Perceptions des Variations Climatiques et Stratégies d’adaptation des agriculteurs des localités rurales du département de la Mifi, Ouest-Cameroun


Thèse de Master, 2018
84 Pages, Note: 16.00

Extrait

TABLE DES MATIERES

DEDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES PHOTOS

LISTE DES CARTES

LISTE DES FIGURES

RESUME

ABSTRACT

CHAPITRE I : INTRODUCTION GENERALE

I.CONTEXTE ET JUSTIFICATION
I.1. Contexte
I.2. Justification de l’étude

II- PROBLEMATIQUE
II.1.Problème
II.2. Question centrale de recherche
II.3. Questions secondaires

III-OBJECTIF DE RECHERCHE
III.1.Objectif général
III.2.Objectifs spécifiques

IV-HYPOTHÈSE DE RECHERCHE
IV.1.Hypothèse centrale de recherche
IV.2.Hypothèses secondaires

--INTERET DE LA RECHERCHE

-I-DIFFICULTES RENCONTREES

CHAPITRE II : CADRE CONCEPTUEL ET ETAT DE LA QUESTION

I- CADRE CONCEPTUEL
I.1.Les Variations climatiques
I.2.Stratégies d’adaptation
I.3.La perception
I.4. Pratiques agraires

II- ETAT DE LA QUESTION

CHAPITRE III : MATERIELS ET METHODOLOGIE DE RECHERCHE

I-ZONE D’ETUDE
I.1.Localisation du Département de la Mifi
I.2.Climat
I.3.Le relief
I.4.Les sols
I.5.Démographie
I.6. Hydrographie
I.7.Végétation

II- METHODOLOGIE
II.1.Choix du site d’étude
II.2.Collecte Des Données
II.3. Echantillonnage
II.4.Traitement et Analyse des données

CHAPITRE IV : RESULTATS ET DISCUSSION

I-LES PRATIQUES AGRAIRES DANS LES LOCALITES RURALES DE LA MIFI
I.1. les différents acteurs intervenant dans l’organisation des travaux agricoles
I.2- techniques de production
I.2.1- Préparation des sols et ensemencement
I.2.2- Entretien des plantes mises en terre
I.2.3- Récolte et conservation des plantes
I.3- gestion de la production et d’utilisation des intrants agricoles
I.3.1- Gestion des semences
I.3.2- Modes d’utilisation des engrais

II- PERCEPTION DES VARIATIONS CLIMATIQUES
II.1- les indicateurs des variations climatiques
II-.2- les effets des variations climatiques
II.2.1- Effets sur la production
II.2.2- Effets sur les êtres humains
II.2.3- Effets sur autres ressources de production

III- STRATEGIES D’ADAPTATION
III.1- LES STRATEGIES D’ADAPTATION DES ACTEURS INTERNES
III.1. 1- les stratégies individuelles
III.1.2- Les stratégies collectives
III.2- MOBILISATION DES RESSOURCES EXTRA AGRICOLES
III.3- Actions institutionnelles

CHAPITRE V : CONCLUSION ET PERSPECTIVES

I-CONCLUSION

II-PERSPECTIVES

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

REMERCIEMENTS

La réalisation de ce mémoire a été possible grâce au concours de plusieurs personnes à qui je voudrais témoigner toute ma reconnaissance

Je voudrais tout d'abord adresser toute ma gratitude à mes encadreurs, Dr MELI MELI Vivien et Dr Pricelia TUMENTA FOBUZIE pour leur patience, leur disponibilité et surtout leurs judicieux conseils, qui ont contribué à alimenter ma réflexion.

Je désir aussi remercier particulièrement le chef de Département de Foresterie de la Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles de l’Université de Dschang, le Professeur Martin TCHAMBA qui a su impulser un souffle nouveau au sein de ce Département pour une formation efficiente des étudiants ainsi que tous les enseignants de ce Département. Que les Pr BOBO, TABI, TSI et KEUTCHEU, les Dr MEYABENE, AJONINA, NGASSAM, TEMGOUA, Ismaila DATIDJO et NDOKI Désiré trouvent en ce travail notre volonté d’exprimer les bénéfices de leurs enseignements et conseils.

Je tiens tout de même à témoigner toute ma gratitude à Délégation Départementale de l’agriculture et du développement rural de la Mifi, ainsi qu’à la coordination du Programme ACEFA, région de l’Ouest pour leur confiance et leur support inestimable.

Je voudrais aussi exprimer ma reconnaissance envers les amis et camarades de promotion qui m’ont apporté leur support moral et intellectuel tout au long de ma démarche.

