Les déterminants de la performance bancaire. Cas d'un panel de banque au Sénégal


Thèse de Master, 2018

73 Pages


Extrait

SOMMAIRE

DEDICACE

REMERCIEMENTS

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

LISTE DES TABLEAUX, FIGURES ET GRAPHIQUES

INTRODUCTION

I. PROBLEMATIQUE

II. OBJECTIFS DE L'ETUDE

III. HYPOTHESES DE L'ETUDE

IV. CADRE DU TRAVAIL

CHAPITRE 1 : REVUE DE LITTERATURE
SECTION 1: NOTION SUR LA PERFORMANCE ET SES MESURES DANS LA LITTERATURE
SECTION 2: LES DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE BANCAIRE DANS LA LITTERATURE

CHAPITRE 2: CADRE METHODOLOGIQUE
SECTION 1: LES RATIOS DE PERFORMANCE BANCAIRE
SECTION 2: LES DIFFERENTES VARIABLES ET MODELE

CHAPITRE 3: ANALYSE ECONOMETRIQUE DES DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE BANCAIRE
SECTION 1: SITUATION BANCAIRE DU SENEGAL
SECTION 2: PRESENTATION DES DONNEES ET RESULTATS
SECTION 3 : INTERPRETATION DES RESULTATS ET VALIDATION DES HYPOTHESES

CONCLUSION ET RECOMMANDATIONS

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES

DEDICACE

Je dédie ce mémoire :

- A mon père YAYASSI SY BIRANTY KAO et a mes mères BISSILA SOKO ESTELLE BERTILLE et TATY NANCY ARRIELLE qui m'ont toujours soutenu dans mon parcours. Aucun hommage ne pourrait être a la hauteur de l'amour qu'ils ne cessent de me combler.

Et comme je le dis souvent : « Les voir se battre pour mes frères, struis et moi, m'a juste endurci et donné la force d'aller plus loin »

- mes frères et sreurs qui sont pour moi des sources d'inspiration dans tout projet que je réalise.

REMERCIEMENTS

Je ne saurais mettre ce travail a mon actif sans exprimer une reconnaissance envers le Bon DIEU le tout puissant et miséricordieux mais aussi a certaines personnes. Ainsi, qu'il me soit permis de remercier les personnes sans lesquelles le présent travail n'aurait pu aller a son terme. J'adresse mes remerciements :

En particulier :

Au Dr Mamadou Moustapha Ka qui a conduit cette recherche en tant que directeur, son soutien et ses conseils ont été essentiels a la formulation puis a l'élaboration de ce travail.

Aux professeurs qui nous ont encadrés tout au long de ce cursus universitaire et a toute l'administration de l'IAM pour son dynamisme et sa volonté de toujours voir ses étudiants faire la fierté de l'institut.

En général :

A mes parents, YAYASSI SY BIRANTY KAO , BISSILA SOKO ESTELLE BERTILLE, TATYNANCYARRIELLE qui m'ont toujours accompagné dans mon éducation.

A mes frères BIRANTE SY, SY BIRANTY KAO, YSSA SY et a mes sreurs SY FATOU ALIMA, KADY SY pour le soutien et le dévouement dont ils ont fait preuve.

A tous mes camarades de promotion et en particulier ceux avec qui on a partagé le même directeur pour la collaboration. A tous mes amis, en particulier André, Bamba, Valuce, Ghislain, Guychel, Phanel, et bien autres pour leurs encouragements.

MERCI MON DIEU

LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS

BCEAO: Banque Centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest

EVA: Economic Added Value

F CFA: Franc de la Communauté Financière Africaine

FMI: Fond Monétaire International

FMI: Fonds Monétaire International

IAM: Institut Africain de Management

MCO: Moindres Carrés Ordinaires

NIM: Net Interest Margin

PME: Petites et Moyennes Entreprises

ROA: Return On Asset

ROE: Return On Equity

UEMOA: Union Economique et Monétaire Ouest-africaine

UMOA: Union Monétaire Ouest Africaine

LISTE DES TABLEAUX, FIGURES ET GRAPHIQUES

Tableau 1 : Différents approches de l performance selon Cohen (1994)

Tableau 2 : Principaux déterminants et mesures y associes

Tableau 3 : Les différentes variables utilisées (Prise individuelle)

Tableau 4 : Statistique descriptive

Tableau 5 : Test de stationnarité

Tableau 6: Résultat des estimations

Figure 1 : Définition de la performance selon BOUQUIN

Graphique 1 : Evolution de nombre de banques au Sénégal

Graphique 2 : Evolution des Emplois et Ressources

Graphique 3 : Evolution du PNB des banques au Sénégal

Graphique 4 : Evolution du RBE des banques au Sénégal

Graphique 5 : Evolution du coefficient de rentabilité des banques au Sénégal

Graphique 6: Evolution de la performance des banques

INTRODUCTION

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Le système financier tout comme bancaire est au centre des économies de marché modernes. Sans système bancaire ni système de paiement fonctionnel, il serait impossible de gérer l'ensemble complexe des relations économiques nécessaires a une économie décentralisée caractérisée par un niveau élevé de division et de spécialisation du travail.

Le système bancaire connait des nombreux changements au fil du temps. Ces changements sont expliqués par le fait que les banques s'adaptent au nouvel ordre mondial des marchés financiers marqué par une ouverture des marchés qui se traduit par une concurrence.

