Etude exploratoire de l'effet de la réputation des cabinets d'audit sur la performance des sociétés cotées


Mémoire (de fin d'études), 2015
46 Pages, Note: 15/20

Extrait

sommaire

Dédicace

Remerciements

Déclaration sur l’honneur

Résumé

Sommaire

Liste des tableaux

Introduction

Chapitre 1: Revue de littérature
I. De la qualité de l'audit
II. Le rôle de la qualité de l'audit dans la prise de décision et formulation des hypothèses

Chapitre 2: Méthodologie et collecte de données
I. Méthodologie de l'étude
II. Echantillon, Collecte de données et analyses des données

Chapitre 3: Etude empirique
I. Présentation des sociétés étudiés
II. L'effet de la réputation des auditeurs sur la performance

Conclusion

Bibliographie

Tables des matières

Annexes

dédicace

Je dédie ce travail à :

Ma mère qui m’a apporté tout son amour et son soutien et s’est sacrifiée toute au long de sa vie et a œuvré de manière à ce que je réussisse dans mes études et m’a réellement conseillé afin que je puisse réaliser le mémoire dans les temps.

Sans elle, ma vie aurait pris une autre tournure et elle s’est battue corps et âme et s’est sacrifiée afin de m’aider à avancer dans la vie. Puisse Dieu l’éternelle faire en sorte que mon travail puisse porter son fruit et encore je souhaiterais exprimer toute ma gratitude envers elle.

Ma sœur Beyen qui m’a assistée énormément et m’a aidé dans la méthodologie du mémoire et dont j’espère qu’elle sera fière de me voir réussir après de longues années de labeurs et de sacrifices dans ma santé et de privation.

Elle a été jusqu’alors un exemple de courage, générosité et de persévérance.

A mes frères et mes sœurs qui m’ont été d’un long soutien au cours de la réalisation de ce mémoire

A monsieur Alassane et Maddi qui m’ont aidé et fournis de nombreux aides quant à la réalisation de ce travail et que je remercie chaleureusement. Je leur dédie ce travail tout particulièrement.

A mes professeurs de l’Ecole ESG qui vont être fier de déceler à travers ce mémoire l’acquisition de mes bases théoriques

Et à tous les auditeurs qui ont pris du temps pour me répondre et aux personnes (Bernstein, Eleuch, Shokron) qui m’ont fourni des informations complémentaires ou apporter de l’aide quant à la réalisation de mon travail.

Remerciements

Ce travail a fait l’objet d’effort de la part d’un certain nombre de personnes, sans lesquelles il ne se serait sans doute pas concrétisé.

Il est le fruit d’un travail qui a nécessité plusieurs efforts. Nous ne saurions tous les nommer et encore moins énumérer toutes leurs contributions, au risque d’en oublier. Nos remerciements vont particulièrement à l’endroit:

ù A l’ensemble du personnel de l’Ecole Supérieure de Gestion (ESG) qui ont fournit de nombreux efforts afin de nous apporter une formation de qualité. Ainsi qu’à l’ensemble de nos professeurs (enseignants et enseignants) encadrant. Je vous remercie pour vos conseils et pour nous avoir honorés de diriger ce travail

ù A notre maitre de mémoire Monsieur Eric Ducros. Vous avez été d’un grand soutien technique et moral tout au long de ce mémoire. C’est grâce à vos précieux conseils que vous nous avez permis de parvenir à un résultat abouti et à ce mémoire de qualité. Je vous en suis gré et j’exprime toute ma gratitude et soyez en remercié.

ù Au directeur de l’école ESG Nathanael Mettoudi qui m’a soutenu dans ma démarche et qui m’a fourni beaucoup d’aide et m’a permis d’avancer même si la situation ne me le permettait pas, je ne l’oublierai pas. Je le remercie !

ù Aux membres du jury, qui ont porté de l’intérêt à notre travail en acceptant de participer à ce jury et d’évaluer le contenu de notre mémoire.

