Effets des couts de transaction sur la marge beneficiaire des commercants d’igname au Togo. Cas des marches de Gbossime, d’Adidogome et de Hanoukope


Mémoire de Licence (suisse), 2017

43 Pages, Note: 15


Extrait

Table des matières

REMERCIEMENTS

RESUME

LISTE DES ABBREVIATIONS

LISTE DES TABLEAUX

LISTES DES FIGURES

INTRODUCTION

PREMIERE PARTIE

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES
I. Problématique et justification
II. Objectifs
2.1. Objectif général
2.2. Objectifs spécifiques
III. Hypothèses
3.1. Hypothèse générale
3.2. Hypothèses spécifiques

CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTERATURE
I. Cadre conceptuel de la recherche
1.1. La Commercialisation, ses fonctions et ses circuits
1.2. Caractérisation des acteurs intervenants dans la commercialisation
1.3. Typologie des marchés
1.4. Structure des coüts de commercialisation
II. Généralités sur l'igname
2.1. Systématique de l'igname
2.2. Les variétés d'igname cultivées au TOGO
2.3. Importance de l'igname
2.4. Production de l'igname
2.5. Evolution des prix de l'igname ses dernières années

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE DE L'ETUDE
I. Population et échantillonnage
1.1. Choix des marchés
1.2. Choix des commergants d'igname
II. Type de données et leurs sources
2.1. Les sources de données primaires
2.2. Les sources de données secondaires
III. Méthode d'analyse statistique des données
3.1. Instruments et outils d'analyse des données
3.2. Analyse statistique des données
3.3. Quantités manipulées
3.4. Calculs économiques
DEUXIEME PARTIE

CHAPITRE 4 : ANALYSE ET DISCUSSIONS DES RESULTATS
I. Caractérisation socioéconomiques des commergants d'ignames
1.1. Sexe des commergants
1.2. Age et expérience des commergants
1.3. Niveau d'instruction des acteurs
1.4. Ethnie des acteurs
1.5. Mode de démarrage d'activité
II. Identification des circuits de commercialisation de l'igname
III. Coüts et marges de commercialisation
3.1. Coüts de commercialisation des grossistes
3.2. Répartition des coüts totaux de commercialisation des grossistes
3.3. Marge bénéficiaire des grossistes
3.4. Coüts de commercialisation des détaillants
3.5. Répartition des Coüts totaux de commercialisation des détaillants
3.6. Marge nette des détaillants
IV. Les principales contraintes identifiées dans la transaction de l'igname
4.1. L'absence de moyen ou système de conservation
4.2. L'absence d'unité de mesure standard
4.3. La mévente
4.4. Vol
V. Recommandations
5.1. Au niveau de l'Etat
5.2. Au niveau des commergants
5.3. Au niveau des producteurs

CONCLUSION

REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES

ANNEXE

REMERCIEMENTS

Ce rapport de fin de cycle de licence professionnelle en sciences agronomiques resulte de la contribution de plusieurs personnes a divers degres que nous tenons a remercier. Nos remerciements vont tout particulièrement aux :

- Dr YOVO qui, malgre ses multiples occupations administratives et professionnelles, a accepte superviser nos travaux. Vous qui avez su guider avec experience, patience et fermete nos premiers pas de jeune chercheur et cultiver en nous le goüt du travail bien fait, recevez ici l'expression de notre profonde gratitude. Vous demeurez pour nous un exemple a suivre.
- Dr TCHANILEY pour ses precieux conseils lors de la conception de cette etude ;
- Dr SOGBEDJI Directeur de l'ESA, Dr ABBEY chef de Departement d'Economie et Sociologie Rurale, Dr MAWUSSI, responsable des stages et a tout le corps enseignant pour avoir contribue a notre formation, malgre les conditions de travail assez difficiles. Recevez ici l'expression de notre profonde gratitude
- Monsieur KOUBI pour l'encadrement dont nous avons beneficie depuis le debut jusqu'a la fin de ce travail. Pour tous vos efforts et votre attention a notre egard, recevez ici le temoignage et la gratitude de deux etudiants a qui vous avez donnes une vision claire du travail bien fait ;
- Braves commergants d'ignames des marches de Gbossime, d'Adidogome et de Hanoukope sans lesquels ce travail n'aurait pas ete realise.

Enfin, a tous ceux ou celles que nous avons involontairement omis de citer. Qu'ils trouvent ici l'expression de notre profonde reconnaissance.

