La grammaire générative chomskyenne. Les principaux aspects des constructions passives étudiés


Essai, 2020

17 Pages


Extrait

Table des Matières

Introduction

1. Le modèle standard étendu et révisé (MSER)
1.1 Principaux éléments théoriques et pratiques du modèle génératif
1.1.1. De la Syntaxe de la structure syntagmatique à la syntaxe X-barre
1.1.2 Présentation : problème des catégories intermédiaires
1.1.3 Justification de l’existence des catégories intermédiaires
1.2 Syntaxe des traits de base

2. Les constructions passives dans le MSER
2.1. Mouvement des SN
2.1.1. Passif avec Agent
2.1.2 Passif sans Agent spécifié
2.2. Contraintes sur le mouvement de SN

Conclusion

Références

Introduction

Dans cet article, les principaux aspects des constructions passives seront étudiés à la lumière des hypothèses et argumentations du modèle standard étendu et révisé (MSER) relevant de la grammaire générative. Nous pensons que l’étude des phrases passives dans les versions postérieures à celle-ci, à savoir le modèle du Gouvernement et Liage (GL) (connu également sous le nom du modèle des Principes et Paramètres)1 et le Programme Minimaliste (PM)2, ne peut refléter les changements survenus en GG, notamment X-barre et Déplacer alpha, sans le rappel de l’approche de ce type de structures dans le MSER, approche considérée comme riche sur les plans de l’appareil théorique et empirique.

Dans la première section, nous donnerons un aperçu du MSER. La seconde, elle, sera réservée au traitement des structures passives dans le modèle en question, par le biais du mouvement SN (Agent et Patient) assujetti à des contraintes qui seront abordées à la fin de ce travail.

1. Le modèle standard étendu et révisé (MSER)

1.1 Principaux éléments théoriques et pratiques du modèle génératif

1.1.1. De la Syntaxe de la structure syntagmatique à la syntaxe X-barre

Le problème consiste à justifier l’existence du constituant N‴. Cela revient à dire qu’entre les catégories N‴ et N il y a des catégories intermédiaires N″, N′ qui peuvent être sujettes au principe de récursivité. Ces catégories ne figurent pas parmi les règles de formation des phrases dans la structure syntagmatique.

Nous allons d’abord montrer l’insuffisance de la syntaxe de la structure syntagmatique, puis justifier la présence des catégories intermédiaires pour confirmer ou infirmer l’hypothèse des syntacticiens X-barre.

1.1.2 Présentation : problème des catégories intermédiaires

Les théoriciens de la syntaxe X-barre font deux objections à la syntaxe de la structure syntagmatique (SSS) : (i) Elle restreint les types de catégories ; (ii) elle est aussi non contrainte par l’ensemble des règles syntagmatiques.

En ce qui concerne la première objection, la SSS ne connaît que deux types de catégories : les catégories syntagmatiques (SN, SV, SP, SA, SQ, Sadv) et les catégories lexicales (N, V, A, Adv , etc.).

Le problème qui se pose donc est qu’il n’y a pas de catégories intermédiaires entre ces deux types de catégories. Il n’y a pas de catégories plus grandes que le nom (N) ni plus petites que le SN. Or il semble qu’à travers des langues naturelles ces catégories intermédiaires existent.

1.1.3 Justification de l’existence des catégories intermédiaires

Soit le syntagme : Ces deux précieux diamants.

L’analyse distributionnelle de la SSS fournira la représentation (1) suivante :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

L’un des traits de cette représentation est de supposer que la suite deux précieux diamants ne forme pas un constituant. D’autre part, cette même séquence ne renfermerait pas un autre constituant précieux diamants. On n’aura donc que les séquences : SQ + [SA+N] et SA+ N.

