La non-utilisation des technologies connectées dans le cadre d’une pratique régulière de la course à pied. Une décision rationnelle et réfléchie ?


Mémoire (de fin d'études), 2019

139 Pages, Note: 12


Extrait

Table des matières

Introduction
1) Contexte de l’étude
2) Hypothèses et problématique
3) Les enjeux

I. Cadrage théorique et méthodologique
1) Cadrage théorique
2) Cadrage méthodologique

II. Les résultats de l’enquête
1) Des similitudes dans le panel des pratiquants interrogés
2) Des oppositions vis-à-vis de l’utilisation de la technologie dans la pratique
3) L’identification de distincts profils de coureurs
4) Résultats des observations

Conclusion
1) Conclusion générale
2) Limites et biais de cette étude
3) Perspectives futures de recherches et préconisations

Bibliographie et webographie

ANNEXES
Annexe 1 : Guide d’entretien
Annexe 2 : Grille d’observation utilisée
Annexe 3 : Retranscription des entretiens

Résumé

Remerciements

Dans le cadre de ce mémoire de stage, je souhaite adresser mes remerciements les plus sincères à toutes les personnes ayant contribué à ce travail,

Monsieur Bastien SOULE, mon tuteur universitaire, pour ses conseils, son expertise et ses remarques, qui m’ont permis d’alimenter ma réflexion tout au long de ce travail de recherche. Je souhaite également le remercier pour la grande disponibilité dont il a toujours fait part.

Mes enseignants de l’Université Claude Bernard, qui m’ont appris beaucoup de choses au cours de mes deux années de Master, et m’ont permis, moi et mes camarades, de me professionnaliser au maximum.

Ma famille, mes proches et mes amis, pour leur soutien indéfectible tout au long de ce mémoire.

Ce travail de recherche fut extrêmement enrichissant, passionnant car proche de stratégie de professionnalisation future, et m’a fait vivre au-delà de ma formation universitaire, une expérience professionnelle et personnelle prenante, qui j’en suis sûr, me servira pour la suite.

Pour terminer, je tiens à remercier les 20 personnes, qui ont accepté de répondre à toutes mes questions et interrogations. Mon analyse s’est appuyée en grande partie sur leurs témoignages, et sans eux, ce travail n’aurait pas été possible. Un très grand merci à Thomas, Kader, Samuel, James, Pierre, Romain, David, Karim, Ludwig, Matthieu, Anthony, Patricia, Lisa, Renaud, Erwan, Robin, Hugo, Jean, Hugo et Baptiste pour la disponibilité et la courtoisie dont ils ont fait preuve à mon égard.

Introduction

1) Contexte de l’étude

Dans une société de plus en plus connectée, où les technologies sont de plus en plus nombreuses, il est nécessaire de s’interroger sur les impacts que celles-ci ont, sur des habitudes et des pratiques que nous avons, afin également d’avoir une réflexion sur notre rapport à la technologie, qui est différent entre chaque individu. Il est à noter que globalement, le temps que nous passons sur divers appareils et écrans est de plus en plus important, et nous avons accès à ceux-ci de plus en plus tôt, et nous savons que lorsque des habitudes se forgent dès l’enfance, il est plus difficile de les modifier par la suite.

Ainsi, « les objets connectés s’invitent dans tous les domaines (domotique, santé, bien-être...) et séduisent de plus en plus d’utilisateurs. L’univers du sport, professionnel comme amateur, n’échappe pas à cette tendance et devient l’un des champs d’utilisation privilégiés des objets connectés qui investissent l’ensemble des disciplines (course à pied, football, cyclisme, tennis.). Objets, chaussures, vêtements et accessoires sont équipés de puces et de capteurs connectés permettant de collecter un panel de données physiologiques, géolocalisées, etc1 ».

«D’après une étude de l’Union Sport & Cycle réalisée en Octobre 2018, l’utilisation de montres connectées/GPS dans le running est devenue incontournable et est grimpée en flèche ces deux dernières années (+14%). 76 % des coureurs à pied en utilisent une lors de leurs sorties running2 ».

« En tant qu’outil capable de communiquer des mesures de données à un réseau, l’objet connecté présente de nombreux avantages pour un coureur :

- Il fournit de multiples indicateurs de performance à l’aide de ses capteurs, par exemple la distance parcourue, les calories brûlées mais également le nombre de pas effectués ;
- Il permet d’améliorer son entrainement et la qualité de ses séances ;
- Il simplifie le suivi des performances, désormais synchronisé sur smartphone ou ordinateur ;
- Grâce au stockage des précédentes performances, il permet d’observer les progrès accomplis et le chemin parcouru, de maintenir la motivation du runner et de l’encourager dans le dépassement de soi3 ».

