Déterminants des écarts de l'incidence de pauvreté entre les milieux rural et urbain au Cameroun


Mémoire (de fin d'études), 2017

102 Pages


Extrait

Table des matières

Avertissement

Dedicace

Remerciements

Sigles et Abreviations

Liste des tableaux

Liste des figures

Avant-propos

Resume

Introduction generale
0.1 Contexte et justifieation
0.2 Problematique
0.3 Objeetifs de l’etude
0.4 Hypotheses de reeherehe
0.5 Interet de l’etude
0.6 Plan de travail

PREMIERE PARTIE : ASPECTS THEoRIQUES ET CONCEPTUELS DE LA PAUVRETE

Chapitre 1 Cadres Théoriques et conceptuels de la pauvreté
1.1 Définition de quelques concepts clés
1.1.1 Concepts de la pauvrete
1.1.2 Concepts relatifs a la prise en compte de la structure de composition des menages
1.2 Différentes approches de la pauvreté
1.2.1 L’approche monetaire ou approche welfariste ou utilitariste
1.2.2 L’approche non monetaire
1.3 Autres approches de la pauvreté
1.3.1 Approche subjective de la pauvrete
1.3.2 La pauvrete transitoire ou structurelle
1.4 Mésure de la pauvreté

Chapitre 2. Revue des travaux empiriques et approche méthodologique
2.1 Revue de la litterature sur la pauvrete
2.2 Relation entre pauvrete et milieu de residence
2.3 Revue empirique sur la relation entre la pauvreté et le milieu de réesidence
2.3.1 Cas de l’Afrique et du reste du monde
2.3.2 Cas du Cameroun
2.4 Approche méthodologique de l’étude
2.4.1 Modèle econometrique
2.4.2 Donnees de l’etude

DEUXIEME PARTIE : ANALYSE EMPIRIQUE PORTANT SUR LES DETERMINANTS DES ECARTS DE PAUVRETE

Chapitre 3 : Caractéeristiques des chefs de méenages pauvres et facteurs in- fluencant la pauvreté monétaire selon le milieu de résidence
3.1 Evolution de la pauvreté monétaire au Cameroun
3.2 Caractéristiques socioéconomiques et démographiques des chefs de ménages pauvres et le milieu de résidence
3.2.1 Sexe du chef de menage pauvre et le milieu de residence
3.2.2 Taille du menage pauvre et le milieu de residence
3.2.3 Milieu de residence, niveau d’instruction et statut matrimonial
3.2.4 Secteur institutionnel et le milieu de residence du chef de menage pauvre
3.2.5 Secteur d’activite et le milieu de residence
3.3 Analyse des profils de pauvreté des chefs de menages selon le milieu de residence
3.3.1 Profils des chefs de menages pauvres selon le milieu de residence

Chapitre 4 : Facteurs explicatifs des écarts de pauvrete entre les milieux ruralet urbain
4.1 Determinants de la pauvrete en milieu rural
4.1.1 Diagnostic du modele
4.1.2 Interpretation des resultats
4.2 Determinants de la pauvrete en milieu urbain
4.2.1 Diagnostic du modèle
4.2.2 Interpretation des resultats du milieu urbain
4.3 Decomposition de l’ecart de pauvrete entre les milieux ruralet urbain

Limites et recommandations

Conclusion generale

Bibliographie

Annexes

A Resultats de l’ACM

B Resultats de la modelisation logit

C Resultats de la decomposition de Blinder-Oaxaca

Avertissement

L’Institut Sous-regional de Statistique et d'Economie Appliquee (ISSEA) et l'Institut National de la Statistique du Cameroun n’entendent donner aucune approbation encore moins improbation aux opinions emises dans ce memoire professionnel. Ces opinions engagent seules les responsa- bilites de leur auteur.

Dedicace

Àmes parents Gabriel YASSIWEME et Philomène LANDZILEMO pour tous les efforts consentis pour ma reussite, mon fils Junior YASSIWEME, mes frères et saj.urs Dina, Fidelia, Rufin et Paulin.

Remercjements

Les conditions de travail, la disponibilite de l’encadreur et la qualite des enseignements recus durant nos deux premières annees de formation sont autant d’elements importants qui ont rendu possible la realisation de la presente etude. Nous tenons ainsi a remercier tous ceux qui de près ou de loin ont contribue a la finalisation de ce document. Nous exprimons notre gratitude a M. Joseph TEDOU, Directeur General de l’Institut National de la Statistique (INS) du Cameroun de nous avoir permis d’effectuer notre stage academique dans son Institution.

Nous tenons a remercier vivement notre encadreur, M. Casimir KETCHOUM NGAHANE Charge d’Etudes Assistant a l’INS pour avoir accepte de diriger ce travail. Notre profonde gratitude va a l’endroit de M. Thierry MAMADOU ASNGAR, Directeur General de l’ISSEA et a travers lui tout le corps enseignant sur la qualite de vos enseignements qui nous ont permis de mener a bien cette etude.

Nous adressons des remerciements particuliers a notre Professeur correspondant Dr. Ignace KAMGA, chef de departement d’economie a l’ISSEA pour sa rigueur scientifique, son assistance et la justesse de ses conseils dans l’accomplissement de cette etude.

Nous voudrons de manière particulière exprimer notre profonde gratuite au Dr.

Dieudonne KINKIELELE, chef de departement de mathematiques et informatiques.

Nos remerciements vont a l’endroit de mes frères aines et camarades, ANKI YAMBARE, Chriss BALOSSA, Daunal IBARA, Vivien ONKA et Theodore MANGOUNG NDJIKI pour leur relecture attentive de ce document.

Sigles et Abreviations

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Liste des tableaux

3.1 Tendance des indicateurs de pauvrete monetaire de 2001 a 2014

3.2 Repartition des menages pauvres par sexe selon le milieu de residence(%)

3.3 Repartition des chefs de menages pauvres par taille selon le milieu de resi- dence(%)

3.4 Repartition des chefs de menages pauvres par niveau d’instruction selon le milieu de residence(%)

3.5 Repartition des chefs de menages pauvres par aege, statut matrimonial selon le milieu de residence(%)

3.6 Repartition des chefs de menages pauvres selon le secteur institutionnel et le milieu de residence(%)

3.7 Repartition des chefs de menages pauvres par secteur d’activite selon le milieu de residence(%)

3.8 Repartition des chefs de menages pauvres par statut d’occupation selon le milieu de residence(%)

3.9 Repartition des chefs de menages pauvres par mode d’approvisionnement selon le milieu de residence(%)

3.10 Repartition des chefs de menages pauvres par source d’eclairage selon le milieu de residence(%)

3.11 Repartition des chefs de menages pauvres par accès a la terre selon le milieu de residence(%)

4.12 Resultats globaux des modèles estimes en milieu rural

4.13 Resultats du modèle explicatif de la pauvrete en milieu rural

4.14 Resultats globaux des modèles estimes pour le milieu urbain

4.15 Resultats du modèle explicatif de la pauvrete en milieu urbain

4.16 Deeomposition des eearts de pauvrete en milieu rural et le milieu urbain

B.1 Tableau eomparatif urbain-rural

C.1 Presentation des variables utilisees

Table des figures

3.1 : Histogramme des valeurs propres

3.2 : Premier et deuxieme plans factoriels (axes 1 et 2)

3.3 : deuxieme et troisieme plans factoriels (axes 1 et 3)

4.6 : Classification du modele rural

4.8 : Analyse des résidus et points mal modelisés en milieu rural

4.9 : Courbe de ROC du modele de la pauvrete en milieu rural

4.7 : Classification du modele urbain

4.10 : Analyse des résidus et points mal modélises en milieu urbain

4.11 : Courbe de ROC(test) du modele de la pauvrete en milieu urbain

4.12 : Courbe de ROC(apprentissage) du modele de la pauvrete en milieu urbain

Avant-propos

L’Institut Sous-regional de Statistique et d’Economie Appliquee(ISSEA) , cree en 1984 a Brazzaville, est une institution specialisee de la Communaute Economique et Monetaire de l’Afrique Centrale(CEMAC). L’ISSEA a pour missions de former les cadres statisticiens des niveaux moyen et superieur, de perfectionner et de recycler les cadres des services publics et prives; de contribuer a la recherche appliquee dans les domaines de la methodologie, de la collecte, du traitement et de l’analyse de l’information statistique et economique.