Dire que ces séquences ne forment pas de constituants semble être faux puisque chacune d’elles peut être coordonnée à un autre constituant comme elle peut être considérée comme étant l’antécédent d’une proforme.

a/ Test de coordination :

Considérons les phrases :

(2) a- Ces deux précieux diamants et colliers.

b- Ces deux précieux diamants et rares colliers.
c- Ces deux précieux diamants et trois rares colliers.
d- Ces deux précieux diamants et ces trois rares colliers.

On observera que, dans la phrase (2a), le constituant colliers peut être coordonné avec diamants. On aura la coordination de deux noms [N].

Dans la phrase (2b), la coordination peut s’établir entre rares colliers et précieux diamants. La coordination s’effectue donc entre deux catégories représentées par la séquence [SA+N].

Dans la phrase (2c), la coordination opère entre trois rares colliers et deux précieux diamants, i.e. entre des séquences ayant la structure [SQ+SA+N].

Dans(2d), la coordination s’applique aux séquences Ces trois rares colliers et Ces deux précieux diamants. Ces séquences ont la structure [D+SQ+SA+N], i.e. entre deux SN.

Puisque l’opération de coordination ne tolère que la coordination des constituants, on peut dire que [N], [SA+N], [SQ+SA+N] et [D+SQ+SA+N] sont des constituants formant chacun une catégorie.

b/ Test avec proforme :

(3)a- Ces deux précieux diamants sont plus chers que ceux-là.

b- Ces deux précieux diamants sont semblables aux autres.
c- Elle aime ces deux précieux diamants mais pas les autres.

Les proformes [Pro] de ce corpus sont ceux-là, les autres. Elles peuvent entretenir une relation anaphorique ou référentielle avec l’un des constituants suivants :

(i) Diamants [N] Pro
(ii) Précieux diamants [SA+N] Pro
(iii) Deux précieux diamants [SQ+SA+N] Pro
(iv) Ces deux précieux diamants [D+SQ+SA+N] Pro

Rappelons que l’une des contraintes essentielles de la SSS est qu’un seul constituant peut servir comme antécédent à Proforme. De ce fait, [N], [SA+N], [SQ+SA+N] et [D+SQ+SA+N] sont des constituants et peuvent constituer chacune une catégorie particulière.

Dans ce cas, quel serait le rôle des séquences [SQ+SA+N] et [SA+N] dans la représentation syntagmatique (4) ci-après :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

En d’autres termes, quel type de catégorie doit s’assigner chacun des nœuds dominant ces séquences ? Sont-ils des SN ?

(5) a- Je prends ces deux précieux diamants.

b- Je prends deux précieux diamants.
C- *Je prends précieux diamants.

On constate que précieux diamants n’a pas la même distribution que les autres séquences. Il en est de même pour la séquence [SQ+SA+N] contenue dans le SN des phrases :

(5a) Je prends ces deux précieux diamants.

(5b) Je prends deux précieux diamants.

Il serait donc inadmissible de traiter précieux diamants, deux précieux diamants comme des catégories lexicales de [N]. Il est également faux de dire que ces séquences sont des catégories syntaxiques de SN.

Dire donc que ces deux séquences constituent des catégories serait faux puisqu’il n’existe pas de catégories intermédiaires dans la SSS.

Ainsi, il faudrait adopter une autre notation ou une autre syntaxe pour montrer la pertinence de ces deux séquences. Cela montre que le traitement de ces séquences, dans le cadre de la SSS, est inadéquat.

La théorie X-barre remédie à ces problèmes en introduisant des catégories intermédiaires. En effet, à chaque catégorie lexicale X, [N, V] peut correspondre un certain nombre de catégories dominantes en fonction du schéma (6) infra:

X= catégorie lexicale X

X′= X à barre simple (X′ est la tête de X)

X″= X à double barre (X″ est la tête de X′)

X‴= X à triple barre (X‴ est la tête de X″)

Xn est la tête de Xn-1

D’après Chomsky (1972 : 122), le symbole X′ est utilisé pour désigner un syntagme dont la tête est X. Ainsi, N′ domine N, V′ domine V, A′ domine A.

