Le motif de "la gloire" dans "Le Cid" de Pierre Corneille


Dossier / Travail de Séminaire, 2004
25 Pages, Note: 2,3

Extrait

Contenu :

1. Introduction

2. L´absolutisme en France
2.1. Le Cardinal de Richelieu et l´Académie Française
2.2. L´âge classique et la doctrine classique

3. L´histoire du Cid
3.1. Le Cid historique
3.2. Le Cid comme figure littéraire
3.3. Le Cid comme tragi-comédie
3.4. La Querelle du Cid

4. Le sujet du Cid d´après Pierre Corneille

5. La gloire dans Le Cid
5.1. La force
5.2. La constance
5.3. La générosité
5.4. La gloire et le bien
5.5. La gloire et la vertu

6. Conclusion

7. Bibliographie

Handout

1. Introduction

La gloire. La gloire ! La gloire ? Mais qu´est-ce que c´est la gloire, exactement ? Le mot en lui-même est clair, je veux dire ; il se laisse traduire facilement : « der Ruhm » en allemand, « the glory » en anglais et « la gloria » en espagnol. Mais qu´est-ce que veut dire ce mot ? Ou plutôt : quelle est sa signification ? En y réfléchissant bien, c´est un mot qui a beaucoup de connotations différentes. Politiques, historiques et culturelles. « Gloria in excelsis deo. » C´est connu ça. On le chante à l´église. Au moins les gens qui y vont encore. Les vieux. Il semble donc y avoir une référence divine. Mais laquelle ? Vaut mieux jeter un coup d´œil dans le dictionnaire, ça peut toujours être utile.

« Gloire : (lat. gloria) béatitude céleste dont jouissent les élus après leur mort. »

Il faut donc mourir pour atteindre la gloire. C´est tout ? Je veux dire : ça suffit ? Il n´y a rien de plus ? Parce que tout le monde doit mourir, tôt ou tard. Donc, tout le monde atteint la gloire ? Non, ce n´est pas possible. Il doit y avoir un truc. C´est peut-être la façon de mourir qui fait la différence ? Jésus, par exemple : personne ne dira qu´il est mort d´une mort ordinaire, lui. Non, il s´agissait d´une mort forcée. C´était le résultat d´un combat. D´une lutte, si on veut. Oui, une lutte entre Jésus et les hommes. Il a sacrifié sa vie pour sauver les hommes. Et c´est comme ça, qu´il a pu atteindre la gloire divine. C´est clair, non ? Mais où est le rapport avec Le Cid ? La lutte ? Évidemment la lutte, ou plutôt le duel, un thème central de la pièce. Il y avait quelque chose avec les duels dans la pièce. Ah oui, bien sûr. Les duels étaient un des points de critiques concernant la pièce. La fameuse Querelle du Cid. Déclanchée entre autre par le Cardinal de Richelieu qui venait juste d´interdire les duels. Mais comment ça c´est passé exactement ? Allons donc voir cela d´un peu plus près.

2. L´absolutisme en France

« L´absolutisme en France est souvent identifié à Louis XIV (1643 – 1715). Le règne du roi Soleil représente dans la mémoire publique une époque glorieuse portant déjà, dans son despotisme et sa décadence, la graine qui allait, quelques décennies plus tard, mener à la Révolution française.

Un événement ayant bouleversé complètement le paysage politique européen, qui fait, dans la rétrospective, de Louis XIV et son entourage les représentants d´une ère lointaine mais pas néanmoins inintéressante. Pourtant c´était son père Louis XIII (1601 – 1643), qui a agrandi et renforcé la centralisation du pouvoir politique en France. Le début de son règne était dominé par le conflit entre lui et sa mère Marie de Médicis, qui, après l´assassinat de son mari Henri IV, avait pris, à la place de son fils encore mineur, les destinées du pays entre ses mains. Peu avant son treizième anniversaire Louis a été déclaré majeur et a reçu, de manière plus ou moins volontaire, le sceptre de sa mère. La nouvelle tâche n´était pas facile à accomplir, car quelques nobles et même sa propre mère essayaient de tramer des complots contre le jeune roi encore sans expérience. En 1624 la nomination de Richelieu comme chef du conseil mettait fin à une période de troubles et d´intrigues.