Je remercie également mes frères WOUEMBE Thierry et SOMO Valérie, ma sœur Prisca KONCY FOSSO et mon épouse METSEGOUOK Sandrine pour leur soutien moral incessant.

Que toute personne dont le nom ne figure pas ci-dessus mais qui de près ou de loin a contribué à la réalisation de ce travail trouve à travers ces lignes l’expression de ma sincère gratitude.

Je ne saurai terminer sans remercier le Dieu tout puissant qui a bien voulu me donner la force et le courage pour mener à bien ce travail.

LISTE DES PHOTOS

Photo 1: forêt artificielle faite d’eucalyptus

Photo 2: Sol préparé pour l’ensemencement, labour à billon.

Photo 3: Outils de préparation des sols. Machettes pour défrichages, houe pour labour.

Photo 4: Transport des récoltes par voiture

Photo 5: Différentes variétés d’engrais 20-10-10 et Sac d’urée 50 kg.

LISTE DES CARTES

Carte 1: Les Divisions administrative du Département de la Mifi

Carte 2: Les grands bassins de production du Département de la Mifi

LISTE DES FIGURES

Figure 1: Répartition des producteurs par sexe et par âge

Figure 2: Répartition des producteurs par sexe selon les types de spéculations vivrières(a) et maraichères (b)

Figure 3: Répartition des producteurs par type de culture et par niveau d’étude

Figure 4: Répartition des producteurs par types d’activités et par matériels utilisés

Figure 5: Gestion de la production par les producteurs

Figure 6: Répartition des producteurs par âge (a) et par sexe (b) selon les types de semences utilisées

Figure 7: Distribution des producteurs selon les types d’engrais

Figure 8: Répartition des indicateurs de variations climatiques

Figure 9: Répartition des indicateurs des producteurs par types de ressources en eau selon les types de cultures pratiquées

Figure 10 : Répartition des producteurs selon les types de semences utilisées

LISTE DES ACCRONYMES

AAA : Adaptation de l’Agriculture Africaine

ACEFA: Amélioration de la Compétitive des Exploitations Familiales

AMED: Approche des Moyens d’Existence Durable

CCNUCC: Convention Cadre des Nations Unies pour le Changement Climatique

CIRAD : Centre de Coopérative Internationale en Recherche Agronomique pour le développement

COP: Conférence des Parties

FAO : United Nations Organisation for Food And Agriculture (Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et de l’Alimentation)

FASA: Faculté d’Agronomie et des Sciences Agricoles

GES : Gaz à effet de serre

GIC: Groupe d’Initiative Communes

GIEC: Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat

IAAA: Initiative pour l’Adaptation

IRAD; Institut de Recherche Agricole pour le Développement

MINADER: Ministère de l’Environnement de la Protection de la Nature et du Développement Durable

MIRAP: Mission de la Régulation et d’Apprivoisement des produits de Grande consommation

OMD: Objectifs du Millénaire Pour le Développement Rurale

ONG: Organisation Non gouvernementale

OPA: Organisation Professionnelles Agricoles

PAS: Programme d’Ajustement Structurel

PMEA: Petites et Moyennes Entreprises Agricoles

PIB : Produit Intérieur brut

PIDMA : Projet d’investissement et de Développement des Marchés Agricoles

PNVRA : Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole

PROSSABA ; Programme de consolidation du conseil agro pastoral

PNACC: Plan National d’Adéquation au Changement Climatique

PNUD: Programme des Nation Unies pour le Développement

SD: Sans Date

STAT : Statistique.

RESUME

Les variations climatiques constituent un problème environnemental majeur pour le continent africain, et en particulier dans les régions essentiellement agricoles. Ils constituent l’une des principales menaces qui pèsent sur le développement durable. Elles ont entrainé des profondes modifications dans le cadre et le système de vie des Producteurs agricoles dans les localités rurales du département de la MIFI, Ouest-Cameroun.

Dans cette étude, nous présentons des preuves empiriques qui démontrent les connaissances locales, les perceptions et les adaptations aux variations climatiques des petits exploitants du département de la Mifi, Ouest-Cameroun. Les données ont été recueillies à l'aide de méthodes qualitatives et quantitatives dans les trois arrondissements que compte notre zone d’étude, à savoir, le département de la Mifi. Pour la sélection des enquêtés, le critère retenu est leur activité c’est-à-dire l’agriculture en milieu rural. Nous avons ainsi travaillé avec des agriculteurs, des notables, des chefs de poste agricoles, des personnels d’appui du MINADER et des personnels des différents projets et programmes présents sur le terrain.

