L'articulation des modes de production comme alternative à l'economie minière face à la survie dans l'hinderland minier du Katanga

Une contribution à la théorie de la matricialité économique


Livre Spécialisé, 2019

251 Pages, Note: 18/20


Extrait

IN MEMORIUM

De mes parents : Augustin MUNYABARENZI et Aurélie KAMUNAZI ;

De mes grands frères : André MUNYANEZA, Joseph NVUYEKURE et Zacharie MUNYABARENZI ;

De mes grandes sreurs : Yvonne NTAMITONDERO et Anastasie NYIRARWANGANO.

Tous emportés par des morts tragiques.

MANIRAGUHA BALIBUTSA Mathieu Aurel

DÉDICACE

A mon épouse Chantal NKIKO TUZA ;

A tous mes enfants.

Que ceci vous serve de modèle pour construire la philosophie du vécu quotidien dans les pays a ressources limitées.

MANIRAGUHA BALIBUTSA Mathieu Aurel

AVANT-PROPOS

L'auteur de cet ouvrage intitulé « L' ARTICULATION DES MODES DE PRODUCTION COMME ALTERNATIVE Â L’ÉCONOMIE MINIÈRE FACE Â LA SURVIE (Une contribution a la théorie de la matricialité économique) » a exploité différentes sources qu'il a jugées dignes de foi dans la logique de fournir quelques pistes de solution aux problèmes qui gangrènent les sociétés africaines en général et, particulièrement celles réputées a ressources limitées.

Cet ouvrage servira aux peuples évoluant dans les pays dits « sous-développés» a trouver quelques voies de sortie par rapport au blocage dans le processus d' émergence des moyens de survie en évoquant quelques types de modes de production adaptables dans les milieux naturels des populations sous études et en expliquant quelques aspects liés a ces pratiques. Il s'agit pratiquement d'un dépassement d'un simple entendement de la vie ordinaire.

En effet, nous sommes parti des données empiriques récoltées dans l'espace « Grand Katanga» pour généraliser les résultats a tous les milieux a ressources limitées. Soit, l'effondrement de l'économie minière qui a longtemps soutenu la survie les populations de cette partie de la République Démocratique du Congo, pour des raisons pratiques, elles ont opté d'utiliser l'articulation des modes de production afin de quitter l'impasse qui limite l'épanouissement des congolais en général et des katangais en particulier.

Depuis l'Union Minière du Haut Katanga a l'époque coloniale jusqu'a la GÉCAMINES, le Congo considérait cette dernière comme étant le poumon de l'économie nationale car elle détenait le monopole dans le domaine de l'exploitation du cuivre et ses dérivées. Ce n'est que vers les années 1990 que ce géant minier connaissait sa chute avec la cohabitation avec plusieurs autres petites entreprises minières communément appelées MINING.

LISTE DES IMAGES

Image 1 : Groupes Sud, Centre et Ouest de la Gécamines

Image 2 : Le concassage des cailloux pour la commercialisation

Image 3 : Un couple avec leurs enfants a la recherche des pierres précieuses

Image 4 : Une maman accompagnée de son enfant a la recherche des hétérogénites pour assurer la survie

Image 5 : La déforestation de la végétation par l’exploitation artisanale des mines

Image 6 : La déforestation de la Flore par les résiduels des minerais

Image 7 : Une maman accompagnée de ses enfants a la recherche des minerais a commercialiser

Image 8 : L’entretien d’un enqueteur avec les enfants abandons d’école a Likasi

Image 9 : Le recrutement des saliseurs (Transporteurs) des minerais parmi les enfants/ écoliers

Image 10 : Un trou d’entrée vers une galerie d’une mine artisanale a Kipushi

Image 11 : Le creusage d’un trou a la recherche des minerais

Image 12 : Des filles-mères a la recherche de l’autofinancement a Kipushi

LISTE DES GRAPHIQUES

Graphique 1 : Production du cuivre par l’UMHK en milliers de tonnes

Graphique 2 : Production du cobalt par la Gécamines en milliers de tonnes

Graphique 3 : Production de l'or par la Gécamines en Kilogrammes

Graphique 4 : Évolution de la production du cuivre et des métaux associés

Graphique 5 : Évolution de la production du cuivre a la SODIMICO

Graphique 6 : Production de l'acide sulfurique pour le compte de la Gécamines

Graphique 7 : Production des produits explosifs par l’Afridex

Graphique 8 : Production du ciment et chaux en tonnes

Graphique 9 : Production des centrales hydroélectriques de la Gécamines

Graphique 10 : Production du charbon destiné a l'industrie du cuivre

Graphique 11 : Production du charbon destiné a l'industrie du cuivre

Graphique 12 : Evolution de la main d'reuvre utilisée dans l'industrie cuprifère et entreprises connexes

LISTE DES TABLEAUX

Tableau N° 1 : Production du cuivre par l’UMHK en milliers de tonnes

Tableau N° 2 : Production du cobalt par la Gécamines en milliers de tonnes

Tableau N° 3 : Production du cadmium par la Gécamines en milliers de tonnes

Tableau N° 4: Production d’or par la Gécamines en Kg

Tableau N° 5 : Évolution de la production du cuivre et des métaux associés

Tableau N° 6 : Installations industrielles de la Gécamines, Extraction minière : carrière et mines souterraines

Tableau N° 7 : Installation industrielle a la Gécamines, concentration : concentrateur et laverie

Tableau N° 8 : De l’installation industrielle a la Gécamines, traitement métallurgique : usines hydrométallurgiques et thermiques

Tableau N° 9 : Évolution de l’implantation des services a la SODIMICO

Tableau N° 10 : Évolution de la production du Cu et autres métaux a la SODIMICO

Tableau N° 11 : Production d’acide sulfurique pour le compte de la GCM (en tonnes)

Tableau N° 12 : Production des produits explosifs par AFRIDEX

Tableau N° 13 : Production du ciment et chaux en tonnes

Tableau N° 14 : Production des centrales hydroélectriques de la Gécamines jusqu’en 1970 en millions de KWh

Tableau N° 15 : Production du charbon destiné a l’industrie du cuivre (en milliers de tonnes)

Tableau N° 16 : Production de la farine de mais a la minoterie de KAKONTWE

Tableau N° 17 : Contribution du cuivre au PNB et aux exportations nationales (1959­1970)

Tableau N° 18 : Contribution de la Gécamines aux recettes de l’État (en dollars US) (1967-1990)

Tableau N° 19 : Évolution de la main d’reuvre utilisée dans l’industrie cuprifère et entreprises connexes

Tableau N° 20 : Réseau routier au Grand Katanga

Tableau N° 21: Réseau ferroviaire du Katanga

Tableau N° 22 : Réseau fluvial et lacustre du Katanga par axe

Tableau N° 23 : Quantité de vitamines contenue dans quelques aliments

Tableau N° 24 : Composition nutritionnelle des aliments de base au Katanga en %

Tableau N° 25 : Le manioc

Tableau N° 26 : Sex. Ratio entre offre et demande en Mais au Katanga

Tableau N° 27 : Sex. Ratio entre offre et demande en Riz au Katanga

Tableau N° 28 : Sex. Ratio entre l’offre et la demande en Haricot au Katanga

Tableau N° 29 : Sex. Ratio entre l’offre et la demande en Arachide au Katanga

Tableau N° 30 : Production du mais par district au Katanga

Tableau N° 31: Rendement du mais par district au Katanga 1990-1994

Tableau N° 32 : Le mais

Tableau N° 33 : Le haricot

Tableau N° 34 : Manioc

Tableau N° 35 : Le riz

Tableau N° 36 : L’arachide

Tableau N° 37 : Évolution du budget consacré a l’agriculture par rapport au budget national global en million de dollars américains

Tableau N° 38 : Évolution des salaires a la Gécamines pendant la période de 1982-1992 en Zaires

Tableau N° 39 : Effectifs a la fin du mois de mars 2002

Tableau N° 40 : La répartition par catégorie

Tableau N° 41 : Personnel d’exécution

Tableau N° 42 : Le personnel d’encadrement

Tableau N° 43 : Par localisation géographique

Tableau N° 44 : Répartition par secteur d’activités

Tableau N° 45 : Répartition des effectifs par tranche d’âges

Tableau N° 46 : De l’estimation des coüts de sortie des partants volontaires

Tableau N° 47 : Par palier

Tableau N° 48 : Simultanément en 3 ans, a raison de 63,0 Millions USD par an

Tableau N° 49 : Par catégorie

Tableau N° 50 : Quelques solutions aux problèmes d’argents chez les Citadins du Sud Katanga

Tableau N° 51 : Quelques solutions aux problèmes alimentaires des centres urbains du Haut Katanga Industriel

Tableau N° 52 : Résultats d’analyse du laboratoire

Tableau N° 53 : Selon EMILIAN KOLLER

Tableau N° 54 : Selon la liste néerlandaise

Tableau N° 55 : Rapprochement Résultats obtenus - Seuil de Koller

Tableau N° 56 : La recurrence des maladies par quartier environnant un centre de diffusion de la pollution

Tableau N° 57 : L’évolution des éffectifs des élèves dans les écoles a Kapolowe

0. INTRODUCTION

Nous nous sommes référé a l'espace dit « Hinterland Minier du Katanga » comme échantillon. En effet, depuis 1910, le Katanga avait connu les premières exploitations de son sous-sol. La ceinture minière du Sud-est de cette province couvrant toutes les concessions de l'UMHK., comprenant pratiquement le district du Haut Luapula fit communément appelés Haut Katanga industriel (HKI) ; cette appellation fut officialisée lors de la création des zones économiques sur l'ensemble du territoire congolais.

Les potentialités minières du Haut Katanga industriel ont contribué a l'aliénation des mentalités des travailleurs de l'U.M.H.K. (devenue plus tard GÉCAMINES). Elles n'ont pas permis aux travailleurs des différentes compagnies minières du Katanga de développer l'esprit d'entreprenariat: ils n'ont jamais envisagé de recourir a d'autres modes de production pour garantir leur survie), ils se sont contentés uniquement de leur travail de salarié, lequel était organisé selon les principes capitalistes.

