Commentaire d'un extrait de "Pierrot mon ami" de Raimond Queneau


Essai, 2010
8 Pages, Note: 1,3

Extrait

l'orthographe, le vocabulaire et la syntaxe.
En tout cas, il s'oppose aux restreints linguistiques et est donc obligé de défendre ses oeuvres qui
sont, selon quelques critiques, plein de fautes.
Pourtant Raymond Queneau, qui était un adhérent de l'Oulipo, un groupe de recherche littéraire,
reste fidèle à ses idées d'une langue ludique, et cet extrait de son roman en fait nettement preuve.
Au début, on apprend que Pierrot est dans l'Uni-Park, mais en ce moment-là, il n'est pas en train de
travailler; bien au contraire, il est <<accoudé [...] à son aise>>. Apparemment, il semble avoir rien
à faire, pensant <<à la mort de Louis XVI>> (1).
Le narrateur est omniscient, donc les lecteurs peuvent savoir ce qu'il se passe à l'intérieur du
protagoniste et comment celui-ci se sent. D'abord, cette image d'un roi tué nous surprend. Pourquoi
Pierrot réfléchit- il sur un tel sujet bien qu'il aille bien? Mais tout de suite, la tension est résolue car
il n'y réfléchit pas sérieusement, mais il laisse plutôt vagabonder ses pensées. On croit que Pierrot
est heureux et n'a pas de problèmes; c'est la raison pourquoi on arrive enfin à sourire de cette
personne qui a des pensées si inhabituelles.
La métaphore de la <<buée mentale>> évoque le sentiment d'une certaine insouciance et un humeur
douce de Pierrot, tout à fait content de lui-même et le monde. En décrivant celle-là d'être non
seulement <<légère>> mais aussi déjà <<presque lumineuse>> (2-3), le lecteur a l'impression qu'il
suit le rêve de quelqu'un qui s'isole de ses alentours, complètement détaché et renfermé sur lui-
même.
La comparaison suivante avec la nature, plus précisément avec un <<brouillard d'un beau matin
d'hiver>> (3), est vraiment pittoresque et est à la fois confrontée avec des mouches. Par là, on est
aussi stupéfait qu'au début face à la mention de Louis XVI- sans aucun doute, les associations de
Pierrot sont en désordre; en d'autres termes, cette longue énonciation reflète son cheminement de la
pensée.
Ensuite, on apprend ce qui se passe à l'Uni-Park: pour la première fois, Pierrot aperçoit ses

environs. Il y a des autos tamponneuses et des trolleys qui sont tous en mouvement et font beaucoup
de bruit (4-5); c'est le tumulte et tout le monde, surtout les femmes, sont excitées. Cette agitation
autour de Pierrot est en opposition avec sa passivité initiale. De surcroit que Raymond Queneau
utilise l'allitération (se cogner, crépiter contre le filet, crier) par laquelle il imite le bruit de fond et la
vivacité des gens au parc.
Dans chaque phrase, la structure se ressemble, ce qui explique la force inhérente et le vite
avancement rythmique de cette partie.
Puis, Raymond Queneau recourt à des effets sonores de telle sorte que cette phrase présente des
fortes ressemblances avec un poème. La <<rumeur>> et la <<clameur>> que l'on peut entendre au
parc d'attractions constituent une rime riche, alors que <<charlatans>> et <<tabarins>> riment
d'après le modèle d'une rime pauvre (6).
De plus, en ce qui concerne les verbes utilisés, c'est la rime suffisante à laquelle <<s'amuse>>,
<<rusent>> et <<s'usent>> équivalent (6-7). Pareillement l'emploi de la construction
polysyndétique, une structure par laquelle les expressions sont énumérées et seulement attachées à
la conjonction <<et>> (6), reflète la mise en place d'un poème.
Cette observation de Pierrot sert à nous décrire la situation et l'atmosphère à l'Uni-Park. De
nouveau, le bruit et la mêlée des visiteurs sont soulignés, qui, d'après Pierrot, se divertissent
énormément.
Juste comme il était déjà le cas, la structure des phrases se répète; voilà pourquoi ces pensées et
associations confuses et spontanées ressemblent faiblement à un libre discours indirect.
Grâce à cette langage, les lecteurs se croient très proches du protagoniste. En diminuant la distance
entre nous et Pierrot, il est possible de s'identifier à lui. Mais il est frappant que Pierrot ne montre
aucune volonté de participer aux évènements. Visiblement, il se contente déjà de juste regarder ses
alentours; bref, observer et décrire lui suffit afin qu'il soit satisfait.
Pour résumer, ce passage appuie sur des différentes figures de style combinées à un jeu élaboré avec
le langage.

