Comment est-ce que les auteurs du siècle des Lumières exprimaient leur philosophie par la littérature?

Le cas de l’apologue des "Troglodytes" dans les "Lettres Persanes" de Montesquieu


Dossier / Travail, 2014
18 Pages, Note: 1,0

Extrait

Table des Matières

1. Introduction

2. Le siècle des Lumières en France

3. Chapitre théorique
3.1 L’anonymat de l’auteur
3.2 Le roman épistolaire
3.3 Le conte
3.4 L’utopie

4. La satire

5. La fonction de l’utopie dans les œuvres philosophiques au siècle des Lumières
5.1 Les Lettres Persanes
5.2 La conception des Lettres Persanes
5.3 L’apologue ou le conte des Troglodytes
5.4 L’utopie des Troglodytes

6. Conclusion

7. Bibliographie

1 Introduction

Pendant le dix-huitième siècle une génération d’écrivains très philosophiques s’établissait au champ littéraire : les auteurs du siècle des Lumières. Aujourd’hui, on l’associe avec des grands noms comme Voltaire, Rousseau, Buffon, Helvétius, Diderot, Prévost, Sade ou bien, Montesquieu (vgl. Duchet 1971 : 67). La plupart de ces auteurs consacraient leurs œuvres à la critique de la « philosophie politique » de ce temps-là (Goyard-Fabre 1973 : 18). Ils n’étaient pas du tout contents avec la forme du pouvoir et par conséquent, ils exigeaient que l’État fasse une réorganisation concernant des aspects sociaux, culturels et politiques (Rosso 1989 : 100). Néanmoins, ils existaient quelques auteurs qui faisaient l’exception à la règle : au début du dix-neuvième siècle, c’était surtout Charles - Louis Secondat, Baron de la Brède et de Montesquieu, « qui n’a pas voulu la Révolution, qui ne l’a pas préparée » (Ebd. 1989 : 100). « Montesquieu, [ scil. le] Newton du monde humain » (Goyard-Fabre 1997 : 6) qui s’est intéressé beaucoup à la loi et qui a publié un grand nombre d’œuvres qui se concentraient entre autres sur la nature, le droit et la religion (vgl. Ebd. 1997 : 7), n’était pas convaincu des pensées révolutionnaires. Dans l’ouvrage de Vian l’attitude de Montesquieu qui s’exprimait par ses œuvres était décrite comme suit :

Les œuvres de Montesquieu se suffisent à elles-mêmes, elles renferment toute leur lumière en elles : on ne les éclaire pas du dehors, ce sont des œuvres et non des actes. Ce grand homme a passé dans l’histoire, vivant de la vie de tout le monde, écartant de sa route, avec un soin jaloux, tout ce qui risquait de troubler la liberté de son travail et la sérénité de ses méditations (Vian 1970 : 65).

La critique de Vian montre une fois de plus que l’attitude de Montesquieu était d’un côté, fortement influencée par les philosophes de la Grèce antique comme Cicéron, mais d’un autre côté, il était aussi influencé par Mesnard, Machiavel, Bodin, Morus ou Althusius (vgl. Goyard-Fabre 1973: 15). à cause de sa passion pour la loi, Montesquieu était aussi influencé par des philosophes du droit comme Hobbes, Locke, Spinoza ou Leibniz (vgl. Goyard-Fabre 1973: 17). Pour cela, il est de plus en plus évident que Montesquieu qui est très connu aujourd’hui à cause de son influence sur la séparation des pouvoirs, n’était pas du tout content avec les idées révolutionnaires et prenait ses distances par rapport aux pensées d’autres écrivains de ce temps-là (vgl. Rosso 1989 : 100). Quand même, Montesquieu représente un des auteurs les plus importants de cette époque-là puisqu’il s’apercevait qu’on doit avoir un certain relativisme culturel pour être capable de trouver une solution concernant la politique qui n’est pas représentée par la monarchie et qui sépare le pouvoir de l’église et de l’état (vgl. Carrithers 2009 : 614) « en cherchant les assises du droit dans la nature des choses, en trouvait le fondement dans la nature de l’homme » (Goyard-Fabre 1973: 15). En plus, les sentiments de l’époque comme « l’amour de l’homme pour ses semblables » et l’idéal de « l’amour de l’ordre » (Domenech 1989 : 57) représentaient des raisons qui ont aussi influencées les œuvres de Montesquieu qui était un homme qui ne pouvait pas facilement adapter aux conventions de la société (vgl. Carrithers 2009 : 606). À cause du fait que Montesquieu n’était pas seulement un auteur, mais aussi un homme des sciences qui était toujours bienvenu dans les salons de Paris (vgl. Ebd. 2009 : 606), il publiait ces livres sous un pseudonyme. Un de ces œuvres dans quel il voulait rester anonyme est les Lettres Persanes. Le roman, publié en 1721 au siècle des Lumières, contient un grand nombre d’aspects très différents de la vie quotidienne et de la société du dix-huitième siècle.

