Langage SMS: Langage de jeunesse?


Hausarbeit (Hauptseminar), 2006

33 Seiten, Note: 1,3


Leseprobe

Inhaltsverzeichnis

1. Introduction
1.1, Procédé
1.2, Notes à propos de l’analyse du corpus

2. Le SMS comme canal
2.1, Brièveté
2.2, Limites du clavier numérique
2.3, Quasi-synchronicité

3. Le « langage SMS »
3.1, Économie d’espace (réduction graphique)
3.1.1, Logogrammes
3.1.2, Abréviations
3.1.3, Squelettes consonantiques
3.1.4, Notations sémio-phonologiques
3.1.5, Notations phonétiques
3.1.6, Agglutination
3.2, Économie de temps
3.2.1, Substitution de minuscules pour des majuscules
3.2.2, Substitution d’espaces pour des ponctuations
3.2.3, Substitution ou suppressions des diacritiques
3.3, Quasi-oralité
3.3.1, Marqueurs de débit
3.3.2, Expressivité
3.3.3, Marqueurs émotionaux

4. Le langage de jeunesse - différences et communautés
4.1, Niveau lexical
4.1.1, Métaphorisation et métonvmisation
4.1.2, Anglicismes lexicaux
4.1.3, Emprunts issus de sources autres que l’anglais
4.1.4, Modes spéciüques de néologisation
4.1.5, Eléments du verlan
4.1.6, Expressions formulaires
4.2, Niveau lexieo-svntaxique
4.2.1, Usage intransitif des verbes transitifs
4.2.2, Usage réflexif des verbes non-réflexifs
4.2.3, Conversions adjectif <> substantif etc
4.3, Niveau de la graphie : l’orthographe créative

5. Conclusion
5.1, Étiologie des traits du « langage SMS »
5.2, Eléments du langage de jeunesse présents
5.3, Statut relatif au langage de jeunesse

A. Extraits du corpus

1. Introduction

Depuis la popularisation du télégraphe dans la première moitié du XIXe siècle, chaque nouveau moyen de télécommunication a développé son propre langage. Le SMS n’a pas failli faire de même

Ce média est souvent perçu par le publie comme utilisé principalement par les jeunes. Dans le travail ici présent, j’essayerai de relever ce qui caractérise le « langage SMS » et d’analyser si et comment ce langage peut être considéré un langage de jeunesse,

1.1. Procédé

Je discuterai d’abord les caractéristiques techniques du SMS comme canal de communication pour montrer les contraintes assez strictes du média.

Dans la deuxième partie du travail, une analyse du « langage SMS » sera entamée. Pour cela, je me référerai au corpus établi par Reinkemeyer en 2005, à Montpel­lier et à Marbourg[1], et à l’analyse accompli dans ce même travail. En récapitulant et en critiquant ses résultats, je vais aussi ajouter quelques statistiques supplémen­taires, et établir une hypothèse sur les raisons d’être des diverses catégories de traits caractéristiques du « langage SMS »,

Ensuite, une comparaison des traits relevés comme spéeiüques pour le « lan­gage SMS » et de ceux considères spéeiüques pour le langage de jeunesse par Zimmermann[2] et Gadet[3] aura lieu, J’v établirai les points communs et les diffé­rences entre ces deux parlers.

Dans une conclusion tentative, j’essayerai d’expliquer le résultat.

1.2. Notes à propos de l’analyse du corpus

Je me réfère au corpus en citant les numéros des messages. Pour la plupart des exemples, je ne donne qu’une seule ou deux références, ce qui ne veut pas dire que ce seraient les seules oeeurenees du phénomène exemplifié. Tous les messages cités ont été reproduits dans l’appendix A (p, 26sqq),

On note que le corpus utilisé n’inclut déjà que les messages qui montrent des caractéristiques du langage SMS, La fréquence de l’usage de ce dernier parmi la totalité des SMS n’en peut alors pas être déterminée.

Les fréquences relatives établies à base du corpus ont toutes étées arrondies au plein pourcentage le plus proche. Celles marquées d’un signe d’approximation (æ) ont été établies à base d’un échantillon de 100 messages, dont 50 tirés de la première et 50 de la deuxième partie du corpus ; pour les fréquences non marquées de ce signe, tous les messages du corpus ont été comptés.

2. Le SMS comme canal

Le SMS (de l’anglais « short message system », système de messages courts) est un système de transmission de messages écrits introduit en 1991 avec le standard GSM de téléphonie mobile. L’acronyme « SMS » désigne aussi, en totum pro parte, un message particulier transporté par ce système.