RESUME

La présente étude vise a étudier l'effet des coüts de transaction sur la marge bénéficiaire des commergants d'igname dans les marchés de Lomé. Cette étude a été faite dans les marchés de Gbossimé, d'Adidogomé et de Hanoukopé auprès de 70 commergants pour déterminer la marge nette de ce système commerciale. Elle s'inscrit dans l'optique de contribuer a l'amélioration du système de commercialisation de l'igname au Togo.

L'enquête par questionnaire et la documentation nous ont permis de réaliser cette étude. La statistique descriptive (fréquence, moyenne) a été utilisée pour analyser les données collectées et traitées a l'aide du logiciel SPSS 20.

Les résultats obtenus montrent que la majorité de commergants sont de sexe féminin (95,85%) agées en moyenne de 59 ans et originaires de l'ethnie Ewé. Plus de 65% des commergants enquêtés ont un niveau primaire. Par ailleurs cette étude retrace que la commercialisation de l'igname suit généralement trois circuits qui relèvent de l'informel (non officiel) : circuit direct, circuit moyen et circuit long.

L'analyse des coüts et marges de commercialisation a révélé que ces coüts et marges varient entre les différents commergants. Les grossistes supportent les coüts de transaction les plus élevés avec une moyenne de 38,40F CFA par Kg. En comparaison, les détaillants supportent des coüts de transaction très bas estimés a 22,31F CFA par Kg. Ces coüts de transaction agissent donc plus sur la marge bénéficiaire des grossistes. En outre ce fort écart est dü en partie aux coüts très élevés de transport qui s'explique par l'état des routes, les divers circuits empruntés et l'absence de marché fixe d'approvisionnement.

Enfin il ressort de cette étude que l'absence de moyen de conservation, l'absence d'unité de mesure standard, la mévente, le phénomène de vol des ignames constituent des menaces récurrentes aux commergants.

Au vu de ces résultats, quelques suggestions ont été formulées en vue de réduire les coüts auxquels sont confrontés les commergants dans la transaction des ignames.

Mots clés : Igname, effet, coüt, commercialisation, marché,

LISTE DES ABBREVIATIONS

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LISTE DES TABLEAUX

Tableau 1: Coüts de commercialisation des grossistes en F CFA par kilogramme d'ignames achetes selon les itineraires

Tableau 2: Repartition de coüts totaux de commercialisation des grossistes en F CFA par kilogramme d'ignames achetes selon les itineraires

Tableau 3: Calcul de la marge nette des grossistes

Tableau 4: Coüts de commercialisation des detaillants en F CFA par kilogramme d'ignames achetes selon les itineraires

Tableau 5: Repartition de coüts totaux de commercialisation des detaillants en F CFA par kilogramme d'ignames achetes selon les itineraires

Tableau 6: Calcul de la marge nette des detaillants

LISTES DES FIGURES

Figure 1 : Variation de production de l'igname fraiche au Togo a 2016

Figure 2 : Variation de prix de l'igname fraiche au Togo de 2010 a 2016

Figure 3 : Repartition des commergants en fonction du sexe

Figure 4 : Repartition des commergants en fonction de l'age

Figure 5 : Repartition des commergants en fonction de l'experience

Figure 6 : Repartition des commergants en fonction du niveau d'instruction

Figure 7 : Repartition des commergants en fonction de l'ethnie

Figure 8 : Repartition des commergants en fonction du mode de demarrage

Figure 9 : Les circuits de commercialisation de l'igname

INTRODUCTION

L'agriculture togolaise a la manière de ceux de nombreux pays sous-developpes occupe une place importante dans l'economie nationale aussi bien du point de vue de la population qui y est impliquee que par sa contribution au Produit Interieur Brut: 38%. L'igname (Dioscorea sp) comme d'autres cultures tuberisees sont essentiellement des feculents ou des aliments glucidiques dont la fonction principale est la fourniture de calories a l'organisme.

Les tubercules d'igname sont generalement utilises pour la consommation avec differents moyens de preparation. On a l'ebullition, la friture, la cuisson, la transformation en farine, la transformation en l'igname pilee ainsi que la transformation en potage.