Les énormes potentialités minières du Haut Katanga industriel couvrent principalement les entités suivantes : Kipushi, Kasumbalesa, Lubumbashi, Likasi, Kambove, Kakontwe, Shinkolobwe, Luisha, Lukuni, Kolwezi, Luena, Fungurume, Kilwa, Kakanda, etc. Leur mise en exploitation rapide, la construction en un temps record des complexes métallurgiques a Lubumbashi, a Panda et a Shituru, fit du HKI une sorte de WITWARSLAND belgo-congolaise (TSHIBANGU KABET MUSAS., 1999).

C'est grâce au développement minier du HKI que furent érigés dès 1919, les complexes métallurgiques de HOBOKEN d'OLSEN. De la sorte le HKI était devenu le fief de l'U.M.H.K, elle-meme devenue en 1920 une des filiales centrales de la Société Générale de Belgique ; principal groupe financier Belge (TSHIBANGU KABET MUSAS., 1999). A ce propos, deux principaux aspects antagonistes se dégagent. D'une part l'enrichissement sensible de la métropole, d'autre part, la paupérisation massive de la masse ouvrière qui a longtemps travaillé dans l'Hinterland minier du Katanga.

1. Objet et contexte de l’analyse

Le projet de cette étude s'inscrit dans le cadre d'une analyse anthropologique. Il s'agit d'une nouvelle approche qui vise l'explication de l'émergence progressive d'une nouvelle filière. Cette étude a recouru a une logique interdisciplinaire. Pour ce cas précis, il s'agit d'un apport des disciplines suivantes : L'anthropologie, la sociologie, les mathématiques, l’histoire et l’économie. Les objectifs de cette étude visent d’arriver a poser des jalons méthodologiques en anthropologie grâce a l’étude assidue des aspects socio- économiques de première main ainsi que des interactions qui ont cours dans le processus de la production et de l’échange des biens produits dans le Katanga ancien.

Autrement dit, cet exercice anticipe les résultats de type anthropologique réalisable a partir des recherches empiriques de type ethnographique dans la logique de comprendre le mode de vie des habitants du Katanga. Cet hinterland minier principalement caractérisé par l’exploitation minière, a été pendant longtemps protégé de la crise socio-économique grâce a sa production minière de type capitaliste. Actuellement, il n’est pas exempté de la disette multidimensionnelle que traverse la R.D.CONGO. Cette crise s’enracine depuis plusieurs années et s’explique par différents événements qu’a connus le pays au cours de son histoire. Citons entre autres parmi les cas les plus éloquents : la zai'rianisation (la crise socio- économique), l’application des différents programmes des institutions financières internationales caractérisés par des budgets sociaux destinés aux Etats en détresse, la chute des cours des matières premières observée au début des années 1990, l’instabilité politique et la transition politique prolongées, les pillages de 1991 et 1992, les conflits Katangais- Kasaiens, le conflit armé successif (guerre de libération de l’AFDL et celle d’agression ) ainsi que la mise en application de l’opération « Départs volontaires ». Ces différents événements ont contraint les habitants de cette contrée de la R.D.Congo de composer avec la débrouille pour subvenir a leurs besoins fondamentaux.

2. Interconnexion réflexive

Le phénomène de l’articulation des modes de production que nous proposons d’analyser est a la fois ancien, nouveau et future. En effet, il a toujours existé d’une manière manifeste ou latente dans les formations sociales des peuples africains en général et des congolais en particulier. Pour ce dernier cas précis, les salariés de l’HINTERLAND MINIER du KATANGA en constituent un modèle illustratif. En dehors du mode de production capitaliste duquel ils sont sensés tirer l’essentiel de leur survie, ils recourent aussi a d’autres modes de production parmi lesquels : le mode de production lignager, mode de production d’économie de contingence et le mode de production cynégétique principal em ent afin de combler les insuffisances du premier.

Notre analyse a pour fondement la pensée de MWABILA MALELA qui a initié le concept «institution informelle de solidarité » pour parler du KINKURIMBA (MWABILA MALELA., 1971). Selon cet auteur, le KINKURIMBA se manifeste chez les travailleurs salariés du Haut Katanga Industriel en tant que stratégie de vie pour la survie ; une tentative de résistance de ces travailleurs au regard de la médiocrité de leurs conditions d’existence dans une économie de crise.

A la suite de cet auteur, et ayant suffisamment fréquenté les sites ou vivent les travailleurs des entreprises Minières et particulièrement ceux de la GÉCAMINES, nous montrerons dans cette analyse comment le capitalisme a excessivement dépouillé le travailleur de toute sa personnalité et de son identité ouvrière au sein d’une entreprise naguère prospère. Cet ouvrier abandonné par l’entreprise paternaliste s’est adonné a des activités informelles pour assurer sa survie quotidienne. Après sa retraite, au lieu de se reposer, il se fait réengager ailleurs soit dans une autre entreprise minière ou de services soit encore comme sentinelle a des magasins des capitalistes.

L’historien DIBWE dia Mwembu, en évoquant les questions relatives a la détérioration des conditions de vie des travailleurs salariés, montre que durant la période allant de 1910 a 1999, l’amélioration des conditions de vie des travailleurs salariés de l’Union Minière du Haut Katanga n’a pas été un fait philanthropique de l’entreprise vis-a-vis de ses travailleurs africains. Elle a été le résultat de nombreuses négociations entre l’employeur et cette main d’reuvre (DIBWE dia MWEMBU, 2001).

La réalité desdites négociations a été matérialisée a partir de 1940 ; période au cours de la laquelle des changements sociaux ont atteint leur apogée. Ce n’est qu’en 1946 qu’un cadre institutionnel appelé « Comité Indigène d’Entreprise » a été instauré. Ce dernier ne comptait que des agents de niveau d’instruction relativement bas, donc incapables de s’octroyer a la longue une tradition et une culture syndicales.

Cependant, les deux sécessions Katangaise et Kasai'enne incompatibles avec l’amélioration des conditions de vie qui avaient eu lieu a la veille de l’indépendance dont la création des magasins de vente des vivres et l’avènement de la deuxième République en 1965, ont contribué a la détérioration progressive des conditions de vie des travailleurs de la GÉCAMINES. Ce qui a entrainé la disparition du modèle culturel dominant communément appelé « identité ouvrière » (DIBWE dia MWEMBU., 2001).

Dans ses conclusions, l’auteur ajoute que la GÉCAMINES a ainsi perdu toutes ses qualités de « BABA » et de « MAMA » dans la mesure ou elle n’assurait ni ne privilégiait plus la sécurité sociale.

Les travailleurs furent abandonnés a eux-memes. La grande famille pour laquelle elle avait investi des capitaux colossaux a commencé a s'effriter et a disparaitre, pour laisser sa place a une société dans laquelle le slogan «chacun pour soi et Dieu pour tous » devenait monnaie courante.

C'est cette analyse de Dibwe dia Mwembu qui nous a permis de constater l'abandon des travailleurs par la GÉCAMINES. Ces derniers ont perdu l'identité ouvrière a cause, entre autres, de l'effritement de la politique paternaliste de l'entreprise. De la sorte, les travailleurs se sont obligés de recourir a la pratique de la multiplication des alternatives de survie, desquelles naitra « l'articulation des modes de production » comme réaction a la crise socio économico financière.

En rapport avec la crise socio-économique du peuple congolais dont les travailleurs de la GÉCAMINES font partie, le professeur KAZADI KIMBU, dans sa thèse « capitalisme périphérique et lutte des classes au Zaire » une contribution a la critique de la Sociologie de l'impérialisme », a analysé la loi du fagonnage capitaliste comme condition de reproduction impérialiste. Il a posé les fondements de la lutte des classes dans la société congolaise capitaliste en proposant des voies de recherche en sociologie d'un développement collectif autocentré par la lutte anti-impérialiste; la socialisation des forces marginalisées et les perspectives de la lutte des classes au Congo (KAZADI KIMBU., 1993).

Cette étude en sociologie du développement nous a inspiré pour énoncer notre problématique. Pour notre part, nous estimons qu'il est possible, avec l'actionnalisme Auto Dynamisant, d'opérer une tentative de construction d'une branche spécialisée d'anthropologie du développement, dans le combat que mènent les opprimés et les travailleurs de la GÉCAMINES en particulier.

Cette réflexion rejoint notre preoccupation primordiale selon laquelle les deux institutions financières internationales a savoir le Fond Monétaire International et la Banque Mondiale sont pourvoyeuses du souffle qui pérennise la vitalité du capitalisme périphérique. L'opération « Départs Volontaires» a la GÉCAMINES serait une expression évidente de l'essai de la régénérescence et de la récupération de la situation qui leur avait échappé momentanément.

L.MOTTOULE en 1946, en se penchant sur l'application de la politique dite paternaliste de stabilisation de la main d'reuvre a la GÉCAMINES, avait évoqué les avantages qu'on accordait aux agents en vue de leur faciliter la constitution d'une famille sur le lieu de travail. En effet, l'organisation d'un service médical de premier ordre était la création de l'reuvre pour la protection de l'enfant noir afin de lutter contre la mortalité infantile. La mise en reuvre pour les enfants du personnel des écoles primaires et d'enseignement professionnel et technique sont autant d'éléments caractéristiques de cette politique. En plus, le développement des foyers sociaux pour la formation des épouses serait l'établissement d'une échelle des salaires récompensant l'ancienneté et encourageant la qualification professionnelle; l'instauration d'un système de sécurité sociale suivant le schéma pratique dans les pays occidentaux les plus avancés, par exemple; les allocations familiales, les congés payés, la rente d'invalidité, la pension de vieillesse, l'assurance décès, etc.

