La consolidation des marchés de capitaux. Est-ce que nous allons vers une bourse unique?


Essai, 2005
8 Pages, Note: 1,2

Extrait

Introduction

Depuis vingt ans, les places financières européennes se livrent une concurrence acharnée. La déréglementation financière – le fameux « big bang » – a attiré à Londres une part considérable des transactions européennes à travers les années. La Bourse de Paris a réagi par un effort de modernisation remarquable. Elle a mis en place un modèle de marché vers lequel un grand nombre de places ont ensuite convergé avec succès, notamment en Allemagne. La concurrence entre les bourses a donc permis une meilleure organisation des marchés, bénéfique pour les investisseurs et les entreprises, et la convergence vers un modèle de marché homogène. La logique voudrait donc qu’une bourse unique européenne soit la prochaine étape de ce processus mais à l’heure de l’Euroland, les traders restent à l’abri de leurs marchés nationaux. Les Bourses de Paris, Bruxelles et Amsterdam ont quand même fusionné. C'est, en principe, un premier pas vers une Bourse unique européenne mais la rivalité entre Londres et Francfort retarde cette unification. De plus, Francfort veut aussi jouer un rôle majeur et la bataille autour du rachat de la London Stock Exchange (LSE) s’intègre à la dynamique de cette consolidation des marchés financiers. La présente fiche voudrait éclaircir le développement de la consolidation des bourses en Europe et suivre les raisonnements pour et contre celle-ci en incluant la lutte pour la LSE dans cette optique.

A.) Les raisons qui sont en faveur d’une consolidation vers une bourse unique semblent être convaincantes

I.) Une bourse unique au niveau européen apparaît comme une extension logique

Avec l’adoption de l’euro, le risque de change qui avait sans doute freiné la diversification européenne des portefeuilles disparaît. Car un nombre de plus en plus important des pays a adopté l'euro, le risque intra européen d'exposition à un changement inattendu du change a diminué, rendant l'investissement frontalier plus souhaitable. Les directives de Bruxelles contribuent, par ailleurs, à harmoniser les régulations des différents pays membres et à ouvrir le secteur financier à la concurrence, même si les investisseurs américains trouvent la fragmentation des marchés européens coûteuse et incommode.

En second lieu, l'apparition d'une culture de capitaux propres à travers l'Europe a rendu l'investissement frontalier plus commun. Dans le passé, la plupart des pays européens se sont fondés sur les systèmes financiers orientés vers les banques ce qui voulait dire que les investisseurs déposaient une grande partie de leur épargne aux banques, et les banques jouaient un rôle important en fournissant le financement à l'industrie. Plus récemment, cependant, la notion de capitaux propres s’est développée ayant été connu depuis déjà longtemps aux États-Unis.

En outre, les nouvelles technologies de la communication rendent plus efficace la diffusion d’informations, ce qui devrait faciliter l’intervention des traders issus de pays différents. Avec le trading transfrontalier croissant en Europe, les sociétés de marché consolidées s’établissent offrant l’agiotage de beaucoup de pays européens. Plusieurs initiatives ambitieuses ont été entreprises pour créer des fusions ou d'autres formes de coopérer, notamment des alliances stratégiques. Ces efforts mèneront probablement aux avantages importants pour les marchés financiers. Par exemple, un étalonnage des plateformes informatiques à travers les places financières, une augmentation de la liquidité du marché et une réduction de la fragmentation vont réduire au minimum les coûts et les problèmes liés au commerce transfrontalier en Europe.