Dans cet essai, je vais donc essayer de montrer comment Montesquieu transmettait son avis à propos de la philosophie d’un relativisme culturel en utilisant l’apologue des Troglodytes qui se trouve dans son œuvre Lettres Persanes. Tout d’abord, je vais résumer ce qui s’est passé en France pendant la période de la création de l’œuvre Lettres Persanes. Puis, je vais présenter quelques définitions des mots « anonymat », « roman épistolaire », « apologue et conte », « utopie » et « satire ». Ensuite, il y a un chapitre concernant la conception philosophique qui contient des définitions du scepticisme, du déterminisme et du relativisme (culturel). Après, on va s’intéresser au roman épistolaire Lettres Persanes de Charles - Louis Secondat, Baron de la Brède et de Montesquieu. D’après, on va examiner l’importance de l’apologue des Troglodytes en fonction d’un conte et d’une utopie pour les œuvres complètes. Dans le même chapitre, il y a l’analyse des moyens stylistiques utilisés dans l’apologue des Troglodytes et ses effets. À la fin, il y a le résumé qui énumère tous les arguments importants de l’essai.

2 Le siècle des Lumières

Pour montrer quels moyens littéraires Montesquieu utilisait pour transmettre ces idées philosophiques dans l’apologue des Troglodytes, on doit premièrement comprendre ce qui s’est passé en France pendant la période de la création de l’œuvre. Pour cette raison, on va tout d’abord s’intéresser aux années vingt du dix-huitième siècle pendant lesquelles on peut détecter les premières traces d’une conscience historique (vgl. Hess/Siegenmann/ Stegmann 2003 : 12). Cette conscience historique se manifeste par la métaphore de la « lumière de la raison » (vgl. Ebd. 2003 : 12). Par conséquent, on parle aussi du « siècle des Lumières », du « siècle éclairé », de « l’âge de la Raison » ou du « siècle philosophique » (vgl. Ebd. 2003 : 12). À propos de la philosophie, on doit mentionner comment l’utilisation d’une raison de façon critique est défini par Kant :

Aufklärung ist der Ausgang des Menschen aus seiner selbst verschuldeten Unmündigkeit. Unmündigkeit ist das Unvermögen, sich seines Verstandes ohne Leitung eines anderen zu bedienen. Selbstverschuldet ist die Unmündigkeit, wenn die Ursache der selben nicht am Mangel des Verstandes, sondern der Entschließung und des Mutes liegt, sich seiner ohne Leitung eines anderen zu bedienen. Sapere aude! Habe Mut, dich deines eigenen Verstandes zu bedienen! ist also der Wahlspruch der Aufklärung (Kant 1784: 481).

Avec sa définition Kant montre très bien comment la société européenne du siècle des lumières développait ensuite une conscience pour les évènements et décisions faites pendant ce temps-là (vgl. Nünning 2013 : 364). En conséquence, le peuple commençait à questionner et critiquer les institutions sociales, la forme du pouvoir absolue, l’église, la religion et même le phénomène du Dieu. Il se souvenait des valeurs essentielles, de l’importance de la raison et de la liberté par les lois (vgl. Rosso 1989 : 102). En plus, il supposait que l’homme avait un naturel vertueux inné et que sa « raison naissante [elle] est le premier fruit » (Domenech 1989 : 62). C’est aussi la raison pour laquelle les citoyens de l’ Â ge de la Raison étaient très soucieux de l’importance de la conception de la morale. Cette révision de leurs opinions créait une ambiance de façon renouvelle qui avait son origine dans une rébellion contre la situation politique et sociale du Moyen Âge (vgl. Hess/Siegenmann/ Stegmann 2003 : 12). À côté des changements mentaux, il y avait aussi des changements concernant les sciences : les soins des sciences naturelles qui remontaient à l’observation et l’expérience devenaient des sujets très importants :

