La première partie a pour but de nous informer sur le développement des articles et de DE dans l’histoire de la langue, ainsi que sur l’évolution de l’usage des adverbes de négations. Des proverbes (qui ont un caractère historique) contenant la négation recherchée sont également examinés. Ensuite, l’influence sur la portée de la négation est discuté. Le sous-chapitre suivant traite spécifiquement les cas grammaticaux et révèle la vaste dissemblance du DE avec le cas du partitif. La comparaison avec les langues latine, russe et polonaise permet enfin de faire la lumière sur le cas du génitif employé sous l’effet de la négation.
Dans la seconde partie, les structures "y avoir pas moyen" et "y avoir pas de moyen" sont analysées. La recherche de leurs occurrences dans les corpus Frantext et frWaC s’effectue siècle par siècle pour constater leur évolution à travers le temps. Leur nombre en position de proposition principale et de subordonnée, les temps utilisés et leur environnement (c’est-à-dire la suite de la phrase) sont vérifiés. Ces données servent à établir un parallèle entre les propriétés de la négation chez les langues que l’on a comparées en théorie et celles des structures recherchées.
Le partitif est un cas grammatical introduisant la partie d’un tout. L’interprétation du DE comme partitif dans la négation semble illogique pour toutes les phrases dans lesquelles il nie un indéfini et dans lesquelles le substantif nié est seulement absent, inexistant ou sur lequel l’effet du procès du verbe est nié. Le DE dans la négation est-il un partitif ?
On rencontre déjà des difficultés pour la négation en générale : le statut de négation se reconnaît par la possibilité de focalisation et de rection de termes polarisés. Il existe donc des négations de phrase, des négations de constituant et des négations de proposition. En même temps, la négation est ambigüe et n’a pas un seul signifié fixe pour toutes les phrases.
Table des matières
1) Théorie
I. Formation de DE et occurrence de Ø dans l’histoire de la langue
I.1. Les articles
I.1.1. L’article défini
I.1.2. L’article indéfini
I.1.3. L’article partitif
I.2 Les prépositions (et adverbes)
I.3. La négation et les adverbes de négation
I.4. DE dans la négation de proverbes
II La portée de la négation en théorie
II.1. Propriétés de polarité et modèles d’interprétation
II.1.1. Propriétés de polarité
II.1.2. Modèles d’interprétation
II.2. Portée de la négation : négation totale et négation partielle
III Le cas grammatical devient-il visible ?
III.1. Asymétrie du cas
III.2. Avec quel cas DE fonctionne-t-il?
III.3. Ressemblances avec d’autres langues
III.3.1. Le latin
III.3.2. Le russe
III.3.3. Le polonais
IV. Conclusion de la partie théorique
2) Pratique : une analyse de corpus
I Réflexions
II. Présentation des corpus
III Hypothèses
IV. Résultats
IV.1. Propositions principales et subordonnées
IV.2. Aspect du verbe
IV.3. L’environnement de la structure
V. Conclusion de la partie pratique
Objectifs et thématiques de la recherche
Cette étude vise à déterminer si le mot "DE" utilisé dans les structures négatives du français fonctionne réellement comme un article partitif ou s'il s'agit d'une marque syntaxique spécifique liée à la portée de la négation, en analysant son évolution historique, son comportement théorique et ses occurrences dans des corpus textuels.
- Évolution historique de l'usage des articles et de la préposition DE.
- Analyse comparative de la négation avec d'autres langues (latin, russe, polonais).
- Étude de la portée de la négation totale versus partielle.
- Analyse empirique des structures "y avoir pas moyen" et "y avoir pas de moyen" via les corpus Frantext et frWaC.
- Rôle de l'aspect verbal et de la position syntaxique sur la structure négative.
Auszug aus dem Buch
I.4. DE dans la négation de proverbes
Tout comme Silvia Palma, j’utilise dans le présent travail le terme proverbe dans un sens général, c’est-à-dire que je ne ferai pas de distinction entre proverbe, maxime, apophtegme et dicton (Palma 2000 : 60).