Cependant cette industrie a rencontré des difficultés ces dernières années dues a la crise financière de 2007 qui pourrait être résumé en trois points : une crise de marché avec la chute des Subprimes, une crise bancaire, une crise de l'économie réelle.

L'impact de cette crise sur les systèmes bancaires des Etats Unis et de la zone Euro a été très dramatique. Elle a suscité une certaine méfiance entre les banques. Ces dernières n'arrivaient plus a distinguer quels actifs étaient au bilan des banques et quels étaient leurs niveaux de risque. Elles craignaient de connaitre le même sort que les établissements financiers (tels que Lehman Brothers, Merril Luynch, Bear Stearns...) qui n'avaient pas pu résister a cette crise. Ce qui finit par provoquer une situation de ralentissement de l'économie mondiale et surtout dans les pays développés suite a la transmission de la crise du pays d'origine (les Etats Unis) aux autres pays (d'Afrique, d'Europe, d'Asie, ...).

Selon les spécialistes dans ce domaine, certaines banques ont su bien rebondir après cette crise, notamment grace a la structure du système de régulation de la banque centrale, a l'organisation de leurs activités et au système de recapitalisation des Etats. Face a toutes ces difficultés qu'a rencontré l'industrie bancaire depuis 2007, les banques sont tenues de prouver leurs performances, c'est-a-dire leurs efficacités, elles doivent avoir une vue d'ensemble de leurs situations financières, de leurs managements, de leurs positions par rapport a leurs concurrents. De ce fait, comprendre les facteurs déterminants de performances bancaires devient un enjeu très important ou même indispensable.

De nombreuses autres études ont été effectués par de nombreux auteurs dans le but de comprendre les déterminants de la performance des banques (tels que les facteurs liés a la taille des banques, a leurs efficacités, a leurs risques, des facteurs liés aux industries bancaires et des facteurs macroéconomiques dont la croissance du PIB, inflation, chomage, .).

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Au Sénégal, avec un taux de bancarisation estimé a environ 21%1 les banques sénégalaises sont contraintes d'assurer leurs performances dü a une augmentation du nombre de banques mais surtout de la concurrence au niveau de son secteur bancaire et financier afin de remplir pleinement leurs roles d'intermédiaires financiers du pays.

Cette étude intitulée « ANALYSE DES DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE BANCAIRE : CAS D'UN PANEL DE BANQUE AU SENEGAL » se propose d'étudier puis analyser le lien entre la performance mesurée par le ROE et certains déterminants au système bancaire.

I. PROBLEMATIQUE

Le système bancaire dont le role traditionnel consiste a collecter des dépots et a octroyer des prêts devient de nos jours plus complexes avec l'arrivée de la bourse (car pour leurs financements, les entreprises ont tendance a se tourner un peu plus vers le marché et non des banques), mais aussi par la mondialisation financière et sans parler des multiples crises qu'a connu le monde depuis la grande crise de 1924.

Le Sénégal, l'un des poles économiques les plus importants d'Afrique de l'Ouest ayant un système bancaire inscrit dans une économie sous-développée a également connu des grandes difficultés aux sorties de la crise de 1990. Toutefois, au cours de la dernière décennie, les performances économiques du Sénégal ont été remarquables et ont favorisé l'accroissement du secteur financier et bancaire.

Avec ses 24 banques et 03 établissements financiers au 31 décembre 2016, le secteur bancaire sénégalais se montre particulièrement dynamique depuis quelques années avec un taux de bancarisation enregistré de 21% et un résultat net (bénéfice) estimé a 64 milliards de FCFA en cette même date.2

Cependant, ces dernières années on ressent une certaine concurrence entre la banque due a l'implantation d'un certain nombre de banques étrangères. Les banques sénégalaises sont tenues d'un moment a l'autre de s'adapter au nouvel ordre des marchés financiers, a ce nouvel environnement caractérisé par une concurrence, des mutations et de s'adapter aussi aux nouveaux instruments financiers.

Ainsi, obligées de changer leurs fonctions d'une manière partielle et leurs outils afin de survivre a cet environnement de concurrence, nombreuses d'entre elles entament d'autres fonctions génératrices de profits mais qui toutefois restent risquer (gestion des portefeuilles de titres pour son compte et celui de ses clients...) afin de les permettre d'accroitre leurs performances et a survivre dans ce nouvel environnement.

La performance bancaire et leurs déterminants deviennent un enjeu important, dans ce contexte de différentes mutations qui imposent la restructuration des systèmes bancaires qui fragilisent de nombreux établissements financiers. En effet, les systèmes bancaires méritent une attention particulière, car les problèmes bancaires qui surviennent sont de nature a générer des risques systématiques importants, qui auront des répercussions non seulement sur l'environnement économique local, mais également dans d'autres pays et cela dü a l'intégration croissante des marchés financiers. L'exemple le plus récent de cet état de fait est la crise des subprimes.3

C'est dans cette optique que nous allons étudier les déterminants de la performance bancaire. Dans un tel contexte, ce présent travail se propose d'examiner la question suivante : « Etant donné l'évolution du secteur et la concurrence que les banques sénégalaises font face entre elles, quels sont les principaux facteurs qui permettent d'expliquer leur performance ? »

Nous utiliserons dans le cadre de cette étude dix banques exergant au Sénégal sur une période de sept ans (2010 a 2016) afin de répondre a cette problématique.

