La conception du «tendre Racine», l'auteur classique, de l'amour et des passions fait partie de plusieurs interprétations connues de l’œuvre de Racine. Roland Barthes propose une nouvelle perspective sur le théâtre. Par une étude structuraliste, il renverse l'image «du tendre Racine», non pas en dévalorisant son œuvre, mais en faisant ressortir un monde sombre du héros racinien qui est parfaitement dévoilé par le langage. La pièce Phèdre peut servir d'exemple pour examiner de plus près l'idée d'un «théâtre de la cruauté». Dans cette analyse, on mettra l'accent sur l'aveu de Phèdre à Hippolyte (Acte II, scène 5).
Die Konzeption eines "tendre Racine", dem klassischen Autor der Liebe und der Leidenschaften, ist Teil vieler Interpretationen des Werkes Racines. Roland Barthes vermittelt einen neuen Blick auf das Werk Racines. Anhand einer strukturalistischen Studie, kehrt er das Bild des "tendre Racine" um, indem er in Racines Theater ein "Theater der Grausamkeit" projeziert, dass gerade wegen der Sprache Racines perfekt verdeckt wird. Das Stück Phédre kann hier als Beispiel dienen, um diese Idee näher zu erläutern. Hier wird der Akzent auf das Liebesgständnis der Phädra an Hippolyte liegen (Acte II, Szene 5).
Table des matières
I. La relation fondamentale
II. L'éros immédiat et le fantasme
III. Le Père et la faute
Objectifs et thématiques de l'étude
Cette étude examine la tragédie Phèdre de Jean Racine à travers le prisme de l'analyse structuraliste de Roland Barthes, en se concentrant sur la scène de l'aveu (Acte II, scène 5) pour démontrer comment le langage y fonctionne comme un moteur de la cruauté et de l'irréversible.
- La remise en question de l'image traditionnelle du "tendre Racine".
- L'analyse de la rhétorique de séduction et des rapports de force (relation fondamentale).
- L'étude de la théorie barthesienne de l'éros immédiat et du fantasme.
- L'exploration de la dimension tragique liée à l'autorité paternelle et à la culpabilité divine.
- Le rôle du langage comme action déterminant le destin des personnages.
Auszug aus dem Buch
II. L'éros immédiat et le fantasme
La scène de l'aveu de Phèdre met aussi très bien en évidence la théorie barthienne de l'éros immédiat et du fantasme. Cet amour pour un « autre Thésée » n'est pas forcément qu'un procédé rhétorique et bref, un moyen de séduction, mais il fait aussi voir « un état d'illusion » provoqué par l'éros immédiat. Selon Barthes, Phèdre tombe amoureuse d'une image, qui naît brusquement. Plus encore, « la vue du corps trouble le langage de l'amoureux : « aimer, c'est voir ». Dès que Phèdre voit Hippolyte, elle oublie l'environnement autour d'elle et pour un moment son langage : « J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire. » Son fils, présent sur scène, est ignoré, mais devient plus tard un instrument pour éveiller des sentiments de pitié chez Hippolyte. En général, on peut constater que son monde se réduit à Hippolyte dès qu'elle le voit. Il convient cependant de nuancer cette observation. Bizarrement elle ne se concentre pas vraiment sur le personnage Hippolyte, mais plutôt sur une image de lui.
Résumé des chapitres
I. La relation fondamentale : Ce chapitre analyse la dynamique de pouvoir entre Phèdre et Hippolyte, soulignant comment le langage de séduction établit une relation de domination basée sur des besoins émotionnels insatisfaits.
II. L'éros immédiat et le fantasme : Cette section explore la thèse de Roland Barthes sur l'amour tragique, où Phèdre devient prisonnière d'une image fantasmée, transformant le dialogue en une illusion communicative.
III. Le Père et la faute : Le chapitre traite de l'omniprésence de l'autorité divine et paternelle (Thésée, Neptune), qui enferme les personnages dans un destin tragique où la culpabilité devient inévitable.
Mots-clés
Phèdre, Jean Racine, Roland Barthes, structuralisme, théâtre de la cruauté, éros immédiat, fantasme, relation fondamentale, aveu, tragédie, rhétorique, autorité, Dieu caché, langage, passion.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cette étude ?
L'étude analyse la pièce Phèdre de Racine sous l'angle de la critique structuraliste de Roland Barthes, en cherchant à prouver que l'œuvre ne relève pas seulement d'un conflit amoureux, mais d'un "théâtre de la cruauté" régi par le langage.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes principaux incluent la nature du langage tragique, les rapports de force entre les personnages, la théorie de l'éros immédiat et le rôle écrasant des figures paternelles et divines.
Quel est l'objectif de l'analyse ?
L'objectif est de démontrer que le langage chez Racine transforme la parole en action irréversible, menant inévitablement les personnages à leur perte tragique.
Quelle méthode scientifique est utilisée ?
L'auteur adopte une approche analytique et structurale, en s'appuyant sur les travaux de Roland Barthes contenus dans son ouvrage "Sur Racine".
Que traite le corps du texte ?
Le corps du texte explore trois piliers : la relation fondamentale de pouvoir, le mécanisme psychologique de l'éros immédiat face au fantasme, et l'influence déterminante de la faute héritée du père.
Quels termes définissent le mieux ce travail ?
Les termes essentiels sont : structuralisme, éros immédiat, fantasme, langage multifonctionnel et tragédie racinienne.
Comment le langage est-il perçu dans la scène de l'aveu ?
Le langage n'est pas vu comme un simple outil de communication, mais comme un élément actif qui piège Phèdre dans son fantasme et provoque la réaction fatale d'Hippolyte.
Quel est le rôle du silence dans la scène étudiée ?
Le silence d'Hippolyte accroît la détresse de Phèdre et illustre l'échec de la communication entre les protagonistes, empêchant toute résolution ou apaisement de la souffrance.
- Quote paper
- Mouna Benkaddour (Author), 2016, L’aveu de Phèdre. Un théâtre de la cruauté?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/321258