Le rap des cités. Un reflet de la situation dans les banlieues?


Dossier / Travail, 2012
18 Pages, Note: 1,3

Extrait

Table des matières

1. Introduction

2. Les banlieues françaises : origines et situation actuelle

3. Le gangsta rap
3.1. Qu’est-ce que c’est le gangsta rap ?.
3.2. Le gangsta rap comme reality rap ?

4. Analyse de la chanson Bakel City Gang de Booba

5. Le rap des cités : un reflet de la situation dans les banlieues ?

6. Résumé

7. Bibliographie

8. Annexe

1. Introduction

Il ne se passe pas un jour sans que la presse française nous informe des évènements dans les banlieues : actes de violence, drogues et protestations dégénérant en émeutes sont l’expression d’un manque de perspectives qui est devenu le quotidien de toute une génération. A présent que nous sommes arrivés au paroxysme de ce conflit, beaucoup de rappeurs français se voient comme conciliateurs entre les deux partis, prétendant qu’ils connaissent les conditions de vie dans les banlieues.

En nous basant sur cette perspective, nous consacrerons ce devoir à la question suivante : Dans quelle mesure le rap des cités est-il un reflet de la situation dans les banlieues ?

Comme il est nécessaire de se faire une idée exacte de la réalité dans les banlieues, nous aborderons dans un premier temps l’histoire des banlieues et la situation générale de ces quartiers, ainsi que les conditions de vie qui y règnent actuellement.

Ensuite, nous examinerons le phénomène actuel du gangsta rap qui mérite une attention toute particulière, étant probablement le genre musical le plus populaire et discuté aujourd’hui.

Après cela, nous comparerons les aspects analysés précédemment sur le gangsta rap avec un exemple concret, soit la chanson Bakel City Gang de Booba, pour voir dans quelle mesure ces deux perspectives sont concordantes. Les paroles, ainsi que la vidéo de la chanson se trouvent dans l’annexe de ce devoir.

Après cela, nous essayerons de répondre à la question d’origine de ce devoir en reliant certains aspects des chapitres précédents sous forme d’une réflexion.

A la fin de ce devoir, les idées essentielles de chacun des chapitres abordés seront une dernière fois brièvement évoquées, afin d'obtenir un aperçu général des résultats.

2. Les banlieues françaises : origines et situation actuelle

Dans ce premier chapitre, nous nous ferons une idée d’ensemble des banlieues françaises et aborderons la situation sociale actuelle des habitants. Comme la situation réelle dans les banlieues est un point central de l’analyse dans devoir, les explications suivantes serviront comme base à la comparaison avec la réalité du rap des cités.

La France d'après-guerre connaît un besoin énorme en logements à prix réduits, à cause notamment d'un boom économique et d'une immigration croissante : la population française rêvait de transformer leur habitat en reflet de leur optimisme pour exprimer leur aspiration à la modernité. Après la construction des 2000 premiers appartements en 1952 à Marseille, la construction d’autres cités HLM dans toute la France ne se fit guère attendre. Ces cités étaient considérées comme péréquation sociale pour une nouvelle société juste. [1]

Mais au lieu de cela, les banlieues devinrent de plus en plus des zones urbaines sensibles. Avec la crise économique des années 1970, les banlieues se sont transformées en centres de chômage et de la pauvreté. En même temps, les défauts de construction des bâtiments qui étaient construit trop vite, se firent ressentir. La population d’origine française chercha à quitter les banlieues au plus vite, alors que les familles immigrantes n’eurent pas d’autre choix que d’y rester. [2]

Aujourd’hui, on part du principe qu’il y a environ cinq millions français qui vivent en ZUS (Zones Urbaines Sensibles), c’est-à-dire des régions caractérisées par un chômage plus haut que la moyenne (20,7% ; 36% chômage des jeunes) et d’un niveau culturel médiocre. Le revenu moyen dans les banlieues s’élève à 10.540 euros, alors que dans le reste de la France, le revenu moyen tourne autour de 17.184 euros. [3]

La défavorisation sociale, le sous-développement de l’infrastructure et de l’éducation, ainsi que la diversité ethnique débouchèrent alors sur une propension à la violence énorme et une haine de la société actuelle notamment de la part des jeunes. [4]

Dans ce contexte, les médias français ont créé un stéréotype du « jeune de cité » souvent instrumentalisé par la politique : Pendant la campagne électorale de 2002, les partis de droite ont réduit leur programme électoral au combat de la criminalité dans les banlieues sans prendre en considération la complexité de ce sujet, pour gagner le plus de voix possibles. D’après certains sondages, la sécurité fut aussi le sujet principal des élections présidentielles en 2007. [5] Nicola Sarkozy, le vainqueur de ces élections, fut souvent critiqué pour ses dérapages verbaux en ce qui concerne la situation dans les banlieues, notamment en 2005 après la mort d’un enfant à la Courneuve : « Dès demain, on va nettoyer au Karcher la cité. On y mettra les effectifs nécessaires et le temps qu'il faudra, mais ça sera nettoyé. » [6]

