La prise en charge des malades de l'ulcère de buruli à l'hôpital de district d'Akonolinga 2002-2014. Approche historique


Mémoire (de fin d'études), 2018
121 Pages, Note: manque

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TABLE DES MATIERES

SOMMAIRE

DEDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES SIGLES, ABREVIATIONS ET ACRONYMES

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Liste des Cartes

Liste des Photos

Liste des Tableaux

RESUME

ABSTRACT

INTRODUCTION GENERALE
1- CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE
2- RAISONS DU CHOIX DU SUJET
3- INTERET DE LA RECHERCHE
4- CADRE SPATIO TEMPOREL
5- CADRE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE
6- CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE
7- LA REVUE DE LA LITTERATURE
8- PROBLEMATIQUE
9- METHODOLOGIE DE TRAVAIL
10- PLAN DU TRAVAIL

CHAPITRE I : LA PRESENTATION GEOGRAPHIQUE D’AKONOLINGA ET GENESEDE L’ULCERE DE BURULI
I- GENERALITES SUR LE DEPARTEMENT DU NYONG ET MFOUMOU
A- LES ELEMENTS DU MILIEU NATUREL
1- Le climat
2- Le relief
3- L’hydrologie et la végétation
B- CADRE ADMINISTRATIF ET ECONOMIQUE
1- Evolution administrative d’Akonolinga
2- L’agriculture : une activité économique de base
3- La pêche et le commerce
II- GENERALITES SUR L’ULCERE DE BURULI
A- LOCALISATION GENERALE DES FOYERS ENDEMIQUES
1- Les grands foyers endémiques au monde
2- Les foyers endémiques au Cameroun
3- Epidémiologie et transmission
B- TYPOLOGIE ET IMPACT DE LA PATHOLOGIE
1- Les formes d’ulcères
2- L’impact physique
3- L’impact socio-économique

CHAPITRE II : LES STRATEGIES DE PRISE EN CHARGE DE L’ULCERE DE BURULI
I- UNE INFRASTRUCTURE ET UN PERSONNEL ADAPTES AUX PREOCCUPATIONS DE LA PRISE EN CHARGE
A- LA MISE EN PLACE D’UN SITE DE LUTTE CONTRE L’ULCERE DE BURULI ET LA FORMATION DU PERSONNEL SANITAIRE
1- La création des centres intégrés de santé
2- La mise en place d’un pavillon spécial de lutte contre l’ulcère de Buruli
3- La formation et le recyclage du personnel médical
B- LES STRATEGIES DE RAPPROCHEMENT ET D’ALLEGEMENT DES DEPENSES
1- La création des relais communautaires et campagnes de sensibilisation
2- Détection précoce
3- Gratuité des soins et de nutrition
II- LA LUTTE TRADITIONNELLE ET MODERNE CONTRE L’ULCERE DE BURULI
A- LA CONCEPTION ET LE TRAITEMENT TRADITIONNEL DE LA PATHOLOGIE
1- La conception locale de l’ulcère de Buruli
2- Le traitement traditionnel
3- Les interdits pendant le traitement
B- L’EVOLUTION ET LA PRISE EN CHARGE CLINIQUE DE L’ULCERE DE BURULI
1- La prise en charge médicamenteuse
2- Le traitement chirurgical
3- Les traitements physio-thérapeutiques

CHAPITRE III : LES ACTEURS DE LA PRISE EN CHARGE
I- LES ACTEURS NATIONAUX
A- LES ACTEURS PUBLICS ET PARAPUBLICS
1- Le Ministère de la Santé Publique(MINSANTE)
2- L’Hôpital de District d’Akonolinga et son personnel soignant
3- Le Centre Pasteur du Cameroun
B- LA SOCIETE CIVILE FACE A L’ULCERE DE BURULI
1- L’apport des guérisseurs et de la médecine traditionnelle dans la lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga
2- Les proches des malades
II- LES ACTEURS INTERNATIONAUX
A- LES ORGANISMES NON GOUVERNEMENTAUX
1- L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)
2- Médecins Sans Frontières (MSF-Suisse) : le programme de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga (Cameroun)
3- Les activités de l'association Aide aux Lépreux Emmaüs– Suisse(ALES) dans l'appui au Programme National de Lutte contre l'Ulcère de Buruli au Cameroun
B- LES FONDATIONS, LES INSTITUTS UNIVERSITAIRES ET DE RECHERCHE
1- Les fondations
a- Les Fondations Nipponne et Raoul Follereau
b- A Nuestro Enfermos Servimos A Dios (ANESVAD)
2- Hôpital Universitaire de Genève (HUG)
3- L’Institut Tropical Suisse (ITS)

CHAPITRE IV : LES BILANS ET LES LIMITESDE LA PRISE EN CHARGE DES MALADES DE L’ULCERE DE BUIRULI
I- LES BILANS ENREGISTRES DANS LA PRISE EN CHARGE
A- LE RENFORCEMENT DE LA LUTTE ET DES RESULTATS ENCOURAGEANTS
1- L’efficacité de la chimiothérapie
2- Un accès relativement facile aux soins
3- L’efficience de l’assistance étrangère
B- LES AVANTAGES A L’EDUCATION SANITAIRE
1- Une réinsertion socio-économique des malades
2- Un abandon des pratiques et une conception traditionnelle de la maladie
3- Absence remarquable des patients au sein du centre intégré de santé d’Akonolinga
II- LES PROBLEMES RENCONTRES DURANT LA PRISE EN CHARGE DES MALADES
A- UN ENVIRONNEMENT INSALUBRE
1- La lenteur de l’écoulement des eaux du fleuve Nyong et la persistance des zones marécageuses
2- L’indissociation des populations de leur milieu de culture (agriculture et pêche)
3- Manque de vaccin contre l’ulcère de Buruli
B- L’ATTACHEMENT DES POPULATIONS AUX PRATIQUES TRADITIONNELLE
1- Une fidélité à la conception mystique de la maladie
2- L’attachement à la seule médecine traditionnelle
3- La lenteur à se diriger vers les structures sanitaires adaptées

CONCLUSION GENERALE

SOURCES ET REFFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

I- SOURCES PRIMAIRES
A- DOCUMENTS D’ARCHIVES
1- Archives de l’hôpital de districts d’Akonolinga
2- Archives du Ministère de la Santé
B- SOURCES ORALES
II- SOURCES SECONDAIRES
A- OUVRAGES GENERAUX
B- OUVRAGES SPECIALISES
C- THESES ET MEMOIRES
D- ARTICLES DES REVUES ET DES JOURNAUX
E- SOURCES NUMERIQUES

ANNEXES

Annexe 1 : Autorisation de Recherche

Annexe 2 : Recommandations et projet de plan de travail pour la première réunion du Groupe consultatif spécial de l’OMS pour l’ulcère de Buruli à Genève (Suisse), du 16 au 18 février

Annexe 3 : Déclaration de Yamoussoukro sur l’ulcère de Buruli

Annexe 4 : Formulaire d’enregistrement et de notification des cas d’ulcère de Buruli

Annexe 5 : Une séance sportive de personnes handicapées en Guyane française

Annexe 6 : Vue partielle de l’hôpital de district d’Akonolinga

Annexe 7 : Extrait de la Charte des Médecins Sans Frontières

TABLE DES MATIERES

DEDICACE

Mes parents feu Alexandre ENGOULOU NKOE et Christine AMBAH ELEMBE

Ma tante Marceline ASSOMO NKOE

REMERCIEMENTS

La réalisation de ce travail a bénéficié du concours et de l’appui de plusieurs personnes. Ainsi nous témoignons particulièrement notre profonde gratitude à :

- notre directeur de mémoire, le Pr. Joseph TANGA ONANA pour avoir accepté d’orienter nos premiers pas dans la recherche scientifique et dont la patience et les conseils nous ont accompagnés dans les sentiers tortueux de la recherche ;
- tous les enseignants des départements d’Histoire, de Géographie, d’Anglais et des Science de l’Education de l’Ecole Normale Supérieure de Yaoundé, pour avoir assuré notre Formation et notre initiation au métier d’enseignant, sans oublier ceux de l’Université de Yaoundé I ;
- tout le personnel des bibliothèques ainsi que des centres de recherche multimédia de l’Ecole Normale Supérieure et du Ministère de la Recherche Scientifique et de l’Innovation ;
- au Dr Antoine ESSOMBA ENOBO Directeur de l’hôpital d’Akonolinga et au Dr. Marie Thérèse NGO NSOGA, qui ont facilité nos investigations au sein de l’Hôpital de District d’Akonolinga ;
- tous les informateurs qui ont bien voulu contribuer sans contrepartie à la réalisation de ce chef d’œuvre en répondant à nos multiples questions ;
- tous mes camarades de promotion au rang des quels Madeleine MGBWA, Bienvenu MEDOU, Sergio Armando TOUANGA EKWALA, Fritz Octavien NDONGO et Christophe Danny BODO et toutes les personnes dont le soutien moral et académique nous ont permis mener à terme ce travail ;

- enfin à ma famille et à mes amis auprès desquels j’ai appris que « le travail est un trésor »

LISTE DES SIGLES, ABREVIATIONS ET ACRONYMES

A.D.N : Acide DésoxyriboNucléique

A.H.D.A : Archives de l’Hôpital de District d’Akonolinga

A.L.E.S : Aide aux Lépreux Emmaus Suisse

A.M.M : Autorisation de Mise sur le Marché

B.A.A.R : Bacille Acido-Alcoolo Résistant

C.D.T.U.B : Centre de Dépistage et de Traitement de l’Ulcère de

Buruli

C.I.S : Centres Intégrés de Santé

C.M.B : Concentration Minimale Bactéricide

C.M.I : Concentration Minimale Inhibitrice

C.P.C : Centre Pasteur du Cameroun

H.D.A : Hôpital de District d’Akonolinga

H.U.G : Hôpital Universitaire de Genève

I.T.S : Institut Tropical Suisse

M.T.N : Maladie Tropicale Négligée

M.S.F : Médecins Sans Frontières

O.C.E.A.C : Organisation de Coordination pour la lutte contre les

Endémies en Afrique Centrale

O.H.B : Oxygénothérapie Hyperbare

O.M.D : Objectifs du Millénaire pour le Développement

O.M.S : Organisation Mondiale de la Santé

O.N.G : Organisation Non Gouvernementale

P.C.R : Polymerase Chain Reaction

P.M.I : Protection Maternelle et Infantile

P.N.L.U.B : Programme National de Lutte contre l'Ulcère de

Buruli

P.V.D: Pays en Voie de développement

R.I.I.P : Réseau International des Instituts Pasteur

U.B : Ulcère de Buruli

U.R.S.S: Union des Républiques Socialistes Soviétiques

V.I.H : Virus de l’Immunodéficience Humaine

Z.N: Ziehl-Neelsen

LISTE DES ILLUSTRATIONS

Liste des Cartes

Carte n° 1: Carte administrative d’Akonolinga

Carte n° 2: Régions suspectes par rapport à l’hydrographie et régions suspectes identifiées

Liste des Diagrammes

Diagramme n° 1 : Impact économique de l’ulcère de Buruli

Liste des Photos

Photo n° 1: Le fleuve Nyong à Akonolinga

Photo n° 2: Ulcère en voie de cicatrisation

Photo n° 3: Séquelle due à l’Ulcère de Buruli

Photo n° 4: Plaque inaugurale du pavillon ulcère de Buruli

Photo n° 5: Vue partielle du pavillon ulcère de Buruli de l’Hôpital de District d’Akonolinga

Photo n° 6: « l’Atom » ou Ulcère de Buruli planté dans un Champ sous la forme d’une branche de palmier à huile

Photo n° 7: Traitement traditionnel d’un patient

Photo n° 8: Salle de pansement du pavillon Buruli d’Akonolinga

Photo n° 9: Une jeune patiente en salle de rééducation à Akonolinga

Liste des Tableaux

Tableau n° 1: Synthèse des tableaux synoptiques des districts, aires de santé et villages ayant des cas confirmés

Tableau n° 2: 2013 Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga(FCFA)

Tableau n° 3: Récapitulatif des combinaisons d’antibiotiques pour le traitement de l’Ulcère de Buruli

RESUME

La réflexion à laquelle nous nous sommes livrés avait pour ambition d’évaluer à travers les acteurs, la mise en place d’une structure et les mécanismes de prise en charge de l’ulcère de Buruli au Cameroun d’une part. De dégager les contraintes liées à l’opérationnalisation de cette prise en charge, tout en relevant les progrès réalisés au sein de l’hôpital de district d’Akonolinga entre 2002 et 2014 d’autre part.

La méthodologie ici, a consisté en la mobilisation des ressources littéraires, académiques, des publications et des témoignages oraux. Ces instruments méthodologiques approuvent notre approche : diachronique et analytique permettant de restituer la genèse de la pathologie, le processus historique de prise en charge, ainsi que les contraintes socio-environnementales y afférentes. Ces instruments démontrent également que l’évolution de cette prise en charge constitue la réponse imminente et conforme aux exigences du protocole de prise en charge tel que prescrit par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS).

Sévissant de manière endémique, épidémique et sporadique, l’ulcère de Buruli a longuement résisté à toute lutte depuis sa découverte en 1975 dans la vallée du Nyong. Cependant, dès 2002, avec la prise en charge clinique et les efforts concertés de plusieurs acteurs ; les politiques de prise en charge ont été satisfaisantes pour les populations et les pouvoirs publics jusqu’en 2014. Malgré ces succès observés à Akonolinga, de nombreux efforts restent à fournir afin de satisfaire d’autres zones endémiques du triangle national. De plus, l’ignorance de la corrélation si elle existe avec d’autres maladies comme le VIH/Sida risquerait de remettre en question toutes les avancées faites durant cette prise en charge.

ABSTRACT

The purpose of our deliberations was to evaluate, through the actors, the setting up of a structure and the mechanisms for the management of Buruli ulcer in Cameroon on the one hand. On the other hand, to identify the constraints related to the operationalization of this care; while noting the progress made at the Akonolinga District Hospital between 2002 and 2014.

The methodology here was the mobilization of literary, academic, publications and oral testimonials. These methodological tools support our approach: diachronic and analytic to restore the genesis of the pathology, the historical process of care, as well as socio-environmental constraints related thereto. These instruments also demonstrate that the evolution of this care is the imminent response and complies with the requirements of the protocol of care as prescribed by the World Health Organization (WHO).

Endemic, epidemic and sporadic, Buruli ulcer has survived a long struggle since its discovery in 1975 in the Nyong Valley. However, in 2002, with the clinical management and the concerted efforts of several actors; the care policies have been satisfactory for the populations and the public authorities until 2014. Despite these successes observed at Akonolinga, many efforts remain to be made to satisfy other endemic areas of the national triangle. Moreover, ignorance of the correlation, if it exists with other diseases such as HIV / AIDS, could call into question all the advances made during this treatment

INTRODUCTION GENERALE

Notre travail a pour titre : « LA PRISE EN CHARGE DES MALADES DE L’ULCERE DE BURULI(Atom) A L’HOPITAL DE DISTRICT D’AKONOLINGA (2002-2014) : APPROCHE HISTORIQUE ».

1- CONTEXTE GENERAL DE L’ETUDE

Déclaré affection humaine à mycobactérie la plus fréquente[1] au monde après la tuberculose et la lèpre par l’OMS, l’ulcère de Buruli couvre plus de 30pays en Afrique et se trouve aussi présent en Asie, en Océanie, en Amérique du sud[2].Il fut décrit pour la première fois en Ouganda par sir Robert Cook en 1887 dans la région de Buruli d’où il tire sa dénomination.

En effet ,trois ans après la découverte du premier foyer de l’ulcère de Buruli à Akonolinga au Cameroun en 1975,la conférence d’Alma-Ata[3] se tenait dans l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) en1978 et fixait un objectif principal international « santé pour tous ».Cet objectif lançait par là même la prise des « initiatives mondiales pour la santé »par les gouvernements tout en favorisant l’accès aux soins de santé primaires de qualité aux populations démunies et même vulnérables.

En 1980, le Cameroun ratifie la charte du développement sanitaire de l’Afrique faisant des soins de santé, la stratégie[4] primordiale en vue de l’évolution

vers l’objectif « santé pour tous en l’an 2000 ».

Le 9 décembre 2011, un secrétariat d’Etat auprès du ministre de la santé publique chargé de la lutte contre les épidémies et les pandémies[5] voit le jour. Ce dernier ayant pour mission d’élaborer et de mettre en œuvre une politique gouvernementale en matière de santé publique.

Préoccupés par la prise en charge des pathologies infectieuses diverses qui sévissent à l’intérieur du territoire, les pouvoirs publics camerounais placent le domaine de la santé au cœur de la politique sociale du président de la république Son Excellence Paul BIYA qu’il soutient personnellement dans sa politique des « Grandes ambitions » et prescrit à son gouvernement en ces termes :

Donner à notre système de santé la capacité de répondre aux besoins réels de la population, en donnant aux formations hospitalières et aux centres de santé les moyens nécessaires en personnel, en matériel, et en médicaments d’une part et d’œuvrer pour qu’à terme nous aboutissions à un dispositif d’assistance médicale qui ne laisserait aucun camerounais sans soins, quels que soient ses moyens[6].

Ainsi donc le secteur de santé semble être au centre de toute préoccupation nationale et internationale. C’est pourquoi les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD)[7] renforcent les réactions de multiples acteurs dans la prise en charge de certaines épidémies et pandémies en général et l’ulcère de Buruli en particulier : c’est le cas de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), Aide aux Lépreux Emmaüs suisse (ALES), Médecins Sans Frontières (MSF) et bien d’autres encore.

Mais, s’il faut le dire, malgré les avancées observées dans la prise en charge des pathologies infectieuses, les méthodes et stratégies employées semblent ne pas rassurer et garantir le bien-être des populations ; le constat fait ici, résulte du fait que les populations contractent jusqu’à ce jour des infections qui auraient été éradiquées il y’a de cela des décennies ou du moins qui auraient été affaiblies dans leur expansion ; tel l’ulcère de Buruli.

2- RAISONS DU CHOIX DU SUJET

Les raisons nous ayant incité au choix de ce sujet de recherche sont diverses. En effet, nous voulons exprimer le désir qui a toujours animé notre état d’esprit face au désarroi des personnes victimes de certaines maladies que nous souhaitons voir un jour bénéficier d’un traitement préférentiel en matière de santé physique. Pour cela il faudrait certainement passer par la prise en charge et le suivi des malades pour assurer leur bien-être.

Par ailleurs, notre sensibilité a été suscitée pour le choix de ce sujet par ce que non seulement une de nos nièces a été victime de l’ulcère de Buruli, mais aussi les souffrances qu’elle a endurées semblent à jamais ancrées dans notre cœur, sans oublier les dépenses économiques et financières que cela a orchestré pour une famille assez modeste.

Hors mis le fait qu’un membre de la famille avait été atteint par l’ulcère de Buruli, nous avons aussi vécu à Akonolinga dans un milieu où sévit la mycobactérie à ulcère depuis notre enfance et où depuis plus de quatre décennies la maladie fait des ravages et les populations locales continuent à être exposées au quotidien.

Ayant donc vécu proche d’une victime de cette affection, nous avons vu de près les douleurs, les traumatismes, la stigmatisation et parfois même l’exclusion sociale dont sont victimes les malades de l’ulcère de Buruli à Akonolinga. Nous avons aussi essayé d’évaluer la durée de traitement de cette maladie et le temps de rééducation habile qui sont des éléments non négligeables dans la prise en charge des malades.

En outre, l’action de certains acteurs engagés dans la prise en charge des malades et même la lutte contre cette pathologie, constitue aussi un stimulant pour le choix de ce sujet. Il s’agit des acteurs étatiques et non étatiques parmi lesquels les ONG Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES) et Médecins Sans Frontières (MSF).

Enfin, notre désir profond est d’apporter notre contribution à l’évolution des politiques de prise en charge gouvernementale après nos différentes recherches. Il s’agit donc pour nous de dégager le degré de prévalence de l’ulcère de Buruli et les stratégies d’amortissement ou du ralentissement de l’expansion de l’endémie. Ceci afin d’interpeler toute la communauté scientifique, non seulement historienne, mais également des facultés de médecine et aussi toute institution de recherche du Cameroun et du monde à orienter leurs travaux de recherche vers cette pandémie qui continue à semer la psychose auprès des populations d’Akonolinga et aussi un peu partout dans le globe. Afin de trouver des moyens adéquats pour venir about de cette pathologie et apporter un ouf de soulagement aux populations vulnérables et exposées d’Akonolinga et d’ailleurs.

3- INTERET DE LA RECHERCHE

Ce sujet semble à première vue être de l’apanage exclusif des sciences biomédicales, mais nous le traitons avec beaucoup de réserves et ne faisons que jeter un regard d’historien sur la situation qui prévaut depuis des décennies à l’hôpital de district d’Akonolinga.

S’agissant de l’intérêt scientifique, ce travail ambitionne d’apporter une contribution dans l’historiographie de la santé au Cameroun. Ceci en présentant l’évolution des prises en charge de l’ulcère de Buruli à l’hôpital d’Akonolinga ; et surtout en ressortant les difficultés rencontrées durant le processus évolutif de la prise en charge de cette pathologie. Passant par les itinéraires thérapeutiques, ce travail revêt un aspect médico -anthropologique car dans ce cadre sont mis en lumière les perceptions locales et les comportements sociaux vis-à-vis de cette pathologie.

Sur le plan didactique et pédagogique, ce travail tente d’appréhender ou de saisir les trajectoires des politiques à l’œuvre à travers la production des données factuelles et synthétiques[8] pouvant intéresser les personnes en charges de la question et pouvant servir de lanterne aux autres acteurs de ce combat. Pour ce qui est de la pédagogie, ce travail enseigne sur les risques de contamination et sensibilise les populations et éveille leur conscience face à ce combat de longues dates.

Sur le plan pratique, ce travail interroge l’efficacité des mesures prises non seulement pour venir en aide aux populations, mais aussi pour combattre cette pathologie au Cameroun dans l’histoire.

Enfin ,ce travail vise à faire comprendre aux pouvoirs publics qu’ils devraient encore améliorer leurs efforts plus que ceux du passé : ceci à travers la mise en œuvre des initiatives de développement social ;à travers les encouragements des organismes et tout autre acteur engagés dans la prise en charge par l’octroi des subventions régulières et multiformes aux structures sanitaires implantées dans les zones à risque de toute l’étendue du territoire, afin d’assurer le bien-être des populations même les plus démunies.

4- CADRE SPATIO TEMPOREL

La délimitation du cadre spatio- temporel d’une recherche en histoire doit obéir à la norme de la discipline historique qui veut que les faits et événements décrit dans le récit historique se soient déroulés dans un milieu donné et à un moment précis.