DECLARATION SUR L’HONNEUR

CETTE DECLARATION SERA A INSERER OBLIGATOIREMENT EN 1ERE OU 2EME PAGE DU MEMOIRE

ANNEE SCOLAIRE 2014 – 2015

ETUDIANTE1 : Mlle Soumya Jerroudi

ETUDIANT 2 : Néant

ANNEE : 2014-2015 (mai 2015)

SUJET DU MEMOIRE : Etude exploratoire de l'effet de la réputation des cabinets d'audit sur la performance des sociétés cotées: essai sur le Co-commissariat aux comptes en France

NOM DU MAITRE DE MEMOIRE :

J'atteste avoir pris connaissance du règlement intérieur de l’école et certifions que le mémoire de recherche appliquée ci-joint ne fait l’objet d’aucun plagiat. Par ailleurs, je m'engage à respecter les règles dudit règlement intérieur et les sanctions disciplinaires qui en découlent ;

Paris le, 02 juin 2015

Lu et approuvé

Résumé

Ce mémoire étudie la relation entre la rentabilité économique (ROA et ROE) et l'indépendance des cabinets d'audit telle que mesurée par la composition du collège des commissaires aux comptes. Il s'est basé sur le contexte français marqué par la spécificité du co-commissariat aux comptes. Sur un échantillon composé de quatre sociétés cotées à l'indice CAC 40 de 2006 à 2013 (soient au total 32 observations), en utilisant une régression linéaire par les moindres carrés ordinaires, nous obtenons les principaux résultats suivant. Les sociétés auditées par un collège composé que des poids lourds ou mixte (c'est-à-dire le collège est formé d'un poids lourd et d'un poids léger) ont une rentabilité des actifs faible par rapport à celle auditées par un collège composé que des poids légers qui présentent des meilleures rentabilités. Les sociétés auditées par un collège composé de façon mixte (c'est-à-dire le collège est formé d'un poids lourd et d'un poids léger) ont une rentabilité des capitaux propres faible par rapport à celle auditées par un collège composé que des poids légers qui présentent des rentabilités des capitaux élevées. L'implication principale de ces conclusions est que les sociétés auditées par un collège mixte (composé d'un poids lourd et d'un poids léger) semble être un facteur d'indépendance des auditeurs, donc perçu comme un bon signal auprès des actionnaires (investisseurs).

Mots clés: CAC 40, Co-commissariat aux comptes, indépendance de l'auditeur, ROA, ROE, réputation des cabinets d'audit,

Liste des tableaux

Tableau 1: les sociétés du secteur automobile

Tableau 2: les sociétés du secteur des produits cosmétiques

Tableau 3 : résultats du test de Khi-deux

Tableau 4: mesure symétrique

Tableau 5: résultat du test de Khi-deux

Tableau 6: mesure symétrique

Tableau 7: résultat du test de Khi-deux

Tableau 8: mesure symétrique

Tableau 9: statistiques descriptives

Tableau 10: matrice de corrélation de Pearson

Tableau 11: L'effet de la réputation des auditeurs sur la rentabilité des actifs

Tableau 12: L'effet de la réputation des auditeurs sur la rentabilité des actifs

Tableau 13: les rentabilités moyennes et médianes des sous échantillons

Introduction

Les crises financières des vingt dernières années et plus récemment celle de 2007-2008 a ébranlé le monde de l'économie et de la finance. Dès lors, les autorités de régulation des marchés financiers (l'AMF en France et la SEC aux Etats Unis)[1] ont pointé du doigt le rôle des cabinets d'audit. En Europe, les travaux de la commission européenne, notamment ceux des 9 et 10 février 2011 à Bruxelles ont abouti à l'adoption du livret vert. En effet, le livret vert est l'aboutissement des multiples consultations de la commission européenne aux différentes autorités de régulation de l'audit dans les pays membres de l'Union européenne. L'objectif principal était d'interroger les différents acteurs sur le rôle et l'indépendance des cabinets d'audit, le rôle des autorités de surveillance des auditeurs ainsi la reforme du marché de l'audit dans son ensemble.