C’est un grand et beau spectacle de voir l’homme sortir en quelque manière du néant par ses propres efforts ; dissiper, par les lumières de sa raison, les ténèbres dans lesquelles la nature l’avoit enveloppé ; s’élever au-dessus de lui-même ; s’élancer par l’esprit jusque dans les régions célestes ; parcourir à pas de géant, ainsi que le soleil, la vaste étendue de l’univers ; et, ce qui est encore plus grand et plus difficile, rentrer en soi pour y étudier l’homme et connoître sa nature, ses devoirs et sa fin (Rousseau 1750 : http://data.bnf.fr/11948255/jean-jacques_rousseau_discours_sur_les_sciences_et_les_arts/fr.pdf ).

D’après Rousseau, l’importance d’avoir l’attitude que l’homme disposait d’une raison par nature était essentielle pour la réorganisation de la morale et de la philosophie de l’État français. Ce relativisme était aussi présent en ce qui concerne les sciences humaines : Si on examine les courants littéraires du siècle des Lumières, on peut facilement constater qu’il n’existait pas une théorie esthétique avec des prestations poétiques comme dans l’époque du baroque ou dans celle du classicisme. Par conséquent, il n’y a pas beaucoup d’œuvres poétiques qui antidatent au siècle éclairé. Au contraire, le dix-huitième siècle est marqué par une attitude très réaliste qui s’occupe de la réalité sociale. La forme littéraire préférée des écrivains des Lumières était principalement le roman. Comme déjà indiqué dans l’introduction, Montesquieu était un des auteurs qui dissimulait sa critique de la société à l’aide d’un roman épistolaire très exotique qui s’appelle Lettres Persanes (vgl. Ebd. 2003 : 14).

3 Chapitre théorique

Après avoir vu ce qui s’est passé au siècle des Lumières en ce qui concerne l’ambiance et la philosophie pendant ce temps-là, on va maintenant essayer de créer une base théorique qui supporte la compréhension des chapitres qui traitent l’analyse de l’apologue des Troglodytes. Dans le chapitre suivant, on va d’abord s’intéresser à l’anonymat de l’auteur, au roman épistolaire, à l’apologue et au conte. Pour mieux comprendre la fonction de l’apologue dans le cinquième chapitre, il est très important d’avoir une base exactement définie.

3.1 L’anonymat de l’auteur

En général, l’auteur d’un œuvre se fait connaître aux lecteurs. Quand même, il y a quelques instances dans l’histoire de la littérature où l’auteur restait inconnu pour un long laps de temps. Une possibilité de rester anonyme est l’utilisation d’un pseudonyme. Ce nom peut être absolument fictif, mais parfois le nom choisi par les auteurs pour la publication des œuvres relie leur vie privée avec leur profession. Un exemple pour une approche comme celle décrite dans la phrase précédente est le cas de Montesquieu en ce qui concerne son roman Lettres Persanes que je vais examiner en détail au cinquième chapitre. Quand même, un anonymat du côté de l’auteur peut poser quelques irrégularités quant à la classification d’un texte : « La fonction d’auteur ne s’exerce pas d’une façon universelle et constante sur tous les discours » (Foucault 1994 : 799f). D’après Foucault, le terme de l’ auteur ne se concentre pas sans exception sur la personne qui écrivait un œuvre, mais le terme est aussi en corrélation avec le contexte dans quel l’œuvre était publié. Par conséquent, l’auteur devient une instance abstraite avec une importance primordiale pour la signification de l’œuvre. Néanmoins, cette fonction d’une instance abstraite est partout construite par le lectorat qui attribue un certain texte avec un certain auteur, genre ou attitude. Les raisons pour une réaction à côté des lecteurs comme celle décrite dans la phrase précédente sont très variées. D’un côté, les lecteurs désirent d’avoir le savoir nécessaire pour classifier, grouper et interpréter le texte, d’un autre côté, ils souhaitent d’avoir la possibilité de simplifier la complexité et ambiguïté du même (vgl. Gröne/Reiser 2012 : 12f.). Bien que ces pensées soient absolument saisissable, il y avait (et il y en a encore) des auteurs qui n’utilisaient pas leur propre nom pour la publication des œuvres. Pour trouver une explication concernant la question pourquoi un auteur se décidait de ne pas utiliser son propre nom, il est important de savoir ce qui se passait dans la vie privée du lecteur et dans la société pendant la période de la création de l’œuvre. Alors, cette piste de recherche ne servit pas toujours une raison pour l’anonymat et assez souvent, le lectorat reste sans aucune explication, mais dans un cas comme celui des Lettres Persanes de Montesquieu, les générations suivantes pouvaient dévoiler le secret de l’anonymat de l’auteur quand même. En conséquence, ce qui suivait après le public a découvert qui s’est caché derrière le pseudonyme de Montesquieu, était la tentative de classifier, grouper et interpréter le texte. Dans ce contexte, je dois mentionner qu’on va apprendre un peu plus d’information sur les résultats de cette multitude de tentatives dans les chapitres suivants.

