Les Dynamiques Socio-économiques de l'Agriculture Maraîchères Péri-urbaine dans la Lutte contre la Pauvreté Cas de Nyalla et Yassa à Douala


Thèse de Master, 2017
146 Pages, Note: 14.5

Extrait

SOMMAIRE

LISTES DES TABLEAUX ET PLANCHES

DÉDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES ACRONYMES, SIGLES ET ABRÉVIATIONSv RÉSUMÉ

ABSTRACT

INTRODUCTION GÉNÉRALE

1iere PARTIE : CADRE CONCEPTUEL, MÉTHODOLOGIE ET PRÉSENTATION DU CHAMP SPATIAL DE LA RECHERCHE SUR LES DYNAMIQUES SOCIOECONOMIQUES

DE L’AGRICULTURE MARAÎCHÈRE

PÉRIURBAINE

CHAPITRE 1 : CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LA LITTÉRATURE SUR LES DYNAMIQUES SOCIO-ÉCONOMIQUES DE L’AGRICULTURE MARAÎCHERE PÉRIURBAINE

CHAPITRE 2 : CADRE MÉTHODOLOGIQUE

CHAPITRE 3 : PRÉSENTATION DU CHAMP SPATIAL DE LA RECHERCHE (DOUALA 3IEME) ET PORTRAITS SOCIOLOGIQUES DES MARAÎCHERS DE NYALLA ET YASSA

2ième PARTIE : ANALYSES ET DISCUTIONS SOCIOLOGIQUE DES RÉSULTATS SUR LES DYNAMIQUES SOCIOÉCONOMIQUES DE L’AGRICULTURE MARAÎCHÈRE PÉRIURBAINE DANS LA LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ A NYALLA

CHAPITRE 4 : MOTIVATIONS, INNOVATIONS SOCIOTECHNIQUES, ET ÉCONOMIQUE DANS LES PRATIQUES AGRICOLES PÉRIURBAINES

CHAPITRE 5 : LES INTERACTIONS SOCIALES DES PERIURBAINCULTEURS DANS L’AGRICULTURE MARAÎCHERE PÉRIURBAINE

CHAPITRE 6 : LES REPERCUTIONS SOCIOECONOMIQUES DE L’AGRICULTURE MARAÎCHÈRE PERIURBAINE SUR LA VIE DES PRODUCTEURS

CONCLUSION GENERALE

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

TABLES DES MATIERES

ANNEXES

LISTE DE TABLEAU ET PLANCHES

Tableau N°1 : Conceptualisation de la variable dépendante : « Les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine »

Planche 1 : Boîte De Semences Améliorées Et Tropicalisées

Planche 2 : Cultures Maraîchères De Contre-saison

Planche 3 : Plante De Pastèques Malade

Planche 4 : Dispositifs D’irrigation Des Cultures Maraîchères

Planche 5 : Plantes De Pastèques En Absence D’eau Et Desséchées

Planche 6 : Produits Chimiques (Pesticides, Insecticides Et Mancolaxe) Utilisés Pour La

Protection Des Cultures Maraîchères

Planche 7 : Procédure De Traitement Des Cultures Maraîchères En Champs

Planche 8 : Matières Organiques (Sac De Fuyantes Issues Des Déjections Animales)

Planche 9 : Engrais Chimiques : Npk (20-10-10), Spéciale Maraîchage Et L’urée

Planche 10 : Agriculteur Posant De L’engrais Dans Un Champs De Pastèques

Planche 11 : Cultures maraîchères réservées à l’autoconsommation du ménage périurbain

Planche 12 : Tomates, piments, et concombres dans des cajous

Planche 13 : Cultures maraîchères à vendre au marché Nyalla-château

DÉDICACE

A ma Grand-Mère maternelle Madame Madeleine DJANKAM qui nous a quitté récemment

REMERCIEMENTS

Au Dr. Jacques YOMB Directeur de ce mémoire, pour ses conseils et sa forte implication qui nous ont permis de mieux comprendre, d’orienter et de structurer cette recherche.

Au recteur de l’Université de Douala le Pr. François Xavier ETOA qui a accepté de financer une partie de cette recherche. Lesquelles finances nous ont permises de nous doter du matériel nécessaire et indispensable à la réalisation de cette recherche.

Au chef de département de sociologie le Pr. Jacqueline NKOYOK pour l’intérêt porté à notre formation.

A tous les enseignants du département de sociologie pour leurs enseignements en particulier le Pr. Camille EKOMO ENGOLO, le Dr. Robert TEFE TAGNE.

A la population de Nyalla et de celle de Yassa pour l’hospitalité et l’accueil pendant la collecte des données ethnographiques.

Au chef de quartier de Nyalla et de celui de Yassa pour leur disponibilité à nous écouter, à nous promener dans certains cites d’enquête et à répondre à nos préoccupations.

A Brice SAAPE, Diane Jockie KAMGNE TALA et Lynda EKOSSI de m’avoir aidé dans la collecte des données ethnographiques dans l’espace d’enquête dont les composantes sont Nyalla et Yassa.

A Mr Joseph NGANDJUI et Mr Jean Léopold NDEUGUEU pour le soutien financier tout au long de cette recherche.

A la famille NGALEU pour le soutien multiforme et permanent avant, pendant la rédaction et la soutenance de ce mémoire.

A papa et Pr. Célestin CHAMENI MEMBA pour ses encouragements permanents et soutiens multiformes.

A tous ceux qui ont de près ou de loin contribués à la rédaction de ce mémoire.

LISTE DES ACRONYMES, SIGLES ET

ABRÉVIATIONS

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RÉSUMÉ

L’objectif capital de cette recherche est de comprendre les implications des dynamiques socioéconomiques des activités agricoles maraîchères périurbaines sur la pauvreté. Spécifiquement, comprendre 1-les motivations des acteurs agricoles en vue de mettre en exergue les formes d’innovations qui caractérisent l’évolution de leur activité agricole ; 2-les finalités des relations sociales de ces agriculteurs ; 3-les répercutions socioéconomique de cette activité sur leur vie. Le problème de cette recherche se pose en termes de la valorisation de l’Agriculture Maraîchère Périurbaine(AMP), en lui offrant les moyens de se maintenir sur place. D’où la question centrale suivante : Comment l’agriculture maraîchère peut-elle contribuer à la lutte contre la pauvreté des ménages périurbains alors qu’elle est victime de nombreux stigmates qui renforcent sa dévalorisation? La théorie de l’ethnométhodologie, celle de l’encastrement sociale et de la reconnaissance, toutes propres au courant constructiviste meublent ce travail. Cette recherche est essentiellement qualitative et s’inscrit dans une logique inductive, combinant les données documentaires et celles de terrain. D’où l’ethnographie de terrain qui s’applique sur des entretiens semi-directifs au près de 45 informateurs (taille de l’échantillon) obtenus suivant la méthode d’échantillonnage empirique en générale, et par réseau boule de neige en particulier, propre à l’échantillonnage de type non probabiliste. Les résultats montrent que : 1)La pratique du maraîchage est l’apanage de diverses catégories socioprofessionnelles ; 2)La pauvreté, la volonté d’une réussite et la recherche de la rentabilité économique motivent les citadins à la pratique du maraîchage périurbain ; 3)Les acteurs agricoles accroissent la performance de leur exploitation par les innovations sociotechniques et économiques ; 4)Le lien social dans les échanges est complémentaire ; 5)Le maraîchage périurbain se pratique en réseau ; 6)Le maraîchage périurbain a des répercutions positives sur la vie des producteurs.

Mots clés : Dynamiques socioéconomiques ; Agriculture périurbaine ; Cultures maraîchères ; Espace périurbain ; Pauvreté périurbaine ; Marché périurbain ; Nyalla et Yassa.

ABSTRACT

The main objective of this research is to understand the implications of the socio-economic dynamics of peri-urban agriculture vegetable crops activities on poverty. Specifically, to understand the motivations of the agricultural actors with a view to highlighting the forms of innovation that characterize the evolution of their agricultural activity; 2-the aims of the social relations of these farmers; 3-the socio-economic repercussions of this activity on their lives. The problem of this research is posed in terms of the valorization of the Peri-urban agriculture vegetable crops (AMP), offering it the means to remain in place. Hence the central question: How can agriculture vegetable crops contribute to the fight against the poverty of peri-urban households when it is the victim of many stigmata that reinforce its devaluation? The theory of ethnomethodology, that of social embedding and recognition, all proper to the constructivist current, furnishes this work. This research is essentially qualitative and follows an inductive logic, combining the documentary and field data. Hence the field ethnography which applies to semi-directive interviews with 45 informants (sample size) obtained according to the empirical sampling method in general, and by snow net network in particular, to non-probability sampling. The results show that: 1) The practice of agriculture vegetable crops is the prerogative of various socio-professional categories; 2) Poverty, the will to succeed and the search for economic profitability motivate urban dwellers to practice peri- urban agriculture vegetable crops; 3) Agricultural actors increase the performance of their exploitation by socio-technical and economic innovations; 4) The social link in trade is complementary; 5) Peri-urban agriculture vegetable crops is practiced in a network; 6) Peri- urban agriculture vegetable crops has positive repercussions on the life of producers.

Key words: Socioeconomic dynamics; Peri-urban agriculture; Vegetable crops ; Periurban space; Peri-urban poverty; Peri-urban market; Nyalla and Yassa.

INTRODUCTION GÉNÉRALE

La population du Cameroun serait en 2017 à 23248044 habitants soit 3,5millions d’habitants pour la ville de Douala. (Bureau Central de recensements et d’Etude de la Population au Cameroun BUCREP, 2010). Quant à l’arrondissement de Douala 3ième champ spatial de notre recherche sa population est chiffrée à 1 350 000 habitants. Cette croissance exponentielle de la population urbaine s’explique par l’exode rural. Ce qui augmente ainsi le taux de chômage, de sous-emploi et de la pauvreté urbaine et périurbaine. C’est donc un phénomène urbain (Ministère de l’Economie de la Planification et de l’Aménagement du Territoire MINEPAT, 2012). En 2014, le taux de chômage des jeunes dépassait déjà 12% dans les Pays en voies de Développement et est, selon le milieu de résidence et le sexe, plus élevé en milieu urbain que rural touchant ainsi plus de femmes que d’homme (Plan d’Action National pour l’Emploi des JeunesPANEJ, 2016)Le MINEPAT (Op. Cit) relève que le niveau élevé du sous-emploi global au Cameroun reste préoccupant : 70,6% soit 63,7% de sous- emploi invisible de la population active. En milieu urbain, le sous-emploi reste élevé car 71,8% de femmes en sont concernées contre 56,3% d’hommes (Bureau International du Travail BIT, 2010) Les résultats de la 4ième Enquête Camerounaise au près des Ménages révèlent une hausse de 1,9 millions de pauvres en 2014 par rapport à 2001 et que 37,5% de la population camerounaise vivaient, au dessous du seuil de pauvreté correspondant à 931FCFA par équivalant-adulte par jour. Or, 60% du tissu urbain de Douala est habité par les pauvres dont les revenus avoisinent 13.000 FCFA mensuellement (Directeur Général de la Direction des Études de la Planification des investissements et du Développement Durable DEPIDD).

Ainsi, la pauvreté est le quotidien des populations de l’arrondissement de Douala 3ième (Magasine d’information de la CAD III, 2015). De fortes augmentations des prix de Danré alimentaires de premières nécessités ont pour conséquence de grever le pouvoir d’achat des ménages. D’après une étude menée en Février 2016 les prix à la consommation finale des ménages à Douala ces sont relevés de 0,2% entre Janvier et Février 2016. Cette évolution est tirée par le prix des produits alimentaires qui ont réalisé une hausse de 1,1%. Le relèvement des prix des produits alimentaires s’explique d’une part par la flambé des prix de fruits avec l’insuffisance de l’offre de certains fruits (ananas et d’autres fruits hors saison au cours du mois de Février) et d’autres parts, par la flambée des prix des légumes et surtout des légumes- feuilles du fait de la saison sèche. La persistance de cette flambée des prix alimentaires continue à compromettre l’accès à la nourriture de nombreux groupes urbains/périurbains à faibles revenus. Une prédominance du secteur informel (92%) dans lequel la plupart des jeunes exercent leur emploi est observé contre la part de l’emploi des jeunes dans le secteur formel restant faible (8%) (PANEJ, IBID). Parlant de ce secteur informel, l’activité agricole en fait partie. Le Rapport pays de Cameroun pour la conférence ministérielle 2014, sur l’emploi des jeunes, souligne que depuis près de 05 décennies, environ, le tissu économique camerounais reste dominé par des activités agricoles pastorales qui occupe plus de ¾ de la population active dans l’ensemble.