Si la qualité de l'audit de façon générale et l'indépendance des cabinets d'audit en particulier ont été l'un des points majeurs dans les différentes consultations, en vue de restaurer la confiance des investisseurs quant à la qualité de l'information financière et comptable. L'information financière et comptable est donc un élément fondamental dans la prise de décision des investisseurs dans l'allocation des capitaux. N'est-ce pas que le commissaire Michel Barnier l'évoquait en ces termes lors de la grande conférence européenne sur la reforme du marché de l'audit : "... Pour analyser les risques, prendre de bonnes décisions au temps voulu, il faut avoir les bonnes informations ; donc le secteur de l’audit est très important. Avoir un bon audit d’une entreprise, c’est un élément fondamental ..." [2]

La remise en cause de l'indépendance de certains cabinets d'audit explique les réflexions actuelles sur la reforme du marché de l'audit. Car dans sa dernière directive 2014/56/EU du 16 avril 2014 qui doit entrer en vigueur à partir du 17 juin 2016, l'indépendance de l'auditeur a été l'un des aspects primordiaux de ces reformes institutionnelles. La remise en question de l'image des auditeurs remonte dans les années 2000 avec le scandale ENRON, du nom d'une des plus grandes entreprises américaines du secteur d'énergie.

En effet, le scandale ENRON est un scandale financier pourvu de manipulations comptables avec la complicité de son auditeur Arthur Andersen, un des poids lourds du marché de l'audit au Etats-Unis. Le scandale financier ENRON l'unique, nous pouvons citer en passant ceux Crédit Lyonnais (1993), Vivendi et Enron (2001), WorldCom (2002) EADS et Société Générale (2008), Dexia (2011) ainsi que les scandales politico-financiers comme le cas Picheney (1988), Elf (1994), Affaires Clearstream (2002), Glodman Sachs (2010), HSBC et Standard Charter (2012)[3].

Les leçons tirées de ces scandales financiers même avant ENRON et WorldCom, ont conduit les chercheurs à entreprendre des travaux sur le rôle des auditeurs, leur indépendance et donc la qualité de l'audit. (DeAngelo 1981, 186) définit la qualité de l'audit comme étant la probabilité conjointe pour un auditeur de pouvoir détecter une anomalie dans les états financiers de son client et de pouvoir communiquer cette anomalie auprès des utilisateurs des états financiers. Tandis que la détection des anomalies dans les états financiers dépend de la compétence (c'est-à-dire de capacité technologique et des procédures d'audit mises en œuvre), le fait de pouvoir communiquer cette anomalie en toute liberté est sujet à son indépendance. Cette définition de la qualité de l'audit sied aussi dans les démarches de (Watts and Zimmerman 1978, 1981)dans leur théorie positive de la comptabilité. Somme toute, selon (DeAngelo 1981), Watt and Zimmerman (1981), la qualité de l'audit est une fonction croissante de la compétence et de l'indépendance de l'auditeur. Alors que selon ces auteurs, un cabinet de grande taille, réputé est sensé fournir des services d'audit de bonne qualité, le scandale ENRON/Arthur Andersen a montré des failles dans les conclusions des travaux de DeAngelo, Watt and Zimmerman. Pouvons-nous dire que ce fait s'est confirmé par la chute de Lehman Brothers en septembre 2008 alors que son auditeur Ernst & Young est un Big4[4].

Dans la littérature académique, les résultats des recherches en audit sont divergents. D'une part, des travaux ont essayé de mesurer la qualité de l'audit par l'indépendance de l'auditeur et d'autre part par la compétence de l'auditeur. Il faut souligner plus de travaux ont été réalisés sur l'indépendance que sur la compétence. Les études sur la compétence font le lien entre la qualité de l'audit et la taille, la réputation et la capacité technologique, les procédures d'audit mises en œuvre, de l'auditeur. Celles sur l'indépendance ont mesuré la qualité de l'audit par le lien financier qui est susceptible d'exister entre l'auditeur et l'audité. Si le renforcement de la qualité de l'audit à travers l'indépendance de l'auditeur (Directive 2014/56/EU du 16 avril 2014), les travaux de ce mémoire s'intéresse une fois au rôle de l'auditeur dans un environnement économique et financier en pleine mutation. Le contexte français nous a semblé le mieux adapté pour étudier en détail le rôle actuel de l'auditeur compte tenu de la certification co-commissariat aux comptes (audit conjoint). La question suivante se pose: la réputation des cabinets d'audit telle que mesurée par le choix du collège des commissaires aux comptes explique t-elle la performance économique des sociétés cotées? Nous mesurons la réputation des cabinets d'audit par le facteur taille tel que prédit par d'autres auteurs (DeAngelo, 1981; Watt and Zimmerman, 1981).