2.1. Le Cardinal de Richelieu et l´Académie Française

Le Cardinal de Richelieu (1585 – 1642), de son vrai nom Armand Jean du Plessis, tenait un rôle important dans l´instauration de la centralisation en France. Il avait commencé sa carrière comme évêque de Luçon, en Vendée. Son mandat lui permettait de devenir Député du clergé aux Etats Généraux, ce qui le faisait entrer à la cour du roi. Son engagement et son habilité lui apportèrent la confiance de Marie de Médicis dont il soutenait la politique tout en essayant d´établir une relation avec le roi et de servir comme intermédiaire dans les conflits entre Louis XIII et sa mère. Il était nommé secrétaire d´état à la guerre avant d´entrer au conseil du roi en 1624, dont il devint rapidement le chef. Sa politique visait en première ligne le renversement des huguenots, ce qui se manifesta par la prise du centre protestant de La Rochelle et la grâce d´Alès (1629), permettant aux protestants la liberté du culte tout en supprimant les garanties militaires.

Pour jouer un rôle important, voir dominant, parmi les pouvoirs européens, Richelieu avait très vite compris qu´il serait fondamental pour la France de régler tout d´abord les affaires intérieures afin de former une culture homogène soutenue par tous les états du pays. Pour cela il contribua à la fondation de l´Académie Française (1635) voulant soumettre la langue et la littérature au pouvoir souverain du roi.

Le devoir primaire de l´Académie constituait à créer un dictionnaire, une rhétorique et une poétique sur la base desquelles on voulait centraliser la politique de la langue du pays. La publication d´un premier dictionnaire mit 60 ans. Les deux autres projets n’ont jamais été réalisés. Cela montre que les membres de l´Académie Française avaient des difficultés à se mettre d´accord.

L´Académie se développa rapidement en une institution cherchant à contrôler et à surveiller le développement de la langue française. La forme d´une œuvre était, tout comme son contenu, important et impliquait de respecter quelques règles afin d´obéir à l´idéal de la clarté. « Ce qui n´est pas clair, n´est pas français. » disait une phrase, célèbre à l´époque. Il s´agissait d´améliorer la langue avec le but de la rendre plus pure et de faire d´elle le porteur de la culture française. On parle dans ce contexte souvent du « bon usage ». Un mot appartenait, au « bon usage », et l´est encore aujourd´hui, s´il était compris par tous les membres des différents états. Afin de créer une unité linguistique on interdisait l´utilisation des dialectes, tout comme les mots choquants qui se référaient pour la plupart des cas au corps. (« estomac » au lieu de « poitrine »). On demandait à la langue d´être logique. Les phrases devaient être courtes et précises.

2.2. L´age classique et la doctrine classique

Cette façon d´essayer d´établir des règles pour la création littéraire est symptomatique pour le 17ième siècle en France. On parle aussi d´âge classique. L´âge classique comprend une période qui s´achève au plus tard avec la mort de Louis XIV en 1715. Concernant la littérature elle s´oriente à la Renaissance italienne qui à son tour a été inspirée par l´antiquité grecque et romaine. Pourtant la littérature de l´âge classique allait beaucoup plus loin que son modèle. Les thèmes de l´antiquité recevaient un élargissement en même temps qu´ils obtenaient une nouvelle interprétation dû à l´actualité contemporaine du 17ième siècle.

La production littéraire de cette époque était de plus en plus soumise à des règles assez strictes. On demandait à ce que les idées soient structurées d´une façon claire et à ce que la langue soit libérée de mots de patois ou étrangers. Pour la structure on demandait des règles encore plus strictes.

La loi des trois unités réglementait surtout la rédaction des pièces de théâtre. L´auteur devait respecter l´unité du temps, à ce que les évènements se déroulent dans les 24 heures, l´unité de l´espace impliquant que l´action ne se déroule que dans une pièce et finalement l´unité de l´action voulant une séparation claire entre l´action principale et les actions secondaires. Le droit d´imprimer, la censure et l´Académie Françaises étaient des moyens effectifs pour amener la production littéraire dans la direction souhaitée. A côté de ces règles se basant sur l´œuvre d´Aristote, le Cardinal de Richelieu avait crée un catalogue de règles supplémentaires devenu célèbre sous le nom de « doctrine classique ». Elle contenait les points suivants :

1.) la littérature doit s´orienter au public homogène de la cour et la ville
2.) La littérature doit s´orienter vers l´idéal de l´honnête homme
3.) La littérature doit s´orienter à l´idéal de la clarté
4.) La littérature doit s´orienter à l´idéal de la vraisemblance et de la bienséance d´après Aristote.