Pour ce qui est du cadre spatial de notre étude, il est centré sur la localité d’Akonolinga, chef-lieu du département du Nyong et Mfoumou et chef-lieu d’arrondissement d’Akonolinga. Lors du recensement de 2005, la Commune comptait 47 561 habitants dont 19 282 pour la Ville d’Akonolinga[9]. Tout comme le Cameroun en général, Akonolinga se situe dans une zone intertropicale et appartient à un milieu géographique favorable à la prolifération de plusieurs types de maladies. Dans cette localité, l’existence réelle de plusieurs pathologies infectieuses n’est plus à démontrer. L’on en dénombre des individus atteints de tuberculose, de paludisme, de la grippe, de gonococcie et d’onchocercose qui ont souvent et toujours bénéficié des soins médicaux au sein de l’hôpital de district d’Akonolinga ceci sans compter ceux atteints de l’ulcère de Buruli. Ainsi donc une approche historique sur la prise en charge de cette dernière maladie serait nécessaire.

Le cadre chronologique de ce travail couvre la période allant de 2002 à 2014.

La borne 2002 représente les débuts de la prise en charge effective de cette pathologie à Akonolinga par les Médecins Sans Frontières(MSF). Malgré la découverte de ce premier foyer[10] de l’ulcère de Buruli au Cameroun par le docteur Ravisse en 1975. Ce foyer fut localisé dans la vallée du Nyong entre les villes d’Akonolinga et d’Ayos.

L’année 2014, quant à elle constitue la date de départ de l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Médecins Sans Frontières(MSF) qui est l’un des plus grands acteurs de la prise en charge des malades et de la lutte contre l’ulcère de Buruli à l’hôpital de district d’Akonolinga.

5- CADRE CONCEPTUEL DE LA RECHERCHE

Procéder à l’examen de ce thème de recherche nécessite au préalable que soient éclaircis certains concepts et expressions, afin que comme le soulignait BOILEAU dans l’art poétique publié en 1674 : « Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément (…) », ainsi donc :

La prise en charge comme le définit le Dictionnaire universel, est le fait de prendre la responsabilité de quelqu’un ou de quelque chose[11]. Il s’agit ici de la responsabilité des hommes en général et des malades de l’ulcère de Buruli en particulier par les pouvoirs publics et bien d’autres acteurs déterminés à en découdre avec cette pathologie.

Les malades sont des personnes qui éprouvent une quelconque altération dans leur santé. Donc un malade est une personne qui est atteinte par une maladie[12].

Ulcère quant à lui est une perte de substance de la peau ou d’une muqueuse prenant la forme d’une lésion qui ne cicatrise pas et tend à s’étendre et à suppurer. C’est donc ainsi une plaie d’une plante qui ne se cicatrise pas[13].

Buruli enfin n’est rien d’autre qu’une région ougandaise ou cette maladie a été découverte pour la toute première fois dans le monde et qui a donné son nom « Atom » est une vulgaire appellation locale de l’ulcère de Buruli dans le Nyong et Mfoumou.[14]

6- CADRE THEORIQUE DE LA RECHERCHE

La recherche en histoire a toujours fait l’objet d’incessants débats au près des savants et des différentes écoles historiques en présence. Considérée pendant longtemps comme « science du passée [15] », l’histoire s’occupait des faits et évènements du passé. Mais, la conception de l’histoire a connu un certain dynamisme au fil du temps au niveau de son objet d’étude, la périodicité et des sources. Cette évolution prend trouve toute sa valeur avec la création de l’école des Annales dans les années 1920. Ainsi, dès le XXème siècle, l’histoire passe du champ évènementiel pour le champ de la « globalité et de la totalité [16] ». A cet effet, l’avènement de l’école des Annales constitue la réelle rupture épistémologique dans la considération de l’histoire.

La périodicité en histoire est toujours polémique entre l’école Méthodique et l’école des Annales. Dans leur conception de l’histoire, il faut un certain recul pour étudier certains faits. Ainsi pour François Dosse « le temps de l’histoire doit être différent du temps de l’historien[17] ». Avec l’adjonction de nouvelles catégories de sources en histoire dont internet et les sources audiovisuelles au mieux avec l’avènement des Technologies de l’Information et de la Communication(TIC), un cadre propice sera consacré à la Nouvelle histoire. Ses précurseurs Jacques Le Goff, Emmanuel Leroy Ladurie pensent qu’un rapprochement entre l’objet d’étude et le temps d’étude doit être établi. C’est ainsi que naît dès 1989 dans la recherche historique un nouveau champ qualifié “ histoire immédiate ou histoire du temps présent ”[18], que J- F Soulet définit dans l’avant-propos de son ouvrage en ces termes :

Au total, nous entendons donc par histoire immédiate l’ensemble de la partie terminale de l’histoire contemporaine, englobant aussi bien celle dite du temps présent que celle des trente dernières années ; une histoire qui a pour caractéristique principale d’avoir été vécue par l’historien ou ses principaux témoins[19].

Cette histoire a pour particularité la manipulation des faits actuels comme relevant de l’analyse historique. Cette temporalité rend l’historien semblable à un journaliste car pour les historiens de l’école des Annales à l’instar de Fernand Braudel, l’histoire se conçoit mieux sous l’angle de ce qu’il appelle « la longue durée ». Et pourtant cette question du « présent » en histoire trouve sa place avec des auteurs tels que Corneille quand il soutient dans ces mémoires « Considérer l’histoire comme une science relevant de l’étude du passé », c’est bien oublier que toute étude se fonde d’abord sur la réalité vécue par les hommes du présent[20].C’est dire qu’on a besoin aussi bien du passé que du présent pour la compréhension de l’histoire. Cette hypothèse est encore mieux décrit par Henri Irénée-Marrou quand il affirme : « Tout ce qui a été dit hier, tout ce qui a été dit il y a une heure, tout ce qui a été dit il y a une minute fait partie du passé »[21].

Ainsi donc, au regard de toutes ces approches, le présent travail a pour objectif de montrer, non pas pour prendre position, que l’histoire peut et doit se faire selon de nouveaux principes. Mais aussi, pour montrer que la discipline historique doit s’arrimer au dynamisme des sociétés et temps, afin que la science historique reste toujours contemporaine à son époque.

7- LA REVUE DE LA LITTERATURE

Pour Pierre N’da, la revue de la littérature est « la recension critique des études et des travaux sur le sujet traité[22] ». Il s’agit de parcourir les écrits nécessaires qui traitent du sujet de recherche. De ce fait donc,« lorsqu’un objet de réflexion touche à un problème de santé ou à une pratique médicale, le chercheur va devoir dépouiller et analyser un certain nombre de textes[23] ». Ainsi en vue de la rédaction de ce travail, nous avons consulté au-delà des textes, des ouvrages et autres données factuelles. De manière générale, plusieurs questions de santé avaient déjà été abordées sous un angle historique par d’autres auteurs ; parmi lesquels :

AHOUA Laurence[24], dans son ouvrage présente l’amélioration de la prise en charge de l’ulcère de Buruli dans le monde ; tout en mettant l’accent sur l’absence complète des médicaments et ressortant par-là même son inquiétude pour cette prise en charge.

EBA ABADA Alex Placide[25], dans son mémoire de DIPESII d’histoire traite de l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses, dont le paludisme, la lèpre, la tuberculose et de la trypanosomiase au Cameroun. Il décline ici même les différents acteurs de prise en charge de ces pathologies tout en décrivant ces dernières et en donnant leur impact dans les sociétés camerounaises.

MVE BELINGA Jeannot[26], dans son mémoire de Maîtrise en histoire déroule l’importance de la médecine traditionnelle au Cameroun entre 1916 et 1960, tout en présentant les multiples obstacles rencontrées par les politiques sanitaires appliquées dans la région de Sangmélima.

MVENG Engelbert[27], expose dans son chef-d’œuvre, l’évolution des services de santé de la période allemande à la période française au Cameroun. Il met en exergue la contribution et le rôle de la médecine traditionnelle.

VIDAL Laurent et KUABAN Christopher[28], mènent une étude anthropologique, historique, médicale sur les politiques de prise en charge de la tuberculose et VIH/Sida au Cameroun et au Sénégal en mettant l’accent sur les trajectoires historiques et les difficultés socio-culturelles. Dans cet ouvrage, il est également mis en relief les acteurs, et les structures de prise en charge et les différentes représentations sociales des maladies dans ces deux pays.

8- PROBLEMATIQUE

Quarante ans après la découverte de l’épidémie de l’ulcère de Buruli dans la localité d’Akonolinga, l’on constate toujours la présence de la maladie dans cette localité bien qu’elle soit en régression.[29] Selon des statistiques présentées à l’ OMS en 2009 par le docteur Charles Nsom Mba et malgré les efforts remarquables du gouvernement à octroyer les soins de « santé pour tous ». De ce fait donc, quelles sont les politiques et les stratégies de lutte contre l’ulcère de Buruli et de prise en charge des malades dans la structure hospitalière de cette localité ? Autrement dit quelles sont les avancées et quelles sont les différentes issues thérapeutiques empruntées au bout de ces 4 décennies pour stopper net cette endémie qui ne cesse de causer jusqu’à nos jours : traumatismes, frayeur et stigmatisation auprès des populations d’Akonolinga ? Ainsi donc , il s’agit d’observer sous quel prisme le processus historique des prises en charge des malades de l’ulcère de Buruli à l’hôpital de district d’Akonolinga a connu des difficultés et un ralentissement dans son action d’éradication de la mycobactérie à ulcère, afin de mettre en œuvre des politiques sanitaires adéquates visant à préserver le bien-être physique[30] des populations face à ce mal social en plein expansion.

9- METHODOLOGIE DE TRAVAIL

La méthodologie présente l’approche adoptée pour l’élaboration de notre travail et les ressources mobilisées pour sa réalisation. A cet effet, une double démarche descriptive et analytique a été privilégiée dans notre travail afin de rendre compte de façon intelligible l’ensemble des informations recueillies.

La description ici a consisté à présenter la prise en charge de l’Ulcère de Buruli et son évolution au fil du temps, tout en incluant les différents problèmes rencontrés. Par ailleurs, l’analyse a permis d’identifier les zones de blocage et la nature de ces dernières faces aux politiques, stratégies et au processus de prise en charge. Ainsi donc pour Richard ANTONIUS, « les recherches les plus intéressantes ne cherchent toujours pas à prouver quelque chose, mais souvent à identifier des processus ou à décrire des phénomènes complexes [31] ».

Dans un souci de clarté et de compréhension de notre thématique, plusieurs sources ont été utilisées. Nous avons en premier ressort, les sources primaires constituées des documents d’archives et les témoignages oraux, mais dont la quantité ne fut pas suffisante pour la rédaction de ce mémoire. Les sources secondaires, quant à elle comprennent : la littérature académique constituée de mémoires et des thèses, les documents scientifiques dont les ouvrages, les articles et revue de journaux, et les sources électroniques nous ayant permis d’élargir notre champs d’investigation.

En somme, la collecte des témoignages oraux s’est effectuée sur le terrain à travers un guide d’entretien et des interviews adressés aux personnes cibles. Les Archives Nationales de Yaoundé étant momentanément fermées pour rénovation, nous poursuivions nos recherches au sein des Archives de l’hôpital d’Akonolinga. La collecte des sources secondaires s’est effectuée dans les bibliothèques, les centres de documentation publics, privés, universitaires et dans les points de navigation sur internet.

Toutefois, ce travail a fait face à de nombreuses difficultés parmi lesquelles l’accès à certaines informations liées au système de santé du Cameroun. En effet, la plupart du personnel du Ministère de la Santé approchés a souvent affiché un faible intérêt pour ce travail. Mais malgré ces écueils, nous espérons avoir étayé quelques données liées à cette prise en charge de cette pathologie dans l’histoire. Ainsi, ces difficultés n’ont pas empêché de mener ce travail à son terme car malgré ces désagréments, un plan de travail a été élaboré.

10- PLAN DU TRAVAIL

Le plan constitue la base de tout travail, car comme le dit Michel Beaud : « Aucun architecte n’entreprend les travaux de construction d’une maison sans en avoir les plans détaillés cohérents, avec des cotes précises »[32]. Ainsi, pour rendre ce travail cohérent un plan a été élaboré, il est constitué de quatre (04) chapitres.

Le premier chapitre qui s’intitule : "La présentation géographique d’Akonolinga et genèse de Buruli" met en exergue l’influence du milieu naturel dans la transmission de l’ulcère de Buruli et relate l’historique de ce dernier.

Le deuxième chapitre a pour titre : "Les stratégies de prise en charge de l’ulcère de Buruli" présente l’évolution des politiques et stratégies de prise en charge de cette maladie à Akonolinga et tous les moyens déployés dans ce combat.

Le troisième chapitre quant à lui porte sur : "Les acteurs de la prise en charge" et se consacre à présenter toutes les ressources humaines, matérielles et organisationnelles mobilisées pour tenter d’éradiquer cette pathologie. Il présente aussi les activités menées par chaque organisme entre 2002 et 2014 à Akonolinga.

Le quatrième chapitre enfin est centré sur "Le bilan et les limites de la prise en charge". Il présente les résultats et les atouts qui contribuent à l’efficacité de cette prise en charge, tout en ressortant les difficultés rencontrées par les différents acteurs durant les douze années de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga.

CHAPITRE I : LA PRESENTATION GEOGRAPHIQUE D’AKONOLINGA ET GENESEDE L’ULCERE DE BURULI

L’ulcère de Buruli est l’une des pathologies infectieuses les plus dangereuses au monde. Cette maladie reste encore mal connue même des professionnels de la santé et même de ceux qui en sont des victimes. Aussi faut –il le mentionner, les aires qu’elle occupe font partie intégrante du territoire camerounais dont les populations devraient bénéficier des traitements et les droits à la santé que le reste des concitoyens, au regard de l’un des objectifs du millénaire pour le développement(OMD) « santé pour tous en l’an 2000 ».

Ainsi donc, l’étude des généralités géographiques de la localité d’Akonolinga et la genèse de l’ulcère de Buruli dans ce chapitre que nous élaborons permet d’établir l’influence du milieu biogéographique sur la propagation de la mycobactérie dans cette localité, ainsi que le rapport existant entre l’environnement et la pathologie.

I- GENERALITES SUR LE DEPARTEMENT DU NYONG ET MFOUMOU

Le département du Nyong et Mfoumou dont le chef-lieu est Akonolinga fait partie de la région du Centre du Cameroun. Sa population estimée à près de 132945 habitants[33] est constituée de plus d’une quarantaine de tribus tous issus du grand ensemble Fang-Béti-Boulou. Il serait donc important qu’on s’y attarde pour dénicher son potentiel naturel et surtout les moyens dont disposent les populations locales pour prendre charge un malade de l’ulcère de Buruli. De ce fait donc nous examinerons tour à tour dans cette partie les éléments du milieu naturel et ensuite nous nous pencherons sur les données administratives et économiques de cette région.

A- LES ELEMENTS DU MILIEU NATUREL

Les éléments du milieu naturel dont le climat, le relief, l’hydrographie et la végétation seraient par ailleurs des données descriptives et caractéristiques des grands foyers endémiques de l’ulcère de Buruli dans le monde. C’est pourquoi dans la suite de ce travail nous présenterons ces facteurs géographiques de manière brève et exhaustive.

1- Le climat

Situé en zone forestière, Akonolinga appartient au climat de type équatorial[34] à l’exemple des autres circonscriptions de la région. Les influences climatiques se traduisent par l’importance de la pluviométrie annuelle (1500mm/an). Le cycle des saisons et les températures varient notamment avec l’altitude[35].Par conséquent, le Nyong et Mfoumou connait une dynamique saisonnière qui se subdivise en quatre saisons : une grande saison de pluies allant de mi-août à mi-novembre ; une grande saison sèche allant de mi-novembre à mi-mars ; une petite saison de pluies allant de mi-mars à mi-mai ; une petite saison sèche mi-mai à mi-aout.

Selon la station météorologique d’Akonolinga, la pluviométrie enregistrée au cours de l’année 2016-2017est de 1738,4mm/85jrs[36]. Cependant, les mutations climatiques actuelles que subit toute la planète modifieraient le découpage saisonnier susmentionné soit en renforçant la pluviométrie, soit en prolongeant l’étiage. Le bassin du Nyong et des fleuves côtiers appartient à des zones plus humides et les plus arrosées qui caractérisent le domaine de la forêt. La pluie constitue l’élément météorologique important avec une rareté des vents violant sauf avant les tornades[37].la température minimale est observé entre décembre et janvier et est de faible amplitude, et les températures maximales s’observent en fin de grande saison sèche en février. Mais, ce climat tel qu’il est favoriserait la propagation de plusieurs maladies dites tropicales comme le paludisme, voire même l’ulcère de Buruli.

2- Le relief

Le relief peut être considéré comme l’ensemble des inégalités du sol. Le département du Nyong et Mfoumou, situé dans la zone forestière présente un relief peu accidenté ; à la configuration d’un plateau dont le point culminant est à 877m[38] dans le groupement Yembama[39] dans l’arrondissement de Mengang. On y rencontre trois types de sols : les sols ferralitiques sous les forêts ; les sols alluvionnaires très fertiles que l’on rencontre le long des cours d’eau dans les zones marécageuses et les sols ferralitiques rouges en zone de savane[40]. Ces sols constituent le magasin aquifère relativement important dans la localité, ils sont propices au développement des cultures vivrières et constituent la terre d’élection du cacaoyer dont l’extension est grande dans la région. Donc, les cultures de rente, l’exploitation forestière et les cultures vivrières sont les principales ressources économiques des populations.

3.L’hydrologie et la végétation

Le département du Nyong et Mfoumou est arrosé par le fleuve Nyong et son principal affluent est le Mfoumou. Ces deux cours d’eau sont alimentés par de nombreux ruisseaux et rivières dont les méandres sont à l’origine de nombreux marécages. Ceux –ci seraient non seulement à l’origine de l’enclavement de certaines localités, mais aussi de la prolifération des maladies tropicales telles l’ulcère de Buruli, est due à la lenteur de l’écoulement de ces principaux cours d’eau. Le lit majeur du Nyong constitue une vaste zone marécageuse au sein de laquelle serpente le fleuve. Ce lit est envahi par ce que l’on a appelé « la prairie inondée »[41] constituée essentiellement des graminées (échinocloa stagnina).

Photo n° 1 :Le fleuve Nyong à Akonolinga

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Source: Klaudia Porten, Prévalence of Buruli cases in the Heath District of Akonolinga, Cameroun: A population Survey /Protoco l, Geneva, Epicentre/MSF-Ch., October 2006, p.12.

Ces graminées par leur enchevêtrement forment généralement une masse végétale qui devient un véritable matelas flottant[42].Actuellement, les principaux foyers endémiques se situent en zones tropicales et subtropicales humides, plus particulièrement dans les zones rurales. La maladie évolue sur le mode endémo-épidémique, apparaissant en foyers, proche de zones marécageuses ou faiblement drainées[43].

Utilisé comme voie de navigation jusqu’en 1951 entre Mbalmayo et Abong-Mbang, le Nyong était régulièrement désherbé. Donc il constituait la voie la plus pratique pour relier Doumé centre d’ivoire et de caoutchouc à la mer par le port de Kribi. Une voie de 400km était appréciée à l’époque où les transports se faisaient par portage et éventuellement par petites pirogues[44]. Mais, depuis 1951 le développement de la végétation aquatique posait des problèmes nouveaux.

En général, la végétation dans le Nyong et Mfoumou est toujours verte à cause de sa situation géographique en zone équatoriale. L’on rencontre de fait des hautes herbes dans les savanes ; de la mangrove présente tout au long des bords des cours d’eau et même la forêt. Les savanes localement appelées « koudou » sont pour la plupart arbustives[45]. On y trouve dans cette végétation de nombreuses espèces faunique telles que : sangliers, chimpanzés, gorilles, éléphants, antilopes, buffles, singes, crocodiles et bien d’autres. Quant aux cours d’eau, ils regorgent plus d’une variété de poissons comme : les tilapias (carpes), les silures (cypunus vendelis), kanga (heterotis)[46]

Cependant, au regard de tous ces atouts naturels, les autorités administratives mettent tous en œuvre pour promouvoir l’économie locale.

B- CADRE ADMINISTRATIF ET ECONOMIQUE

Pour mieux cerner les enjeux de la prise en charge del’ulcère de Buruli à Akonolinga, il convient de dresser l’importance de l’organisation administrative de cette localité qui passe par son évolution historique et également d’embrayer sur les moyens économiques dont disposent les populations locales pour subvenir à leurs besoins en matière de santé en général et de la pathologie ulcère de Buruli en particulier qui constitue un poids considérable pour les familles des victimes.

1.Evolution administrative d’Akonolinga

L’évolution administrative de la circonscription d’Akonolinga est consécutive à l’histoire coloniale du Cameroun. En effet, les mutations observées dans cette localité correspondent à l’implantation des différentes puissances impérialistes au Cameroun[47]. A ce titre, Akonolinga est passé du statut de poste administratif sous le protectorat allemand (1884-1916), à celui de chef-lieu de subdivision pendant le mandat (1919-1945) et la tutelle française (1946-1959), pour enfin être érigé en département au lendemain de l’indépendance du Cameroun en 1964.

Cependant, lorsque l’administration coloniale allemande décide de mettre fin au monopole commercial des Douala et d’établir les relations avec l’hinterland, elle va se heurter à des vives résistances des chefs locaux telles que celle de 1904 du chef SIMEKOA de l’ethnie Yézoum et celle de 1905 du chef MBIDA MENGUE du peuple Mbida-mbani dans l’actuel arrondissement d’Endom[48]. Aussi de nombreuses guerres battaient leur plein dans la zone. Ainsi donc pour mettre fin au désordre et pour mieux contenir les populations, le major Hans Dominik, commandant du poste de Yaoundé décida de la création d’un poste à Ekoua, petit village au nord de l’actuelle ville d’Akonolinga en 1904, où se succédera tour à tour les chefs de poste suivants : LAUSETTE, MANN, et LECBERT. En 1907 le poste d’Ekoua prend la dénomination d’Akonolinga en mémoire du grand chef AKONO OLINGA MEVA de la tribu Yengono[49], fidèle allié de l’administration allemande assassiné par les tribus hostiles qui le considéraient comme traître.

Après leur défaite durant la première guerre mondiale, les Allemands sont chassés d’Akonolinga en 1916 et relayés par les Français et la même année Akonolinga sera érigé en subdivision administrative et deviendra circonscription du Nyong et Mfoumou avec pour chef-lieu Akonolinga. Avec le passage de la circonscription à la région, Akonolinga fut intégré dans la région Nyong et Sanaga le 16 avril 1935[50]. A la suite de l’éclatement de l’ex-Nyong et Sanaga, la subdivision d’Akonolinga dans ces contours géographiques actuels devient département par le décret fédéral N064/DF/219 du 20juin 1964[51].