II. OBJECTIFS DE L'ETUDE

Nous allons scinder nos objectifs en deux : un objectif général et quelques objectifs spécifiques :

1) Objectif général

Pour cette présente étude nous, nous sommes fixés comme objectif de déterminer les facteurs explicatifs de la performance des banques en prenant le cas du secteur bancaire sénégalais.

2) Objectifs spécifiques

A travers notre objectif général, les objectifs spécifiques qui en découlent sont :

- Etudier puis analyser l'impact des déterminants internes et externes sur de la performance mesurée par le ROE ;
- Détecter parmi ses facteurs ceux qui apparaissent les plus pertinents pour expliquer la performance des banques sénégalaises.

III. HYPOTHESES DE L'ETUDE

Au regard de la problématique soulevée précédemment, nous formulons les hypotheses suivantes :

Hypothèse 1 : La taille d'une banque n'accroit pas sa performance.

Hypothèse 2 : Les caractéristiques de la banque et du secteur bancaire sont les principaux facteurs explicatifs de la performance des banques.

Hypothèse 3 : L'environnement économique serait déterminant de la performance des banques

IV. CADRE DU TRAVAIL

Outre l'introduction, la problématique, les objectifs, les hypotheses et la conclusion générale, ce travail est constitué de trois chapitres.

Le premier chapitre abordera la revue de littérature sur un plan théorique ainsi qu'empirique partant du concept de la performance, les déterminants de la performance bancaire mais aussi ses mesures.

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Le deuxième chapitre, fera un point sur la méthodologie, d'ou nous présenterons les différentes variables que l'on utilisera de notre étude ainsi que le modèle.

Enfin le troisième et dernier chapitre de ce travail procèdera a une analyse économétrique des déterminants de la performance bancaire, il présentera la situation bancaire du Sénégal, la base de données, les différents tests et résultats pour enfin faire une analyse et interprétation de ses résultats.

CHAPITRE 1 REVUE DE LITTERATURE

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SECTION 1 NOTION SUR LA PERFORMANCE ET SES MESURES DANS LA LITTERATURE

1. NOTION SUR LA PERFORMANCE DANS LA LITTERATURE

Jusqu'a cette période, des nombreuses études ont été faites en vue de comprendre le concept « performance ». Ainsi a défaut de trouver une définition fédératrice de ce concept, nous nous intéressons d'abord aux définitions générales fournies par les dictionnaires. Etymologiquement, le concept performance remonte au 13ieme siècle, et provient de l'ancien frangais parformer, qui signifie accomplir, exécuter (Richard,1998).

En anglais, le concept performance est attesté depuis le 15ieme siecle et dérive du moyen anglais to perform. A partir du 19ieme siecle, le mot performance désigne d'abord au pluriel : « l'ensemble des résultats obtenus par un cheval de course sur les hippodromes, et par extension, le succes remporté dans cette course.

Au fil du temps, ce concept a été défini par différents auteurs de diverses manieres.

Machesnay (1991) définie la notion de la performance comme étant « le degré de realisation du but recherché et préfixé par une entreprise ».

Selon lui, l'analyse des objectifs fait apparaitre trois mesures de la performance comme suit :

- L'efficience : le résultat obtenu par rapport aux moyens mis en reuvre
- L'efficacité : le résultat obtenu par rapport au niveau du but recherché
- L'effectivité : le niveau de satisfaction obtenu par rapport au résultat obtenu.

Quant a Chandler. A. D (1992) il définit la performance comme étant « une association entre l'efficacité fonctionnelle et l'efficacité stratégique ».

- La performance fonctionnelle consiste a améliorer les produits, les services, le processus de production et de commercialisation et la gestion des ressources humaines.
- La performance stratégique consiste a devancer les concurrents en se positionnant sur un marché en croissance.

Cohen (1994) présente pour sa part, une définition a la fois originale et synthétique de la notion de performance qui pour l'auteur, se doit d'être multidimensionnelle. Les différentes approches proposées par l'auteur sont décrites dans le tableau ci-après :

Tableau 1 : Différents approches de la performance selon Cohen (1994)

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Source: Cohen, E. (1994). Analyse Financière, Economica,3eme édition.

Bartolli, A. (1997) , souligne que la notion de la performance renvoie a l'idée de d'accomplir une action.

Pour lui cette notion recouvre trois logiques possibles rattachées chacune a trois notions différentes :

- Une logique d'efficience faisant référence aux moyens mis en reuvre par l'organisation
- Une logique de budgétisation liée a la notion d'objectifs
- Une logique d'efficacité faisant référence aux résultats a obtenir.

Dans son étude Frioui (2000) considère la performance comme étant la capacité a obtenir les meilleurs résultats en utilisant le minimum d'effort et avec l'adaptation d'un comportement adéquat.

Selon lui, l'évaluation de la performance a été fondée sur trois (03) principaux aspects :

- Les résultats atteints dont les résultats tangible (chiffre d'affaire, profit, part de marché, productivité, etc.) et les résultats intangibles (qualité, notoriété, etc.).
- L'effort fourni pour atteindre les résultats composés de l'effort individuel, l'effort collectif, l'effort continu, etc.
- Le comportement adopté peut être diligent, négligeable, passif, actif, conformiste, etc.