Le Togo produit les ignames sur toute l'etendue du territoire national mais la production est plus concentree entre le 6° et 9°75 latitude nord. La production togolaise de 2010 a 2016 a evoluee de 710481 a 813985 tonnes soit une moyenne de 768865,9 tonnes par an (DSID, 2017). L'igname est l'une des principales productions agricoles a base de l'alimentation de la population Togolaise. Cultivee traditionnellement pour l'autoconsommation, sa commercialisation, vers les milieux urbains, constitue ces dix dernières annees une intense activite pour les femmes revendeuses de produits vivriers. Elle genère ainsi des revenus substantiels aux producteurs, aux commergants et aux transformateurs. La culture de l'igname est un facteur socioculturel important dans les principales zones de production. Faisant l'objet de nombreux echanges commerciaux entre les zones rurales et les villes, elle constitue une source de revenus appreciable pour les producteurs. Mais toutefois pour les commergants ses echanges commerciaux exigent des coüts de transaction très considerable. Ces coüts permettent-ils aux commergants de degager une marge beneficiaire ? C'est dans cette optique que nous proposons d'etudier les effets des coüts de transaction sur la marge beneficiaire des commergants d'igname.

Le present travail est structure en quatre parties comme suit :

Dans la première partie de l'etude, le premier chapitre permettra de poser la problematique, ensuite de fixer les objectifs et de formuler les hypothèses de travail.

La deuxième partie concernera la revue de la litterature.

La troisième partie sera consacree a la methodologie de notre etude.

Enfin la dernière partie de l'etude, le quatrième chapitre se penchera sur la presentation et analyse des resultats. La conclusion et les recommandations s'en suivront pour une meilleure synthèse du travail effectue.

PREMIERE PARTIE : CADRE GENERAL DE L'ETUDE

CHAPITRE 1 : PROBLEMATIQUE, OBJECTIFS ET HYPOTHESES

I. Problématique et justification

L'igname (Dioscorea sp) est une plante alimentaire de première importance dans de nombreux pays tropicaux qu'ils soient situés en Asie, en Amérique du Sud, en Afrique ou plus particulièrement en Afrique de l'Ouest (Demont, 2003). En Afrique de l'Ouest, l'igname joue non seulement un role important au plan économique et nutritionnel, mais également dans les rites socioculturels. Selon la FAO (1999), la culture de l'igname (Dioscorea sp) contribue a la sécurité alimentaire de 300 millions de personnes dans les pays tropicaux. Au Togo, l'igname constitue avec les autres racines et tubercules la base de l'alimentation de la grande majorité de la population et contribue de manière significative a la réduction de la pauvreté. Avec une production estimée a près de 2% de la production mondiale (A.Bell et al, 2000), l'igname revêt aujourd'hui une place prépondérante dans les nombreuses transactions de produits agricoles depuis les zones de production vers Lomé, la capitale.

La commercialisation de l'igname se révèle donc comme une composante du système devant assurer des revenus a ses principaux acteurs.

Toutefois cette activité nécessite la mise en place d'un certain nombre de moyens ou de structures (moyens de transport, matériels de vente, de stockage, main d'reuvre...).

La commercialisation de l'igname ne se résumerait donc pas a acheter pour vendre, mais constituerait tout un défi pour ces acteurs.

En effet, contrairement aux cultures de rente, le marché de l'igname n'est pas encore organisé avec un prix garanti.

Il revient alors aux commergants d'ignames de vendre, mais il faut que cette vente soit rentable. C'est seulement a cette condition que le revenu monétaire de ceux-ci se trouvera conforté et leurs conditions de vie améliorées.

Au regard de tout ce qui précède, cette étude se veut être une contribution a l'amélioration du système de commercialisation de l'igname au Togo en évaluant la marge bénéficiaire des commergants d'igname. C'est ce qui justifie la conduite d'une analyse des coüts de transaction de la commercialisation de l'igname au Togo avec une référence particulière aux marchés de Gbossimé, d'Adidogomé et de Hanoukopé.

II. Objectifs

2.1.Objectif général

De fagon générale, cette étude vise a évaluer l'effet des coüts de transaction sur la marge bénéficiaire des commergants d'ignames au Togo.

2.2. Objectifs spécifiques

De manière spécifique, nos travaux visent a :

- Analyser les circuits de commercialisation de l'igname
- Estimer les coüts et les marges bénéficiaires des commergants
- Identifier les contraintes rencontrées dans la transaction de l'igname.

III. Hypothèses

3.1. Hypothèse générale

La commercialisation des ignames est un secteur plus ou moins lucratif

3.2. Hypothèses spécifiques

- Le circuit commercial de l'igname suit de multiples itinéraires vers les marchés a fortes demandes
- L'activité de commercialisation d'igname est inéquitable.
- La transaction de l'igname est menée par plusieurs problèmes.