Pour résoudre cette question, nous nous appuierons sur un échantillon composé de 4 sociétés françaises cotées à l'indice CAC 40[5] de 2006 à 2013. L'échantillon est composé de deux sociétés évoluant dans le secteur de l'automobile et de deux autres issues du secteur des produits cosmétiques. En utilisant une régression linéaire par les moindres carrés ordinaires, nous obtenons les principaux résultats suivant. Les sociétés auditées par un collège composé que des poids lourds ou mixte (c'est-à-dire le collège est formé d'un poids lourd et d'un poids léger) ont une rentabilité des actifs faible par rapport à celle auditées par un collège composé que des poids légers qui présentent des meilleures rentabilités. Les sociétés auditées par un collège composé de façon mixte (c'est-à-dire le collège est formé d'un poids lourd et d'un poids léger) ont une rentabilité des capitaux propres faible par rapport à celle auditées par un collège composé que des poids légers qui présentent des rentabilités des capitaux élevées. L'implication principale de ces conclusions est que les sociétés auditées par un collège mixte (composé d'un poids lourd et d'un poids léger) semble être un facteur d'indépendance des auditeurs, donc perçu comme un bon signal auprès des actionnaires (investisseurs).

Le mémoire comme suit: le chapitre 1 fait un état des lieux sur la littérature existante en lien direct ou indirect avec notre sujet d'étude. La méthodologie et collecte de données sont expliquées dans le chapitre 2. La partie empirique du mémoire est traité dans le chapitre 3, qui nous a permis de discuter nos résultats en vue de faire des préconisations managériales.

chapitre 1: revue de littérature

Nous passerons en revue la (I) qualité de l'audit (compétence et indépendance de l'auditeur, du rôle de l'audit dans la gouvernance des entreprises), afin de (II) formuler les hypothèses de cette étude.

I. De la qualité de l'audit

1. La qualité de l'audit dans la littérature professionnelle

Dans la littérature professionnelle, plusieurs facteurs sont retenus pour définir la qualité de l'audit. Ces facteurs sont en interactions les uns avec les autres pour définir la qualité de l'audit. Selon le cadre de référence de l'IAASB (International Auditing and Assurance Standard Board), éléments qui définissent la qualité de l'audit peuvent se regrouper en facteurs d' input, facteurs liés au process, facteurs d' output, facteurs d'interactions et les facteurs contextuels de l'entreprise.

1.1. Les facteurs d' input

Ces facteurs sont essentiellement liés aux valeurs, à l'éthique et l'attitude de l'auditeur, les connaissances, compétences et expériences de l'auditeur. Par ailleurs, ces facteurs peuvent être influencés par la culture qui prévaut au sein du cabinet d'audit et le contexte national juridictionnel.

1.2. Les facteurs liés au process

Selon l'IAASB, la qualité de l'audit est corrélée au processus mis en œuvre par les cabinets d'audit dans le cadre de leur mission. Ainsi, les facteurs liés au process et pouvant impacté la qualité de l'audit sont les liens financiers, personnels et familiaux.

1.3. Les facteurs d' output

Ils regroupent les informations contenues dans le rapport d'audit transmis par l'auditeur à l'audité. Ce rapport d'audit intègre généralement l'opinion de l'auditeur les mécanismes de contrôle interne, sur la fiabilité, la crédibilité et la transparence des états financiers de l'audité. Le contenu du rapport d'audit peut aussi être influencé par le contexte national juridictionnel.

1.4. Les interactions clés dans le reporting financier

Dans le reporting financier, chaque acteur joue un rôle primordial quant à la qualité de l'information financière et comptable. Les relations existantes (formelles ou informelles) entre ces parties sont susceptibles d'avoir un impact sur le process d'audit et le rapport d'audit.