Il est possible d’envoyer et de recevoir des SMS par ordinateur, par des autres moyens d’accès aux réseaux de téléphonie mobile, ou par Internet, mais le moyen principal est le téléphone portable. Je limiterai donc la discussion suivante à eelui-ei,

2.1. Brièveté

La longueur d’un SMS est techniquement limitée à 160 caractères (lettres, espaces blancs, signes de ponctuation etc,), soit entre une et deux phrases de langue écrite soutenue, ou bien trois quarts d’une phrase de Proust,[4]

Aujourd’hui, presque tous les portables sont capables d’envoyer des messages plus longues ; or, pour leur transmission, ces messages sont découpés en blocs de 160 caractères, transmis et facturés séparément. Même si, en théorie, l’utilisateur peut envoyer des SMS assez longs, il est en pratique toujours motivé de s’exprimer en 160 caractères,

2.2. Limites du clavier numérique

Malgré quelques exceptions, la vaste majorité de téléphones portables ne sont mu­nis que d’un clavier numérique. Un tel clavier comporte douze touches, les chiffres (0) - (9) et deux signes spéciaux, (#) et (*) ; pour comparaison, le bloc alphanumérique principal d’un clavier d’ordinateur compte 52 touches, sans compter les touches à fonctions spéciales. Cette douzaine de touches doit cependant servir à entrer toutes les 39 lettres du français[5] et un nombre de ponctuations. L’entrée d’un caractère se fait donc en appuyant une touche plusieurs fois en suite. Alors, l’effort pour entrer un caractère n’est pas toujours le même : voir tableau 1, Les lettres majuscules s’entrent en appuyant une touche spéciale avant la touche lettre, les chiffres de (0) à (9) en appuyant une touche plus longuement. L’arrangement des ponctuations, qui sont toutes entrées par la même touche, peut varier selon le marque et le modèle du portable.

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Tab. 1: Nombre n de pressions de touche pour entrer les caractères du français sur un portable (Motorola RAZE V3, mode de saisie « Manuelle français »)

Pour composer une séquence de caractères qui sont tous entrés par la même touche, par exemple (de) ou un caractère multiple comme (11), il faut attendre un moment pour que la pression repetée soit enregistrée comme le début d’un nouveau caractère, ou bien appuyer une touche pour le signaler exprès. Ces arrêts nets empêchent l’utilisateur de maintenir une cadence constante.

Pour éviter ces limites, presque tout portable dispose d’un system de saisie in­tuitive (T9 ou Пар), La composition d’un mot se fait alors en n’appuvant qu’une fois la touche pour chaque caractère. Évidemment, plusieurs mots sont donc en­trés en composant la même séquence de chiffres ; les ambiguïtés sont résolu à l’aide d’un dictionnaire. La saisie intuitive ne peut alors pas servir à composer des textes dialectales ou autrement idiomatiques.

2.3. Quasi-synchronicité

Une fois composé, un SMS est normalement immédiatement envoyé, à condition que le rapport radio entre le portable et la base de transmission soit établi et la capacité du réseau ne soit pas épuisée. Sinon, une nouvelle tentative de transmission est en ordre. Le SMS est alors passé à l’ordinateur central du réseau du destinataire, qui essaie de le transmettre à l’appareil récepteur. La fréquence des tentatives de transmission par la centrale est d’abord haute, mais diminue rapidement. Donc le phénomène qu’un SMS envoyé à un portable qui n’est pas en rapport avec le réseau pour une ou deux heures n’arrivera pas nécessairement directement après le rétablissement de la connexion, mais quelques heures après ou même le jour prochain.

Ce mode de transmission explique pourquoi le SMS peut être considéré un mé­dia quasi-synchrone : la transmission se fait, pour la plupart des temps, presque instantanément, mais il n’v a aucune garantie qu’elle ne prenne des heures. Or, si l’énonciateur sait que le destinataire n’a pas l’habitude d’éteindre son portable pour de longues périodes et que celui-ci se trouve dans un endroit où la réception radio est suffisante, il peut être comparablement sûr que son message va être transmis en quelques secondes seulement. On observe donc des vrais « dialogues par SMS »[6], qui sont, si on croît le préjugé, souvent préférés aux conversations téléphoniques par les jeunes, même si les dernières sont beaucoup plus courtes et moins coûteuses, le contenu étant équivalent. Il serait intéressant d’analyser si ce préjugé soit justi­fié, et, si oui, quelles soient les raisons de ce remplacement de la télé-oralité par la « télé-écriture »,

