Le film, en général, dispose d’un très grand potentiel narratif. Pour cette raison, il est entré en relation avec le roman. Tous les deux racontent des histoires qu’ils ornent par des détails, et qui sont racontés d’une certaine perspective dont chaque perspective pousse souvent l’ironie entre la narration et l’observateur. Le désavantage du roman envers le film se trouve dans les possibilités visuelles qui n’y existent guère ou pas du tout. Au contraire, le film souvent n’est pas capable de reproduire l’espace du temps du roman. Dans le roman, le lecteur voit et entend seulement ce que l’auteur le veut laisser voir et entendre. Quelques romans se référent au film et ils accomplissent par cela les critères qualitatifs du référentiel, de la communication, de l’auto-réfléxion, de la structuration et de la dialectique. Le référentiel mesure l’intensité avec laquelle un texte se réfère à un autre, de quelle manière il le prend pour thème et il dénude ses particularités. La communication touche les liaisons pragmatiques, c’est-à-dire qu’elle décrit le degré de la conscience par rapport à la référence du texte chez l’auteur et le récipient, de l’intention et de la clarté du marquage dans le texte lui-même. L’auto-réfléxion offre les possibilités de la thématique meta-communicative de l’intertextualité, la structuralité décrit l’intégration syntagmatique des prétextes dans le texte et la dialectique examine l’intensité intertextuelle du texte et le système du discours donné. Jean Echenoz se réfère fortement au film, spécialement au film noir, dans son roman Cherokee.Il pose sa caméra où il le veut et ainsi, il change à volonté la perspective et la distance des événements. A son avis, la ruse du roman consiste dans l’écriture cinématographique qui fait semblant au lecteur d’être un film et en même temps le ramener au fait qu’il ne s’agit pas d’un film mais d’un roman. Pour la description des références cinématographiques ou bien de l’écriture cinématographique dans Cherokeeil faut examiner la stratégie de la narration, c’est-à-dire comment l’auteur présente son roman aux lecteurs en regardant les catégories de l’action, des personnages, du lieu et du temps. En plus il faut observer l’attitude de la narration ou bien de quelle manière et de quels moyens l‘auteur présente son histoire. Cela concerne le traitement du temps, la situation narrative et la façon de la représenter. [...]
Table des matières
I. Introduction
II. La stratégie narrative dans Cherokee
III. L’attitude narrative de Jean Echenoz par rapport au Cherokee
IV. Les images et les sons – ou bien la micro-structure de Cherokee
V. Conclusion
VI. Références bibliographiques
Objectifs et thématiques
Cette étude analyse l'influence de l'esthétique et des techniques cinématographiques sur la structure narrative du roman "Cherokee" de Jean Echenoz. L'auteur explore comment Echenoz emprunte les codes du film noir pour transformer le roman policier traditionnel en une œuvre réflexive, tout en maintenant une distance ironique qui rappelle au lecteur la nature textuelle de l'ouvrage.
- Analyse des stratégies narratives et du "film noir" dans le roman.
- Étude de la vitesse, du rythme narratif et de la technique du "camera-eye".
- Examen des phénomènes auditifs et de la micro-structure sonore.
- Déconstruction du concept de "Mac Guffin" chez Echenoz.
- Réflexion sur l'auto-réflexivité et l'ironie littéraire.
Extrait du livre
L’écriture cinématographique
L’écriture cinématographique, qui présente un roman noir comme film noir résulte pour la plupart du temps d’une façon de narrer en scènes et épisodes, d’un fréquent changement de scènes, de dialogues courts et proche de la réalité, qui semblent être enregistrés sur un ton original et avec une technique dite « caméra-eye ». Par cette technique, le lecteur n’apprend ce qu’un observateur, présent à l’endroit convenu, pouvait effectivement voir et entendre. Au film, le monde intérieur est obscur et dans le roman il est possible de montrer les pensées ou les sentiments des personnages mais en utilisant cette technique de « camera-eye », ce fait disparaît. Cette façon de narrer est celle utilisé par Echenoz dans son roman Cherokee. Il fait sentir l’action comme un film en s’orientant très fort au schéma de la série noire.
Résumé des chapitres
I. Introduction: L'introduction établit le lien entre le film et le roman, posant les bases théoriques de l'écriture cinématographique chez Echenoz.
II. La stratégie narrative dans Cherokee: Ce chapitre examine comment Echenoz reprend le schéma du film noir et utilise des stéréotypes pour construire son intrigue.
III. L’attitude narrative de Jean Echenoz par rapport au Cherokee: L'analyse porte sur les facteurs de vitesse, de rythme narratif et sur la technique du "camera-eye".
IV. Les images et les sons – ou bien la micro-structure de Cherokee: Ce chapitre traite de la dimension sonore du texte et de l'usage du "Mac Guffin" pour désorienter le lecteur.
V. Conclusion: La conclusion synthétise comment Echenoz réinvente le roman policier en jouant avec les attentes du lecteur à travers des procédés cinématographiques.
VI. Références bibliographiques: Liste des sources académiques utilisées pour l'analyse.
Mots-clés
Jean Echenoz, Cherokee, roman noir, film noir, écriture cinématographique, technique camera-eye, stratégie narrative, Mac Guffin, intertextualité, auto-réflexion, narration, littérature française, stéréotypes, Georges Chave, analyse littéraire.
Questions fréquemment posées
Quel est le sujet principal de ce travail ?
Le travail explore l'utilisation des codes et techniques cinématographiques (notamment du film noir) dans le roman "Cherokee" de Jean Echenoz.
Quels sont les thèmes centraux abordés ?
Les thèmes incluent l'écriture cinématographique, le rapport entre littérature et cinéma, l'ironie narrative, ainsi que la déconstruction des genres policiers.
Quel est l'objectif de l'analyse ?
L'objectif est de démontrer comment Echenoz utilise le texte pour simuler une expérience cinématographique afin d'ironiser sur les attentes du lecteur.
Quelle méthode scientifique est employée ?
L'auteure utilise une analyse littéraire comparative, s'appuyant sur des théories du "filmisches Schreiben" (écriture filmique) et sur une analyse structurelle du récit.
Qu'est-ce qui est traité dans le corps principal de l'ouvrage ?
Le corps traite des stratégies de narration, du rythme, des techniques visuelles/sonores, de la construction des personnages et du rôle du "Mac Guffin".
Quels sont les mots-clés caractérisant cette étude ?
Les mots-clés incluent "roman noir", "écriture cinématographique", "Echenoz", "ironie", "référentiel" et "auto-réflexion".
Comment Echenoz utilise-t-il le "Mac Guffin" ?
Il l'utilise non comme un moteur d'intrigue sérieux, mais comme un prétexte ironique pour souligner la mise en scène et désorienter le lecteur.
Quelle importance joue le "camera-eye" dans le roman ?
Cette technique permet au narrateur d'adopter une perspective neutre et extérieure, renforçant l'illusion d'un film tout en la contredisant par la nature même du support textuel.
Quelle est la conclusion sur l'identité du roman ?
L'étude conclut que malgré toutes ses emprunts cinématographiques, l'œuvre d'Echenoz affirme explicitement son identité de roman.
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- Nadine Kröschel (Author), 2005, Ceci n'est pas un film, c'est un roman - L'écriture cinématographique dans "Cherokee" de Jean Echenoz, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/58173