La formation a l’ISSEA est effectuee dans trois filières a savoir : le cycle des Techniciens Superieurs de la Statistiques(TSS), le cycle des Ingenieurs d’Application de la Statis- tique(IAS) et le cycle des Ingenieurs Statisticiens Economistes(ISE). Dans le cadre de leur formation des Ingenieurs Statisticiens Economistes, l’elève Ingenieur Statisticien Economiste est tenu d’effectuer un stage durant une periode de trois mois. Ce stage lui permettra de mettre en pratique a la fois les theories economiques et les techniques statistiques, de s’inserer dans la vie professionnelle et d’etre ainsi confronte a la realite, afin de resoudre la problematique posee par la structure d’accueil. A l’issue de ce stage, l’elève Ingenieur Statisticien Economiste doit rediger un memoire professionnel qui sera soutenu devant un jury a l’ISSEA.

C’est dans cette optique que nous avons effectue du 15 juillet au 13 octobre 2016 notre stage a l’Institut National de la Statistique (INS) du Cameroun.

Le present document en est l’aboutissement et porte sur : « Les determinants des ecarts de l'incidence de pauvrete entre les milieux rural et urbain : Cas du Cameroun ».

Résumé

Dans le monde en general et en particulier au Cameroun, les determinants de la pauvrete selon le milieu de residence sont souvent une priorite dans l’elaboration des documents de strategie de reduction de la pauvrete. En utilisant les donnees de la troisième Enquete Camerounaise Auprès des Menages(ECAM3), le present document cherche a evaluer les ecarts de l’incidence de pauvrete des chefs de menages vivant en milieu urbain et rural. Deux modèles econometriques ont ete utilise pour faire nos analyses, le modèle logit pour determiner les facteurs influengcant la probabilite d’eetre pauvre en milieu rural tout comme en milieu urbain et la decomposition de Blinder- Oaxaca pour determiner les ecarts de l’incidence de pauvrete entre les milieux rural et urbain.

Les resultats obtenus dans cette etude montrent que les caracteristiques expliquant la pauvrete en milieu rural different de celles des menages vivant en milieu urbain. C’est le cas de l’ege du chef de menage, le statut matrimonial du chef de menage qui influencent la pauvrete en milieu urbain mais qui ne sont pas significatives en milieu rural. Ce pendant, les variables comme le niveau d’instruction, le secteur d’activite, la taille du menage et le statut d’occupation influencent la pauvrete dans les deux milieux mais les effets ne sont pas les memes. Par ailleurs, la decomposition de Blinder-Oaxaca nous montre que les ecarts de l’incidence de pauvrete entre les deux milieux ne peut eetre explique qu’a 29,308% par les differences observees au niveau des caracteristiques des chefs de menages et que l’effet des coefficients predominent avec 70,692%. Enfin, les ecarts de l’incidence de pauvrete des chefs de menages entre les milieux rural et urbain est observable au niveau du secteur d’activite du chef de menage et de son niveau d’instruction.

Mots clés: Pauvrete, decomposition Oaxaca-Blinder, Milieu de residence

Introduction gene

0.1 Contexte et justification

La reduetion de la pauvrete eonstitue une preoeeupation majeure, un defi tant pour la eommunaute internationale que pour les gouvernements nationaux a travers le monde. Un des objeetifs de developpement fixe par les Etats membres de l’Organisation des Nations Unies(ONU) a l’horizon 2030 est d’eliminer l’extreme pauvrete et la faim (ODD 1). La pauvrete demeure done un thème d’aetualite. Le Cameroun n’est pas en marge ear il s’est aussi inserit dans ee sillage en adoptant en Novembre 2009 un Doeument de Strategie pour la Croissanee et l’emploi (DSCE) dont l’un des objeetifs est la reduetion du taux de pauvrete monetaire de 39,9% en 2007 a 28,7% a l’horizon 2020.

Les strategies ou politiques eeonomiques mises en plaee par le Cameroun en matière de reduetion de la pauvrete datent du debut des annees 80. En effet, eette periode a ete marquee par de grands desequilibres maeroeeonomiques et une profonde erise eeonomique et soeiale qui ont engendre la pauvrete dans le pays. Le Cameroun a done ete amene, en aeeord avee le FMI, a adopter les Programmes d’Ajustement Strueturel (PAS) afin d’assainir la sphère eeonomique et promouvoir le bien-etre des populations. Les resultats peu reluisants de ees programmes ont eonduit le Cameroun a la devaluation en 1994 qui entraina l’adhesion du pays au programme bâti autour d’une Faeilite pour la Reduetion de la Pauvrete et pour la Croissanee (FRPC).

Ceei etant, la reduetion de la pauvrete apparait en toile de fond dans les programmes et projets mis en reuvre au Cameroun. Ce phenomène de pauvrete a marque la soeiete eamerounaise surtout au eours des dernières deeennies. Ce dernier est apparu eomme un phenomène réeurent qui se repartit de fagon inegale parmi les groupes soeio-eeonomiques et entre les differentes regions du pays. Malgre eertains progrès enregistres au eours des dernières annees, les differents indieateurs des differentes dimensions de la pauvrete restent preoeeupants.

En realite, Pour elaborer des strategies, des politiques ou des programmes appropries de reduetion de la pauvrete, il est important de savoir qui sont les pauvres, eombien sont-ils, ou ils sont et quelles sont leurs caractéristiques (Hounkpodote, H.,2009).

La plupart des analyses menées dans ce contexte considèrent les déterminants d’un point de vue national sans véritablement tenir compte de spécificités propres a des populations cibles. L’analyse de la Banque mondiale(2005) est réalisée dans cette optique. Leur étude ne permet pas d’identifier les facteurs expliquant les écarts de pauvreté entre deux groupes de la population(ménages ruraux et menages urbains). Dans ce travail, nous mettons en éevidence les facteurs expliquant les éecarts de l’incidence de pauvretée entre les milieux rural et urbain.

0.2 Problématique

Les rapports des enqueetes conduites au Cameroun entre 2001 et 2007, sur les condi­tions de vie des méenages et sur la mise en relief du profil de l’éevolution de la pauvretée, sur les aspects monétaires relèvent une stabilité du taux de pauvreté monétaire national (40,2% en 2001 et 39,9% en 2007), une baisse en milieu urbain (17,2% en 2001 et 12,2% en 2007). Le contraste dans cette tendance de la pauvretée s’est observée en milieu rural avec une hausse du nombre de pauvres. En effet, le taux de pauvretée est passée de 52,1% en 2001 a 55% en 2007 . Aussi, les résultats de la quatrième enquete camerounaise auprès des me­nages montrent que la pauvreté est un phénomène d’avantage rural ou le taux de pauvreté est de 56,8% contre 8,9% en milieu urbain. Il ressort de ces résultats que la pauvreté est un phénomène davantage rural. Ainsi, les écarts entre les deux groupes se sont accrus. La question centrale a laquelle nous voulons apporter une réponse dans ce travail est donc celle de savoir : quels sont les facteurs qui expliquent les écarts de l’incidence de pauvreté entre les milieux rural et urbain ?

0.3 Objectifs de l’étude

L’objectif général de cette étude est d’identifier les facteurs qui expliquent les écarts de l’incidence de pauvrete entre les milieux rural et urbain Pour atteindre cet objectif global, trois(03) objectifs specifiques sont fixes :

- Déterminer les profils des chefs de ménages pauvres en milieu rural et en milieu urbain ;
- Identifier les facteurs qui expliquent la pauvreté des chefs de ménages ruraux et urbains ;
- Décomposer les écarts de pauvreté entre les chefs de ménages ruraux et urbains.

0.4 Hypotheses de recherche

Pour atteindre cet objectif et repondre au questionnement evoque ci-dessus dans la problematique, l’on s’appuie sur les hypotheses suivantes :

- Les chefs de menages pauvres du milieu rural ont un profil sociodemographique source de vulnerabilite a la pauvrete par rapport a ceux du milieu urbain;
- Le type d’emploi, l’education expliquent mieux les ecarts de l’incidence de pau- vrete entre les milieux rural et urbain.