Carte n° 1 : Carte administrative d’Akonolinga

Source : Archives communales d’Akonolinga .

Par ailleurs, devenue département du Nyong et Mfoumou, cette circonscription est divisée en cinq unités administratives : les arrondissements d’Akonolinga, Ayos, Endom, Mengang et Nyakokombo , comptant 279 chefferies traditionnelle de 3è degré, 16 chefferies de 2è degré et avec environ 132.945 habitants[52] donc 84.852habitants seraient regroupés au sein de l’arrondissement d’Akonolinga. Cette population constitue une masse importante à protéger contre les ravages endémiques de l’ulcère de Buruli dans cette localité.

2.L’agriculture : une activité économique de base

La prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli demande suffisamment des moyens économiques et financiers. Les populations d’Akonolinga disposent d’un ensemble de revenus figés en grande partie sur l’agriculture. Au regard de la fertilité des sols, les locaux exercent des activités agricoles basées essentiellement sur les cultures vivrières d’auto consommation[53] ; malgré que leurs techniques culturales soient rudimentaires. On y récolte donc les tubercules : ignames, patates, manioc macabo, mais aussi des arachides et du maïs avec pour seules cultures de rente le cacao et le café.

Ainsi donc, cette agriculture et sa productivité sont conditionnées par les variations de saisons qui sont elles aussi influencées par les changements climatiques actuels. De ce fait donc, les produits agricoles et halieutiques issus de ce milieu sont destinés au commerce local et métropolitain ; pour des revenus non négligeables capables de soutenir la dépense sanitaire.

3.La pêche et le commerce

Au même titre que l’agriculture, la pêche dans la zone d’Akonolinga est une activité dont la rentabilité est importante pour subvenir aux besoins des populations. A cet effet, le fleuve Nyong, ses affluentes et les rivières dont regorge la subdivision d’Akonolinga se réfèrent à un don du ciel.Les techniques de pêche sont aussi archaïques, et basées sur le filet pour la capture de tout « spécimen » d’espèces fauniques aquatiques, du piège dans l’eau « Angang » pour les captures des heterotis qui constitue l’espèce la plus rentable. Dont, les prix varient entre3500FCFA et 8000FCFA[54].Donc ces ressources halieutiques sont généralement destinés au commerce ;et les revenus servant aussi bien pour la scolarisation des enfants que pour la prise en charge de la famille en cas de maladie.

En somme, les produits économiques issus de la pêche et de l’agriculture sont généralement érigés soient dans les marchés locaux, soient alors reversés dans les marchés métropolitains dont Yaoundé et Douala en sont bénéficiaires pour leur écoulement rapide et à court terme.

II- GENERALITES SUR L’ULCERE DE BURULI

L’ulcère de Buruli est causé par une mycobactérie environnementale qui sévit surtout dans les régions tropicales et subtropicales humides. En 1998 l’Organisation Mondiale de la Santé(OMS) a déclaré cette maladie « maladie émergente »[55]. La gravité de cette pathologie se manifeste par l’ulcération étendue et la destruction tissulaire qu’elle entraîne. Toutefois, cette infection cutanée semble très ancienne. En effet, en 1887 Sir Albert Ruskin COOCK médecin Anglais décrivait de larges ulcérations aux bords décollés chez les patients Ougandais. A partir de 1950 de nombreux cas de cette maladie sont aussi décrits en Afrique de l’Ouest puis en Afrique centrale, en Asie, en Australie, et même en Amérique. Ainsi cette articulation tient à retracer la localisation générale de l’ulcère de Buruli pour ensuite présenter les types d’ulcères et son impact sur les victimes.

A- LOCALISATION GENERALE DES FOYERS ENDEMIQUES

L’ulcère de Buruli représente une affection humaine à mycobactérie la plus fréquente au monde. Plusieurs foyers endémiques ont été rapportés dans les zones rurales intertropicales dans plus de 30pays en Afrique, en Asie, en Océanie, en Amérique du sud, au Mexique et en Australie[56].Depuis une dizaine d’années la prévalence de l’ulcère de Buruli a augmenté de façon alarmante dans le monde. Actuellement, les principaux foyers endémiques se situent en zones marécageuses ou faiblement drainées permettant à la maladie d’évoluer en mode endémo-épidémique[57].

1.Les grands foyers endémiques au monde

D’après l’OMS l’incidence de l’ulcère de Buruli dans le monde a augmenté de façon alarmante depuis une dizaine d’années. Actuellement, les principaux foyers endémiques dans le monde sont : l’Afrique où cette pathologie a été mise au jour par Sir Albert Ruskin COOCK en 1887 en Ouganda, le Pacifique Ouest, l’Asie et l’Amérique du sud[58]. En 1998, l’OMS qui a reconnu l’ulcère de Buruli comme une importante maladie émergente suite à sa recrudescence dans les pays d’Afrique de l’Ouest et a lancé une « Initiative Mondiale contre l’Ulcère de Buruli »[59] et de former un Groupe Consultatif composées des représentants des Ministères de la Santé des pays touchés, des chercheurs et des ONG afin de favoriser et de coordonner la lutte contre cette maladie.[60]

En Afrique, l’OMS a donc signalé 25pays touchés de l’ulcère de Buruli et des cas ont notamment été rapportés en Angola, au Benin, au Burkina Faso, au Cameroun, au Congo, en Côte d’Ivoire, en République Démocratique du Congo, au Gabon, au Ghana, en Guinée, au Kenya, en Ouganda, au Soudan, en Tanzanie et au Togo. Mais depuis 1980cette affection a connu une recrudescence en Afrique de l’Ouest.

2.Les foyers endémiques au Cameroun

Au Cameroun l’ulcère de Buruli a été décrite pour la première fois par Ravisse et al. en 1975, puis par Boisvert en 1977.Ces deux auteurs avaient tous identifié 47 cas provenant tous d’un même foyer localisé dans la vallée du Nyong entre les villes d’Akonolinga et d’Ayos dans le département du Nyong et Mfoumou régions du centre[61]. En 2001, les contrôleurs lèpre des districts sanitaires d’Akonolinga et d’Ayos ont constaté l’existence d’une endémie d’ulcères chroniques mutilants dans ces régions.

Les représentants du ministère de la santé de ces des deux zones et les ONG Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES) et Médecins Sans Frontières (MSF) ont décidé de mener une enquête épidémiologique. Réalisée en août 2001, cette enquête a couvert 85villages dans l’ancienne province du Centre soit une population de 98000habitants représentant les 75 % de la population totale de ces deux districts de santé[62]. A l’issue de cette enquête 438 cas ont été recensé dont 331 dans le district d’Akonolinga. A cet effet, certains experts ont considéré la situation comme alarmante à cause de l’impact social, économique et psychologique de cette affection.

Carte n° 2 : Régions suspectes par rapport à l’hydrographie et régions suspectes identifiées

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Source : UM BOOCK Alphonse, EYANGO Sarah et al. , Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical Suisse et Ministère de la santé publique, mars-novembre 2004, p.14.

En outre, depuis plusieurs années, le personnel de santé rapporte des cas d’ulcère de Buruli avec confirmation diagnostique dans différentes régions du pays, précisément dans les régions de l’Extrême Nord, de l’Adamaoua, du Sud-Ouest, du Centre[63], du Sud et de l’Est[64]. Dont six régions du pays, 63 villages, 31aires de santé et 20 districts forment un ensemble de 705 cas cliniques d’ulcères diagnostiqués à travers l’étendue du Cameroun en 2003.

Tableau n° 1 : Synthèse des tableaux synoptiques des districts, aires de santé et villages ayant des cas confirmés

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Source : UM BOOCK Alphonse, EYANGO Sarah et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical Suisse et Ministère de la santé publique, mars-novembre 2004, pp.26-29.

Mais, à cause de sa situation en région dite tropicale, l’étendue du territoire Camerounais semble ne pas être à l’abri de toute incidence pathologique. Malheureusement l’importance épidémiologique ne semble pas avoir attiré l’attention des autorités sanitaires car ignorée des statistiques sanitaires et souvent même méconnue du personnel de la santé. Selon la carte, les régions identifiées sont le Centre, le Sud-Ouest et l’Adamaoua et elles présentent une forte prévalence de l’ulcère de Buruli.

3.Epidémiologie et transmission

Causé par une mycobactérie environnementale mycobactérie ulcerans, l’ulcère de Buruli sévit dans les régions tropicales et subtropicales humides. Son facteur principal de virulence demeure la mycolactone encore méconnue. Cette dernière fait de cette endémie une maladie tropicale négligée[65]. Plusieurs études ont été menées pour chercher les facteurs de risque d’expression clinique de cette pathologie et les facteurs de risques d’exposition à la mycobactérie ulcerans. Le mode de contamination le plus probable de Mycobactérie ulcerans est la voie transcutanée (brèche cutanée, piqûre) lors des activités agricoles, de pêche ou de loisirs en zones endémiques.

Actuellement, l’hypothèse la plus probable pour le mode de transmission serait que Mycobacterium ulcerans serait fixé aux plantes aquatiques qui lui fourniraient les éléments nutritifs nécessaires et les facteurs de risques d’exposition à la mycobactérie ulcerans. Selon le docteur Sarah Eyango, la prévalence de la pathologie après analyse de plusieurs facteurs environnementaux, les facteurs et risques de transmission ont été de faible niveau d’étude. Mais pour elle, le fait de patauger dans les marais, les travaux des champs jambes nues, le fait de vivre à proximité d’une forêt et l’utilisation des pansements adhésifs en cas de blessure sont les véritables facteurs de transmission de l’ulcère de Buruli[66]. Par ailleurs, la pêche, les baignades pour le plaisir dans les rivières semblent confirmer le facteur risque.

La maladie est particulièrement fréquente dans les zones circonscrites et se propage très bien dans les zones marécageuses et herbeuses à proximité des cours d’eau. Il n’y a pas de contamination inter-humaine, l’homme se contaminerait au contact de l’environnement aquatique par un mode inconnu de transmission[67]. L’analyse des données climatiques et les modifications environnementales affectent l’écosystème rural et urbain et peuvent accroître les risques sanitaires comme l’ulcère de Buruli[68]. Par ailleurs plusieurs cas d’ulcère de Buruli en augmentation ont été observé pendant les périodes de déficit pluviométrique et inversement. Ainsi donc, le lien entre les précipitations et l’ulcère de Buruli présente un risque indéniable de contracter la maladie pour les populations vivant à proximité de ces zones humides et qui pour certains sont généralement en contact avec l’eau[69].

Les sujets les plus touchés sont les enfants âgés de moins de 15 ans et les femmes. Les enfants seraient souvent atteints sans doute à cause de leur système immunitaire fragile et leur engouement à jouer autour et dans les points marécageux.

B- TYPOLOGIE ET IMPACT DE LA PATHOLOGIE

L’ulcère de Buruli est une maladie tropicale qui, à ses débuts d’infection peut revêtir plusieurs formes. Ces dernières créent parfois de l’ambiguïté dans la détection précoce et la prise en charge rapide des patients. De ce fait, il peut apparaitre sous forme de nodule, d’œdème ou de plaque. Ainsi dans son évolution à long terme, quel que soit la forme prise, l’ulcère laisse toujours une incidence physique, sociologique, et psychologique sur ses victimes. C’est donc une maladie impitoyable et dramatique aux formes diverses[70].

1.Les formes d’ulcères

L’ulcère de Buruli semble revêtir plusieurs formes à la base, lui permettant de ne pas être détecté précocement. Nous avons de ce fait donc :

-le nodule : est une lésion s’étendant de la peau jusqu’aux tissus sous-cutanés ; avec un diamètre compris entre 1cm et 2cm et généralement indolore[71]. De manière simple, c’est un bouton qui apparaît sur une partie du corps humain sans émettre des douleurs. Souvent endurcit ce bouton prend du volume au fil du temps. L’évolution du diamètre de ce nodule constitue la putréfaction des tissus adipeux et surtout la propagation de la maladie dans l’organisme[72]. Cependant cette évolution du nodule s’apparente à une tuméfaction qui constitue une nouvelle forme de la maladie ;
-l’œdème : c’est une tuméfaction ferme indolore, diffuse et étendue[73]. Dans ce cas la zone touchée a des bords mal définis. Cette forme se caractérise un assèchement et une morbidité de la peau due par l’infection. Par ailleurs, le renflement du membre affecté se fait sans douleur et représente d’une ou d’une autre la putréfaction de toute la partie. Cette forme serait la plus sévère de toutes ; car la transformation de cet œdème en plaie envahira toute la zone endémique. Cette dernière conduit parfois à des amputations des membres[74].
-la plaque : est une forme de lésion indolore bien démarquée de plus de 2cm de diamètre. Elle se caractérise par une dépigmentation de la peau devenant rouge au-dessus de la lésion et s’apparente plus ou moins à la forme nodule.

De manière générale, l’ulcère se caractérise par un centre nécrosé, des bords creusés et une peau en périphérie infiltrée ou hyper pigmentée.

2.L’impact physique

Les observations cliniques sur les patients atteints de l’Ulcère de Buruli en Afrique laissent penser que les infections sévères peuvent provoquer des rétractions musculaires squelettiques et une atrophie, à l’origine des troubles fonctionnels importants.[75] Cette maladie conduit les victimes à des incapacités fonctionnelles observables. En effet, au degré parfois effroyable de la destruction des tissus musculaires (blessure), l’importance du physique des victimes reste à redéfinir. C’est ainsi que la perte des membres corporels ou l’amputation est la conséquence directe de la maladie. Par ailleurs, l’inaptitude de certains est due à une atrophie des muscles et veines articulaires.

Photo n° 2 : Ulcère en voie Photo n° 3 : Séquelle due de cicatrisation à l’ulcère de Buruli

Source: UM BOOCK Alphonse, EYANGO Sarah, WYSS Kaspar et NSOM MBA Charles, Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical Suisse et Ministère de la Santé publique, mars-novembre 2004, pp.16-17.

Ainsi donc, l’importance de cette maladie sur le physique des victimes entraine tout de même des conséquences socio-économiques non négligeables.

3.L’impact socio-économique

La conséquence socio-économique de l’ulcère de Buruli sur les patients est importante et semble créer pour la plupart des cas des relations de traumatisme et de stigmatisation du malade dans son environnement quotidien[76]. En effet, la maladie étant conçue comme étant une transgression des normes sociales et du non-respect des biens d’autrui serait la cause de la non-acceptation des victimes.

Par ailleurs, le poids de la maladie conduit les malades à tout genre d’incapacité motrice. C’est ainsi qu’exercer ses activités quotidiennes devient quasiment impossible et les patients des lourdes charges pour leurs proches. Ainsi, parfois marcher de ces propres pieds devient chose impossible, sans épargner les tâches ménagères ou champêtres[77]. Pour ce qui est des plus jeunes en âge scolaire, généralement la durée du traitement va de 2ans à 5ans pour les cas les plus sévères ; leur cursus scolaire toujours interrompu conduit parfois à l’abandon définitif des études scolaires.

Pour ce qui est de l’économie, l’influence de la maladie concerne toute la communauté sanitaire c’est-à-dire allant du patient jusqu’aux organismes internationaux en passant par les centres de santé intégrés. Elle inclut des dépenses financières, nutritionnelles et logistiques[78].

Tableau n° 2 : 2013 Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga(FCFA)

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- 78 patients ont été traités à Akonolinga en 2013
- Implication des dépenses par patient s’élève à :3 100 830.00 FCFA quand on tientcompte le budget total
- 1 952 294 87FCFA quand on tient compte du traitement onéreux.

Source: Archives de l’Hôpital d’Akonolinga , Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga (FCFA), 2013

La grille de dépense sus présentée ne concerne que la période ou la gratuité des soins étaient accordée aux patients ; c’est à dire entre 2002 et 2014. Elle présente spécialement les dépenses annuelles pour 78 malades dont le total s’élève à près de 250.000.000 FCFA en 2013 ; ce poids financier évalué pour seul malade de l’ulcère de Buruli revient exactement à 3.100.830FCFA /an[79] et pour le traitement directe de la maladie uniquement la dépense financière s’élève à 1.952.294FCFA/an. A cette grille devraient s’ajouter les frais de chambre d’hospitalisation[80].

Diagramme n° 1 : Impact économique de l’ulcère de Buruli

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Source : Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, p. 243.

En somme l’originalité de cette étude est d’associer des études épidémiologiques aux études environnementales. Elle a de ce fait permis d’analyser la biodiversité spatio-temporelle. Signalons que, jusqu’à ce jour, les services de santé, à l’exception des hôpitaux d’Ayos et d’Akonolinga, n’ont pas été capables d’apporter une réponse médicale à l’ulcère de Buruli, d’où le grand poids exercé par les traditions sur la maladie[81]. Ainsi avec une moyenne de 200 cas/an, l’ulcère de Buruli est un problème réel de santé publique au Cameroun[82] . Il semble donc indispensable d’apporter des éléments de réponse en vue de mieux cibler les interventions pour la prise en charge de la maladie.

CHAPITRE II : LES STRATEGIES DE PRISE EN CHARGE DE L’ULCERE DE BURULI

La prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli a pour but la promotion de toute action contribuant à la lutte contre cette maladie. La mise en œuvre d’un certain nombre de mécanismes au fil des décennies affirme l’importance accordée à la gestion des problèmes sanitaires en général et de l’ulcère de Buruli en particulier.

La maladie encore appelée « Atom » existe depuis très longtemps, mais ce n’est qu’en 2002 que des stratégies ont été élaborées, marquant ainsi le début des actions de prise en charge[83]. D’une manière générale, la prise en charge de l’ulcère a connu une grande avancée, notamment avec l’introduction de l’antibiothérapie par l’OMS en 2004. Cependant, les politiques de prise en charge adoptées non seulement par les pouvoirs publics camerounais, l’OMS mais aussi des particuliers ; élargissent le dispositif tant public que privé sur le plan local. Dans le district de santé d’Akonolinga, ces stratégies s’articulent autour de la mise en place d’un site, d’une infrastructure et d’un personnel requis aux préoccupations de cette prise en charge et aux mécanismes associatifs

I- UNE INFRASTRUCTURE ET UN PERSONNEL ADAPTES AUX PREOCCUPATIONS DE LA PRISE EN CHARGE

Le soutien de premier ordre accordé aux victimes de l’ulcère de Buruli depuis 2002, a un impact dans la gestion de l’hôpital et le personnel sanitaire. Ce soutien est élaboré en vue d’accroître et de mettre en place des méthodes efficientes et efficaces dans la lutte contre l’ulcère de Buruli. Il s’agit donc de réhabiliter l’infrastructure et de mieux former les agents de santé afin de mieux contenir l’ulcère de Buruli.

A- LA MISE EN PLACE D’UN SITE DE LUTTE CONTRE L’ULCERE DE BURULI ET LA FORMATION DU PERSONNEL SANITAIRE

Depuis le début des années 2000, la réponse que le système de santé apporte donne des résultats satisfaisants[84]. La construction d’infrastructures au sein des districts de santé d’Ayos et d’Akonolinga a été une première initiative gouvernementale et de ses alliés afin de combattre la pathologie dans ses bases originelles. De ce fait donc, la mise en place d’organes infrastructurels ne saurait être sans un personnel sanitaire à la hauteur des attentes de l’initiative de lutte contre l’ulcère de Buruli. D’où la mise en place des centres intégrés de santé, la formation et le recyclage du personnel médical.

1.La création des centres intégrés de santé

La lutte contre l’ulcère de Buruli s’est concentrée dans les zones endémiques où la recrudescence de la pathologie était effective. Il existe deux sites d’interventions dans la région du Centre au Cameroun en occurrence Ayos et Akonolinga. Peuplé d’environ 50.000 habitants chacun, leurs structures d’accueil sont les hôpitaux de district : ce sont les centres intégrés de santé[85]. En effet, il ne s’agit pas de l’infrastructure, mais plutôt d’une intégration d’une spécialité nouvelle au sein desdits hôpitaux. Ils sont de ce fait chargés des cas d’ulcères et des plaies chroniques.

Ces centres intégrés occupent juste les locaux de ces hôpitaux et dépendent directement de l’autorité du médecin chef de la structure d’accueil. Par ailleurs, cette dernière est impliquée par son personnel habituel[86]. Les médecins et les infirmiers sont chargés d’identifier les cas d’ulcère dans la structure et d’effectuer les soins et des traitements pré et post opératoires, d’assister les greffes cutanées. Le personnel du bloc opératoire quant à lui, est chargé de réaliser les anesthésies générales sous cutanées[87].

Ainsi donc, la mise en place de ces centres intégrés concourait déjà à l’application de la politique sectorielle du gouvernement et à l’objectif du millénaire pour le développement « santé pour tous en l’an 2000 ». Avec l’évolution des recherches sur l’ulcère de Buruli, les méthodes de prise en charge vont s’améliorer avec l’appui de plusieurs acteurs engagés dans la lutte contre l’ulcère de Buruli. De ce fait donc, l’hôpital de district d’Akonolinga franchira le cap de centre intégré de santé en l’an 2000 pour la construction d’un pavillon buruli en 2002 au sein dudit hôpital.

2.La mise en place d’un pavillon spécial de lutte contre l’ulcère de Buruli

Le pavillon est un site de référence de prise en charge de l’ulcère de Buruli et des plaies chroniques au sein de l’hôpital d’Akonolinga[88]. La construction des bâtiments de ce pavillon est un don de l’Organisation Non gouvernementale (ONG), Médecins Sans Frontières (MSF)[89] aux populations d’Akonolinga, en vue de promouvoir une prise en charge efficiente des malades de l’ulcère de Buruli. Mis en œuvre en 2002, ce pavillon est inauguré en juillet 2007 par le Ministre de la Santé Publique de cette époque : Son excellence Monsieur Urbain OLANGUENA AWONO.

Photo n° 4 : Plaque inaugurale du pavillon ulcère de Buruli

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Source : Photo prise par Serges Bekono Engoulou, le 23 Août 2017

Par ailleurs, ce pavillon est un ensemble constitué de deux bâtiments d’une longueur maximale d’environ 25mètres chacune. A l’hôpital d’Akonolinga, en fin 2002, les réhabilitations suivantes ont été réalisées[90] dans la construction du pavillon:

- deux salles d’hospitalisations d’une capacité d’accueil estimée à 150 patients ;
- une salle de soins[91]: constituée du bloc opératoire ou chirurgical où l’incision est le traitement clinique par excellence de l’ulcère de Buruli et la salle de pansement ;
- une salle de physiothérapie pour la rééducation et la recherche de la motricité des membres affectés ;
- une buanderie ;
- une douche ;
- deux latrines pour les patients ;
- une fosse septique ;
- une aire de gestion des déchets ;
- l’adduction d’eau à l’hôpital a été réhabilitée ;
- une cuisine pour les patients.

