Le statu du francais et de la communauté arabe au Québec


Exposé Écrit pour un Séminaire / Cours, 2005
23 Pages, Note: Sehr gut

Extrait

TABLE DES MATIÈRES:

Introduction

1. Le statut du français au Québec
1.1. La révolution tranquille et la loi 101

2. Des institutions de la Francophonie et le Québec

3. La communauté arabe au Québec
3.1. L'immigration arabe au Québec
3.2. Le statut de l'arabe
3.3. Les écoles
3.4. L'arabe dans la vie publique et culturelle
3.4.1. La littérature
3.4.2. Des autres manifestations culturelles et publiques

Conclusion

Bibliographie

Introduction:

Dans ce séminaire, nous nous occupons du thème des contacts arabe-français. Il s'agit du problème de la politique linguistique de plusieurs pays franco- ou arabophone, deux monde qui ont maintenu des relations politiques dans le courant de l'histoire, des relations majoritairement imposées par la force de la puissance coloniale française. On doit prendre en considération ce contexte historique pour pouvoir comprendre la situation des langues dans ces différents pays franco- ou arabophones.

Dans mon travail, je m'occupe d'un pays, ou plutôt d'une province francophone qui n'a pas eu de lien historique avec le monde arabe comme la France, mais qui est la destination de beaucoup de migrants arabes à cause de la langue française, le Québec. Dans cette province canadienne, il existe une importante communauté arabe. Dans mon travail, je veux essayer de décrire leur situation linguistique et répondre aux questions suivantes: Il y a combien d'immigrants de langue maternelle arabe au Québec? Quelle est leur situation de droit linguistique? Est-ce qu'il y a un statut officiel de l'arabe à cause de la grandeur de la communauté arabe? Est-ce qu'il y a des méthodes au Québec pour franciser les immigrants, spécialement les arabes et lesquelles? Est-ce qu'il existe aussi des problèmes d'intégration et lesquels? Comment se manifeste la présence d'une communauté arabe dans la vie publique et culturelle québécoise?

Pour pouvoir répondre aux ces questions, il faut d'abord considérer la politique linguistique québécoise et le statut du français parce-que il s'agit d'un cas exceptionnel dans ce lieu nord-américain anglophone. Il est aussi nécessaire de donner une petite vue d'ensemble de l'histoire du Canada et du Québec en général pour pouvoir comprendre l'évolution de la langue française.

1. Le statut du français au Québec:

Pour comprendre le statut du français au Québec, il est nécessaire de prendre en considération l'évolution historique de la province.

Généralement, on peut diviser le développement du statut du français au Canada et spécialement au Québec en quatre étapes qui correspondent plus ou moins à l'évolution historique et politique:

1. Entre 1608 et 1763, pendant la colonisation française, le français est imposé dans la vallée du Saint-Laurent à travers des colons qui amenèrent la langue du roi, le français. On peut dire qu'à cette époque le français avait un statut royal. Dès le commencement de la conquête de la Nouvelle-France, le français s'est vu menacer par l´influence anglaise. La Grande-Bretagne était le grand concurrent de la France dans la conquête du nouveau monde qui était en train de gagner l´hégémonie dans l´Amérique du nord. Après la victoire anglaise de la guerre de sept ans et la paix de Paris en 1763, le Canada passa sous domination britannique
2. C'était le début de la deuxième période qui dura jusqu´à 1850 quand le Canada se déclara indépendant. Pendant ce temps, le français n´avait aucun statut officiel. Même si des tentations d'assimilation et d'anglicisation des canadiens français existait, les britanniques se décidèrent de tolérer le français face à la menace révolutionnaire. L'Acte de Québec de 1774 céda des droits spéciaux aux français catholiques. Après la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-83), les américains qui avaient lutté au coté des britanniques, immigrèrent au Canada. Deux colonies différentes, une britannique et une française, se cristallisèrent ce qui mena à l'Acte constitutionnel de 1791 qui divisa le Canada en un Bas-Canada anglophone et un Haut-Canada francophone, chacun avec son propre gouverneur.[1] Mais cet arrangement fut remplacé en 1837, quand Lord Durham combattut des rébellions de canadiens rêvant d'autonomie et quand il rédigea la charte de l´assimilation qui déboucha sur l'Union des deux Canadas et le bannissement de la langue française, qui sera finalement rétablie dans les faits en 1848 grâce aux démarches et aux revendications des Canadiens
3. Environ à partir de cette date, commença la troisième étape et l'Acte de l'Amérique du Nord britannique de 1867 qui transforma le Canada en un état fédéral autonome et donna à la langue française un véritable statut juridique et politique égal à l'anglais. Les deux langues sont devenues les deux langues officielles du Canada
4. Dans les années 60, les francophones au Québec prirent conscience de leur situation linguistique particulière ce qui mena le gouvernement québécois à imposer une politique de défense de la langue française.[2]