Pour les données quantitatives, nous avons adressé au total 100 questionnaires et 8 entretiens avec ces différents acteurs agricoles. Les 100 questionnaires ont été repartis comme suite : 40 questionnaires dans les localités rurales de Bafoussam (Nefo ; Ndienso), 30 questionnaires dans les localités rurales de Baleng et environs (Tchada, Lag’ngwen) et 30 questionnaires dans les localités rurales de Bamegoum (Wouong, Nkongso). Les données qualitatives comprenaient 8 transcriptions de discussions de groupe et d'entrevues avec des informateurs clés. Pour le dépouillement de nos questionnaires, nous avons utilisé le logiciel CSPRO. L’analyse et le traitement ont été faits avec conjointement l’utilisation de deux logiciels à savoir EXCEL et le logiciel SPSS. Des combinaisons de paramètres que nous avons faites, nous avons aboutis à des tableaux de croisements, des diagrammes ainsi que des histogrammes qui ont étoffé notre analyse et notre discussion. Selon les perceptions des petits exploitants, le climat change de plus en plus.

Les perceptions locales incluent la diminution, l’irrégularité croissante des pluies, perçue par 40% des paysans, suivie de la baisse de la productivité 26% , trop d’ensoleillement 16%, l’invasion des insectes 14%, le phénomène de pourritures des récoltes et l’humidité du sol. Les petits exploitants utilisent une combinaison de stratégies d'adaptation pour répondre à ce phénomène climatique changeant.

Ces stratégies sont individuelles et collectives. Les stratégies individuelles sont entre autres, le bouleversement du calendrier agricole, l’utilisation des semences améliorées, l’extension des surfaces cultivées, les activités extra-agricoles telles que le commerce, l’artisanat et l’élevage du petit bétail. Les stratégies collectives sont les tontines et l’organisation en coopératives/GIC. Des relations significatives existent entre les perceptions de l’irrégularité des pluies et la modification du la date des semis.

Cette adaptation qui reste pour l’essentiel réactive et non-planifiée est limitée par des contraintes matérielles, financières et techniques et d’accès à l’information. La connaissance des perceptions et des adaptations climatiques est un point d'entrée essentiel pour les autres acteurs agricoles et les décideurs politiques, qui apprennent comment et où renforcer la capacité d'adaptation des petits exploitants pour faire face aux variations climatiques.

Mots clés: Variations climatiques, Stratégies d’adaptation, Perception, Pratiques agricoles.

ABSTRACT

Climatic variations are a major environmental problem for the African continent, especially in predominantly agricultural regions. They constitute one of the main threats to sustainable development. They have led to profound changes in the framework and the system of life of agricultural producers in the rural localities of the MIFI Division, West Cameroon. In this study, we present empirical evidences that demonstrate the local knowledge, perceptions, and adaptations to climate variability of small-scale farmers in the Mifi Division, West Cameroon. The data were collected using qualitative and quantitative methods in the three Subdivisions of our study area, namely, the MIFI Division. The selection criteria for our sampling are based on the agricultural activity in rural areas. We have worked with farmers, notables, heads of agricultural posts, support staff of MINADER and staff of various projects and programs in the field.

For the quantitative data, we sent a total of 100 questionnaires and 8 interviews with these different agricultural actors. The 100 questionnaires were distributed as follows: 40 questionnaires in the rural localities of Bafoussam (Nefo; Ndienso), 30 questionnaires in the rural villages of Baleng and surrounding areas (Tchada, Lag'ngwen) and 30 questionnaires in the rural villages of Bamegoum ( Wouong, Nkongso). Qualitative data included 8 transcripts of focus group discussions and key informant interviews. For the data reduction of our questionnaires, used the CSPRO software. The analysis and processing were done jointly with the use of two software namely EXCEL and SPSS software. From the combinations of parameters we made, we came up with cross tables, diagrams, and histograms that fleshed out our analysis and discussion. According to the perceptions of smallholders, the climate is changing more and more.

Local perceptions include the decreasing and the increasing irregularity of rainfall, seen by 40% of farmers, followed by the drop in productivity seen by 26% of farmers, too much sunshine, by16%, insect invasion, by 14%, rotting crops and soil moisture. Smallholders use a combination of adaptation strategies to respond to this changing climate. These strategies are individual and collective. Individual strategies include the disruption of the agricultural calendar, the use of improved seeds, the extension of cultivated areas, extra-agricultural activities such as trade, handicrafts and raising small livestock. The collective strategies are the tontines and the organization in cooperatives / GIC. Significant relationships exist between perceptions of irregular rainfall and changes in sowing date.