0.5 Intéret de l’etude

Cette etude vise d’une part a mieux cerner la situation de pauvrete au Cameroun entre le milieu rural et urbain, de generer les resultats qui permettent d’apporter des ele­ments de reponses sur les causes des ecarts de pauvrete entre les milieux rural et urbain, et d’autre part, elle peut contribuer a aider a la prise de decision par rapport a la demande sociale (education, emploi, eau potable, assainissement). Aussi, elle peut aider a mieux orienter les pouvoirs publics dans la mise en reuvre des politiques et programme de deve- loppement (Strategie de Reduction de la pauvrete par exemple,) et a la prise des mesures incitatives appropriees aux besoins des populations en milieu rurale et en milieu urbain.

0.6 Plan de travail

Ce travail est subdivise en deux grandes parties. La première partie presente le cadre theorique et conceptuel de la pauvrete, en posant les bases de la reflexion. Elle est composee de deux ehapitres :

Le premier met l’aeeent non seulement sur les difféerents aspeets eoneeptuels et théeoriques de la pauvretée en mettant en exergue quelques déefinitions des eoneepts elées de la pauvretée. Le deuxième ehapitre examine les résultats des travaux antérieurs sur la pauvreté et le milieu de réesidenee y eompris éegalement l’approehe méethodologique et la souree des donnéees utiliséees dans ee travail.

La deuxième partie de ee travail porte sur le eadre empirique d’analyse, plus préeisément l’éetude deseriptive préeliminaire et la modéelisation éeeonoméetrique. Elle est repartie en deux ehapitres, le premier qui traite l’éetude deseriptives préeliminaires. Le seeond ehapitre qui porte sur la modéelisation éeeonoméetrique en analysant les déeterminants de la pauvretée selon le milieu de résidenee puis en évaluant les éearts de pauvreté entre les milieux a l’aide d’un modèle logit en mettant en reuvre la deeomposition d’ Oaxaca-Blinder (1973) propose par Yun (2004).

PREMIERE PARTIE ASPECTS THÉORIQUES ET CONCEPTUELS DE LA PAUVRETÉ

Chapitre 1 Cadres conceptuels de la pauvreté

Le préesent chapitre se propose de rappeler, dans un premier temps, les difféerents concepts de la pauvretée.

1.1 Définition de quelques concepts clés

La néecessitée de mieux cerner les contours de ce sujet et de limiter notre champ d’étude nous oblige a passer en revue certains concepts qui nous servirons de fil conducteur.

1.1.1 Concepts de la pauvrete

A l’origine définie comme un état de dénuement matériel, la pauvreté revet aujour- d’hui un caractère multidimensionnel mis en exergue a partir des années 80 grace notam- ment aux travaux de Sen.

Selon Afristat, la pauvretée est une situation illustrant une insuffisance des ressources matée- rielles (manque d’argent) et des conditions de vie ne permettant pas a des individus de vivre quotidiennement de facgon digne selon les droits léegitimes et vitaux de la personne humaine. Difféerents concepts sont proposées pour appréehender la pauvretée : la pauvretée monéetaire, la pauvretée non monéetaire, la pauvretée absolue, la pauvretée relative, et la pauvretée humaine.

La pauvrete monétaire

La premiere approche conceptuelle de la pauvreté s’est surtout basée sur le concept de pauvreté monétaire, que celle-ci soit mesurée a partir des revenus ou de la consommation des ménages. Elle se définit comme le manque de ressources financières qui empeche les individus de se nourrir, de s’habiller, de se loger dignement et plus généralement de satisfaire leurs besoins fondamentaux.1 Ainsi, le PNUD (1999) estime qu’une personne est pauvre si et seulement si elle ne dispose pas d’un revenu suffisant pour satisfaire un certain niveau de bien-etre. Du fait de sa simplicitée, cette méethode de mesure est couramment utiliséee pour définir les individus pauvres et mesurer le taux de pauvreté d’une population. 2

La pauvrete des conditions de vie ou d’existence

C’est une forme de pauvreté qui résulte de l’impossibilité de satisfaire les besoins permettant de mener une vie décente dans une société donnée et fait référence a une alimen­tation insuffisance ou a la malnutrition, a l’absence d’éducation, d’un logement adéquat. Une autre caractéristique est que les pauvres ne participent pas a la prise de décision dans la vie civile, sociale et culturelle.

La pauvrete non monétaire

C’est une forme de pauvreté qui comprend toutes les dimensions relatives a la vie sociale (exclusion sociale, solitude résultant d’un affaiblissement des liens sociaux), a la vie culturelle comme absence de reconnaissance d’une identitée spéecifique, ou de ses modes d’expression, a la vie politique (absence de pouvoir de décision ou de participation aux décisions), a l’éthique (pertes de valeurs communes, situation de violence, délinquance, corruption) Afristat(2015). Elle comprend éegalement la pauvretée des conditions de vie qui s’exprime par l’insuffisance de satisfaction des besoins essentiels tels que les prestations éeléementaires de santée et d’éeducation ainsi que les services essentiels qui doivent etre fournis par la communauté afin d’empecher les individus de vivre dans des conditions de vie très préeaires (faeilite d’aeeès a une souree d’eau potable, ou a un eentre de sante de base, au marehe publie, a la voie publique). 3

Pauvrete absolue

L’approehe de la pauvrete absolue est definie eomme la non satisfaetion d’un mini­mum en termes de besoins essentiels, juges indispensables a la sante de l’individu. Cette definition est utilisee pour la premiere fois par l’eeonomiste anglais B.R.Rowntree eitee par Rodney Low (1993). L’auteur dans son estimation au debut du vingtième sieele sug- gère que pouvaient etre eonsiderés eomme pauvres eeux dont les revenus sont insuffisants pour obtenir les biens essentiels qui permettent le maintien d’une santée. La notion de la pauvreté absolue permet d’appréhender la sous-population la plus néeessiteuse, et envers laquelle il faut eibler d’urgenee les aetions d’allégement de pauvreté. Cependant, le prinei- pal ineonvénient de eette approehe tient au earaetère arbitraire de la définition des besoins essentiels. De ee fait, Ravallion(1992), suggère qu’il est pratiquement diffieile de proeéder a une eomparaison de la pauvretée entre nation sur la base de la notion de la pauvretée absolue.

La pauvrete generale ou pauvrete relative

La pauvretée relative peut eetre déefinie eomme le minimum néeeessaire pour la survie, aussi bien physique que soeial d’un individu. Par ailleurs, dans une approehe monétaire, une personne est eonsidéeréee pauvre lorsque son revenu est signifieativement plus faible que le revenu moyen ou méedian de la population. Ce faisant, la mesure de la pauvretée évite le problème de la définition des besoins de base et met l’aeeent sur la distribution des riehesses tout en traduisant une reeherehe d’éequitée dans la partieipation éeeonomique et soeiale (Atkinson 1998). On parle de pauvreté relative pour des personnes qui sont relativement moins bien loties que les autres membres de la eommunautée. En termes de revenu, une personne est relativement pauvre si elle appartient a un groupe eonsidéré eomme a faible revenu. 4

1.1.2 Concepts relatifs a la prise en compte de la structure de composition des ménages

Ménage

Selon AFRISTAT (1999), un ménage est un ensemble d’une ou plusieurs per- sonnes(unitée socioéeconomique), ayant un lien de sang, de mariage ou non, vivant dans un ou plusieurs logements de la meeme concession( cet ensemble de logements constituant une unitée d’habitation), mettant en commun leurs ressources, pour subvenir aux déepenses courantes, prenant le plus souvent leurs repas en commun, et reconnaissant l’autoritée d’une seule personne comme chef de méenage( ou personne de réeféerence). Cette déefinition suppose que pour déecider si un individu fait partie ou non d’un méenage donnée, quatre critères doivent etre pris simultanément en compte. Ces critères sont :

- Critère de residence commune ;
- Critère de repas pris généralement en commun;
- Critère de ressources communes, tout au moins en partie : des dépenses réalisées avec une partie des ressources amenéees par un membre, profitant dans une certaine mesure a l’ensemble des individus qui composent le ménage;
- Critère de reconnaissance de l’autorité du chef de ménage, qui est sans doute le plus objectif.