Selon BOUQUIN (2001) : « la performance c'est l'efficacité, l'efficience et l'économie ». Ainsi, pour mieux comprendre la performance il la schématise comme suit :

Figure 1 : Définition de la performance selon BOUQUIN

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Ce schéma de la définition de la performance proposé par BOUQUIN explique comment les ressources entrent dans un processus pour aboutir aux résultats.

En effet la notion de la performance a une définition particulière pour chaque individu (auteurs, dirigeants, salariés, clients, bailleurs de fonds...) car chacun a ses propres objectifs a atteindre.

Grace aux différentes études menées par ces différents auteurs nous constatons qu'il existe une multiple de dimensions de la performance dont : sociale, objective, dynamique, systémique, rationnelle, économique, innovation, financière...

Afin de conclure sur cette notion nous nous appuierons sur Lorino (2001) qui selon lui : il n'existe alors aucune définition plus « objective », « universelle » de la performance que « l'atteinte des objectifs stratégiques ».

2. LES MESURES DE LA PERFORMANCE BANCAIRE DANS LA LITTERATURE

Dans la littérature, la performance bancaire demeure majoritairement appréhendée au travers d'indicateurs quantitatifs financiers (Yao, 2005 ; Heffernan & Fu, 2010 ; Ongore & Kusa, 2013). Les mesures plus communément utilisées sont la marge nette d'intérêt (Net Interest Margin : NIM ), la rentabilité des actifs (Return On Assets : ROA ) et la rentabilité des capitaux propres (Return On Equity : ROE ).

En 1999, dans leur étude comparative portant sur 80 pays et couvrant la période 1988-1995, Demirgüg-Kunt et al ont utilisé aussi bien la NIM que le ratio ROA (Return On Assets) pour appréhender la performance bancaire. Ce dernier ratio a été calculé en rapportant le Résultat avant impöts au Total Actif.

Athanasoglou (2008), Dietricha &Wanzenried (2009) ainsi que Sébastien cousin (2011) ont eu recours aux ratios ROAA et ROAE comme approche de la performance dans leurs études portant respectivement sur les banques grecques, suisses et frangaises.

Dans une étude plus élargie, Heffernan & Fu (2010) ont comparé les régressions sur quatre variables dépendantes mesurant la performance a savoir la NIM, le ROAA, le ROAE, l'EVA4. Ainsi sur la base des tests de signification des coefficients, les résultats suggèrent que les meilleures variables dépendantes sont l'EVA et la NIM relativement aux ROAA et ROAE.

En revanche, l'EVA reste d'usage limité pour la mesure de la performance bancaire. En effet, étant initialement destinée a être utilisée par les entreprises industrielles et commerciales, son application aux banques nécessite beaucoup d'adaptations, hormis les retraitements nécessaires pour son opérationnalisation.

SECTION 2 LES DETERMINANTS DE LA PERFORMANCE BANCAIRE DANS LA LITTERATURE

Il existe diverses études sur les déterminants de la performance bancaire menées aussi bien au niveau d'un pays déterminé, qu'au niveau international. Ces déterminants sont généralement classés en facteurs internes et en facteurs externes. Les premiers désignent les variables spécifiques internes qui influencent la performance des banques et sont majoritairement inspirés du cadre de CAMELS5. Il s'agit notamment du capital, de la qualité de l'actif, du système de management de la banque, des résultats et de la liquidité.

Toutefois, il y'a aussi d'autres facteurs internes comme la taille et le controle. Dans le tableau qui suit nous allons reprendre quelques déterminants internes ainsi que les mesures qui y sont fréquemment associées que nous avons tiré des études précédentes :

Tableau 2 : Principaux déterminants et mesures y associées

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Comme pour de nombreuses variables, l'impact de la taille sur les performances bancaires, un consensus est loin d'être atteint. Il est possible de scinder les auteurs en trois groupes : ceux qui considèrent que la taille a un impact positif sur la performance, ceux qui trouvent un impact négatif, et ceux pour qui l'impact est non significatif. Commengons par les études relevant du premier groupe, qui découvrent un impact positif sur la performance. Il comprend notamment Short (1979), Bourke (1989), Bikker et al. (2002) et Pasiouras et al. (2007), Onjala V.N. (2009). Ils avancent plusieurs arguments pour justifier leurs résultats tels que :

- Les banques de taille moyenne a grande seraient plus performantes ;
- Une taille importante permet de réduire les coüts en raison des économies d'échelle que cela entraine ;
- Les banques de taille importante peuvent en outre lever du capital a moindre coüt.

Dans le deuxième groupe, Stiroh et al. (2006), Kasman et al. (2010), Cousin (2011) montrent les effets négatifs de la taille et soulignent que plus la taille de la banque augmente, moins elle est efficiente en raison des coüts de gestion qui deviennent plus élevés ainsi cela serait difficile a gérer. Sur l'argument d'économies d'échelle certains auteurs a l'image de Berger et al. (1987) rétorquent que peu de coüts peuvent être réduits simplement par l'augmentation de la taille. Contrairement, Barros et al. (2007) affirment que les petites banques ont plus de chance d'obtenir de bonnes performances. Pour conclure De Jonghe (2010) souligne que les petites banques sont davantage capables de résister a des conditions économiques difficiles.