Ana Marina Tomescu affirme que les traits spécifiques des proverbes tiennent au fait qu’ils représentent une unité phrastique autonome. Cette unité a un contenu sentencieux qui exprime une vérité générale, ils ont donc un caractère ancien, toujours valable. Leur mémorisation est facilitée par les rimes, les répétitions, le rythme, le côté métaphorique, parfois la structure binaire (Tomescu 2007 : 121). Les proverbes ne sont pas toujours faciles à interpréter. Pour la grammaire traditionnelle, la structure de ces phrases est souvent anormale. Cette structure signale un emploi spécifique. Les proverbes sont des unités codées énonçant un concept général, esquissant des faits généraux et atemporels qui concernent tous les aspects de la vie humaine (Ibid. : 121sq.).
Tomescu classifie les proverbes selon leur contenu, et un type de proverbe nous intéresse particulièrement, puisqu’on y retrouve le plus de négation : ce sont les proverbes dans lesquels le locuteur affirme la vérification exhaustive du stéréotype pris comme cadre. Par exemple :
(32) Il n’y a pas de fumée sans feu (Ibid. : 123)
Résumé des chapitres
1) Théorie: Ce chapitre explore les origines historiques de l'usage de "DE" et son rôle dans l'évolution de la négation, en examinant des modèles théoriques et des comparaisons linguistiques avec le latin, le russe et le polonais.
2) Pratique : une analyse de corpus: Cette section détaille l'analyse empirique des structures négatives basée sur les corpus Frantext et frWaC, en observant les fréquences, l'aspect verbal et les environnements syntaxiques.
Mots-clés
Négation, DE partitif, diachronie, linguistique française, syntaxe, portée de la négation, corpus, Frantext, proverbes, aspect verbal, génitif, inaccusativité, quantification, sémantique, analyse comparative.
Foire aux questions
Quel est le sujet principal de cette étude ?
Le travail porte sur la nature grammaticale du mot "DE" dans les structures négatives en français, et cherche à vérifier s'il doit être considéré comme un article partitif ou comme un marqueur spécifique de la négation.
Quels sont les champs thématiques abordés ?
L'étude croise l'histoire de la langue, la syntaxe théorique, la sémantique de la quantification et l'analyse de corpus empiriques pour expliquer les mécanismes de la négation.
Quel est l'objectif de la recherche ?
L'objectif est d'écarter ou de confirmer l'hypothèse du "DE partitif" dans la négation en étudiant l'asymétrie casuelle et l'influence de l'aspect verbal.
Quelle méthode est utilisée ?
L'auteure combine une approche diachronique, une analyse typologique comparative (latin, russe, polonais) et une recherche quantitative basée sur des corpus textuels (Frantext et frWaC).
Que traite le corps principal de la thèse ?
Le développement examine les propriétés de polarité, les modèles d'interprétation de la négation et confronte les résultats théoriques avec les données collectées dans les corpus.
Quels sont les mots-clés caractérisant le travail ?
Les termes essentiels sont la négation, le DE partitif, l'asymétrie, l'aspect verbal, la quantification et l'analyse diachronique.
En quoi la comparaison avec le polonais est-elle cruciale pour la thèse ?
Le polonais utilise le cas génitif dans des contextes similaires à l'usage de "DE" en français, ce qui renforce l'idée que "DE" fonctionne davantage comme une marque de cas que comme un simple partitif.
Quel est le lien entre l'aspect verbal et la structure négative ?
L'analyse démontre que l'aspect imperfectif du verbe est fortement corrélé avec l'usage de la structure négative étudiée, influençant ainsi la portée de la négation.
Que conclut l'auteure sur le rôle du "DE" ?
La conclusion rejette l'analyse du "DE" comme partitif, le qualifiant plutôt de marque de syntagme nominal indéfini objet, atteint par l'effet de la négation et agissant comme un marqueur de portée.
- Quote paper
- Elodie Platteel (Author), 2018, La négation dans la diachronie. Le mot "de" est-il un partitif ?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/944636