Fred WANDER - Ein Zimmer in Paris


Dossier / Travail de Séminaire, 2004

22 Pages, Note: gut


Extrait

TABLE DES MATIERES

Préface

COURTE INTRODUCTION

1 Fred Wander
1.1 Biographie
1.2 Interpénétration de vie et œuvre littéraire

2 Ein Zimmer in Paris: «Etappe, Durchgansstation, Purgatorium»
2.1 Thèmes dans les écrits de Wander
2.2 Ein Zimmer in Paris
2.2.1 Das Haus
2.2.2 Die kleinen Hotels

CONCLUSION

Bibliographie

Annexe I : Support de l’éxposé

Annexe II: Mehring, Walter: Die kleinen Hotels

Préface

Ce devoir a pour but de rendre à l’écrit l’exposé oral que j’ai présenté en classe le 25 mai 2004. Je suivrai partiellement le plan du soutien[1] que j’ai distribué avant l’exposé.

Je vais essayer de retracer la présentation verbale du sujet en gardant le style d’un devoir écrit. On y ajoutera quelques points dont il était malheureusement impossible de parler pendant le cours par manque de temps. Par contre, certains aspects retracés durant l’exposé ne seront pas évoqués. Par manque de temps pendant la présentation orale, j’ai décidé de rendre un devoir un peu plus long.

COURTE INTRODUCTION

D’après Fred Wander, la préoccupation dans ses écrits sur les camps de concentration et l’exil est la suivante :

«Ich habe in meinen Arbeiten über KZ und Nazi-Zeit versucht, die Würde der Entwürdigten wieder herzustellen. Es ist, wie ich glaube, überhaupt der Sinn der Kunst. Auch Widerstand !»[2]

Il avait et il a toujours deux objectifs: Le sens de l’art, selon lui, est de rétablir la dignité des victimes, mais l’art est également un moyen de la résistance. Le point d’exclamation[3] souligne cette conviction.

Le but de notre travail sera de montrer une écriture après l’exil. Comment un écrivain écrit-il après avoir dû vivre des expériences en exil et dans les camps de concentration?

Pour cela, il est nécessaire de connaître les étapes biographiques de l’auteur. Ensuite, on regardera de plus près le récit Ein Zimmer in Paris, publié pour la première fois en 1976.

Un an plus tard, Jean Améry ecrira:

«Wer das Exil kennt, hat manche Lebensantwort erlernt, und noch mehr Lebensfragen. Zu den Antworten gehört die zunächst triviale Erkenntnis, dass es keine Rückkehr gibt, weil niemals der Wiedereintritt in einen Raum auch ein Wiedergewinn der verlorenen Zeit ist.»[4]

C’est l’expression d’un sentiment qu’on retrouvera chez les quatre personnages qui se retrouvent chaque année dans leur ville d’exil dans Ein Zimmer in Paris et qu’on rencontre chez d’autres auteurs qui devaient subir l’exil. Wander et le narrateur nous appellent à profiter de la vie, d’accepter la vie dans toute sa diversité, avec les hauts et les bas, de la sentir, comme on va voir en analysant le premier chapitre. C’est une écriture après l’exil qui n’est guère mélancolique.

1 Fred Wander

Sans analyser Ein Zimmer in Paris sous un aspect psychologique en se référant à chaque fois à la vie de l’auteur, il est tout de même utile, voir intéressant dans le cadre de notre séminaire, de connaître des étapes importantes ayant influencé sur la vie de l’auteur, car le texte montre des traits d’un récit autobiographique ce qu’on traitera dans la deuxième partie de ce devoir.

1.1 Biographie

Fred Wander est né le 5 janvier 1917 à Vienne, « „Welthauptstadt des Antisemitismus“»[5][6]. Son père Jakob Rosenblatt était commercial et communiste. Ses parents fuient Czernowitz en 1910 ou 1911 à cause du pogrom. Restés à Vienne ou malgré leur fuite à Amsterdam (voir ma note 5), ses parents et sa sœur Renée seront déportés à Auschwitz puis assassinés en 1942. Le frère de Fred Wander, Otto, put se cacher dans une cachette en France et survécut ainsi à la Shoah.

