introduction

2 : Résumé du contenu

3 : De Ray Bradbury à François Truffaut : Un roman prend vie
3.1 : Les différences entre le film et le roman
3.2 : L’adaptation du livre par Truffaut
3.3 : Quand les livres brûlent – Allusions au Troisième Reich

4 : La signification du film <<Fahrenheit 451>>pour François Truffaut

5 : Conclusion

6: Bibliographie

1 : Introduction

Mon intention n’est pas d’analyser le contenu de l’histoire <<Fahrenheit 451>> pour montrer sa moralité. C’est la tâche de quelqu’un qui analyse le roman de Ray Bradbury. Je voudrais, pour ma part, analyser comment François Truffaut a essayé de porter ce roman à l’écran et découvrir s’il y a réussi. C’est pourquoi j’ai donné le titre <<La mise en scène par F. Truffaut>> à mon exposé. Après avoir vu le film la première fois j’ai choisi un deuxième titre. J’ai remarqué que l’autodafé des livres est le centre du film et j’ai voulu me consacrer à cet élément en particulier. Cela m’a fait ajouter le titre <<Quand les livres brûlent>>.

J’ai commencé mon exposé avec un résumé du contenu de l’histoire du film pour aider le lecteur qui ne connaît pas le film. Ensuite j’ai commencé avec l’analyse. Dans le chapitre 3.1 j’ai décrit les différences les plus importantes entre le film et le roman et j’ai essayé de trouver les causes de ces différences. Puis j’ai continué à décrire les particularités de cette adaptation de <<Fahrenheit 451>> et à expliquer quels moyens Truffaut a employés pour la mise en scène. Le chapitre 3.3 est un complément qui se rapporte au titre de l’exposé <<Quand les livres brûlent>>. Dans ce chapitre je me suis concentrée sur les allusions au Troisième Reich faites par Truffaut dans ce film. Le chapitre 4 traite de Truffaut lui-même et de sa relation à ce film. À mes yeux ce chapitre est très important parce que les circonstances du tournage de ce film étaient exceptionnelles et doivent être prises en considération pour une analyse.

La conclusion de mon exposé comporte deux aspects : Premièrement j’ai expliqué les motifs qui m’ont amené à choisir le sujet. Deuxièmement j’ai tenté de répondre à la question : Truffaut a-t-il réussi à adapter le roman de Bradbury en gardant son message? Finalement je voudrais m’excuser auprès du lecteur du fait que mes citations ne sont pas en français mais comme ma source principale est le DVD, la plupart des citations est tirée des interviews du making of qui sont toutes en langue anglaise. Pour garder le sens de ces opinions j’ai préféré les laisser dans la langue originale.

2 : Résumé du contenu

<<451 degrés Fahrenheit est la température à laquelle les livres s’enflamment. >> (Montag, dans le film Fahrenheit 451)

Guy Montag (Oskar Werner) vit dans une société où les livres sont interdits. Le régime totalitaire est représenté par les pompiers qui n’éteignent plus le feu mais qui brûlent les livres et détruisent les maisons. La société est marquée par le manque d’individualité, de communication et d’attention aux autres. La télévision divertit les gens et les empêche de penser par eux-mêmes.

Montag est un pompier et un modèle pour les gens de cette société. Il brûle des livres, obéit à son capitaine et attend une promotion.

Un changement dans sa vie monotone se passe quand il rencontre Clarisse (Julie Christie), une jeune institutrice qui remet en question sa façon de vivre. Elle est le contraire de l’épouse de Montag, Linda (Julie Christie), qui se comporte comme la plupart des gens de l’état : Elle est droguée par les médicaments et regarde la télévision toute la journée. Ayant commencé à regarder son entourage d’une manière plus critique, Montag cache des livres dans sa maison et commence à les lire pendant la nuit. Le comportement de Montag au travail change. Au lieu d’aller travailler, il accompagne Clarisse qui a été licenciée de son école. Pendant une intervention dans la maison d’une dame âgée, Montag voit comment cette femme s’incinère au milieu de ses livres parce qu’elle ne veut pas vivre sans avoir la possibilité de lire. C’est un moment clé dans l’évolution de Montag.

Clarisse doit se cacher parce que son oncle est chassé par les pompiers. Montag veut quitter les pompiers pour commencer à les combattre. Son capitaine lui demande d’exécuter son travail une dernière fois. L’intervention a lieu dans sa propre maison et il comprend que Linda l’a dénoncé. Dans la maison, il met le feu à tout ce qui lui rappelle sa vie avec Linda avant de brûler ses livres. Il essaye de cacher son livre préféré dans la poche. Le capitaine lui demande de le brûler et est ensuite lui-même enflammé par Montag. Montag fuit, il s’échappe dans une forêt où il fait la connaissance des <<hommes-livres>>. Ce sont des gens qui ont appris un livre par cœur et le gardent jusqu’à ce qu’un changement de société se produise et qu’on recommence à imprimer des livres. Montag devient un <<homme-livre>>.

