Dans ce mémoire, nous avons évalué l’impact des transferts de fonds issus dela migration sur la croissance économique à partir d’un panel des pays de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), et le rôle de la main d’œuvre étrangère dans la croissance des pays de l’UEMOA, sur la période 2000-2015. Nous avons utilisés un modèle à effets fixes, en utilisant l’estimateur des Moindres Carrés Ordinaires. Nos résultats montrent d’une part que les transferts de fonds ont un impact significatif positif sur la croissance économique. Toutefois, cet impact est moindre, soit une augmentation de 1,8% du niveau de croissance lorsque les transferts de fonds augmentent de 10%. D’autre part, la part de travailleurs étrangers dans la population active impacte négativement la croissance économique des pays concernés. Au vue de ces résultats nous suggérons, dans le but d’améliorer l’impact des transferts, que ces fonds soient investis dans des secteurs productifs. En effet le faible niveau de croissance induit est peut-être dû au fait que les transferts de fonds sont consacrés majoritairement à la consommation exclusive. Les transferts de fonds peuvent continuer de croître, sans investissement dans les secteurs productifs, ils ne pourront pas avoir un impact signifiant sur la croissance économique.
Table des matières
1 Introduction générale
2 Revue de littérature
2.1 Les différentes causes de la migration
2.2 Causes et impact des transferts de fonds
2.2.1 Approche microéconomique
2.2.2 Approche macroéconomique
2.3 Travaux empiriques
3 Méthodologie
3.1 Modèle de croissance de Solow
3.2 Spécification du modèle
3.3 Données et Variables du modèle
4 Résultats et Discussions
4.1 Provenance géographique des transferts de fonds reçus
4.2 Utilisation des transferts de fonds reçus
4.3 Analyse descriptive des variables
4.4 Résultats économétriques
4.4.1 Tests de spécification
4.4.2 Analyse économique des résultats de l’estimation
5 Conclusion
Objectifs et thématiques de recherche
Cette étude a pour objectif principal d'évaluer l'influence des transferts de fonds effectués par les migrants sur la croissance économique au sein des pays de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA), tout en analysant le rôle de la main-d'œuvre étrangère dans ce processus de croissance sur la période 2000-2015.
- Analyse de l'impact macroéconomique des transferts de fonds sur le PIB par tête.
- Étude du rôle de la main-d'œuvre immigrée dans la dynamique de croissance régionale.
- Application du modèle de croissance de Solow dans un contexte de données de panel.
- Évaluation des canaux de transmission des fonds des migrants vers l'investissement productif.
- Comparaison des déterminants de la croissance entre les différents États membres de l'UEMOA.
Auszug aus dem Buch
1.2.1 Approche microéconomique
La littérature sur les motifs (causes) de transferts de fonds peut être résumée en quatre approches :
Le motif altruiste Selon le modèle altruiste, le migrant envoie des fonds chez lui parce qu’il se soucie du bien-être de sa famille dans le pays d’origine, et les transferts entraînent la satisfaction de l’émigrant en ce qui concerne le bien-être de ses proches. De plus, c’est une régularité empirique que le migrant a généralement un niveau d’éducation plus élevé que les membres de la famille qui restent à la maison. Quand un migrant va dans un pays où le salaire moyen et le revenu par habitant sont plus élevés qu’à la maison, son niveau de revenu, une fois qu’il obtient un emploi, peut être meilleur que celui des travailleurs à la maison. La principale prédiction du modèle altruiste est que les envois de fonds tendent à diminuer avec le temps, comme l’attachement à la famille s’affaiblit progressivement lorsque les membres restent dans différents pays pour de longues périodes. De plus, le migrant peut prévoir de rester à l’étranger pour une période prolongée (ou éventuellement s’y installé), par conséquent amener sa famille dans son pays d’adoption. Ceci, bien sûr, réduit les envois de fonds.