En revanche, pour les auteurs du troisième le lien entre la taille de la banque et sa performance ne semble pas très significatif. Il en est ainsi de Goddard et al. (2004), Micco et al. (2007) et Athanasoglou et al. (2008).

- La Capitalisation

La capitalisation se mesure généralement par le ratio capital propres (Fonds propres) sur les actifs (ratio CAR pour capital-asset ratio). Il est possible de supposer qu'un ratio CAR élevé réduit le ROE, en raison de deux faits :

- Un ratio élevé signifie un risque moindre, et la théorie des marchés a l'équilibre qui prönent une relation très forte en risque et rentabilité nous amènerait a en déduire une rentabilité moindre.
- Une augmentation de ce ratio peut signifier que la part de la dette diminue et donc cela implique un moindre bénéfice lié a l'exonération fiscale des charges de la dette.

Pourtant, les résultats de la majorité des études empiriques comme celles de Pasiouras et Kosmidou (2007), Garda-Herrero et al. (2009), Liu et al. (2010), Naceur et al. (2010), De Jonghe (2010), Salwa B. (2017) découvrent que les banques les plus performantes sont celles qui parviennent a maintenir un niveau élevé de capitaux propres par rapport a leurs actifs. En effet, ils expliquent cela par le fait que les banques avec des ratios de fonds propres plus élevés ont tendance a bénéficier d'une baisse du coüt du financement en raison des risques potentiels faibles.

- La Liquidité

Très fréquemment, la liquidité est mesurée par le ratio des prêts sur les actifs. Plus ce ratio est élevé, moins la banque dispose de liquidité. En effet, les contrats de prêts ont diverses maturités, et ainsi, en cas de besoin urgent de capitaux, la banque ne peut compter sur ces prêts, puisque ceux-ci ne seront remboursés que plus tard. Néanmoins, la relation entre la liquidité et la performance bancaire divise les auteurs.

Bourke (1989) découvre une relation positive entre ce ratio de liquidité et le ROE, il argumente ce résultat par le fait que les réserves de liquidité, surtout si elles sont imposées par la législation, constituent une charge pour les banques. Molyneux et Thornton (1992), Goddard et al. (2004) cherchant a vérifier les travaux de Bourke, analysent d'autres données et trouvent un impact négatif, mais statistiquement peu significatif, ils avancent l'argument que trop de liquidités représente un manque a gagner pour la banque qui par conséquence impacterait négativement sa performance. Ce raisonnement est aussi avancé par Salwa B. (2017) dans son étude sur les banques marocaines.

Il est aussi nécessaire de noter l'étude de Liu H. et al. (2010) sur la performance des banques au Japon sur la période 2000-2007. Pour ces auteurs, la liquidité n'a aucun impact statistiquement significatif sur la performance, mesurée par le ROE ou le ROA. Par contre, elle a un fort impact négatif sur le NIM. Ils expliquent qu'une banque qui dispose d'une quantité relativement importante d'actifs liquides est mieux armée pour faire face a des événements imprévus. De plus, la liquidité « stockée » au bilan des banques sert de coussin protecteur et permet d'éviter des ventes d'actifs bradées requises pour répondre au besoin de liquidité.

Concluons cette partie sur la liquidité par une remarque sur le choix du ratio, comme proxy pour la liquidité. Nous évoquons que ce ratio peut aussi bien s'interpréter comme une mesure du risque de liquidité que du risque de crédit. En cela, il n'est peut-être pas le meilleur pour caractériser la liquidité. Des auteurs ont utilisé un autre ratio, celui de la trésorerie, plus les dépots bancaires, plus les investissements dans des actifs liquides, sur le total des actifs...

- La Qualité du crédit

La qualité du crédit, est un concept qui est assez proche du risque de crédit que nous venons d'élaborer précédemment. Elle se mesure généralement par deux ratios : le ratio des provisions de pertes de créances sur le total des créances, et le ratio des provisions sur créances douteuses sur le total des créances. Pour être tout a fait exact, précisons que ces ratios mesurent en fait la non-qualité du crédit. Comme l'on peut s'y attendre Athanasoglou et al. (2008) et Liu H. et al. (2010) trouvent qu'une détérioration de la qualité du crédit réduit le ROA et le ROE. L'impact sur le NIM semble positif car les banques cherchent a augmenter leurs marges pour compenser d'une part le risque de défaut, et d'autre part les coüts additionnels nécessaires pour surveiller ces crédits.

Dans l'étude de Dietrich et al. (2011) sur la performance des banques en Suisse, ces auteurs remarquent parfois une évolution de l'impact de la qualité de crédit avec l'arrivée de la crise. Ainsi, avant la crise, la qualité du crédit n'avait pas d'impact statistiquement significatif sur la performance des banques, peut-être, suggèrent les auteurs, parce que les banques suisses n'avaient a cette époque que très peu de provisions pour pertes ou créances douteuses. L'arrivée de la crise a modifié la donne et a considérablement augmenté le nombre de telles provisions enregistrées par les banques helvétiques. Les auteurs notent désormais un fort impact positif de la qualité du crédit sur leur performance.

- L'Efficacité

L'efficacité se mesure généralement par le ratio coüts sur résultat ou par le ratio frais généraux sur le total des actifs.