Cependant, cette activité agricole est essentiellement rurale. Or, le Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi(DSCE) a dressé le constat d’une agriculture rurale malade, structurellement incapable de nourrir la population camerounaise.

Au regard de ces problèmes, les citadins et citadines de Nyala et de Yassa d’origine diverses, constitués de migrants et autochtones, pour palier à cette situation de pauvreté ont développé des stratégies diverses, notamment le maraîchage périurbain. A cet effet, de nombreux travaux scientifiques parmi lesquels ceux de MOUSTIER et PAGES (1997), DONGMO. T. et al(2005), de GUEGANG. P., A., (2008), NCHOUNJI et al(2009), TEFE. T.R.et YOMB .J. (2016), ont montré non pas à Nyalla et à Yassa, mais dans les espaces d’études autres, l’impact socioéconomiques de l’agriculture périurbaine en terme d’amélioration des conditions de vie des citadins. Ainsi, pour tous ces auteurs, cette activité crée non seulement les emplois, mais, aussi, génère des revenus nécessaires pour la prise en charge d’autres besoins de bases (scolarité des enfants, logement, santé et alimentation). Seulement, ces externalités positives de ladite activité sont peu connues et reconnues car priorité aux cultures de rentes (cacao, café…Etc.) et aux bâtis ! De plus, les ONG, l’Etat, collectivités locales décentralisées : Mairies, et la société civile restant indifférentes n’apportent aucun soutien ni aux producteurs pris isolément, ni aux groupes de producteurs agricoles locaux. Ces producteurs en général ne disposent pas d’un accès suffisant aux moyens de productions que sont : les terres, intrants, le crédit…etc. L’activité en question est inscrite dans un processus de disqualification sociale (PAUGAM. S., 2005) et donc souffre d’une injustice car, sa tolérance symbolique en milieu périurbain ne suffit pas pour assurer une bonne vie (HONNETH. A., 2000) aux maraîchers. En outre, aucune loi ne l’autorise ni ne l’interdit.

Le problème de cette recherche se pose en termes de la valorisation de l’Agriculture Maraîchère Périurbaine(AMP), en lui offrant les moyens de se maintenir sur place. D’où la question centrale suivante : Comment l’agriculture maraîchère peut-elle contribuer à la lutte contre la pauvreté des ménages périurbains alors qu’elle est victime de nombreux stigmates qui renforcent sa dévalorisation ? Subsidiairement, 1- Quels sont les motivations des acteurs agricoles et les formes d’innovations qui caractérisent l’évolution de leur activité agricole ? 2- Quelles sont les finalités des formes de relations sociales développées au quotidien par ces maraîchers dans l’exercice de leur activité ? 3- Quelles sont les répercutions socioéconomiques de cette activité sur la vie des producteurs en dépit des contraintes caractéristiques d’une injustice qui pèsent sur celle-ci ?

L’intérêt de notre sujet est perceptible sur un triple plan. D’abord le plan pratique : Notre travail pourrait être d’un atout pour les pouvoirs publics car ces résultats pourront être utilisés non seulement dans le cadre des stratégies de développement urbain, mais aussi dans celui de l’amélioration des conditions de vie des populations citadines. Ensuite sur le plan personnel : ce travail s’inscrit dans la problématique de l’insertion socioprofessionnelle en ce ci qu’il met en exergue une autre façon de combattre toute forme de pauvreté qui frappe l’essentiel des citadins des villes des pays en voix de développement afin de limiter toute forme de déviance généralement observée dans lesdits espaces. Sur le plan scientifique en fin, cette thématique qui permettra d’enrichir la littérature scientifique, se situe au carrefour de plusieurs champs de la sociologie : sociologie de la pauvreté, sociologie du travail, sociologie économique, sociologie de l’environnement, et la sociologie du développement. L’objectif capital de cette recherche est de comprendre les implications des dynamiques socioéconomiques des activités agricoles maraîchères périurbaines sur la pauvreté. Spécifiquement, comprendre 1-les motivations des acteurs agricoles en vue de mettre en exergue les formes d’innovations qui caractérisent l’évolution de leur activité agricole ; 2-la finalité des relations sociales de ces agriculteurs ; 3-les répercutions socioéconomique de cette activité sur leur vie.

La recherche s’inscrit dans le courant constructiviste car mobilise les théories telles que l’ethnométhodologie, l’encastrement social et la théorie de la reconnaissance. Cette recherche est essentiellement qualitative et s’inscrit dans une logique inductive, combinant les données documentaires et celles de terrain. D’où l’ethnographie de terrain qui s’applique sur des entretiens semi-directifs auprès de 45 informateurs (taille de l’échantillon) obtenus suivant la méthode d’échantillonnage empirique en générale, et par réseau boule de neige en particulier, propre à l’échantillonnage de type non probabiliste. Le mémoire se structure en deux grandes parties.

La première partie :«Cadre conceptuel, méthodologie et champs spatial de la recherche», comporte trois chapitres. Le premier : « Cadre conceptuel et revue de la littérature sur les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine» : présente respectivement la définition des concepts clés, la revue de la littérature, le cadre théorique et la problématique de la recherche. Le deuxième : «Cadre méthodologique» défini l’ensemble des étapes) par lesquelles nous sommes passé pour aboutir aux résultats. Les points abordés sont : Les champs de la sociologie dans lesquels s’inscrit notre sujet de recherche ; la méthode; la logique; la population; l’échantillonnage; l’opérationnalisation du concept central ; les hypothèses; les outils de collecte ; le déroulement de la collecte de la recherche ; la méthode de traitement des données collectées et les difficultés rencontrées. Le troisième en fin : « Présentation du champ spatial de recherche (Douala 3e) et portraits sociologiques des maraîchers de Nyalla et Yassa » : Ils y sont étalés les variables relatives à la géographie, l’hydrographie, la santé, l’éducation l’économie, le milieu biophysique et le portrait sociologique des enquêtés de Nyalla et de ceux de Yassa.

Enfin, la deuxième partie : « Analyses et discussions sociologiques des résultats sur les dynamiques socioéconomiques de l’Agriculture maraîchère périurbaine dans la lutte contre la pauvreté à Nyalla et à Yassa» , est constituée également de trois chapitres. Le premier : « Motivations, innovations sociotechniques et économiques dans les pratiques agricoles périurbaines». Il met en exergue les motivations des acteurs agricoles, mais aussi, les formes d’innovations qui caractérisent l’évolution de l’activité maraîchère périurbaine. Le deuxième : « Les interactions sociales des périurbainculteurs dans l’agriculture maraîchère périurbaine» quant à lui, expose suivant la logique des Systèmes d’Échanges Locaux(S.E.L), les finalités des relations sociales développées par les maraîchers périurbains. Le troisième enfin : « Les répercutions socioéconomique de l’agriculture maraîchère sur la vie des producteurs», décortique les stratégies de vie mises en œuvre par les citadins à travers leur activité agricole pour sortir de la pauvreté 1ière PARTIE :

CADRE CONCEPTUEL, MÉTHODOLOGIE ET PRÉSENTATION DU CHAMP SPATIAL DE LA RECHERCHE SUR LES DYNAMIQUES SOCIOECONOMIQUES DE L’AGRICULTURE MARAÎCHÈRE PERIURBAINE

CHAPITRE 1: CADRE CONCEPTUEL ET REVUE DE LA LITTÉRATURE SUR LES DYNAMIQUES SOCIO- ÉCONOMIQUES DE L’AGRICULTURE MARAÎCHERE PÉRIURBAINE

Ce chapitre poursuit un quadruple objectif en ce sens qu’il y en sera question pour nous dans un premier temps de définir nos concepts clés encastrés dans notre sujet nous ayant permis de sélectionner les documents portant sur le phénomène étudié (1-1) ; dans un second temps, faire une analyse critique des travaux antérieurement effectués sur la question susmentionnée(1-2) ; dans un troisième temps, préciser l’ancrage théorique (1-3) et enfin, dégager la problématique de notre recherche scientifique (1-4).

1-1 CADRE CONCEPTUEL

1-1-1- Dynamiques socio-économiques

Le terme « Dynamique »" selon BALANDIER, G. (1971) est un mouvement, un changement, une continuité, une mutation.

Pour nous, cette dynamique est d’ordre sociale (développement, mouvement des populations) et économique (développement des activités marchandes ou économiques) à partir de divers capitaux mobilisés par celles-ci.

1-1-2 Agriculture périurbaine

La notion d’agriculture périurbaine » englobe l’ensemble des activités agricoles autour des Villes. Ainsi, c’est « celle qui se trouve à la périphérie de la Ville, quelque soit la nature de ses systèmes de productions. Avec la Ville, cette agriculture ne peut qu’avoir des rapports de mitoyennetés, soit entretenir des rapports fonctionnels réciproques. » (FLEURI. E. et DONADIEU. P, 1997).

Nous admettons que l’agriculture périurbaine désigne toute activité de production végétale à proximité de l’espace urbain pratiquée par des périurbainculteurs.

1-1-3- Les cultures maraichères

Selon HASSAN. E ., (2003) , les « cultures maraîchères » désignent « un fruit mûr ou immature, tubercules, rhizome, racine, feuille, bulbe, inflorescenceréceptacle florale, produit d’une plante annuelle, bisannuelle, pérenne, herbacée, ou ligneuse dont la longueur de la tige dépasse 2-3m, ou est au ras du sol, nécessitant la cuisson pour sa consommation, ou consommer en hors d’œuvre sans cuisson ou se présentant comme fruit de dessert.

Le terme maraîchage est en soit un secteur d’activité caractérisé par la production intensive des espèces légumières destinée essentiellement à la vente en frais tirant son origine du mot « marais » , parce que les premières cultures légumières étaient réalisées en zone de Marais bénéficiant d’un approvisionnement régulier en eau. (KANKONDE. M., etTOLLENS. E., 2001). En cela, le maraîchage est donc une partie de l’horticulture ayant pour objectif de produire des plantes et légumes condimentaires. C’est d’ailleurs pourquoi AUSTIER. V. (1994) considère les « cultures maraîchères « comme étant « La production d’un ensemble de plantes annuelles ou pérennes, arbustives ou herbacées, dans un espace agraire délimité généralement exploité de façon intensive dont la récolte est vendue en plus ou grande quantité et fournit les ingrédients entrant dans la composition des sauces ou de salades.

Les « cultures maraîchères » désignent pour nous : « les cultures de certains fruits, de certains fines d’herbes, et fleures à usages alimentaire, dans le but d’en faire un profit ou d’en vivre et survivre ».

1-1-4- Espace périurbain

En soulignant le prima de la Géographie dans la définition du concept, CADENE(2004) pense qu’il « décrit une mosaïque de village formant une sorte de troisième couronne urbanisée à la périphérie des agglomérations caractérisée par un paysage de type rural, et à ce titre bien différent de la couronne construite elle au contact direct de la banlieue dans laquelle lotissement et activités diverses ont conquis une part majoritaire de l’espace ». Il met ainsi en relief trois(03) principales caractéristiques du milieu périurbain : 1)-La population y augmente et la densité y est plus forte que dans celle des villages ruraux plus éloignés des centres urbains ; 2) Une fraction des populations qui y résident ou qui y travaillent les quittent ou les rejoignent quotidiennement ; 3) Un double marché foncier opère dans ce périurbain, celui des terres agricoles et celui des terres à bâtir.

Il est donc caractérisé par une extension discontinue de l’urbanisation qui laisse subsister de large étendu agricoles, de friches, usine, des voies de communications, sans qu’il n’existe un plan d’ensemble à cette mosaïque mi-urbaine, mi-rurale. Cet espace est donc avant tout une zone de contact entre le monde rural et l’univers urbaine, qui conserve des traits du premier tout en subissant peu à peu l’attraction du second.

Encore appréhendé comme «suburbain», «frange métropolitaine», «frange urbaine- rurale», «rurbain», «périphérie métropolitaine»,«interface périurbaine», le concept d’espace périurbain » dans notre travail désigne : « Toutes zones situées à l’extérieure de l’agglomération urbaine existante, et dans lesquels des changements importants prennent place. Il possède à ce titre deux(02) propriétés : L’agrandissement (grignote sur la campagne) ; Le rétrécissement (mangé par l’avancement de la ville).