1.5. Les facteurs contextuels liés à l'entreprise

Ces facteurs contextuels sont principalement les forces des lois et réglementations ainsi que les mécanismes internes de gouvernance. Ces facteurs influencent directement ou indirectement la qualité du reporting financier, donc de la qualité de l'audit.

2. Le point de vue des professionnels sur l'indépendance des auditeurs.

Suite à une interview et un questionnaire que nous avons élaboré et administré auprès de certains professionnels au cœur du métier de l'auditeur, nous retenons que l'indépendance de l'auditeur est déjà rassurée par les normes internationales d'audit. Par ailleurs, d'autres estiment que le modèle d'encadrement de l'indépendance de l'auditeur est bien fort. De plus, l'auditeur légal dispose plus d'indépendance. Un détail sur les réponses des internautes et interviewés est fournit par l'annexe 2 et 3.

3. L'audit légal en Europe et le co-commissariat aux comptes en France

3.1. L'audit légal en Europe

Bien que le cadre légal et institution du contrôle légal des comptes est propre au contexte socio-juridico-économique de l'Etat en question, les pays de l'Union européenne dispose des même institutions et de même directives quant à l'organisation et l'harmonisation de l'audit légal en Europe. Le dernier projet de règlement et de proposition de directive relatif au contrôle légal des comptes des entités d'intérêts publics date du 30 novembre 2011. Les propositions issues de ce règlement ont fait débat au sein des différents parlements et régulateurs des pays de l'Union européenne. L'annexe 1 fournit des détails sur le format de l'audit légal de quelques pays de l'Union européenne.

3.2. Le co-commissariat aux comptes (Co-CAC) en France

Cadre réglementaire

Le Co-CAC[6] en France a été instauré et rendu obligatoire aux sociétés faisant appel public à l'épargne par la loi n°66-537 du 24 juillet 1966, et renforcé par la Loi sur la Sécurité Financière du 1er août 2003. Le principe est que, l'obligation est faite à toute société faisant appel public à l'épargne et/ou les titres sont négociables sur un marché, de se faire auditer par deux commissaires aux comptes. La nomination de deux commissaires aux comptes (titulaires) entraîne tacitement la nomination de deux commissaires aux comptes suppléant de telle sorte à faciliter la rotation des auditeurs.

La France demeure le seul pays dans l'Union Européenne à rendre obligatoire le Co-commissariat aux comptes[7]. En ces dernières années, la commission de l'Union européenne s'interroge sur l'adoption obligatoire ou facultative du Co-commissariat aux comptes ; il est beaucoup important de démontrer l'efficacité, l'effectivité et l'efficience de ce dispositif.

L'importance du co-commissariat aux comptes

Le Co-commissariat aux compte (joint audit) aurait de nombreux avantages quant à l'indépendance des auditeurs : il offre un double regard (quatre yeux au lieu de deux yeux) sur les comptes, il limite les risques d'auto-révision, il permet de gérer au mieux la rotation des auditeurs et enfin, il permet un renforcement de l'indépendance perçue des auditeurs par les utilisateurs de l'information financière et comptable. Il est important de préciser que le Co-commissariat aux comptes n'est pas un double audit, mais qu'une collaboration des deux auditeurs exerçant la mission de manière indépendante.

Dans son avis 2012-01 (page 1) du 09 février 2012, le H3C souligne que le co-commissariat aux comptes permet d’accroître la qualité de l’audit en instituant un double regard sur les comptes. Ce double regard n’est effectif que dans la mesure où les obligations posées par la norme en matière d’équilibre et de modification régulière des travaux sont satisfaites. Outre, Il a précisé que l'effectivité du Co-commissariat aux comptes n'est possible que par une répartition équitable des travaux entre les auditeurs, et que cette répartition doit être modifiée régulièrement. Dans son rapport publié le 03 juillet 2012 sur le projet de reforme de l'audit en Europe, le H3C soutient que le Co-commissariat aux comptes serait un bon exemple de modèle de contrôle légal des comptes et permettrait le renforcement de la qualité de l'audit à l'échelle européen.