CHAPITRE 2 : REVUE DE LITTERATURE

I. Cadre conceptuel de la recherche

Dans cette partie, il sera passé en revue quelques concepts qui permettront une meilleure connaissance et une compréhension aisée du processus de commercialisation proprement dit et les coüts qui y dénotent.

1.1. La Commercialisation, ses fonctions et ses circuits

Commercialiser veut dire promouvoir activement la mise au point, le lancement ou la vente d'un produit. La commercialisation est une activité a but lucratif qui n'est viable que si elle rapporte des bénéfices a tous les intervenants (FAO ). Selon une définition plus classique, la commercialisation est la série de services nécessaires pour faire parvenir un produit brut ou transformé du lieu de production au lieu de consommation. Elle désigne l'ensemble des opérations concernant les mouvements d'un produit depuis sa production jusqu'a son utilisation. Ces opérations sont : l'étude du marché, la distribution, la vente proprement dite, l'acte commercial, le service après-vente. La commercialisation désigne selon le dictionnaire économique de D. GREENWALD (1987) l'ensemble des activités économiques liées les unes aux autres qui visent a satisfaire la demande des biens et services de consommateurs, des entreprises et de l'État. Généralement en Afrique, la signification du terme commercialisation varie en fonction des différentes catégories sociales. Pour le fermier ce terme se rapporte a la vente de ses produits agricoles. Pour la ménagère c'est l'achat des vivres au marché (Biaou F., 1987).

Barker (1981) définit la commercialisation comme l'activité qui a lieu au marché, le terme global utilisé pour décrire les échanges entre acheteurs et vendeurs qui tentent de maximiser leur profit ou utilité subjective. Pour ne pas limiter la commercialisation au seul lieu d'échange, c'est-a-dire lieu de rencontre entre l'offre et la demande, Fanou (1996 ) définit la commercialisation comme étant toute activité économique associée aux flux des biens et des services, dès la production primaire jusqu'a la consommation finale. L'auteur ajoute qu'un produit agricole, pour devenir produit alimentaire doit subir quatre transformations principales : une transformation physique, une transformation de taille de lot, une transformation dans le temps et une transformation dans l'espace. Cette définition prouve d'une part que le producteur et le consommateur ne résident pas nécessairement au même endroit et d'autre part que le produit tel qu'il sort des champs n'est pas souvent désiré sous cette forme par le consommateur. Par ailleurs, le consommateur est intéressé par l'achat de ses besoins au plus bas prix possible alors que le producteur cherche des revenus maxima dans la vente de son produit.

Les fonctions commerciales sont les différentes opérations qui permettent de fournir en des lieux et en temps opportuns aux consommateurs, les produits dont ils ont besoin. Elles sont exécutées par les différents agents intermédiaires qui agissent individuellement ou collectivement et se spécialisent dans les divers services impliqués dans l'achat et la vente des produits dans leur transfert du producteur au consommateur final.

Pour Biaou F . (1987), ces différentes fonctions sont de trois natures a savoir :

-les fonctions d'échanges (collecte et distribution) ;
-les fonctions physiques (transformation, stockage et transport) et
-les services rendant possible l'accomplissement des deux premières catégories de fonctions (financement, prise de risque, emballage...).

Un circuit de commercialisation designe le parcours d'un produit entre la production et la consommation finale. Selon Thyamiou (1985), le circuit commercial d'un produit donne est la succession des intermediaires et marches par lesquels passe ce produit du producteur au consommateur. Il est plus ou moins long en fonction du nombre d'intermediaires qui y participent. Il est d'usage de distinguer les circuits directs (ne faisant pas intervenir d'intermediaire), des circuits courts (ou le seul intermediaire est le detaillant) et des circuits longs (dans lesquels les intermediaires sont soit des grossistes, soit des detaillants).

1.2. Caractérisation des acteurs intervenants dans la commercialisation

Les acteurs de la commercialisation constituent les elements essentiels de la chaine de commercialisation sans lesquels le produit ne peut parvenir au consommateur. Ces acteurs sont ceux qui exercent les fonctions physiques et economiques de commercialisation dans le but d'obtenir des profits economiques. Ils sont impliques dans les operations de production, d'echange, de transformation ou de consommation des produits dans l'economie. (Koffi-Tessio et al. (2002))

Duteurtre et al. (2000) ont identifie six types d'acteurs dans l'analyse de la commercialisation : les detaillants, les grossistes, les transporteurs, les courtiers, les producteurs et les consommateurs.