1-1-5- La pauvreté périurbaine

La pauvreté est un sujet contemporain majeur mais ancien. Ainsi, est considérée comme pauvre toutes personnes vivant avec 1,25 Dollar par jour. (Banque Mondiale,2008). Or les réalités varient selon que l’on se retrouve dans telle ou telle société. C’est ainsi qu’au Cameroun est considérée comme pauvre toutes personnes vivant avec moins de 931 FCFA par jour. (ECAM IV ,2014). Qu’elle soit absolue ou relative la notion de pauvreté ne peut être appréhendée seulement sous l’angle monétaire et donc économique. Alors, est pauvre celui qui n’a pas les moyens de participer à la vie sociale. Cette définition intègre les variables sociales notamment : l’emploi, l’alimentation, le vêtement le logement….Etc. C’est la pauvreté disqualifiant car l’individu est dans une insécurité sociale et craint l’exclusion vue sa fragilité face au chômage (PAUGAM. S., 2005).

Ainsi, pour nous, la pauvreté périurbaine doit se lire sous la dimension socioéconomique et pour cela désigne« La situation d’un individu vivant en milieu périurbain dépourvu de ses droits sociaux (alimentation senne et disponible, et l’emploi), et donc son revenu ne lui permet pas d’assurer son bien-être vital. »

1-1-6- Marché périurbain

Du latin « Mercatus » (commerce), ce terme marché désigne dans son sens premier, le lieu où s’échange les marchandises. En économie par extension, ce terme désigne un système d’échange où se rencontre l’offre (les vendeurs) et la demande (les acheteurs).

Sociologiquement, c’est l’ensemble des règles juridiques ou informelles par lesquelles ce type d’opération économique peut se réaliser.

Nous retenons donc que le « marché périurbain » est « L’espace périphérie structurée ou non où s’effectue les échanges marchands ou non marchands plus ou moins règlementés entre les individus ou groupes d’individus. Autrement dit, les marchés se comprennent comme l’ensemble des relations sociales dans lesquelles les acteurs sociaux transfèrent des biens et services à partir des termes clairement définis lesquels résultent d’un accord entre les parties prenantes; voire des constructions sociales structurées par des réseaux sociaux.

1-2- REVUE DE LA LITTÉRATURE.

La revue de la littérature est structurée sur trois thèmes à savoir :

- Les raisons d’être de l’agriculture périurbaine ; les pratiques culturales des agriculteurs périurbains etl’impact socioéconomique de l’agriculture périurbaine. Car, ces trois sous-thèmes feront partie intégrante de notre recherche sur la question.

1-2-1- Les raisons d’être de l’agriculture périurbaine

DRAPER, C., et FREEDMAN, D. (2010). Dans «Review and analysis of the benefits, purposes, and motivations associatedwithcommunitygardening»proposent de recenser les bénéfices attendus, les objectifs et les motivations liés au jardinage associatif auxÉtats-Unis de 1999-2010. Ils identifient onze fonctions associées aux jardins dans la littérature récente : les bénéfices pour la santé, l’approvisionnement alimentaire et la sécurité alimentaire, le développement économique, l’éducation des jeunes, la préservation des espaces ouverts, la prévention des crimes, l’embellissement des quartiers, les aspects récréatifs, les moyens d’expressions et la préservation d’identité culturelle, les interactions sociales et l’organisation et la mobilisation des communautés(DRAPER . C et FREEDMAN. D., 2010). Ces auteurs concluent alors sur l’intérêt des jardins associatifs comme « agent de changement ». Or cette bibliographie qui met l’accent sur les jardins associatifs comme outil de changement prend peut en compte les acteurs qui attribuent ses fonctions aux jardins. C’est le point de vu des jardiniers sur les fonctions que remplissent leurs jardins qui nous importe.

Dans l’article « Multifonctionnalité de l’agriculture urbaine ; perspective de chercheurs et de jardiniers », de DUCHEMIN, E. (2013) menés dans les jardins communautaires de MONTRÉAL à partir des questionnaires et des entretiens l’auteur montre que les motivations évoquées par les jardiniers eux-mêmes sont en premier lieu le « plaisir de jardiner » (raison très importante pour 72% des jardiniers) et en second lieu « la possibilité de produire des aliments frais et de proximité « (raison très importante pour 60% des jardiniers). Cependant, dans son ouvrage La ville en Afrique noire ELA J.M. (1983) constatant l’existence d’une agriculture dans les villes des PVD conclue que les raisons d’être de l’Agriculture Urbaine et Périurbaine(AUP) vont un tout petit peu au-delà de celles susmentionnées en ceci qu’elle a une portée économique accessoire et secondaire. Mais, pour nous, les réalités varient selon que l’on se retrouve dans telle ou telle société. Dès lors, il serait difficile que dans lesvilles des Pays en Voies de Développement(PVD) la raison d’être de l’Agriculture Périurbaine (AP) soit uniforme ! D’ailleurs, cette activité agricole en question peut constituer l’activité principale de certains citadins au point où ceux-ci peuvent en faire une activité socioprofessionnelle.

Les études de YAKOUBA C. (2011) dans une perspective constructiviste, et suivant la méthode qualitative sur un échantillon de 45 individus montrent que dans la zone d’extension du secteur 15 de l’arrondissement de DAFRA , la « précarité sociale des ménages auxquels appartiennent les producteurs » est la principale raison notamment le manque de ressources financières ou la pauvreté, qui pousse les citadins à pratiquer l’agriculture périurbaine en ce sens que « ce n’est donc pas de guetté de cœur pour cette catégorie de producteurs de s’adonner à l’agriculture pendant la saison pluvieuse, mais plutôt par nécessité ». Même-si les propos de l’auteur semblent s’accommoder avec la réalité doualaise, il convient de mentionner qu’à Douala, les populations ne cultivent pas seulement en saison des pluies car l’on y observe aussi des cultures de contre-saison. Dans ce sens, les citadins investies dans le maraîchage de contre-saison, veulent éviter des temps libres toute l’année, mais aussi, disposer en permanence des cultures agricoles afin de pouvoir à tout moment satisfaire autan que faire ce peu , la demande alimentaire périurbaine, intra-urbaine, et urbaine. C’est dans cette logique que, l’individu en exerçant ce type d’activité, a un but économique à atteindre. L’APest donc l’expression d’un malaise économique. Cependant, certains citadins en plus de rechercher les revenus comme susmentionnés par ces derniers, peuvent aussi rechercher leur autonomie alimentaire en ce sens que pour la plupart des cas, les producteurs agricoles périurbains sont d’abord les premier grands consommateurs de leurs propres produits agricoles.

Si ces études ont eu pour mérite d’avoir décrit ceux pourquoi les activités agricoles doivent exister en périphérie des villes, elles sont restées limitées en ce ci qu’elles ne prennent pas suffisamment en compte les raisons individuelles qui poussent les citadins de Nyalla et ceux de Yassa à se lancer dans l’activité agricole maraîchère dans leur propre localité ; ni les spécificités et réalités de chaque société car dans ces deux espaces d’études par exemple, le maraîchage ne se pratique pas uniquement en saison de pluies et les citadins doualais ne recherchent pas uniquement le revenus mais aussi leur autonomie alimentaire afin de sortir de leur situation double de pauvreté monétaire et de pauvreté alimentaire.

1-2-2- Les pratiques culturales des agriculteurs périurbains

ROBIN , C (2011) travaillant sur les maraîchers des murailles à Istanbul, a montré à partir d’une approche qualitative que les citadins cultivent des végétaux utiles(des petits fruits, légumes…etc.) sur des terrains clos dont la taille moyenne est de 1a. Il montre comment la

« rotation des cultures » a permis aux cultivateurs urbains de cultiver une diversité d’espèces afin de disposer des légumes frais toute l’année. Il montre comment pour améliorer leurs productions, les maraîchers combinent les méthodes traditionnelles (autoproduction des semences, échange des graines et des savoir-faire entre les jardiniers, utilisation du calendrier agricole annuel, du fumier et un outillage traditionnel : plantoir, transplantoir, binette, pioche…etc.) Et celles modernes (moto bèche, pulvérisateur à pression préalable, pompe à diesel, irrigation goute à goute, culture sous serres, utilisation d’intrant chimique. Il conclu que ses agriculteurs périurbains s’attachent plus aux méthodes traditionnelles que modernes. En cela, nous pensons que l’on observera moins les initiatives innovatrices de ceux-ci. De plus, la disponibilité des aliments toutes l’année comme le mentionne l’auteur ne peut se limiter à la seule technique de rotation des cultures car, ils existent des agriculteurs périurbains qui optent plutôt pour la polyculture afin d’avoir à tout moment des cultures agricoles. Ces travaux quoi qu’intéressants dans notre étude, ne prennent pas en compte les spécificités d’autres sociétés tant du point de vu de la surface mise en culture, que des techniques culturales déployées par les citadins. C’est ainsi que nos observations nous permettrons de montrer que les agriculteurs de la ville de Douala pratiquent une agriculture de plein champs dont la superficie est comprise entre 0,13ha à 1ha. D’ailleurs DOVERGNE S. (2011) montre que l’AP se pratique sur les espaces dont la taille moyenne est de 03 a. De plus, nous montrerons comment des agriculteurs de la ville de Douala malgré leur situation de pauvreté, sont pour la pluparts formés aux pratiques agricoles via leurs réseaux de relations sociales qu’ils développent et par conséquent, n’utilisent que des techniques novatrices pour accroitre leurs productions agricoles ; en cela, l’AP deviendra un espace d’innovation.

KANDA, M., et al. (2013) ont effectué des études sur l’analyse des pratiques, attitudes, et les connaissances des maraîchers togolais par rapport à la problématique de l’utilisation des produits phytosanitaires. Ainsi, dans cinq régions administratives du Togo suivant la méthode des enquêtes individuelles, et les discutions de groupes, (focus group), sur un échantillon de 297maraîcher, ils ont montré comment la dégradation continue des conditions de vie des citadins pauvres a conduit ces derniers à pratiquer l’activité agricole notamment le maraîchage en milieu périurbain afin d’améliorer leur condition de vie. Ces auteurs montrent comment pour répondre à une demande croissante et atteindre des niveaux de productions économiquement viables, 98% des maraîchers utilisent les produits phytosanitaires(fongicides, pesticides…etc.) contre les phytophages, les attaques parasitaires et les maladies fongiques. Ils soulignent également que ces maraîchers ne sont pas pour la plupart formés et par conséquent ne maitrisent ni le dosage, ni la période de traitement des plantes. Ainsi, cela révèle pour nous de faibles connaissances techniques des producteurs sur les produits phytosanitaires et leur usage. D’où les pulvérisations seront réalisées de manière aléatoire, (doses, méconnaissance des délais d’utilisation avant récoltes). Toutefois nous pensons que l’introduction des produits phytosanitaires dans le souci d’un bon rendement participe des pratiques novatrices dans le maraîchage cependant, le manque de précautions à leurs emplois, peut créer des effets néfastes sur l’environnement, non seulement au niveau local mais beaucoup plus général par transfert jusqu’à la mer par les cours d’eaux. Dès lors, on assistera alors à des pollutions multiples (pollution des sols, pollution des eaux, pollution des cultures, pollution de l’air…). Dans cette logique, comme le souligne LEMOUOGUE , J., et al.(2007) cette façon de faire comporte des risques sanitaires pour les populations consommatrices de ces produits. Or, certains périurbainculteurs avant de traiter les cultures en champs, s’assurent du dosage, et de la période à laquelle il faut effectivement prévenir ces cultures là de diverses maladies. Pour ce faire, ils consultent toujours l’emballage des produits avant toute composition de la solution chimique qui effectivement, permettra de protéger les dites cultures en champs. Mais, l’accroissement du rendement agricole ne passe pas nécessairement par l’utilisation des produits chimiques ; car à côté de ceux-ci, l’on a des Déchets Solides desquels sont issus des déchets organiques (composte) qui remplissent plus ou moins les mêmes fonctions que les produits phytosanitaires. C’est d’ailleurs dans cette logique que SODAMENOU J. (2005) ; 2010) en dressant la typologie des acteurs impliqués dans l’AUP (hommes, femmes et enfants), pense que les déchets organiques (DO) doivent permettre de renforcer le système de production agricole futur au sein des exploitations ; car ils préservent non seulement les ressources naturelles de l’exploitation, mais protègent le sol et l’environnement contre toute dégradation pour les générations présentes et futur.Cependant, la combinaison des engrais organiques et chimiques peut également jouer les mêmes fonctions et partant, augmenter le rendement agricole aussi.