Cette réflexion de MOTTOULE nous a permis de découvrir que la politique paternaliste qui a aliéné l'esprit de créativité chez les travailleurs de la GÉCAMINES, les a prédisposés a la pratique des activités informelles comme réaction a la perte de l'identité ouvrière. Ce qui a entrainé la nécessité de développer en eux de nouvelles stratégies d'auto prise en charge, un véritable moteur de leur libération vis-a-vis de toutes les structures d'infantilisation et de paupérisation.

Quant a Nday wa Mande., 2004, il souscrit au volet logicomathématique et physique qui sous-tend le contrat en faveur du développement planétaire. Conscient que la rationalité logicomathématique et physique est a la base de la haute technologie qui a hissé certains pays en pays grandes puissances, les U.S.A. et l'Europe unie, il se pose la question de savoir quelles solutions peuvent etre préconisées pour faire face aux multiples problèmes de développement de l'Afrique et de la R.D.CONGO.

Répondant a cette interrogation, Nday wa Mande met en évidence le support logicomathématique du développement grâce auquel on peut accéder au bien etre des pays sous puissance impérialiste. Ce support nécessite la présence des technologues conscients et actifs. Notre analyse qui embrasse la question relative au développement des masses laborieuses part du support économique et social et met en exergue les possibilités et les limites de reconversion périphérique en un « collectif des salariés partenaires » capables de se prendre en charge. Ainsi, la formalisation mathématique de notre modèle théorique a été inspirée du modèle Mascotshien.

Pour sa part, KALABA MUTABUSHA, il se pose les questions relatives a la contradiction entre les richesses incommensurables dont regorgent le sol et le sous-sol de la République Démocratique du Congo d'une part et, d'autre part la pauvreté honteuse dans laquelle évoluent les masses populaires de ce pays.

En évoquant les éléments qui fondent les richesses de la République Démocratique du Congo, l’auteur cite les énergies hydrauliques, les hydrocarbures, les potentialités agricoles, forestières, touristiques et le taux d’urbanisation qui se trouve le plus élevé d’Afrique, le produit intérieur brut, l’espérance de vie, la santé, l’alimentation, l’éducation et la participation de la femme a la gestion de la chose publique fustige l’instabilité politique, le désordre économique, l’absence d’éthique dans la conduite des affaires de l’Etat comme principaux facteurs de blocage. Selon l’auteur, dans le processus révolutionnaire des changements sociaux, il faudrait constamment prendre en compte le fait de la totalité du système et, partant de la solidarité de ses trois composantes a savoir : économique, politique et culturel.

A travers cette pensée, l’auteur ajoute qu’au vue de ses potentialités, la République Démocratique du Congo peut devenir un pays respectable et respecté dans le concert des nations, a condition que soient éradiquées certaines valeurs négativistes. Au-dela de la réflexion du professeur KALABA, nous croyons que l’identification des acteurs sociaux en presence des acteurs historiques pourrait fagonner la reproduction du capitalisme périphérique. Cette identification dans le chef des acteurs sociaux victimes de ce capitalisme constituerait le début de la conscience des conditions et de la pérennisation de cette conscience devant déboucher sur une action concrète de lutte critique communautaire des opprimés en quete du bien-etre, constitueraient des préalables a cette reprise économique.

Quant a ANOUAR ABDEL MALEK, il raconte a ce propos que l’enjeu d’aujourd’hui est celui du contröle des processus d’orientation, de regulation et de décision de l’évolution du monde a partir du monopole des secteurs avancés de la connaissance scientifique et de la créativité idéelle. Dès lors, il est comprehensible que l’impérialisme actuellement soit en mesure d’atteindre au plus profond de leur personnalité, les peuples, les nations et les cultures, de leur proposer le champ problématique de leur réflexion, la tonalité émotive de leur sensibilité. Son contenu est défini par la conjonction de l’action du complexe militaro-industriel et de celle des centres culturels hégémoniques occidentalo-centristes se servant du degré avancé d’évolution du grand capital monopoliste et financier d’une part, et des acquis de la revolution industrielle d’autre part.

L’impérialisme hégémonique de notre époque, tel qu’entretenu par le capital multinational est le degré le plus élevé d’exercice de la violence rationnelle par le fer et le feu, mais aussi par le contröle des cerveaux et des sensibilités, que l’histoire ait connu. Ce monopole du savoir par le savoir technologique expérimental, scientifique et par voie de conséquence, le savoir culturel ethnocentrique transsubstantie en savoir universel assure alors la dépendance économique, politique, culturelle et existentielle des peuples conquis.

En tant que partie intégrante de cet ordre mondial, la formation sociale du Katanga en subit des effets tant agréables que fâcheux, effets dont l’un des plus pervers est la crise socio-économico-financière. Mais comme pour camoufler cette réalité du reste genante pour l’oligarchie aux commandes de l’ordre mondial, il est fagonné des théories qui nous réfèrent a des systématisations fictives, des instituants méta sociaux tel que l’affirme Alain TOURAINE. Leur but consiste, d’une part, a justifier cet ordre inégalitaire mondial habité par une dynamique négative et marqué par la rareté artificielle et d’autre part, a jeter un voile sur la réalité afin de détourner les consciences des victimes, de les manipuler et de les enfermer dans un obscurantisme socialement exploitable.

Pour sa part, VWAKYANAKAZI MUKOHYA en présentant l’argumentaire des premières journées philosophiques Théophile Reyns tenues a Lubumbashi en Novembre 2002, l’auteur s’interroge sur le caractère noble du travail pour l’homme en général et pour l’homme africain en particulier. Il est difficile de répondre a cette question dit-il. A notre époque dominée par la dialectique de la production- consommation, par la logique néo- libérale du marché et par la mondialisation en cours. L’auteur est arrivé aux conclusions selon lesquelles, l’Afrique noire, notre continent, est progressivement phagocytée dans le processus de la mondialisation d’un cöté, le pouvoir politique, économique et religieux mal géré le réduit sauvagem ent en miettes, en lambeaux de l’autre. Elle ne peut qu’anxieusement s’interroger sur la nature, la qualité et l’impact du travail qu’elle continue, morbidem ent a fournir. Sa réflexion ne doit guère etre prise pour une panacée, ni pour solution a son problème de travail, mais plutöt comme un soubresaut, un élan de critique sociale, de prise de conscience, d’interpellation.

Cette analyse de VWAKYANAKAZI nous a servi de référence et permis de constater que dans la situation actuelle des choses, le travail, tel que vu par les travailleurs salariés de la GÉCAMINES et comme tous les autres opprimés vivant dans le Katanga industriel, s’impose comme servitude. La déshumanisation dans laquelle croupissent ces travailleurs étant un conditionnement historique, devant etre dépassées pour laisser la place a un ordre et a un monde nouveau susceptibles de rendre la dignité humaine par et dans le travail.

Quant a KALUNGA MAWAZO, 2004, dans son étude «l’agriculture et le cuivre ou la loi de somme zéro a l’épreuve de la massification ouvrière et paysanne au Katanga », l'auteur démontre que les politiques du développement telles qu'elles ont été congues, formalisées, conseillées et appliquées en République Démocratique du Congo et au Katanga de 1960 a nos jours ont produit les résultats non visibles sur le plan matériel. Dans leurs démarches, elles cherchent a établir des relations de causalité parentale directe entre le capitalisme et l'industrie du cuivre d'une part, et la désarticulation des structures de production industrielle et agricole ainsi que la massification ouvrière et paysanne qui en découle.

L'auteur ajoute, que la conception capitaliste du développement mise en reuvre par les politiques décennales du développement et la désarticulation du secteur agricole qui en a découlé par l'intrusion du mode de production capitaliste désagrégeant ont non seulement produit la loi dialectique de somme zéro, mais elles l'ont surtout dynamisée.

En évoquant les questions relatives a la faim au Congo, MULOWAYI DIBAYA, a prouvé, par sa critique des idéologies de la faim, que la misère absolue, symbolisée par la faim, dans laquelle croupit la majorité des congolais en l'occurrence les ouvriers et paysans est l' reuvre de la domination de ces derniers par le capital étranger allié aux classes dirigeantes nationales dont le bonheur et la prospérité dépendent de leur capacité a produire des mécanismes de maintien de la «faim» au sein des masses laborieuses (MULOWAYI DIBAYA., 1998).

Quant a KILWILA TAMBWE., 2007, en évoquant la quintessence de son analyse, il a tenté de cerner la pratique du pret a usure par les habitants des cités GÉCAMINES. Dans cette analyse, l'auteur démontre que ce phénomène qui, matérialisé dans toute la société congolaise en général et chez les travailleurs salariés de la GÉCAMINES en particulier tente de s'imposer comme fondement de l'existence de plusieurs milliers d'individus, hommes et femmes travailleurs salariés vivant dans des conditions de misère honteuse. L'auteur ajoute que la pratique du pret a usure, vécue par les travailleurs de la GÉCAMINES comme réaction a la situation des marginalisés, mérite une analyse qui conduira certainement a une tentative de construction d'un modèle théorique de libération ouvrière en République Démocratique du Congo.

Quant a nous, nous envisageons, avec cette étude, par un modèle mathématico économique, démontrer la nécessité d'associer plus d'un mode de production a la fois afin de réagir contre la crise socio économico financière qui perdure dans le Haut Katanga Industriel. En effet, l'articulation des modes de production a laquelle nous pensons recourir comme tentative de solution aux problèmes de la crise dans le Haut Katanga Industriel semble etre une panacée pour les habitants de cette partie de la République Démocratique du Congo. En rapport avec cette question, il a été constaté qu’aucun travailleur reuvrant dans le Katanga Industriel et particulièrement de la GÉCAMINES ne vit uniquement de son salaire. En plus de ce dernier, il doit exercer une autre activité d’appoint principal em ent informelle afin de suppléer aux insuffisances du salaire.

3. Problème

Nous sommes partis du constat selon lequel la population du Grand Katanga souffre. Il s’agit d’une crise socio économico financière. Malgré des multiples potentialités multisectorielles des ressources naturelles que regorge la province, la population crève de faim.

