Radwa Achour et "La trilogie de Grenade". De l'Histoire à l'actualité


Dossier / Travail, 2015
25 Pages

Extrait

INHALT

Introduction
Le sujet et la justification de son choix
La présentation du plan de travail

I. Radwa Achour
a. Sa vie
b. Son œuvre
c. Son livre La trilogie de Grenade

II. Les idées de Radwa Achour : un passage de l’Histoire à l’actualité
a. Le dilemme identitaire
b. La femme dans la société arabe
c. L’importance de la science et le culte du travail
d. Le fanatisme
e. La coexistence inter-religieuse et interculturelle
f. L’histoire arabe contemporaine : un 1492 interminable

Conclusion
Bilan
Etudier Radwa Achour

Corpus

Bibliographie

Sitographie

Introduction

Le sujet et la justification de son choix

Suite à une lecture de la trilogie de Grenade de Radwa Achour, nous étudierons les thèmes récurrents chez l’écrivaine dans sa vision de l’époque de la chute de Grenade et des dernières manifestations de la civilisation arabe dans les terres andalouses. Radwa Achour nous montre la société arabe juste après la chute du règne arabe en Andalousie et y insère quelques évènements historiquement reconnus comme la capitulation de Boabdil de Grenade et l’Autodafé des livres par les Castillans… En nous montrant une société arabe en déclin, Radwa Achour traite des sujets qui, en ces temps-là comme aujourd’hui, sont d’une importance cruciale et constitue la source de beaucoup de problèmes dans le monde arabe actuel. Nous jetterons un regard réflexif sur ces préoccupations de l’écrivaine dans le but de, non seulement les comprendre à travers les évènements du roman, mais aussi les comparer avec les soucis actuels de la société arabe contemporaine.

Pourquoi avoir choisi cette problématique ?

En premier lieu, l’écrivaine égyptienne Radwa Achour fait preuve d’un talent exceptionnel et d’une culture érudite, en ce qui concerne l’histoire du monde en général et du monde arabe en particulier. De même, elle lutte en faveur de l’amélioration de la situation sociale en Egypte et est tout à fait consciente des problèmes qu’affronte le monde arabe ces jours-ci. En plus, elle accomplit sa mission d’enseignante au département d’anglais de l’Université de Ain Chams avec passion, ou plutôt, accomplissait. Car c’est avec beaucoup d’amertume que les lecteurs et les étudiants de Radwa Achour lui ont fait leurs adieux le 30 novembre 2014. Cette triste nouvelle a fait la une d’Al Ahram et a occupé un espace dans plusieurs journaux égyptiens et arabes comme Al Akhbar, Al Wafd, Al Yom Al Sabe’ et Al Hayyat… ainsi que dans des journaux mondiaux comme l’espagnol El mundo ou l’américain Voice of America…

En deuxième lieu, l’œuvre littéraire La trilogie de Grenade, la plus lue parmi les ouvrages de Radwa Achour, est une saga de valeur dont la langue arabe est admirable et qui a été primée à deux reprises : le prix du meilleur roman 1994 à l’occasion de la Foire Internationale du Livre au Caire et le premier prix du premier Salon du Livre de la Femme Arabe en 1995. La trilogie entière a été traduite vers l’espagnol et la première partie a été traduite vers l’anglais. Des écrivains, comme entre autres Latifa El Zayyat, font l’éloge de l’épopée en assurant que c’est un ajout de valeur au roman arabe. De notre part, nous voyons que le roman a été un moyen efficace pour transmettre aux jeunes lecteurs l’épisode historique de la chute de Grenade et pour les faire réfléchir sur leur identité et sur leur vie. Le roman a donné lieu à plusieurs tables rondes dont dernièrement, le 28 novembre 2014, une table ronde à la Bibliothèque d’Alexandrie suite au vote des jeunes lecteurs à la majorité pour ce roman inspirateur. Ce livre est une manière efficace d’accéder aux jeunes générations, de leur apprendre et de les pousser à réfléchir.