Ces travaux quoi qu’intéressants ne montrent pas comment les maraîchers périurbains font pour se procurer les intrants et les fertilisants nécessaires pour accroitre la production maraîchère chose que nous tenterons de démontrer en mettant en exergue les finalités des relations sociales que développent ces maraîchers dans l’exercice de leur activité quotidienne

1-2-3- Les impacts socioéconomiques de l’agriculture périurbaine

Selon MOUSTIER et PAGES. J., (1997) l’AP joue un rôle d’approvisionnement des villes en denrées alimentaires (légumes, fruits…), crées des revenus et participe à l’amélioration du cadre de vie à travers le recyclage des déchets. Cependant, nous notifions que son développement pose des contraintes spécifiques notamment l’accès à la terre et aux intrants agricoles en milieu périurbain. Car, de nos jours, l’on observe de plus en plus une diminution voir une disparition progressive des espaces agricoles dans le périurbain en ceci que la priorité est de plus en plus donnée aux battis lesquels sont mises en valeur pour des besoins autres qui n’ont rien à voir avec le domaine agricole périurbain. Ce qui conduit à la raréfaction desdites terres qui sont même pour la majorité des cas loin de la portée du citadin lambda.

NGUEGANG P, A. (2008) a pu montrer que l’AP est une activité montante en économie de survie. En effet la caractérisation de cette activité agricole a mis en évidence une interaction entre les catégories d’acteurs, les types d’espaces, les types de cultures, les produits obtenus et les revenus moyens générés (1950 par jour pour chaque producteur. Il ressort de l’analyse des résultats que cette forme d’agriculture emploi près de 2000 personnes, pour la plupart les jeunes, et, surtouts des femmes, dont la moyenne d’âge est de 35 ans. De même, une étude a été réalisée autours de Garoua et N’Gaoundéré. Les résultats montrent que la production maraîchère essentiellement pratiquée par les allogènes d’origines diverses, est importante et occupe plus de 500 familles tout au long de l’année et que les femmes sont plus impliquées dans ce système de production (NCHOUTNJI et al, 2009.) Les auteurs distinguent trois types de producteurs : les pluriactifs, les itinérants et les saisonniers sédentaires. Ceci dit, les exploitations familiales agricoles et les activités de transformation créent donc de milliers d’emplois pour les jeunes.

Ces résultats sont certes importants mais, les auteurs en question ne montrent pas comment les producteurs et citadins employés dans les exploitations agricoles améliorent leur condition de vie. Nous voulons dire qu’en quoi cette activité maraîchère concoure-t-elle à lutter contre la pauvreté périurbaine que vivent lesdits citadins ?

D’après l’article Amap : des légumes et du lien social de MUNDLER P. (2015) effectués en France. L’activité agricole maraîchère a conduit les agriculteurs périurbains et les consommateurs de se regrouper en un mouvement qu’il nomme AMAP. Pour lui, ce mouvement permet de rapprocher les producteurs et consommateurs non seulement en raccourcissant les circuits de commercialisations, mais en construisant des échanges équitables, des relations de proximités, de la confiance et de la convivialité et partant renforcer les liens sociaux entre les producteurs et consommateurs périurbains. A en croire l’auteur, l’AUP es une activité qui favorise l’émergence de nouvelles formes de solidarité socioéconomiques et une participation civique accrue surtout lorsqu’elle est pratiquée dans un cadre collectif. Ceci étant, l’organisation collective permet la création des économies externes. (TAMPLE L et al, 2008) Cette formes d’organisation est institutionnalisée par la création des Groupes d’Initiatives Commune (GIC) qui ont souvent des objectifs multiples, leur degré de fonctionnalité étang très hétérogène et l’ensemble des membres appartenant à un même lignage Ainsi, selon TAMPLE. L et al, (Op Cit) 31,7% des agriculteurs interrogés dans les zones périurbaines de Yaoundé, appartiennent à ces GIC dont chacune d’elle regroupe en moyenne 13 membres qui sont presque exclusivement des maraîchers. Ils pensent que leur action vise à coordonner les décisions dans l’aménagement des bas-fonds et de construire des connaissances collectives sur l’écosystème localisé. Par ricochet, nous remarquons que cette manière de faire collectif limite le recoure à une main-d’œuvre extérieure ; participe aussi à la formation des connaissances et de savoir-faire partagés sur des opérations techniques ciblées. Ces auteurs montrent comment les actions collectives dans la commercialisation se réalisent par des coordinations entre agriculteurs pour réaliser l’approvisionnement des marchés restaurant le lien entre producteurs et consommateurs. Le lien social est donc placé au cœur de cette manière de s’organiser pour pratiquer l’activité et écouler sur les marchés périurbains et urbains les produits maraîchers. Sauf que nous ne travaillons pas sur les organisations agricoles périurbaines mais, sur la part de l’activité agricole dans l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs périurbains, laquelle activité peut induit le regroupement de certains producteurs agricoles en association.

Une étude de DONGMO. T. et al (2005) montre que l’AP a au moins trois impacts principaux sur les moyens de subsistances des pauvres dans les zones urbaines et périurbaines. 1)-la production des denrées agricoles commercialisables qui procurent des emplois et des revenus supérieurs au salaire minimum mensuel des fonctionnaires à travers la commercialisation des produits maraîchers dans les marchés périurbains par des revendeurs qui achètent au près des producteurs ; 2-la consommation des produits agricoles augmente la quantité de nourriture disponible luttant ainsi contre l’insécurité alimentaire dans le ménage ;

3-la proximité des marchés permet aux producteurs d’économiser les coûts de transports et réduire le nombre d’intermédiaires. Mais, l’auteur oublie qu’ils existent certains individus qui pratiquent en plus de l’agriculture d’autres activités au-dessus de celle-ci dont la somme des revenus leur permet de subvenir à leurs besoins quotidiens. De plus, la réduction du nombre d’intermédiaires est aussi liée au fait que certains producteurs agricoles développent plus la vente sur place.

TEFE, T, R. et YOMB J. (2016) travaillant sur les pratiques de l’agriculture intra- urbaine, mettent en exergue les impacts socioéconomiques de l’agriculture sur la ville de Douala. A partir d’une approche ethnographique et une perspective constructiviste, sur un échantillon de 80 agriculteurs urbains, ils montrent comment dans un contexte de pauvreté, d’exode rural et d’augmentation sans cesse de la population urbaine, l’agriculture intra- urbaine (maraîchage, vivrière, et la floriculture) pratiquée dans la ville de Douala a une triple utilité(sociale, économique et environnementale). Mais, ils déplorent le fait qu’elle ruralise la ville en ceci que l’encadrement de cette activité fait défaut, la ville de Douala n’étant pas vouée aux activités agricoles d’autant plus que pour eux, les agriculteurs urbains ignorant les dangers divers utilisent des eaux et déchets issus des industries pour exercer ladite activité qui impacte négativement sur la santé des populations consommatrices de ces produits agricoles, mais aussi, qui rétrograde une zone qui se veut urbaine. Pas absolument ! Car de nos jours, bon nombres d’agriculteurs urbains/périurbains sont formés à travers diverses séminaires, conférences et échanges avec divers acteurs professionnels en agriculture par conséquent, utilisent de façon responsables des techniques culturales et l’outil nécessaire pour exercer leur activité agricole qui pour certains citadins représente leur occupation professionnelle définitive. De plus, l’activité ne saurait rétrograder la zone urbaine mais plutôt, contribuer au développement d’une ville durable de par sa multifonctionnalité.

Cette littérature nous a permis de saisir les raisons d’être et pratiques de l’AP, l’impact de l’AP sur les conditions de vie des citadins dans des villes aussi bien du Nord que celles du Sud, mais, ne montre pas explicitement les motivations des acteurs agricoles de Nyala et de Yassa ; comment les mêmes font pour acquérir les connaissances et compétences agricoles typiquement maraîchères lesquelles connaissances couplées au mode d’organisation du travail agricole leur permettent d’optimiser le rendement agricole ; ni les finalités de leur relation qu’ils nouent avec divers acteurs dans leur activité agricole ; ni comment les producteurs citadins des cultures maraîchères de Nyala et de Yassa orientent et utilisent les ressources issues de leur activité quotidienne pour sortir de leur situation de pauvreté, c’est-à- dire les différents usages qu’ils font des retombées de leur activité agricole maraîchère périurbaine, choses que nous tenterons de démontrer dans cette recherche.

1-3- CADRE THÉORIQUE

La saisie de tout phénomène passe au préalable par la construction dudit phénomène. GRAWITZ. M., (2001 ) en exprime la nécessité lorsqu’elle affirme : « La nécessité de l’expérience est saisie par la théorie avant d’être découverte par l’observation «Compte tenu de cette nécessité, l’étude engagée sur « Les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine dans la lutte contre la pauvreté » s’inscrit dans un cadre théorique ayant pour particularité de privilégier un point de départ microsociologique et une démarche ethnographique ce qui nous pousse à parler d’une « sociologie plus proche des acteurs » : l’ethnométhodologie, la théorie de l’encastrement social et la théorie de la reconnaissance toutes rangées dans la sociologie contemporaine en générale et spécifiquement, dans le courant constructiviste .

1-3-1- La théorie de l’ethnométhodologie

L’ethnométhodologie désigne l’étude des « ethnométhodes », c’est-à-dire les règles de conduites, tout ce qui les constitue et tout ce que les gents utilisent de façon naturelle et implicite dans leur quotidien. (LAPASSADE. G., (2001) C’est donc l’étude des pratiques courantes des membres, vécues dans le quotidien, par l’analyse des rationalisations insérées dans leur agir et leurs discours tant réflexifs qu’interprétatifs.

Par l’ethnométhodologie, GARFINKEL. H. (2008) instaure des ruptures entre sa conception du réel et celles des scientifiques qui l’ont influencé. Ainsi, les actions sociales ne sont plus considérées comme normatives mais comme des constructions toujours inachevées qui se transforment tout au long de l’interaction en cours utilisant des règles cachées lors de leur construction. Cette théorie selon lui étudie l’action sociale dans son processus de construction. Le réel est donc le résultat de la construction de l’individu. Elle accorde aux membres toutes compétences dans l’élaboration de leur quotidien en insérant dans la construction du réel l’évolution du sujet et sa propre construction. Cette approche tente selon lui, d’étudier des phénomènes sociaux intériorisés dans les discours et dans les actions à travers l’analyse des activités humaines. Ainsi elle étudie donc les méthodes et savoirs des sens communs utilisés par les gents pour gérer leur pratique quotidienne. Ces activités quotidiennes en tant que méthodes des membres selon GARFINKEL. H.,(1967) sont utilisées pour les rendre visiblement rationnelles et rapportables pour tout but pratique . Il pense que le monde social est composé de significations et de vision partagée du monde. La posture théorique vise donc à savoir comment les acteurs produisent leur monde et quelle règle les engendre. Il pense aussi que seules les actions individuelles peuvent être comprises en référence au contexte dans lequel elles se produisent. En cela, et pour lui, l’ethnométhodologie se préoccupe des processus par lesquels les individus acquièrent les perspectives culturelles de leur société d’appartenance et les utilisent dans la vie quotidienne. Selon l’auteur, l’ethnométhodologie a été mise au point pour s’informer sur le mode de vie des personnes et comprendre leur monde sociale. Elle se concentre plus sur l’interaction individuelle et au sein des petits groupes plutôt que sur le groupe social de grande taille. Elle accorde donc une importance aux membres des organisations sociales, à ce qu’ils font (moins à ce qu’ils disent). Selon GARFINKEL. H., l’entrée des membres dans les processus sociaux ne se fait pas de manière passive car les acteurs ne doivent pas être d’après lui considérés comme des « idiots culturels », « hyper conformistes » et intériorisant passivement les normes sociales préétablies et faiblement réflexives.

Dès lors, et ethnométhodologiquement, le quotidien des acteurs devient une auto- organisation ; l’agriculture maraîchère est le fruit de l’imagination sociale des citadins non

« hyper conformistes » impliqués dans cette activité. L’action pratique des agriculteurs pris individuellement ou collectivement met donc en exergue leurs interactions agricoles ordinaires et leurs méthodes de raisonnements agricoles pratiques. Ainsi, analyser empiriquement les motivations et les savoirs et savoir-faire pratiques que les acteurs citadins engagés dans l’activité agricole maraîchère mettent en œuvre pour réaliser ce qu’ils ont à faire dans leur vie quotidienne y trouve sa place. Par conséquent, l’agriculture maraîchère devient le vécu quotidien et donc un mode de vie, une activité ordinaire de tout les jours des citadins la pratiquant en ceci que de par cette activité, les agriculteurs périurbains au regard de leur situation précaire et de pauvreté se refusent d’être considérés comme des idiots culturels c’est- à-dire subir ex facto ce que leur offre la société urbaine/périurbaine. Ainsi, pour atteindre leur fin, ils développent individuellement ou collectivement en fonction de leurs ressources des techniques culturales différentielles, lesquelles techniques constituent leurs ethno méthodes en tant que membre d’un ethnos (groupe), partie intégrante de la société périurbaine. En d’autres termes, les procédés ordinaires et ingénieux… que les membres de ce groupe utilisent, en les considérant comme connus, et allant de soi, pour l’accomplissement continu des activités concertées notamment celles agricoles de la vie quotidienne en milieu périurbain.