Chef de ménages

Le concept de chef de ménage renvoie au potentiel d’intervention économique du membre au sein de ce ménage, c’est -a - dire, le membre du ménage bénéficiant du revenu d’activité le plus élevé au sein de ce dernier. Rosenhouse (1989) propose un concept qui restitue cette dimension en intégrant a la fois l’ege et la participation au marché du travail :« le working head » 5. Mais, il ne suffit pas d’avoir plus de ressources économiques pour eetre déesigne chef de méenage surtout pour les femmes. Il faut en plus eetre reconnu comme tel par les autres membres de méenages.

La vulnérabilité a la pauvrete

Les ménages sont vulnérables a la pauvreté si elles sont « en dessous, ou risquent de tomber en dessous d’un certain seuil minimum acceptable de choix essentiels dans certains aspects tels que la santé, l’éducation, les ressources matérielles, la sécurité »(Banque mon­diale 2010). La vulnéerabilitée de la pauvretée est donc déefinie comme une certaine catéegorie des méenages qui maintient un niveau acceptable du revenu plus proche de la moyenne na­tionale dans le présent, mais qui pourraient etre a risque de souffrir dans le futur. En effet, les pauvres sont vulnérables de manière naturelle car il leur manque les capacités générales suffisantes pour exercer leurs activités. Ils souffrent de nombreuses privations. Non seule- ment ils manquent d’actifs matéeriels, mais ils souffrent éegalement de manque de capital humain, de santé et dans d’autres domaines 6.

Incidence de la pauvrété(ampléur)

C’est le rapport entre le nombre de méenages ou d’individus pauvres et le nombre total de méenages ou d’individus. C’est tout simplement la proportion des méenages vivant en dessous du seuil jugée acceptable par la sociéetée.

Le niveau de vie d’un ménage

Le niveau de vie fait référence a la qualité et quantité des biens et services qu’une personne ou une population entière peut s’approprier avec le revenu dont il dispose. Le niveau de vie d’un individu est calculé a partir du revenu divise par le nombre unité de consommation. Celui-ci tient compte de la structure de ce ménage et correspond a un revenu par éequivalent -adulte.

En 1993, la Banque mondiale définit le profil de pauvreté comme étant un « dispositif analytique qui resume l'information sur les sources de revenu, les modes de consommation, les activites economiques et les conditions de vie du pauvre ».

Un peu plus tard, le PNUD en 1999 propose une autre définition du profil de la pauvreté qui englobe celle de la Banque Mondiale, celle-ci stipule qu’il s’agit d’un outil analytique qui résume la somme d’informations reeueillies sur le phénomène et la strueture de pauvreté d’un pays en essayant a la fois :

- de définir la pauvreté du pays;
- d’identifier et de loealiser les pauvres;
- de souligner les prineipales manifestations de la pauvreté.

Ce profil de pauvreté permet d’identifier les groupes de ménages qui sont vulnérables, quelles sont leurs earaetéeristiques eomme soeiodéemographique, éeeonomique et psyeho- soeiologiques, eomment ees groupes sont repartis d’une région a l’autre.

1.2 Differentes approches de la pauvrete

Dans la littéerature, on distingue deux grandes approehes de la pauvretée qui sont déetaillées par la suite :

- L’approehe monétaire soutenue par les Utilitaristes ou Welfaristes;
- L’approehe non monetaires.

1.2.1 L’approche monetaire ou approche welfariste ou utilitariste

L’approehe monétaire ou approehe welfariste est une démarehe, d’une part, suggerée par les éeonomistes néoelassiques eomme le meilleur eritère d’évaluation de la pauvreté, et d’autre part, eomme le fondement de la mesure et de l’analyse de la pauvretée pendant de nombreuses années. Elle s’appuie soit sur le revenu soit sur la eonsommation traduit en valeur monétaire. Selon les Welfaristes, une personne est pauvre lorsqu’elle vit en dessous d’un seuil minimum de bien-eetre. Au niveau pratique, eette approehe de la pauvretée monée- taire suppose de distinguer globalement deux groupes de personnes : les pauvres et les non pauvres a partir d’un seuil minimal de revenu (ou de dépenses de eonsommation) que l’indi- vidu devrait touehé pour satisfaire ses besoins afin d’atteindre son bien-etre éeonomique. 7 La méthode a la base de l’approehe monétaire de la pauvrete est une méthode eomptable, qui eonsiste a établir un seuil monétaire en déga duquel l’individu est eonsidéré eomme pauvre. Cependant, eette methode ne prend pas en eompte eertaines earaeteristiques du bien-etre telles que la possession ou la disposition gratuite d’un logement, l’existenee d’un patrimoine permettant de compenser des difficultées, ou plus géenéeralement le réeseau rela- tionnel, la production domestique, ou le capital humain (Hourriez et Legris, 1997).

1.2.2 L’approche non monétaire

Contrairement a l’approche utilitariste qui privilégie l’utilisation des revenus et des déepenses pour mesurer le bien-eetre, l’approche non monéetaire ou l’éecole non monéetariste priviléegie plusieurs indicateurs unidimensionnels tels que l’éeducation, la santée, l’eau, le logement, les indicateurs d’accès et de capacité; elle évalue la situation en fonction de certaines facultés élémentaires, comme la possibilité de se nourrir ou de se vetir de manière adéequate. Cette approche se base sur la déefinition du bien-eetre d’un point de vue social, en effet le bien-eetre n’est pas traduit en termes de ressources monéetaires, mais en termes de libertés et d’accomplissements TOWNSEND (1979). On distingue deux sous-groupes : l’approche par les capacitées et l’approche par les besoins de base.

L’approche selon les besoins de base

C’est une approche qui met l’accent sur un sous-ensemble de biens et de services spécifiquement identifiés et pergus comme besoin de base de tous les individus ou ménages de la population. Celle-ci peut réesulter d’une malnutrition, d’une absence d’éeducation, d’un logement insalubre, d’un environnement dangereux, d’un déficit des relations sociales (FAO, 2006).

l’approche suivant les capacités

C’est a l’économiste AMARTHYA Sen (1970) que l’on doit cette approche. Selon l’école de capacité, la pauvreté d’une personne se définit par l’incapacité de saisir l’oppor- tunité. Dans cette approche, la capacité d’un individu peut etre définie comme l’ensemble des fonctionnements qui lui sont accessibles. La pauvretée serait donc déefinie non pas comme un manque vis-a-vis des besoins fondamentaux en divers biens, mais en termes de defaut de realisation de certains fonctionnements de base et de l’acquisition des capacités corres- pondantes(Sen,1992).

C’est une approehe qui est assoeiée a un manque de eapaeités a réaliser un fonetionne- ment aeeeptable dans la soeiété. Aussi, e’est sur eette approehe multidimensionnelle de la pauvretée que se basent les rapports annuels sur le déeveloppement humain, publiées par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), pour mesurer l’indiee du développement humain. C’est un indieateur eomposite qui mesure le niveau de développe- ment d’un pays selon trois eriteres de base : la santé mesurée a travers l’espéranee de vie a la naissanee, l’édueation mesurée a travers la durée moyenne de seolarisation et la durée attendue de seolarisation, le niveau de vie déeent mesuré a travers le revenu national brut par habitant.

1.3 Autres approches de la pauvreté

1.3.1 Approche subjective de la pauvrete

Introduite par van Praag et al.(1999) dans les annéees 1970, eette approehe permet de laisser a ehaeun le soin d’appréeier son propre niveau de bien-etre ou les diffieultés qu’il reneontre dans l’existenee. Toutefois, la Banque mondiale reeommande eette approehe aux Etats pauvres pour la mise en reuvre des stratégies de réduetion erédibles. Cette démarehe permet de savoir quels sont les besoins que les méenages jugent néeeessaires et quels sont eeux, qui a leurs avis, sont un signe de pauvreté. Cette approehe présente des ineonvénients ear les questions posées doivent etre appropriées au eontexte de l’étude.