Photo n° 5 : Vue partielle du pavillon ulcère de Buruli de l’Hôpital de District d’Akonolinga

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Source : Photo prise par Serges Bekono Engoulou, le 23 Août 2017.

En outre, à la gauche du bâtiment principal portant la plaque, se situe le bâtiment portant les deux salles d’hospitalisation dont la vue sur l’image n’est que partielle[92]. A la droite de ce bâtiment principal se trouve la cuisine qui n’apparait pas sur l’image ; et juste derrière se trouve une fosse septique pour la gestion des déchets ; et un peu plus loin à l’entrée de l’hôpital se trouve l’adduction d’eau, tous érigés dans le cadre de la prise en charge de l’ulcère de Buruli à Akonolinga.

En somme, inauguré le 27juillet 2007 par le ministre de la santé publique Son Excellence Monsieur Urbain OLANGUENA AWONO, ce pavillon marque une véritable avancée dans la lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga[93]. Mais les infrastructures à elles seules ne suffisant pas, il est donc opportun de former et de recycler le personnel médical.

3.La formation et le recyclage du personnel médical

Au courant de l’année 2005, avec l’appui de l’ONG Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES), le programme a formé le personnel de santé des nouveaux foyers d’ulcère de Buruli à la prise en charge des cas et de la gestion du programme. L’équipe composée de médecins, infirmiers et paramédicaux, a bénéficiée de diverses formations et stages[94]. Le personnel comprenait 10 médecins et 90 infirmiers qui seront responsables du programme dans ces nouveaux sites[95]. De même, la personne prenant en charge les cas au niveau des anciens foyers a été recyclée. Toutefois, les agents de santé ont été formés.

Dans le système de santé, il fallait améliorer les connaissances du personnel de santé dans les établissements périphériques (privés et publics) pour renforcer la détection des cas, prendre en charge les cas simples et adresser les autres à l’hôpital de district. Ils devaient aussi soutenir et encadrer les activités au niveau des écoles et des communautés dans leurs zones respectives.

Former des rééducateurs capables à leur tour de former d’autres personnes de façon autonome : tel est l’un des objectifs que s’étaient fixés ALES dès 2004. Aidée par un expert externe responsable de formation, l’équipe spécialisée en prévention des incapacités liées à l’ulcère de Buruli a donc entrepris de former des soignants de centres périphériques[96]. Faciliter l’accès du plus grand nombre à des soins de qualité : constitue un autre objectif de ALES qui, grâce à cette formation en rééducation de base d’environ 10 jours, il comptait permettre à certains centres périphériques de régions endémiques d’acquérir les compétences nécessaires pour prendre en charge les cas courants d’ulcère de Buruli.

Cette formation a été reconduite trois fois de 2006 à 2008, dans des conditions à chaque fois un peu différentes, mais sur des bases suffisamment semblables pour que la comparaison soit possible entre les différentes sessions.

B- LES STRATEGIES DE RAPPROCHEMENT ET D’ALLEGEMENT DES DEPENSES

La politique de rapprochement mise sur pied vise à accorder les soins de santé à toutes les populations ; même à celles résidents à de longues distances des centres intégrés de santé. Il s’avère donc urgent de former plus de personnes à la tâche sanitaire, afin d’étendre la prise en charge dans toutes les couches de la population. Plusieurs agents formés étaient envoyés dans les communautés villageoises où ils assurent le rôle d’éducateurs sociaux[97]. Cependant, ce nouveau mécanisme mis en place s’attèle à la création des relais communautaires, la détection précoce des cas et la gratuité des soins.

1.La création des relais communautaires et campagnes de sensibilisation

Dans la lutte contre l’ulcère de Buruli, depuis 2003 une équipe de dépistage à base communautaire constituée de relais communautaires, d’enseignants et d’agents de santé est mis en place. Comme pour toutes les interventions de santé publique, l’amélioration de la prise en charge de l’ulcère de Buruli et la lutte contre celui-ci ne doivent pas rester exclusivement la compétence des agents de santé. Elles supposent un effort concerté de la part de tous, agents de santé et agents communautaires. Équipés de fiches illustrées, les volontaires font du porte à porte dans leur communauté pour informer la population de la maladie et dépister les personnes présentant des lésions suspectes[98].

Les revendeurs de médicaments et les accoucheuses traditionnelles vérifient si les personnes se présentant à eux ont des lésions suspectes. Les enseignants examinent aussi les enfants pour détecter, documenter les lésions suspectes et orienter les cas vers les services compétents[99]. Treize centres de santé ont été sélectionnés comme centres de traitement de proximité et épicentres pour les activités de lutte au niveau de la communauté de base. Ils avaient donc pour but de détecter très tôt les cas d’ulcère de Buruli.

2.Détection précoce

La détection précoce des cas et le démarrage rapide de la chimiothérapie constituent un élément important de la lutte contre l’ulcère de Buruli (UB). Cette stratégie permet de réduire ou d’éviter les complications à l’origine des incapacités associées aux stades tardifs de la maladie[100]. Elle entraîne également une meilleure intégration des activités de lutte dans le système des soins de santé primaires, ainsi qu’une baisse des coûts directs et indirects du traitement[101]. Ce projet a pour objectif général d’appliquer des stratégies pour développer la participation active des communautés à la détection précoce des cas et à un recours rapide aux services de traitement, ainsi qu’un soutien des centres de santé pour la confirmation et la prise en charge des cas[102]. Cette mesure était accompagnée des soins et une nutrition non payante.

3.Gratuité des soins et de nutrition

La prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli à Akonolinga entre 2002 et 2014, a fait montre d’une évolution participative de l’ONG Médecins Sans Frontières (MSF) dans la lutte contre l’ulcère de Buruli[103].

En effet, depuis la cette prise d’initiative dans l’intervalle de temps susmentionné, les victimes « d’Atom » bénéficient d’un allègement des dépenses, notamment la gratuité des soins médicaux. Depuis 2002, tous les malades de l’ulcère de Buruli internés dans le centre intégré de santé d’Akonolinga bénéficiaient d’une prise en charge médicamenteuse gratuite[104]. Mais, cette dotation en soins médicaux, constituait un moyen pour les acteurs de la prise en charge de mener à bien les recherches sur le traitement approprié. Car il n’existe encore aucun traitement médical en dehors de la chirurgie et de la greffe jusqu’à ce jour.

Quant à la nutrition, elle était aussi gratuite pour les malades. Mais elle permettait de mieux contrôler l’alimentation des victimes. De ce fait, le suivi nutritionnel favorise la compensation de plusieurs éléments nutritifs bâtisseurs tels les protéines, le calcium(Ca), l’eau(H2O) et le fer (Fe) dans l’organisme[105]. Par ailleurs, il fallait par tous les moyens éviter la prise d’aliments riches en lipides ; car ces derniers empêchent la guérison de la plaie. Chaque patient bénéficiait de 3plats de nourritures variées par jour, pour améliorer la régression de la pathologie.

II- LA LUTTE TRADITIONNELLE ET MODERNE CONTRE L’ULCERE DE BURULI

Bien avant la mise en œuvre de la prise en charge clinique de l’ulcère de Buruli, un ensemble de méthodes et mécanismes auraient été mis en place par les populations et les victimes de cette pathologie. Il s’agissait donc de voir comment pourrait-on limiter la virulence de l’ulcère de Buruli vis-à-vis des populations du Nyong et Mfoumou. De ce fait donc, la manière de concevoir la maladie déterminait l’itinéraire thérapeutique du patient. Ainsi donc, la superstition des populations a longtemps influencé leur traitement. Mais à partir de 2002 la prise en charge clinique et l’évolution des mentalités vont faire avancer les moyens de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga. D’où l’usage mitigé des traitements traditionnel et clinique.

A- LA CONCEPTION ET LE TRAITEMENT TRADITIONNEL DE LA PATHOLOGIE

Dès la découverte de l’ulcère de Buruli au Cameroun par Ravisse et al., les moyens et les techniques de lutte contre celui-ci auraient simultanément été mise en place. Ainsi donc par leur conception mystique de la maladie, les populations se seraient dirigés vers les tradipraticiens ou des « guérisseurs » afin de remédier à ce mal social ; en un mot vers la médecine traditionnelle.

1.La conception locale de l’ulcère de Buruli

La maladie encore appelée « Atom » existe depuis très longtemps, mais ce n’est qu’en 2002 que des stratégies de lutte ont élaborées. Ces dernières marquent ainsi le début de la prise en charge. « L’Atom » est considéré comme un sort, une pratique de sorcellerie pour tous ceux qui enfreignent la tradition ou commettent un acte interdit par la société[106]. « L’Atom » ne pouvait donc pas se soigner à l’hôpital, seul le guérisseur pouvait y apporter une réponse appropriée, ce qui justifie le faible recours à la biomédecine et dont une absence de malades dans les hôpitaux.

D’après la population, il s’insère dans une chronologie précise. « L’Atom », qui était initialement utilisé pour défendre la communauté, a ensuite été employé pour protéger le patrimoine personnel[107]. A cet effet, l’affection est déposée dans un champ sous la forme d’un « fétiche ». Celui-ci peut se présenter sous plusieurs aspects : une feuille de palmier que l’on plante dans le champ, un petit paquet contenant des herbes ou une feuille de bananier que l’on attache à un arbre[108]. Dans ce cas, de par sa visibilité sur le terrain, le « fétiche » a d’abord une fonction dissuasive (sa présence peut intimider d’éventuels voleurs), puis répressive.

Ce type d’explications, qui lient l’UB à la sorcellerie, est courant dans d’autres pays d’Afrique touchés par cette maladie. Au Bénin par exemple, la population considère parfois qu’un individu est responsable d’avoir provoqué l’ulcère de Buruli ; d’avoir ensorcelé son frère[109]. Dans un tel cas, seuls les résultats du traitement permettent aux malades de distinguer l’affection d’origine naturelle de l’affection due à la sorcellerie.

Au Ghana, différents facteurs magico-religieux ont été mentionnés par les informateurs, dont le plus commun est la sorcellerie. Cette dernière est évoquée en cas de conflits familiaux, d’échec du traitement médical ou si la taille de la plaie est importante. Parfois, aussi longtemps qu’une autre explication n’a pas été fournie, les informateurs évoquent la sorcellerie[110].

Le terme « Atom » n’est pas seulement utilisé pour désigner la maladie, mais fait aussi référence aux « fétiches » liés à cette affection en fonction de l’explication causale qui lui est attribuée : « Atom » est à la fois la cause et l’effet, l’instrument ou le mode de transmission et la conséquence, le diagnostic étiologique et le diagnostic symptomatique.

Photo n° 6 : « l’Atom » ou Ulcère de Buruli planté dans un Champ sous la forme d’une branche de palmier à huile.

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Source : Muriel LATERALI , « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », mémoire de Licence en ethnographie, université de Neuchâtel, 8mars 2005, p.1.

Dans le champ d’une jeune femme par exemple, une branche de palmier a été plantée sur laquelle plusieurs nœuds ont été faits. Cette image explique la signification de « l’Atom », tout en mettant en garde toute personne désirant prendre les biens d’autrui sans le consentement du propriétaire[111]. Ainsi, de « l’Atom » sous cette forme nécessite une prise en charge traditionnelle.

2.Le traitement traditionnel

l’itinéraire thérapeutique du patient. En effet, lorsque la pathologie est conçue comme étant un phénomène mystique, les victimes se penchent toujours vers un traitement indigène. Dans cette optique elles font recours à ce que l’on appelle vulgairement un « guérisseur ». Les itinéraires thérapeutiques indigènes sont constitués d’un ensemble d’éléments de la pharmacopée et du « blindage[112] ». Certains guérisseurs font d’abord un traitement empirique au moyen de plantes pendant quelques jours, pour voir s’il s’agit de « l’Atom », puis ils posent leur diagnostic. D’autres font immédiatement un bilan médical, puis ils évaluent leurs possibilités d’intervention en fonction de leurs capacités[113].

Photo n° 7 :Traitement traditionnel d’un patient

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Source : Muriel LATERALI , « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », mémoire de Licence en ethnographie, université de Neuchâtel, 8mars 2005, p.166.

Quel que soit le guérisseur, le procédé thérapeutique consiste toujours en une préparation phyto-thérapeutique à base de feuilles, de racines et d’écorces. Ces végétaux peuvent différer d’un soignant à l’autre. En général, le traitant va chercher les remèdes le jour des pansements :

Je prends les feuilles et je les fais bouillir tout de suite. Il y a des périodes où les herbes sont difficiles à trouver comme à la saison sèche : il faut aller vers les marécages. Quand je sais qu’il y aura un pansement, je vais chercher, chaque fois qu’il y a un patient. Si le patient reste à la maison et connaît les plantes, il va chercher lui-même[114].

Le blindage est une sorte de « contre-danger » ou de « vaccination», qui protège et prévient contre la maladie. Le procédé est le suivant : le guérisseur fait des entailles avec une lame de rasoir sur différentes parties du corps de son patient : le front, la nuque, les reins, les chevilles, les mains, derrière les genoux, puis il dépose une poudre et des herbes sur ces blessures. Selon les conceptions locales, cette pratique protège tout le corps de la personne, car les différentes substances (poudre et végétaux) entrent dans le sang[115].

Quant à la durée et au prix du traitement, la durée varie en fonction de la guérison de la plaie. Cependant elle peut aller de 1à 5ans selon la gravité de la blessure localement appelée « Fo » et la capacité anatomique de tout patient. En outre, le prix du traitement est pratiquement gratuit. Car l’on demande généralement au patient de n’apporter rien qu’une machette neuve après guérison ou dans une moindre mesure avec un peu de nourritures[116].

En outre, certains guérisseurs imposent des interdits alimentaires et comportementaux à leurs patients.

3.Les interdits pendant le traitement

Deux sortes d’interdits sont imposées par les guérisseurs à leurs patients. Durant le traitement : des restrictions alimentaires et des restrictions comportementales varient en fonction de chaque traitant[117].

Au niveau alimentaire, le patient est soumis à un certain régime : il ne doit pas manger certaines nourritures comme de la viande et du poisson frais, les interdits en vigueur chez les guérisseurs : le poisson et la viande fumés peuvent être consommés, mais pas sous une autre forme. La viande de rat et la viande de porc, les feuilles de macabo, des arachides non grillées sont prohibées chez certains soignants. Les patients ne doivent pas manger des choses sucrées et des aliments qui ont de l’eau (canne à sucre, ananas) et des denrées grasses[118] (comme de l’huile).

Par ailleurs plusieurs explications sont apportées à ces interdits. Les feuilles de macabo mal préparées produisent des démangeaisons. La plaie va alors gratter. La viande a de la graisse, ce qui va entraîner la pourriture de la plaie. Le blanc de la plaie ressemble à celui de la graisse. Les arachides non grillées ont une odeur, ce qui peut former le pus. Les sucreries sont prohibées, car elles détériorent la plaie (des trous apparaissent comme lorsque le sucre fond). Les aliments contenant beaucoup d’eau comme la canne à sucre ou l’ananas sont proscrits, car l’eau risque de s’écouler de la plaie, ce qui va mouiller les bandes[119] ». Toute nourriture fraîche empêche donc la cicatrisation. L’apparence extérieure de la plaie est donc comparée aux différents aliments et à leurs propriétés. Elle permet aussi au guérisseur de voir si les interdits ont été transgressés.

En ce qui concerne les interdits comportementaux, les patients ne doivent pas cultiver (c’est à-dire creuser la terre), ni casser le concombre ou décortiquer des arachides. Les rapports sexuels entre hommes et femmes sont interdits durant le traitement. Ils ne doivent pas toucher quelqu’un, c’est-à-dire le saluer avec la main[120]. Le patient ne peut pas serrer la main de quelqu’un, et doit dormir seul de peur de se faire mal et provoquer le saignement de la plaie.

Au fil des années la lutte contre l’ulcère de Buruli évolue et passe du traitement traditionnel à une prise en charge clinique.

B- L’EVOLUTION ET LA PRISE EN CHARGE CLINIQUE DE L’ULCERE DE BURULI

La prise en charge clinique de l’ulcère de Buruli, constitue une étape de dépassement la lutte traditionnelle. Débutant, à Akonolinga en 2002, cette méthode s’avère salvatrice pour les populations de cette localité. Elle met en œuvre toutes les possibilités de limiter les souffrances des victimes. Ainsi donc, la prise en charge clinique se résume aurespect des protocoles de prise en charge à savoir: antibiotique, chirurgie, prévention des incapacités et réhabilitation[121].

1.La prise en charge médicamenteuse

Jusqu’à nos jours, il n’existe pas encore de traitement médicamenteux spécifique à l’ulcère de Buruli. Mais depuis 2004 des avancées significatives ont été menées en vue de mettre sur pied un médicament propre à l’UB. Les recherches médicamenteuses soutenues par l’OMS et d’autres partenaires, ont pu mettre en place un certain nombre de médicaments satisfaisant et encourageant ces recherches. Plusieurs médicaments ont été expérimentés, mais l’efficacité et la limitation des effets secondaires sont au centre de ces études.

C’est ainsi que, les associations antibiotiques semblent être les plus efficaces pour traiter les UB. L’association de plusieurs classes d’antibiotiques, fluoroquinolones ou aminosides, avec la rifampicine a montré son efficacité in vitro et in vivo chez l’animal[122]. Peu d’études cliniques ont été réalisées chez l’homme, mais les premiers résultats sont prometteurs[123]. Les objectifs d’un bon traitement restent : l’efficacité, l’acceptabilité, la disponibilité et un coût peu élevé. L’efficacité de la rifampicine (RIF) sur les souches de la Mycobacterie. ulcerans a été prouvée ; elle à une activité bactéricide et, associée à d’autres antimycobactériens de type fluoroquinolone ou macrolide, possède une activité synergique. Mais, lorsqu’elle est utilisée en monothérapie pour le traitement de l’UB, certaines souches de la Mycobacterie ulcerans peuvent devenir résistantes à cet antibiotique. Les mutations correspondantes à ces résistances sont les mêmes que celles trouvées dans la résistance de Mycobacterium leprae et Mycobacterium tuberculosis à la rifampicine[124].

Par ailleurs, l’association de la Rifampicine et la streptomycine a été préférée á l’amikacine en raison du coût respectif des deux antibiotiques. Le régime efficace semble être le traitement d’au moins 4 semaines. Après la mise sous traitement des patients et leur mise en observation, l’on a pu constater une diminution significative de la taille des lésions de 52% (21 % à 8 semaines et 42% à 12 semaines). Aucun effet secondaire, aucune aggravation des lésions, ni aucun cas de rechute n’ont été notés au bout de 6 mois de suivi[125].

Les traitements systémiques types anti-microbiens sont, à l’heure actuelle, les plus encourageants. L’effet synergique de l’association de 2 ou 3 antibiotiques, reste la condition principale pour obtenir un traitement efficace. Les possibilités d’association sont nombreuses et non exhaustives. De plus, l’usage des antibiotiques peut être associé à un topique soit pour éviter le geste chirurgical ou pour le simplifier.[126]

Tableau n° 3 : Récapitulatif des combinaisons d’antibiotiques pour le traitement de l’Ulcère de Buruli.

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Source : AHOUA Laurence, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, p.21.

Pour l’instant, les aminosides, streptomycine ou amikacine, sont les antibiotiques clé pour traiter l’infection à M. ulcerans. Leur association avec la rifampicine est la plus efficace mais ils peuvent être associés à des macrolides ou des fluoroquinolones, avec une efficacité moindre. Malgré les résultats encourageants des études cliniques, aucune n’a évalué ces associations chez les enfants qui sont les plus souvent atteints par l’ulcère de Buruli[127]. Le risque d’utiliser la rifampicine, non associée à d’autre anti-tuberculeux, en zone de haute endémicité de la tuberculose doit également être évalué.

Les traitements topiques ont un réel rôle à jouer dans la prise en charge médicale de l’UB. Ils sont faciles d’administration et d’utilisation en milieu rural. Ils peuvent être associés à un traitement chirurgical.

2.Le traitement chirurgical

Selon le dictionnaire universel, la chirurgie est la branche de la thérapie médicale qui fait appel à la pratique des interventions manuelles ou instrumentales. Abu Al-Qasim Al-Zahrawi, considéré comme le père de la chirurgie moderne[128] a fait de la chirurgie une discipline médicale à travers son Kitab al Tasrif (la pratique) publié en l’an 1000. Cette discipline médicale serait donc la seule issue favorable à la prise en charge des victimes de l’ulcère de Buruli.

Cependant, actuellement seul le traitement chirurgical a une efficacité prouvée dans la lutte contre l’UB[129]. Il comprend : l’excision des lésions puis des sutures pour les lésions non ulcérées localisées, ou l’ablation des tissus malades et suivi de la greffe cutanée. Pour les malades présentant un stade très avancé de l’UB avec atteintes osseuses, l’ablation des tissus nécessite parfois l’amputation.

Photo n° 8 : Salle de pansement du pavillon Buruli d’Akonolinga

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Source: Photo prise par Serges Bekono Engoulou, Akonolinga, 3 Novembre 2017.

Considérée comme deuxième étape du traitement moderne, la chirurgie limite l’expansion de la pathologie sur le membre infecté. Elle apparait donc comme moyen primordial et indispensable d’éradiquer la maladie considérablement sur un patient ; malgré qu’elle laisse toujours une blessure à traiter et à éviter une réinfection. A la suite d’un bon traitement chirurgical il n’existe aucune rechute sauf en cas de réinfection ou de souillure de la plaie[130].

Elle est ainsi réalisée dans les centres de santé disposant d’un plateau technique et des personnels spécialisés (chirurgiens). Ainsi, l’opération chirurgicale marque ipso facto le début de la prévention des incapacités chez les patients.

3.Les traitements physio-thérapeutiques

La physiothérapie est indispensable pour la prévention des incapacités, pour éviter les cicatrices rétractives et les déformations des membres des victimes[131]. Elle œuvre dans les postures conseillées afin d’éviter les handicaps des membres atteints. Dans les cas les plus invalidants, les interventions chirurgicales réparatrices peuvent être envisagées dans ce domaine incluant les cas d’atteinte faciale ou génitale.[132]

Photo n° 9 : Une jeune patiente en salle de rééducation à Akonolinga

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Source : Photo prise par Bekono Engoulou Serges, Akonolinga, 3Novembre 2017.