Toutefois, la théorie quoi qu’intéressante, ne peut nous permettre d’analyser les finalités des relations sociales développées par les maraîchers dans l’exercice de leur activité d’où le recourt à la théorie de « l’encastrement social ».

1-3-2- La théorie de l’encastrement social

La notion d’encastrement social utilisée par GRANOVETTER .M. signifie que le comportement et l’action économique sont socialement construits par le réseau des relations sociales courantes au sein duquel les acteurs sont insérés. GRANOVETTER.M.(1985 ; 2000). Il profile les actions économiques comme « encastrées au sein des réseaux de relations personnelles qui placent les individus en contact les uns les autres » GRANOVETTER.M., (2000). Ce sont donc les relations sociales qui régissent les dynamiques économiques agricoles dans l’espace périurbain. Ainsi, le jeu des rapports sociaux trouvent sa complexité dans les réseaux sociaux. Cependant, GRANOVETTER .M. (2000) préfère les liens lâches à ceux intenses et closes sur eux-mêmes. Pour lui, les individus entretiennent les relations personnelles, tissent des liens d’amitiés, et de fidélité suffisamment récurrents pour qu’il soit possible de reconstituer la structure globale du réseau de relations qui parcourent le marché.

Ainsi, selon GRANOVETTER.M., « il est moins important d’être fortement inséré dans un réseau que d’avoir accès par des liens faibles, à plusieurs réseaux. Des liens faibles jettent en effet le pont entre les réseaux et s’avèrent pour cette raison décisive. En disant cela, il remet en cause les postulats de la théorie économique standard selon lesquelles un marché est l’émanation des choix rationnels des individus considérés comme indépendants ». GRANOVETTER.M. fait en effet la distinction entre d’une part réseau à lien fort ou serrés où l’information est conservée dans des cliques caractérisées par des connivences et une forte confiance, et, d’autre part, les réseaux à liens faibles ou mi- serrés qui permettent de connecter une pluralité d’acteurs.

L’analyse des finalités des relations sociales des acteurs impliqués dans l’exercice de l’activité agricole maraîchère périurbaine est dès lors le moyen de prospecter les formes d’encastrement ou autrement dit, d’inscription des logiques économiques dans le jeu des rapports sociaux qui les façonnent en les dynamisant. En nous inspirant de cette note théorique, nous tentons de montrer comment l’approche par les Systèmes d’Echange Locaux(SEL) peut rendre explicite les dynamiques d’une agriculture périurbaine qui résiste à la male urbanisation. Spécifiquement nous tenterons de montrer comment pour quels bien, avec qui, où et comment peuvent se dérouler les échanges (formes de relations sociales développées par les acteurs de la filière maraîchère) afin de saisir les finalités des échanges dans le maraîchage.

Cependant, la théorie semble limitée en ceci qu’elle ne nous semble pas pertinente pour analyser les stratégies(modes d’utilisation des ressources) que les maraîchers mettent en place pour améliorer leur conditions de vie en dépit des contraintes qu’ils subissent ; d’où le recourt à la théorie de la « reconnaissance ».

1-3-3- La théorie de la reconnaissance

HONNETH.A.,(2001) soutient que «la théorie de la reconnaissance » prenant pour objet les déchirements du réel social, désigne une attente fondamentale, un besoin subjectif qui, en se qu’il est fondamental, relève d’une anthropologie philosophique : le besoin de reconnaissance est en effet l’une des caractéristiques de ce que l’on peut nommer une nature humaine, à condition d’ajouter que la nature humaine est toujours inter-subjectivement et socialement constituée. C’est donc un acte performatif de confirmation intersubjective par autrui des capacités et des qualités morales que se prêtent les individus, des sujets ou des groupes ancrés dans un monde social vécu. Ainsi, il s’agit du rapport intéressé à soi-même, aux autres et au monde. L’auteur entreprend toutefois d’expliquer la dynamique sociale et de bâtir un modèle en mesure d’évaluer le degré de reconnaissance qu’une société donnée rend et (devrait rendre possible). HONNETH .A.(2000) pense que le concept de « reconnaissance » apparait comme inséparable d’une lutte comprise non pas en terme d’intérêts biologiques ou matériels pour la conservation de soi, mais, comme un processus de formation du rapport pratique à soi à travers des attentes de reconnaissance formulée à l’égard d’un autrui approbateur.

Ainsi, La thèse d’HONNET .A à laquelle il aboutit est en effet que les attentes de reconnaissance sont intimement liées au processus de socialisation. D’après lui, c’est parce que le rapport positif à soi étant inter-subjectivement constitué dans des rapports de reconnaissance, qu’il est également inter-subjectivement vulnérable et en attente de confirmation. Sur la base de cette idée HONNETH distingue différentes formes d’attentes de reconnaissance elle-même liée à différents types de rapports positifs à soi acquis à travers différentes formes de socialisation. L’ensemble de nos rapports à autrui est traversé par les attentes de reconnaissance. Raison pour laquelle nous restons toujours en attente de reconnaissance dans les interactions sociales. (HONNETH.A., 2001).

Il met en rapport trois formes de reconnaissances avec trois formes de rapports positifs à soi, eux-mêmes distribués dans trois sphères sociales.

- La sphère de l’amour et de l’amitié : l’idée est que seuls les liens affectifs qui unissent une personne à un groupe restreint lui confèrent cette confiance en soi sans laquelle elle ne pourra participer avec assurance à la vie. Il pense donc que la reconnaissance affective est restreinte au cercle familial : l’individu par l’amour qu’il reçoit, voit ses besoins concrets reconnus.
- La sphère légale ou juridico-politique : un individu est reconnu sujet porteur de droit s’il peut envisager ses actes comme une manifestation de sa propre autonomie, respectée de tous, lui permettant de parvenir au respect de soi. Cette sphère est en conflit permanent pour savoir qui est inclut dans le système des droits légaux, qui en est exclu.
- La sphère de la considération sociale ou de marché : c’est grâce à elle que la personne éprouve l’estime de soi car elle se voie reconnue dans les valeurs qu’elle promeut qui contribuent aux fins éthiques que s’assigne la société. C’est là que les groupes minoritaires revendiquent leur culture comme fermant de richesses dans les liens sociaux qui se nouent entre chacun des membres de la société.

HONNET postule que: i) le sujet de l’action n’existe qu’à condition d’être reconnu (il n’est pas de sujet moral ou pratique dont la valeur n’est d’abord été confirmée par les autres ; et) ii) La nécessité d’être reconnue prend sa source dans l’expérience du mépris, c’est-à-dire dans l’expérience fondatrice d’un manque de reconnaissance.

Il pense que dans un monde sociale vécu donné, des individus, des sujets et des groupes se prêtent des qualités et des capacités morales, X ou Y inter-subjectivement constitués, sous couvert de la confirmation performative, c’est-à-dire de la reconnaissance, par autrui de ces mêmes propriétés pratiques. Alor, pour lui, toutes institution doit satisfaire des attentes de reconnaissance indépendantes d’elle.

Ainsi, sous l’impulsion d’expérience vécu Dun déni de reconnaissance les luttes pour la reconnaissance se déclinent à travers des attentes normatives qui visent à rétablir l’identité morale blessée en élargissant l’espace de reconnaissance circonscrit par le monde sociale vécu.

Selon HONNET (2006), ces attentes de reconnaissance peuvent après coût faire l’objet d’une « grammaire morale des conflits sociaux ».

Le déni de reconnaissance peut induire sentiment d’injustice, et lutte collective contre l’injustice en chacune des trois sphères de reconnaissance susmentionnée. Ainsi, ces sphères institutionnalisées définissent également des formes particulières de dénis de reconnaissance (qui peut être dépréciative : reconnaissance dévalorisante, disqualification, et stigmatisation ; voir la reconnaissance décalée : la méconnaissance et l’invisibilité ; et enfin la reconnaissance insatisfaisante), dont A.HONNETH (2000) s’emploie à montrer qu’elles sont au cœur de l’expérience de l’injustice. Ainsi, ces expériences négatives apparaissent comme de « tendances pathologiques du social ».

Par ricochet, les déchirements sociaux induisent les pratiques agricoles maraîchères en milieu périurbains, et conduisent les agriculteurs périurbains vers une porte d’entrée dans la sphère sociale périurbaine.

Ainsi, l’agriculture maraîchère comme toutes les autres activités en milieu périurbain devient une nature humaine en ceci qu’elle est inter subjectivement et socialement constituée. Dès lors, les acteurs impliqués dans le maraîchage développent des interactions spécifiques à leur activité agricole dont la finalité se résume à une attente de reconnaissance de ladite activité. Ainsi, les liens affectifs caractéristiques du lien social qu’engendre cette activité agricole débouche sur la confiance mutuelle, d’amour et d’amitié entre les acteurs impliqués dans cette forme d’activité sans lesquelles ils ne pourront participer avec assurance à la vie. De plus, pratiquer l’agriculture en milieu périurbain signifie que ceux des acteurs qui y sont impliqués font la promotion d’une nouvelle valeur dont la finalité est la recherche de la considération sociale.

Or, la panoplie de contraintes auxquelles les agriculteurs font face est l’expression même d’un déni de reconnaissances de leur activité. Cette théorie nous permet de comprendre en vue d’interpréter comment les individus (citadins) exclus du marché de l’emploi formel luttent pour leur insertion dans la sphère sociale en développant des activités spécifiques (agriculture maraîchères) constituant pour eux une stratégie de lutte contre la pauvreté périurbaine. Autrement dit, comment cette activité peut permettre de lutter contre l’exclusion des acteurs de la production agricole maraîchère fragilisée économiquement et socialement.

1-4- PROBLEMATIQUE

Les grandes villes du Cameroun connaissent des taux de croissances moyens de l’ordre de 6% par ans (GOCKOWSKI .J. 2002). Cette croissance est en partie due aux phénomènes de migration de jeunes vers les centres urbains.

Ce flux migratoire a eu outre des implications démographiques, des externalités négatives sur l’emploi et la gestion des ressources disponibles.

Selon le Directeur Général(DG) de la Direction des Études de la Planification des investissements et du Développement Durable(DEIPDD), 60% du tissu urbain de Douala est habité par des populations pauvres dont le revenu avoisine treize milles (13.000) FCFA par moi.

Au niveau socioculturel, de mouvements de va-et-vient entre campagne et ville ont induit des pratiques agricoles différentes et des regroupements régionaux par affinité.

Aujourd’hui le chômage menace les grandes villes camerounaises, de nombreux retraités disposent de maigres pensions, le coût des denrées alimentaires très élevé sur les marchés urbains et périurbains, de nouvelles activités productives de revenus apparaissent, les vendeurs itinérants se multiplient et font de moins en moins de recettes, les migrants en provenance des contrés rurales continuent d’affluer. Ces mouvements de va-et-vient entre ville et campagne deviennent fréquents.

En réponse à cette maladie sociale et locale, on voit se développer une production agricole autoconsommée et commercialisée, à la périphérie de la ville de Douala appelée agriculture périurbaine. Des acteurs très divers, en terme socioculturel ou économiques sont impliqués dans les activités de production et de commercialisations de ce système de production : jeunes déscolarisés (qui n’ont pas de formation spécifique), femmes avec ou sans autres sources de revenus, fonctionnaires déflatés., Cette forme d’exploitation du milieu périurbain représente un enjeux majeur en terme d’emploi, de scolarisation des enfants, de cadre de vie, de gestion des déchets et d’approvisionnement des centres urbains (marchés urbains ) voir des ménages périurbains et urbains en produits frais MOUSTIER (1990).

Ainsi, l’importance des activités agricoles notamment pour les familles les plus pauvres justifie la recherche d’arbitrage entre les différentes formes d’utilisation de l’espace ; car le maraîchage mené à la périphérie des villes camerounaises notamment Douala est multifonctionnel en procurant aliments, revenus et emploi aux producteurs et familles périurbains et urbains.

Cependant, ces externalités positives de ladite activité semblent être peux connues et reconnues car priorité aux cultures de rente (cacao café…Etc.) et aux bâtis !

