La lutte pour l’émancipation des femmes est considérée par beaucoup comme vide de sens et exagérée. Ils sont nombreux, femmes et hommes, qui s’accordent pour dire que la femme a déjà sa juste place au sein du couple et de la société. Pourtant, même de nos jours, l’on rencontre des personnes ou groupes de personnes qui continuent de considérer la femme comme un être dépendant entièrement de l’homme. Ces personnes ou groupes de personnes définissent la femme au prisme de ses devoirs et ses obligations dans le mariage et dans la société ; en général, ils ne s’appesantissent pas beaucoup sur ses droits ou son épanouissement.
L’objectif de cette analyse est d’attirer l’attention des hommes et des femmes qui rechignent à accorder à la femme sa place de l’autre moitié du genre humain, sur le fait qu’elle mérite d’être considérée comme un être à part entière ; ceci basé sur le fait que la femme, intellectuelle ou non, a besoin au même titre que l’homme de s’épanouir. Dans son ensemble, le roman de Mariama Bâ raconte des situations de femmes qui subissent le mariage ; certes différemment. Cela poussera à se poser une question essentielle: Quelle est cette hypocrisie qui admet l’émancipation de la femme et la combat en même temps ? Cette problématique admet qu’il est reconnu à la femme le droit d’aspirer à l’épanouissement, cependant ce droit est voilé par une certaine hypocrisie générale et généralisée.
Afin de répondre à cette problématique, l’étude s’est principalement basée sur l’œuvre de l’écrivaine Sénégalaise Mariama Bâ intitulée Une si longue lettre écrite en 1979. Avec l’aide de ce roman et d’autres ouvrages, la lumière a été faite sur les motivations réelles des hommes dans le roman et de la société surtout, mais aussi de certaines femmes qui militent pour la rétrogradation des femmes, voire pour le rejet de la femme intellectuelle. Les conclusions trouvées font état de ce que l’hypocrisie décriée est la résultante du phallocentrisme de ces hommes qui se battent eux-aussi pour maintenir les femmes sous leur joug, pour ainsi garder leur position de noyau central.
Partant de ces conclusions, les femmes sont appelées à se battre davantage pour réclamer leur place au soleil. Elles devront surtout s’atteler à ne plus se laisser définir selon la conception des hommes. Il est d’ailleurs impératif de reconnaître que cet état de chose est un construit culturel et que c’est surtout les mentalités qu’il faudrait changer.
Table des matières
1. Problème et objectifs
2. Problématique et hypothèses
3. Théories et approche
a. Le féminisme marxiste
b. L’anarcha-féminisme
c. Le féminisme libéral égalitaire
d. L’approche intersectionnelle
4. Méthodologie
a. Etude documentaire
b. Le choix des théories
c. Le choix de l’œuvre
5. Intérêt du sujet
6. Organisation et articulations du travail
1. Résumé de l’œuvre
2. Structure du roman
I. Portraits de femmes
A. La conception traditionnelle de la femme
1. Le cas de Ramatoulaye
a. La femme dans l‘ombre de son mari
b. La résignation comme attitude
2. Le cas de tante Nabou, la mère de Mawdo
a. La soumission à la belle-mère
b. Le rôle du statut social
B. Une conception modérée du statut de la femme
1. Le cas d’Aïssatou
a. L’autonomie de la femme
b. La suprématie de la dignité
2. Les cas de Daba et de Binetou
a. L’épanouissement de la femme : une nécessité
b. Le mariage comme finalité
II. La société contre les femmes : pouvoir des hommes, aliénation des femmes
A. Le mythe du mariage
1. La polygamie
a. Démonstration de pouvoir pour les hommes
b. Un objet de chantage
2. Rituel de veuvage
a. Le rôle de la religion
b. Dénigrement et exploitation de la femme
B. Mutilation de la parole féminine
1. La soumission dans le mariage
a. La symbolique des espaces
b. L’interventionnisme parental dans le choix du conjoint
2. Manipulation
a. La femme : un objet
b. Abandon et détresse
III. Le(s) désir(s) d’émancipation féminin(s)
A. L’image de la femme émancipée
1. L’occidentalisation
a. Le divorce d’Aïssatou
b. Le rôle de l’école
2. Transgression des tabous de la société patriarcale
a. La gestion de la grossesse de la petite Aïssatou
b. La stigmatisation du lévirat
B. L’expression de la parole féminine
1. L’expression de la révolte
a. La révolte de Ramatoulaye
b. La révolte de Daba
2. L’esprit d’indépendance
a. Le carriérisme
b. L’esprit de relativisme
Objectifs et thèmes de recherche
Cette étude analyse le roman Une si longue lettre de Mariama Bâ afin d'explorer la condition féminine et les mécanismes d'assujettissement dans la société sénégalaise. La recherche cherche à comprendre le paradoxe entre l'admission théorique de l'émancipation féminine et son obstruction pratique, en interrogeant la manière dont les traditions, la religion et la structure sociale limitent l'épanouissement des femmes et leur accès à l'autonomie.