-Les producteurs constituent le premier maillon de la chaine de commercialisation -Les grossistes sont des intermediaires entre les producteurs et les detaillants. Certains d'entre eux peuvent être specialises dans des fonctions de collecte et de revente des produits a des grossistes qui les revendent aux detaillants. Il peut y avoir superposition des fonctions de grossiste et detaillant, ou même de producteur et grossiste voire detaillant ;
-Les courtiers sont des intermediaires qui realisent des services de tri et de mise en liaison grossistes-producteurs ;
-Les transporteurs assurent le transport des marchandises des zones de productions vers les grands centres urbains et des marchés frontaliers, a l'aide des moyens de transports variés (motos ; taxi brousse ; camionnette ; camions). Ils peuvent aussi être impliqués dans des opérations d'achat et de revente ;
-Les détaillants sont des opérateurs qui vendent leurs produits directement aux consommateurs finaux;

Enfin les consommateurs sont les utilisateurs finaux du produit.

1.3. Typologie des marchés

Au sens figuré, le marché est un emplacement ou se tient a intervalle plus ou moins régulier, une réunion d'acheteurs et de vendeurs échangeant des marchandises. Mais ce sens ne recouvre pas la totalité des marchés aujourd'hui et les économistes utilisent le terme marché dans un autre sens. Ainsi en économie, le marché est le lieu de rencontre réel ou abstrait ou les offres des vendeurs rencontrent les demandes des acheteurs qui s'ajustent a un prix et déterminent les quantités échangées (SAMLABA, 2002). Selon la SOTED (1997), le marché peut être défini comme un lieu de rencontre périodique entre les vendeurs et les acheteurs qui sont respectivement soit des producteurs et des intermédiaires, soit des consommateurs et intermédiaires. Cette définition répond mieux a l'esprit de notre recherche. Il existe plusieurs catégories de marché : le marché de détail, le marché de gros ou de distribution, le marché des matières premières et enfin le marché des valeurs.

En fonction de leur localisation et de leur périodicité, on distingue : les marchés de collectes, les marchés intermédiaires, les marchés de consommation.

Les marchés de collectes sont situés dans les bassins de production. Ils sont des endroits par excellence de collecte de l'offre des producteurs par les collecteurs. Ils sont construits généralement en matériaux provisoires et/ou en plein air. Ces marchés sont périodiques ou hebdomadaires.

Les marchés intermédiaires sont localisés dans des centres urbains et des grands villages de producteurs situés sur les grands axes routiers. Construits en matériaux définitifs, certains sont hebdomadaires tandis que d'autres se tiennent de fagon permanente. Les produits sont vendus soit en gros, soit en détail.

Les marchés de consommation ou d'approvisionnement sont situés dans des grandes agglomérations. Ce sont les destinations finales des tubercules ainsi que de leurs dérivés qui sont stockés sous les hangars construits en matériaux définitifs, ou en plein air. Notre étude se portera sur ses marchés.

En fonction du nombre de vendeurs et d'acheteurs, Duteurtre et al. (2000) définissent quatre types de marché : le marché monopsone, le marché de monopole, le marché d'oligopole, le marché de concurrence pure et parfaite.

-Le premier est caractérisé par la présence d'un acheteur et de plusieurs vendeurs ;
-Le second est caractérisé par la présence d'un vendeur et de plusieurs acheteurs ;
-Le troisième est caractérisé par la présence d'un petit nombre de vendeurs et de nombreux acheteurs ;
-Le dernier est caractérisé par plusieurs acheteurs et plusieurs vendeurs.

1.4. Structure des coüts de commercialisation

La sequence des operations entreprises pour acheminer le produit de l'exploitation agricole jusqu'au consommateur constitue ce que l'on appelle la chaine de commercialisation. Tout au long de cette chaine se deroulent des activites qui génèrent des coüts. Il est important de connaitre ces coüts afin de pouvoir les calculer.