Dans la littérature, l'étude de Berger et Humphrey (1997) nous permet aisément d'affiner notre compréhension de l'impact de l'efficacité. Les auteurs, effectuant une régression entre l'efficacité et la taille découvrent que les grandes banques sont plus efficaces que les plus petites.

DemirgüQ-Kunt et Huizinga (1999) ont quantifié l'efficacité et ont découvert qu'en moyenne, seuls 17% des frais généraux étaient supportés par les épargnants ayant déposé de l'argent dans la banque et par les autres prêteurs de la banque, et que le reste réduisait la performance.

Nous pouvons noter avec Altunbas et al. (2001) et Maudos et al. (2002) que le niveau d'efficacité varie considérablement en Europe, entre les différentes banques et également entre les différents secteurs bancaires.

Les auteurs ayant étudié l'impact de l'efficacité sont généralement d'accord sur le fait qu'elle améliore la performance des banques. Athanasoglou et al. (2008) trouve une relation positive en étudiant les banques grecques de 1985 a 2001 et explique qu'une banque plus efficace est davantage capable d'utiliser ses ressources au mieux et de réduire ses coüts, ce qui génère une meilleure performance. Ce raisonnement est repris par Liu et al. (2010), dans leur analyse des banques japonaises de 2000 a 2007 : peu importe la variable utilisée pour mesurer la performance (ROA, ROE ou NIM), et peu importe le type de controle qui s'exerce sur la banque (Etat ou privé), le ratio coüts sur revenus a un impact négatif sur la performance.

- Le Controle

En ce qui concerne le contröle, la majorité des études ayant considéré cette variable ont opposé les banques privées aux banques publiques/nationalisées. Si en général les banques privées affichent les meilleures performances que celles publiques, les conclusions diffèrent selon l'étude et la période choisie pour l'analyse. En effet, cette différence de performance s'accentue dans les pays en développement et particulièrement ceux marquées par un contexte politique comme la corruption ou la crise (Micco et al. 2007 ; Milliom Cornett et al. 2010).

Dietricha & Wanzenried (2009), affirmant que les banques privées sont légèrement plus rentables que celles détenues par l'Etat, ils trouvent que les différences de performance sont plus marquées entre les banques étrangères (nettement moins rentables) et les banques suisses.

- Part de marché

L'impact de la part de marché a principalement été étudié par Liu H. et al. (2010). Ces auteurs montrent qu'il existe, du moins au Japon, une relation négative entre la part de marché et la performance (mesurée par la NIM), et ce, quel que soit le type de banque. Seules les performances des banques du type City et Trust sont indifférentes a cette variable.

- Comment expliquer cette relation ?

D'une part, en analysant le comportement des banques disposant d'une faible part de marché. Ces banques cherchent a grandir et a gagner des parts de marché. Pour ce faire, une des seules ressources a leur disposition est l'octroi de crédits a des personnes risquées. Ces crédits risqués, que refusent d'octroyer les grandes banques, permettent aux banques aux parts de marché plus petites de s'agrandir. Ces crédits étant plus risqués, elles vont les assortir d'intérêts plus élevés, ce qui va augmenter leur NIM et leur performance.

D'autre part, nous pouvons avec Martinez-Peria et Mody (2004) nous placer du point de vue des banques disposant d'une part de marché importante. Celles-ci peuvent utiliser leurs parts de marché et leur taille pour éliminer des concurrents existants ou potentiels en réduisant leurs marges sur les taux d'intérêt. Cela a pour effet, a court-terme, de réduire la NIM et la performance de ces banques.

Rappelons qu'a part ses déterminants internes cités il existe bien d'autres tels que le ratio dépöts des clients sur les actifs, utilisé par Sébastien Cousin (2011), le montant des dépöts bancaires étudié par Demirgüg-Kunt et Huizinga (1999) dont les résultats supportent que les coüts élevés générés par les dépöts amènent ces derniers a peser négativement sur la performance des banques.

Quant aux facteurs externes, ils font référence aux variables macroéconomiques susceptibles d'impacter la stabilité et la résilience du système bancaire dans son ensemble, mais aussi la performance des banques. Dans la littérature nous notons abondamment :

- L'inflation

Le premier auteur qui s'est intéressé a l'inflation fut Revel (1979). Dans son étude il montre que l'impact sur la performance dépend en fait du rythme de croissance des dépenses opérationnelles : si ces dépenses augmentent plus vite que l'inflation, il trouve un impact négatif sur la performance. Si au contraire le rythme de croissance est moindre, il trouve un impact positif.

Elaborant le modèle développé par Revel (1979), Perry (1992) affine l'analyse en introduisant la notion d'anticipation : si l'inflation est totalement anticipée, alors elle peut être répercutée sur les prix ex-ante, et cela améliore la performance. Si au contraire elle n'est pas anticipée, les coüts vont augmenter plus rapidement que les prix et l'impact sur la performance sera négatif.

De nombreux autres auteurs se sont intéressés a l'inflation, et ont trouvé un impact positif et statistiquement significatif. Il en est ainsi de Bourke (1989), Molyneux et Thornton (1992), Demirgüg-Kunt et Huizinga (1999), Athanasoglou et al. (2006, 2008), et Pasiouoras et Kosmidou (2007).

- Croissance du PIB

Il est possible de supposer que la croissance de l'activité économique, mesurée par le PIB, a un impact positif sur les performances des banques : une période de forte croissance entraïne une hausse des investissements et de la consommation, d'ou une hausse du crédit, et d'ou une hausse de la performance des banques.