1.3.2 La pauvrete transitoire ou structurelle

Elle eonsiste a faire la différenee entre la permanenee dans l’état de pauvreté du a la strueture meme de la soeiété, et l’état de pauvreté transitoire qui résulte d’une eonjoneture défavorable. Cette approehe est peu utilisée ear elle néeessite un suivi lourd, toutefois elle est importante ear elle permettrait de modifier les politiques et programmes de lutte eontre la pauvretée en fonetion de sa nature strueturelle ou eonjoneturelle.

1.4 Mésure de la pauvrete

Mesurer la pauvrete revient a construire un indicateur chiffre qui quantifie l’ampleur de la pauvrete dans une zone geographique donnee. Comme la pauvrete possède plusieurs dimensions alors ses mesures pourraient eetre unidimensionnelles ou multidimensionnels se­lon les besoins d’analyse axee sur ce phenomène.

Les indicateurs de la classe FGT

FOSTER et al. (1984) ont developpe une serie d’indices qui est devenue l’une des mesures les plus utilisees au monde. Elle regroupe plusieurs aspects de la pauvrete qui varient selon le paramètre a .

L’encadre qui suit presente un indicateur de pauvrete de la classe FGT.

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Source :Extrait du rapport final sur les determinants de la pauvrete monetaire des femmes chefs de menages au Benin,page 7

Chapitre 2 Revue des travaux empiriques et approche méthodologique

Le present chapitre aborde d’une part la partie theorique de la pauvrete et d’autre part , il presente quelques etudes empiriques sur les ecarts de pauvrete et le milieu de residence.

2.1 Revue de la littérature sur la pauvreté

Aujourd’hui, l’analyse de la pauvrete reste un concept difficilement identifiable et mesurable. Les questions relatives a la lutte contre la pauvrete suscitent les problèmes de pertinence dans le ciblage des populations, du choix des politiques economiques.

De nombreux economistes venant de divers courants economiques se sont penches sur la manière d’orienter l’économie nationale en vue d’assurer le bien-etre de tout le monde.

Adam Smith

Considere comme le fondateur de l’economie politique (1723-1790), dans sa fameuse en- queete sur la nature et les causes de la richesse des nations commence par l’etude de la division du travail. La richesse d’une nation, selon lui, est constituee de toutes choses ne­cessaires et commodes a la vie que permet d’obtenir le travail annuel d’une nation8. Cette tendance veut faire penser qu’il n’y a pas de place pour la misère, voire la pauvrete dans la division du travail. A savoir, qu’une fois la division du travail etablie, un individu ne peut produire qu’une infirme partie de ce qui lui est necessaire. Pour lui, la repartition des richesses qui sont le resultat de la reunion du capital et du travail permettant de degager une mieux-value 9. Et enfin il conclut que, est consideré pauvre celui qui ne peut subvenir a ses besoins, parce qu’il ne possède pas les moyens de mettre en reuvre sa capacite de production.(R. Bisiaux, 2011)

Mais, D. Ricardo (1817) de son cote, pergoit les causes de la pauvrete dans d’autres horizons. Pour lui, la pauvrete est le resultat du faible salaire attribue aux travailleurs ne pouvant pas repondre a leurs besoins. En effet, dans la mesure ou les besoins humains ne sont pas satisfaits, on est en etat de pauvrete (J.Boncreur (1997). Pour que les pauvres connaissent des jours meilleurs, selon Ricardo, c’est seulement après que les privations aient réeduit leur nombre, ou que la demande de travail ait augmentée, que le prix de marchée de travail s’élèvera sur son prix naturel, et que le travailleur jouira du confort modeste que le taux des salaires ne lui offre pas 10.

Dans le meme fil d’idées, selon S. Langlois (1995), le seuil de pauvreté est une mesure normative qui détermine ce qu’il en coute pour survivre a un moment donné; le seuil nor- matif de pauvrete est établi a partir des dépenses encourues par l’achat d’un panier de bien sans lequel la survie serait difficile sinon impossible. L’approche normative de la pauvrete cherche a identifier les besoins fondamentaux des etres humains definis selon deux perspec­tives : la subsistance et l’universalite.

Il ajoute que dans l’approche definissant les besoins en termes de subsistance, le seuil de pauvrete correspond au cout minimum des depenses requises pour la satisfaction des be­soins de bases (logement, alimentation, habillement)11. On voit que ce seuil determine prealablement les revenus qui sont necessaires pour acheter un ensemble de biens et ser­vices assurant la survie physique. C’est pour cela qu’on qualifie de normatif a cause de la manière qu’on procede pour determiner la pauvrete, parce qu’ils dependent d’un jugement porte sur les depenses estimees necessaires pour satisfaire un niveau donne de besoins. (M. Gauthier (1987)

Par ailleurs, T. Malthus (1798) de son cete, dans l’enonce de la loi de la population, voit cette dernière s’accroitre de fagon spontanee selon une progression geometrique, alors que les moyens de subsistanee ne eroissant au mieux que selon une progression arithméetique. La eroissanee de la population finira done par buter sur une eontrainte de moyens de sub- sistanees disponibles 12. En effet, selon lui, lorsque la population s’aeerolt, la quantité de subsistanees par tete d’habitant déeroit, l’offre de main- d’reuvre étant en exeédent par rap­port a sa demande, le salaire nominal baisse. Il s’oppose done aux politiques d’assistanee aux populations défavorisees. Aider les pauvres e’est aeeroitre la pauvreté.

Selon les Neoclassiques: leur raisonnement est fondé sur le prineipe d’utilité, pour expli­quer la pauvretée.

La théorie Welfariste 13 dominante depuis deux sièeles, base le bien-etre exelusivement sur la notion d’utilité ou les ressourees monétaires (ou les revenus) déterminent son niveau. La pauvretée est alors déefinie eomme un niveau de revenu soeialement inaeeeptable.

Certains auteurs ont examiné de manières différentes la notion de la pauvreté. En effet, Peter Townsend 14 se lanee dans les années 1970 sur une approehe relativiste de la pauvreté. Selon lui, les individus peuvent etre eonsidérés en état de pauvreté quand ils manquent des ressourees neeessaires pour obtenir l’alimentation type, la partieipation aux aetivites et pour avoir les eonditions de vie et les eommodites qui sont habituellement ou sont au moins largement eneouragees ou approuvees dans les soeietes auxquelles ils appar- tiennent. Leurs ressourees sont si signifieativement inferieures a eelles qui sont determines par la moyenne individuelle ou familiale qu’ils sont, de fait, exelus des modes de vie eou- rants, des habitudes et des aetivites .

Aussi, Armatya Sen (1987) et graee a ses travaux sur la pauvrete multidimensionnelle, ex- plique a travers ses analyses que la pauvrete ne doit pas etre eonsiderée seulement eomme un manque de ressourees monetaires, il faudrait prendre en eompte les eonditions physiques des personnes et ses realisations personnels.

Enfin, Martin Ravallion (1996) dans ses travaux intitules :« Comparaisons de la Pau- vreté », analyse la pauvreté a travers les ressourees, plus préeisément sur la satisfaetion par les ressourees, il définit la pauvreté lorsque le bien etre d’une ou de plusieurs personnes n’atteint pas un niveau considéré comme un minimum raisonnable selon les critères de la sociéetée au quelle ils vivent.

2.2 Relation entre pauvreté et milieu de résidence

Aujourd’hui, le lien entre la pauvreté et le milieu auquel les ménages vivent fait l’objet de débats dans les pays en voie de développement. Certains auteurs ont essayé de montrer ce lien. En effet, dans son éetude sur les caractéeristiques de la pauvretée en milieu urbain, Lee (2000) a constatée que l’ampleur de la pauvretée varie considéerablement d’un milieu a un autre, ce qui fait ressortir la notion selon laquelle il existe une interaction complexe entre les personnes et le lieu qu’elles habitent comme condition contributive a la pauvretée. L’éetude constate que les familles dont beaucoup sont dirigéees par des femmes en zone rurale ont des chances d’etre pauvres que celles qui se trouvent en zone urbaine.