En effet, les gens travaillent mais ils ne sont pas payés adéquatement. . Certaines personnes ont étudié dans la logique d’améliorer leurs conditions de vie, mais ils ne trouvent pas d’emploi qui correspond a leurs profils. Certains produisent les biens mais ils ne mangent pas a leur faim. Certains jeunes grandissent mais ils ne sont pas a mesure de se marier. Certains enfants sont a l’âge de scolarisation, mais ils n’étudient pas. Autant des contradictions caractérisent cette partie de la République Démocratique du Congo.

Depuis l’époque coloniale, la majorité des Congolais de cette partie du Katanga vivait grâce a une seule source de revenu : leur travail chez les différentes compagnies minières, principalement a l’Union Minière du Haut - Katanga/Gécamines. C’est grâce a ce seul mode de production capitaliste que la plupart d’habitants de cette contrée parvenaient a résoudre tous ses problèmes. Ainsi « GÉCAMINES NDJO BABA, GÉCAMINES NDJO MAMA », était le slogan avec lequel on qualifiait cette grande compagnie minière.

Les différentes compagnies minières fonctionnant dans le Grand Katanga devenues des entreprises publiques, avaient commencé a subir les effets des enjeux de la politique économique internationale. Il convient de rappeler que grâce a la considérable production de la GÉCAMINES, l’économie congolaise a été pendant longtemps l’une des plus fortes du tiers-monde. Cela avait permis a la République Démocratique du Congo d’etre sollicitée par plusieurs institutions financières internationales (la Banque Mondiale, le Fond Monétaire International, la Banque Africaine de Développement, etc.). Ces différentes institutions envisageaient une politique de croissance économique au Congo-Kinshasa afin de lui permettre un possible décollage en exploitant ses ressources naturelles.

A partir de 1960, ces institutions financières internationales pour le développement avaient congu cinq programmes de dix ans chacun applicables dans les pays sous-développés afin de relever les économies respectives. Ce sont les politiques décennales communément appelés « décennies de développement » des pays en voie de développement. Ces programmes devraient prendre cours de 1960 a 2010. Mais jusqu’a la deuxième moitié de la dernière décennie, il n’y avait pas eu suffisamment d’évolution. Il s’agit notamment de :

1. 1960-1970: Le développement par l’agriculture ;
2. 1970-1980: Le développement par la coopération internationale ;
3. 1980-1990 : Le développement par le programme d’ajustement structural ;
4. 1990-2000 : Le développement par la démocratie ;
5. 2000-2010 : Le développement par la mondialisation et la bonne gouvernance.

Les différentes politiques de développement précitées constituaient des leitmotivs de la croissance économique des différentes institutions des pays du tiers monde dont les compagnies minières qui évoluent au Sud Katanga, lesquelles résorbaient plus de 50% de la population travailleuse de cette partie de la R.D.Congo.

A cöté de la population qui vivait du secteur minier, évoluait une autre catégorie de la population qui vivait grâce a d’autres secteurs économiques a savoir: le commerce, l’élevage, la peche, la cueillette, l’agriculture, etc. Mais ces secteurs n’avaient pas tellement d’impact sur l’économie de la province, moins encore du pays.

Le paternalisme auquel les anciens agents des compagnies minières dont la GÉCAMINES étaient habitués, n’a pas permis a ces derniers de s’adapter a l’exercice des activités libérales après la fin de la carrière. Les acrobaties auxquelles il fallait se soumettre pour survivre, les anciens agents de la GÉCAMINES (actuels partants volontaires) ne parviennent pas a s’en sortir. D’ou les différentes activités de survie qu’ils entreprenaient ne se soldaient qu’en échec.

A l’heure qu’il est, nous assistons dans l’Hinterland minier du Katanga au bouleversement des structures sociales. Nous sommes en train de vivre dans cette contrée de la République Démocratique du Congo le phénomène du renversement des röles «géniteurs- enfants». Dans la littérature de C. MEILLASOUX élaborée dans le cadre d’une société lignagère africaine que nous illustrons dans la présente dissertation, notons que le statut de cadet et d’ainé n’est pas seulement chronologique et individuel. Un groupe peut etre cadet ou ainé par rapport a un autre selon les fonctions de chacun. De meme un cadet peut se muer en ainé sociologique (C. MEILLASSOUX, 1960, 1964). Il s'agit d'une dialectique qui est vécue actuellement dans l'Hinterland minier du Katanga.

Avec l'effondrement de ces différentes compagnies minières dont la GÉCAMINES, les conditions de vie de ces populations se sont complètement détériorées a cause du non- paiement, du chomage ou du licenciement massif sans préavis de plusieurs chefs des ménages. Pour survivre, les travailleurs abandonnés a eux-memes se sont mis a recourir a d'autres modes de production qui, un moment étaient considérés comme dépassés ou alors voyaient le jour suite a des difficultés structurelles. Mentionnons parmi eux, les modes de production lignager, cynégétique, communautaire, l'économie de contingence et l'implication massive dans l'économie informelle.

Cette situation nous amène a nous poser les questions suivantes qui constituent le nreud et la quintessence de notre réflexion:

1. Pourquoi en dépit des multiples ressources naturelles, les habitants du Sud-Katanga, particulièrement les agents de la GÉCAMINES croupissent dans la misère?
2. Faut-il nécessairement recourir a plusieurs modes de productions a la fois pour résoudre le problème de la crise socio-économique au Katanga Industriel?
3. L'articulation des modes de production peut-elle contribuer a l'amélioration des conditions de vie de la classe travailleuse du Grand Katanga ?
4. Peut-on favoriser a l'aide des programmes de développement, le procès de domination d'un mode de production sur les autres en articulation ?

En guise d'hypothèses, les réponses provisoires suivantes peuvent etre avancées :

1. En rapport avec la première preoccupation, nous pensons qu'il ne suffit pas seulement d'avoir plusieurs ressources naturelles pour mettre fin a la misère. Par contre, il convient de retenir que la multiplicité des ressources naturelles est une potentialité pour mettre fin a la crise socio-économique. Il est possible d'y parvenir a condition d'exploiter rationnellement ces ressources naturelles.
2. Quant a la deuxième preoccupation, nous estimons qu'il est perfectible d'essayer avec plusieurs modes de productions a la fois afin de tenter comment sortir de cette angoisse lorsqu'un seul mode de production ne nous garantit pas une vie meilleure.
3. Alors qu'avec la troisième preoccupation; nous estimons que l'articulation de plusieurs modes de productions ne peut pas contribuer a l'amélioration des conditions de vie de la classe travailleuse du Sud Katanga a cause de la confusion théorique et pratique qu’elle crée.
4. Enfin, quant a la quatrième préoccupation, une politique socio-économique planifiée et méthodique pourrait hâter l’imposition d’un mode de production donné sur les autres modes de production parasitaires ; c’est en l’occurrence le mode de production capitaliste.

En bref, nous soutenons dans cette étude, la thèse selon laquelle, dans toute formation sociale satellisée, le mode de production capitaliste n’a produit et ne produira que la désagrégation et la soumission des autres modes de production, la déconfiture économique et sociale, et partant le sous- développement de cette formation sociale.

Nous soutenons également la thèse, selon laquelle, la loi de la matricialité économique des modes de production demeure l’issu par excellence pour sortir de manière durable les formations sociales du bourbier de la domination et de la désarticulation économique dans lesquelles elles sont maintenues.

4. Méthodologie

Le présent exercice consiste a l’application de la rigueur scientifique sur les données brutes afin de rendre les résultats de nos recherches démontrables. En outre, nous envisageons de nous appuyer sur les théories de l’articulation des modes de production pour montrer notre théorie de la loi de la matricialité économique moyennant la méthode dialectique. En plus, nous comptons nous appuyer sur l’approche qualitative de type ethnographique et principalement sur l’observation directe, l’interview et l’analyse documentaire.

4.1. Méthode

La méthode dialectique que nous utilisons dans notre analyse est autrement appelée dialectique matérialiste. Elle a comme fondement le changement.

En effet, chaque société a une situation qui la pousse au changement. Ce sont principalement les différents facteurs de la société qui sont a la base du changement.

Au 20eme siècle, les marxistes ont dégagé quatre lois lors de la méthode dialectique a savoir :

La loi de la connexion universelle ou loi de l’action mutuelle ;

- La loi de la transformation universelle ou loi du changement ou encore la loi de l’auto dynamisme ;
- La loi du changement quantitatif en changement qualitatif ;
- La loi de la lutte des contraires ou la loi de la contradiction.

4.1.1. La dialectique matérialiste

Cette méthode n’est pas seulement philosophique, mais aussi logique. C’est-a-dire le mode de raisonnement. Elle est aussi une opération intellectuelle qui permet l’aboutissement d’un travail scientifique. Ce sont principalement les marxistes russes du 20ème siècle qui l’ont systématisée. A la différence d’autres méthodes : fonctionnelle, structuro fonctionnaliste, structurale, dynamique, la méthode dialectique remet en cause la stabilité et l’harmonie sociale spontanées. En d’autre terme, la dialectique matérialiste plaide pour le changement total, radical ; bref, le changement de tout le système social.

Il y a dans toute chose a la fois l’unité et la discorde. C’est cette lutte et incompatibilité qui engendrent l’évolution et l’histoire dans l’inorganique, l’organique et le social. Cette lutte des contraires a été le principal empreint de MARX a la dialectique Hégélienne avec le mouvement ternaire de THÈSE- ANTITHÈSE et SYNTHÈSE. Le Marxiste considère la dialectique comme une panacée méthodologique et universelle.

Il y a un ensemble qui constitue le tout, et il y a des éléments qui existent et qui s’opposent en meme temps. Dans ce système, il y a la presence a la fois de la bourgeoisie et du prolétariat. Chaque groupe cherche a sauvegarder son intéret.

En rapport avec nos recherches, il a été constaté un certain nombre de contradictions entre les modèles théoriques du développement et les réalités du terrain de l’Hinterland minier du Katanga. Cela se manifeste par la misère que connait la majorité des ouvriers de la Gécamines dans le Sud Katanga.