Il est à noter que la ville de Grenade est une ville dont la nature et l’histoire entraînent à la méditation. Le premier décembre 2014, Grenade rejoint le réseau de l’UNESCO en tant que « ville créative dans le domaine de la littérature ». Les écrivains arabes et non arabes s’en sont inspirés comme le libanais Amin Maalouf dans Léon l’Africain, l’anglais Washington Irving dans Contes de la Alhambra, Louis Aragon dans le Fou d’Elsa ou le grenadin Frederico Garcia Lorca dans toute son œuvre.

La présentation du plan de travail

Notre étude est divisée en deux parties. La première vise à faire la connaissance de Radwa Achour en passant en revue sa vie et son œuvre. Nous mettrons surtout l’accent sur son ouvrage La trilogie de Grenade.

Dans la deuxième partie, nous nous pencherons davantage sur La trilogie de Grenade afin de ressortir les éléments qui constituent une œuvre dont la structure subtile répond aux besoins de la société arabe actuelle et s’inscrit dans le patrimoine du roman arabe et même universel.

Développement

I. Radwa Achour

a. Sa vie

Radwa Achour est née le 26 mai 1946 au Caire à El Manial. Elle a étudié la langue et la littérature anglaises à la faculté des Lettres de l’Université du Caire et a obtenu sa maîtrise dans le domaine de la littérature comparée. Elle est ensuite partie aux Etats-Unis, en 1975, pour préparer son doctorat à l’Université de Massachussetts à propos de la littérature afro-américaine. Elle fut chef du département de langue et de littérature anglaises à Ain Chams entre 1990 et 1993.

Radwa Achour était membre active dans le Comité de la Défense de la Culture Nationale, le Comité National de la Lutte Contre le Sionisme dans les universités égyptiennes et elle était l’une des fondatrices du Mouvement du 9 mars pour l’Indépendance des Universités. Elle était aussi membre dans le Comité du Prix d’Encouragement de l’Etat et du Conseil Suprême de la Culture. Elle a lutté contre les vols intellectuels quand elle était chef du Comité de Promotion des Professeurs.

Elle a participé à de nombreux colloques dans le monde arabe comme au Liban, en Syrie, en Tunisie et au Maroc. Elle a également animé des conférences dans les universités espagnoles de Grenade, de Barcelone et de Saragosse comme en Angleterre, en France, en Hollande et en Allemagne.

Au niveau de la vie privée, Radwa Achour est l’épouse du poète palestinien Morid El Barghouti et la mère du poète Tamim El Barghouti. Outre les nombreux poèmes du père, El Barghouti a écrit un ouvrage en prose appelé J’ai vu Ramallah (رأيت رام الله)en 1997 et qui a obtenu immédiatement le prix de Naguib Mahfouz. Ce livre traduit en anglais a été préfacé par Edouard Saïd. Dans ce livre, El Barghouti parle de la ville de Ramallah qu’il a dû quitter en 1963 pour venir étudier au département d’anglais de la faculté des Lettres au Caire. Après 1967, il est privé du droit de retour à son pays et continue à vivre au Caire. Il épouse sa collègue Radwa Achour. En 1977, le président Anouar El Sadate lui interdit de vivre en Egypte car le poète a manifesté contre la visite de Sadate en Israël. Pour 17 ans, il n’a pas le droit de revenir en Egypte. Radwa Achour a dû le rejoindre avec son fils à Budapest en Roumanie où elle a pu consacrer une grande partie de son temps à l’écriture, notamment de sa trilogie de Grenade.

Le fils Tamim né en 1977, a obtenu le doctorat en sciences politiques de l’Université de Boston aux Etats-Unis. Il est actuellement professeur à l’Université de Berlin et chercheur en sciences politiques à l’Institut de Berlin pour les études avancées. En 2003, la mère revit l’expérience de l’exil avec son fils qui a été obligé de quitter l’Egypte par ordre policier car il avait manifesté contre l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis.