Les principaux coüts de commercialisation sont les suivants :

- Les coüts de preparation et de conditionnement
- Coüts de manutention
- Coüts de transport
- Pertes
- Coüts de stockage
- Coüts de capitaux

Cette étude s'intéressera aux :

-Coüts de manutention
- A tous les stades de la chaine de commercialisation, les tubercules devront être emballés et déballés, chargés et déchargés, stockés et déstockés
- Couverture des ignames avec des baches après l'achat au niveau des producteurs ou collecteurs
- Chargement des tubercules dans le camion
- Dechargement des tubercules au marché
- Transport des produits invendus au magasin a la fin de journee
- Couts de transport

Une fois les ignames couvertes, son mode de transport dépend des quantités ou des distances. Plusieurs moyens sont utilisés: portage par tête, motocyclette, charrette, camion pour pouvoir acheminer les tubercules du point d'achat vers les points de ventes

Les Couts liés a la perte de produit

Les produits achetés ne sont généralement pas vendus tels quels quantitativement et qualitativement, a cause des mauvaises méthodes de récolte et de manutention a l'exploitation (produits écrasés ou exposé au soleil). Les denrées peuvent être déja très abimés avant même d'être vendus aux commergants. Le poids des produits peut diminuer même si rien n'est jeté. La plupart des produits agricoles diminuent de poids en transport et pendant l'entreposage parce qu'ils perdent de l'humidité.

La meilleure fagon de calculer les pertes consiste a comparer la quantité de produits revendus avec la quantité achetée a l'agriculteur. C'est la méthode la plus exacte et les Coüts d'emballage, de transport, de manutention et d'entreposage des produits perdus sont inclus. Pour le faire, il faut parvenir a suivre les livraisons sur toute la longueur de la chaine de commercialisation. Ce qui est difficile pour nos circuits qui sont plus dans l'informel

Couts de stockage

Le stockage représente un coüt important. Les éléments composants ces Coüts sont:

- Le montant exigé pour le magasin (location, électricité, gardiennage, entretien)
- Calcul de la dépréciation du magasin si cela appartenait au commergant
- Coüt lié au maintien de la qualité pendant le stockage

Couts de capitaux

Ils ne sont pas très visibles mais très importants, pour travailler, un commergant peut emprunter de l'argent a une banque, a un usurier; l'intérêt qu'il paie pour cet emprunt représente un coüt. Si un commergant utilise son propre capital, il doit aussi calculer la perte représentée par le montant des intérêts qu'i aurait pu gagner si son argent avait été placé a la banque. Cela s'appelle le coüt d'opportunité. (FAO, 2000)

Les autres coüts entrant dans le calcul des coüts de commercialisation sont:

- Frais de séjour
- Coüts liés a la communication
- Frais de restauration
- Main d'reuvre

Les coüts de commercialisation se déterminent sur la base de ses différents présentés.

II. Généralités sur l'igname

2.1. Systématique de l'igname

Les ignames font partie de l'embranchement des Phanérogames et du sous-embranchement des Angiospermes. Elles appartiennent a la classe des Monocotylédones liliiflores, quoique présentant des caractères de Dicotylédones (Degras et al, 1977 ; cité par Nassampere, 2009), a la famille des Dioscoréacées et au genre Dioscorea L. (1737). Ce genre comprend plus de 600 espèces. Les espèces d'importance économique cultivées en Afrique sont :

- Dioscorea rotundata Poir (igname ou white guinea yam),
- Dioscorea cayenensis Lam (igname jaune ou yellow guinea yam)
- Dioscorea alata L. (igname d'eau ou water yam),
- Dioscorea esculenta (Lour) Burk (igname de Chine ou Chinese yam),
- Dioscorea dumetorum (Knuth) Pax (igname amère ou bitter yam),
- Dioscorea bulbifera L. (igname aérienne ou aerial yam).

2.2. Les variétés d'igname cultivées au TOGO

Il existe plusieurs variétés d'ignames. Parfois les mêmes variétés peuvent avoir des noms différents suivant les ethnies.

En Général, nous pouvons distinguer les variétés a foufou (igname pelée, bouillie et pilée) qui appartiennent a l'espèce complexe Dioscorea cayenensis, rotundata et les variétés qui ne conviennent pas pour le foufou et dont les plus cultivés font partie de l'espèce Dioscorea alata. Les rendements moyens ont été estimés entre 6 et 12 t/ha pour D. cayenensis-rotundata et de 8 a 14 t/ha pour D.alata.

Parmi les variétés a foufou, on distingue les précoces a deux récoltes (Yemblè, Kléméfou, Kplindou, Kpandjole, Bafo, etc) et les tardives a une seule récolte (exemple Kratsi, Gnalabo, Koukou ou Allassoura, Kéké, etc..)

Les variétés de l'espèce Dioscorea alata sont : Gnagnasi, Afassé, Dilambor (N'KPENU et TETEVI, 1995).