Je vais décrire la dernière période plus en détail parce qu'elle a changé profondément la situation linguistique du Québec, marquant une rupture énorme et donnant les bases de l'usage de la langue française aujourd'hui:

1.1. La révolution tranquille et la loi 101:

Au 20ème siècle, plusieurs facteurs ont nécessité l´implantation d'une politique linguistique forte. Premièrement, la dénatalité canadienne force le gouvernement à imposer une politique d'immigration. Les immigrants, pour leur part, avaient une image anglophone du pays puisque c'est celle-ci que le gouvernement fédéral présentait à l´étranger. C'est pourquoi ils se sont intégrés aux anglophones aussi au Québec, d'autant plus qu'il n'y avait pas de réglementation officielle concernant l'insertion. D'ailleurs, les anglophones dominaient dans le milieu économique, constituant ainsi un plus grand attrait pour les nouveaux arrivants. Le fort taux d'inscription des enfants allophones dans des écoles anglophones montre le défi québécois: En 1977, 80% des écoliers suivaient un enseignement en anglais alors que 15% suivaient des cours dans les écoles francophones.[3] Par conséquent, le gouvernement de la province de Québec se décida d'utiliser son pouvoir constitutionnel et créa le ministère de l'Immigration en 1968 pour pouvoir assurer une meilleure intégration des immigrants à la société francophone.[4]

Deuxièmement, l'anglais était la langue dominante dans le secteur économique, même si la grande majorité des québécois était francophone. En conséquence de la prospérité des années 60, les francophones entrèrent de plus en plus dans la vie économique et commencèrent à sentir le poids du bilinguisme. Ils prirent conscience de leur situation linguistique et s'opposèrent au refus de se faire servir en français.[5]

Parallèlement, le mouvement terroriste du Front de libération du Québec (FLQ) commença à se manifester en 1963 donnant une dimension révolutionnaire aux revendications indépendantistes. Sous cette pression, le gouvernement québécois libéral de Robert Bourassa adopta en 1974 le projet de loi 22 qui proclamait effectivement le français comme seule langue officielle du Québec.[6]

Le Parti Québécois (PQ), parti politique indépendantiste adopta en 1977, après avoir gagné les élections, la loi 101, aussi connue sous le nom de la charte de la langue française. Le but de la charte de la langue française est de mettre fin à la passivité vis-à-vis de la domination de l'anglais. Elle connaîtra plusieurs changements depuis sa formulation à cause des décisions de la Cour Suprême mais constituera le pilier de toute la politique linguistique québécoise et sera la base de toute la politique d'intégration.[7]

Ces droits fondamentaux confirment le statut du français en tant que langue officielle de la province du Québec. Le gouvernement du Québec reconnaît aux anglophones le droit de s'exprimer en anglais. Quant aux groupes ethniques, n'ayant comme langue maternelle ni le français, ni l'anglais, ils peuvent tout à fait garder et transmettre leur langue maternelle à leurs enfants. Ainsi, même si le gouvernement tient à ce que les groupes d'immigrants soient fiers de leurs langues et culture, contribuant par le fait au caractère multiculturel du Québec, il importe que ces derniers s'intègrent à la société québécoise, entre autres en apprenant le français.[8]

Voici ces droits linguistiques fondamentaux:

1. Toute personne a le droit de communiquer en français avec l'Administration, les services de santé et les services sociaux, les entreprises d'utilité publique, les ordres professionnels, les associations de salariés et les diverses entreprises exerçant au Québec
2. En assemblée délibérante, toute personne a le droit de s'exprimer en français
3. Les travailleurs ont le droit d'exercer leurs activités en français
4. Les consommateurs de biens ou de services ont le droit d'être informés et servis en français
5. Toute personne admissible à l'enseignement au Québec a la droit de recevoir cet enseignement en français.[9]