La peur des français est surtout le résultat d’une délinquance de groupe croissante qui fait de plus en plus de bruit actuellement. Selon certains experts, une économie clandestine s’organise de manière mafieuse et dirige une grande partie du trafic de drogue en France. Nous pouvons donc constater une tendance vers la criminalité professionnelle, qui remplace la criminalité occasionnelle. Cette réorganisation sociale qui marche dans le sillon des afro-américains fait naître un nouvel esprit de solidarité faisant penser à un « néo-communautarisme ». [7]

Pour lutter contre la formation d’un tel milieu, l’État prit la décision de se concentrer en particulier sur une réaction rapide et convenable à la violence urbaine. Le seul but imposé de l’action policière est le maintien, ou bien le rétablissement de l’ordre public. Dans ce contexte, des plans d’intervention servent de base pour garantir la condamnation la plus rapide possible des personnes arrêtées. Néanmoins, l’efficacité de cette politique de sécurité est douteuse, étant donné que cette présence policière démesurée peut bien provoquer de la peur et, paradoxalement, de l’insécurité de la part des jeunes. [8]

La France s’est de plus en plus désolidarisée des banlieues en maintenant sa politique de sécurité interventionniste. Les gens sont tellement aveuglés par la peur d’une ghettoïsation potentielle, si bien qu’il semble presque impossible de réfléchir rationnellement sur des mesures alternatives. [9]

3. Le gangsta rap

Dans ce chapitre, nous nous consacrerons au gangsta rap, un sous-genre du rap, qui est aujourd’hui considéré comme le nec plus ultra de ce genre et qui, du point de vue économique, est classé parmi les branches les plus lucratives de l’industrie musicale.

3.1. Qu’est-ce que c’est le gangsta rap ?

Lorsque le rap commençait à se développer dans les années 1980 dans l’Est des États-Unis, les rappeurs parlaient déjà des drogues et de la violence des gangs mais sans en faire l’apologie. C’est-à-dire que le rap américain impliquait déjà tous ces aspects illégaux mais renonçait à se parer du mot gangsta. [10]

Le gangsta rap en tant que tel s’est constitué à la fin des années 1980 en Californie et se revendique « criminel ». [11] Jean-François Gayraud fait la distinction entre deux sens du mot criminel : D’abord, il parle du mot criminel au sens criminogène, c’est-à-dire « les valeurs » que le rap véhicule comme la violence physique ou la haine de la police et donc le crime qu’il produit. De plus, Gayraud mentionne le sens pénal, ce qui signifie d’un côté le passé des rappeurs qui faisaient partie d’un gang et qui se sont finalement retrouvés dans le milieu de la drogue et de l’autre côté le mode de vie des rappeurs célèbres qui ne cessent jamais de régler leurs conflits en utilisant l’intimidation ou la violence. Dans ce contexte, il faut mentionner 2Pac Shakur et Notorious B.I.G. qui furent assassinées pour des raisons personnelles ainsi que ceux qui finirent en prison ou qui furent tués de surdose. [12]

En résumé, Gayraud parle du gangsta rap comme un « sous-produit des activités et des mœurs des gangs urbains ». [13]

Un autre aspect très important dans ce contexte qui jouera encore un rôle clé dans le cours de ce devoir, est qu’aujourd’hui, le gangsta rap est devenu « une marchandise de la société de la consommation ». [14] Certes, les gangsta rappeurs prétendent faire de la propagande contre la « domination blanche », mais après tout, ce sont eux qui profitent du système capitaliste et des valeurs matérialistes. Les gangsta rappeurs d’aujourd’hui sont aussi des hommes d’affaires qui dépensent des sommes énormes pour des produits de luxe si bien qu’ils manquent souvent d’authenticité, et doivent accepter le reproche d’être les profiteurs d’une double morale. [15] Néanmoins, c’est particulièrement en France que le gangsta rap s’est vraiment établit, comme les hit-parades montrent : en 2004, Kool Shen, Rohff et Booba se retrouvaient parmi les cinq artistes français qui avaient vendu le plus de CDs. [16]

[...]


[1] Eckardt, S. 3.

[2] Ebd.

[3] Ebd.

[4] Ebd.

[5] Ebd., S.4.

[6] Cosnay.

[7] Eckardt, S.4.

[8] Ebd.

[9] Ebd., S. 7.

[10] Gayraud, S. 222.

[11] Ebd.

[12] Ebd.

[13] Ebd., S. 223.

[14] Ebd.

[15] Ebd., S. 229.

[16] Stemmler / Skrandies, S. 53.

Fin de l'extrait de 18 pages

Résumé des informations

Titre
Le rap des cités. Un reflet de la situation dans les banlieues?
Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Note
1,3
Auteur
Année
2012
Pages
18
N° de catalogue
V262930
ISBN (ebook)
9783656515227
ISBN (Livre)
9783656515319
Taille d'un fichier
550 KB
Langue
Français
mots-clé
Frankreich, Banlieue, Rap, France, Hip-Hop
Citation du texte
Bachelor of Arts David Schumann (Auteur), 2012, Le rap des cités. Un reflet de la situation dans les banlieues?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/262930

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