De plus, les ONG, l’Etat, collectivités locales décentralisées : Mairies, et la société civile restant indifférant n’apportent aucun soutien ni aux producteurs pris isolément, ni aux groupes de producteurs agricoles locaux.

Ces producteurs en général ne disposent pas d’un accès suffisant aux moyens de productions que sont : les terres, intrants, le crédit…etc. L’activité en question est inscrite dans un processus de disqualification sociale (PAUGAM.S.,2005) et donc souffre d’une injustice car, sa tolérance symbolique en milieu périurbain ne suffit pas pour assurer une bonne vie (HONNETH. A.,2000) aux maraîchers. En outre, aucune loi ne l’autorise ni ne l’interdit.

Par conséquent, le problème de cette recherche se pose en termes de la valorisation de l’AMP en lui offrant des moyens de se maintenir sur place.

Au regard de cette hauteur, les interrogations suivantes sont formulées pour asseoir notre problématique. Comment l’agriculture maraîchère peut-elle contribuer à la lutte contre la pauvreté des ménages périurbains alors qu’elle est victime de nombreux stigmates qui renforcent sa dévalorisation ? Subsidiairement, 1- Quels sont les motivations des acteurs agricoles et les formes d’innovations qui caractérisent l’évolution de leur activité agricole ? 2- Quelles sont les finalité des formes de relations sociales développées au quotidien par ces maraîchers dans l’exercice de leur activité ? 3- Quelles sont les répercutions socioéconomiques de cette activité sur la vie des producteurs en dépit des contraintes caractéristiques d’une injustice qui pèsent sur celle-ci ?

Ce chapitre ainsi décliné et fixé, abordons à présent le chapitre suivant portant sur la méthodologie de notre recherche scientifique. Laquelle méthodologie nous permettra de mieux éluicider notre démarche. Cette démarche méthodologique qui sera explicitée dans le chapitre suivant conditionnera la qualité et la nature de nos données et partant nos résultats qui in fine, ne seront compris et appréhendés que dans l’enchevêtrement de ladite démarche méthodologique sociologique.

CHAPITRE 2 : CADRE MÉTHODOLOGIQUE

En fonction des objectifs qu’il s’est fixé et émettant le vœu de parvenir à une connaissance scientifique, le chercheur en sciences sociales doit dès lors adopter une démarche scientifique qui passe par l’élaboration d’un dispositif méthodologique qui sied avec ses ambitions. Dans cette optique, L’objet de ce chapitre est de décrire la méthodologie ayant permis d’arriver aux résultats de cette recherche. Il s’agit de l’ensemble des méthodes d’approche des dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine. Lesquelles méthodes nous aident non seulement à comprendre les résultats de notre recherche scientifique mais, aussi le processus qui y a conduit. La méthodologie s’articule autour des points suivant :les champs sociologiques de la recherche (2-1) ; la méthode et la logique de la recherche (2-2) ; la population d’étude de la recherche (2-3) ; la justification du choix du lieu de la recherche et l’échantillonnage de la recherche (2-4) ; l’opérationnalisation du concept central du thème de la recherche (2-5) ; les hypothèses de la recherche (2-6) ; les outils de collecte des données de la recherche (2-7) ; déroulement de la collecte(2-8) ; la méthode de traitement des données collectées (2-9) et enfin, les difficultés rencontrées au cours de la recherche(2-10).

2-1- LES CHAMPS SOCIOLOGIQUES DE LA RECHERCHE

La sociologie est une discipline autonome ayant son objet, sa méthode, et ses théories. Sa fragmentation en plusieurs branches induit donc la notion de champs de la discipline. C’est ainsi que parmi ces différents champs, notre sujet de recherche s’inscrit dans les champs ci- après : la sociologie de la pauvreté; la sociologie du travail ; la sociologie de l’environnement; la sociologie économique et la sociologie du développement.

2-1-1- La sociologie de la pauvreté.

C’est une branche de la sociologie, qui postule l’idée de privation, de manque, notamment matériel SANAE S (2015). Ainsi, la pauvreté disqualifiante introduite par PAUGAM. S (1998) trouve tout son sens ici. En effet, les individus sont de plus en plus confrontés à des situations de précarité par rapport à l’emploi susceptible de se cumuler à plusieurs handicapes (faiblesse du revenu, problème de logement et de santé, fragilité de la sociabilité familiale, et la déchéance matérielle conduisant à l’inutilité sociale). Pour lui, ce type de pauvreté se caractérise aussi par une augmentation du taux de chômage de la

population, et des statuts précaires sur le marché du travail. Par conséquent, ces définitions reflètentla situation que vit notre population cible, situation qui les poussent ainsi au travail agricole.

2-1-2- La sociologie du travail.

C’est la branche de la sociologie qui étudie le travail comme une réalité sociale et son impact sur l’individu (FRIEDMAN. G. & NAVILLE. P., 1970). A travers ce champs, nous avons pu découvrir ce que les citadins de Nyalla et de ceux de Yassa mènent comme activité, c’est- à-dire produisent au quotidien dans leur environnement pour assurer leur existence. Nous avons pu découvrir comment ils s’organisent (individuellement/collectivement) pour produire les denrées agricoles, mais aussi, déceler ce que se disent les acteurs sociaux impliqués dans cette activité agricole.

2-1-3- La sociologie de l’environnement

C’est l’étude des relations sociales de l’individu, celles nouées lors des pratiques de sociabilité, et lors des activités professionnelles par exemple, et son cadre de vie quotidien dans une dimension matérielle, que les éléments qui le composent soient « naturel » ou non. C’est donc les relations entre l’homme et les ressources naturelles (EIZNER, N, 1991). Dans cette logique, l’activité agricole maraîchère est pratiquée par les citadins dans un environnement spécifique notamment périurbain. Ainsi, l’accomplissement de ladite activité nécessite l’utilisation par les mêmes des ressources naturelles (l’eau, le sol, la végétation…) qu’ils associent aux autres matériels (matériel du système d’irrigation, certains éléments fertilisants…) issus de leur relation de sociabilité avec leur semblable.

2-1-4- La sociologie économique

Pour SWEDBERG .R., (1994), c’est l’application des cadres de référence, variables et modèles explicatifs de la sociologie à des activités ayant pour but la production, la distribution, l’échange et la consommation de biens et services(…). Il soutient au même titre que GRANOVETTER. M. (2000) l’encastrement des phénomènes économiques dans le social. Notre recherche rentre donc de plein pied dans la nouvelle sociologie économique (GRANOVETTER. M., Op Cit), SWEDBERG .R.OpCit). L’approche consistant ici à appréhender toute forme d’économie comme étant le résultat d’une construction d’actions et de relations. Ce qui est d’autant plus intéressant dans notre travail de recherche car cette branche de la sociologie nous a permis de montrer comment les finalités des relations sociales des périurbainculteurs suivant l’approche par les Systèmes d’Echange Locaux(SEL) peut rendre explicite les dynamiques d’une agriculture périurbaine qui résiste à la male

urbanisation. Mais aussi de montrer comment se construit le marché agricole dans notre espace de recherche.

2-1-5- La sociologie du développement

C’est cette branche de la sociologie qui étudie le développement comme une aspiration, un programme. Dans cette perspectives, le progrès c’est le développement (PERROUX, F, 1966) L’on recherche alors son progrès économique et social. Elle étudie donc les acteurs dynamiques, et les processus de développement socioéconomiques. Elle questionne alors les impacts des projets sociaux sur un village, une ville… C’est donc l’étude des impacts des dynamiques locales. Ainsi, l’activité agricole maraîchère pratiquée dans l’espace périurbain par les locaux (citadins) vise essentiellement le progrès socioéconomique du ménage de ceux-ci. Donc à travers elle, ils améliorent quotidiennement et continuellement leur condition de vie.

2-2- MÉTHODE ET LOGIQUE DE LA RECHERCHE

2-2-1- Méthodes de la recherche

La méthode est « un ensemble concerté d’opérations, mise en œuvre pour atteindre un ou plusieurs objectif, un corps de principe présidant à toute recherche organisée, un ensemble de norme permettant de sélectionner et coordonner les techniques. Elle constitue de façon plus ou moins abstraite ou concrète, précise ou vague, un plan de travail en fonction d’un but GRAWITZ. M. (2001) Elle coordonne donc plusieurs techniques de recherche. GRAWITZ. M. (Op Cit) A partir de cette conception, la méthode apparaît comme un ensemble de règles indépendantes de toute recherche, mais visant des formes de raisonnements qui rendraient accessible la réalité à saisir.

Ainsi, cette recherche s’inscrit dans une démarche d’analyse qualitative principalement dans deux sens comme l’ont montré PAILLE. P et MUCCHIELLI. A, (2008).

Le premier sens signifie que les instruments et méthodes utilisés sont conçus pour recueillir des données qualitatives (témoignages, notes de terrain, images photographiques…etc. Puis, analyser ces données de manières qualitatives (c’est-à-dire extraire le sens plutôt que les transformer en pourcentage) ; Le second sens signifie que, l’ensemble du processus est mené d’une manière naturelle, sans appareil sophistiqué ou de leurs actions et de leurs témoignages (une logique de la proximité). Donc le vocable « méthode qualitative » est employé pour désigner différentes techniques d’interprétations qui peuvent traduire les phénomènes sociaux et qui permet de porter attention à la signification des phénomènes plutôt qu’à leur fréquence.

(MANEN V. 1990) Ainsi, à la suite de l’auteur, nous pensons à cet effet comme LEDRUT R (1985), que lesméthodes qualitatives permettent à la sociologie l’interprétation et la compréhension. Donc, le fait qui demeure est que la recherche qualitative est en générale attachée à établir un « contact plus direct avec le contenu et le sens, un contact moins médiatisé par la méthode [afin de réhabiliter] et faire plus de place à la logique inductive de l’acteur comme logique du sens et de l’existence »(BABY.A., 1992)Dans ce sens, la méthode qualitative adopte une posture subjectiviste que l’on associe souvent au paradigme interprétatif. Dès lors, Seules les études qualitatives permettent, par l’analyse sociologique, de comprendre les mécanismes de l’opinion, de comprendre pourquoi les gens pensent ceci ou cela, pourquoi ils s’autorisent ou non telle ou telle pratique, comment ils comprennent leur environnement.

Par conséquent, cette méthode qualitative considère la réalité comme une construction sociale, reconnait la subjectivité comme étant au cœur de la vie sociale et conçoit son objet en terme d’action-signification des acteurs. BOUTIN .G. (2000).Dans cette logique, nos données se présentent sous forme de corpus textuels, dont l’ensemble des éléments constitutifs se réduit aux mots, et aux verbating. Toutefois, ces données ne peuvent être obtenues qu’en faisant du terrain1. Or faire du terrain c’est-à-dire rentrer en contact permanent avec notre objet de recherche, nous exige de mobiliser l’approche ethnographique.

L’ethnographie2 représente une méthode permettant de rendre compte de faits sociaux en mettant en place une « étude complète des phénomènes, et non pas à une recherche du sensationnel…» MALINOWSKI. B., 1963).

En effet, elle est issue de l’anthropologie sociale et culturelle, à travers les travaux de MALINOWSKI. B. (1963, Op Cit), où il impose l’observation directe « De la vie réel ». L’approche, a été approfondie avec les recherches inspirées de l’interactionnisme symbolique par l’école de Chicago en employant cette méthode dans le contexte urbain. De la même manière, nous l’appliquons dans une concordance (situation) périurbaine. Dans ce raisonnement, cette approche partage l’objectif de donner la parole aux différentes voix, personnes et groupes de notre population d’étude afin de saisir leur discours et les amener à prendre la place qui leur revient au sein de la société. En saisissant le phénomène social de façon interne et dynamique, et en posant l’accent sur la nature interactionnelle des réalités

1 Le terrain correspond à l’objet d’étude que se donne le chercheur, envisagé dans sa dimension strictement empirique et donc non problématisé.

2 C’est d’abords une activité visuelle et donc rétinienne car le jeune chercheur qui va sur le terrain doit savoir ce qu’il sait déjà afin d’amener en surface ce qu’on ne sait pas encore. décrites, l’approche se centre donc sur les personnes observées, et sur la façon dont elles perçoivent leur réalité respective POUPART et al (1997) et partant de mieux comprendre les pratiques sociales dans lesquelles elles s’insèrent. Ainsi, avec elle, nous avons donné la priorité à la collecte systématique de données et à l’enregistrement d’actions humaines dans leurs cadres naturel afin d’appréhender le « style de vie » de notrechamp social de recherche à partir de la description et de la reconstruction analytique et interprétative de leur mode de vie. Autrement dit, notre décente sur le terrain a consisté à rencontrer les enquêtés, pour leur donner la parole, les écouter parler, afin de recueillir leur points de vus, d’observer ce qu’ils font et leur façon de travailler et donc de pratiquer l’activité agricole en question lesquelles informations ont été analysées et interprétées par la suite.