Le but était de renforcer l´unité linguistique du pays et de créer un niveau commun à la langue parmi tous les habitants du pays. Il ne devait avoir plus de différences au niveau linguistique entre un paysan et un noble, tous les deux étaient, d´après la compréhension de l´absolutisme, des sujets du roi. Richelieu voulait créer un peuple homogène et unit par sa langue. »

3. L´histoire du Cid

Bon voilà pour le contexte historique. C´est beaucoup, c´est clair. Mais pour comprendre une œuvre il faut toujours aussi comprendre son époque. Sans ça, ça ne marche pas. Pour la gloire, on n´est pas vraiment avancé, mais ça viendra. Faudrait peut-être plutôt jeter un coup d´œil à la pièce elle-même maintenant. On n´en a encore rien dit. Déjà le titre : Le Cid. Qu´est-ce que ça veut dire Le Cid ? C´est pas de l´arabe ça ? Mais qu´est-ce que font les Arabes dans tout ça ? C´est l´influence du théâtre espagnol sans doute. Chez eux ils sont restés longtemps les Arabes. Quand même je ne vois pas vraiment le rapport. Par ce que Corneille, l´auteur, lui, c´était bien un français, non ? Comment ça se fait qu´il a repris un sujet espagnol pour le montrer à Paris ? Et la Querelle du Cid ? Là aussi on n´en a pas encore vraiment parlé à présent. Un tas de questions donc auxquelles on va essayer de trouver des réponses. Allez c´est parti.

3.1 Le Cid historique

« Le Cid a existé. C´est le nom, ou plutôt le titre, ayant rendu célèbre le héros national espagnol Rodrigo Diaz de Bivar. Il s´agit d´une déformation espagnole du mot arabe « Al-Sayyid » signifiant « le seigneur ». Un titre indiquant d´une manière subconsciente les exploits de Rodrigo conduisant ses contemporains à former différentes légendes autour de son personnage, étant pour le plus part incompatible avec les faits historiques.

Rodrigo Diaz de Bivar était né autour de 1043 à Burgos d´une des plus illustres familles de Castille, où il servait, à partir du jour où le roi Don Sanche II de Castille l´avait armé chevalier, loyalement son roi. Après la mort de celui-ci son frère Alphonse VI prit le pouvoir et, étant si satisfait de la vaillance de Rodrigo et de ses combats victorieux, il le récompensa en lui donnant en mariage sa propre cousine Chimène Diaz, fille de Diègue, comte des Asturiens. Des intrigues menées contre Rodrigo par des seigneurs jaloux, l´obligèrent à quitter la Castille et à s´exiler dans une cour voisine. Le roi maure de Saragosse l´accueillit volontairement comme souverain. Depuis que les Maures s´étaient installés au 8ième siècle en Espagne, il y avait toujours eu des combats entre les Maures islamiques du sud et les provinces chrétiennes du nord de la péninsule ibérique. Pendant des années Rodrigo Diaz de Bivar servit son nouveau prince de façon loyale, sans jamais combattre la Castille et ses habitants.

Après avoir attendu en vain que la Castille lui redemande ses services, il entreprit d´assurer son indépendance en gagnant son propre royaume. C´est ainsi qu´il réussit à s´établir comme souverain dans la ville de Valence qui avait été un sujet de dispute entre les différentes parties islamiques et chrétiennes au cours des siècles. La richesse de la ville l´obligeait sans cesse à la défendre contre des tentatives de reprise par les Espagnols ou des expéditions venues d´Afrique. Il continuait donc à se battre pour sa foi et son honneur jusqu´a sa mort en 1099 sans jamais avoir eu la possibilité de revoir sa terre natale ce qui le rendait très triste.

[...]

Fin de l'extrait de 25 pages

Résumé des informations

Titre
Le motif de "la gloire" dans "Le Cid" de Pierre Corneille
Université
Ruhr-University of Bochum  (Romanisches Seminar)
Cours
Tragödie und Macht im französischen 17. und 18. Jahrhundert
Note
2,3
Auteur
Année
2004
Pages
25
N° de catalogue
V31230
ISBN (ebook)
9783638322966
ISBN (Livre)
9783640870035
Taille d'un fichier
637 KB
Langue
Français
Annotations
mots-clé
Corneille, Tragödie, Macht, Le Cid, Gloire
Citation du texte
Maxim Görke (Auteur), 2004, Le motif de "la gloire" dans "Le Cid" de Pierre Corneille, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/31230

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