Le monstre, cette figure mythique dont tous les artistes et les sociétés s’emparent pour raconter une histoire. Mais quel est-il ? Un cyclope dans L’Odyssée de Homère, une sorcière pour la société moyenâgeuse, la légende qui hante le Loch Ness en Ecosse.
Le monstre change d’aspect selon le média et l’espace qui l’abritent. Le monstre se lit, se regarde, mais jamais ne se rencontre. Le monstre est insaisissable parce qu’on ne sait jamais à quoi il ressemble. Son image s’est encore complexifiée et a évolué au fil des siècles, parce que les cultures ont commencé à donner au monstre une dimension psychologique : il n’est plus seulement beau ou laid, mais il est aussi bon ou mauvais.
Table des matières
AVANT-PROPOS
INTRODUCTION
I. LE CADRE D’EXISTENCE DU MONSTRE
A. LE SYMBOLE D’UNE TRANSCENDANCE
1. LES MONSTRES, DES ETRES EXTRA-ORDINAIRES.
2. L’EXTRAORDINAIRE RENOUE AVEC LE BANAL.
B. SON LIEU DE VIE
1. LE MONSTRE SYMBOLISE L’ENFERMEMENT.
2. LA CONSTITUTION D’UNE COMMUNAUTE PARALLELE.
II. LE DISPOSITIF DE DEVOILEMENT DU MONSTRE
A. LA (RE)PRESENTATION DU MONSTRE
1. UNE MISE EN VISIBILITE AUTHENTIQUE
2. UNE MISE EN VISIBILITE SCENIQUE
B. LA NARRATION DU MONSTRE
1. DONNER DU SENS AUX IMAGES
2. CREER LE MONSTRE
III. LE MONSTRE ET L’ALTERITE
A. LE MONSTRE, SYMBOLE DE L’AUTRE
1. LE MONSTRE COMME PRESAGE
2. L’AUTRE MOI
B. LE MONSTRE, SYMBOLE DE SON REJET
1. LES SIGNES DE LA PERVERSION
2. LA NEGATION DU MONSTRE
CONCLUSION
Objectifs et thèmes de recherche
Ce travail de recherche analyse la figure du monstre au travers de deux contenus médiatiques distincts : le film "Freaks" de Tod Browning et l'émission de télé-réalité "Secret Story". L'objectif est de démontrer que le monstre, loin d'être un individu existant en soi, est une construction médiatique et symbolique servant des intentions spécifiques, révélant ainsi les mécanismes d'exclusion et de voyeurisme de la société contemporaine.
- La nature construite et symbolique du monstre dans les médias.
- Le rôle du cadre (cirque, maison close) dans la définition de la monstruosité.
- L'analyse du dispositif technique (caméra, montage) comme outil de dévoilement et de contrôle.
- La relation dialectique entre le monstre et la société qui le rejette.
- Le voyeurisme comme moteur de la réception médiatique.
Auszug aus dem Buch
I. Le cadre d’existence du monstre
Dans Freaks et Secret Story, le monstre se définit avant tout par le cadre dans lequel il existe. Dans ce cadre, le monstre est monstre en tant qu’il est contre nature (A), et hors culture (B).
Contre-nature, mais surtout au-delà de la nature, le monstre est d’abord le symbole de la transcendance : le monstre est monstre parce qu’il défie l’habituel, par son physique (1) et par une certaine manière d’être au monde (2).
Aristote parle du monstre, comme allant directement à l’encontre de notre vision du monde naturel: le monstre est contre nature parce qu’il naît du hasard et échappe ainsi à toute loi. En effet pour l’auteur, la forme informe toujours la matière ; l’essence de l’être humain, en tant qu’elle est bonne, rend la matière belle également. Or chez le monstre la matière ne se laisse pas complètement adapter par la forme : sa beauté intérieure ne transparaît pas dans son apparence. Dès lors il échappe aux lois du corps. Cette idée rejoint la définition de Gilbert Lascault, qui pense le monstre comme ce qui est différent de la perception que l’homme a généralement du monde rationnel. D’emblée le monstre est ce qui marque un écart par rapport à ce que l’homme connaît.
Résumé des chapitres
I. LE CADRE D’EXISTENCE DU MONSTRE: Ce chapitre examine comment le monstre est défini par son environnement, le plaçant dans une position contre-nature et en dehors des normes culturelles.
II. LE DISPOSITIF DE DEVOILEMENT DU MONSTRE: Cette partie analyse les techniques médiatiques, notamment cinématographiques et télévisuelles, utilisées pour rendre le monstre visible et narratif.
III. LE MONSTRE ET L’ALTERITE: Le chapitre final explore la fonction symbolique du monstre en tant que miroir des perversions sociales et outil de renforcement de l'identité de l'homme "normal" par le rejet de l'autre.
Mots-clés
Monstre, monstruosité, monstration, Freaks, Secret Story, altérité, signe, médiation, télé-réalité, voyeurisme, regard, exclusion, quotidienneté, cadre, symbole.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de ce mémoire ?
Ce mémoire traite de la figure du monstre dans le cinéma (Freaks de Tod Browning) et la télévision (Secret Story), en étudiant comment cette figure est construite, montrée et perçue comme un symbole social.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la monstruosité physique et morale, le rôle des médias dans la mise en scène du réel, la surveillance, le voyeurisme et les mécanismes d'exclusion sociale.
Quel est le but de cette recherche ?
L'objectif est de démontrer que le monstre est une construction fonctionnelle et sémiologique utilisée par les médias pour créer du spectaculaire et refléter les angoisses de la société.
Quelle approche méthodologique est utilisée ?
L'auteur adopte une approche sémiologique et analytique, en s'appuyant sur des auteurs tels que Peirce, Foucault, Bergson et Jost pour analyser les images et les discours médiatiques.
Quels sujets sont traités dans le corps du travail ?
Le travail explore le cadre d'existence du monstre (enfermement, communauté), les dispositifs de monstration (cadrage, montage, discours) et la portée symbolique du monstre comme miroir de l'altérité.
Quels mots-clés définissent le mieux cette étude ?
Les mots-clés incluent monstre, monstration, altérité, voyeurisme, médiation, exclusion, signe et télé-réalité.
En quoi "Freaks" et "Secret Story" sont-ils comparables ?
Bien que les époques et les genres diffèrent, les deux objets placent des individus "anormaux" ou "particuliers" dans un espace clos et surveillé, les exposant au regard du public dans un but commercial.
Quelle est la conclusion principale de l'auteur concernant le monstre ?
L'auteur conclut que le monstre ne possède pas d'existence propre en dehors de sa monstration : il est un signe qui existe uniquement pour exprimer quelque chose sur la société qui le rejette.
- Arbeit zitieren
- Andrea Reveyrand (Autor:in), 2013, Monstre, Monstruosité et Monstration dans "Freaks" et "Secret Story", München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/310970