Par conséquent, nous avons pris en compte les contextes sociaux dans lesquels ces actions individuelles ou collectives s’effectuent RITHSON & ELLIOT (1999). Dans ce sens, c’est la méthode ethnographique dont les fondements exigent le refus de tout préalable théorique et de toute grille de lecture à priori dans l’étude de « terrain». Loin de considérer que les faits sont naturellement muets et que le réel n’a rien à dire s’il n’est dûment expérimenté et interrogé dans le cadre d’un modèle d’interprétation, l’entreprise ethnographique montre qu’une patiente enquête descriptible permet, à terme la décantation des données rhapsodiquement collectées et, à partir d’elles l’émergence des « thèmes » ordonnateurs préludant à la formation de concepts « enracinés » qui s’articulent enfin au sein d’une ou de plusieurs théories. De cette approche se dégage deux concepts majeurs : la compréhension et l’interprétation chaires à la sociologie Wébérienne.

2-2-2- La logique de la recherche

Nous appelons sociologie, une science dont l’objet est de comprendre par interprétation l’activité sociale […]. (WEBER M, 1995). Cela signifie à juste titre que notre démarche est compréhensive en ce sens que nous avons décelé le sens visé par les individus agissant constituant notre population d’étude. Par là, nous avons donc interprété les interprétations des enquêtés c’est-à-dire que nous avons saisi les significations que ceux-ci attribuent à leur propre verbating. Dans ce sillage, le sociologue doit comprendre l’action elle- même pour saisir non seulement les mobiles conscients et inconscients des actions individuelles (MONTOUSSE M&RENOUARD G (1997), mais aussi, les significations sociales construites et partagées par les acteurs. WEBER(OP Cit). Par ricochet, nous nous inscrivons dans une logique inductive car comme le dit (GOFFMAN E, 1973), « l’universel est dans le particulier » de plus, la connaissance scientifique propre aux « dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine dans la lutte contre la pauvreté »

est produite à partir des données issues de la réalité ethnographique. Dès lors, nous nous inscrivons de plein pied dans une logique inductivo-analytique (logique qui généralise grâce à l’abstraction, c’est-à-dire qu’elle abstrait du cas concret ses caractéristiques et du fait que celles-ci sont essentiels, les généralise...)

Pour tout, dans le cadre de cette recherche, la méthode et la logique susmentionnées nous permettent de définir la réalité des pratiques et des besoins des informateurs c’est-à-dire de saisir et comprendre en vue d’interpréter les motivations des citadins à pratiquer l’activité agricole en milieu périurbain, d’observer les lieux de travail (où se pratique l’activité en question), le mode de travail (techniques utilisées) , les formes de relations sociales développées par les agriculteurs, et enfin, les stratégies déployées par lesdits agriculteurs pour améliorer leur condition de vie.

2-3-POPULATION DE LA RECHERCHE

La population de la recherche est l’ensemble constitué d’éléments (individus informateur) distincts susceptible de nous fournir des informations nécessaires à la réalisation de notre travail de recherche scientifique. Ainsi, elle est de trois ordres : la population cible (2-3-1) ; la population ressources (2-3-2) et la population témoins (2-3-3).

2-3-1- La population cible

La population cible est constituée des personnes des deux sexes pratiquant et vivant de l’activité agricole dans les périphéries de la ville de Douala. Elles sont capitales pour nous en ceci qu’elles constituent notre point focal dans cette recherche. Ainsi, il est question de savoir leurs motivations à pratiquer l’agriculture en milieu périurbain, l’évolution de leurs pratiques agricoles (les formes d’innovations mises en œuvre), les formes de relations sociales qu’ils développent dans leur activité au quotidien et enfin les stratégies déployées par ces agriculteurs pour améliorer leur condition de vie.

2-3-2- La population ressource

La population ressource est constituée des personnes administratives, des espères, des chercheurs dont l’activité professionnelle est proche de la population cible. Elles sont très utiles pour nous car leurs points de vue nous permettant d’apprécier globalement le phénomène. Ainsi, nous nous sommes entretenus avec trois ingénieurs agronomes soit un du CRIFAT et deux du SEMAGRI. Nous avons également eu des entretiens avec le responsable des bas fonds de la délégation départementale du MINADER, à la mairie d’arrondissement de

Douala 3e, nous nous sommes entretenus avec un responsable du service d’hygiène et un autre

du service technique. Enfin, nous avons eu des entretiens avec deux responsables de l’ONG du troisième arrondissement nommée ASSOAL et le chef de quartier de Nyalla et celui de Yassa.

2-3-3- La population témoin

La population témoin est constituée des personnes qui ne pratiquent pas les activités agricoles mais, commercialisent et/ou consomment les produits de ses producteurs qui vivent à proximité d’elle. Elles sont d’une importance pour nous en ceci que leurs points de vue nous permettant de confirmer ou d’infirmer les informations recueillies auprès des agriculteurs en questions.

2-4- JUSTIFICATION DU CHOIX DU LIEU DE LA RECHERCHE ET ÉCHANTILLONNAGE DE LA RECHERCHE

2-4-1- Justification du champ spatial et de l’objet de la recherche

La ville de Douala a été choisie comme champ empirique pour plusieurs raisons : d’abord c’est une ville essentiellement marécageuse propice pour le développement de l’agriculture maraîchère (certaines cultures), mais une ville soumise à une très forte croissance de la population dont la plupart est frappée par la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Le champ d’investigation porte sur deux quartiers représentatifs de l’arrondissement de Douala IIIe (Yassa et Nyalla). Ces quartiers ont été choisis parce qu’ils se trouvent en zone périphérique, spécifiquement localisés dans la partie Est de la ville de Douala, endroits où sont fortement pratiquées l’activité agricole maraîchère dans la mesure où l’arrondissement en question du fait de son caractère semi-urbain, est considéré comme le grenier du département du Wouri. Mais, pourquoi notre attention sur l’étude des cultures maraîchères ?

Nous avons porté notre choix sur les cultures maraîchères pour les raisons suivantes :

- Les cultures maraîchères abondent les marchés périurbains des deux terrains de recherche ;
- Les cultures maraîchères sont fortement produites dans les deux zones de recherche ;
- Les cultures maraîchères sont très consommées par les ménages qui pratiquent l’activité agricole dans les deux champs spatiaux.

2-4-2- L’échantillonnage de la recherche

Au regard de la méthode qualitative , l’approche ethnographique et la logique inductive adoptées dans le cadre de cette recherche, ils existent des méthodes d’échantillonnage spécifique à cet effet que les chercheurs regroupent sous le terme d’échantillonnage non probabiliste désignant ainsi, un échantillonnage non basé sur les lois du calcule des probabilités dans laquelle chaque élément de la population d’étude n’a pas une chance égale d’être choisi c’est-à-dire d’appartenir à l’échantillon. Ainsi, la méthode d’échantillonnage nous ayant permis de choisir la population cible est celle empirique en générale. Dans cette optique, l’échantillonnage par réseau boule de neige trouve sa place dans notre travail dans la mesure où ne disposant pas de banque de données relatives au phénomène étudié et connaissant toutes les caractéristiques de la population d’étude, elle nous a permis à partir d’un enquêté, d’en répertorier d’autres concernés par le phénomène étudié. L’échantillonnage désignant donc l’ensemble des décisions sous-jacentes au choix de l’échantillon, la taille de ce dernier dans notre recherche a été fixé à 55 individus. Ainsi, ayant prévus dans notre échantillon quarante-cinq (45) personnes à enquêter dans la population cible, nous n’avons en définitive enquêté que trente-cinq (35) personnes dont vingt-quatre (24) femmes, et onze (11) hommes, soit respectivement 68,5% et 31,5% de l’échantillon final. Quant aux personnes à interroger dans l’entourage des producteurs, nous avons atteint l’effectif prévu soit dix(10) enquêtés. Ainsi, cinq (5) individus ont été interrogés dans chaque zone d’étude soit deux(2) hommes et trois(3) femmes. Toutefois, il demeure que l’enjeu d’une étude qualitative ne se situe pas dans le nombre de personnes interrogées mais bien dans la manière de les interroger et d’analyser leurs propos. Laquelle analyse vise essentiellement la compréhension du sens, c’est-à-dire comment les informateurs précédemment catégorisés en trois notamment « la population cible », « la population ressource », et « la population témoin » qui, chacune en ce qui la concerne perçoit notre objet d’étude qui n’est autre que le maraîchage périurbain doualais en général et nyallaen et yassaen en particulier.

2-5- OPERATIONNALISATION DU CONCEPT CENTRAL

En effet de ce thème de recherche « Les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine dans la lutte contre la pauvreté », nous retenons comme concept central « Les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère ». Ainsi, l’opérationnalisation met en exergue les dimensions du concept. Chaque dimension génère des composantes. De chacune de ces composantes découlent des indicateurs comme le présente le tableau ci-dessous.

Tableau de conceptualisation de la variable dépendante : «Les dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère périurbaine »

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Sources : N o tre e nquête d e terrain.

2-6- LES HYPOTHÈSES DE LA RECHERCHE

Notre travail scientifique met en exergue deux (02) catégories d’hypothèses : Une hypothèse générale et trois hypothèses spécifiques.

2-6-1- Hypothèse générale

Le maraîchage périurbain constitue une stratégie de lutte contre la pauvreté périurbaine et urbaine.

2-6-2- Les hypothèses spécifiques

H1-Les motivations d’ordre socioéconomiques poussent les populations périurbaines à s’investir de façon durable dans l’activité maraîchère afin d’améliorer leur condition de vie. Du fait de leur ancienneté dans l’activité en question, ils y introduisent des pratiques innovantes tans sur le plan sociotechnique qu’économique.

H2- Les formes de relations sociales développées par les maraîchers qui dès lors sont encastrées dans leur mode de vie visent non seulement le lien social de réciprocité, mais aussi et surtout la reconnaissance de leur activité pratiquée en zone périurbaine.

H3- Le maraîchage périurbain améliore les conditions de vie des maraîchers en ceci que non seulement les citadins en pratiquent, mais ceux-ci utilisent rationnellement les retombées de cette activité pour prendre en charge des dépenses d’ordre existentielles et sociales.

2-7- OUTILS DE COLLECTE DES DONNEES DE LA RECHERCHE

L’étude est essentiellement descriptive. Elle a eu recours aux sources écrites et à la tradition orale. Un grand travail ethnographique a aussi été mené. Pour collecter les informations, nous avons établie un protocole de recueil des données documentaires pour l’observation documentaire et un guide d’entretient pour l’observation indirecte. Toutefois, certaines données ont été collectées au moyen d’observation directe.

2-7-1- Le recueil des données documentaires

L’observation documentaire a permis dans le cadre de ce travail scientifique de faire une meilleur connaissance du sujet à travers l’analyse des documents, de mieux circonscrire l’étude en s’appuyant sur les travaux antérieurs. En outre, enrichir notre littérature et établir un cadre théorique à ladite recherche. Un protocole de recueil des données a été établi à partir du sujet et de certains indicateurs. Ce recueil a permis de sélectionner des données pertinentes d’un certain nombre de documents que nous avons exploités. Dans cette optique, nous avons eu recourt aux ouvrages généraux, les ouvrages spécifiques, des coupures des journaux, des mémoires et rapports. Finalement, l’observation documentaire a été une orientation à la recherche empirique.

L’analyse documentaire ayant occupée une place inéluctable dans l’étude des documents sur le sujet et l’élaboration du cadre théorique, la compréhension du fait dans les zones cibles de Douala ne pouvait se fonder sur la bibliographie existante. Donc, pour ce deuxième volet de l’étude, il a fallu réaliser un travail ethnographique et donc de terrain qui a consister à aller auprès des populations cibles et recueillir des données au moyen des instruments de collecte comme le guide d’entretien.