Alasia (2004) dans ces études affirme que dans plusieurs regions rurales les ménages dont le niveau de scolaritée est moins éelevée et disposant des salaires plus bas sont pauvres. Certaines de ces conditions peuvent eetre source de pauvretée dans des réegions rurales par rapport aux réegions urbaines. Les causes de la pauvretée dans les réegions rurales, qui sont le plus souvent étudiées dans plusieurs pays, incluent les faibles revenus, le manque d’emplois, les couts élevés de construction de nouveaux logements, la piètre qualité des habitations, la santé déficiente et le manque de soins de santé a distance raisonnable ainsi que les faibles niveaux d’éducation.

D’autres auteurs comme Lachaud (2002, 2010) ou Adoho et al.(2007) ont examiné les facteurs influengant les ecarts de pauvreté selon le milieu de residence dans certains pays en Afrique. Ces auteurs aboutissent a des conclusions selon lesquelles les écarts de pauvreté entre les ménages ruraux et urbains sont influencés par le niveau d’instruction du chef de ménage, l’accès a l’emploi, la localisation spatiale et le nombre de personnes dans un méenage.

Au regard de ce qui précède, il est évident qu’il existe un lien entre la pauvreté et le milieu de residence. Il convient dans la section suivante de justifier ces resultats par des etudes empiriques.

2.3 Revue empirique sur la relation entre la pauvretée et le milieu de réesidence

Plusieurs etudes ont mis en evidence le lien entre la pauvrete et le milieu de residence dans les pays africains et du reste du monde.

2.3.1 Cas de l’Afrique et du reste du monde

M.O. Attanasso (2005) a realise une etude sur l’analyse des determinants de la pau- vrete monetaire des femmes chefs de menages au Benin sur les donnees de panel (ELAM 96 et 99) a l’aide d’une regression logistique binaire. Les résultats de cette etude attestent que les effets des variables determinantes sur le niveau de vie different selon que le me­nage se trouve en milieu rural ou urbain. En milieu rural, la taille du menage et le niveau d’instruction plus bas augmentent le risque d’etre pauvres. Par contre, en milieu urbain, l’auto emploi des femmes chefs de menage, la taille de menage et l’age du chef de menage constituent des facteurs qui accroissent les risques d’âetre pauvres .

Grootaert (1997) a utilise une approche discrete dichotomique de type Probit en l’appli- quant aux zones urbaine et rurale en Cote d’Ivoire, de manière a considerer les specificites de la pauvrete dans ces deux regions. L’auteur conclut qu’il existe effectivement des differences regionales de la pauvrete et les explique en distinguant essentiellement les caracteristiques des menages propres a ces milieux, notamment les dotations en capital humain et en capital physique.

Les conclusions de l’etude de Fofack (2002) dans une application au Burkina Faso pour les annees 90 vont dans le mâeme sens.

A. Zerbo (2006) avait realise une etude portant sur la pauvrete urbaine au Burkina Faso : une exploitation de la complementarite empirique des approches de l’utilite et des capabi­lities. L’auteur a travers cette etude de l’analyse de l’impact du marche de travail sur la pauvrete monetaire et la pauvrete des capabilites, conclut que; seul l’accès des membres des menages au segment superieur du marche du travail urbain serait le moyen efficace de faire reculer ou d’eradiquer la pauvrete.

Dans le souci d’aider les decideurs a comprendre les facteurs qui caracterisent la pauvrete des ehefs de menages en fonetion des earaeteristiques du marehe du travail sur les nombreux residents au Mali, les auteurs eomme I. Gacko et al.(2011) ont analyse les determinants de la pauvrete monetaire et non monetaire dans ee pays. Ils utilisent un modele de regression logistique(logit) sur les donnees de l’enquete modulaire et permanente auprès des menages (EMOP) de 2011. En effet, deux earaeteristiques du marehe du travail ont ete retenues, notamment la situation d’aetivite du ehef du menage et l’aetivite agrieole eomme aetivite prineipale du ehef de menage. Ils eoneluent que la situation d’aetivite est signifieative seule- ment en milieu rural mais egalement pour la situation d’aetivite du ehef de menage inaetif par rapport au ehef de menage aetif. Les résultats revèlent qu’un menage dirige par un ehef de menage inaetif est de l’ordre de 16% a un niveau de vie inferieur a eelui dirige par un ehef de menage en aetivite. En outre, les ehefs de menages qui orientent leur aetivite dans le seeteur agrieole eourent plus de risque d’etre pauvres que les menages non agrieoles avee une depense de eonsommation par tete inferieure de l’ordre de 20% en milieu urbain et de 33% en milieu rural que eelle d’un non agrieole.

Dans leur papier intitule :« Théorie des ensembles flous et mesure de la pauvreté au Sé- négal », Momath C. et Massamba S. (2014) ont realise une etude sur la pauvrete mul- tidimensionnelle au Senegal, portant sur les donnees de la dernière enquete de suivi de la pauvrete au Senegal (ESPS,2011). Les resultats obtenus a partir de la deeomposition de la pauvrete indiquent des niveaux de pauvrete très heterogenes selon les regions. Par ailleurs, les resultats ont egalement montre que les menages vivant dans les zones rurales et dont les ehefs sont ages affiehent les niveaux de privation les plus eleves.

D. Mawussi (2014) a effeetuée une éetude portant sur la pauvretée multidimensionnelle au Togo. Il a utilisé la méthode d’Alkire et Foster (2007) pour analyser les inégalités de genre et de résidenee (urbain et rural) dans la pauvreté multidimensionnelle au Togo en utilisant les données de l’enquete QUIBB(2011). Il aboutit a la eonelusion selon laquelle les populations rurales(39,4%) subissent plus de privations multiples a savoir l’aeeès a eertains serviees de base, le logement, la possession de eertains avoirs durables, l’édueation, la santé, l’emploi et l’aeeès au erédit, que les populations urbaines (33,2%).

Revue sur les Caractéristiques sociodémographiques et niveau de vie des ménages

Bizimana et al.(2004) ont realise une etude sur les determinants de la pauvrete monetaire un milieu rural au Rwanda. Pour mener l’etude, un modele a ete specifie sur la base de la litterature theorique et empirique existante et en fonction des specificites de l’economie rwandaise. Ils ont estime le modèle (logit binaire) en utilisant les donnees de l’enquete integrale sur les conditions de vie des menages (EICV, 2000-2001). Ils observent que le niveau d’education du chef de menage et la taille du menage sont l’une des variables sociodemographiques qui peuvent justifier le niveau de vie des menages. L’âge du chef de menage et le nombre d’enfant dans le menage constituent des determinants principaux de la pauvrete. Ils montrent a la suite de cette etude que la pauvrete dans ce milieu est surtout causee par la faiblesse de l’education et une taille elevee du menage.

Sur la meme lignee, les resultats de l’etude menee par D. Medjedji (2004) au Benin en utilisant des donnees de panel (ELAM 96 et 99) ont montre que l’education est un facteur de non pauvrete de long terme et que la taille du menage fait partie de la variable demo- graphique qui determine l’entrée du menage dans la pauvrete.

Une etude similaire a ete realisee a Madagascar, sur la dynamique de la pauvrete rurale effectuee par Gondard (2004) sur des donnees de Panel allant de 1998 en 2002 issues des observatoires ruraux en utilisant un modele de regression logit multinomiale. Cette etude a montre que certaines variables comme la composition demographique du menage et l’âge du chef de menage n’influencent pas significativement la pauvrete.

L’approche Blinder-Oaxaca permet-elle d’identifier les causes des ecarts de pauvrete en Guinee ?

F. Adoho et D. Boccanfuso (2007) ont essaye de repondre a cette thematique par une analyse des profils de pauvrete. Ils ont utilise les donnees issues de l’Enquete Integrée de Base pour l’Evaluation de la Pauvrete(EIBEP) en Guinee. Ils concluent que les caracteris­tiques expliquant la pauvrete rurale different de celles des menages vivant en zone urbaine. C’est le cas notamment du niveau d’instruction du chef de menage, de la categorie socio- professionnelle dans laquelle il evolue ainsi que son accès aux services de base. Ils montrent également que l’écart de pauvreté entre les deux milieux ne peut etre expliqué qu’a 24,09% par les difféerences observéees au niveau des caractéeristiques des méenages et que l’effet des coefficients préedominent avec 75,91%.