La loi oblige alors tout immigrant, quelle que soit son origine, à s'intégrer à la société francophone. Les institutions d'enseignement jouent un rôle important parce que c'est à ce moment-là que les enfants d'immigrants entrent pour la première fois en contact avec la société d'accueil. La loi les oblige à être scolarisés en français, de l'école primaire au secondaire. Ceci s'applique à tous les enfants établis au Québec. Seulement deux exceptions sont reconnues: la première s'étend à tous ceux dont l'un des parents a reçu l'enseignement primaire en anglais au Québec ou dans une autre province canadienne et la deuxième concerne les enfants ayant suivi les cours d'une anglaise au moment où la charte de la langue française est entrée en vigueur.

Puisque le gouvernement voulait renforcer l'intégration des immigrants à la société francophone, il fallait que le français devienne aussi la langue commune du travail. Déjà, la Loi 22 s'était engagée sur la voie de la francisation des entreprises. Mais elle n'énonçait que des mesures incitatives, sans aucune forme de contrainte ni d'obligation. La Charte spécifie donc que toute entreprise employant 50 personnes ou plus doit obligatoirement engager un processus de francisation pour obtenir un "certificat de francisation" délivré par l'Office de la langue française. Des dates limites sont fixées pour l'obtention du certificat, et des sanctions sont prévues pour les entreprises qui contreviendraient à cette obligation. Pour assurer l'efficacité de ces mesures, la Charte oblige toute entreprise employant cent personnes ou plus à créer un comité de francisation dont au moins le tiers est nommé pour représenter les travailleurs de l'entreprise. Ce comité a la responsabilité de procéder à l'analzse de la situation linguistique, d'établir le programme de francisation approprié et d'en surveiller l'application.[10]

[...]


[1] Pierre A. Coulombe, Language Rights in French Canada (Wien: Lang, 1997), p. 76-77

[2] Michel Plourde , "Introduction", dans: Michel Plourde et al. (Ed.), Le Français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie (Québec: Fides, 2003), p. XXIII-XXX

[3] Micheline Sauriol, Helmut J. Vollmer, "Francisation et intégration des minorités au Québec", dans: Gabriele Budach, Jürgen Erfurt (Eds.), Identité franco-canadienne et société civile québécoise (Leipzig: Leipziger Universitätsverlag, 1997), p. 201-214, ici p. 210

[4] J.-C. Robert, "La langue, enjeu politique du Québec", dans: Michel Plourde et al. (Éd.), Le Français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie (Québec: Fides, 2003), p. 239-246, ici p. 242

[5] Robert, "enjeu politique", p. 240

[6] Robert, "enjeu politique", p. 243

[7] J. Woehrling, "La Charte de la langue française: les ajustements juridiques", dans: Michel Plourde et al. (Éd.), Le Français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie (Québec: Fides, 2003), p. 285-291

[8] Magdalena Schweiger, Appropriation locale d'un phénomène global: Le rap montréalais (Vienne: Dipl. Université de Vienne, 2004), p. 33-34

[9] G. Rocher, "La politique et la loi linguistiques du Québec en 1977", dans: Michel Plourde et al. (Éd.), Le Français au Québec: 400 ans d'histoire et de vie (Québec: Fides, 2003), p. 273-284, ici p. 279

[10] Rocher, "politique et loi", p. 280-281

Fin de l'extrait de 23 pages

Résumé des informations

Titre
Le statu du francais et de la communauté arabe au Québec
Université
University of Vienna  (Romanistik)
Cours
linguistisches Seminar: Contacts arabe-francais
Note
Sehr gut
Auteur
Année
2005
Pages
23
N° de catalogue
V53393
ISBN (ebook)
9783638488570
ISBN (Livre)
9783640328598
Taille d'un fichier
438 KB
Langue
Français
mots-clé
Québec, Seminar, Contacts
Citation du texte
Birgit Hittenberger (Auteur), 2005, Le statu du francais et de la communauté arabe au Québec, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/53393

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