This adaptation, which remains mostly reactive and unplanned, is limited by material, financial and technical constraints and access to information. Knowledge of climate perceptions and adaptations is a key entry point for other agricultural actors and policymakers, who are learning how and where to strengthen the adaptive capacity of smallholders to cope with climate change.

Keywords: Climate change, Adaptation strategies, Perception, Agricultural practices.

CHAPITRE I :

INTRODUCTION GENERALE

I.CONTEXTE ET JUSTIFICATION

I.1. Contexte

Les sociétés agraires du Cameroun sont traversées aujourd’hui par de nombreuses mutations climatiques. Près de 50% de la population camerounaise vit en milieu rural et périurbain, avec l’agriculture comme principale activité. Ces populations rurales fournissent environ 95% des produits vivriers consommés sur le plan national et au-delà des frontières : (La voix du paysan, Mars, Avril 2014). L’agriculture est la principale pourvoyeuse d’emplois, puisqu’elle emploie environ 62% de la population active et représente 22,9% du PIB du Cameroun en 2013, essentiellement au sein d’exploitations familiales (Cameroun, les politiques agricoles à travers le monde, Sd).

Notre alimentation, qui dépend de notre production agricole qui à son tour dépend presque quasi totalement des pluies, pourrait à la longue être compromise par les variations climatiques (PAM, 2011).

La région de l’Ouest en général et le département de la MIFI en particulier constitue un bassin de production agricole, source de culture de plusieurs spéculations agricoles, à la base de notre alimentation. Cependant, on y observe une variation de la saison de culture et aussi une baisse des productions qui impacte la vie sociale des petits producteurs. Un agriculteur de maïs déclare :

Le climat constitue donc un facteur explicatif important de la production agricole sur toute l’étendue du territoire Camerounais. Ainsi, dans certaines régions, une pluviométrie peu abondante entrave le développement de certaines cultures limitant de ce fait avec des conséquences néfastes sur l’agriculture entrainant de ce fait une désorganisation du calendrier agricole et une baisse de la productivité.

Le climat a vraiment changé. Toutes nos cultures ont pris un coup. Les feuilles de maïs sont effilées comme celle de l’oignon. Le haricot perd toutes ses fleurs. C’est certain que les récoltes seront très mauvaises cette année » la voix du paysan, 300e édition, Mai 2016, p22.

De la région de l’extrême-Nord à celle de l’Ouest du Cameroun les populations ressentent les effets des variations et changements climatiques, tels que l’irrégularité et l’imprévisibilité des précipitations, l’incidence accrue des tempêtes et les sécheresses prolongées de temps à autres (PNACC 2015). Les variations et changements climatiques, sont une réalité qui mobilise la communauté internationale. La volonté de réagir à la péjoration du climat amène les Etats à se mobiliser pour trouver des solutions de remédiation. En effet, actuellement, le climat est l'un des secteurs qui rassemble le plus la communauté internationale ces trois dernières décennies. Le processus accéléré de la dégradation du climat du fait des activités humaines pousse les nations unies à organiser la conférence de Rio sur les changements climatiques en 1992. Il est sorti de cette conférence, la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC) qui a été jusque là ratifiée par 193 Etats.

L'objectif était de « réduire les gaz à effet de serre dans l'atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation anthropique dangereuse du système climatique avec ses conséquences sur les écosystèmes, la production alimentaire et le développement socio économique ». (CCNUCC, article 2).

Par ailleurs, les répercussions de ces changements et variations climatiques sont très importantes et concernent la plupart des secteurs économiques et des écosystèmes naturels. Mais, l'agriculture est le domaine le plus sensible à la péjoration climatique. En effet, d'après la FAO, « de nombreux pays ressentent déjà les effets du changement climatique, tels que l'irrégularité et l'imprévisibilité des précipitations, l'incidence accrue des tempêtes et les sécheresses prolongées. Le changement des conditions météorologiques favorise aussi l'apparition de ravageurs et de maladies qui s'attaquent aux cultures et au bétail. »

Aujourd’hui, nombre de scientifiques et d’acteurs de développement reconnaissent la gravité du phénomène climatique sur l’activité humaine (l’agriculture) et son influence sur la sécurité alimentaire dans le monde et particulièrement en Afrique du fait de la dépendance des pays africains à la pluviométrie pour leurs agricultures.