3. Le « langage SMS »

Dans cette partie, je vais essayer de relever les traits caractéristiques principaux du « langage SMS », Pour toute l’analyse, je m’appuie sur le travail de Reinkemeyer[7] ; j’v ajoute quelques analyses de corpus supplémentaires et des pensées sur l’origine des phénomènes analysés. Mon point de départ est l’hypothèse que la plupart de ces traits sont causés directement ou par les spécificités techniques du SMS comme canal de transmission ou par le statut quasi-oral de la communication par SMS dans la vie quotidienne. Je les ai donc classifiés en trois catégories :

1, économie d’espace (réduction graphique) : phénomènes causés par le désir d’économiser des caractères afin de transmettre plus d’information dans un seul bloc de 160 caractères ;
2, économie de temps : phénomènes causés par le désir d’économiser sur l’effort d’entrer le texte, c’est-à-dire surtout sur le nombre de pressions de touches ;
3, quasi-oralité : phénomènes causés par la statut d’oralité écrite de la commu­nication par SMS, encouragé particulièrement par la quasi-synchronicité de la transmission.

Dans le reste de ce travail, pour l’analyse du corpus et pour l’analyse différentielle, je vais m’appuver sur ce modèle étiologique.

3.1. Économie d’espace (réduction graphique)

La limite de 160 caractères imposée par le canal force l’émetteur d’un SMS de s’exprimer le plus brièvement possible. Pour augmenter la quantité d’information transmise par un seul message, de diverses stratégies peuvent alors être employées.

3.1.1. Logogrammes

Un logogramme est un caractère signifiant un mot entier. Des logogrammes connus sont l’esperluette (L·), le plus (+) et le signe de pourcentage (%). Dans les SMS du corpus, l’utilisation des logogrammes est assez fréquente, mais le codage ne diffère pas de celui du franeeais standard.

3.1.2. Abréviations

Les procédés les plus fréquents de réduction graphique sont les diverses formes d’abréviations.[8] Leur fréquence relative atteint les 100%.

On distingue de différentes catégories d’abréviations, soient l’aphérèse, la syncope, l’apocope et l’initialisme. La suppression de lettres muettes, classifiée avec les phé­nomènes d’abréviation par Reinkemeyer, fait, à mon avis, partie des notations phonétiques (voir chapitre 3.1.5).

L’aphérèse Suppression de lettres ou de syllabes au début d’un mot : musique > (ziek) (56) petite > (tite) (194) Syncope Dito, à l’intérieur d’un mot. Les exemples offerts par Reinkemeyer sont mieux classifiés avec les notations phonétiques, vu qu’il s’agit exclusivement de chutes de syllabes non accentuées comme venir > (vnir) (7) etc., phénomène assez commun dans le français parlé. Un cas spécial qu’on pourrait compter parmi les syncopes, la réduction à squelettes eonsonantiques, est traité à part, dans le chapitre 3.1.3.

Apocope Dito, à la fin d’un mot :

grasses matinées > (grass mat’) (20)

Montpellier > (montp) (26) / (montpel) (48)[9] anniversaire > (anif) (53)

magasin > (mag) (56) randonnée > (rancio) (247)

Initial isme Réduction d’un mot ou à sa lettre initiale ou aux lettres initiales de ses parties constituantes :

je > (O (4) te > (t) (4) dès > (d) (5)

Il y a des cas douteux : que > (k) (3) peut être considéré une notation sémio- phonologique à base de /ко/ comme prononciation alternative de la lettre (k) ou l’abréviation d’une notation phonétique (que > (ke) > (k)). de > (d) (5) pose le même problème,

3.1.3. Squelettes consonantiques

Le français est une langue exeeptionellement riche en voyelles. Selon Selig, on compte 16 phonèmes voealiques,[10] Tout de même, apparemment plus d’information est transporté par les consonnes, vu qu’une des stratégies de réduction graphique les plus emploiées dans le « langage SMS » est la transformation en squelette eonso- nantique.

Pour cela, un mot est dépouillé de toutes ses voyelles :

tout > (tt) (3) fort > (frt) (24) pour > (pr) (71)

Souvent, aussi un nombre de consonnes sont supprimées :

temps > (tps) (9) quand > (qd) (35)

Tout une séquence de mots peut être réduite : pendant longtemps > (pdt lgtps) (212)

La stratégie de reduction en squelette consonantique peut être partiellement ap­pliqué, laissant quelques voyelles intactes :

avant > (avt) (5)

[...]