A l’âge de 14 ans, Fred quitte l’école, prend divers jobs et passe quelques temps dans différents pays. Il rentrera tout de même à Vienne qu’il considère, malgré l’atmosphère antisémite, comme la ville où il retrouve sa famille. On est tenté de dire que l’exil intérieur de Wander a déjà commencé pendant son enfance et sa jeunesse[7], de toute façon qu’il a appris très jeune à s’occuper de lui-même dont il devra faire preuve bientôt.

Après l’annexion de l’Autriche en 1938, Wander s’enfuit comme réfugié politique via la Suisse et après y avoir passé trois semaines en prison, il arrive en France. A plusieurs reprises, et ce jusqu’en 1945, il tente d’obtenir un visa pour les Etats-Unis, mais il ne l’aura jamais. Pendant l’exil, il n’entre pas en contact avec des organisations autrichiennes ou allemandes. Après l’arrestation du «feindlicher Ausländer», Wander arrive en mai 1938 à Paris avec «le sentiment de ressentir pour la première fois la liberté et l’égalité»[8]. En 1940 il fuit à Marseille, mais il est de nouveau arrêté et finalement interné dans différents camps. En 1942, Wander essaie de s’enfuir en Suisse, mais la police suisse le refoule en France où le gouvernement de Vichy[9] montre son influence: Wander passera par les camps de transit Rivesaltes et Drancy avant d’arriver à Auschwitz, Großrosen et Buchenwald. Il compte parmi les 20 survivants[10] de tous ceux qui ont été livrés par la police genevoise à Vichy.

En 1945, de retour en Autriche[11] et après un nouvel internement à Salzbourg, il travaille à Vienne comme dessinateur, photographe et reporter pour – entre autres – le journal communiste Der Abend. Plus tard il deviendra membre du parti KPÖ, le parti communiste de l’Autriche, qu’il quittera en 1968. Ce n’est qu’en 1945 qu’il apprend la mort de sa mère, de son père et de sa sœur.

Suite à l’invitation de l’Institut Johannes R. Becher pour un stage d’écrivain, Wander visite en 1955 pour la première fois la RDA. En 1956, il se marie avec Elfriede Brunner. Elle est photographe et écrivain, originaire d’une famille de travailleurs socialiste-communiste et se nommera plus tard Maxie Wander. Le couple s’installe en RDA où il entre en contact avec entre autres Christa Wolf, Ralph Giordano et Erich Loest, des auteurs qui ne se privent pas de critiquer l’état de RDA dès le soulèvement populaire de 1953.

Leur fille Kitty meurt en 1968 à l’âge de 11 ans.[12] En 1977, Maxi Wander est emportée par un cancer. Elle s’est fait connaître par ‘ Guten Morgen, du Schöne’: Frauen in der DDR. Protokolle et son succès continue avec l’édition posthume de son journal intime Leben wär’ eine prima Alternative. Ce titre fût trouvé par Wander.

En 1983, Fred Wander retourne à Vienne où il vit désormais: «Es ist keine endgültige Rückkehr »[13]. Il est marié avec Susanne Wedekind.

1.2 Interpénétration de vie et œuvre littéraire

Même si, dès le début de ce travail, nous avons nommé Fritz Rosenblatt par le nom de Fred Wander, il faut noter que l’auteur ne changea de nom qu’en 1947. Le nouveau nom Fritz Wander sera officialisé en 1950, Fred devient alors son nom d’artiste. D’après Karl Müller, cet acte est une «expression de son identité»[14]. Mais de quelle identité? L’identité d’un juif qui ne souhaite plus être reconnu par son nom, d’un homme qui aime bien voyager? Il y a certainement d’autres raisons. Est-ce qu’on trouvera une réponse plus satisfaisante dans ses livres? Le narrateur avoue dans le récit Ein Zimmer in Paris:

«Der nie endende Alptraum meines Lebens (ich muß das einmal sagen) wiederholt sich meist kurz vor dem Erwachen: Ich sitze im Bett, kalter Schweiß auf der Stirn, stiere mit glasigen Augen um mich, sehe das Zimmer, die schäbigen Möbel, das Fenster, den grauen Himmel draußen, weiß aber noch nicht, wo ich bin. Angst würgt mich, ist das noch Buchenwald ? Haben sie uns dabehalten, so viele Jahre nach dem Krieg ; oder ist das ein Polizeiarrest in Marseille, ein Hotelzimmer in Paris, irgendeine schäbige Dachkammer in Amsterdam oder Wien ?