Le Cameroun ; à l’instar des pays du monde, est confronté aux problèmes des variations climatiques qui restent l’un des défis majeurs de notre époque. Les communautés paysannes les plus pauvres sont sans doute celles qui en subiront les impacts les plus violents et souffriront de façon disproportionnée des effets négatifs des variations et changements climatiques. Pour corroborer les conclusions des différents groupes de travail du GIEC, Villeneuve et Richard (2005) cités par Bryant et al. (2008) ont écrit : « Il ne s’agit plus de savoir si le climat se modifie, mais à quelle vitesse il se modifie et comment l’Homme va s’y adapter ? ». La vitesse à laquelle se modifie le climat au niveau global nous invite à jeter un regard rétrospectif sur les variations climatiques au niveau régional, c’est-à dire dans l’Ouest-Cameroun en général et plus précisément dans les localités rurales de la MIFI qui sont des zones à vocation agricole.

Sur le plan politique, l’Etat du Cameroun, conscient de cette réalité des changements et variations climatiques qui ont un impact non négligeable sur l’activité agricole et l’écosystème, a ratifié tous les traités internationaux y relatifs et participe régulièrement aux négociations internationales sur le climat. Depuis la COP (Conférence des Parties) de Bali en 2007, il est désormais établi que face aux changements climatiques, nous devons combiner deux types d’actions : la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre (GES) pour contenir la vitesse du réchauffement de la planète ; l’adaptation de nos sociétés aux changements désormais inévitables du climat pour limiter ses dommages.

Une rencontre de haut niveau s’est tenue à l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine aux changements climatiques en abrégé (triple A) en 2016. Cette rencontre qui s’était clôturée le 30 septembre 2016 à Marrakech au Maroc et qui était lancée en amont de la COP 22, a pris deux jours d’échanges entre plusieurs acteurs du secteur privé et représentants d’organisations internationales. 27 pays ont été représentés lors de cette rencontre qui a rassemblé plus de 300 participants et qui a statué sur des actions et les objectifs que les pays se sont engagés à accompagner. Ces actions et d’objectifs se résument entre autres à :

- Œuvrer à un renforcement des capacités africaines en matière de politique et de programmes agricoles, de montage et de gestion de projets agricoles durables et résilients face au climat (Initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine, 2016).
- Dans le cadre de ce travail, le volet Adaptation de l’Agriculture Africaine face aux climats qui était au cœur de (IAAA) retient notre attention : la mobilisation des autorités et d’experts venant du Cameroun pour cette cause commune montre une fois de plus l’engagement du gouvernement Camerounais dans lutte commune.
- Appuyer le principe d’un financement public et privé plus important, plus efficace et plus efficient et d’un suivi (monitoring) des fonds effectivement déboursés pour l’Adaptation, l’Agriculture et l’Afrique, ainsi qu’un accès facilité des projets africains aux fonds climats ;
- Contribuer à l’action et aux solutions à travers le plan Mondial d’action pour le climat (Global Climat Action Agenda) et tout autre cadre pertinent, en mettant en avant des projets et bonnes pratiques africaines dans des domaines tels que la gestion des sols, dont le stockage de carbone dans les sols, l’agroforesterie, la maitrise de l’eau agricole, la gestion des risques climatiques et le financement des petits exploitants qui constituent l’un des groupes les plus vulnérables, et contribuant également à faire valoir les efforts de recherche et développement dans les secteur agricole ;
- Positionne l’agriculture au centre des négociations climat en mettant en exergue une augmentation durable de la productivité et des revenus agricoles, l’adaptation et le développement de la résilience face aux changements climatiques ;

L’agriculture rurale Camerounaise particulièrement exposée aux variations climatiques du fait de ses territoires en zone sahélienne inter tropicale, durement touchés par la désertification, et de ses territoires en zones littorales, menacés par la montée du niveau de la mer, fait face à une récurrence de phénomènes climatiques tels que la violence des vents, les températures élevées ou de fortes précipitations qui mettent en danger les communautés humaines, les écosystèmes et les services qu’ils fournissent. Environ 320 000 Camerounais sont touchés par les catastrophes liées au climat (PNACC, 2015).