En outre, en ayant regardé tous ces gens, Pierrot continue de penser à <<la moralité>> et à
<<l'avenir de la civilisation>> (8), quelles sont des questions particulièrement philosophiques mais
desquelles il n'a effectivement aucune connaissance.
Cependant, ce ne sont pas de cogitations précises, il ne médite sur ce sujet que pour un instant. Ce
qui cause ce comportement, c'est que, pour Pierrot, l'avenir est insignifiant. Au lieu de s'occuper de
ce qu'il sera, le protagoniste ne se concentre que sur le présent. De ce phénomène je parlerai après
encore une fois.
Puis, pour la première fois, les lecteurs reçoivent quelques informations concernant le passé de
Pierrot. Celui- ci affirme que personne ne le croit intelligent (8), ce qui pourrait être la raison
pourquoi il n'a <<aucune idée spéciale>> (7) de telles questions profondes et difficiles.
Cette phrase, énoncé d'une façon neutre et impassible, est néanmoins frappante. Elle évoque de la
pitié de cet homme qui était au commencement relâché, se sentant à l'aise. Mais Pierrot n'entre pas
dans le détail de qui exactement est de cet avis.
En plus, ces personnes l'ont blessé encore davantage en disant, par exemple, que son apparence
ressemble à la lune. Par cette comparaison suprêmement péjorative et injurieuse Pierrot, qui est doté
d'une forte myopie et qui doit ainsi porter des lunettes, est forcé de se rendre compte que les autres
le trouvent laid et peu aimable. Il donne des indications concernant une enfance malheureuse et une
jeunesse non enviable dont il reparle plus tard à nouveau.
Pourtant, malgré ses expériences mauvaises, les insultes semblent de ne le déranger du tout. Il
prétend qu'il est <<heureux>> et <<content>>, mais il relativise cela immédiatement par le dernier
mot <<vaguement>> (10). Ce sentiment paradoxe n'est explicable qu'en se souvenant du fait que
Pierrot met en exergue l'<<ici>> et le <<maintenant>> car c'est tout ce qui compte pour lui.
Comme j'ai déjà mentionné, il ne faut pas s'inquiéter et réfléchir trop du passé ou de l'avenir, au
moins d'après l'opinion de notre protagoniste.
À ce point Raymond Queneau décore cette phrase d'une composition langagière très fascinante. Par
la rime pauvre des mots <<maintenant>>, <<content>> et <<vaguement>>, l'attention du lecteur est

focalisée sur chaque mot; et c'est particulièrement en créant un rythme non seulement tapageur mais
aussi facilement perceptible que Queneau réussit à montrer son traitement excellent et innovant de
la langue française.
Ensuite Pierrot change le sujet sans crier gare parce qu'il a vu une mouche particulière. Celle- ci est
<<plus gros[se] et plus insistant[e]>> que toutes les autres du vol (11) et c'est la raison pourquoi elle
n'appartient pas au groupe de moucherons anonymes. Peut-être le protagoniste se compare-t-il avec
cet animal spécial lequel diffère si fortement de ses congénères. Pierrot, lui aussi, ne s'inscrit dans le
cadre de la foule bruyante qui s'amuse dans l'Uni-Park car il a assumé le rôle de l'observateur passif:
également aux moucherons, il est d'une façon spéciale et donc mis à l'écart des autres.
Face à ces similarités, la comparaison initialement semblant étrange devient juste et qualifiée.
Quoi qu'il en soit, comme d'habitude Pierrot ne s'attarde pas à un seul sujet pour longtemps. Le
narrateur nous fait savoir qu'il a un établi; c'est plus tard que l'on apprend qu'il s'agit du <<Palace de
la Rigolade>> où il travaille avec Petit- Pouce et Paradis, ses deux collègues et amis.
Cependant, ce métier n'est que <<pour la saison>> (12) ce qui converge déjà sur un chômage
précédent. Apparemment il y avait de nombreux échecs et déception dans la vie de Pierrot, même si
les lecteurs n'en connaissent pas de détails en raison du flou des cogitations de celui-là.
Bien que Pierrot ne possède qu'un contrat à durée déterminée jusqu'au mois d'octobre, il est sans-
souci. Le sujet de l'incertitude de la vie de notre saisonnier revient ici.
Le protagoniste est quelqu'un qui vit au jour le jour; ainsi l'omniprésence du maintenant est mise en
valeur encore une fois.
Il ne lui vient pas à l'idée de se demander de que faire à l'expiration de ce délai parce que <<pour le
moment>> (12) il ne faut pas s'inquiéter d'argent. Pierrot dit cela en utilisant une langue figurative
car cette expression haut en couleur (<<tintant déjà des écus de sa paie>>, 13) comprend aussi
l'aspect sonore et tonal.
En plus, avoir d'argent n'a aucune importance pour Pierrot; celui-là ne joue guère de rôle et donc il
ne faut pas chercher à améliorer la situation financière. Pierrot est capable de se contenter de très
Fin de l'extrait de 8 pages

Résumé des informations

Titre
Commentaire d'un extrait de "Pierrot mon ami" de Raimond Queneau
Université
University of Stuttgart
Note
1,3
Auteur
Année
2010
Pages
8
N° de catalogue
V231869
ISBN (ebook)
9783668621527
ISBN (Livre)
9783668621534
Taille d'un fichier
444 KB
Langue
Français
mots-clé
commentaire, pierrot, raimond, queneau
Citation du texte
Manü Mohr (Auteur), 2010, Commentaire d'un extrait de "Pierrot mon ami" de Raimond Queneau, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/231869

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