[...] Und wann kommt man hier heraus, frage ich mich ohne Atem, wann sind wir endlich frei ?»[15]

Se libérér. Non – «Quand serons-nous libre?», demande le narrateur et se voit donc comme membre d’une communauté plus importante. Bap, un des personnages dans Ein Zimmer in Paris, dit, à un moment donné, au sujet de cet acte de libération: «Mach dich frei, reiß dich in Stücke, aber befreie dich!»[16] Cet acte peut être cruel, difficile et de toute façon absolument nécessaire. Un travail perpétuel que Wander inscrit dans son identité par le fait d’avoir changer son nom. A l’origine de ce choix, il y a peut être une raison banale, c'est-à-dire qu’on n’aime pas son nom par exemple. Si on suit par contre le raisonnement de Müller, l’ex Fritz Rosenblatt a échangé son nom contre celui de Wander (en français: le promeneur ou bien l’impératif promène-toi) pour de raisons moins ordinaires. C’est en effet un nom qui évoque la problématique d’un exilé qui n’arrête pas d’errer afin de se sauver de l’ennemi et c’est en même temps l’expression d’une soif de vivre, l’envie de connaître le monde, de voir des choses, probablement de vivre tout ce qu’on ne pouvait pas faire pendant l’exil et dans les camps. C’est l’expression de continuer malgré tout, de ne pas s’arrêter, de se transformer, de faire la connaissance de l’inconnu, de résister à l’angoisse, «[d]enn der Mensch findet sich selbst besser im Unbekannten, als in der Geborgenheit seines Stammes »[17].

D’après Wander, «[d]ie Selbstfindung in der Fremde und Anonymität» est un des thèmes principaux dans ses écrits, il montre des personnages, «[d]eren Lebenskunst in der Mischung der Gegensätze liegt, in der Spannung der Kontraste zwischen äußerster Trauer und dann wieder Lebensfreude [...]»[18]. Certes, un homme n’oubliera jamais l’exil et le camp, mais Wander et les personnages dans son œuvre littéraire ne se résignent pas: Gerson, autre personnage dans Ein Zimmer in Paris, rédige depuis des années un traité intitulé «Extase als das schöpferische Prinzip», car – comme il dit –: «Der Mensch, in Ekstase gezeugt, wird immer Ekstase suchen ».[19] Le narrateur retrouvera son ami Baptiste quelques années après la guerre sur un marché au coin du boulevard Bonne Nouvelle et de la rue du Faubourg Saint Denis: «Die Menschen sind noch ausgeblutet und von Hunger wirr, aber schon spürt man den fieberhaften Atem kommender Zeit, Lebensgier, Aktivität, unterhörte Geschäfte».[20] Mais la résistance n’est pas toujours facile: Grünberg, autre personnage dans Ein Zimmer in Paris, s’enfuit dans la dépendance des médicaments et disparaîtra sans laisser de traces. Il vit mal le retour à la «normalité», si possible il est de parler de normalité sur cette terre.

«‚Normal’ sein heißt: nicht sehen, nicht hören, allem zustimmen und schweigen. Einer, der die allgemeine Lähmung und Ohnmacht nicht ertragen will, nichts in Ordnung findet, muß in Ketten gelegt werden oder in die Zwangsjacke der Droge !»[21]

[...]


[1] Voir annexe I, p. 16.

[2] Wander cit. in: Kuehs/Marsching: Interview mit Fred Wander

[3] Comme il s’agit d’une interview, Kuehs et Marsching ont choisi la ponctuation, pas Wander lui-même. On va se contenter ici à croire qu’ils voulaient ainsi exprimer l’accentuation de Wander.