Au centre intégré de santé d’Akonolinga, la salle de physiothérapie dotée d’un équipement moderne permet aux patients de développer leurs aptitudes motrices. Les positions ici adoptées favorisent la limitation des incapacités motrices. L’exercice « bras tendu » de notre jeune patiente constitue une activité quotidienne lui permettant de se servir de ses deux mains les jours avenirs[133]. Par ailleurs, l’exercice physique lui permet au quotidien le développement musculaire normal même des membres affectés par l’ulcère de Buruli. C’est ainsi donc qu’après guérison de la plaie, les deux membres supérieurs seront identiques sans signe d‘infirmité remarquable[134].

Chaque séance journalière a une durée moyenne de 2heures. Les patients sont de ce fait admis en physiothérapie dès les premiers signes de cicatrisation de la plaie. Ceci afin de booster le développement et la régénérescence des tissus musculaires.

En somme, plusieurs stratégies ont été élaborées dans le cadre de la prise en charge de l’UB à Akonolinga. Allant de la mise en place d’un site jusqu’à la modernisation du traitement en passant par la détection précoce des cas, la formation du personnel et la prise en charge traditionnelle. L’OMS a mis sur pied un protocole. Le traitement médical fait baisser sensiblement le nombre des échecs thérapeutiques dans le traitement des infections à Mycobacterium ulcerans. Les associations antibiotiques avec une fluoroquinolone peuvent constituer une option sûre et efficace de traitement par voie orale[135].

CHAPITRE III :LES ACTEURS DE LA PRISE EN CHARGE

La lutte contre l’Ulcère de Buruli(UB) nécessite une mobilisation des ressources. Dans un désir de mener à bien la prise en charge contre l’UB à Akonolinga, un certain nombre de mécanismes et de ressources humaines avaient été mis en place. Regroupés au sein de plusieurs organismes : gouvernementaux et non gouvernementaux, publics, parapublics et privés plusieurs acteurs se sont réunis pour faire face à cette pathologie. Il s’agissait donc pour ceux-ci de mettre en place une réponse efficiente. De ce fait, face à une menace de santé publique nécessite une « réponse globale » car la maladie est une affaire de tous. Ainsi donc, il est question de présenter chaque acteur tout en déclinant son rôle joué dans ce combat qui a duré plusieurs décennies, sans oublier l’action de la société civile à travers sa mobilisation et ses pratiques socioculturelles[136].

I- LES ACTEURS NATIONAUX

Les acteurs dans ce contexte sont présentés soient comme étant des personnes physiques ou alors des personnes morales. A cet effet, dans la prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli, on peut les regrouper en plusieurs ensembles à savoir : les acteurs nationaux constitués de la société civile, des guérisseurs et les familles des victimes ; le personnel sanitaire des hôpitaux concernés et le gouvernement à travers le Ministère de la Santé Publique(MINSANTE). Aussi avons-nous les acteurs internationaux dont l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), les Organisations Non Gouvernementales(ONG) et les particuliers.

A- LES ACTEURS PUBLICS ET PARAPUBLICS

Le Cameroun depuis la découverte de l’UB en 1975 par Ravisse et al., a vu se manifester la volonté de plusieurs membres de sa société à éradiquer cette pathologie. La liste de ces membres n’étant pas exhaustive nous nous attarderons sur le Ministère de la Santé publique, le Centre Pasteur du Cameroun et l’hôpital de District d’Akonolinga.

1.Le Ministère de la Santé Publique(MINSANTE)

Les pouvoirs publics du Cameroun constituent le plus haut maillon de la chaîne d’acteurs de la lutte contre l’Ulcère de Buruli(UB) au niveau national. Le MINSANTE, à travers le Programme national de lutte contre l’ulcère de Buruli, met en place tout un mécanisme et des moyens pour combattre et éradiquer cette maladie. Déjà par son aval plusieurs Centres Intégrés de Santé (C.I.S) ont vu le jour de part et d’autre du territoire afin de venir à bout de l’UB. Composé de la Direction de la médecine préventive et de l’hygiène publique[137],du service central et du service de l’épidémiologie. Ce dernier avait dont pour mission de participer à l’identification et à la résolution de tous les problèmes de santé du pays. Il assurait la surveillance épidémiologique du territoire et veillait à l’application rigoureuse des textes et règlementations en matière de protocole sanitaire[138].

Le service de l’éducation sanitaire organise, formule, coordonne et supervise toutes les actions suggérées dans le domaine de l’éducation sanitaire relevant du MINSANTE. Il était chargé d’assurer une collaboration étroite avec les responsables des services centraux et périphériques du Ministère de la Santé Publique ; particulièrement le centre de Protection Maternelle et Infantile(PMI), d’assainissement et d’épidémiologie. Il coordonnait de façon concertée, les objectifs éducationnels et de recyclage national intégré prévu pour l’ensemble du personnel sanitaire[139].

En synergie avec le Bureau régional de l’Organisation Mondiale de la Santé pour l’Afrique, les forces publiques camerounaises établissent des statistiques à l’échelle nationale, supervisent le travail effectué par les formations publiques et privées. Ce service est chargé de la planification des demandes d’aides faites aux organismes internationaux et assure et contrôle l’utilisation de ces aides[140].Au cours de l’année 2003 des efforts importants de structuration ont été réalisés dans le programme national y compris une enquête sur la connaissance, les attitudes et les pratiques des populations dans la vallée du Nyong afin de définir les stratégies d’interventions appropriées et adaptées[141].

L’objectif national étant de réduire la morbidité et les incapacités liées à l’ulcère de Buruli au moyen de toutes les interventions stratégiques. Le programme national continue à cet effet d’offrir l’assistance technique nécessaire du point de vue de la logistique, de la mobilisation et des orientations politiques, afin de garantir la pérennité des activités de lutte, plus particulièrement dans les zones d’endémie, mais aussi dans tout le pays, et de leur donner toute l’attention qu’il se doit[142].

Ainsi donc, depuis son indépendance en 1960,le Cameroun a consenti des investissements afin que la population ait à sa disposition un personnel et des structures sanitaires publiques et privées suffisantes en qualité et en quantité pour une meilleure prise en charge[143] dans les hôpitaux concernés comme celui de district d’Akonolinga et le Centre Pasteur de Yaoundé.

2.L’Hôpital de District d’Akonolinga et son personnel soignant

Un hôpital est un établissement public ou privé dans lequel sont effectués tous les soins médicaux et chirurgicaux. Un hôpital moderne comporte outre les lits d’hospitalisation, toutes les installations et tous les appareillages nécessaires pour les problèmes multiples que posent le diagnostic et le traitement des maladies et des blessures ; ce sont souvent des centres de recherche et d’enseignement[144]. Mais encore c’est une formation sanitaire dirigée par un médecin à plein temps[145]. Ce sont des structures construites pour la pratique de la médecine curative. Au Cameroun, les hôpitaux spéciaux mis en place dans le cadre de la lutte contre les maladies infectieuses en général et l’ulcère de Buruli en particulier, restent sous la dénomination des Centres Intégrés de Santé. Ils sont mis en place afin de donner plus d’efficacité aux structures déjà existantes.

L’hôpital de district d’Akonolinga à travers son personnel médical œuvre à grande échelle dans la prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli. Dénombré à 04, le personnel de santé qui s’occupe des malades de l’ulcère de Buruli travaille en une seule équipe depuis 2014. Nous avons donc : un docteur médecin responsable du pavillon Buruli ; un infirmier chirurgien s’occupant de l’excision et des greffes cutanées au bloc opératoire, et deux kinésithérapeutes s’occupant de la prévention des incapacités et de la rééducation fonctionnelle des malades[146]. Ils assurent la gestion générale des cas au sein dudit hôpital et la détection précoces des cas. La détection précoce se déroule pour le moment passivement par l’intermédiaire des centres de santé du district ou par accès direct des patients au service de l’hôpital. Ces cas sont ensuite confirmés ou infirmé après les examens effectués auprès du Centre Pasteur de Yaoundé.

3.Le Centre Pasteur du Cameroun

Le centre Pasteur du Cameroun, créé en 1959, est placé sous la tutelle du Ministère de la Santé du Cameroun. Sa principale mission est la lutte contre les maladies infectieuses, qu’il remplit en proposant des actions de santé publique à travers les diagnostics, les surveillances et les vaccinations. Dès le début des années 2000, l’Institut Pasteur, ses réseaux et ses partenaires se sont investis dans la lutte contre ces maladies. Depuis plus de 10 ans, le centre Pasteur du Cameroun s’implique au côté du ministère de la Santé camerounais dans une triple mission de prise en charge, de formation et de recherche[147]. Parmi les réalisations bénéfiques sur le plan de la santé publique, citons la mise au point d’un test de diagnostic rapide de la Mycobactérie ulcerans et les travaux sur une possible transmission domiciliaire de la bactérie[148].

Quant aux recherches dont l’originalité est d’associer études épidémiologiques et aux études environnementales, elles ont permis d’analyser la biodiversité spatio-temporelle des punaises aquatiques, qui pourraient être un vecteur de la maladie[149]. Ces avancées reflètent le dynamisme des approches multidisciplinaires intégrées qui se sont développées autour du centre Pasteur du Cameroun et qui ont abouti à la création d’une jeune équipe de recherche associée à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD). Grâce à cette structure de prise en charge de cette maladie tropicale négligée, au Cameroun un nombre cumulatif de 3 363 cas de l’ulcère de Buruli a été notifié entre 2001 et 2011 dans les sites endémiques, notamment autour du bassin du Nyong dans la région Centre et à Bankim dans l’Adamaoua[150].

Le centre Pasteur du Cameroun s’implique au côté du Ministère de la Santé camerounais afin d’améliorer la prise en charge des malades et de renforcer la lutte à l’échelle nationale, en favorisant la surveillance. Depuis 2002, l’ulcère de Buruli est déclaré comme problème de santé publique au Cameroun. Le centre Pasteur du Cameroun est un laboratoire national de santé publique et de recherche et membre du réseau international des instituts Pasteurs[151]. Il s’est alors mobilisé immédiatement pour accompagner les services de l’Etat dans la lutte contre l’ulcère de Buruli.

En outre, hors mis l’action gouvernementale, celle du personnel de santé et du centre pasteur, la société civile n’est pas en reste dans cette lutte contre l’ulcère de Buruli.

B- LA SOCIETE CIVILE FACE A L’ULCERE DE BURULI

La société civile dont nous parlons ici représente tout simplement les hommes de peu de savoir en matière de médecine moderne. Mais pouvant se servir des éléments de leur entourage pour essayer de remédier au problème de santé qui peuvent nuire à leur communauté ou à leurs proches[152]. A cet effet, nous pouvons mentionner les guérisseurs et les proches des malades.

1.L’apport des guérisseurs et de la médecine traditionnelle dans la lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga

L’expression « guérisseur » employé dans ce travail n’est rien d’autre que

l’appellation de toute personne exerçant et maîtrisant les contours de la médecine traditionnelle. En effet, depuis la découverte de l’ulcère de Buruli dans la vallée du Nyong en 1975[153], le seul refuge des malades de « l’Atom » était les médecins traitants traditionnels. Leur apport fut non négligeable, bien avant l’avènement de la médecine moderne dans la prise en charge de la pathologie à mycobactérie ulcerans. Les guérisseurs partagent de nombreux éléments avec les patients : les représentations de la maladie, la souffrance endurée, les techniques de soins et de protection qui sont connues et reconnues par les malades, la vie quotidienne. La médecine traditionnelle dispose donc de ressources au plan humain, matériel qu’elle puise dans la communauté, car elle y est immergée[154]. Les modalités de la prise en charge transforment le patient en acteur de sa santé : participation aux soins (il défait lui-même son pansement, nettoie sa plaie), choix des traitements. L’action thérapeutique a lieu sur la base d’un accord sur le diagnostic fondé sur des renseignements partagés et un même environnement culturel, ce qui rapproche les guérisseurs et les malades[155].

Au Cameroun, la médecine traditionnelle constitue l’autre pôle de la médecine privée. Ses acteurs, les guérisseurs étaient très présents dans la prise en charge des patients atteints de diverses maladies. Ils ont développé à travers des générations, des techniques qui se sont améliorées et soulagé à leur façon les populations locales.[156] Bien qu’utilisant les éléments de la pharmacopée traditionnelle dont : les herbes, les écorces, des poudres et se livrant à des pratiques non scientifiques. Les acteurs de cette médecine traditionnelle ont toujours été d’une importance capitale dans la lutte contre les maladies infectieuses au Cameroun[157].

2.Les proches des malades

Les membres proches des victimes sont généralement constitués soient : des parents, soient des frères, des sœurs, des amis ou alors des époux des victimes. Ces derniers, leur mission n’est plus à démontrer, ils sont responsables du malade et l’accompagnent dans tous ses déplacements vers la recherche d’une thérapie efficace. Ils assurent par ailleurs sa prise en charge psycho-sociale et restent garant d’espoir de guérison.

Mais la lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga est devenue non seulement une préoccupation nationale, mais interpelle aussi la participation internationale depuis 2002.

II- LES ACTEURS INTERNATIONAUX

L’action des acteurs nationaux dans la lutte contre l’UB, est appuyée par plusieurs organismes internationaux. Sous l’égide de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), plusieurs autres partenaires se sont investis dans la lutte contre l’ulcère de Buruli au Cameroun en général et à Akonolinga en particulier. Il s’agit d’Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES), des Médecins Sans Frontières (MSF) et bien d’autres, dont l’action reste non négligeable dans la prise en charge des malades et l’insertion sociale de ces derniers[158].

A- LES ORGANISMES NON GOUVERNEMENTAUX

Ils agissent de manière planétaire et locale. Leur contribution est d’autant

plus importante au Cameroun que dans d’autres zones endémiques du globe. Il s’agit de l’Organisation Mondiale de la Santé, Médecins Sans Frontières (MSF-Suisse) et d’Aide aux Lépreux Emmaüs – Suisse (ALES).

1.L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

En 1998, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré l’ulcère de Buruli « maladie émergente » et à lancer une initiative mondiale de lutte contre l’ulcère de Buruli. Depuis 1998, l’Initiative mondiale de l’OMS contre l’Ulcère de Buruli apporte un cadre à la politique, la recherche et l’appui en matière de lutte contre cette maladie. L’un des principaux objectifs de la lutte contre l’ulcère de Buruli consiste à renforcer les services sanitaires en général et les services de chirurgie en particulier, de façon à ce que les patients requérant une intervention puissent accéder à des soins de qualité. Il faut donner une formation suffisante aux professionnels de santé dans les domaines de la chirurgie, de la physiothérapie, de la pathologie, de la microbiologie et de l’épidémiologie[159].

La première Conférence internationale sur la lutte et la recherche relative à l’ulcère de Buruli s’est tenue à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire), du 6 au 8 juillet 1998, et a eu pour résultat une sensibilisation accrue à cette maladie[160]. Au Cameroun, un atelier international de formation sur la prise en charge de l’Ulcère de Buruli a été organisé par l’OMS à Yaoundé en juillet 2004. Il a établi des recommandations reposant sur des expériences faites au Cameroun, notamment en ce qui concerne la thérapie post-opératoire et les soins de réhabilitation. Depuis 2005, l’OMS préconise un traitement par antibiothérapie associant deux antimycobactériens, la rifampicine et la streptomycine, complétées, si besoin par la chirurgie[161].

2.Médecins Sans Frontières (MSF-Suisse) : le programme de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga (Cameroun)

La source d’inspiration de MSF-CH vient du fait qu’entre 1975 et 2001, la vallée du Nyong est curieusement affectée par cette maladie dont l’enquête épidémiologique révèle des cas de plus en plus croissants. Les districts de santé les plus affectés étant : Ayos, Akonolinga, Abong-Mbang dont la prévalence atteint 4,4 pour mille habitants[162].

A l’instar d’Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES) dans le District de santé d’Ayos, MSF-CH entreprend de prendre en charge les cas d’UB dans le district de santé d’Akonolinga[163]. Cependant, il est mis en place un projet entièrement financé et géré en partenariat avec le Ministère de la Santé publique ; dont les objectifs sont centrés sur la réduction des incapacités à travers une prise en charge précoce et la rééducation des malades sous traitement[164].

Depuis 2002, MSF a ouvert un programme de lutte contre l’ulcère de Buruli en coordination avec les autorités médicales locales et nationales dans le district d’Akonolinga. L’objectif général du programme est de diminuer la prévalence de l’ulcère de Buruli dans le district d’Akonolinga. Les objectifs spécifiques sont de : promouvoir une détection précoce des cas et de fournir un traitement efficace.

Pour atteindre ces objectifs, MSF–Suisse propose une stratégie en 5 points:

1- Le programme s’inscrit dans le plan national de lutte contre l’ulcère de Buruli en coordination avec les autorités médicales ;
2- Un système global de management repose sur un recueil de données permettant un plan d’action ;
3- Les ressources humaines et matérielles sont en nombre suffisant ;
4- La prise en charge des patients est précoce, continue et globale ;
5- L’expérience acquise est capitalisée en vue d’améliorer les recommandations de lutte contre la maladie.

Les résultats attendus de cette stratégie étaient de : détecter 250 cas par an dont 70 % à un stade précoce et de fournir des traitements de qualité pour guérir 80 % des patients sans séquelles[165].MSF–Suisse travaille au sein de l’hôpital d’Akonolinga où sont situés un laboratoire et un bloc chirurgical. Un diagnostic est effectué par Zhiel Nielsen au laboratoire de l’hôpital. Une confirmation par Polymerase Chain Reaction (PCR) et culture est effectuée à l’Institut Pasteur de Yaoundé.

De 2002 à 2008, MSF-CH a fait des réalisations dans le cadre de l’amélioration de la qualité de soins aux patients de Buruli : construction d’un nouveau bâtiment à usage multiple, prise en charge nutritionnelle des malades, prise en charge scolaire des enfants UB, appui technique, réhabilitation des infrastructures, références des cas graves au frais de MSF-CH, prise en charges des médicaments et consommables médicaux, mise en place des pansements modernes[166]. Depuis la mise en œuvre du projet, MSF-CH a pris en charge jusqu’à ce jour plus de 750 patients avec un taux d’occupation moyen des lits de 93% pour une capacité totale de 65 lits. Le budget annuel est de 900.000 F Suisse[167].

Outre les actions menées par MSF, notons tout de même la contribution de l’organisme Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES).

3.Les activités de l'association Aide aux Lépreux Emmaüs– Suisse(ALES) dans l'appui au Programme National de Lutte contre l'Ulcère de Buruli au Cameroun

Une enquête épidémiologique menée en 2001 dans le bassin du Nyong sous la direction de l’Aide aux Lépreux Emmaüs – Suisse (ALES), a permis de classer le Cameroun parmi les pays endémiques d’Afrique et l’ampleur de la maladie comme un réel problème de santé publique[168].Durant cette enquête, les districts de santé d’Akonolinga et d’Ayos ont été identifiés comme des régions à forte prévalence de Buruli par l’ONG ALES qui estimait que 0,4 % de la population était atteinte.

En collaboration avec le Ministère de la santé et le bureau de l’OMS au Cameroun, plusieurs ateliers nationaux avaient été organisés afin d’élaborer un plan stratégique national de lutte contre l’ulcère de Buruli de 2006 à 2009. L’apport de cet organisme a été effectif dans la réalisation de l’enquête épidémiologique nationale, la dotation en matériel roulant pour le programme national (1 véhicule 4 x 4 et quatre motos)[169]. Un appui technique et financier à la supervision des activités a été mis en place.

Le volet traitement de l’ulcère de Buruli assuré par ALES s’articule en trois points : la rénovation ou la construction des infrastructures de prise en charge des malades ; la formation du personnel : un total de 156 agents de santé répartis dans les principales provinces endémiques (Centre, Sud, Sud-Ouest, Extrême-Nord, Est et Adamaoua) ont été formés à la prise en charge de l’ulcère de Buruli. La rééducation fonctionnelle a favorisé la formation de 8 agents de physiothérapie en 2006. Pour une meilleure sensibilisation de la population, ALES a mis sur pied un programme média à travers tous les médias disponibles (radio, télévision, journaux et églises). La distribution des affiches d’ulcère de Buruli dans les centres de santé[170].

Pour étendre le programme dans toutes les zones endémiques ALES a opté pour la formation des relais communautaires en physiothérapie de base, la sensibilisation des populations, le plaidoyer en direction d’autres partenaires. Par ailleurs elle a lancé des campagnes de détection précoce de la maladie et mis en place la cartographie de la maladie[171]. La construction ou la rénovation des infrastructures de prise en charge, l’équipement des nouvelles structures de prise en charge, La recherche sur le traitement et le développement des activités de réinsertion.

En dehors des acteurs dits nationaux et les organismes non gouvernementaux, nous tenons à présenter d’autres groupes d’acteurs dont les fondations et les instituts universitaires et de recherche, qui agissent également sur le territoire du Cameroun, et dont leur apport nécessite une certaine appréciation dans la lutte contre l’ulcère de Buruli.

B- LES FONDATIONS, LES INSTITUTS UNIVERSITAIRES ET DE RECHERCHE

En dehors des acteurs susmentionnés, plusieurs autres interviennent dans la lutte et la prise en charge de la pathologie. Leurs actions sont aussi observables au Cameroun, mais peuvent également être observées ailleurs en Afrique ou dans le Monde. Néanmoins, leurs actes restent perceptibles dans la prise de l’Ulcère de Buruli en Afrique subsaharienne. Il s’agit donc des centres hospitaliers Universitaires, des Fondations privées ou étatiques et les instituts de recherche.

1.Les fondations

Ce sont des structures sanitaires privées ou parapubliques qui travaillent pour la cause et l’intérêt général. Ce sont donc de ce fait des établissements d’intérêt général qui allouent les fonds et une importante logistique destinés à un usage précis[172]. Ainsi dans la prise en charge de l’ulcère de Buruli plusieurs d’entre elles sont impliquées parmi lesquelles : la Fondation Nipponne d’origine japonaise et la fondation luxembourgeoise Raoul Follereau.

a- Les Fondations Nipponne et Raoul Follereau

Le gouvernement japonais a financé, par l’intermédiaire de ses ambassades, les projets de prise en charge et de lutte contre l’ulcère de Buruli dans les régions endémiques[173]. Elle œuvre pour la construction des blocs opératoires et l’amélioration des services de soins dans les centres de prise en charge. Il s’agit donc pour elle, d’un renforcement des services de santé généraux dans les zones démunies et d’améliorer l’éducation sanitaire des communautés dans les régions endémiques, de former les agents de santé à reconnaître rapidement la maladie et de moderniser les services de chirurgie pour pratiquer rapidement des interventions curatives[174]. Elle subventionne des recherches dans les domaines pouvant aboutir à une meilleure compréhension des modalités de transmission, de la prévention et du traitement de cette maladie.