Et Chomsky (id) de préciser :

À l’aide de la même notation, les syntagmes dominant immédiatement N′, V′ et A′ seront désignés respectivement N″, V″ et A″.

Les éléments N′, V′ et A′ seront introduits dans le composant de base grâce au schéma suivant :

(7) X″→ spec X′, X′

- Le spécifieur du V′ est l’auxiliaire associé quelquefois à certains adverbes de temps.
- Le spécifieur du N′ sera Dét +(Rel)
- Le spécifieur de A′ est l’adverbe de degré + (comparative)
- Le spécifieur de P′ est COMP(lémenteur)

COMP est réécrit dans Chomsky (1977 : 109) comme suit :

(8) COMP→ P NP ± WH (prép + ±QU)

Cela nous conduit aux principales règles de réécriture :

(9) P′→COMP + P

COMP → prép + N″ + ± QU

P→ N″ + V′′

De ce fait, l’indicateur du syntagme Ces deux précieux diamants serait donc (10) :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

1.2 Syntaxe des traits de base

On a vu deux systèmes différents de représentation de la structure syntagmatique, en l’occurrence la syntaxe de la structure syntagmatique et la syntaxe X-barre.

Passons maintenant à un troisième système : la syntaxe des traits de base. Ce système, tout différent qu’il soit, peut trouver son application dans l’un ou l’autre des deux systèmes précités. Toutefois, en pratique, il est associé à la syntaxe X-barre.

Considérons les phrases clivées suivantes :

(11) SN : C’est une imprimante qu’il a gagnée.

SP : C’est dans le garage que j’ai trouvé le chien.

SA : *C’est très malin qu’il était.

SAdv : *C’est beaucoup trop que Marie aimait Jean.

SV : *C’est passons à la caisse qu’il voulait.

Ces constructions clivées n’acceptent que des SN ou des SP dans la position du constituant focus (constituant saillant sur le plan pragmatique). Il est évident qu’on peut spécifier cela en établissant une liste de l’ensemble des catégories qui peuvent figurer dans cette position. Une explication adéquate serait possible en se servant des propriétés distributionnelles naturelles des SN et des SP.

La syntaxe des traits de base consiste à réanalyser les catégories syntaxiques non pas en tant qu’éléments unitaires mais plutôt comme faisceaux complexes de traits syntaxiques. Les catégories lexicales principales N, V, A, (SP) sont réanalysées en traits [± V] et [± N] de manière à avoir :

(12) V= [ + V, -N], N= [-V, +N], A= [+N, +V], (SP [-N, -V])

Dans les constructions clivées, le focus ne peut être assigné qu’à un SP ou un SN : SN-SP [-V] partagé. De ce fait, seuls les segments [- V″] apparaissent dans les positions focus dans les phrases clivées (i.e. seulement les constituants non verbaux à double barre).

La réanalyse des catégories comme ensemble de traits est une solution qui permet de déceler les différences et les similarités entre les catégories distinctes :

(13) Aux/V : V= [+V, -N, -Aux] ; Aux = [+V, -N, +Aux ]

L’archicatégorie des verbes et des auxiliaires est : (14) V et Aux= [+V,- N]

[...]


1 Cf. Chomsky (1981, 82)

2 Cf. Chomsky (1993, 95) et Pollock (1997).

Fin de l'extrait de 17 pages

Résumé des informations

Titre
La grammaire générative chomskyenne. Les principaux aspects des constructions passives étudiés
Auteur
Année
2020
Pages
17
N° de catalogue
V541177
ISBN (ebook)
9783346174215
ISBN (Livre)
9783346174222
Langue
Français
mots-clé
syntaxe - grammaire générative- phrases passives
Citation du texte
Abdelkhalek Razky (Auteur), 2020, La grammaire générative chomskyenne. Les principaux aspects des constructions passives étudiés, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/541177

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