Les populations rurales se trouvent confrontées aux épisodes climatiques (sécheresse, inondation, hausse des températures, vague de chaleur...) à l’origine de la disparition de certaines spéculations et des épidémies de maladies telles que le paludisme, les diarrhées, le choléra, la méningite…La variation locale de la température des précipitations a modifié la répartition de certaines maladies d’origine hydrique et de certains vecteurs de maladies. L’agriculture rurale Camerounaise traverse depuis plus de deux décennies des moments difficiles, car secouée par des multiples transformations sociales, économiques et environnementales qui jonchent son développement (FOMEKONG Félicien et NGONO Gislaine, changements climatiques, production agricole et effets sur la population au Cameroun, Sd).

I.2. Justification de l’étude

Aujourd’hui l’agriculture est au centre des débats politiques et économiques sur la scène internationale. Selon la FAO, le PNUD, la BM et les acteurs du développement, l’agriculture à elle seule emploie plus de 62% de la population active en milieu rural et produit environs 67% des produit alimentaires consommés dans le monde, ces potentialités fait qu’elle est capable de relever les défis du millénaire (sécurité alimentaire, préservation de l’environnement, lutte contre la pauvreté, création d’emplois…). Elle face aux multiples problèmes au rang desquels sa dépendance au climat et particulièrement à la pluie. Selon Nelson et al. (2009), le changement climatique entraînera une baisse des rendements des cultures les plus importantes dans les pays en développement.

Le changement climatique entraînera des augmentations de prix supplémentaires des biens agricoles les plus importantes telles que le riz, le blé, le maïs et soja. Le savoir autochtone découle de l'expérimentation, de l'innovation et de l'adaptation continue, combinant de nombreux systèmes de connaissances pour résoudre les problèmes locaux (Convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques, 2006). La mesure des perceptions et des activités des individus peut fournir un aperçu de la façon dont les gens perçoivent et s'adaptent au changement et à la variabilité climatique. De telles informations sur les utilisateurs sont pertinentes pour communiquer les résultats des études d'impact sur le climat et les projections des variations et changements climatiques futurs aux utilisateurs.

Si les pays en développement ne parviennent pas à réagir aux nouvelles tendances mondiales, en l’occurrence les changements climatiques, les zones rurales deviendront encore plus marginalisées qu’elles ne le sont aujourd’hui ; ce qui aura des conséquences dévastatrices sur la croissance économique, la réduction de la pauvreté et les ressources naturelles (Messner et Briintrup, 2007). Par ailleurs, il est reconnu que les changements climatiques s’intensifieront et auront des conséquences économiques, sociales et environnementales importantes dans les pays en développement au cours des prochaines décennies (GIEC, 2001).

Selon la FAO (2007), Les terres cultivables, les pâturages et les forêts qui occupent 60% de la superficie de la terre sont progressivement exposés aux menaces de la variabilité climatique croissante et par la suite du changement climatique. Des changements anormaux dans la température et la pluviométrie et les augmentations résultantes dans la fréquence et l’intensité des événements de sécheresse et d’inondation auront dans le long terme des implications pour la viabilité de ces écosystèmes (FAO, 2007). L’intensité et la fréquence croissante des ouragans, de la sécheresse et de l’inondation, les cycles hydrologiques altérés et la variation de la précipitation ont des implications sur la disponibilité future de vivres. Le monde en développement déjà lutte avec les problèmes chroniques d’alimentation. Le changement climatique présente encore un autre défi significatif qu’il faut lever. Pendant que la totalité de la production vivrière peut ne pas être menacée, celle le moins capable de se débrouiller supporter a probablement les impacts adverses additionnels (WRI, 2005).

L’estimation pour l’Afrique est que 25-42% des habitats des espèces pourraient être perdus, affectant et cultures vivrières et cultures de rente. Le changement de l’habitat est déjà perceptible dans certaines régions, conduisant à des chaînes de changements d’espèces, changements dans la diversité des plantes incluant les cultures locales et plantes médicinales (Mc Clean et al., 2005), cité par la FAO (2007). Dans les pays en développement, 11 % de la terre arable pourrait être affectée par le changement climatique, incluant la réduction de production céréalière dans 65 pays, à propos de 16% de la GDP agricole (FAO, 2005).

Très peu de pays africains ont des programmes nationaux spécifiques de gestion des ressources et de suivi des phénomènes de dégradation qui les affectent au point de restreindre sérieusement leurs choix de développement et l’aménagement de leur territoire aussi, les études ne sont donc pas allées au niveau des exploitants pris isolément notamment les petits exploitants qui disposent de très peu de ressources et qui sont d’ailleurs les plus sujets à la vulnérabilité ; alors que ces exploitants sont les plus nombreux dans nos contextes socio-économiques où l’agriculture est encore de type extensif. De plus, des résultats de recherche scientifique directement utilisables en agriculture font défaut.