Quant à la Fondation luxembourgeoise Raoul Follereau, elle apporte un appui à la lutte contre l’ulcère de Buruli. Cet appui est essentiellement orienté sur les Centres de Dépistage et de Traitement de l’Ulcère de Buruli (CDTUB)[175].Ces centres améliorent d’année en année leurs performances pour atteindre leurs objectifs en matière de prise en charge de l’ulcère de Buruli. Son appui est remarquable de par : sa contribution en médicaments, le soutien à la prise en charge psychosociale et éducative des enfants hospitalisés, son apport en matériel médicochirurgical, et le financement des activités de sensibilisation.

Depuis 2005, cette Fondation a mis en œuvre un protocole scientifique, proposé pour évaluer, dans le cadre d'un essai clinique contrôlé, l'efficacité de l'oxygène pour aider à guérir les lésions. Par conséquent, réduire l'ampleur des excisions chirurgicales et raccourcir les hospitalisations[176].

En somme, plusieurs acteurs œuvrent dans la lutte contre l’ulcère de Buruli et la prise en charge des malades de ce dernier dans la localité d’Akonolinga. Ces acteurs sont des personnes, des organismes nationaux et internationaux ; des structures privées, parapubliques et publiques qui agissent sous la houlette du gouvernement Camerounais et surtout avec l’appui de l’Organisation Mondiale de la Santé[177]. Leurs actions sont manifestes de par l’étude générale de la maladie, l’application des stratégies et les politiques de prise en charge des victimes.

b- A Nuestro Enfermos Servimos A Dios(ANESVAD)

Depuis 1999, A Nuestro Enfermos Servimos A Dios ; servir pour Dieu de sa traduction française, a lancé sept campagnes de sensibilisation, parmi lesquelles certaines ont été présentées à l’OMS. Grâce à ce travail, la maladie commençait à être de plus en plus connue. La stratégie d’ANESVAD dans le domaine de la lutte contre l’ulcère de Buruli en 2005 a continué à se développer dans 6 grands domaines d’intervention prioritaires[178] qui sont :

- la prise en charge et le traitement des malades qui englobent l’amélioration, la construction d’infrastructures et la dotation d’équipements, l’appui aux interventions chirurgicales dans les centres de prise en charge ; l’aide à l’alimentation des malades hospitalisés, la dotation de médicaments pour le traitement des malades hospitalisés et les cas externes[179] ;

- les campagnes de sensibilisation et de dépistage précoce ;
- la formation de personnel, plus particulièrement des agents de santé et des enseignants.
- l’appui scolaire et les cours d’alphabétisation aux malades hospitalisés ;
- la prévention des incapacités et la rééducation des malades hospitalisés ;
- l’élaboration de matériel d’Information, d'Education et de Communication (IEC) pour les formations, les campagnes de dépistage et les activités de sensibilisation ;
- l’appui direct aux activités des centres de prise en charge de Côte d’Ivoire, du Bénin, du Ghana et du Cameroun[180] ;
- le soutien de certaines activités de l’Initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli de l’OMS.

Par ailleurs, le cadre d’intervention d’ANESVAD est la mise en œuvre de projets globaux dans les centres de prise en charge. C’est-à-dire, l’appui aux activités proprement dites de prise en charge des malades (traitement, confirmation des cas au laboratoire, alimentation, ...) en y ajoutant, comme faisant partie du traitement, la prévention des incapacités et la rééducation, l’appui scolaire, l’alphabétisation et la réinsertion sociale. De plus, certains centres de prise en charge organisent des activités destinées à la sensibilisation et au dépistage précoce dans les villages et les écoles.

En collaboration avec les facultés de médecine et les écoles d’infirmerie, ANESVAD élabore un plan d’action dont l’objectif est de faire connaître deux maladies aux futurs professionnels de la santé : la lèpre et l’Ulcère de Buruli. Il s’agit de deux maladies sur lesquelles ANESVAD travaille et qui, surtout pour l’ulcère de Buruli ne font habituellement pas partie du programme des cours, malgré le nombre de personnes qui en sont affectées dans le monde[181].

En dehors de l’action de cet organisme espagnol, nous avons aussi la participation de l’Hôpital Universitaire de Genève (HUG).

2.Hôpital Universitaire de Genève (HUG).

L’Hôpital Universitaire de Genève dépêche du personnel soignant sur les lieux, afin de renforcer et de former l’équipe médicale locale, mais aussi d’acquérir des connaissances sur cette maladie encore mal connue. Les Médecins Sans Frontières (MSF) et l’Hôpital Universitaire de Genève (HUG) ont renforcé les structures existantes à Akonolinga, mis[182] en place et exécuté les interventions chirurgicales, assuré la formation du personnel local.

Ces ONG travaillent en collaboration avec les structures publiques ou parapubliques comme les Fondations pour atteindre leurs objectifs.

3.L’ Institut Tropical Suisse (ITS)

Il utilise ses compétences scientifiques afin de déterminer l’agent pathogène, le véhicule de transmission et les facteurs qui interviennent dans l’apparition de la maladie. Il fait des recherches pour élaborer des solutions médicamenteuses utiles pour un vaccin. Il développe aussi des outils de diagnostique pour faciliter les soins aux malades.

Une fois par an, ces diverses institutions participent à la réunion annuelle du Groupe consultatif contre l’ulcère de Buruli, qui se déroule au siège de l’OMS à Genève. Lors de cette séance, elles font part de leur bilan annuel et de leur expérience aux participants d’autres pays.

En résumé, les différentes institutions présentes au Cameroun ont contribué à l’installation d’infrastructures et d’un programme de lutte contre l’Ulcère de Buruli dans la région d’Ayos et d’Akonolinga. Ainsi, leurs efforts synergiques seraient récompensés par un bilan probant de prise en charge des malades qui éradiquerait de manière progressive cette pathologie.

CHAPITRE IV : LES BILANS ET LES LIMITESDE LA PRISE EN CHARGE DES MALADES DE L’ULCERE DE BUIRULI

Dresser un bilan revient à établir les résultats d’une action ou d’un fait[183].Depuis plus d’une décade, la lutte contre les Maladies tropicales Négligées(MTN) notamment l’ulcère de Buruli et la prise en charge des malades laissent des résultats observables au sein des populations du Nyong et Mfoumou. Il s’agit dans ce chapitre d’évaluer l’efficacité des mesures mises en œuvre pour éradiquer la pathologie susmentionnée et aussi les difficultés ou les limites rencontrées par les acteurs dans ce combat.

I- LES BILANS ENREGISTRES DANS LA PRISE EN CHARGE

Il s’agit ici de porter un jugement de valeur sur les résultats enregistrés durant cette prise en charge qui a duré une douzaine d’années. En effet, il faudra observer au-delà des actions menées par tous ces acteurs sus mentionnés, quel est la situation qui prévaut au niveau local. Donc il s’agit de mettre l’accent sur ce qui a concrètement été réalisé sur le terrain.

A- LE RENFORCEMENT DE LA LUTTE ET DES RESULTATS ENCOURAGEANTS

La seule présence de plusieurs acteurs dans la zone endémique d’Akonolinga, montre le désir réel de mettre fin à cette endémie qui dévastait les populations. Donc, le renforcement de la lutte se manifeste par l’avènement de la médecine moderne qui fait ses preuves à travers l’efficacité de la chimiothérapie, l’accès facile aux soins l’appui accordé aux acteurs locaux par une assistance étrangère.

1.L’efficacité de la chimiothérapie

La chimiothérapie est le traitement par les substances chimiques[184]. Les progrès faits dans le domaine de la médecine depuis le XVIIIe siècle, avec les avancés scientifiques et techniques dans le monde ont favorisé la prise en charge de l’ulcère de Buruli à l’hôpital de district d’Akonolinga. Le développement de la recherche pharmaceutique par non seulement le Centre Pasteur du Cameroun, le réseau international des instituts pasteurs, mais aussi les laboratoires des centres intégrés de santé ont permis à travers moult expériences de mettre en place une combinaison d’antibiotiques accélérant le traitement de la maladie[185]. La découverte de nouveaux médicaments a consolidé la mise sur pied de la Streptomycine associée à la Rifampicine nettement très efficace dans la lutte contre l’ulcère de Buruli[186]. L’usage de ces médicaments a permis de mettre en observation pendant une durée de 8 semaines les malades et des résultats encourageants ont été observés.

La résistance de certains organismes aux effets de médicaments est également prise en compte afin de rendre efficace les différentes méthodes et de revoir la posologie. L’évolution de cette chimiothérapie est assistée par une incision et une greffe cutanée qui accélèrent la cicatrisation. Ainsi donc, la disponibilité des produits et leur gratuité au sein des Centres de prise en charge manifestent l’accès relativement facile aux soins.

2.Un accès relativement facile aux soins

L’objectif du Millénaire pour le développement « santé pour tous en l’an 2000 », a permis durant cette prise en charge, la multiplication des structures de lutte contre les maladies infectieuses et des maladies tropicales négligées. Le système de santé camerounais met l’accent sur la prévention des maladies jusque dans les milieux ruraux. Il permet aux populations d’espérer à un avenir radieux pour leur bien-être physique et mental[187].

Par ailleurs, le personnel soignant formé et la mise en place des relais communautaires, ont favorisé et renforcé au fil des années le système de distribution des soins de santé. De par la détection précoce des patients, l’accès rapide aux soins, l’assistance étrangère prête aussi main forte aux acteurs de cette lutte contre l’ulcère de Buruli.

3.L’efficience de l’assistance étrangère

Le Cameroun, dès son accession à l’indépendance s’est ouvert au reste du monde comme étant membre actif de ce village planétaire. De ce fait donc, il peut désormais bénéficier des aides et l’assistance de ces partenaires étrangers. Mais depuis la période coloniale, plusieurs structures ont été mises au service du bien-être des populations camerounaises. En occurrence le Centre pasteur du Cameroun qui, depuis sa création en 1959, dispose d’un laboratoire d’analyses médicales spécialisé dans la lutte contre les maladies infectieuses et dont le siège est à Yaoundé. Dans la lutte contre l’ulcère de Buruli et la prise en charge des malades, ce centre a largement contribué aux services de santé publique remarquable par ses missions de recherches[188]. En outre, au sommet de cette hiérarchie, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) participe à cette prise en charge à travers l’expertise des médecins chevronnés du Groupe consultatif de l’Initiative Mondiale de lutte contre l’ulcère de Buruli. Elle agit également par les multiples rencontres annuelles des représentants de chaque territoire endémique.

Par ailleurs, l’aide des Organisations Non Gouvernementales (ONG) et les groupes d’action a contribué à la prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli à Akonolinga. Les Médecins Sans Frontières, instigateur de la prise en charge dans cette localité depuis 2002, a accordé une aide financière et matérielle au district de santé d’Akonolinga et bien d’autres aides multiformes pendant plus de 12ans. En l’an 2001, grâce à l’activisme de l’Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse (ALES), que le foyer de l’ulcère de Buruli de la vallée du Nyong a connu ses premières assistances.

L’assistance reçue de l’extérieur par le Cameroun dans la prise en charge de l’ulcère de Buruli a permis au Ministère de la Santé Publique de faire face à cette virulente pathologie. Désormais, l’on pourrait espérer une éradication complète de cette affection dans la vallée du Nyong, nonobstant les facteurs environnementaux et les conceptions superstitieuses des populations locales. Cependant, une éducation sanitaire doit s’accroitre.

B- LES AVANTAGES A L’EDUCATION SANITAIRE

L’éducation sanitaire est l’une des stratégies mises en place par les acteurs pour lutter contre l’ulcère de Buruli. En effet, à travers les sensibilisations, la formation et l’information des populations, cette stratégie a favorisé la réinsertion socioéconomique des patients et handicapés, un abandon des pratiques et conceptions traditionnelles de la maladie et une guérison rapide des malades ayant pour corollaire l’absence de ces derniers dans les hôpitaux.

1.Une réinsertion socio-économique des malades

Les malades de l’ulcère de Buruli ne sont pas abandonnés à eux-mêmes.

Leur intégration et leur réinsertion socio-économique sont assurées par le gouvernement camerounais et les organismes internationaux comme Handicap International. A travers les petits métiers dont : l’artisanat, la vannerie… il est accordé un soutien multiforme à la diffusion des produits fabriqués par les personnes handicapées[189]. Par ailleurs, à travers des subventions et les fonds alloués aux organismes de prise en charge, la gestion financière et économique témoigne de la transparence dans la réalisation des projets de développement dans les zones endémiques[190].

Sur le plan social, dans les pays en développement, les personnes handicapées ont peu d’occasions pour se distraire. Souvent, elles ne peuvent pas accéder aux loisirs, à la culture et au sport, faute d’équipements adaptés ou de structures existantes. Pourtant, ces activités ont des vertus rééducatives et favorisent aussi la rencontre et l‘échange. Elles permettent aussi de changer le regard des autres. C’est dans cette optique que depuis 30 ans, Handicap International s’est mobilisée pour intégrer des Activités Physiques et Sportives au sein des actions développées en faveur des personnes handicapées.

Au même titre que la scolarisation, ces exercices physiques ont non seulement valeur d’éducation sanitaire, d’alphabétisation, de rééducation fonctionnelle, mais aussi de distraction pour les personnes handicapées. Ainsi par cette éducation sanitaire, les populations sont sensibilisées sur la maladie ; par conséquent, abandonnent au fil du temps les pratiques et les conceptions anciennes de l’ulcère de Buruli.

2.Un abandon des pratiques et une conception traditionnelle de la maladie

Les pratiques et la conception ancienne liées à l’ulcère de Buruli, sont peu à peu abandonnées par les populations d’Akonolinga. Avec les multiples campagnes de sensibilisation et les conférences organisées, les populations du Nyong et Mfoumou prennent conscience du fait que l’ulcère de Buruli est une maladie naturelle et non mystique qui peut guérir au même titre que le paludisme, la tuberculose ou tout autre maladie. A cet effet donc, l’on constate que plusieurs patients se dirigent désormais vers les centres hospitaliers de prise en charge et abandonnent à 80% la médecine traditionnelle[191]. Ainsi donc dans le traitement et la prise en charge de l’ulcère de Buruli les expressions comme « tradipraticiens » ou « guérisseurs » sont en train d’être bannies par les populations locales. De ce fait donc, d’aucuns pensent que personne ne peut véritablement lancer un virus ou un microbe à son prochain[192].

3.Absence remarquable des patients au sein du centre intégré de santé d’Akonolinga

Ce qui provoqua le départ du principal acteur (Médecins Sans Frontières) de prise en charge de l’ulcère de Buruli à Akonolinga en 2014, est l’absence des malades. Cette carence en patients, caractérise la « victoire » des acteurs de prise en charge de la maladie face à la pathologie[193]. En effet, elle témoigne également de l’efficacité des stratégies et moyens de prise en charge dans cette localité. Par ailleurs, durant le trimestre allant de juin à Août 2017, où nous effectuons nos recherches de terrain au sein de l’Hôpital de District d’Akonolinga, nous avons trouvé 15 patients hospitalisés, mais selon la responsable du pavillon, seul 3 parmi les 15 étaient victimes d’ulcère de Buruli. Aussi expliquait-elle encore que 2/3 étaient en phase de cicatrisation[194]. Le reste de patients souffraient de plaies chroniques traumatisées[195].

Ainsi donc, malgré les efforts remarqués de prise en charge et le recule considérable de la pathologie, plusieurs problèmes ont été enregistrés durant ce processus de prise en charge.

II- LES PROBLEMES RENCONTRES DURANT LA PRISE EN CHARGE DES MALADES

Pour prendre en charge l’ulcère de Buruli à Akonolinga, les acteurs ont été confrontés à plusieurs problèmes : les obstacles naturels qui laissaient place à un environnement insalubre et les obstacles socioculturels qui se manifestent par l’attachement des populations locales aux pratiques traditionnelles de lutte contre cette maladie.

A- UN ENVIRONNEMENT INSALUBRE

L’insalubrité est un état de tout ce qui est malsain, qui peut nuire à la santé[196]. A cet effet, le milieu bio-naturel de cette localité, à travers l’écoulement lent des eaux du fleuve Nyong favorise le déploiement de l’agent vecteur de l’ulcère de Buruli. Par conséquent, ce milieu devient malsain pour les riverains qui y pratiquent l’agriculture et la pêche et s’exposent à la maladie à cause de l’indisponibilité de vaccins.

1.La lenteur de l’écoulement des eaux du fleuve Nyong et la persistance des zones marécageuses

L’environnement est un facteur ralentissant de la prise en charge de l’ulcère de Buruli dans la vallée du Nyong. Le fleuve Nyong par la flore aquatique qui envahit son lit, revêt un écoulement lent des eaux. D’où la présence d’eau stagnante[197]. Ce qui expliquerait la prolifération des mycobactéries ulcerans dans la localité. A cet effet donc, tant que le lit du fleuve n’est pas dégagé, et tant que les eaux n’ont pas un écoulement normal, il est probable que la pathologie persiste dans cette région endémique. C’est ce qui expliquerait la multiplication de la détection des nouveaux cas de maladie.

En outre, la persistance des zones marécageuses constitue également un problème à la prise en charge. Car les populations ne peuvent abandonner leur milieu d’approvisionnement en ressources alimentaires et économiques[198].

2.L’indissociation des populations de leur milieu de culture (agriculture et pêche)

L’agriculture et la pêche constituent les activités économiques et financières des populations d’Akonolinga. A cet effet, l’abstention des populations à ces pratiques serait un abandon de principales sources de revenus. Car c’est grâce à ces activités que plusieurs parmi les habitants subviennent à leurs besoins économique, familial, financière et même sanitaire[199]. Akonolinga apparaissant donc comme un « don du Nyong », ce dernier reste de ce fait indispensable à la vie et à la survie dans cette localité. La déforestation et l’accroissement des activités agricoles pourraient aussi avoir contribué de manière importante à l’augmentation marquée de l’incidence des infections à Mycobacterium ulcerans.

Par ailleurs, après des études environnementales sur la présence du virus de l’ulcère de Buruli dans la région d’Akonolinga, il en découlait une transmission éventuelle à l’homme par des insectes aquatiques tels les moustiques[200]. Du fait du contact permanant avec les eaux stagnantes et les marécages du fleuve, il était évident d’y rencontrer la forte prévalence de l’ulcère de Buruli. La maladie survient fréquemment à proximité immédiate de nappes d’eau stagnante ou s’écoulant lentement[201]. Le micro-organisme pénètre vraisemblablement dans l’organisme par l’intermédiaire de petites lésions cutanées à partir de sols, d’eau ou de végétations contaminées.

Ainsi donc, du fait du manque de méthodes préventives comme les vaccins, le peuple ne pourrait qu’être victime.

3.Manque de vaccin contre l’ulcère de Buruli

Dans la prise en charge moderne et traditionnelle de l’ulcère de Buruli, aucun traitement médicamenteux n’a encore fait preuve d’efficacité[202]. De plus aucune méthode de prévention n’a encore vu le jour. En effet, seul les moyens de prévention pourraient réduire la forte prévalence de la maladie à Akonolinga.

La présence d’un éventuel vaccin, serait un moyen d’anticipation de la maladie sur sa prise en charge. Ce serait vraisemblablement le véritable et seul moyen de lutte contre cette maladie tropicale négligée. Car, la sensibilité d’une population à l’infection est fonction de la force et de la durée de l’exposition, de la virulence de l’organisme, de la réponse immunitaire de l’hôte et de la sensibilité individuelle à la maladie, qui peut dépendre de facteurs génétiques[203]. Ainsi donc, l’interaction entre la réponse immunitaire d’un hôte et l’organisme infectieux détermine l’ampleur et la vitesse d’évolution de la maladie d’un stade à l’autre : incubation, manifestations cliniques, guérison et protection contre une nouvelle infection[204].

Ainsi en zone rurale, cette évolution fulgurante de la maladie caractérise l’attachement des patients aux pratiques traditionnelles.

B- L’ATTACHEMENT DES POPULATIONS AUX PRATIQUES TRADITIONNELLE

Le véritable obstacle social de la prise en charge, se situait au niveau des mentalités des populations locales. Caractérisées par la superstition, ces mentalités renforçaient le mysticisme dans la conception de la maladie, dirigeaient les patients vers les itinéraires thérapeutiques traditionnels et surtout manifestaient leur refus ou leur lenteur à se diriger vers la prise en charge clinique.

1.Une fidélité à la conception mystique de la maladie

Depuis l’arrivée des Médecins Sans Frontières (MSF) en l’an 2002 à Akonolinga, le véritable obstacle à la prise en charge était l’idée que la population locale se faisait de l’ulcère de Buruli. En effet, conçue comme maladie mystique, les populations ne se dirigent pas pour la grande majorité vers la médecine traditionnelle. Car pour eux seul le guérisseur pour venir à bout du mauvais sort qui leur a été lancé[205]. Donc, il était assez difficile de convaincre les malades de se rendre vers les hôpitaux modernes pour leur prise en charge.

« Les vieilles habitudes ayant les peaux dures », le premier combat de MSF était de défaire les mentalités locales. C’est ainsi qu’à travers plusieurs campagnes de sensibilisations et des conférences organisées par les différents acteurs de cette lutte, l’on devait donc informer les populations sur les modes de transmission, les manifestations et l’impact de cette maladie sur l’homme. Mais du simple fait pour les locaux de continuer à percevoir les feuilles de palmier à huile ou « Atom » attaché sur les arbres fruitiers ou planté dans les champs ne leur laissait pas le choix que de croire au mysticisme[206]. La causalité étant donc claire, il était hors de question d’abandonner les tradipraticiens qui depuis de longues dates ont fait preuve d’efficacité dans le traitement de l’ulcère de Buruli. D’où l’attachement à la seule médecine traditionnelle.

2.L’attachement à la seule médecine traditionnelle

La médecine traditionnelle a longtemps fait ses preuves dans la lutte contre plusieurs maladies au Cameroun depuis la période coloniale[207]. A travers les multiples pratiques dont la méthode préventive (le blindage) et le traitement des pathologies dans les sociétés anciennes du Cameroun, les populations du Nyong et Mfoumou se sont attachées à la médecine traditionnelle. Depuis 1975, ce fut le seul moyen de prise en charge de cette maladie jusqu’en 2002, lorsque la prise en charge clinique de cette dernière. Plus de 80% des malades de l’ulcère de Buruli à Akonolinga ont eu à faire recours aux guérisseurs[208].

Donc, durant la période allant de 2002 à 2014, il a été difficile de ramener un vers le traitement clinique. C’est ainsi que la majorité de patients hésitait à se rendre vers les structures hospitalières de référence[209].