2.3. Importance de l'igname

Dans la zone qui couvre le Bénin, le Cameroun, la Cote d'Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Togo, les ignames dépassent les 200 calories par jour dans l'alimentation de 60 millions d'habitants. Dans ces pays, les quantités consommées par personne et par jour varient entre 200 g environ (Ghana) et 900 g (Togo) et se situent autour de 500 a 700 g au Bénin, en Cote d'Ivoire et au Nigeria. Comme dans le cas du manioc, la plupart des glucides consistent dans de l'amidon (principalement l'amylopectine), contenu dans les cellules sous forme de granules. La qualité de l'amidon dépend de la taille de ces granules, les petits granules correspondant a une qualité supérieure. La teneur en protéines des tubercules est deux a trois fois supérieure a celle des racines de manioc, leur teneur en vitamine C (10 mg/100 g de tubercule) et en vitamine A (jusqu'a 200 U.I.) étant relativement importante.

La plupart des tubercules d'ignames sont consommés a l'état frais. Seule une partie négligeable est transformée pour les besoins du marché. Les tubercules frais sont consommés sous forme de foufou (igname pilée) le plat préféré ou bouillis ou frits en morceaux ; on prépare aussi une purée d'igname bouillie qui diffère du foufou par sa structure non élastique. La peau des tubercules, légèrement bouillie ou séchée, constitue un fourrage couramment utilisé. (A.Bell et al, 2000)

2.4. Production de l'igname

La production de l'igname a évolué en dents de scie depuis plus de quarante années. Elle est passée de 800 000 tonnes en 1961 a 1 100 000 tonnes en 1967. De 1969 a 1993 elle a oscillé entre 300 000 tonnes et 530 000 tonnes par an, sauf en 1971 ou elle a atteint 807 000 tonnes. Aujourd'hui l'igname a une dynamique et un potentiel extraordinaires. La moyenne de production est de l'ordre de 600 000 tonnes par an avec une superficie moyenne de 60 000 ha par an. La figure 1 présente la production de l'igname fraiche au Togo ces dernières années.

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Source:données de DSID, 2017

Figure 1 : Production de l'igname fraiche au Togo de 2010 a 2016

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Le prix de l'igname est relativement bas entre septembre et decembre. En effet ceci coïncide avec le debut de recolte des ignames precoces. Les ignames parviennent donc en grande quantite sur les marches. Generalement de mars a avril, l'igname commence par devenir rare sur les marches, son prix augmente et n'est accessible qu'a une certaine categorie de la population (couche moyenne et superieure).

Seule la couche la plus elevee de la population peut se permettre d'acheter des tubercules frais d'igname entre juillet a aoüt.

CHAPITRE 3 : METHODOLOGIE DE L'ETUDE

Ce chapitre est consacré a la méthodologie qui a été utilisée pour collecter les données. Il présente la population d'étude, la technique d'échantillonnage, les types de données et leurs sources, le traitement et les techniques d'analyse des données.

I. Population et échantillonnage

La population de l'étude est constituée des commergants d'ignames. Il s'agit notamment des grossistes et des détaillants.

1.1. Choix des marchés

La ville de Lomé est considérée dans notre étude comme la zone de consommation.

Les marchés d'étude ont été repérés a partir des enquêtes préliminaires et de la documentation mise a notre disposition. A l'aide d'une typologie basée sur la régularité de la distribution et la provenance des ignames, 03 marchés de Lomé (marché de Gbossimé, d'adidogomé et de hanoukopé) ont été retenues.

1.2. Choix des commergants d'igname

Nous avons procédé par une méthode aléatoire c'est-a-dire que chaque commergant a une chance égale de figurer dans l'échantillon. Une taille de 70 acteurs a été interrogée. Cette méthode d'échantillonnage a été retenue pour des raisons de prudence quant a la disponibilité des acteurs a nous fournir des informations.

II. Type de données et leurs sources

2.1. Les sources de données primaires

Les données primaires sont des informations obtenues sur le terrain a partir d'une enquête. Ils contribuaient directement a la réalisation de chacun des objectifs de recherche. Les sources de collecte de ces données étaient les éléments de l'échantillon d'étude ainsi que les personnes ressources contactées. Les questionnaires, les observations personnelles ont constitué les outils de collecte de ces données primaires.

2.2. Les sources de données secondaires

Pour étudier l'Effet des coüts de transaction sur la Marge Bénéficiaire des commergants d'igname au Togo, les données secondaires se sont axées sur la recherche documentaire.

Elle nous a permis de cerner amplement notre sujet d'étude afin de préparer le travail du terrain.