3 : De Ray Bradbury à François Truffaut : Un roman prend vie

3.1 : Les différences entre le film et le roman

L’intention de François Truffaut n’était pas de porter le roman de Bradbury à l’écran en le traduisant littéralement. Annette Insdorf (auteur d’une étude critique sur Truffaut) a exprimé cela en disant : <<It’s a mistake going in [pour voir le film] thinking <oh Ray Bradbury, oh sure I know what he is up to in his books and now I’m going to see the visualisation> >>1. Au contraire, les intentions du romancier et du metteur en scène sont différentes. Le but de Ray Bradbury est de critiquer la société qui est de plus en plus figée devant la télévision et perd la capacité de penser par elle-même. En outre, il veut montrer le destin de cette société. Pendant une interview, il a expliqué le danger d’une société comme celle de <<Fahrenheit 451>> en disant <<The real threat is ignorance and the lack of education>>2.

Mais c’est seulement un des buts de Truffaut. L’autre aspect est de porter à l’écran des livres bien que télévision et littérature soient deux choses bien différentes. Le sujet central du film est l’amour pour les livres. Le déploiement que Truffaut utilise pour montrer les livres, surtout les livres qui brûlent, est énorme et la diversité des détails est très complexe.

Pour cette raison, Truffaut a négligé des autres aspects du roman. Le personnage de Faber, un ancien chargé de cours, est supprimé dans le film. C’est lui dans le roman, qui parle des <<hommes-livres>> à Montag et qui projette avec lui la résistance contre les pompiers. Dans le film, c’est Clarisse qui remplit cette fonction. Ce n’est pas une élève de 17 ans comme Bradbury la décrit mais une institutrice de 20 ans qui joue un plus grand rôle dans le développement de Montag dans le film que dans le roman. Pour Bradbury, Clarisse est une jeune fille qui réveille les sentiments de Montag et amène un changement dans son évolution. Ensuite, elle disparaît. Truffaut dépasse cette fonction : Pour lui Clarisse est la femme qui accompagne Montag durant toute son évolution. On peut parler d’une relation amoureuse même si elle reste platonique. À la fin du film, ils sont réunis chez les <<hommes-livres>> avec lesquels ils vivent dans une forêt et où chacun apprend un livre par cœur pour le garder. Cependant la fin du roman n’a rien d’un happy end. Bradbury ne se concentre pas longtemps sur les <<hommes-livres>> mais il décrit la destruction du pays et, par là, celle de la vie antérieure de Montag. Cette destruction radicale n’est pas mentionnée par Truffaut. Bradbury met au premier plan du roman la désolation et la solitude de la nouvelle vie de Montag et la peur des <<hommes-livres>> d’oublier le contenu des livres qu’ils ont appris par cœur.

Un autre aspect de l’adaptation de F. Truffaut est qu’on y trouve peu de la science-fiction. Le roman de Bradbury est d’une part un roman de science-fiction classique qui contient certains éléments futuristes comme le chien mécanique ou le grille-pain qui beurre les toasts après les avoir grillés. Le film contient d’autre part beaucoup d’éléments des années 1960 comme les vêtements ou le mobilier. Truffaut a laissé de côté le chien mécanique ce que Ray Bradbury a commenté par ces mots :<<One of the flaws in the film for me is the absence of the Mechanical Hound, because he is a creature that helps tell you about the future. >>3 Dans le livre ce chien joue un rôle important. Il peut être programmé pour chasser et tuer sans pitié. Il aide le lecteur à s’imaginer cet avenir dénué de tout sentiment et Bradbury l’utilise pour montrer la brutalité que Montag doit craindre. Bien que les écrans de télévision soient décrits en détail par Bradbury comme couvrant tous les murs des salles de séjour, ils apparaissent moins impressionnants dans le film. Là il y a seulement un écran au lieu de trois dans la salle de séjour de l’appartement où vivent Linda et Montag et il ne couvre pas même la moitié d’un mur. Truffaut, pour sa part, ne s’est servi que de peu d’éléments futuristes : Une sorte de téléférique, le monorail, qui ressemble à un train, la barre des pompiers où on peut glisser de haut en bas et de bas en haut et les agents de police qui peuvent voler grâce à une machine fixée sur leur dos. Mais on remarque que Truffaut n’a pas attaché une grande valeur à ces éléments. En regardant le film attentivement on aperçoit les cordes qui tiennent les acteurs jouant les agents de police.

Pour conclure on peut dire que, malgré de toutes ces différences entre le roman et le film <<Fahrenheit 451>>, Bradbury de même que Truffaut ont réussi à mettre en garde contre un monde, où les gens ont perdu la capacité de penser et d’éprouver des sentiments et sont complètement influençables.