- La remise en question du statut de la femme mariée et de son autonomie financière.
- Le poids du patriarcat et des pesanteurs sociales (polygamie, lévirat, rites de veuvage).
- Le rôle de l'instruction et de l'école comme outils d'émancipation ou sources de tensions.
- L'impact des rapports intergénérationnels et de l'intervention parentale dans le choix du conjoint.
- La quête de dignité et de reconnaissance des personnages féminins face à l'aliénation.
Auszug aus dem Buch
Ma vie sociale aurait pu être tumultueuse
Ma vie sociale aurait pu être tumultueuse et porter ombrage à Modou dans son destin syndical. Un homme trompé et bafoué par sa famille peut-il en imposer à d’autres ? Un homme dont la femme fait mal son travail peut-il sans honte réclamer une juste rétribution du labeur ? L’agressivité et la condescendance d’une femme canalisent vers son époux le mépris et la haine que sa conduite engendre. Avenante, elle peut rassembler sans aucune idéologie des soutiens pour une action. Pour tout dire, la réussite de chaque homme est assise sur un support féminin.
Résumé des chapitres
Portraits de femmes : Ce chapitre examine les différentes conceptions du statut féminin dans l'œuvre, en opposant les visions traditionnalistes (soumission, résignation) aux aspirations à l'autonomie de personnages comme Aïssatou ou Daba.
La société contre les femmes : pouvoir des hommes, aliénation des femmes : Cette partie analyse les mécanismes de domination masculine, tels que la polygamie, les rites de veuvage et l'utilisation du mariage comme outil de chantage pour maintenir les femmes dans un état d'aliénation.
Le(s) désir(s) d’émancipation féminin(s) : Ce dernier chapitre explore les voies de la révolte et l'éveil de la conscience féminine, en s'appuyant sur l'éducation, l'indépendance financière et la remise en cause des tabous sociétaux par la nouvelle génération.
Mots-clés
Mariama Bâ, Une si longue lettre, féminisme, émancipation, patriarcat, polygamie, lévirat, autonomie féminine, condition féminine, Sénégal, tradition, mariage, dignité, éducation, aliénation.
Foire aux questions
De quoi traite principalement cet ouvrage ?
L'ouvrage analyse les dynamiques de pouvoir, l'aliénation et la lutte pour l'émancipation des femmes dans la société sénégalaise, en se basant sur une lecture approfondie du roman Une si longue lettre de Mariama Bâ.
Quels sont les principaux axes thématiques abordés ?
Les thèmes centraux incluent le poids des traditions et des coutumes, le mariage en tant qu'institution de contrôle, la polygamie comme démonstration de pouvoir masculin, et les diverses stratégies d'affirmation de soi adoptées par les personnages féminins.
Quel est l'objectif de cette recherche ?
L'objectif est d'identifier les causes de l'hypocrisie sociale qui admet formellement l'émancipation des femmes tout en la combattant activement, afin de mettre en lumière la nécessité d'un changement de mentalités.
Quelle méthodologie a été utilisée par l'auteure ?
L'étude repose sur une analyse littéraire et sociologique, utilisant les théories féministes (marxiste, libérale égalitaire et intersectionnelle) pour interpréter les comportements des personnages et les dynamiques sociales décrites dans le récit.
Que couvre le corps principal de l'analyse ?
Le corps du travail explore les portraits de femmes, les mécanismes sociétaux d'assujettissement (comme le lévirat ou le mariage forcé) et, enfin, les désirs d'émancipation illustrés par l'éducation, l'autonomie financière et la transgression des tabous.
Quels termes caractérisent le mieux cette étude ?
La recherche est définie par des concepts comme le phallocentrisme, l'hypoculture vs hyperculture, la reconstruction de l'identité féminine et la déconstruction des mentalités patriarcales.
Quelle est la spécificité du personnage de Ramatoulaye dans l'œuvre ?
Ramatoulaye incarne une évolution complexe, passant de la résignation traditionnelle, dictée par son désir de "bonne épouse", à une prise de conscience tardive et nécessaire qui l'amène à s'affranchir des carcans sociaux après la mort de son mari.
En quoi le rôle de la belle-mère est-il déterminant dans le roman ?
La belle-mère représente souvent la figure tyrannique qui veille au respect des traditions et des castes, agissant comme un agent actif de la domination masculine en poussant son fils vers la polygamie pour satisfaire ses propres ambitions de contrôle social.
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- Chandra Feupeussi (Autor:in), 2020, La question de l'épanouissement de la femme dans "Une si longue lettre" de Mariama Bâ, München, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/593920