C'est effectivement le résultat auquel arrive la majorité des auteurs qui ont étudié cette relation, a savoir Bikker et Hu (2002), Goddard et al. (2004) et Schwaiger et Liebig (2008).

Pourtant tous les auteurs n'arrivent pas a cette conclusion. Ainsi, Demirgüg-Kunt et al. (2004) découvrent même une relation inverse entre la croissance du PIB et la performance des banques. Une des explications qu'ils avancent est la suivante : dans les périodes de récession, le risque de défaut des emprunteurs augmente. Pour compenser ce risque plus élevé, les banques augmentent le taux d'intérêts sur les prêts, ce qui améliore leur performance. En outre, Claeys et Vennet (2008) qui étudient la situation en Europe, trouvent que cela n'est vrai qu'en Europe occidentale, mais que l'impact est nul sur les banques d'Europe de l'Est.

- Le marché boursier

Ce que Naceur et al. (2010) ont pu étudier n'est pas tant la relation « immédiate » entre le cours de bourse des banques et leurs performances mesurées par le ROE, ROA, et NIM. Ils ont plus considéré le niveau de développement du marché boursier. Ils trouvent que les banques qui opèrent dans des régions ou le marché boursier est bien développé connaissent des profits plus importants que les banques opérant dans des régions ou la bourse y est peu développée.

Alors comme nous l'avons souligné pour les déterminants internes il s'avère de même pour ceux lies aux variables macroéconomiques sur des multiples déterminants susceptibles d'accroitre la performance des banques. Ces déterminants externes sont aussi nombreux que des déterminants internes dont nous pouvons ajouter le choix du pays, la maturité du secteur bancaire, l'age de la banque, le régime fiscal et bien d'autres.

CHAPITRE 2 CADRE METHODOLOGIQUE

SECTION 1 LES RATIOS DE PERFORMANCE BANCAIRE

Nous définissons ici les ratios de performance bancaire comme les ratios de guider et de point de repérer en matière d'efficacité, les ratios qui permettent a une banque de mener a bien ses activités ainsi d'être performante.

Il en existe plusieurs mais nous nous limiterons aux principaux qui sont jugés pertinents lorsqu'ils sont pris ensemble, ils donnent une vue d'ensemble raisonnable sur la performance, la gestion de risque et situation financière de la banque.

Notons que ses ratios dans le champ de notre étude ont des limites fixées par la BCEAO qui veille a la stabilité du système financier des pays membres en exergant une surveillance adéquate des banques et des établissements financiers. Pour se faire elle a mis en place des normes de gestion que les banques sont tenues de respecter. Ces normes de gestion ont pour objectif de limiter les risques pris par les banques pour qu'elles restent liquides et solvables.

« La liquidité d'un établissement de crédit est sa capacité a honorer ses engagements a vue ou a très court terme », « la solvabilité s'entend comme l'aptitude d'un établissement de crédit a faire face en toutes circonstances a ses engagements au moyen de ses ressources propres ».5

1. Ratios de liquidité

- Ratio de liquidité : les disponibilités des établissements de crédits doivent être au moins égales a leurs exigibilités a moins d'un mois. Ce ratio permet aux établissements de crédits de faire face a un retrait total de leurs dépots a moins d'un mois.
- Ratio de transformation a long terme : les ressources a plus de 5ans d'un établissement de crédit doivent être au moins égales a la moitié des emplois et des engagements de même échéance. Ce ratio permet d'éviter que les établissements de crédit financent des emplois longs par des ressources courtes.

2. Ratio de solvabilité

- Ratio de couverture des risques : le ratio de couverture des risques, mesuré par le rapport « fonds propres/risques » doit être au minimum égal a 8% et 4% pour les fonds propres de base tel que fixé par les règles internationales (le ratio de Cooke). Le capital social a été fixe a 10 milliards de F CFA depuis 2008 par la commission bancaire de l'UMOA.
- Ratio de division des risques : Ce ratio limite les encours de crédit a un seul client et les encours de crédit en faveur de leurs gros clients. Le but étant d'éviter une concentration des risques sur un trop petit nombre de signatures, ce dispositif prudentiel fait obligation aux établissements de crédit de limiter a huit (8) fois leurs fonds propres effectifs, le total des risques pris sur l'ensemble des bénéficiaires atteignant individuellement 25% desdits fonds propres.
- Ratio de couverture des immobilisations : elles doivent être financées a 100% par des ressources permanentes. Le but est d'éviter que les établissements de crédits financent des dépenses de construction par les dépöts de la clientèle.
- D'autres limitations : il y'a la limitation des prises de participation des établissements de crédit : la prise de participation dans le capital d'une entreprise ne peut pas excéder 15% des fonds propres nets de l'établissement souscripteur.

Ensuite il y'a la limitation des concours octroyés par les établissements de crédits aux actionnaires, associés, administrateurs, dirigeants et personnel : l'encours global des engagements par signature ou par caisse d'un établissement de crédit sur les personnes définies ci-dessus ne peut dépasser 15% des fonds propres nets des établissements de crédit.