M. Grimm et al.(2001) ont effectué une étude sur l’évolution de la pauvreté urbaine en Cöte D’Ivoire : Une analyse sur 15 ans d’enquete sur les ménages ivoiriens. Les auteurs ont utilisé un modèle logit pour estimer les déterminants des différentes formes de pauvreté. En effet, en ce qui concerne la pauvreté monétaire, les auteurs ont abouti a la conclusion selon laquelle l’ege du chef du ménage n’est pas une caractéristique pertinente du niveau de vie du méenage de ce milieu.

M.S. Badji et D. Boccanfuso (2006) dans leur article « tendance devolution de la pau- vreté feminine et de ces determinants : le cas des menages conduits par des femmes au Senegal »ont mené une étude portant sur la tendance d’évolution de la pauvreté féminine au Sénégal. Ils ont utilisé les données de deux enquetes Sénégalaises auprès des ménages réealiséees entre mars 1994 et avril 1995. La méethodologie utiliséee pour analyser les déetermi- nants de la pauvreté des ménages dirigés par des femmes par ces auteurs est tiré d’une note technique de la Banque mondiale (2002) 15. Les résultats de cette étude montrent que la possession de certains biens (automobile, réfrigérateur ou congélateur par exemple) pour- rait contribuer a améliorer les conditions d’existence des menages en milieu urbain tout comme en milieu rural.

En s’appuyant sur deux enquetes nationales auprès des ménages, réalisées en 1990 et 1996, Lachaud avait effectué une étude portant sur les facteurs micro-économiques de la reduc­tion de la pauvreté et de l’inégalité en Mauritanie. Pour parvenir aux résultats, l’auteur fait recours a la décomposition de Blinder Oaxaca(1973) du type logit. Les résultats de cette étude attestent que la pauvreté des ménages ruraux et urbains est influencee par l’instruction du chef de menage, l’accès a l’emploi.

2.3.2 Cas du Cameroun

La litterature sur l’analyse des ecarts de pauvrete des menages selon le milieu de residence au Cameroun reste peu fournie.

En effet, les auteurs tels que Fambon et al.(2001) ont effectue une etude portant sur l’ana- lyse de pauvrete et la repartition des revenus au Cameroun. Pour parvenir aux resultats, les auteurs ont fait recours aux donnees d’ECAM II. Ils aboutissent a la conclusion selon laquelle la pauvrete touche plus la population rurale par rapport a celle du milieu urbain, avec un taux de 50% des menages pauvres suivant leurs determinants suivantes : le niveau d’education, la zone de localisation, le statut dans l’occupation, la taille du menage, le groupe socioeconomique. Les conclusions de l’etude effectuee par Dubois et Amin (2000), vont dans le meeme sens.

Prospere Backiny et al.(2009) dans leur etude sur la pauvrete et perceptions des popu­lations au Cameroun entre 1996 et 2001, utilisent une regression logistique du type logit binaire sur la pauvrete et les donnees des deux enqueetes sur les conditions de vie des me- nages camerounais (ECAM 1 et 2) realisees respectivement en 1996 et 2000. Les resultats montrent que les variables comme le niveau d’instruction, la taille du menage et celles liees au marche du travail influencent la pauvrete en milieu urbain tout comme en milieu rural. Quant au cycle de vie, quand l’âge augmente cela contribue faiblement a une baisse de la pauvrete en milieu rural.

Dans l’ensemble, les enseignements de la litterature empirique de la pauvrete selon le milieu de residence different en fonction du contexte du pays dans lequel l’on se trouve. Mais de manière generale, la plupart des etudes aboutissent a la conclusion selon laquelle la pauvrete en milieu rural est surtout caracterisee par le manque d’accès a l’education, par l’augmen- tation de la taille du menage, l’âge du chef de menage, l’accès au marche du travail, la possession de certains biens durables. En milieu urbain, la pauvrete est surtout caracterisee par le manque d’accès au marche du travail, l’âge du chef de menage, ainsi que la taille du menage. La decomposition de blinder Oaxaca montre que les caracteristiques expliquant la pauvrete rurale different de celles des menages vivant en zone urbaine. Le niveau d’instruc­tion, la categorie socioprofessionnelle dans les quels le chef de menage evolue, l’accès aux services de base sont les determinants de la pauvrete.

2.4 Approche méthodologique de l’étude

Le but visée par le préesent travail est d’analyser les faeteurs qui expliquent les éeearts de pauvreté selon le milieu urbain et rural. La démarehe adoptée s’inspire des travaux de F. Adoho et D. Boeeanfuso(2007) sur les eauses des éearts de pauvreté en Guinee. La démarehe generale que nous adoptons dans eette etude est strueturée de la manière suivante :

- L’analyse deseriptive : eette etape preliminaire eonsiste a trouver les variables qui sont liees a la situation de pauvrete des menages eamerounais;
- L’analyse faetorielle des eorrespondanees multiples : eette etape nous aidera a faire ressortir le profil de pauvrete monetaire des menages;
- La modelisation : eette derrière etape nous permet d’analyser les determinants de la pauvrete entre les milieux rural et urbain puis expliquer les sourees des eearts de pauvrete a l’aide d’un modele logit en mettant en reuvre la deeomposition d’Oaxaca- Blinder propose par Yun (2004,2005) et Yun et al.(2006)

2.4.1 Modele économétrique

L’etude vise a eapter les faeteurs qui eontribuent a l’explieation des eearts de pau- vrete selon le milieu de residenee. Pour eela, nous nous referons de la revue de litterature présentee préeedemment. Or, les debats sur les modèles lineaires et non lineaires ne datent pas d’aujourd’hui. Le ehoix du modèle de regression utilise depend de la manière d’illustrer le differentièl de pauvrete. Dans eette etude, le différentiel de pauvrete est mesure par la differenee de proportion entre les menages ruraux pauvres et eeux du milieu urbain pauvres, qui peut etre obtenue asymptotiquement en ealeulant l’esperanee mathematique des diffe- renees de probabilité d’etre pauvre entre le milieu rural et le milieu urbain. Cette différenee de probabilité peut déja nous orienter vers un ehoix de modele non linéaire.

Choix du modèle

Dans eette étude, l’éeart de pauvreté est mesuré par la différenee de proportion entre les menages pauvres du milieu rural et eeux pauvres du milieu urbain, qui peut eetre obtenue en ealeulant l’esperanee mathematique des diflerenees de probabilite d’etre pauvre entre le milieu rural et le milieu urbain.

De ce fait, la détermination des facteurs qui expliquent le plus les écarts de pauvreté selon le milieu de résidence sera obtenue a travers la méthode d’ Oaxaca- Blinder développée par Yun (2004) et la regression logistique.

Historique du modèle de decomposition de Oaxaca-Blinder (1973)

A. Blinder et R. Oaxaca qui l’introduisent en 1973 dans la littérature écono- mique. Cette technique de décomposition de Blinder-Oaxaca(1973) permet d’identifier les sources des difféerentiels de revenu entre groupes et de quantifier les contributions séepa- réees des difféerences de groupe dans les caractéeristiques mesurables notamment : le niveau d’éducation, l’expérience sur le marché du travail, la pauvreté, les milieux de residence, les groupes socioéeconomiques et la contribution des difféerences de rendement de ces caractéeris- tiques.Dans la meme année, Blinder (1973) utilisait la meme méthode pour analyser l’écart de salaire entre les hommes noirs et les hommes blancs et l’écart salarial hommes-femmes parmi les blancs aux Etats-Unis. Il s’agissait pour ces deux auteurs d’expliquer l’écart de salaire moyen, observé entre les deux groupes démographiques en deux types d’effets. Celui expliquée par la difféerence au niveau des caractéeristiques entre les deux groupes et celui expliqué par la variation des coefficients des caractéristiques, c’est-a-dire la variation de l’impact qu’ a chaque caractéristique sur le salaire. L’effet des caractéristiques fournit ainsi la contribution de chaque facteur lorsque leurs coefficients sont maintenus fixes. Quant a l’effet des coefficients, il exprime la contribution des coefficients lorsque les caractéeristiques au sein de chaque groupe sont les memes. Il importe de mentionner que très tot, la me­thode de décomposition de Blinder-Oaxaca a fait l’objet de nombreuses applications dans plusieurs domaines de l’économie. Cette approche a été la plus utilisée dans les dernières décennies pour identifier et quantifier les causes sous-jacentes des differences raciales ou des difféerences entre les individus de sexe difféerent observéees sur le marchée du travail, dans l’éeducation et autres.