Elle a consisté en la lecture et l'analyse des divers thèses ; rapports ; publications et ouvrages généraux. Ainsi les bibliothèques de l'ESA nous ont été d'un grand intérêt.

III. Méthode d'analyse statistique des données

3.1. Instruments et outils d'analyse des données

Afin de collecter les informations auprès des commergants d'igname, nous avons utilisé un questionnaire préalablement élaboré et administré. L'élaboration du questionnaire a tenu compte de l'objectif global et des objectifs spécifiques de l'étude. Il a été administré aux deux catégories de commergants de notre échantillon, notamment les grossistes et les détaillants. Le questionnaire a porté sur les rubriques suivantes :

- Les informations générales sur l'enquêté (age, sexe, statut matrimonial, niveau d'étude, ethnie).
- L'activité commerciale (ancienneté dans le commerce, origine du capital initial, présence sur le marché)
- La stratégie d'approvisionnement (provenance des ignames manipulées, les quantités achetées, mode de déplacement, mode d'achat)
- La stratégie de distribution (fixation des prix, mode de vente, quantités vendues)

Le questionnaire a pris également en compte les différents coüts de commercialisation. Ici nous nous sommes intéressés au paiement des frais de chargement et de déchargement, des taxes routières, aux frais de magasins ou non, de stockage ou non et de pertes. Ce questionnaire est joint en annexe de ce document.

3.2. Analyse statistique des données

Les informations obtenues de l'administration du questionnaire ont été dépouillées au logiciel EXCEL et introduites dans un masque de saisie préalablement congu dans le logiciel SPSS 20 (Statistical Package for Social Sciences) pour analyse. De plus nous avons principalement utilisé les statistiques descriptives (fréquences, moyennes, sommes, pourcentages) pour construire la typologie des acteurs dans la zone d'étude.

3.3. Quantités manipulées

Sur les marchés d'étude, le constat fait est que les commergants d'ignames s'approvisionnent en tas de 30 ou 100 ignames et le vendent en tas de 3 tubercules chacun. Mais dans le cadre de la présente étude, les quantités manipulées sont évaluées a l'aide du tas de 100 tubercules que nous avions converti en les pesant en Kg (unité de mesure standard adéquate). L'étude a été faite par rapport au kilogramme d'igname acheté et vendu.

3.4. Calculs économiques

Dans le cadre de notre recherche, le calcul des marges a été utilisé pour évaluer l'effet des coüts sur le revenu des commergants d'igname.

3.4.1. Définitions des indicateurs utilisés

Pour chaque commergant, on définit les indicateurs suivants :

- Marge brute (MB)

La marge brute d'un commergant correspond a la difference entre le prix de vente d'un produit et son prix d'achat. Il est préférable de signaler que la marge brute doit couvrir les frais de commercialisation (locaux, personnel ; stock, etc.) pour que celui- ci realise un benefice sur ses ventes. Il s'exprime comme suit :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

La marge nette correspond a la difference entre la marge brute et les coüts de commercialisation (CC). Elle s'exprime de la manière suivante :

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

3.4.2. Définition opérationnelle des variables

Elles sont de deux types a savoir : la variable expliquee et les variables explicatives.

3.4.2.1. Variable expliquée

La variable expliquee dans le cadre de cette etude est la marge beneficiaire des commergants d'igname. Le calcul des marges dans cette etude permettra de savoir si la commercialisation de l'igname est rentable ou pas.

3.4.2.2. Variables explicatives

Les variables explicatives sont constituees des coüts de transaction des differents commergants d'ignames. Ils representent la somme des coüts directs lies a l'achat des tubercules (transport, frais de route, frais de séjour, et autres ...) et aux coüts indirects lies a la vente (manutention, taxe de marche, patente, salaires des employes).

[...]

Fin de l'extrait de 43 pages

Résumé des informations

Titre
Effets des couts de transaction sur la marge beneficiaire des commercants d’igname au Togo. Cas des marches de Gbossime, d’Adidogome et de Hanoukope
Université
University of Lomé (form. University of Benin)  (Ecole Supérieure d'Agronomie)
Note
15
Auteur
Année
2017
Pages
43
N° de catalogue
V901817
ISBN (ebook)
9783346223418
ISBN (Livre)
9783346223425
Langue
Français
Mots clés
Igname, effet, coût, commercialisation, marché
Citation du texte
Adolphe Sama (Auteur), 2017, Effets des couts de transaction sur la marge beneficiaire des commercants d’igname au Togo. Cas des marches de Gbossime, d’Adidogome et de Hanoukope, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/901817

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