3.La lenteur à se diriger vers les structures sanitaires adaptées

Le plus souvent, la maladie frappe les habitants démunis dans les zones rurales éloignées où l’accès aux soins est limité. Plusieurs raisons pourraient expliquer la lenteur des patients à se diriger vers les centres hospitaliers. Il s’agit d’une part de cette peur de l’amputation de membres, la perte d’organes (œil, seins, organes génitaux). Et d’autre part de quelques décès imputables à des septicémies, au tétanos ou à des hémorragies ont été signalés dans les hôpitaux[210]. Tous ces actes conduisaient les patients atteints de l’ulcère de Buruli à une réticence vis-à-vis des structures hospitalières spécialisées.

Par ailleurs, les populations de manière superstitieuse, croyaient que l’opération chirurgicale conduisait automatiquement au décès. C’est-à-dire aller au bloc chirurgical était une occasion pour les « esprits malveillants » d’atteindre leurs ennemis. De plus l’excision ou l’amputation des membres n’avait rien de rassurant à son bon déroulement. Il était donc préférable de se rendre chez un guérisseur plutôt que dans un hôpital, d’autant mieux préserver sa vie[211].

En somme, le bilan de la prise en charge de l’ulcère de Buruli à Akonolinga entre 2002 et 2014, n’a pas laissé un tableau totalement sombre. De nombreuses avancées ont été observées durant cette phase de lutte contre cette maladie tropicale négligée. Mais au vue des limites ou problèmes rencontrés durant cette phase ; des efforts restent encore à fournir pour éradiquer cette pathologie infectieuse sur l’étendue du territoire national.

CONCLUSION GENERALE

Maladie Tropicale Négligée (MTN), l’ulcère de Buruli fait partir des pathologies infectieuses au même titre que la lèpre et la tuberculose. A en croire son taux de prévalence (4.4) au Cameroun en général et dans le Nyong et Mfoumou en particulier, la mobilisation synergique des forces nationales et internationales supposait une évolution des considérations thérapeutiques et psychosociales au niveau local, national et international. Aujourd’hui, l’étude de la prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli à l’hôpital de district d’Akonolinga revêt tout son intérêt. L’objectif dans ce travail, a consisté à la description et à l’analyse des mécanismes et du processus de prise en charge de cette maladie par les pouvoirs publics camerounais dans son évolution de 2002 à 2014 ; tout en cernant les difficultés rencontrées. En tenant compte des initiatives, des actions concrètes dans une triple dimension : médical, psychologique et sociologique, il en ressortait une importance capitale dans les stratégies à adoptée, les attitudes des différents acteurs, la gestion au sein de la structure médicale locale et l’implication des représentations sociales autour de cette maladie tropicale.

Il en ressort de là que les pouvoirs publics camerounais ont pris sous leur responsabilité le destin d’une population assiégée par une maladie à virulence non négligeable ; afin de ralentir ou d’éradiquer complètement cette dernière dans son expansion à Akonolinga. Adapté à un milieu biogéographique propice à sa prolifération, l’ulcère de Buruli avait des effets dévastateurs au sein de la population locale. Cependant, les stratégies adoptées et les politiques de lutte mises en application ont favorisé un meilleur épanouissement des populations. Les acteurs et les structures se sont voués à cette même cause de manière concrète en respectant les protocoles de prise en charge proposés par l’OMS. A travers le déploiement des forces en présence, la maladie avait été mis en mal dans son foyer du Nyong et Mfoumou, afin de sauver les vies humaines de toute souffrance atroce et surtout pour préserver d’autres contre tout risque d’invalidité.

Les soins curatifs administrés aux malades, l’éducation sanitaire et le confort octroyé aux patients à travers la mise en place d’un Pavillon Buruli, ont contribué de façon appréciable à cette prise en charge ; rendant possible la guérison d’un plus grand nombre d’individu. Selon M.ATANGANA, au départ des Médecins Sans Frontières de la ville d’Akonolinga en 2014, l’on retrouvait exactement 3 patients Buruli internés au sein du centre intégré de santé d’Akonolinga sur les 650 cas dénombrés à leur arrivée en 2002[212]. Il s’agit là d’une baisse considérable des victimes, mais non pas une éradication tous azimuts de la maladie. Egalement, les considérations locales et sociales de cette pathologie ont contribué d’une manière ou d’une autre à l’efficacité de cette prise en charge.

A l’issue de l’étude que nous venons de mener, nous pouvons dire sans ambages que la prise en charge des malades de l’ulcère de Buruli à Akonolinga a été un succès entre 2002 et 2014, de par les politiques et les stratégies mises en application. Mais pour tout intérêt à long terme, la recherche pour la réorganisation de la médecine préventive contre cette tare physique doit être accrue. Par ailleurs, nous appelons à un effort de collaboration entre la médecine traditionnelle et la médecine moderne pour espérer un jour trouver la « formule magique » susceptible d’éradiquer complètement cette maladie au sein des communautés endémiques.

Ainsi, le défi de mettre le Cameroun à l’abri de tous les maux sanitaires reste réalisable, au cas où l’on s’attèlerait à la poursuite tenace des Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) « Santé pour tous » et à la réalisation de ces projets. L’encouragement de la recherche scientifique en général et pharmaceutique en particulier par les pouvoirs publics, seraient un regain d’espoir dans lutte contre cette maladie tropicale négligée. Ceci étant, dans un avenir proche une étude pourrait être menée sur cette pathologie en retraçant une corrélation avec d’autres infections comme le VIH/SIDA ; rendant vulnérable le système immunitaire des patients. Surtout mettant en relief la recrudescence de celle-ci dans d’autres localités et parfois l’échec des politiques et stratégies de prise en charge.

SOURCES ET REFFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

I- SOURCES PRIMAIRES

A- DOCUMENTS D’ARCHIVES

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- Dr F. DOENNER (responsable du programme MSF suisse), Rapport : Redynamisation du programme de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga(Cameroun) : présentation des résultats et des principales activités du programme en 2006.
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- Rapport, Réunion annuelle de l'OMS sur l'ulcère de Buruli, 28 au 30 mars 2011 : Résumés.
- Rapport, Réunion annuelle de l’Initiative Mondiale contre l’ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009.
- YAO T., BROUTIN H. , L’ulcère de Buruli et modification de l’utilisation des sols et de la couverture terrestre en côte d’Ivoire et en Guyane française, contribution aux travaux de la réunion annuelle de l’Initiative Mondiale contre l’ulcère de Buruli, 2009.

2.Archives du Ministère de la Santé

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- Décret N077-180 du 6 juin 1977, portant organisation du Ministère de la Santé Publique.
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- Organisation de Coordination pour la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale(OCEAC), Rapport technique, 1965, Tome 2.
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B- SOURCES ORALES

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II- SOURCES SECONDAIRES

A- OUVRAGES GENERAUX

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- UM BOOCK A., STAEHELI R., "L’ulcère de Buruli au Cameroun”, FAIRMED, Medicus Mundi Schweiz, MMS bulletin n092, April 2004.
- COMTE E., Revue de la littérature Buruli, in MSF-CH, département médical MSF- CH, octobre –décembre 2005.
- MACCALLUM P. ,A new mycobacterial infection in man. ″, Journal of Pathology and Bacteriology 60, 1948.

E- SOURCES NUMERIQUES

-http ://WWW.Handicap-international.fr/consulté le 22 Avril 2O18.
-http ://WWW.Fondation Raoul Follereau. Fr/consulté le 22 Avril 2018.
-http://WWW.pasteur-yaounde.org/consulté le 22 Avril 2018.
-http://www.epicentre.MFS.ORG/consulté le 20 Janvier 2018.
- http://www.médecinesciences.org/fr/consulté le 10 Janvier 2018.
- http://www.sti.Unibas.ch/consulté le 20 Décembre 2017.
- http://www.burili.ci/histori.html/ consulté le 20 décembre 2017.
- http://www.burilibusters.com/consulté le 18 Décembre 2017.
- http://www.mapinfo.com/consulté le 18 Décembre 2017.

ANNEXES

Annexe 1: Autorisation de Recherche

Annexe 2: Recommandations et projet de plan de travail pour la première réunion du Groupe consultatif spécial de l’OMS pour l’ulcère de Buruli à Genève (Suisse), du 16 au 18 février 1998

Annexe 3: Déclaration de Yamoussoukro sur l’ulcère de Buruli

Annexe 4: Formulaire d’enregistrement et de notification des cas d’ulcère de Buruli

Annexe 5: Une séance sportive de personnes handicapées en Guyane française

Annexe 6: Vue partielle de l’hôpital de district d’Akonolinga

Annexe 7: Extrait de la Charte des Médecins Sans Frontières

Annexe 1 : Autorisation de Recherche

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Annexe 2 : Recommandations et projet de plan de travail pour la première réunion du Groupe consultatif spécial de l’OMS pour l’ulcère de Buruli à Genève (Suisse), du 16 au 18 février 1998

En février 1998, la première réunion du Groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli s’est tenue au Siège de l’OMS à Genève. Le groupe spécial a recommandé de fonder l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli et de plaider pour l’appui :

de créer un Groupe de travail mondial sur l’ulcère de Buruli rassemblant des experts du monde entier et devant s’appeler l’équipe internationale d’étude de Mycobacterium ulcerans (IMUST). Celle-ci cherchera à développer les activités de lutte et de recherche et aidera à coordonner les efforts mondiaux contre l’ulcère ;

d’identifier 2 ou 3 pays d’endémie et d’effectuer des analyses de situation afin d’avoir une idée claire des efforts faits actuellement et des ressources supplémentaires qui seront nécessaires pour combattre la maladie ; d’aider les pays sélectionnés à établir des centres pouvant prendre convenablement en charge les cas ;

d’entreprendre les enquêtes pour déterminer la charge de morbidité, une fois que les centres ont été établis et que le personnel a suivi la formation nécessaire, d’aider à mettre en œuvre des mesures de lutte visant au dépistage précoce, ainsi que des définitions de cas standardisées pour la surveillance et la prise en charge des patients, et à élaborer des directives pour le traitement et l’orientation des patients vers le service approprié ;

d’aider la recherche dans les domaines prioritaires suivants : évaluation des étapes nécessaires pour la mise en œuvre de mesures de compréhension des modifications de l’environnement qui favorisent l’apparition de la maladie, définition de la structure chimique de la toxine perfectionnement des techniques d’empreintes génétiques pour étudier le mode de transmission et le comportement du micro-organisme, connaissance de l’action d’antimicrobiens connus sur M. ulcerans, en commençant par des modèles animaux, établissement de laboratoires internationaux de diagnostic et de référence pour appuyer la recherche en facilitant les échanges de matériel, d’encourager et de coordonner les travaux de recherche en cours et faciliter l’échange des informations entre les chercheurs.

Projet de plan de travail

Le Groupe spécial a proposé un plan de travail s’intéressant aux domaines suivants :

Appui aux pays d’endémie pour renforcer les capacités de leurs systèmes de santé afin qu’ils puissent efficacement s’occuper de l’ulcère de Buruli (créer des services suffisants de chirurgie et de laboratoire à des endroits stratégiques répartis sur l’ensemble du territoire).

Formation suffisante du personnel de santé dans des domaines essentiels comme la chirurgie, la pathologie, la microbiologie, l’épidémiologie et la physiothérapie. Dépistage précoce des cas grâce à une surveillance renforcée et des systèmes d’éducation sanitaire, en collaboration avec d’autres programmes, notamment au niveau communautaire.

Prise en charge clinique des malades en appliquant des principes thérapeutiques standardisés, c’est-à-dire des définitions de cas et une classification communes.

Recherche fondamentale et recherche clinique, notamment dans les domaines de la chimiothérapie (en commençant par des modèles sur la souris puis en passant à l’homme par la suite), des empreintes génétiques (dans le but d’obtenir les données épidémiologiques requises pour éclaircir le mode de transmission), de l’environnement (dans le but de comprendre l’émergence récente de cas), de la toxine et de l’immunothérapie (dans le but de purifier la toxine et de déterminer sa structure chimique afin d’entreprendre des études d’immunothérapie).

Fonder trois centres internationaux de diagnostic et de référence pour appuyer les efforts de recherche et pour servir également de banques de souches et d’échantillons d’histopathologie à la disposition de tous les chercheurs.

Source : Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, p.221.

Annexe 3 : Déclaration de Yamoussoukro sur l’ulcère de Buruli

Nous, les participants à la Conférence sur la recherche et la lutte contre l’ulcère de Buruli, reconnaissons que l’ulcère de Buruli (également appelé ulcère de Bairnsdale en Australie), la troisième maladie mycobactérienne la plus répandue après la tuberculose et la lèpre, est une cause majeure de souffrance humaine. En Afrique de l’Ouest, en particulier, elle est en augmentation rapide et pose un sérieux problème de santé publique.

L’ulcère de Buruli touche essentiellement les communautés pauvres, qui ont un accès limité aux soins de santé, et plus particulièrement les enfants et les femmes. Nous sommes préoccupés de constater que l’ulcère de Buruli, étant donné le nombre croissant de cas et les complications associées, peut saper les efforts entrepris pour améliorer le développement économique et social des communautés les plus touchées.

Nous sommes très préoccupés par le manque d’informations sur cette maladie. Nous croyons que la recherche multidisciplinaire, y compris le développement d’un vaccin et d’antibiotiques actifs, permettrait la mise au point d’un traitement médical non invasif. Nous reconnaissons qu’une détection et un traitement précoces avant le stade d’ulcération peut éviter les complications.

Nous reconnaissons aussi que les personnes les plus touchées par la maladie sont celles qui ont un accès limité aux soins de santé et qui, habituellement, viennent consulter à un stade avancé, lorsque les complications sont devenues dramatiques. L’hospitalisation devient alors prolongée et donc coûteuse pour les services de santé, les patients et leurs familles.

Nous, les participants à la Conférence sur la recherche et la lutte contre l’ulcère de Buruli et plus particulièrement les Chefs d’Etat et les représentants des gouvernements des pays les plus affectés, nous nous engageons à mobiliser les ressources nécessaires pour la mise en place dans les meilleurs délais, d’un programme efficace de lutte contre l’ulcère de Buruli en tant que composant à part entière des soins de santé primaires.

Nous nous engageons à déployer tous les efforts possibles pour :

mettre en place des structures chirurgicales simples au niveau périphérique afin de traiter la maladie à la phase nodulaire ou ulcérative précoce ; améliorer et maintenir durablement des programmes d’éducation sanitaire sur l’ulcère de Buruli à tous les niveaux ;

mettre en place dès que possible un système de surveillance et mener des enquêtes pour déterminer l’ampleur de la maladie, à condition qu’un traitement puisse être offert aux patients identifiés ; collaborer à la recherche sur la transmission de la maladie et sa prévention,contrôler la mise en œuvre des mesures indiquées plus haut.

Nous soulignons que ces efforts doivent être soutenus par l’ensemble de la communauté internationale. Nous lançons, par conséquent, un appel à tous les gouvernements, aux agences des Nations Unies, aux coopérations bilatérales, aux banques de développement, aux organisations non gouvernementales, aux fondations et aux institutions de recherche pour :

qu’ils coopèrent directement avec les pays d’endémie pour mener les activités et qu’ils développent des partenariats et des coopérations avec les organisations et les programmes intervenant dans le développement des systèmes de santé, de sorte qu’un traitement efficace de l’ulcère de Buruli puisse être à la disposition de tous ceux qui sont touchés par la maladie.

Nous affirmons, par conséquent, notre soutien à l’Initiative Mondiale de l’OMS contre l’ulcère de Buruli dont l’objectif est de résoudre les problèmes posés par l’ulcère de Buruli et d’améliorer la prestation des soins afin de contribuer au renforcement des infrastructures et des compétences dans les pays d’endémie.

Nous affirmons enfin notre détermination à renforcer la lutte contre l’ulcère de Buruli. Reconnaissant qu’il existe un lien entre l’ulcère de Buruli et le développement global, nous adoptons la présente Déclaration et prenons l’engagement de(…)

Directeur général, Organisation mondiale de la Santé

Son Excellence Monsieur Henri Konan Bédié, Président de la Côte d’Ivoire

Son Excellence Monsieur Mathieu Kérékou, Président de la République du Bénin Son Excellence Monsieur Flt. Lt. (Ret.) Jerry John Rawlings, Président du Ghana

Juillet 1998 à Yamoussoukro (Côte d’Ivoire)

Source : Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, pp.234-235.

Annexe 4 : Formulaire d’enregistrement et de notification des cas d’ulcère de Buruli

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Annexe 5 : Une séance sportive de personnes handicapées en Guyane française

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Source : http// : www.Handicap International.fr

Annexe 6 : Vue partielle de l’hôpital de district d’Akonolinga

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Annexe 7 : Extrait de la Charte des Médecins Sans Frontières

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[1] A. UM BOOCK, S. EYANGO, et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, Ministère de la santé publique, Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse, Institut tropical Suisse, mars-novembre 2004, p.5.

[2] Ibid.

[3] Conférence internationale sur les soins de santé primaires tenue du 06 au 12 septembre 1978 à Alma-Ata en Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS), soulignant la nécessité d’une action urgente de tous les gouvernements, de tous les personnels des secteurs de la santé et du développement ainsi que de la communauté internationale pour protéger et promouvoir la santé de tous les peuples du monde.

[4] A. P. EBA ABADA, Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996, mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012, p.1.

[5] Décret n0 2011 /410 du 9 décembre 2011 , Cameroun tribune, n09988/6189, édition spéciale, 10decembre 2011.

[6] Propos du président Paul BIYA cité dans la préface du Document de stratégie sectorielle de santé 2001-2015

[7] En 2000, les Nations Unies ont identifié 8 objectifs à atteindre d’ici 2015 pour favoriser le développement. Ces objectifs sont : 1) Réduire l'extrême pauvreté et la faim, 2) Assurer l'éducation primaire pour tous, 3) Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, 4) Réduire la mortalité infantile, 5) Améliorer la santé maternelle, 6) Combattre le VIH-sida, le paludisme et d’autres maladies, 7) Préserver l’environnement, 8) Mettre en place un partenariat mondial pour le développement.

[8] A. P. EBA ABADA, « Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996 », mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012, p.3.

[9] 3ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat (3e RGPH), Bureau central des Recensements et des Etudes de la Population du Cameroun (BUCREP), 2010.

[10] A.UM BOOCK, R. STAEHELI, L’ulcère de Buruli au Cameroun, FAIRMED, Medicus Mundi Schweiz, MMS bulletin n092, April 2004.

[11] Dictionnaire universel, 2è édition, Paris, Hachette EDICEF, 1988, p.962.

[12] Idem, p.718.

[13] Idem, p.1223.

[14] Atom s’apparente à une provision envoyée à un être cher, mais sauf qu’ici il est employé de manière péjorative pour recours à la violence en vers quelqu’un qui nous a offensé et surtout qui ne respecte pas les biens d’autrui, ou qui prend les biens des gens sans leur consentement.

[15] Langlois et Seignobos, Introduction aux études historiques cité par Marc Bloch, Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, Paris, Armand Colin, 2e éd, 1952, p.52.

[16] F. Braudel, Ecrits sur l’histoire, Paris, Flammarion, 1969, p.3.

[17] F. Dosse, L’histoire ou le temps réfléchi, Paris, Hatier, 1999, p.34.

[18] J.F Soulet, L’histoire immédiate, Collection Que-Sais-Je ? PUF, Paris, 1994.

[19] Ibid. p.1.

[20] Corneille, Mémoires, cités par J.F Soulet , L’histoire immédiate : Historiographie, sources et méthodes, Paris, Armand Colin, 2009, p.67.

[21] H.I. Marrou, De la connaissance historique, Paris, Seuil, 1954, p.99.

[22] P. N’da, Méthodologie et guide pratique du mémoire de recherche et de la thèse de doctorat, Paris, L’Harmattan, 2007, p.109.

[23] L. Vidal , Faire de l’anthropologie : santé, science et développement, Paris, La Découverte, 2010, p.264.

[24] L. AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004.

[25] A. P. EBA ABADA, Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996, mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012.

[26] J.MVE BELINGA, « La médecine traditionnelle au Cameroun sous administration française : le cas de Sangmelima,1916-1960 », Mémoire de Maitrise en histoire, Université de Yaoundé I, 2003

[27] E. MVENG, Histoire du Cameroun, Tome2, Yaoundé, CEPER,1985.

[28] L.VIDAL, C. KUABAN, Sida et Tuberculose : la double ? Louvain-la-Neuve, Bruylant-Acdemia , 2011 .

[29] C. Nsom Mba, Réunion annuelle de l’OMS sur l’ulcère de Buruli, activités menées au Cameroun en 2005, CNLUB, 2006, p.3.

[30] A. P. EBA ABADA, Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun, de 1959 à1996, p.7.

[31] R. ANTONIUS, Ce que doit inclure un projet de mémoire ou de thèse, Montréal, Université du Québec, 2007, p.13.

[32] M. Beaud , L’art de la thèse : comment préparer et rédiger une thèse de Doctorat, un mémoire de DEA ou de Maitrise ou tout autre travail universitaire, Paris, La Découverte, 1996, p.100.

[33] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.5.

[34] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.4.

[35] J. C. Olivry, Monographie du Nyong et des fleuves côtiers, institut de recherche sur les techniques, l’industrie et le sous-sol, 1979, p.11.

[36] Ibid.

[37] J. C. Olivry, Monographie du Nyong et des fleuves côtiers, institut de recherche sur les techniques, l’industrie et le sous-sol, 1979, p32.

[38] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.4.

[39] Dictionnaire des villages du Nyong et Mfoumou-horizon.documentation.ird.fr.

[40] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.4.

[41] J. C. Olivry, Monographie du Nyong et des fleuves côtiers, p.10.

[42] Ibid.

[43] L. AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives?, Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche enépidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, p.4

[44] J. C. Olivry, Monographie du Nyong et des fleuves côtiers, institut de recherche sur les techniques, l’industrie et le sous –sol, 2è édition, ONAREST, 1979, p.11.

[45] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.4.

[46] Ibid.

[47] V. Emog, L’histoire du Nyong et Mfoumou, Yaoundé, Emog’s production, 1990, p.10

[48] Idem

[49] V. Emog, L’histoire du Nyong et Mfoumou, p.10.

[50] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.3.

[51] Décret fédéral N064/DF/219 du 20juin 1964.

[52] Anonyme, généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.6.

[53] V. Emog, L’histoire du Nyong et Mfoumou, Yaoundé, Emog’s production, 1990, p.33.

[54] Entretien avec Luc Mendo 32ans, pêcheur, à Bondi, le 5septembre, 2017.

[55] E. Marion, J.Landier et Al., L’ulcère de buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, réseau international des instituts pasteurs, Médecines /sciences, 2013. p.1.

[56] A. UM BOOCK, S. EYANGO et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical suisse et ministère de la santé publique, 2004, p5.

[57] L. AHOUA , Prise en charge de l’ulcère de Buruli ; médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, Epicentre Els Torreel-Drug for Negleted diseases initiative, may2004, p.4.