[4] Jean Améry: Wieviel Heimat braucht der Mensch. In: Jenseits von Schuld und Sühne. Bewältigungsversuche eines Überwältigten. Stuttgart: Klett-Cotta 1977

[5] Les indications biographiques varient dans les différents textes sur Wander. Je me réfère principalement au texte de Kuehs. A lire également: de Roulet: Fred Wander, écrivain autrichien, livré par la police genevoise à Vichy, rescapé d'Auschwitz

[6] Wander cit. in: Kuehs/Marsching: Interview mit Fred Wander (entre guillemets dans l’original). Plus tard il raconte que l’antisémitisme était aussi à ressentir entre les enfants : «Tägliche Beschimpfungen als Jude, Schläge, Ausgrenzung war auch unter Kindern sehr häufig».

[7] Il suffit d’écouter la bande originale sur le très bon site de l’Université de Salzbourg sur les auteurs autrichiens qui étaient en exil où l’on trouve également la plupart des articles que j’ai utilisés pour ce travail.

[8] Cf. Kuehs/Marsching: Interview mit Fred Wander: «Paris bot zum erstenmal in meinem Leben das Gefühl der Freiheit und Gleichberechtigung. Keine tägliche Beschimpfungen, keine Angst. »

[9] L’humeur subtile du narrateur ou de Wander se montre dans la phrase suivante: «Garçon, ein Glas Vichy bitte, es kann einem übel werden.» (ZIP, p. 155)

[10] Cf. de Roulet: Fred Wander, écrivain autrichien, livré par la police genevoise à Vichy, rescapé d'Auschwitz: «La cinéaste zurichoise Irene Loebell a retrouvé dans les archives genevoises les photos de famille que la police [suisse] avait séquestré à Fred Wander lors de son arrestation en 1942. Elle est allé les lui montrer à Vienne, en a fait un film, «Un voyage à Genève»». Le film date de 2000.

[11] «Ich bin nach dem KZ nach Wien gekommen, weil ich hoffte, meine Eltern zu finden, meine Geschwister.» Wander cit. In: Kuehs/Marsching: Interview mit Fred Wander. En exil, Wander n’avait quasiment aucun contact avec sa famille.

[12] Voir de: «L’Allemagne de l’Est construit le Mur exactement au fond de son jardin. C’est là que s’amuse sa petite fille de onze ans. Mais le terrain est mal stabilisé, la fillette est enterrée vive par une coulée de terre. Littéralement tuée par le Mur qui sépare l’Est de l’Ouest. Fred déménage, mais ne sait où aller.» (Mise en relief par moi; le problématique de l’exil le poursuit.)

[13] Wander cit. In : Kuehs/Marsching: Interview mit Fred Wander.

[14] Cf. Müller, Laudatio für Fred Wander: «Ausdruck seiner Identität»

[15] ZIP, p. 77

[16] ZIP, p. 130

[17] Voir Wander: Worüber ich schreibe

[18] Id.

[19] ZIP, p. 48 (entre guillemets dans l’original)

[20] ZIP, p. 58

[21] ZIP, p. 141. Voir aussi ZIP, p. 122: «Normal sein heißt, nicht sehen, nicht fühlen, sie sitzen in den Cafés, trinken Coca-Cola und Eislimonade, hörst du nicht den langgezogenen Schrei?»

Fin de l'extrait de 22 pages

Résumé des informations

Titre
Fred WANDER - Ein Zimmer in Paris
Université
Université Sorbonne Nouvelle Paris III  (Institut d'allemand)
Cours
Exil à Paris
Note
gut
Auteur
Année
2004
Pages
22
N° de catalogue
V25479
ISBN (ebook)
9783638280907
Taille d'un fichier
781 KB
Langue
Français
Annotations
Inkl. 4 Seiten Handout.
mots-clé
Fred, WANDER, Zimmer, Paris, Exil, Paris
Citation du texte
Elisabeth Hecht (Auteur), 2004, Fred WANDER - Ein Zimmer in Paris, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/25479

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