Le motif de l’intérêt personnel Contrairement à la motivation altruiste, l’émigrant envoie des fonds dans son pays d’origine principalement pour des raisons économiques et financières personnelles. Dans ce scénario, l’émigrant économise de l’argent dans un pays étranger, ce qui crée le besoin de savoir comment accumuler de la richesse (dans quels actifs) et où (dans quel pays). Un lieu évident pour investir au moins une partie des actifs est le pays d’origine, en achetant des biens, des terres, des actifs financiers, etc., où ces actifs peuvent générer un taux de rendement plus élevé que dans le pays d’accueil, mais avec un plus grand profil de risque. De plus, ces actifs peuvent être administrés au nom du migrant par la famille, qui agit comme un agent de confiance. Les Attentes d’un héritage de la part des parents de l’émigrant peut être une autre motivation pour les envois de fonds.
Résumé des chapitres
Introduction générale : Présente le cadre contextuel de la migration internationale et l'importance des transferts de fonds pour les économies de l'UEMOA, posant ainsi la problématique centrale du mémoire.
Revue de littérature : Synthétise les théories économiques majeures expliquant les causes de la migration ainsi que les travaux empiriques traitant de l'impact des transferts sur le développement économique.
Méthodologie : Détaille la démarche scientifique basée sur le modèle de croissance de Solow, ainsi que la spécification du modèle économétrique utilisé pour l'analyse des données de panel.
Résultats et Discussions : Présente l'analyse géographique et économique des transferts, ainsi que les résultats économétriques obtenus suite aux tests de robustesse du modèle.
Conclusion : Synthétise les principaux enseignements de l'étude, confirmant l'impact positif mais limité des transferts, et propose des recommandations de politiques publiques.
Mots clés
migrations, transferts de fonds, croissance économique, UEMOA, main-d'œuvre étrangère, modèle de croissance de Solow, investissement productif, capital humain, données de panel, effets fixes, développement économique, PIB, économétrie, aide au développement, flux financiers.
Questions fréquemment posées
Quel est le sujet fondamental de cette étude ?
Le mémoire examine l'impact des transferts de fonds envoyés par les migrants sur la croissance économique des huit pays membres de l'Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) durant la période 2000-2015.
Quelles sont les thématiques centrales traitées ?
La recherche se concentre sur trois axes : les déterminants de la migration, le rôle des envois de fonds des travailleurs migrants, et l'influence de la part de travailleurs étrangers sur la dynamique de croissance au sein de l'espace UEMOA.
Quel est l'objectif de la recherche ?
L'objectif est d'évaluer statistiquement si les transferts de fonds favorisent réellement la croissance économique et d'analyser si la main-d'œuvre étrangère contribue positivement au développement économique régional.
Quelle méthode scientifique est utilisée ?
L'auteur utilise une approche économétrique basée sur un modèle de croissance endogène inspiré de Solow, en exploitant des données de panel avec l'estimateur des moindres carrés ordinaires et une modélisation à effets fixes.
Que couvre le corps du travail ?
Le corps du travail traite de la revue de littérature théorique et empirique, de la spécification méthodologique du modèle, et de l'analyse détaillée des résultats économétriques accompagnés d'une discussion sur l'utilisation des fonds par les bénéficiaires.
Quels sont les mots-clés qui caractérisent ce travail ?
Les termes essentiels sont : migrations, transferts de fonds, croissance économique, UEMOA, capital humain, investissement productif et économétrie des données de panel.
Qu'est-ce que le résultat sur la main-d'œuvre étrangère révèle ?
Contrairement aux attentes théoriques initiales de l'auteur, l'étude montre que la part de travailleurs étrangers dans la population active a un impact négatif significatif sur la croissance dans la zone UEMOA.
Pourquoi les transferts ont-ils un impact limité sur la croissance ?
L'étude souligne que les transferts sont majoritairement consacrés à la consommation courante des ménages plutôt qu'à des investissements dans des secteurs productifs, ce qui restreint leur potentiel de stimuler durablement la croissance.
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- Gilles-Marie Gislain Soumaho (Autor), 2018, Effets des transferts de fonds des migrants sur la croissance économique des pays de l'UEMOA, Múnich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/448449