Rechercher des informations sur ces éléments d’adaptations est d’autant nécessaire au Cameroun que l’agriculture reste et demeura de type pluvial et aussi du fait de la manifestation évidente du phénomène. Certes, les agriculteurs sont de plus en plus conscients du changement climatique et de leur vulnérabilité particulière aux précipitations irrégulières. Ils développent des stratégies d'adaptation indépendamment. Cependant, il reste un besoin de fournir des occasions de partager des stratégies d'adaptation réussies avec d'autres agriculteurs et de combiner cela avec la recherche pour atténuer l'impact du changement climatique sur leurs moyens de subsistance. L’une des préoccupations majeures en la matière est de parvenir à formuler des stratégies susceptibles de permettre aux communautés à la base de développer une agriculture performante malgré les effets désormais inévitables des changements climatiques. Pour y parvenir, il est indispensable de saisir l’idée que se font les populations locales du changement climatique et les différentes pratiques qu’elles utilisent pour faire face aux effets dudit changement. Ceci justifie la pertinence de notre étude intitulée Perceptions des Variations Climatiques et Stratégies d’adaptation des agriculteurs dans les localités rurales du département de la MIFI, Ouest-Cameroun

II- PROBLEMATIQUE

II.1.Problème

La littérature sur les bassins de production du Cameroun, les témoignages des agriculteurs, des responsables des services techniques (météo, agronome) nous permettent de mettre en évidence l’effectivité des variations climatiques. Ceci étant, les agriculteurs n’ont plus aucune certitude sur les saisons de pluie, sur les moments exacts où il faut semer diverses cultures. En dépit de cette situation, ces producteurs agricoles mettent sur pied des moyens pour s’adapter afin de produire leurs cultures qui pour eux, est la principale source de vie.

Dans cette analyse, le problème est celui de la pratique de l’agriculture dans un contexte de variations climatiques. Entre variations climatiques et pratiques agraires, l’interrogation se pose en termes de stratégies d’adaptation des agriculteurs de la MIFI pour leurs productions agricoles.

Le Cameroun, comme les autres pays de l’Afrique subsaharienne connaissent déjà des conditions climatiques qui rendent l’agriculture difficile. Selon les sources et les prévisions de la FAO, il existe plus de 570.000 exploitations agricoles dans le monde et 500.000 sont des exploitations en zones rurales. Les rendements de ses exploitations devraient diminuer, dans certains pays, de quelque 50% d’ici 2020 suite aux contraintes environnementales.

La plupart des économies des pays d’Afrique et particulièrement le Cameroun dépendent de l’agriculture. Ces pays sont très vulnérable aux impacts des phénomènes climatiques. Ce qui fait des variations climatiques une menace majeure pour l’économie des pays d’Afrique.

De multiples interrogations peuvent être faites dans le cadre de cette recherche sur l’avenir et le développement de l’agriculture en Afrique et au Cameroun, principalement dans les localités rurales du Département de la MIFI. La conduite de cette étude repose sur des questions suivantes :

II.2. Question centrale de recherche

La question centrale de cette recherche est celle de savoir Comment comprendre les pratiques des agriculteurs de la zone rurale du département de la MIFI dans un contexte de variations climatiques ?

II.3. Questions secondaires

- Quelles sont les pratiques agricoles rencontrées dans les localités rurales du département de la MIFI, Ouest-Cameroun ?
- Comment se construisent les représentations des petits producteurs du département de la MIFI, Ouest-Cameroun par rapport aux variations climatiques ?
- Quelles sont les stratégies d’adaptation aux variations climatiques des Paysans du département de la MIFI, Ouest-Cameroun ?

III-OBJECTIF DE RECHERCHE

III.1.Objectif général

L’objectif général de cette recherche vise à analyser les pratiques agraires des petits producteurs dans le Département de la MIFI à travers les représentations qu’ils se font des variations climatiques et leurs stratégies d’adaptation.

III.2.Objectifs spécifiques

- Montrer comment se construisent les pratiques agraires des petits agriculteurs de la MIFI.
- Montrer comment les paysans du Département de la Mifi perçoivent les variations climatiques.
- Identifier les mesures d'adaptation des producteurs agricoles des localités rurales de la Mifi pour faire face à ces variations climatiques.

IV-HYPOTHÈSE DE RECHERCHE

IV.1.Hypothèse centrale de recherche

L’hypothèse centrale se présente comme suit : Les pratiques agraires des petits agriculteurs dans le département de la MIFI se comprennent à travers les représentations qu’ils se font des variations climatiques actuelles leur donnant de développer des stratégies individuelles et collectives, internes et externes dans le but de s’adapter à ces dynamiques environnementales et de se mobiliser socialement.