Jusqu'ici, plusieurs fusions et des alliances stratégiques ont été conclues pour créer des bourses consolidées au niveau européen. En janvier 1998, Stockholmsbörsen et la bourse des valeurs de Copenhague a signé un accord de coopération au sein de NOREX, une bourse de valeurs mobilières. Bien que les deux sociétés de marché demeurent indépendantes, ils permettent un « cross-membership». Dans une autre consolidation plus pertinente, la bourse de Paris, celle d'Amsterdam, et celle de Bruxelles ont formé Euronext, une bourse de valeurs européennes intégrée. Euronext N.V. est l'une des grandes sociétés de bourse en Europe. Cette compagnie de droit néerlandais a été créée le 22 septembre 2000 par la fusion de ces trois bourses. En 2002, elle a racheté LIFFE (London International Financial Futures and Options Exchange) et a fusionné avec la bourse portugaise BVLP (Bolsa de Valores de Lisboa e Porto). Pour des raisons d'ordre réglementaire, il existe des filiales détenues à 100 % dans chacun des pays, c’est-à-dire Euronext Paris S.A., Euronext Amsterdam N.V. et Euronext Brussels S.A. Bien que les différentes juridictions et les permis locaux des différentes places financières soient maintenus, Euronext fournit un parapluie de fonctionnement simple pour chacun des trois marchés. Les échanges sont centralisés par le système informatique unifié, « unified trading plaform » en anglais. Les actions sont cotées au niveau national et les compagnies peuvent choisir parmi les trois places.

Toutefois pendant que cette évolution se mettait en place, deux autres bourses gagnaient en attention celles-ci étant la LSE et la Deutsche Börse parce que cette dernière voulait acquérir la première.

II. La bataille autour de LSE représente le point culminant de la consolidation

Depuis le 20 décembre 2004, une guerre totale oppose Euronext à la Deutsche Börse pour conquérir le London Stock Exchange (LSE). Un conflit dont l'issue n’est pas encore connue. La société francfortoise n'organise pas seulement un marché d’actions mais elle réunit aussi sous son toit la bourse la plus grande au monde pour le marché à terme, baptisée Eurex. La LSE pour sa part est une des bourses les plus grandes et les plus anciennes en Europe qui a été fondée en 1801.

Une bataille autour du rachat de la LSE s’est profilée car aucune des deux grandes bourses, Deutsche Börse et Euronext ne veut rater la possibilité d’obtenir le contrôle du plus grand marché des actions de l'Europe et ainsi devenir la métropole financière la plus importante après le new-yorkais Wallstreet. Le gagnant deviendrait le numéro un du marché en Europe et approcherait clairement la taille de Wallstreet, le plus grand marché du monde. Un recul durable menace toutefois le perdant. Mais cette fois-ci la Deutsche Börse a opté pour une procédure plus prudente qu’il y a quatre ans, où la démesure du plan de M. Seifert avait fait échouer le deal. À l’époque, la Deutsche Börse avait perdu la bataille et rien n’avait changé à part les tensions devenues clairement perceptibles. Cependant, cette procédure plus prudente avait risqué de voir des bénéfices économiques inférieures et se feront sentir plus tardivement que lors d'une intégration plus vaste et plus rapide. Face à cette situation, la prime pour les actionnaires de la LSE de plus de €600 millions était une charge financière énorme. La LSE a toutefois rejeté l'offre de la bourse allemande en l’estimant comme trop maigre. Les dirigeants anglais pensaient que 5,30 livres par action évaluent leur entreprise trop faiblement. La bourse allemande est encore intéressée mais son offre initiale correspondait déjà à un agio d’environ 52,3% sur le cours de 348 pence le 22 octobre 2004, jour de l’annonciation du rachat. Un tel total n’aurait pas pu être récupéré facilement et c’est surtout pour cette raison que le « hedge fund » TCI comme actionnaire majeur s’opposait aux plans de la Deutsche Börse ce qui a conduit les négociations à un échec très désagréable et a, avec la démission du président de la Deutsche Börse, fait trembler la gouvernance d’entreprise en Allemagne.

[...]

Fin de l'extrait de 8 pages

Résumé des informations

Titre
La consolidation des marchés de capitaux. Est-ce que nous allons vers une bourse unique?
Université
Sciences Po., Paris
Cours
Master Métier de l’Europe
Note
1,2
Auteur
Année
2005
Pages
8
N° de catalogue
V283873
ISBN (ebook)
9783656839958
ISBN (Livre)
9783656839965
Taille d'un fichier
409 KB
Langue
Français
mots-clé
est-ce
Citation du texte
Stephan Wollgarten (Auteur), 2005, La consolidation des marchés de capitaux. Est-ce que nous allons vers une bourse unique?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/283873

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