b. Son œuvre

Radwa Achour a publié son premier ouvrage critique en 1977. La route vers l’autre tente tourne autour de l’expérience littéraire de l’écrivain palestinien Ghassan Kanafani. En 1978, son livre Gibran et Blake a été publié en anglais. Cette étude critique a été sa thèse de maîtrise qui a révélé l’étendue de son engagement envers la cause Palestinienne ; un engagement davantage approfondi notamment après son mariage avec Barghouti qui était étudiant avec elle dans le même département. En 1980, elle publie un autre ouvrage critique traitant du roman en Afrique de l’ouest et elle y analyse la prise de conscience et la révolte du colonisé. Plus récemment, Radwa Achour avait contribué à la rédaction de l’encyclopédie arabe en 2004. Elle a supervisé la traduction vers l’arabe du neuvième tome de l’encyclopédie de Cambridge pour les études critiques en 2005. Elle a aussi traduit certains poèmes de son époux vers l’anglais.

Après 1980, une autre phase d’écriture commence chez Radwa Achour à savoir l’écriture littéraire. L’écrivaine a écrit un texte à propos de son expérience aux Etats-Unis intitulé Voyage : Mémoires d’une étudiante égyptienne en Amérique (الرحلة: أيام طالبة مصرية فى أمريكا)en 1983. Toutefois, il n’a pas été largement lu comme cela a été le cas des romans qui ont suivi et qui lui ont valu une place louable parmi les écrivains. Les trois romans sont : Pierre Chaleureuse(حجر دافئ) (1985), Khadija et Sawsan (خديجة و سوسن) (1987), Siraaj (سراج) (1992) ainsi qu’un recueil de nouvelles intitulé J’ai vu les Palmiers (رأيت النخل) en 1987. Le premier évoque la révolte des étudiants égyptiens après 1971 et leur déception face aux institutions officielles qui ne les ont pas appuyés. Le roman a pour cadre la société égyptienne de l’époque. Le deuxième roman Khadija et Sawsan retrace les pensées opposées d’une mère et de sa fille, la première ancrée dans le système social et la deuxième remplie de doutes et de questionnements quant à ce même système. Siraaj (1992) est une fiction qui a pour but de montrer la situation de ceux qui se trouvent déchirés entre des éventuels conquérants et des gouvernants corrompus. J’ai vu les palmiers est un recueil de nouvelles que la romancière ne trouvait pas assez mûr mais les nouvelles sublimes dessinent les différentes inquiétudes de plusieurs personnages dans un monde plus hostile qu’il ne paraît. C’est l’expérience de la vie qui nous promène du plus bas à partir de la boue jusqu’aux cimes des palmiers.

L’exil que la romancière a vécu avec son époux et son fils en 1979 l’a incitée à se consacrer à l’idée de la diaspora qui a dominé deux de ses œuvres majeures, en l’occurrence La Trilogie de Grenade ثلاثية غرناطة)) (1994) et Une Femme de Tantoura الطنطورية)) (2010). Ces romans ont porté sur les thèmes de la résistance et du déracinement, inscrits dans le cadre d’une bataille continue contre la manipulation de la mémoire. Pour Radwa Achour, l’écriture était un mécanisme de résistance et de réaffirmation de la puissance du soi actif. Elle a prouvé que l’on pouvait atteindre sa limite maximale à travers ces deux merveilleux romans.

Dans Une Femme de Tantoura (en référence au village al-Tantoura qui longe la côte sud de Haïfa), Radwa Achour redécouvre la cruauté de la vie dans un camp de réfugiés palestiniens et ce, en mettant l’accent sur le massacre dont Tantoura a été victime en 1948 par les gangs sionistes. Le récit parle d’une famille déracinée de son village, la vie de ses membres pendant presque un demi-siècle et leur expérience en tant que réfugiés au Liban. Le lecteur suit la vie de l’héroïne, une femme du village, de son plus jeune âge jusqu’au stade de la vieillesse.