Cette méthode socio cinématique explicative se fonde sur deux principes fondamentaux a savoir :

- L’interdépendance des faits et phénomènes sociaux ;
- Le caractère dialectique des liens qui les unissent.

Dans l’intelligence de l’infantilisation des ouvriers du Haut Katanga Industriel, nous sommes partis d’un constat paradoxal.

En effet, malgré toutes les stratégies mises en reuvre pour décanter la situation misérable des ouvriers par principalement les politiques décennales du développement et les différentes dettes publiques contractées pour assurer la croissance industrielle et éventuellement « La modernisation de l'agriculture » supposée comme facteur de dualité économique, les conditions socio-économiques ouvrières n'ont fait que s'aggraver.

La misère a géométriquement évolué, elle a de la sorte entrainé différents maux dans les familles des ouvriers. Nous citons a titre d'exemples :

- Les décès massifs de plusieurs dépendants de la Gécamines ;
- La prostitution exagérée des filles -enfants des agents-Gécamines ;
- L'envahissement des personnes non agents Gécamines dans les camps Gécamines jusqu'a déloger des ayants droits des logements par le trafic d'influence et l'exhibition des moyens financiers.
- La transformation des ouvriers en petits marchands des petites choses ;
- La prolifération d'érection des annexes dans les parcelles des agents-Gécamines servant de maison de location ou hotels de passe et éventuellement comme buvette.

En outre, la modicité et le non payement des salaires ont entrainé une baisse sensible du pouvoir d'achat des ouvriers, la destruction des infrastructures, les diverses maladies auxquelles les différentes familles de cette catégorie doivent faire face de manière permanente.

Selon les principes de la dialectique matérialiste, la loi de la contradiction serait la cause fondamentale du changement. C'est par ici qu'intervient la lutte des contraires. A ce niveau, nous avons pu identifier les différentes forces sociales en lutte dans cet Hinterland minier du Katanga.

Dans le cadre de cette étude, les forces en question sont identifiées a deux niveaux que voici :

- Au niveau national ; la classe dominante est représentée par la bourgeoisie capitaliste nationale composée des politiciens, les hommes d'Etat, les membres du gouvernement, les hauts fonctionnaires, les chefs d'entreprise, les officiers supérieurs, les chefs coutumiers, les syndicalistes avares qui sont assimilables aux bourgeois compradors. A cette classe dominante, on décèle une classe opposée composée des ouvriers, des paysans, des petits marchands, des chomeurs, des sans- emplois, des sous-employés, des marginalisés politiques et/ou professionnels.
- Au niveau international, nous analysons le procès historique de compradorisation, d’instrumentalisation de la classe directionnelle nationale par des grandes puissances capitalistes mondiales et les conséquences de ce procès sur les différentes classes sociales en lutte dont les intérets sont contradictoires.

La loi de la totalité et de la connexion universelle des phénomènes nous a permis d’insérer la classe ouvrière au sein du capitalisme mondial. L’instrumentalisation des ouvriers est pergue ici comme une production du système capitaliste périphérique et monumental.

Cette remise en question du vécu quotidien des ouvriers a la Gécamines et leurs semblables nous a conduits a mettre a jour une réfl exion qui constituera d’office notre contribution dans le domaine anthropologique a savoir : la loi de la matricialité économique.

4.2. Techniques de recherche

La réalisation de cette étude a bénéficié du concours de plusieurs techniques. Sa perfectibilité a jouit principalement de ma discipline personnelle. Etant fils d’un ouvrier qui se transformait des temps a autres en paysan pour assurer la survie de son ménage ; je constitue de la sorte un chercheur en herbe narrant pour la plupart ma propre vie et celles de mes semblables.

4.2.1. Observation participante

Né a Kolwezi dans les installations de la Gécamines, j’ai eu a faire toute ma vie grâce a cette entreprise autrefois géante mais aujourd’hui en train de se refaire. Pendant toute ma formation, j’ai été prise en charge par mes parents grâce a leurs petites recettes issues du salaire de la Gécamines d’une part et de l’agriculture de survie d’autre part. En plus, la maman devrait s’activer du cöté des petits commerces auxquels elle nous associait afin de faire mieux. Pour elle, c’était une fagon de nous apprendre a travailler en prévision de nous prendre en charge pendant l’absence des parents.

4.2.2. L’Analyse documentaire

Cette étude avait exigé le recours a plusieurs documents principalement pour constituer notre état de la question d’une part et afin de recueillir certaines données de base dont certaines statistiques de production et de la population. Parmi lesquels, nous citons entre autres : les ouvrages, les revues, les thèses de doctorat, les périodiques, les archives, les mémoires, des travaux de fin d’études et de cycles.

4.2.3. L’interview

Certaines données, nous les avions eues grâce aux échanges que nous avions effectués avec les personnes des differentes catégories. Nous citons entre autres : les représentants des employeurs de la GÉCAMINES, des différents MININGS, les travailleurs de ces différentes compagnies minières, les enfants des travailleurs et ceux des employeurs, les épouses des agents et les femmes deuxièmes et troisièmes bureaux des agents de ces différentes compagnies.

En plus, dans la logique de vérifier les effets de l’existence de ces compagnies minières sur leurs environnements, nous avions posé certaines questions a certains paysans et autres indépendants qui vivent en interaction avec les agents Gécamines et autres dépendants des MININGS.

Ainsi, il se dégage que personne ne vit d’une seule activité. En dehors de l’activité principale de salarié, chaque habitant doit avoir une ou deux autres activités secondaires qu’il fait en articulation avec la principale afin de suppléer aux insuffisances de la principale. Nous citons entre autres : L’agriculture, la peche, l’élevage, le petit commerce, le creuseur, le ramassage, la prostitution, etc.

5. Délimitation de la recherche

La précision du cadre de recherche d’une réflexion scientifique s’impose dans la pratique scientifique. En ce qui nous concerne, nous avons choisi l’Hinterland minier du Katanga comme notre sanctuaire et ce, pour des raisons ci-dessous. Cet espace totalise plus d’un siècle que l’usine métallurgique pilote de l’UMHK avait produit pour la première fois du cuivre et que jusqu’a une période très récente, la GÉCAMINES a joué le röle le plus prépondérant dans l’économie congolaise.

Par ailleurs, cette entreprise minière était par rapport a d’autres sociétés de la R.D. Congo la seule qui résorbait plus de 30.000 travailleurs.

Cependant, la concentration des travailleurs dans les camps et la promiscuité dans laquelle évoluaient ces agents prolétaires a été dans une certaine mesure, un des facteurs déterminants d'encouragement de la pratique de l'articulation des modes de production en tant qu'alternative pour garantir la survie dans cette contrée.

Sur le plan temporel, notre étude couvre la période allant de 1990 a 2015. En effet, cette période caractérise la principale a laquelle la GÉCAMINES a connu plusieurs difficultés structurelles dont la perte de vitesse avait coincidé avec l'enclenchement du pluralisme politique tant combattu par le pouvoir politique en place.

Cette période marque également le début du processus de la détérioration des conditions de vie des travailleurs de la République Démocratique du Congo. C'est la raison pour laquelle le paternalisme n'était plus opérationnel, les salaires non seulement insuffisants, mais aussi payés rarement, les syndicalistes ne pouvaient plus défendre les droits des travailleurs. Ces derniers ne pouvaient que développer d'autres stratégies de survie en l'occurrence l'articulation des modes de production (Soit au meme moment, l'agent est travailleur, agriculteur, éleveur, commergant, etc.).

Sur le plan typologique, notre réflexion a comme préoccupations majeures les questions relatives aux problèmes de la croissance économique sur leurs aspects multidimensionnels et dans les domaines multisectoriels. Par conséquent, cette étude relève du domaine de développement.

6. De la structuration de l’étude

Hormis l'introduction et la conclusion, notre étude porte sur six chapitres dont chacun est subdivisé en sections et sous sections.

Dans le chapitre premier, réservé a l' Approche Notionnelle, nous allons d'abord définir les principaux concepts a utiliser tout au long de notre dissertation. Puis, nous étalerons les principales théories qui guideront toute cette recherche. Puis, nous terminerons par notre modèle théorique a savoir : LA LOI DE LA MATRICIALITÉ ÉCONOMIQUE.

Le deuxième chapitre est intitulé : «De la cuprite et le développement du capitalisme dans le Sud Katanga» ; nous allons devoir élucider les principales productions minières de l'Hinterland Minier du Katanga et leurs conséquences dont le capitalisme. En plus, nous allons essayer de passer en revue quelques productions agri coles susceptibles d'entrer en alternance avec la production minière de toute la province du Katanga.

Dans le troisième chapitre intitulé « De la problématique des charges récurrentes dans l'Hinterland Minier du Katanga et a la Gécamines », nous allons tenter d'évoquer les principales questions qui sont a la base de la crise socio économico financière dans le Sud Katanga ; principalement a la Gécamines.

Dans le quatrième chapitre intitulé : « l’articulation des modes de production dans l’Hinterland Minier du Katanga », nous démontrerons comment les travailleurs de la GÉCAMINES et ses autres dépendants se débrouillent pour garantir leurs survies dans cette contrée.

Dans le cinquième chapitre intitulé «L’impact de l’articulation des modes de productions dans l’Hinterland Minier du Katanga », nous démontrerons les conséquences positives et négatives résultant de cette articulation chez les habitants du Katanga Industriel.

Enfin, dans le sixième chapitre intitulé : « L’articulation des modes de productions et le développement dans l’Hinterland Minier du Katanga » nous tenterons de montrer moyennant la loi de la matricialité économique comment la population peut résoudre son problème de crise socio économico financière. Cette dernière se manifeste par l’utilisation de plusieurs modes de production a la fois dont pour la plus part sont des activités informelles et l’implication massive dans l’exploitation minière artisanale; cette dernière étant plus pourvoyeuse en enrichissant plus rapidement.