[1] Pour plus de détails voir Reinkemeyer, Anja. Spannungen zwischen Mündlichkeit und Schrift­lichkeit am Beispiel des modernen Französisch. Thèse de Staatsexamen, Université Philipp de Marbourg, novembre 2005, p. 48sqq.

[2] Voir Zimmermann, Klaus. Jugendsprache in Frankreich : ein Resümee. Jugend und Immi­gration = Neue Romania, 27 (2003) et Idem. Argot, verlan, Jugendsprache und Verwandtes. Dans Ingo Kolboom, Thomas Kotschi et Edward Reichel (êd.). Handbuch Französisch. Sprache - Literatur - Kultur - Gesellschaft. Für Studium, Lehre, Praxis. Berlin : Erich Schmidt, 2002

[3] Voir Gadet, Françoise. Youth Language in France. Dans Eva Neuland (êd.). Jugendspra­chen - Spiegel der Zeit. Internationale Fachkonferenz 2001 an der Bergischen Universität Wup­pertal. Frankfurt am Main : Peter Lang, 2003, Sprache - Kommunikation - Kultur. Soziolin- guistische Beiträge 2.

[4] La longueur moyenne d’une phrase de Vingt Mille Lieues sous les mers, par Jules Verne, est de 94,0 caractères, celle d’une de Du côté de chez Swann de 238,3.

[5] Sôll compte 43 lettres (voir Söll, Ludwig. Gesprochenes und geschriebenes Französisch. Ber­lin : Schmidt, 21980, Grundlagen der Romanistik 6), mais l’inclusion de (æ), Ji) (ÿ) et (n) me paraît douteuse.

[6] Voir aussi Moriell, Angelika. Dialektismen in der SMS-Kommunikation / am Beispiel von Kurzmitteilungen Schweizer Jugendlicher. Mémoire, séminaire « Ausgewählte Themen der Sprachwissenschaft und -didaktik », Prof. Dr. Helga Kotthoff, École d’enseignement supé­rieur de Fribourg, semestre d’été 2005 (URL: http://home.ph-freiburg.de/kotthofffr/ lehrveranstaltungen/Dialektismen\%20in\%20der\%20SMS-Kommunikation.pdf) - visité le 2006-04-15, p. 2sqq.

[7] Voir Reinkemeyer, p. 50sqq.

[8] Reinkemeyer emploie le terme « réductions graphiques ». Or, à mon avis, tout procédé qui réalise des mots ou des séquences de mots en moins de lettres que la réalisation standard est une stratégie de réduction graphique. Donc le terme « abréviations ».

[9] Exemples particulièrement intéressant, vu que normalement, les noms propres sont laissés intacts par toutes les stratégies de réduction du « langage SMS ».

[10] Voir Selig, Maria. Die Aussprache des Französischen : das segmentale System. Dans Ingo KOLBOOM, Thomas Kotschi et Edward Reichel (éd.). Handbuch Französisch. Sprache - Literatur - Kultur - Gesellschaft. Für Studium, Lehre, Praxis. Berlin : Erich Schmidt, 2002, p. 157.

Ende der Leseprobe aus 33 Seiten

Details

Titel
Langage SMS: Langage de jeunesse?
Hochschule
Philipps-Universität Marburg  (Institut für Romanische Philologien)
Veranstaltung
Seminar "Le francais parlé"
Note
1,3
Autor
Jahr
2006
Seiten
33
Katalognummer
V56625
ISBN (eBook)
9783638512633
ISBN (Buch)
9783638724722
Dateigröße
778 KB
Sprache
Deutsch
Anmerkungen
Thema ist "SMS-Sprache", der komplexe, stark komprimierte Code, der zur Zeit- und Raumersparnis in der französischsprachigen elektronischen Kommunikation weite Verwendung findet. Speziell untersucht wird die Frage, ob diese Sprache eine Jugendsprache darstellt. Umfassende Darstellung des Phänomens an Hand eines Korpus aus der Feldforschung von Anja Reinkemeyer 2005, Vergleich mit Merkmalen von Jugendsprache, Aufstellung eines Erklärungsmodells. Referats-Handout inklusive.
Schlagworte
SMS, SMS-Sprache, langage SMS
Arbeit zitieren
Matthias Warkus (Autor), 2006, Langage SMS: Langage de jeunesse?, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/56625

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Titel: Langage SMS: Langage de jeunesse?



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