4. La qualité de l'audit dans littérature académique

Les recherches en audit ont évoqué la qualité de l'audit en partant de la définition de (DeAngelo 1981). Elle définit la qualité de l'audit par deux facteurs essentiels : la compétence et l'indépendance de l'auditeur.

4.1. La compétence de l'auditeur

Selon (DeAngelo 1981), la compétence de l'auditeur est déterminer par sa capacité technologique et le processus d'audit mise en œuvre. En plus, elle conclut que les cabinets d'audit de grande taille, réputés sont susceptibles de fournir des services d'audit de bonne qualité par rapport aux cabinets d'audit de taille modeste. Pour Flint (1988), la compétence de l'auditeur est celle acquise lors de la formation initiale plus l'expérience acquise avec le temps. Et très récemment Mecsoo et Kallapur (2003) soutienne que plus l'auditeur est compétent, plus les risques de le soudoyer sont faibles. Bien que compétence et indépendance soient fortement liées, il est à noter que les recherches sur la compétence de l'auditeur sont peu nombreuses par rapport à la recherche sur l'indépendance de l'auditeur.

4.2. L'indépendance de l'auditeur

L'indépendance de l'auditeur est un concept très difficile à cerner. Il n'existe une définition commune de l'indépendance de l'auditeur. Si pour (DeAngelo 1981), l'indépendance de l'auditeur est sa capacité à communiquer en toute liberté une anomalie détectée dans les états financiers de son client, Watt and Zimmerman (1981) conclurent que l'auditeur sera enclin à maintenir à tout prix son indépendance même à l'absence d'une réglementation gouvernementale. Pour Antle (1984), si l'auditeur est fortement indépendant, le mandat contracté va dépendre du dirigeant et du rapport d'audit. Les recherches ont conclu que l'indépendance de l'auditeur est très difficile mesurer. D'où la notion d'indépendance perçue. Contrairement à l'indépendance de fait ou réelle qui est liée au processus mental, à l'attitude d'impartialité et d'objectivité de l'auditeur, l'indépendance d'apparence ou perçue est le schéma mental que les utilisateurs de l'information financière et comptable se font de la qualité de l'audit (Bedard et al. 2001).

Dès lors, les études sur l'indépendance d'apparence ou perçue peuvent être scindées en études portant sur les honoraires d'audit, les honoraires non-audits, la réputation du cabinet d'audit, etc. Par ailleurs, ces études ont fait le lien entre cette indépendance perçue et les variables d'information financière et comptable de l'entreprise telles que la gestion du résultat, le coût du capital du point de vue des investisseurs.

Pour Davidson and Neu (1993), toute chose égale par ailleurs, les cabinets de grande taille fournissent un audit de meilleure qualité par rapport aux cabinets de petites tailles. Ils obtiennent ce résultat en expliquant sur un échantillon de sociétés cotées à la bourse de Toronto, que les entreprises qui ont des écarts de prévisions en termes de bénéfice plus importants, sont auditées par des cabinets de grande taille. Teoh and Wong (1993), suggèrent que les entreprises auditées par les cabinets Big8 sont associées à des coefficients de réponse aux bénéfices plus importants que celles auditées par les cabinets d'audit ne faisant pas parti des Big8. Par conséquent, la taille du cabinet d'audit est une mesure de la crédibilité de la qualité de l'audit. Teoh and Wong (1993) confirment les résultats de Davidson and Neu (1993). Pour les études sur les honoraires totaux (audit fees and non audit fees), Higgs and Skantz (2006) ont conclu que les honoraires de conseil sont une mesure de l'indépendance perçue de l'auditeur. Gul et al. (2007) soutiennent les propos de Higgs and Skantz (2006), en concluant que les honoraires de conseil sont une mesure de l'indépendance de l'auditeur lorsque la durée du mandat entre l'auditeur et l'audité est courte. Mais, Davis and Hollie (2008) conclurent que l'effet des honoraires de conseil sur l'indépendance de l'auditeur n'est pas linéaire. Nous concluons les résultats des principaux travaux de recherche aboutissent à peu près aux mêmes résultats, mais il est à noter qu'ils ont utilisé des méthodologies différentes.