2-7-2- L’entretien individuel

Selon GRAWITZ. M. (IBIDEM), l’entretien est un procédé d’investigation qui utilise un processus de communication verbal pour collecter des informations relatives à un thème. Il revêt donc des processus fondamentaux de communication et d’interaction humaine. Par conséquent, il engage deux(02) personnes en vis-à-vis et à ce titre, ne peut être considéré comme un simple questionnaire où on est dans une relation anonyme. Par ricochet, des rapports sociaux se jouent dans un entretien. Ainsi, l’entretien individuel a été réalisé au moyen d’un guide d’entretient et le type privilégié est semi-directif (entretien ni entièrement ouvert, ni entièrement fermé), car il s’agissait pour nous de recueillir auprès des enquêtés des informations tout en vérifiant à l’aide des questions, des points particuliers liés à nos hypothèses de recherche. Dès lors, de par sa nature, ce type d’entretien permet de recueillir les données qui se prêtent à des comparaisons ; permet d’éviter de biais concentrique provenant du fait qu’on oblige des personnes à répondre aux mêmes questions, même si elles n’ont manifestement aucune réponse. Elle a aussi la particularité d’avoir servi à établir une interaction directe entre l’enquêteur et les enquêtés. Le but étant de laisser ceux-ci faire part en toute liberté le sens qu’ils accordent à leurs actions, et leurs pratiques agricoles dans les zones périurbaines, des formes de relations sociales développées et des stratégies déployées

pour lutter contre la pauvreté. Dans cette logique, nous avons pris soins de considérer les intentions des producteurs périurbains et leurs intérêts dans la production des discours afin de les considérer dans le traitement des résultats et leurs interprétations. Le guide d’entretient comporte 22 (vingt-deux) questions au total, et est structuré de la manière suivante :

- « Information à l’endroit de l’enquêté » ;
- « Les motivations liées à la pratique de l’agriculture maraîchère périurbaine » : Elle comporte 08 (huit) questions;
- Techniques d’innovations dans l’agriculture maraîchère périurbaine » : Elle compte pour sa part six (06) questions au total ;
- « Activité agricole et lutte contre la pauvreté » : Quant à elle dénombre 08 (huit) questions.

2-7-3- L’observation directe

Cette technique de collecte dont l’observation direct nous a placé en position de passant d’autant plus que le parcourt de l’ensemble de la zone agricole a été le plus souvent effectué du Nord vers le Sud, laquelle observation nous a permis de visualiser les activités agricole, les lieux de travail et le matériel de travail.

2- 8-DÉROULEMENT DE LA COLLECTE DE LA RECHERCHE

Notre travail de collecte s’est effectué en deux phases : la phase de lapré collecte dite pré enquête(2-8-1) ; et la phase de la collecte proprement dite(2-8-2).

2-8-1-La phase de la pré-enquête

Cette phase qui s’est effectuée pendant la période du 10 Juillet au 24 Juillet 2016 de 15 à 18h dans les deux sites d’enquête susmentionnés, nous a été d’une très grande importance dans notre recherche dans la mesure où le but était de nous imprégner de la réalité des dynamiques socioéconomiques de l’agriculture maraîchère dans lesdits sites. Ainsi, dans un premier temps, elle nous a permis de mieux fixer le contexte de notre recherche et de justifier par là le choix du thème de notre recherche. Dans un deuxième temps, elle nous a permis d’asseoir la problématique de cette recherche et enfin, dans le soucis de rendre notre guide d’entretient apte à produire des données valables et pertinentes pour notre recherche, nous avons dû administrer la première mouture de notre guide d’entretien à huit (08) individus de la population cible soit quatre(04) à Nyala et quatre(04) à Yassa répartie comme suit : deux(02) informateurs de sexe masculin et deux (02) autres de sexe féminin dans chaque zone de collecte. Après quoi, nous avons à partir de ce que nous avons pu avoir comme écueil, mieux restructuré notre guide d’entretien.

2-8-2- La phase de la collecte proprement dite

Cette phase marque notre dernière décente sur le terrain et a eu lieu du 1e Août au 31 Septembre 2016. Les entretiens se sont déroulés en journée et en soirée dans les domiciles des enquêtés et dans les lieux d’activités des individus du 1e Août au 31 Septembre 2016. La durée des entretiens étaient variables elle allait de 40 à 90 minutes selon la disponibilité et l’humeur du répondant. Un magnétophone (dictaphone) a été adopté pour enregistrer touts les entretiens. Des stylos à bille et des cahiers ont été utilisés pour la prise des notes d’entretiens. La stratégie de collecte adoptée consistait à intercepter des répondants à qui nous avons demandé d’en identifier d’autres. Nous avons eu recours aux services d’autres enquêteurs pour collecter nos informations relatives à notre thème de recherche. Certains étaient nos camarades de classe (3 au total), d’autres des individus rencontrés sur les cites pouvant nous aider à traduire les questions aux enquêtés qui ne savaient ni lire ni écrire ni parler le français. Ces enquêteurs (3 au total) ont été préalablement formés. Au cours de ce bref de ces enquêteurs, le guide d’entretien a été lu expliqué et explicité afin de leur donner sa philosophie et leur faire comprendre certaines notions qui paraissent complexes. En ce qui concerne la collecte des données documentaires, elle a eu lieu dès lors qu’est né le désir de faire cette recherche scientifique et s’est achevée à la rédaction Finale du mémoire. Les documents exploités sont de sources diverses (bibliothèque centrale de l’UDO, l’alliance franco camerounaise de Dschang, la bibliothèque le pavions blanc ; archives et bibliothèques de la Communauté Urbaine de Douala(CUD), mairie de Douala 3e, les archives de la délégation départementale du (Ministère d’Agriculture et du Développement

Rural(MINADER) du Wouri, les cites internet…etc.).

Le recours à l’observation directe nous a permis de cerner de près les réalités et les informations que l’enquête ne pouvait obtenir au moyen de l’observation indirecte. C’est donc à travers l’usage ethnographique de ces techniques de collectes des données en sciences sociales notamment la sociologie que nous avons pu définir et asseoir la méthode de traitement desdites données. En d’autres termes, ces sont ces informations empiriques obtenues via le travail ethnographique mené que nous avons analysé par la suite suivant la méthode d’analyse qualitative appropriée.

2-9- METHODES DE TRAITEMENT DES DONNEES COLLECTEES

Nous avons d’abord procédé à la transcription des entretiens enregistrés au moyen du magnétophone (dictaphone). Ainsi, le corpus textuel obtenu après cette transcription a été analysé suivant une méthode d’analyse qualitative spécifique car, il existe différentes méthodes d’analyse de données qualitatives. (COFFEY. A et ATKINSON.P., 1996 .Cependant, il y a seulement des méthodes plus appropriées que d’autres compte tenu de la tradition dans laquelle le chercheur travail et,les objectifs de recherche et du matériel disponible. Nous faisons donc recourt à l’analyse de contenu qui consiste à «rechercher les informations qui s’y trouvent, dégager le sens ou les sens de ce qui est présenté, formuler, classer le contenu du document ou de la communication » (MUCCHIELLI. R., 1984).

Ainsi, la méthode d’analyse qualitative qui nous semble pertinente dans cette recherche est l’analyse de contenu indirecte prise sous la forme d’analyse entretien par entretien. Dans cette logique, elle repose sur l’hypothèse que chaque singularité est porteuse du processus sociologique que l’on veut analyser d’une part, et d’autre part, sous-tend aussi qu’il faut dégager le contenu non directement perceptible, le latent qui se cacherait derrière le manifeste ou le littéral. D’où le recourt à l’interprétation de sens des éléments, de leurs agencements et de leur association. Notre démarche ici a consisté à faire une pré analyse de contenu : c’est-à-dire à choisir les documents à soumettre à l’analyse et la formulation des objectifs et hypothèses de l’étude. Par la suite, nous avons procédé à la catégorisation (voire 2-5 sur l’opérationnalisation du concept central) qui vise la classification d’éléments constitutifs d’un ensemble par différenciation. La catégorisation en question a débouché sur la définition des différentes unités d’informations (indicateur : l’élément le plus petit possible retenu pour signifier l’appartenance d’un sujet à une catégorie.). C’est donc ce qui dans chaque texte ou partie de texte a été retenu comme unité signifiante d’une attitude d’une position, d’une opinion. Dans le cadre de notre travail, ils prennent la forme d’un mot et idée générale résultants du corpus ethnographique transcrit. Dès lors, ces catégories et unités d’informations ont constitué un lien entre les objectifs de notre recherche et les résultats obtenus. Ainsi, « une analyse de contenu vaut ce que valent ses catégories » (BERELSON, 2017). Par conséquent, elle nous est d’une importance capitale en ce sens qu’elle corrobore avec les objectifs de notre recherche notamment : comprendre les mobiles et caractéristiques de la pratique du maraîchage périurbain ; de comprendre la finalité des formes de relations sociales que développent ces maraîchers et enfin, de comprendre les répercutions socioéconomique du maraîchage périurbain sur leur condition de vie.

Cependant, au cours de cette recherche, nous avons été confrontés aux nombreuses difficultés.

2-10-LES DIFFICULTES RENCONTREES

La réalisation de cette recherche a été entachée de plusieurs difficultés. La première est liée à un mauvais accueil : en effet notre introduction dans les locaux de la mairie de Douala 3e n’a pas été facile car la responsable chargée de nous établir et de nous remettre la note qui nous autorisât de mener la fouille documentaire a affiché une très mauvaise mine dès notre entré dans son bureau et nous a maintenu à plus de 3 mètres d’elle avant de nous écouter chose qu’elle n’a pas faite avec celui qui s’y était introduit pour les mêmes raisons au moment où nous nous entretenions.

La deuxième était liée aux refus : en effet, certains enquêtés ont été retissant à nos enquêtes, ils ont refusé de nous fournir des informations, ce qui a retardé quelque peu la collecte des données sur le terrain. D’autres se sont réservés de nous fournir toutes les informations relatives à leur personnalité et sur l’activité maraîchère qu’ils mènent car pour ces agriculteurs périurbains, nous sommes les agents de l’Etat et donc de la commune et par conséquent, faisons des interviews pour espionner l’évolution économique de leur activité afin de voir comment leur imposer des contraintes fiscales. La plupart des enquêtés ont refusé de donner leur nom croyant que nous les livrons dans de mauvaises pratiques notamment les sectes et des loges. Par conséquent, ils se limitaient juste à donner leurs prénoms.

La troisième était liée aux finances car certains enquêtés pour continuer à nous fournir des informations nous demandaient de quoi étancher leur soif, d’où le conditionnement dans l’accès à l’information.

La quatrième était liée aux rendez-vous manqués à cause de l’indisponibilité de certains enquêtés. Toutefois, nous avons pu contourner ces différentes difficultés à travers l’établissement d’un climat de confiance entre cette population et nous. Ainsi, nous leur avons rassuré du but scientifico-académique de notre enquête et l’anonymat des déclarations à ceux des enquêtés qui nous ont révélé leur nom au cours des entretiens empiriques.

La cinquième difficulté était celle liée à l’accès à certains sites d’enquête ceci à cause des fortes pluies d’une part, et les inondations d’autre part pour ceux des enquêtés qui avaient leur exploitation dans les zones à risques (marécages), ce qui nous a amené à reporter par deux fois la collecte des données. Enfin, la sixième était relative à l’inexistence des données spécifiques sur la structuration et l’organisation sociale et économique des deux variables du champ spatial de la recherche (Nyalla et Yassa), ce qui nous a empêchés de présenter de façon efficace les deux sites en question dans l’arrondissement de Douala 3ième.

[...]

Fin de l'extrait de 146 pages

Résumé des informations

Titre
Les Dynamiques Socio-économiques de l'Agriculture Maraîchères Péri-urbaine dans la Lutte contre la Pauvreté Cas de Nyalla et Yassa à Douala
Université
University of Douala  (Faculté des Lettres et Sciences Humaines)
Cours
Sociologie économique
Note
14.5
Auteur
Année
2017
Pages
146
N° de catalogue
V433157
ISBN (ebook)
9783668766785
ISBN (Livre)
9783668766792
Taille d'un fichier
3478 KB
Langue
Français
Annotations
Le thème est d'actualité. Traité avec originalité et suivant les canaux méthodologiques rigoureux. A ce titre, le jury ici présent accepte le mémoire et vous décerne la mention Bien. Dr YOMB Jacques enseignant chercheur à l'Université de Douala et directeur de ce mémoire a jugé ce travail mature tout en soulignant son étonnement par rapport à la catégorie de l'étudiant (handicapé visuel) auteur du présent mémoire.
mots-clé
dynamiques, socio-économiques, agriculture, maraîchères, péri-urbaine, lutte, pauvreté, nyalla, yassa, douala
Citation du texte
Achille Garance Kameni Ngaleu (Auteur), 2017, Les Dynamiques Socio-économiques de l'Agriculture Maraîchères Péri-urbaine dans la Lutte contre la Pauvreté Cas de Nyalla et Yassa à Douala, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/433157

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