IV.2.Hypothèses secondaires

Les hypothèses secondaires pour ce travail de recherche, sont au nombre de trois (3) :

- Les pratiques agraires des petits agriculteurs de la MIFI se construisent sur un ensemble de savoirs et de savoir-faire séculiers associés à des spéculations spécifiques qui s’actualisent en fonction des besoins et capitaux des producteurs et de leur capacité à accueillir les innovations agraires.
- Les représentations des paysan par rapport aux variations climatiques se construisent à travers un certains nombres d’indicateurs, notamment l’irrégularité des pluies et ou du soleil, les attaques d’insectes, les phénomènes de pourritures ayant pour conséquence la faible qualité et quantité des spéculations mises en terre.
- Pour faire face à ces variations climatiques les petits agriculteurs procèdent par des actions individuelles de tâtonnement, du partage d’expériences ou encore par des actions collectives avec le soutien des acteurs institutionnels notamment du MINADER pour l’appui technique et les conseils.

V-INTERET DE LA RECHERCHE

La situation de variation et changement climatique nous interpelle tous et face aux effets observés, le gouvernement Camerounais n’est pas rester indifférent et c’est ainsi :

- Qu’un observatoire du changement climatique est en cours de mise en œuvre ;
- La relance en court de « l’opération sahel vert » ;
- La création au sein de l’assemblée nationale d’un groupe thématique de parlementaire et d’un réseau d’actions de parlementaire sur la question du changement climatique et de la gestion durable des forêts ;
- La création de deux ministères spécialisés sur la question de protection de l’environnement (MINEP et MINFOF) ;
- La mise en œuvre de la loi cadre sur l’environnement et le développement durable en charge de l’éducation des acteurs (étatique, grand groupes sociaux, ménage etc.) ;

En dépit des efforts gouvernementaux, une forte implication des organisations de la société civile ainsi que des organisations non gouvernementales, bref, de tous les acteurs du développement rural sont indispensables pour la réussite de tels projets.

Cette recherche constitue donc un outil indispensable pour ces différents acteurs du développement rural, un guide leur permettant d’établir un programme d’action cohérent en faveur du monde rural dans ce contexte de variations climatiques.

Aussi, elle permet à la communauté scientifique de se faire une idée sur les localités rurales du département de la MIFI étant donné que ce département est l’un des grands bassins de production du Cameroun. Surtout, s’inscrivant dans les objectifs de l’initiative pour l’Adaptation de l’Agriculture Africaine (AAA) face aux changements climatiques signés le 30 septembre dernier à Marrakech par 27 pays d’Afrique, Ce travail soulève une préoccupation du moment car, l’adaptation de l’agriculture aux variations et changements climatiques est au centre des préoccupations internationales, le cas de la dernière rencontre de haut niveau tenue à Marrakech à l’initiative de l’Adaptation de l’Agriculture Africaine aux changements climatiques en est une illustration.

VI-DIFFICULTES RENCONTREES

La toute première difficulté à laquelle nous avons été confrontés est celle de la lenteur administrative. Etant donné la grande gymnastique à laquelle nous avons été soumis pour obtenir l’Autorisation d’activités de recherche sur le terrain, nous avons été obligé compte tenu du temps court, d’aller sur le terrain avant même que l’autorisation soit signée.

La deuxième difficulté est liée aux défauts des moyens financiers pendant quelques-unes de nos descentes sur le terrain.

La troisième difficulté est celle de la documentation. En effet, nous avons été confrontés à la rareté des documents actualisés nous facilitant la rédaction de ce mémoire.

[...]

Fin de l'extrait de 84 pages

Résumé des informations

Titre
Perceptions des Variations Climatiques et Stratégies d’adaptation des agriculteurs des localités rurales du département de la Mifi, Ouest-Cameroun
Note
16.00
Auteur
Année
2018
Pages
84
N° de catalogue
V446792
ISBN (ebook)
9783668840836
ISBN (Livre)
9783668840843
Langue
Français
mots-clé
Variations climatiques, Stratégies d’adaptation, Perception, Pratiques agricoles.
Citation du texte
Ngouang Fosso Alain (Auteur), 2018, Perceptions des Variations Climatiques et Stratégies d’adaptation des agriculteurs des localités rurales du département de la Mifi, Ouest-Cameroun, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/446792

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