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Pour notre étude, nous avons choisi comme mesure le ROE (Return On Equity), primo par rapport aux données disponibles, secundo pour le fait qu'il est considéré comme le plus important des mesures de la performance des banques car il mesure la capacité de la banque a générer des profits a partir de ses capitaux propres nets (capitaux moins dettes) et cela permet de voir comment la banque génère de la croissance avec chacun des fonds investis. Ainsi dans notre étude le ROE représente la variable dépendante, dont nous ajoutons les variables d'indépendantes suivantes :

- La taille : pour mesurer la taille nous utiliserons le logarithme népérien du total des actifs, la mesure de la taille de la banque est utilisée pour confirmer si elle est liée a des économies ou des déséconomies d'échelle. Ainsi, le coefficient du logarithme du total actif peut montrer un positif (présence d'économies d'échelle) ou négatif (présence de déséconomies d'échelle). Nous, nous tournons beaucoup plus sur un coefficient négatif.
- La capitalisation : pour la mesurer, nous utiliserons le ratio fonds propres sur total bilan.

C'est une mesure du risque de la banque, puisque plus ce ratio est faible, moins la banque dispose de ressources en de perte de valeur des actifs. Or c'est justement ce qui s'est passé pendant la crise financière : en raison de la contagion des subprimes et autres actifs extrêmement risqués dans le bilan de la plupart des banques, la valeur de leurs actifs a brutalement chuté. Le cousin de sécurité que représentent les capitaux propres a donc été de la plus haute importance et nous pensons que cela vaut aussi pour les banques sénégalaises.

En outre, un ratio de capitalisation élevé, puisqu'il signifie un risque de faillite moindre, permet a la banque de lever des fonds (capitaux propres ou dette) a moindre coüt, ce qui se traduit par des profits plus importants. Bien sür il ne faudrait pas que la banque se repose sur un niveau trop élevé de capitalisation, car alors elle pourrait pêcher par excès de prudence, ce qui se traduirait négativement dans la performance. Ainsi un renforcement de la capitalisation augmente la performance. Nous verrons si nos analyses confirment ce pressentiment.

- Liquidité: la plupart des auteurs ont mesuré la liquide en calculant le ratio des prêts sur le total des actifs. Pour être tout a fait exact, rappelons que ce ratio est plutöt une mesure de l'illiquidité, puisque plus il est élevé, moins la banque dispose de liquidités. Comme nous l'avions vu, la plupart des auteurs estiment que la liquidité a un impact négatif sur les performances des banques. Ils avancent notamment l'argument selon lequel une faible liquidité, i.e. un risque d'illiquidité important, signifie des marges plus importantes pour compenser ce risque. Nous ne savons pas encore ce que nous obtiendrons comme résultat, mais de notre part nous allons mesurer la liquidité comme les auteurs dans notre littérature c'est a dire par le ratio prêts sur le total des actifs, l'hypothèse que nous formulons est celle d'un impact négatif sur la performance des banques.
- Efficacité: nous mesurons l'efficacité par le ratio frais généraux sur total actif, Un ratio faible signifie que pour générer un euro d'actif, peu de frais généraux doivent être supportés par la banque. En revanche, un ratio élevé témoigne d'un niveau de frais généraux élevés, pour générer le même euro d'actif. En cela, nous formulons l'hypothèse que de manière générale sur l'échantillon analysé, une forte efficacité entraïne une meilleure performance.
- Ratio des dépots sur les actifs : mesuré par les dépöts clients sur les actifs, nous jugeons qu'il est important de connaïtre l'impact du niveau des dépots sur la performance des banques. Nous formulons l'hypothèse qu'un ratio élevé a un impact positif sur la performance des banques, en considérant que cela réduit le risque de liquidité et de faillite encourue par les banques.
- Part de marché: nous mesurons la part de marché par le rapport du total bilan de la banque i (TBi) a la somme des TB des banques de l'échantillon. En lien avec la littérature existante, nous formulons l'hypothèse selon laquelle la part de marché impacte négativement la performance des banques. Ce faisant, nous considérons en fait que les petites banques pour grandir se doivent d'octroyer des crédits a des individus ou entreprises plus risquées, mais que ce risque est compensé par des taux d'intérêts supérieurs.

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[...]


1 Note d'information BCEAO, 4e trimestre 2017

2 Rapport annuel de la commission bancaire de l'UMOA 2016

3 La crise des subprimes est une crise financière qui a concerné le secteur de l'immobilier et qui a touché l'économie mondiale a partir de 2007. Les subprimes sont des credits immobiliers a taux variables pratiqués notamment aux États-Unis.

4 Economic Added Value = résultat économique - coüt du capital investi (dettes et fonds propres), sa mise en reuvre nécessite des retraitements en vue de passer du Résultat Comptable au Résultat Economique, ainsi qu'une évaluation du coüt du capital.

5 Rapport d'activité de la commission bancaire de l'UMOA 1993

Fin de l'extrait de 73 pages

Résumé des informations

Titre
Les déterminants de la performance bancaire. Cas d'un panel de banque au Sénégal
Auteur
Année
2018
Pages
73
N° de catalogue
V591903
ISBN (ebook)
9783346227263
ISBN (Livre)
9783346227270
Langue
Français
mots-clé
Banque, économie, performance, eviews, stata, tests économétriques
Citation du texte
Jordy Madzou Bissila (Auteur), 2018, Les déterminants de la performance bancaire. Cas d'un panel de banque au Sénégal, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/591903

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