CHAPITRE I. APPROCHE NOTIONNELLE

Dans ce chapitre, nous nous attellerons a définir les principaux concepts que nous aurons a utiliser tout au long de notre analyse. Parmi lesquels nous mentionnons entre autres : Mode de production, Développement et Sous-développement, ainsi que la typologie des différents modes de production d’une part et nous nous mettrons a élucider un certain nombre de théories dans la logique de préparer la presentation de notre théorie : la loi de la matricialité économique.

1.1. Du cadre conceptuel

Dans cette rubrique, nous nous mettrons a définir de manière systématique les principaux concepts que nous aurons a utiliser tout au long de notre étude. Ainsi donc, voici les concepts que nous aurons a définir : Le mode de production, le mode de production capitaliste, le capitalisme impérialiste, le capitalisme périphérique, le capitalisme criminel, le sous-développement, le développement.

1.1.1. Le mode de production

Au sens marxiste, un mode de production est une articulation des forces productives et des rapports de production caractéristiques d’une société a un moment donné de son histoire (C.D. Echaudemaison., 2006).

En effet, l’étude de la nature et de la succession des modes de production constitue l’essentiel du matérialisme historique. Selon la conception marxiste, le mode de production est la base économique qui permet de connaitre « l’anatomie de la société civile » ; l’évolution de l’humanité est résumée par l’émergence de quatre modes de production dont esclavagiste, féodal, capitaliste et socialiste ;le rapport entre les forces productives et rapports de production est conflictuel : lorsque, a un certain degré de leur développement, les forces productives entrent « en collision » avec les rapports de production existants, s’ouvre une ère de « révolution sociale » qui débouche a terme sur un nouveau mode de production, donc sur de nouveaux rapports de production, lesquels n’entravent plus, du moins temporairement, le développement ultérieur des forces productives .

1.1.2. L’évolution des modes de production

Dans la plupart des pays, une partie de la main d'reuvre est engagée dans des productions qui se développent sur une base transnationale, dans des activités commerciales ou financières. Le processus de mondialisation implique un lien qui n'existait pas autrefois entre des entrepreneurs et des travailleurs des différentes parties du monde, ce qui signifie que les marchés nationaux du travail sont toujours plus indépendants. En conséquence, le destin des travailleurs dépend de l'économie internationale et des rapports de pouvoir qui marquent l'évolution des marchés (BIT., 1996).

Les changements structurels associés a la mondialisation modifient la configuration des rapports de force entre groupes sociaux, entre les différentes catégories socioprofessionnelles et entre les régions. Ils appauvrissent les gens liés a des productions ou a des échanges commerciaux déclinants. Dans tous les pays, des gens sont en voie de marginalisation, parce qu'ils occupent des postes de travail qui vont disparaitre, parce que leur emploi a été supprimé, ou encore parce qu'ils ont dü se rabattre sur des activités faiblement rémunérées. La baisse des salaires des travailleurs non qualifiés dans les pays de l'OCDE par exemple, semble en partie attribuable aux effets combinés de commerce international, de progrès technologiques et de l'immigration, donc a des facteurs liés a la mondialisation. Robert REICH a ouvert la voie d'une réflexion sur les stratifications sociales déterminées par la mondialisation. Il a fait en particulier la distinction entre les personnes ayant des tâches routinières dans la production et les services et les innovateurs qui assument des activités requérant une grande capacité de symbolisation et d'analyse conceptuelle. Cette catégorisation risque d'etre invoquée pour légitimer de fortes disparités de revenus en fonction de la nouvelle division du travail aux Etats-Unis (Reich R., 1991).

La mondialisation a eu également tendance a créer une certaine uniformisation sociale et culturelle entre les classes dirigeantes qui tiennent leur statut d'entreprise déployant leurs activités dans la sphère internationale. Leurs cadres ont des revenus élevés. Ils ont des modes de vie et des visions du monde analogues du fait qu'ils ont suivi des filières éducatives similaires et qu'ils partagent des expériences professionnelles et des informations semblables. Ils voyagent dans les memes conditions privilégiées, séjournent dans les memes hötels de luxe, habitent le meme genre d'univers, favorisé, souvent de type suburbain, qui est protégé par des polices privées lorsque les forces publiques s'avèrent insuffisantes.

Les sociétés dites postindustrielles ont connu une grande expansion des « services » et un déclin relatif des secteurs primaires et secondaire. Ce processus va continuer avec les innovations techniques, notamment dans l’électronique et les télécommunications. Ces évolutions signifient que les ressources humaines sont davantage que par le passé consacrées a l’administration de la production, au développement et a la gestion des connaissances, des communications, de l’information, de la recherche scientifique et technique. La production des biens et des services mobilise des « connaissances » et nécessite relativement peu d’énergie, de matière première et de travail au sens traditionnel du terme.

Les activités requérant une main d’reuvre abondante et surtout peu qualifiée tendent a se raréfier. Dans les pays industrialisés, la durée du temps de travail baisse sous l’effet de la productivité, en particulier dans les secteurs industriels traditionnels. Les progrès technologiques pénalisent les travailleurs qui n’ont pas les capacités de s’adapter aux nouvelles contraintes technologiques. Les chömeurs de longue durée sont généralement des personnes qui n’ont pas regu l’éducation et la formation permettant leur adaptation aux changements des modes de production ou qui sont âgées pour etre intégrées au marché du travail. Cette situation concerne également des minorités ethniques comme les populations récemment immigrées.

Quant au PNUD, il affirme que l’amélioration de la productivité s’accompagne d’une augmentation du PIB et d’une augmentation de la production, mais d’un déclin relatif au nombre des travailleurs et de la croissance d’un secteur de travail dit « informel », ou les emplois sont précaires et mal payés. La sécurité de l’emploi ne cesserait de se détériorer. « Les entreprises cherchent a réduire leur dépendance a l’égard d’une main d’reuvre permanente et préfèrent engager un petit nombre de travailleurs hautement qualifiés entourés de travailleurs temporaires ». Le nombre des chömeurs ou des personnes engagées a temps partiel ou pour des activités de durée aléatoire est aussi en forte augmentation. Le PNUD affirme aussi l’existence du phénomène de « croissance sans emploi ». Ainsi, les pauvres ne sont plus nécessairement des exploités, mais aussi des exclus des centres de production et de consommation, ainsi que des circuits d’échanges. Leur force de travail devient inutile au Nord comme au Sud, notamment en raison des progrès technologiques.

Ces transformations ne favorisent pas l’intégration des pays pauvres dans l’économie internationale, car la croissance économique est liée a l’amélioration de la productivité, donc a la capacité des systèmes éducatifs et des institutions de recherche a fournir une force de travail maitrisant les progrès scientifique et technique. Lorsque cette modernisation est transférée dans les pays en voie de développement par les sociétés transnationales, elle risque de mettre au chömage les personnes travaillant dans des secteurs moins performants (R. Barnet et al., 1994).

1.1.3. Typologie des modes de production

Dans cette rubrique, nous allons essayer de passer en revue de quelques modes de production susceptible d’entrer en articulation afin d’atténuer la crise économico-financière dans le milieu sous étude. Il s’agit de :

1.1.3.1. Mode de production lignager

L’organisation économique des sociétés communautaires primitives se caractérise, selon SAMIR AMIN par trois éléments : d’une part, l’organisation du « travail » (chasse, peche, collecte) fondée a la fois sur une base industrielle (la famille ou le village) pour la production directe et sur une base collective, le moyen de production (la foret ou la terre) constituant la propriété du clan a laquelle les individus ont accès du fait de leur appartenance a cette entité sociale supérieure. En outre, l’économie ne connait point d’échanges marchands, le produit étant distribué a l’intérieur du groupe selon un système de troc régulé par les rapports de parenté.

Cet agencement établit une contradiction entre les unités productrices (des familles) et l’unité sociale ‘‘propriétaire‘’ (le clan), dont l’organisation interne, articulée sur les rapports de parenté, régule l’usage du moyen de production et la participation dans la distribution du produit social. Mais alors, pourquoi un röle dominant de la structure de parenté ? LEVI-STRAUSS a montré que dans ce type de société, la reproduction biologique des forces productives nécessitait des formes d’échange entre les unités individuelles, l’échange des femmes. C’est sans doute, parce que cette exigence était péremptoire que la structure de parenté ainsi produite assume en outre, la fonction de réguler les deux facteurs essentiels de l’infrastructure, l’usage du moyen de production et l’accès au produit social. Il y a donc identité structurale entre rapports de parenté et rapports sociaux de production.

Au plan de l’idéologie, on peut distinguer l’ensemble des representations significatives et les codes de pratiques généralisées de vie quotidienne. Or, selon les recherches sur les systèmes religieux propres aux sociétés lignagères nous amènent a la conclusion que ce sont les premières qui sont connotées religieusement. En complétant la définition de P. BOURDIEU, nous nous référons a la religion comme a un médium symbolique construit en référence a des etres surnaturels, qui produit un accord sur le sens des signes et du monde. La question est donc de savoir d'une part sur quels signes et sur quel sens du monde cet accord est établi et d'autre part, quelle est la fonction sociale de cet accord.

Les significations religieuses produites sont de deux ordres : celles qui s'élaborent autour des phénomènes de la nature et celles liées aux expressions sociales du groupe. Les premières, axées sur le rapport des hommes a la nature, opèrent un renversement. Par la personnification des forces naturelles (fruit d'une pensée procédant par analogie) en etres bons et mauvais ; l'ambivalence dont les hommes peuvent infléchir la volonté par des pratiques rituelles, les acteurs sociaux acquièrent sur ces forces un pouvoir, illusoire sans doute, mais qu'ils croient réel. La construction religieuse, en attribuant un « sens » a la nature, réduit donc la contradiction que le groupe expérimente dans sa vie quotidienne. Elle le dote d'un moyen de conjurer les effets de phénomènes dont il ne maitrise pas les causes objectives. La religion remplit alors une fonction sociale de protection.