[58] M. LATERALI , « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », mémoire de Licence en ethnographie, université de Neuchâtel, 8mars 2005, p.10.

[59] Le but de « l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli » est de promouvoir la recherche médicale, de coordonner le travail des différents ONG et autres partenaires, de fournir une assistance technique, d’élaborer un matériel éducatif adapté aux besoins des pays, favoriser la détection des nouveaux cas en établissant les programmes de surveillance et de mobiliser l’aide en faveur des pays touchés.

[60] Le groupe consultatif se réunit une fois par an à Genève, lors de cette rencontre, les bilans annuels des programmes nationaux de lutte et des ONG sont présentés, les avancées des recherches microbiologiques et médicales.

[61] M.LATERALI , « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », mémoire de Licence en ethnographie, université de Neuchâtel, 8mars 2005, p.10.

[62] M.LATERALI, « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », p.11.

[63] La région du centre a été diagnostiquée dans 5districts (Mbalmayo, Mfou, Ntui,Eséka et Awae)en faisant abstraction des districts d’Ayos et d’Akonolinga et leurs différents villages y compris.

[64] A. UM BOOCK, R. STAHELI, L’ulcère de Buruli au Cameroun, FAIRMED, Medicus mundi Schweiz, MMS bulletin n092, April 2004, p.1.

[65] E. MARION, J. LANDIER et Al., L’ulcère de Buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, réseau international des instituts pasteurs, Médecines /sciences, 2013. p.4.

[66] S. EYANGO, Facteurs et risques de l’ulcère de Buruli au Cameroun, session commune, 2004. p.37.

[67] J. DOANNIO, L. KOUASSI et al., Diversité biologique et implication des punaises d’eau dans la transmission de Mycobactérie ulcerans, agent étiologique de l’ulcère de Buruli en Côte d’Ivoire, contribution aux travaux de la réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli,2009, p.109.

[68] T. YAO, H. BROUTIN , L’ulcère de Buruli et modification de l’utilisation des sols et de la couverture terrestre en Côte d’Ivoire et en Guyane française, contribution aux travaux de la réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli,2009, p.111.

[69] Ibid.

[70] M. ATANGANA, infirmier en chirurgie major par intérim, entretien fait à Akonolinga,23 Août, 2017.

[71] A. UM BOOCK, S. EYANGO et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical Suisse et Ministère de la santé publique, mars-novembre 2004, p.15.

[72] Dr M.T. NGO NSOGA, médecin responsable du pavillon Buruli, entretien fait à Akonolinga, le 26 Aout 2017

[73] A. UM BOOCK, S. EYANGO et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, p.15.

[74] M. ATANGANA, infirmier en chirurgie major par intérim, entretien fait à Akonolinga, 23 Aout, 2017

[75] J. Frênette , Les infections à mycobactérie Ulcerans induisent une atrophie et un dysfonctionnement progressif du muscle et la mycolactone altère la multiplication des cellules satellites, contribution à la réunion annuelle de l’OMS sur l’Ulcère de Buruli, 28-30Mars 2011, P.118.

[76] Du fait du style de vie modeste dans la localité d’Akonolinga, les victimes n’acceptant pas l’hospitalisation sont contraintes d’effectuer des aller et retour tous les deux jours pour assister aux soins de pansement ; ce qui inclut des frais de transport. De par la forte odeur insupportable de putréfaction de la plaie certains reçoivent rarement des visites des amis ce qui est généralement perçu comme une mise en quarantaine.

[77] N.G. MAMBO TAMNOU, L’OMS et la lutte contre l’ulcère de Buruli au Cameroun 1969 à 2014, mémoire de master en histoire, université de Yaoundé I, 2015, p.25.

[78] Archives de l’Hôpital d’Akonolinga , Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga, 2013.

[79] Archives de l’hôpital d’Akonolinga , Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga (FCFA),2013

[80] Dr Marie ThérèseNGO NSOGA, responsable du pavillon Buruli, entretien effectué à Akonolinga le 23 août 2017.

[81] - A.UM BOOCK, R. STAEHELI, L’ulcère de Buruli au Cameroun, FAIRMED, Medicus Mundi Schweiz, MMS Bulletin n0 92 April 2004, p.3.

[82] - C. NSOM MBA, Réunion annuelle de l’OMS sur l’ulcère de Buruli, activités menées au Cameroun en 2005, CNLUB, 2006, p. 8.

[83] Rapport, Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.85.

[84] M. LATERALI ? « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », p.37.

[85] S. EYANGO et al., Rapport de la 6è réunion du groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de buruli : activités menées au Cameroun en 2002 dans le cadre de la prise en charge de l’Ulcère de buruli, Genève, du 10 au 13mars 2003, p.78.

[86] A l’ouverture des centres intégrés de santé, dans les hôpitaux publics, il n’existait pas encore de personnels spécialisés à l’ulcère de Buruli, mais la structure d’accueil allouait une partie de son personnel pour une éventuelle prise en charge.

[87] Entre 2000 et 2001, la maladie étant encore mal connue du personnel de santé, l’ulcère de Buruli était généralement traité sans différence comme les plaies traumatisées, les plaies chroniques et les brulures à Akonolinga.

[88] Entretien avec Dr Marie Thérèse NGO NSOGA, responsable du pavillon Buruli, Akonolinga le 23 Août 2017.

[89] Médecins sans Frontières(MSF) est une organisation qui s’est engagée dans la lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga et a mobilisé toutes les ressources matérielles, financières et logistique susceptibles d’améliorer les conditions de vie des populations riveraines des zones endémiques en général, dans la vallée du Nyong en particulier.

[90] Au cours de l’année 2002 étaient aussi encours de construction un nouveau bloc opératoire et la cuisine pour les patients.

[91] L’équipement du bloc opératoire et de la salle de pansement a été adapté aux nouveaux besoins.

[92] Cette structure est bien disposée dans le site et tous les bâtiments de nutrition, d’hospitalisation, des soins médicaux et les aires de gestion des déchets contribuent tous à la meilleure prise en charge.

[93] S. EYANGO et al., Rapport de la 6è réunion du groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli : activités menées au Cameroun en 2002 dans le cadre de la prise en charge de l’Ulcère de Buruli, Genève, du 10 au 13mars 2003, pp.78-79.

[94] Rapport, 9è Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l’ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.55.

[95] Ibid.

[96] C.NSOM MBA, Réunion annuelle de l’OMS sur l’ulcère de Buruli : activités menées au Cameroun en 2005, CNLUB, 2006, P.39.

[97] A.P. EBA ABADA, Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996, mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012, p.30.

[98] C.NSOM MBA, Réunion annuelle de l’OMS sur l’ulcère de Buruli, activités menées au Cameroun en 2005, P.40.

[99] Rapport, Réunion annuelle de l’initiative mondiale de lutte contre l’Ulcère de Buruli, OMS, Genève, 2009, p.45.

[100] Ibid.

[101] S. EYANGO et al ., Rapport de la 6è réunion du groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli : activités menées au Cameroun en 2002 dans le cadre de la prise en charge de l’Ulcère de Buruli, p.74.

[102] Rapport , Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de buruli, Genève, p.65.

[103] Dr F. DOENNER (responsable du programme MSF suisse), rapport : Redynamisation du programme de lutte contre l’ulcère de Buruli à Akonolinga(Cameroun) : présentation des résultats et des principales activités du programme en 2006, p.15.

[104] E. COMTE, Revue de la littérature Buruli in MSF-CH, département médical MSF- CH, octobre –décembre 2005, p.22.

[105] Pr S, EKOBO ET A. BISSEK, Atelier sur la prise en charge des plaies chroniques en milieu tropical et l’ulcère de Buruli : Plaies chroniques infectieuses Yaoundé et Akonolinga, partenaires : MSF, MINSANTE, Université Yaoundé I, Université de Douala, Université catholique d’Afrique centrale, Centre Pasteur du Cameroun, 15 au 23 juillet 2013, p.18.

[106] A. UMBOOCK et al., Enquête, Connaissances, Attitudes et Pratiques des populations d’Ayos et d’Akonolinga sur l’Ulcère de Buruli. - Berne, Yaoundé : Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse, 2003, p. 20.

[107] Entretient avec G. F. MIMBANG, patriarche, Bondi, 18décembre 2017.

[108] M. LATERALI , Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos, p.41.

[109] Ibid.

[110] M. LATERALI , « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », p.42.

[111] Rapport, Réunion annuelle de l’initiative mondiale de lutte contre l’Ulcère de Buruli, OMS, Genève, 2009, P.85.

[112] Il s’agit d’un ensemble de plantes naturelles qui servent de traitement et qui sont assistés du blindage qui est une sorte de vaccination aidant un ancien malade de l’ulcère de ne plus jamais être atteint par cette maladie de toute sa vie. Donc ce blindage assure l’immunité de la victime.

[113] Entretien avec S. NGONO, guérisseuse traditionnelle, Bondi,30Août 2017.

[114] Entretien avec T. MIMBANG, médecin traditionnel, Bondi, 1er Septembre 2017.

[115] M. LATERALI, « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », p.137.

[116] Entretient avec T. MIMBANG, médecin traditionnel, Bondi, 1er Septembre 2017.

[117] M. LATERALI, « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », pp.134-135.

[118] Entretien avec M. M. MFOUMOU, 37ans, mère d’une victime, Yaoundé 15septembre 2017.

[119] Entretien avec T. MIMBANG, médecin traditionnel, Bondi, 1er Septembre 2017.

[120] Ibid.

[121] Rapport, 9e Réunion annuelle de l'Initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli de l'OMS 15 au 17 mars 2006, p.8.

[122] Rapport annuel d’activités de prise en charge de l’Ulcère de Buruli dans les districts de santé d’Ayos et Akonolinga en 2003, Yaoundé, Bureau Régional pour l’Afrique, Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse, 2004, p.14.

[123] L. AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, p.16.

[124] Entretien avec Dr M.T., NGO NSOGA, responsable du pavillon Buruli, Akonolinga le 23 Août 2017.

[125] Rapport, Réunion annuelle de l’Initiative Mondiale de lutte contre l’Ulcère de Buruli, OMS, Genève, 2009, p.40.

[126] L.AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, p.18.

[127] L.AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche enépidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, pp.18-19.

[128] Dr SOULEY MANE, Origines et expansion du christianisme et de l’Islam : l’apport de l’Islam à la civilisation, tapuscrit de cours UE Hist 218, Yaoundé, ENS, 2015, p.11.

[129] E. COMTE , Revue de la littérature Buruli, in MSF-CH, Octobre- Décembre 2005, p.111.

[130] Selon M. Atangana, major par intérim du pavillon Buruli d’Akonolinga, l’opération chirurgicale est le moyen rapide de libération du malade des souffrances dues à l’ulcère de Buruli. Elle permet d’éviter les rechutes car la maladie est suturée dans son ensemble sur les tissus musculaires ; elle permet aux enfants malades de retrouver aussitôt le chemin de l’école.

[131] Entretien avec D. AVOUGMO, kinésithérapeute principal : rééducation fonctionnelle, Akonolinga, 28 Août 2017.

[132] É.COMTE, Revue de la littérature Buruli, in MSF-CH, Octobre- Décembre 2005, p.111.

[133] Entretien avec D. AVOUGMO, kinésithérapeute principal : rééducation fonctionnelle, Akonolinga, 28 Août 2017.

[134] Entretien avec R. KEGNIE, kinésithérapeute, Akonolinga, 26 Août 2017.

[135] Rapport, Réunion annuelle de l'OMS sur l'ulcère de Buruli, 28 au 30 mars 2011 : Résumés, p.29.

[136] A. P.EBA ABADA, « Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996 », mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012, p.45.

[137] Décret N077-180 du 6 juin 1977, portant organisation du Ministère de la Santé publique.

[138] A.P. EBA ABADA, « Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996 », p.45.

[139] A.P. EBA ABADA, « Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996 », p.46

[140] Wona, « Etude de l’endémie lépreuse dans la région de l’Adamaoua », Thèse de Doctorat en médecine, Université de Yaoundé, Centre Universitaire des Sciences de la Santé, 1983, p.19.

[141] Alphonse UM BOOCK, S. EYANGO et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, Ministère de la santé publique, Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse, Institut tropical Suisse, mars-novembre 2004, p.11.

[142] Rapport, Réunion annuelle de l’initiative mondiale de lutte contre l’Ulcère de Buruli, OMS, Genève, 2009, P.24.

[143] A. KAMDOUM , Planification sanitaire et ajustement structurel au Cameroun, p.6.

[144] Dictionnaire encyclopédique pour tous , petit Larousse en couleur, Paris, Librairie Larousse, 1973, p.451.

[145] Organisation de Coordination pour la lutte contre les Endémies en Afrique Centrale(OCEAC), Rapport technique, 1965, Tome 2, p.391.

[146] Entretien avec Dr M.T. NGO NSOGA, responsable du pavillon Buruli, Akonolinga le 23 Août 2017.

[147] Rapport annuel d’activités de prise en charge de l’Ulcère de Buruli dans les districts de santé d’Ayos et Akonolinga en 2003.- Yaoundé : Bureau Régional pour l’Afrique, Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse, 2004, p.14.

[148] E. MARION, J. LANDIER et Al., L’ulcère de buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, réseau international des instituts pasteurs, Médecines /sciences, 2013. p.2.

[149] Ibid.

[150] Ibid., p.10.

[151] E. MARION, J. LANDIER et Al., L’ulcère de Buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, réseau international des instituts pasteurs, Médecines /sciences, 2013. p.17.

[152] La société civile serait même la vague primaire d’acteurs à avoir combattu âme et force contre l’épidémie de plaies qui sévissait dans la vallée du Nyong. Grâce eux la pathologie infectieuse s’est observée en régression dans certaines localités.

[153] P. RAVISSE et al. ″ Une affection méconnue au Cameroun : l’ulcère à mycobactérie, Médecine Tropicale 35, 1975, p. 471.

[154] M. LATERALI, « Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos », mémoire de Licence en ethnographie, université de Neuchâtel, 8mars 2005, p.145.

[155] Dans leur action de lutte contre l’ulcère de buruli les guérisseurs, à certains moments ont apporté un traitement efficace dans la lutte contre cette maladie. Car, plusieurs de leurs patients ont trouvé guérison auprès de la médecine traditionnelle. C’est ce qui explique donc, le recours permanant des victimes chez les guérisseurs.

[156] D.KAMWA, « L’action sanitaire française dans la région du Noun, 1916-1945 : approche historique », Mémoire de DIPES II en histoire, Ecole Normale Supérieure, Université de Yaoundé I, 1999, p.86.

[157] J. MVE BELINGA, « La médecine traditionnelle au Cameroun sous administration française : le cas de Sangmelima, 1916-1960 », Mémoire de Maîtrise en histoire, Université de Yaoundé I, 2003, p.43.

[158] C’est grâce donc à MSF et à ALES en grande partie par leur financement et leur contribution que l’ulcère de Buruli fut réduit de virulence à Akonolinga.

[159] Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, p.4.

[160] Ibid.

[161] E. MARION, J. LANDIER et Al., L’ulcère de Buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, p.32.

[162] Rapport , Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.67

[163] A.UM BOOCK, S. EYANGO, Kaspar WYSS, Charles NSOM MBA, Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, Ministère de la santé publique, Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse, Institut tropical Suisse, mars-novembre 2004, p.35.

[164] Rapport, 9è Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.67.

[165] Rapport , Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.63.

[166] S. EYANGO et al., Rapport de la 6è réunion du groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli : activités menées au Cameroun en 2002 dans le cadre de la prise en charge de l’Ulcère de Buruli, Genève, du 10 au 13mars 2003, p.80.

[167] Archives de l’hôpital d’Akonolinga , Annual budget of MSF Buruli Ulcer Project at Akonolinga, 2013.

[168] A.UM BOOCK, S. EYANGO et al. , Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, ALES, institut tropical Suisse et Ministère de la santé publique, mars-novembre 2004, p.5.

[169] Dr A. UM BOOCK, 9è réunion annuelle de l’OMS sur l’Ulcère de Buruli pp.43-45

[170] Rapport annuel des activités de prise en charge de l’Ulcère de Buruli dans les districts de santé d’Ayos et Akonolinga, 2003, Yaoundé : Bureau Régional pour l’Afrique, Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse.2004, p. 14.

[171] ALES a mis en place une carte endémique de l’ulcère de Buruli au Cameroun, afin de délimiter les Zones à risque de pouvoir élaborer un planning d’action en synergie avec le gouvernement à travers le Programme National de Lutte contre l’Ulcère de Buruli.

[172] Dictionnaire encyclopédique pour tous , petit Larousse en couleur, Paris, Librairie Larousse, 1973, p.385.

[173] Dr K.ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, p.4.

[174] Rapport, 9è Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.70.

[175] S. EYANGO et al ., Rapport de la 6è réunion du groupe consultatif spécial de l’OMS sur l’ulcère de Buruli : activités menées au Cameroun en 2002 dans le cadre de la prise en charge de l’Ulcère de Buruli, Genève, du 10 au 13mars 2003, p.84.

[176] www. Fondation Raoul Follereau. Fr.

[177] Rapport annuel des activités de prise en charge de l’Ulcère de Buruli dans les districts de santé d’Ayos et Akonolinga, 2003, Yaoundé : Bureau Régional pour l’Afrique, Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse.2004, p. 17.

[178] Rapport, 9è réunion annuelle de l’OMS sur l’Ulcère de Buruli pp.49-52.

[179] Ibid.

[180] E. MARION, J. LANDIER et Al., L’ulcère de Buruli, un modèle de recherche transversale dynamique au sein des instituts pasteurs, réseau international des instituts pasteurs, Médecines /sciences, 2013. p.37.

[181] Rapport, Réunion annuelle de l’initiative mondiale contre l'ulcère de Buruli, Genève, OMS, 2009, P.70.

[182] M. LATERALI, Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos, p.37.

[183] Dictionnaire encyclopédique pour tous , petit Larousse en couleur, Paris, Librairie Larousse, 1973, p.104.

[184] Ibid., p.177.

[185] Rapport annuel d’activités de prise en charge de l’Ulcère de Buruli dans les districts de santé d’Ayos et Akonolinga en 2003, Yaoundé, Bureau Régional pour l’Afrique, Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse, 2004, p.14

[186] L. AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? Centre de collaboration de l’OMS pour la recherche en épidémiologie et la réponse aux maladies émergentes, épicentre Els Torreele-Drug for Negleted diseases initiative, May2004, p.27.

[187] A. P. EBA ABADA, Contribution à l’histoire des politiques de prise en charge des pathologies infectieuses (paludisme, lèpre, tuberculose, trypanosomiase) au Cameroun de 1959 à1996, mémoire de DIPESII en histoire, Université de Yaoundé I, ENS, 2012, p.64.

[188] http//www.pasteur-yaounde.org

[189] Http// : www.Handicap International.fr

[190] ANESVAD, Mémoire, votre effort, notre engagement, Madrid, Fondation ANESVAD, 2010, P.10.

[191] Entretien avec M.T. NGO NSOGA, responsable du pavillon Buruli, Akonolinga, le 23 Aout 2017.

[192] Entretien avec J. BELINGA, paysan autochtone d’Akonolinga, Akonolinga, 20mars 2018.

[193] Entretien avec R.ATANGANA, infirmier major en chirurgie par intérim, Akonolinga, 23 Aout 2017.

[194] Marie T. NGO NSOGA

[195] Les plaies chroniques traumatisées, sont des blessures provoquées soit par une piqure d’épine ou alors par la coupure par un objet tranchant comme les machettes durant les travaux champêtres. Mais l’aggravation de ces blessures laisse parfois apparaitre des plaies semblables à celles de l’ulcère de Buruli.

[196] Dictionnaire encyclopédique pour tous , petit Larousse en couleur, Paris, Librairie Larousse, 1973, p.479.

[197] J. C. OLIVRY, Monographie du Nyong et des fleuves côtiers, institut de recherche sur les techniques, l’industrie et le sous-sol, 1979, p.11.

[198] Anonyme, Généralités sur le département du Nyong et Mfoumou, p.7.

[199] Entretien avec L. ZANG MENDOGO, pêcheur, Bondi, 5janvier 2018.

[200] A. UM BOOCK, Sarah EYANGO, et al., Enquête préliminaire nationale sur la situation de l’ulcère de Buruli au Cameroun, p.7.

[201] Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, Genève, OMS, 2000, p.2.

[202] L. AHOUA, Prise en charge de l’ulcère de Buruli : médicaments disponibles : perspectives ? p. 11.

[203] Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, p.17.

[204] Pour éviter de passer de l’étape infection à l’étape de la maladie proprement dite, il serait nécessaire pour les organismes de prise en charge précisément l’OMS d’orienter les recherches vers la quête imminente d’un vaccin contre l’ulcère de Buruli.

[205] Entretien avec F. AYEME, paysan, Mvé, 3janvier 2018.

[206] A.UMBOOCK et al., Enquête Connaissances, Attitudes et Pratiques des populations d’Ayos et d’Akonolinga sur l’Ulcère de Buruli. - Berne, Yaoundé : Aide aux Lépreux Emmaüs Suisse, 2003, p.20.

[207] J.MVE BELINGA, « La médecine traditionnelle au Cameroun sous administration française : le cas de Sangmelima, 1916-1960 », Mémoire de Maitrise en histoire, Université de Yaoundé I, 2003, p.53.

[208] M. LATERALI, Ethnographie de la constitution d’un problème de santé publique au Cameroun : l’exemple de l’ulcère de Buruli ou Atom dans l’arrondissement d’Ayos, p.45.

[209] A. UMBOOCK et al., Enquête Connaissances, Attitudes et Pratiques des populations d’Ayos et d’Akonolinga sur l’Ulcère de Buruli, p.22.

[210] Dr K. ASIEDU et al ., Ulcère de Buruli : Infection à mycobacterium Ulcerans, p.5.

[211] Entretien avec S. BILOUNGA, paysanne, Biba, 10 mars 2018.

[212] Entretien avec R. ATANGANA, infirmier major en chirurgie par intérim, Akonolinga, 23 Aout 2017.

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Résumé des informations

Titre
La prise en charge des malades de l'ulcère de buruli à l'hôpital de district d'Akonolinga 2002-2014. Approche historique
Université
École Normale Supérieure de Yaounde  (université de yaoundé 1)
Note
manque
Auteur
Année
2018
Pages
121
N° de catalogue
V435247
ISBN (Livre)
9783668771857
Taille d'un fichier
2737 KB
Langue
Français
mots-clé
prise en charge, malades, ulcère de buruli, Akonolinga
Citation du texte
Serges Bekono Engoulou (Auteur), 2018, La prise en charge des malades de l'ulcère de buruli à l'hôpital de district d'Akonolinga 2002-2014. Approche historique, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/435247

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