II. Le rôle de la qualité de l'audit dans la prise de décision et formulation des hypothèses

Au vu de la littérature académique et professionnelle, l'audit est essentiel pour attester la crédibilité, la fiabilité et la pertinence des états financiers d'une entreprise. La demande des services d'audit s'inscrit dans la logique des théories financières et comptables. A ce titre, nous pouvons citer la théorie de l'agence de Jensen and Meckling (1976), la théorie positive de la comptabilité de Watts and Zimmerman (1978) et la théorie de l'efficience des marchés de (Fama, 1965, 1970, 1998; Fama and French, 1992). Par ailleurs, il existe une relation entre la qualité de l'audit (compétence et indépendance) et la taille, la réputation des cabinets d'audit (DeAngelo, 1981; Watt and Zimmerman, 1978) d'une part, et d'autre part, des études ont conclu que les cabinets de grande taille et réputés seraient plus indépendants que les cabinets de petite taille. Nous formulons ainsi les hypothèses suivantes:

H1: les sociétés auditées par les cabinets poids lourds sont plus performantes que celles auditées par les cabinets de petite taille (les cabinets poids léger).

H2: les sociétés auditées par les cabinets poids lourds résistent plus en période de crise que celles auditées par les cabinets de petite taille (les cabinets poids léger).

Pour tester les hypothèses ci-dessus, nous avons adopté une démarche empirique qui est décrite dans le chapitre suivant sur la méthodologie.

[...]


[1] L'Autorité des Marchés Financiers (AMF) est le régulateur principal en France et la Security and Exchange Commission (SEC) est celui des Etats Unis

[2] Voir les différentes interviews y compris celle de Michel Barnier via l'URL https://www.youtube.com/watch?v=XUyvBrX-POM

[3] (Leparisien 2009) et (Challanges 2012, 10/08/2012): http://www.challenges.fr/galeries-photos/finance-et-marche/20120810.CHA9569/15-scandales-financiers-qui-ont-marque-la-crise.html et http://www.leparisien.fr/une/1988-2008-les-dix-plus-grands-scandales-financiers-21-06-2009554955.php#xtref=http%3A%2F%2Fwww.google.fr%2Furl%3Fsa%3Dt%24rct%3Dj%24q%3D%24esrc%3Ds%24source%3Dweb%24cd%3D7%24ved%3D0CEoQFjAG%24url%3Dhttp%253A%252F%252Fwww.lepar

[4] Les Big4 sont constitué des quatre plus grands cabinets d'audit mondiaux. Ce sont Ernst & Young, PWC, Deloitte et KPMG.

[5] CAC 40: Cotation Assistée en Continue, regroupe l'ensemble des 40 plus grosses capitalisations sur le marché boursier EURONEXT Paris.

[6] ’Article L. 823-2 du code de commerce

[7] Sur le plan international, le Danemark a rendu obligatoire le Co-commissariat aux comptes et l'a finalement abandonné en 2005

Fin de l'extrait de 46 pages

Résumé des informations

Titre
Etude exploratoire de l'effet de la réputation des cabinets d'audit sur la performance des sociétés cotées
Cours
Audit légal
Note
15/20
Auteur
Année
2015
Pages
46
N° de catalogue
V304471
ISBN (ebook)
9783668033443
ISBN (Livre)
9783668033450
Taille d'un fichier
1156 KB
Langue
Français
Annotations
Commissariat aux Comptes
mots-clé
etude
Citation du texte
Soumya Jerroudi (Auteur), 2015, Etude exploratoire de l'effet de la réputation des cabinets d'audit sur la performance des sociétés cotées, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/304471

Commentaires

  • Pas encore de commentaires.
Lire l'ebook
Titre: Etude exploratoire de l'effet de la réputation des cabinets d'audit sur la performance des sociétés cotées


Télécharger textes

Votre devoir / mémoire:

- Publication en tant qu'eBook et livre
- Honoraires élevés sur les ventes
- Pour vous complètement gratuit - avec ISBN
- Cela dure que 5 minutes
- Chaque œuvre trouve des lecteurs

Devenir un auteur