Les expressions groupales dont le totem notamment sont d'un autre ordre et ils en développent généralement de manière autonome par rapport a la première séquence. Dans une telle structure de significations, partagée par l'ensemble du clan, le totem constitue un signifiant qui renvoie a divers signifiées. D'une part, il représente le groupe en tant qu'unité sociale. D'autre part, étant le lieu ou réside le divin, il devient le médium par lequel se communique la vie cosmique ou groupe et a chacun de ses membres dans la mesure ou ils y sont associés. C'est ainsi parce que le totem est un élément naturel (plante ou animal) qu'il constitue le point de rencontre entre l'ordre transcendantal et l'ordre de la nature. Enfin, c'est le lieu, lorsque le clan est sédentaire, ou s'articulent le passé et le présent a savoir la « présence » des ancetres du clan est symbolisée autour du totem.

Cet accord sur le sens du monde que présentent ces systèmes de signification ou c'est la totalité clanique qui exprime l'entité sociale intégrée dans cette cosmogonie. C'est donc a l'unité du clan qu'est accordé le sens reproduit dans tous les lignages par la médiation des pratiques religieuses. Or, au plan objectif, cette unité constitue, sauf dans le cas de groupes tout a fait isolés, un réseau de relations entre des groupes aux intérets antagonistes, appelés a s'entendre pour réguler l'usage du moyen de production commun, pour se partager le produit et, enfin, pour échanger les femmes selon des règles strictes auxquelles aucun groupe ni aucun individu ne peut se soustraire.

Dans ce cas, la religion remplit une fonction sociale idéologique au sens plein du terme, c’est-a-dire qu’elle recouvre tout le champ. On se trouve alors face a une correspondance fonctionnelle entre le système des rapports sociaux et le système religieux. Les deux étant par ailleurs en interrelation constante. Il ne faut jamais oublier, en effet, qu’ils sont toujours le résultat de la pratique des acteurs sociaux qui les produisent, reproduisent ou les transforment, sans doute en fonction des modèles, mais jamais de manière purement mécanique.

1.1.3.2. Mode de production cynégétique

Il s’agit d’un mode de production qui consiste a ce que les populations pratiquent le ramassage et généraliser la commercialisation. Exemple : La vente des champignons, la chasse, etc.

Ces activités qui sont généralement a des pratiques de prendre, transporter et vendre ce que le vendeur n’avait pas investi. Et, dans la plupart des cas, le lieu d’approvisionnement est la brousse, la foret, etc.

1.1.3.3. Mode de production d’économie de contingence

Il y a lieu de dire que contrairement aux concepts d’économie informelle et d’économie populaire générés par l’empirie, par l’observation des manifestations sociales, le concept d’économie des contingences se ressource dans les débats théoriques avant d’etre son expérimentation. La difference avec les deux premiers concepts est celle d’abord d’approche au niveau de la conceptualisation de ces trois termes.

Le terme d’économie des contingences comme concept de sociologie économique est une réponse synthèse aux débats des sociologues et des économistes. Par rapport aux débats des sociologues.

Les sociologues du XIXème siècle ont soulevé beaucoup de questions qui continuent a éclairer et a orienter la réflexion sociologique jusqu’aujourd'hui. Les questions de l’évolution des sociétés, celles du primat de la société sur l’individu ou de la contrainte sociale sur la liberté individuelle ou vice-versa, celles du déterminisme en sociologie rangent les sociologues jusque maintenant.

C’est pourquoi en recourant au concept d’économie des contingences nous avons voulu intégrer les aspects déja positifs soulevés par les classiques de la sociologie. En analysant en sociologie économique les faits sociaux comme encastrés, c’est-a-dire intégrés dans tous niveaux de sociabilité, le déterminatif des contingences permet d’insister sur quelques points des débats sociologiques précités :

a) la sociologie n’est pas la philosophie de l’histoire :

Des penseurs comme Platon, Hegel auxquels on ne peut se refuser d’associer saint Augustin, Machiavel, Bossuet, Jean-Baptiste Vico, Condorcet n’ont cessé de se poser les questions sur l’avenir de l’humanité et sa destinée. Ou allons-nous ? Ou va la société ? Ou va le monde ? Jamais on n’a obtenu des résultats objectivement valables.

On a plus fait de la philosophie de l’histoire que la sociologie. Auguste Comte qui prétendait arriver a la science positive des faits sociaux n’a pas échappé a cette tentation : « l’humanité entière s’achemine vers la phase positive », qui devait etre définitive.

Emile Durkheim lui aussi affirmait que la société se développait dans le sens de l’accroissement de la solidarité organique et partant, dans le sens de la liberté.

Un tel débat conduit a l’idée d’une science des réalités continues et non discontinues qui est le propre de la sociologie. De plus l’idée d’innovation, d’accidents, de hasard, des possibilités est exclue de la réflexion. C’est autant dire que ce raisonnement est consacré notamment :

- La non distinction entre les jugements de réalité et les jugements des valeurs ; on identifie le mouvement de la société avec le progrès, vers un idéal : l’impérialisme, c’est le stade supreme du capitalisme ; les sociétés précapitalistes évoluent vers leur intégration dans le système unique qu’est capitaliste.
- Le postulat du développement unilinéaire de la société : l’ontogenèse récapitule la phylogenèse. Ce postulat repose sur le principe sacro-saint de la continuité pourtant, de plus en plus la science moderne s’investit a introduire au sein meme de ses objets la question de la discontinuité, de la probabilité et du devenir. Cette métamorphose des sciences est ce que G. Bachelard appelle le nouvel esprit scientifique qui repose la question de la relation de l’homme a son monde et retrouve d’une certaine manière un complexe que la pensée mécaniste nous avait fait oublier pendant des siècles.
- L’hypothèse moniste de la société, le système capitaliste s’est érigé en seul système économique mondial. Les défenseurs ont tellement cru et croient en l’existence d’une seule société régie par les memes lois naturelles économiques.

« En accord sur ce point avec Charles Bettelheim, pour Samir Amin, l’économie mondiale est la réalité ultime dans laquelle s’insère toute formation sociale qu’elle soit capitaliste, sous-développée ou socialiste, et l’économie mondiale est capitaliste avant toute chose : il n’y a pas deux marchés mondiaux, l’un capitaliste, et l’autre socialiste, mais un seul marché mondial qui est capitaliste, auquel participe, marginalement d’ailleurs, l’Europe de l’est ». Pourtant il n’y a pas une seule « société », il y a plutöt des sociétés multiples. A chaque société correspondent un macrocosme des groupements particuliers et des formes de sociabilité ou de liaisons sociales.

« En effet, les termes de réalité sociale de société, recouvrent des phénomènes très différents selon qu’on a affaire a des différentes époques historiques, a différentes civilisations, a différents types sociaux ». Ainsi par exemple, vouloir analyser le développement de toutes les sociétés sous le seul prisme du salariat serait une erreur d’analyse de la part du sociologue qui exclurait les autres possibilités ou les autres référents. Le déterminatif des contingences rétablit la discontinuité, l’hypothèse de l’existence des sociétés multiples, l’existence d’autres possibilités en dehors de l’unique voie traditionnelle.

b) Le rapport individu/société

Le débat entre l’individu et la société n’a fait que renforcer les thèses individualistes et collectivistes, ou nominalistes et réalistes, ou contractualistes et institution alistes. Dès le départ, la science économique a toujours rejeté toute explication exclusivement holiste des phénomènes sociaux comme pseudo explication, non scientifiques.

Si le concept d’économie populaire rejoint au moins les thèses collectivistes, le concept d’économie des contingences se situe, lui, dans la logique interactionniste. Ni l’individu, ni la société ou l’état ne peuvent exister l’un sans l’autre. « L’individu est immanent a la société et la société est immanente a l’individu. De par cette immense réciproque, on retrouve la société dans les profondeurs du moi, et on retrouve le moi dans les profondeurs du nous, de la société».

Pourtant l’économie populaire est évaluée en fonction du critère de popularité d’adhésion de la majorité des populations et le rapport a l’Etat, a la société politique est a la base de la définition de l'économie informelle, car la forme absente est justement celle que l'Etat est censé imposer. L'économie des contingences est une économie interactionnelle, qui tient compte de la volonté individuelle et des contraintes sociales.

c) Les lois considérées comme des rapports constants ou la question du déterminisme en sociologie.

Les lois économiques sont des lois exactes dit Von Mises de l'école Autrichienne. Ce sont des lois nécessaires, dépourvues de tout caractère hypothétique. Le mode de production capitaliste, ajoute Samir Amin, « obéit a des lois économiques d'une puissance déterminante et d'une force extreme qui tendent a homogénéiser le monde, c'est-a-dire a créer partout le meme type de société». Par contre, le déterminisme en sociologie est probabiliste, statistique et donc contingent. Certes au XIXème, les sociologues prétendaient aussi que les travaux devaient conduire a l'établissement des «lois sociologiques » qui seraient immuables, ce qui rapprocherait la sociologie de la physique. C'est la raison pour laquelle la sociologie a ses débuts a été baptisée de « physique sociale ». Pourtant comme dit si bien Georges Gurvitch, « les sociologues n'ont pu jusqu'a présent se mettre d'accord sur aucune loi sociologique, ce qui n'est pas sans donner a réfléchir ».

Si dans le passé la recherche des lois sociologiques paraissait rapprocher la sociologie des sciences de la nature, aujourd'hui c'est plutöt le contraire qui serait exact. En effet, la plupart des physiciens d'aujourd'hui n'admettent plus que des lois de probabilité. La loi est devenue un rapport mathématique, elle n'est qu'une probabilité d'information et un principe de classification. Partant du caractère discontinu des phénomènes analysés par le sociologue, Georges Gurvitch proposera meme le concept de régularité tendancielle au lieu de celui de loi.

Il va meme considérer le déterminisme en sociologie comme « l'intégration des faits particuliers dans l'un des multiples cadres réels ou univers concrets (vécus, connus, construits) qui restent toujours contingents, il situe ces faits, c'est-a-dire les explique en fonction de la compréhension du cadre. Cette intégration présuppose, en effet, la saisie de la cohésion relative du cadre contingent en question, ainsi que son déroulement dans une ou plusieurs temporalités essentiellement multiples et jamais uniformes ».