3.2 : L’adaptation du livre par Truffaut

Dans le chapitre 3.1 il est déjà mentionné que les livres représentent le centre du film <<Fahrenheit 451>>. Mais avant tout, il est question d’un monde sans livres ou plutôt sans écriture. Pour introduire cette société, Truffaut commence le film avec une séquence titre, où les noms des participants à la réalisation du film ne sont pas écrits mais récités. On voit des antennes de télévision qui donnent déjà l’idée de ce qui remplacera les livres. Truffaut continue d’éliminer l’écriture en faisant <<lire>> à Montag une sorte de bande dessinée, sans texte, au lieu d’un journal.

En privant le spectateur de mots imprimés, Truffaut produit un contraste avec les séquences, où il montre des livres. Il fait cela avec un tel déploiement de moyens qu’on peut comprendre facilement pourquoi A. Insdorf appelle le film <<a passionate hommage to (…) the written word>>4. Truffaut réussit à donner une âme aux livres. Le spectateur a l’impression que les livres sont vivants et que les brûler signifie brûler des être vivants. Cette impression est le résultat des différentes méthodes utilisées par Truffaut. Il se sert par exemple de plans rapprochés, quand les livres sont filmés. Cela réduit la distance entre le spectateur et les livres qui sont montrés. De plus, il y a quelques livres qui ont des visages d’hommes sur la reliure. Ainsi on a l’impression que les livres nous regardent. Ensuite, Truffaut a filmé les pages tournées par le vent. Cela fait croire au spectateur que les livres pourraient bouger par eux-mêmes.

En outre, Truffaut a concentré son attention sur la présentation des livres qui sont en train de brûler. On voit, par exemple, un livre dont les différentes pages brûlent séparément, l’une après l’autre. Chaque page devient noire et se fripe avant de disparaître. Ensuite, l’écran est entièrement recouvert par la page d’un livre. On voit que la page commence à brûler. D’abord il y a un petit trou dans le papier qui devient de plus en plus grand, jusqu’à ce que toute la page soit en flammes. J’ai remarqué que presque la moitié des livres est en français bien que le film soit une production anglaise. Les <<Cahiers du Cinéma>> par exemple, sont un petit renvoi au metteur en scène français.

De plus, il y a deux livres dans le film qui jouent un rôle important dans le développement de Montag. C’est d’abord <<L’histoire personnelle de David Copperfield>>, le premier livre que Montag lit. Ce livre symbolise la situation dans laquelle Montag se trouve. Il commence avec la phrase <<Je viens au monde>>. Cela indique que l’esprit de Montag s’éveille à ce moment. Le texte continue avec la question <<Deviendrais-je le héros de ma propre vie? >>. On peut transmettre cette question à la vie Montag : Son développement du pompier à l’<<homme-livre>> se passera-t-il ?

La scène suivante est la réponse à cette question: Elle a lieu dans un parc où les pompiers fouillent les gens. Montag tâte la poche d’un monsieur et on remarque le contour d’un livre. Néanmoins Montag le laisse passer. Pendant cette brève scène la moitié gauche de l’écran est noire pour qu’on se concentre sur l’essentiel, l’interaction entre Montag et l’homme. Cette façon de tourner une scène est une invention de Truffaut. Il est important de savoir qu’après cette séquence, Montag ne peut plus utiliser la barre des pompiers, qui est pour lui le symbole de l’autorité qui fait détruire les livres et arrête son évolution.

Le deuxième livre important est celui qu’il apporte aux <<hommes-livres>> pour l’apprendre par cœur : <<Les histoires extraordinaires>> de E. A. Poe est un hommage à sa propre vie, une histoire extraordinaire.

[...]


1 DVD: Le making of de Fahrenheit 451

2 DVD:Fahrenheit 451: Le roman, discussion avec l’auteur Ray Bradbury

3 DVD: Le making of de Fahrenheit 451

4 DVD: Le making of de Fahrenheit 451

Fin de l'extrait de 14 pages

Résumé des informations

Titre
François Truffaut, FAHRENHEIT 451 : Quand les livres brûlent
Sous-titre
La mise en scène du roman par F. Truffaut
Cours
Französisch LK
Note
1,0
Auteur
Année
2007
Pages
14
N° de catalogue
V179076
ISBN (ebook)
9783656014652
ISBN (Livre)
9783656014829
Taille d'un fichier
540 KB
Langue
Français
mots-clé
Francois Truffaut, Fahrenheit 451, Ray Bradbury, mise en scene, film adaption, Verfilmung, autodafe des livres, Bücherverbrennung
Citation du texte
Eva Düllmann (Auteur), 2007, François Truffaut, FAHRENHEIT 451 : Quand les livres brûlent, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/179076

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