De retour à la critique appliquée, Radwa Achour publie en 2001 Les chasseurs de la mémoire صيادو الذاكرة)). Elle y réunit des articles et des études de critique. Le livre est publié en arabe bien qu’une partie de ces études ait été effectuée à l’origine en anglais. C’est que l’écrivaine avait traduit ses études vers l’arabe car elle était convaincue de l’importance de la propagation de sa science en langue arabe puisque le public visé est principalement arabophone et non anglophone. Le livre est divisé en trois parties. La première traite de textes extraits d’ouvrages de la littérature arabe moderne. La deuxième renferme quatre études d’ouvrages de la littérature occidentale. La troisième renferme ses cours de critique. Elle a analysé entre autres le vieil homme et la mer, la trilogie de Mahfouz, Shakespeare, Latifa Al Zayat et Brecht. La critique de Radwa Achour est une critique post-colonialiste qu’elle a apprise aux Etats-Unis et qu’elle applique ensuite à des textes arabes. Elle oppose les écrits des colonisateurs à ceux des colonisés. Elle a aussi traité particulièrement de la littérature de la résistance palestinienne. En relisant le titre : « chasseurs de la mémoire », nous pouvons détecter un jeu de mots. D’une part, le titre pourrait renvoyer à l’expérience des Palestiniens qui chassent la mémoire, c’est-à-dire résistent en courant après la mémoire. D’autre part, le colonisateur chasse la mémoire du colonisé, c’est-à-dire cherche à l’effacer.

En 2001 également, les rapports de Madame R (تقارير السيدة راء) sont publiés. Une dame raconte des épisodes de sa vie dans ce livre et nous pouvons y voir des bribes autobiographiques de l’auteur qui annoncent son autobiographie Plus lourd que Radwa (أثقل من رضوى). En 1999, Atyaf (أطياف) a aussi révélé des épisodes de la biographie de l’auteur.

En 2003, une partie de l’Europe (قطعة من أوروبا) est constituée de vingt chapitres où l’écrivaine relate l’histoire d’une génération et évoque l’influence de l’occident sur l’intellectuel égyptien ainsi que la contradiction dans laquelle celui-ci vit.

En 2008, « Farag » ("فرج") est l’histoire de trois générations de prisonniers politiques avec, comme toile de fond, la vie politique égyptienne depuis 1956 et des parallèles avec d’autres histoires de résistance.

Avant le déclenchement de la révolution égyptienne de 2011, le travail académique de Radwa Achour a été axé sur son soutien au Mouvement du 9 mars, établi par des universitaires qui militaient pour l’indépendance de l’université de toute sorte d’ingérence politique. Elle a raconté cette expérience dans ses moindres détails dans Plus lourd que Radwa. Cette autobiographie publiée en 2013 est marquée par la maladie à savoir le cancer dont a souffert l’écrivaine et auquel elle a toujours résisté jusqu’au 30 novembre 2014. Elle a aussi décrit, de son point de vue, les évènements qui ont marqué la révolution égyptienne de 2011. Radwa Achour prouve dans ce livre que l’écriture peut devenir une ruse pour dompter la mort, l’affronter et conserver la mémoire. Ecrire sa vie a été pour elle, comme nous pouvons le lire dans Une femme de Tantoura, « plonger au fond d’une mine au centre de la terre, une mine qu’il faut creuser d’abord avant d’y descendre… ». L’écriture pour la romancière est une passion et elle ne s’était jamais demandée « pourquoi » elle écrit. Mais quand la question « Et si la mort m’attaque ? » est surgie dans sa tête, elle s’est encore plus acharnée à écrire. Elle écrit dans Plus lourd que Radwa : « Je suis entre une chirurgie et une autre, mon futur est lié à plusieurs hypothèses dont la mort, je n’ai qu’à me fier à Dieu et à continuer à vivre normalement… »

[...]

Fin de l'extrait de 25 pages

Résumé des informations

Titre
Radwa Achour et "La trilogie de Grenade". De l'Histoire à l'actualité
Université
University of Alexandria  (Faculté des Lettres)
Cours
Littérature et pensée
Auteur
Année
2015
Pages
25
N° de catalogue
V296232
ISBN (ebook)
9783656940425
ISBN (Livre)
9783656940432
Taille d'un fichier
543 KB
Langue
Français
mots-clé
Radwa, Achour, trilogie de Grenade, crise identitaire, fanatisme, femme, arabe, actualité, histoire, identité, dilemme
Citation du texte
Yasmine Haggag (Auteur), 2015, Radwa Achour et "La trilogie de Grenade". De l'Histoire à l'actualité, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/296232

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