Ainsi donc évaluer l'économie populaire a partir d'abord de la majorité adhérente a la cause serait une position moniste et non contingente en sociologie. En effet, le marginal n’est pas toujours majoritaire pense Yves Barel. C’est pourquoi, il pense que la marginalité est difficile a définir en Occident ou elle est invisible et hétérogène.

Ces points épinglés des débats sociologiques nous ont influencés dans le choix du concept « d’économie des contingences ».

- Par rapport aux débats des économistes.

a) La rationalité économique : le recours permanent aux méthodes des sciences de la nature constitue une voie sure de rendre compte objectivement des réalités économiques. Grâce a l’outil mathématique, la généralisation et la prédiction sont facilitées. L’économiste est alors loin des jugements des valeurs. Conséquence, toute activité économique qui n’intègre pas cette rationalité économique est réputée illégale, informelle. C’est bien l’utopie Laplacienne d’une prédictibilité déterministe a laquelle s’attaque actuellement les théoriciens du chaos. Avec la prise de conscience progressive du fait que les équations mathématiques élémentaires peuvent simuler des systèmes aussi violents qu’une chute d’eau, la théorie du chaos se met du cöté du déterminisme relatif, conditionnellement prédictible.
b) La formation de production : l’accent mis sur la fonction de production dans l’appréhension de l’économie informelle réduit l’économie au cadre strictement productif : «économie de survie » parait réductrice. Ainsi donc, l’emploi du terme économie des contingences remet en question le caractère réducteur du concept d’économie informelle qui enferme les pratiques économiques dans le cadre des activités de survie, de la marginalité et de la misère.

L’économie des contingences institue la sociologie de l’accumulation qui intègre les processus de production, de circulation et de distribution des richesses, alors que le concept d’économie informelle, par son caractère réducteur, contribue a l’émergence d’une sociologie de la production.

La spécificité du concept d’économie des contingences s’accroche :

- Dans tous les sens le mot contingence s’oppose a nécessité. (Déterminisme)

1 Sens général (Aristote)

Est contingent tout ce qui est congu comme pouvant etre ou pas etre, a quelque égard et sur quelque réserve que ce soit.

2 Sens absolu

Un événement futur, ou par abstraction, un futur est contingent si, toutes choses étant ce qu'elles sont, ce futur peut se produire ou ne pas se produire ; autrement dit, si la realisation ou sa non realisation sont également « compossibles » a cet état present des choses.

3 Sens relatif

Un fait est contingent par rapport a une certaine loi générale, ou a un certain type, lorsqu'il consiste non dans l'application de cette loi, ou de ce type, mais dans quelque circonstance particulière a tel ou tel objet individuel auquel cette loi et ce s'applique plus généralement, est contingente toute coincidence qui n'est ni constante, ni meme générale. (Voir le hasard).

Ce sens vient de ce qu'en pareil cas on se représente que cette coincidence aurait pu ne pas avoir lieu, ou que le fait aurait pu différer en quelque chose, la loi ou l'idée principale restant la meme ; mais il n'exclut pas l'idée d'un déterminisme régissant « les contingences ».

4 Logique

Une proposition est dite contingente si la vérité ou la fausseté du rapport qu'elle énonce est connue par l'expérience seule, et non par la raison. (Car, a l'égard des seules données de la raison, ce rapport est congu comme pouvant etre vrai ou faux).

En faisant l'analyse de ce concept a travers les lunettes de l'opposition sciences de la nature et sciences de l'esprit, nous arrivons au constat selon lequel en sciences de la nature les autres termes de probabilité, de hasard, et, en partie ceux d'incertitude et d'indéterminisme, ont avantageusement rempli les fonctions que la contingence assurait naguère dans le vocabulaire traditionnel de la philosophie.

Par contre, en sciences sociales, l'idée de contingence apparait pour décrire soit un événement extérieur ou une coincidence fortuite, soit un acte de liberté imprévisible modifiant brusquement une situation.

C'est dans ces deux voies que nous osons recourir a ce concept et non dans celle de Johann Von Neumann qui, elle, développe le théorème de l'équilibre dans les jeux a deux personnes et a somme nulle.

Pour ce faire, par l'emploi de ce concept, nous osons affirmer d'une part que la nature n'est pas entièrement soumise a des lois rigoureuses et que le devenir est imprévisible, parce qu'il résulte d'un mélange de nécessité et d'aléatoire. D'autre part, nous retenons que l'accidentel et l'imprévisible ne s'introduisent pas dans le monde par la nature mais par l'homme. C'est pourquoi la contingence signifiera la liberté humaine elle-meme, se frayant un chemin a travers les obstacles de l’existence, et rendant l’histoire a la fois intelligible, puisque toute décision introduit une coupure dans le cours du temps.

Ces deux affirmations rejoignent, certes, notre position interactionniste au sujet du rapport individu/société. Elle établit par ailleurs l’opposition entre une sociologie des structures et des déterminants (dans la tradition de Marx ou Durkheim) qui tend a nier sinon a limiter fortement la contingence et une sociologie de l’événement (Pareto, Bouson) qui tend au contraire a majorer la contingence et a rapprocher ainsi la sociologie de l’histoire.

Enfin, l’économie des contingences comme l’économie informelle sont toutes d’abord des économies dérivées et déterminées par les spécificités ou singularités de chaque niveau de leurs manifestations. Cependant, contrairement a l’économie informelle qui se traduit a partir du secteur productif de l’économie, l’économie de contingences, elle, traduit un mode de production et d’échange intégrant des lois de correspondance entre les rapports de production et des forces productives d’une part et les rapports d’échange et les moyens d’échange d’autres part. L’économie de contingences est dynamique et spécifique, mais non particulière a un milieu. Elle récuse tout postulat, tout principe universel pour sa saisie rationnelle des actions des acteurs pratiques et non des acteurs populaires. Elle repose sur un certain nombre de caractéristiques dont les nécessaires sont :

- Le non salariat : Ceci est une situation de contraposition ; c'est-a-dire d’obversion et de conversion du contrat de travail. L’obversion du contrat de travail résume le fait que le travail, au lieu d’etre rémunérateur et a meme d’aider le contractant a reconstituer sa force de travail et de nourrir sa progéniture, est devenu une corvée payée de manière encore moins capitaliste. Une telle rémunération est l’expression de l’esclavagisme ou du servage. Car, l’esclavage et le sevrage établissent deux catégories d’hommes : ceux qui sont libres et ceux qui ne le sont pas et qui appartiennent aux premiers. L’esclave est la chose de son maitre qui a tous ses droits sur lui. Le serf est attaché a son maitre ou a sa terre qu’il ne peut etre vendu. La conversion du contrat de travail dans le non salariat suppose que les quantités des forces de travail vendues en sociétés sont minimes par rapport aux forces de travail disponibles. Ceci a comme implication dans l’économie de contingences, que les acteurs pratiques ne sont pas assujettis a la théorie de la valeur travail et corollaires qui, pourtant, sont le substrat fondamental du processus d’accumulation. Dans une économie des contingences, cette caractéristique reste principale ou mieux radicale et a laquelle s’ajoutent les caractéristiques secondaires, tronconiques et sous-jacentes ci-dessous.
- Dualité du processus d’échange et polyvalence des produits a échanger : dans une économie des contingences, le recours permanent a deux formes d’échange est recurrent : l’échange marchand et l’échange non marchand. De plus, une polarisation en cascade de l’échange marchand dans le processus de circulation des marchandises par le recours permanent et concomitant au système de troc et a la monnaie ayant des signes manifestement différents : le dollar américain qui circule au meme titre que le franc congolais dans les différentes transactions économiques officielles ou non officielles. Ce processus de polarisation en cascade de l’échange marchand entraine la polyvalence et non l’équivalence des produits a échanger. Pourtant dans l’échange commercial, les biens échangés sont d’abord considérés comme étant d’égale valeur.
- Le primat du raisonnable (de fois hasardeux) : Dans une économie des contingences n’existe aucune autre rationalité que celle des actions efficaces pour mener sa vie. C’est-a-dire vrai des actions d’expériences réelles vécues. Le recours permanent au raisonnement cartésien n’est pas démis. En effet dans une telle économie, on est arrivé a se convaincre que l’accumulation des richesses n’est pas liée au nombre des diplömes ni a la technicité apprise a l’école. Les projections trop scientifiques et rectilignes ne sont qu’un passetemps, car il faut laisser la nature agir a défaut de la providence éclairante. Néanmoins si la nature est lente a agir, il faut la stimuler a agir en sa faveur. C’est la morale de conviction.

[...]

Fin de l'extrait de 251 pages

Résumé des informations

Titre
L'articulation des modes de production comme alternative à l'economie minière face à la survie dans l'hinderland minier du Katanga
Sous-titre
Une contribution à la théorie de la matricialité économique
Cours
Écologie et développement durable
Note
18/20
Auteur
Année
2019
Pages
251
N° de catalogue
V922053
ISBN (ebook)
9783346283207
Langue
Français
mots-clé
Économie Minière, minier, Hinterland minier, matricialité économique, Katanga, commerce dévastateur, développement durable, machination, tribalisme, corruption, artisanal, articulation, charge récurrente, gécamines, production.
Citation du texte
Mathieu Aurel Maniraguha Balibutsa (Auteur), 2019, L'articulation des modes de production comme alternative à l'economie minière face à la survie dans l'hinderland minier du Katanga, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/922053

Commentaires

  • Pas encore de commentaires.
Lire l'ebook
Titre: L'articulation des modes de production comme alternative à l'economie minière face à la survie dans l'hinderland minier du Katanga



Télécharger textes

Votre devoir / mémoire:

- Publication en tant qu'eBook et livre
- Honoraires élevés sur les ventes
- Pour vous complètement gratuit - avec ISBN
- Cela dure que 5 minutes
- Chaque œuvre trouve des lecteurs

Devenir un auteur