La technique de décomposition de Oaxaca-Blinder est facile a appliquer dans la mesure ou elle requiert seulement une simple regression linéaire de la variable d’intéret sur les carac- téristiques choisies; ensuite, elle utilise la moyenne de l’estimé de la variable d’intéret ainsi que celle des caractéristiques pour proceder a la decomposition. Cependant, lorsque l’on se trouve en préesence de variables explicatives qualitatives, les coefficients issus d’une telle regression ne pourront plus etre utilisés directement pour une décomposition.

C’est dans cette perspective qu’au début des années 80, une nouvelle vague de travaux sera lancée par Jones (1983) et il est le premier a soulever cette faiblesse de la décomposition proposée par Oaxaca et Blinder. Qualifiant ainsi leur méthode d’application arbitraire et ininterprétable, il réussit a démontrer que la contribution d’une variable binaire varie en fonction du choix du groupe de référence 16.

Pour répondre a la critique posée par Jones, Oaxaca et Ransom (1999) montrent que de facon genérale, les décompositions conventionnelles ne permettent pas d’identifier la contri­bution des variables nominales car il est seulement possible d’estimer l’effet relatif d’une variable nominale. Ils soulignaient ainsi que la décomposition détaillée de l’effet des coef­ficients ne peut que souffrir d’un problème d’identification étant donné que l’effet détaillé des coefficients attribue aux variables nominales varie en fonction du choix du groupe de reference. Quant a Gelbach (2002), il relève qu’il ne s’agissait pas d’un problème d’identi­fication mais plutot de l’hétérogénéité de la population dans l’estimation des paramètres.

Plusieurs resultats de certaines etudes sont obtenues davantage en appliquant cette decom­position. Ainsi, Nielsen (2000) propose une solution pour résoudre le problème d’identifi­cation pose par la decomposition de Oaxaca-Blinder en transformant l’effet des coefficients. Il reussit a obtenir une invariance de l’effet detaille des coefficients. Cependant, la transfor­mation qu’il obtient ne permet pas de distinguer la constante des variables nominales, et les calculs aboutissant a cette transformation sont assez encombrant lorsqu’on est en presence d’un ensemble de variables nominales.

En 2004, Yun developpe une methodologie simple et generale qui permet d’obtenir la regression normalisee et de l’appliquer a la decomposition d’Oaxaca. Cette methode vient ameliorer certaines insuffisances relevees dans les precedentes dans la mesure ou elle permet d’eviter le problème de dependance liee a l’ordre des substitutions et peut fonctionner sans restriction quant aux formes fonctionnelles des modèles statistiques. Cette approche etend la decomposition d’Oaxaca aux modeles non lineaires. Yun (2004) generalise son analyse a la décomposition des differences sur le premier moment(moyenne) de la variable d’intéret et montre qu’une décomposition du type Oaxaca pour les differences sur le premier moment peut etre facilement combinée avec une équation normalisée.

Plus tard en 2005, Yun a proposé une autre approche qui consiste a transformer liqua­tion normale issue de la regression par les moindres carées ordinaires de Oaxaca-Blinder en une équation appelée « équation de regression normalisée ». La méthode proposée par Yun (2005) permet ainsi de résoudre le problème d’identification lié au choix de groupes de référence dans la décomposition d’Oaxaca-Blinder lorsqu’on veut procéder a une décompo- sition détaillée. Plus récemment, Yun et al.(2006) combinent les approches de la Banque mondiale (2003), de Bourguignon et al. (2002) et celle de Yun (2004, 2005) pour analyser les écarts de niveaux de pauvreté entre ménages serbes et albaniens au Kosovo. Cette méthode se décompose en cinq etapes principales :

- la spécification et regression du modèle ;
- les déterminants de la pauvreté dans chaque groupe(rural et urbain);
- la décomposition des écarts de pauvreté selon l’approche Oaxaca-Blinder;
- la contribution d’une variable k, sur l’écart total de pauvreté entre deux groupes selon l’approche proposée par Yun(2004) et enfin,
- les tests de significativité des coefficients de la regression a l’aide de la méthode delta(Yun,2005).

Specification du modèle

La spécification d’une relation linéaire entre la variable yi et les variables explica- tives Xi pose plusieurs problemes dont l’hétéroscédasticité des erreurs. Pour éviter ces problèmes, la solution est de supposer que yi est la manifestation d’une variable continue inobservable, elle-meme reliée aux variables explicatives Xi. La variante que nous utilisons est celle des modèles dichotomiques ou la variable a expliquer est binaire17. Il s’agit géenéeralement d’expliquer la survenue ou la non survenue d’un éevéenement, tel qu’il est le cas dans ce travail.

[...]


1 Ce concept a été propose la premiere fois en 1901 en Angleterre quand B. S. Rowntree étudiait les pauvres dans la ville York

2 Cours de technique de pauvreté ISE3 , ISSEA 2015

3 Comme le souligne Razafindrakoto et Roubaud (2001)

4 Techniques de mesures et d’analyse de la pauvrete dans les Etats membres d’AFRISTAT. Support de cours sur la pauvreté , ISE3 ISSEA

5 Il s’agit de l’individu qui realise le nombre le plus eleve d’heures travaillees sur le marche

6 ONU 2012

7 developpée par BOTH (1969) et ROWNTREE (1901).

8 Jean Boncoeur et al, p.84(1997)

9 Tirer du colloque sur l’inegalite et pauvrete dans les pays riches (2012)

10 Claud Schwab, p. 71 (2001)

11 M. Gauthier p. 199 (1987)

12 Claude Schwab(2001)

13 Welfarisme : école qui définit le bien-etre social exelusivement a partir des fonctions d'utilite i.e. la satisfaction des préférences . Elle s'est développée comme une vue strictement économique du meilleur arrangement social, dominée par deux concepts : croissance et efficacite ( Mesure de la pauvreté : un cadre conceptuel , Asselin, Dauphin (2000))

14 Sociologue anglais ancien Professeur a la London School of Economics

15 Précisons que ces auteurs régressent le log du revenu per capita en s’appuyant sur l’argument que la distribution de cette variable se rapproche plus d’une distribution normale que le revenu exprimé en niveau (Appleton, 2001). De plus, la relation entre le revenu et les variables explicatives étant probablement non lineaire, il est frequent de transformer ces variables sous forme logarithmique (Canagarajah et al.2003)

16 Suivant une étude réalisée sur les écarts de salaire entre les hommes et les femmes australiens, Jones (1993) demontre d’une part, que lorsqu’on est en presence de variables binaires, l’ecart observe dans la variable d’interet du a l’effet des caracteristiques est invariant au choix des groupes de references. D’autre part, il montre que lorsqu’on separe la partie de l’ecart du a la discrimination residuelle tel que souligne par Blinder en deux composantes a savoir la partie liee aux effets des coefficients des caracteristiques et celle liee a l’effet de la constante, la contribution de ceux-ci varie en fonction du choix des groupes de references

17 Une variante de ce type de modèle est le modèle logit qui donne les résultats que le modèle probit, a la seule difference de la loi de probabilité de la loi des erreurs du modèle

Fin de l'extrait de 102 pages

Résumé des informations

Titre
Déterminants des écarts de l'incidence de pauvreté entre les milieux rural et urbain au Cameroun
Auteur
Année
2017
Pages
102
N° de catalogue
V914892
ISBN (ebook)
9783346239433
Langue
Français
mots-clé
determinants
Citation du texte
Dukken Gaphi Ossouna (Auteur), 2017, Déterminants des écarts de l'incidence de pauvreté entre les milieux rural et urbain au Cameroun, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/914892

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