3.2 Le roman épistolaire

Le terme roman é pistolaire qui est aussi connu par le nom « roman par lettres » décrit une forme du roman qui consiste principalement ou totalement des lettres (vgl. Hess/Siebenmann/Stegmann 2003 : 35). Avec la création des romans épistolaires au dix- huitième siècle, le renforcement du genre du roman était fondé (vgl. Gröne/Reiser 2012 : 131). Ce genre-là qui était traité comme sujet de moindre qualité, finalement faisait l’objet d’un changement dans plusieurs secteurs : non seulement le renforcement du genre, mais aussi une extension des sujets traités dans les romans étaient stimulés. Pour cette raison, on peut considérer le roman épistolaire comme un moyen pratique et moderne pour exprimer le désir d’avoir la possibilité d’être plus créative dans l’écriture des romans (vgl. Ebd. 2012 : 131). En dehors de cela, le genre du roman épistolaire est très réputé pour le fait qu’il est difficile de faire la différence entre des collections de lettres originales et ceux qui sont fictifs. On peut déduire de ce fait-là que les romans épistolaires semblent d’être très authentique car le style des romans essaie à convaincre le lectorat de la vraisemblance des œuvres. Dans tous les deux cas, la lettre fonctionne comme un moyen pour la narration qui peut être intégré dans le contexte de la narration. En plus, un roman épistolaire se distingue par une tension typique entre la conception globale du roman en relation avec chaque lettre en détail.

Les sujets traités dans ce genre littéraire étaient l’amour, l’étranger, la philosophie, l’homme lui-même, la société ou la religion. Au surplus, la possibilité de choisir entre une correspondance entre deux individus (« type portugais ») et une correspondance entre plusieurs individus, permet aux lecteurs d’explorer le monde fictif du roman épistolaire sous des perspectives très différentes. En ce qui concerne l’ambiance, les premiers romans épistolaires étaient surtout caractérisés par la tentative crée par des auteurs en jouant avec la réalité et l’illusion.

[...]

Fin de l'extrait de 18 pages

Résumé des informations

Titre
Comment est-ce que les auteurs du siècle des Lumières exprimaient leur philosophie par la littérature?
Sous-titre
Le cas de l’apologue des "Troglodytes" dans les "Lettres Persanes" de Montesquieu
Université
Johannes Gutenberg University Mainz
Note
1,0
Auteur
Année
2014
Pages
18
N° de catalogue
V345408
ISBN (ebook)
9783668352797
ISBN (Livre)
9783668352803
Taille d'un fichier
595 KB
Langue
Français
mots-clé
comment, lumières, troglodytes, lettres, persanes, montesquieu
Citation du texte
Ann-Kathrin Stahl (Auteur), 2014, Comment est-ce que les auteurs du siècle des Lumières exprimaient leur philosophie par la littérature?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/345408

Commentaires

  • Pas encore de commentaires.
Lire l'ebook
Titre: Comment est-ce que les auteurs du siècle des Lumières exprimaient leur philosophie par la littérature?


Télécharger textes

Votre devoir / mémoire:

- Publication en tant qu'eBook et livre
- Honoraires élevés sur les ventes
- Pour vous complètement gratuit - avec ISBN
- Cela dure que 5 minutes
- Chaque œuvre trouve des lecteurs

Devenir un auteur