La course à pied est un sport, qui depuis une dizaine d’années, est en plein essor, c’est une pratique qui s’est totalement démocratisée, et qui s’est imposée partout, dans diverses classes sociales et tant aussi bien au niveau de la pratique masculine, que féminine. De ce fait, nous pouvons noter que le running connaît de fortes évolutions en termes de pratiquants, notamment sur les deux dernières décennies, et cela est de plus en plus visible dans les chiffres. Ainsi, « le marché du running est même en explosion, avec un marché global hexagonal estimé à 850 millions d’euros, et 24 % des français de plus de 18 ans qui pratiquent cette activité en 2018, contre 16% en 20024 ». La demande est de plus en plus importante, les courses se multiplient, notamment les courses hors- stade (courses sur route, et trails essentiellement). La recherche et développement dans le running est à son apogée, la vente d’équipements relatifs à cette pratique n’a en effet jamais été aussi importante que ce soit sur les chaussures (plus de 8 millions de paires de chaussures de running sont vendues chaque année en France4) les vêtements, les produits liés à la récupération ou à l’amélioration des performances...

Le running est également une activité physique disposant de grandes amplitudes horaires, en effet cette activité peut être pratiquée tout au long de la journée, le matin avant d’aller au travail, le midi durant la pause déjeuner, le soir après une journée de travail...

Seul ou à plusieurs, à la ville, à la montagne, ou à la campagne, et avec la dernière tenue à la mode ou avec des baskets standards, nous pouvons courir, partout, tout le temps, sur tout type de chemins, sentiers, ou routes, et cette pratique arrive à toucher tout autant la jeunesse que des sportifs plus âgés.

Soulignons cependant que le fort développement du running et du trail s’est accompagné d’une forte technologisation, pour donner suite aux nombreuses innovations accumulées au fil des années, tout en subissant différentes évolutions socio-culturelles au sein des pratiquants.

De plus, la recherche perpétuelle de l’innovation et l’attention portée au marketing pour améliorer et accélérer la diffusion de ce sport n’ont jamais été aussi importantes.

Pour bien comprendre l’expansion de ce phénomène qu’est la révolution technologique intégrée au sport, il suffit de regarder le nombre d’utilisateurs des applications connectés dans le sport. J’ai donc choisi de me focaliser dans cette étude, sur le sport qui utilise le plus ces objets connectés guidant la pratique des individus, qu’ils soient des bracelets, des montres, ou des smartphones : la course à pied.

Si nous reprenons les chiffres issus de mon analyse comparative regroupant les six applications connectées les plus utilisées dans le running, et bien que les données ne datent pas forcément des mêmes années, nous pouvons estimer un minimum de 225 millions d’utilisateurs dans le monde qui utilisent régulièrement des applications connectées dans le sport.5 6

Nous pouvons observer en France, une progression récente de 16 % sur les « wearables », montres et autres bracelets connectés, avec 1,6 million d'équipements vendus en 2017.6

Le comparatif suivant présente un état des lieux des 6 applications les plus utilisées actuellement dans le running. J’ai ainsi réalisé ce comparatif à partir de recherches internet en recoupant le maximum d’éléments que je pouvais trouver sur chacune des différentes applications.

Ces applications sont pour certaines indépendantes (Strava, Fitbit), appartiennent à leur propre société mère (Nike+ Run Club), ou ont été rachetées par de grandes firmes (Runtastic, Runkeeper, Endomondo...).

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

À qui appartient l’application : Adidas (rachat en 2015).

Nombre d’utilisateurs : 70 millions en 2015.

Profil des utilisateurs : Personnes voulant se remettre en forme ou pratiquer une activité physique mesurée.

Ergonomie et simplicité d’usage : Ergonomie assez semblable à Runkeeper, mais utilisation pas forcément très intuitive.

Pratique(s) privilégiée(s): Running, mais aussi vélo et musculation (même si running reste la pratique phare de l’application).

Modèle économique: Gratuit avec achats in-app (un achat pouvant s'effectuer au sein d’une même d'une application mobile).

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Possible avec une très grande majorité de montres connectées, ou bracelets connectés.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : En version gratuite, l’application n’offre que les fonctionnalités principales (temps, distance, vitesse moyenne et le nombre de calories dépensés). Les publicités sont nombreuses et rappellent qu’elles sont une source importante de financement pour l’application.

Fonctionnalités offertes par la version payante : Aucune publicité. Des plans d’entraînement adaptés au niveau de chacun pour débuter en course à pied, perdre du poids ou préparer un 5km, 10km, un semi-marathon ou un marathon. Possibilité de sauvegarder ses parcours préférés ou découvrir de nouveaux itinéraires d’autres utilisateurs. Possibilité de faire des entraînements par intervalles (fractionnés).

Envoi des encouragements et messages personnalisés avec le suivi en direct. Motivation en musique possible avec le système de « Powersong préférée ».

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : 49.99 euros.

Type de partage et réseau social : Oui, possible avec tous les contacts sur les réseaux sociaux et au sein de l’application.

Système d’attribution des likes : Oui.

Comparaison avec d’autres adeptes : Oui, mais seulement avec ses amis et sur un nombre de kilomètres parcourus, pas sur un segment ou un parcours précis.

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

À qui appartient l’application : Indépendant.

Nombre d’utilisateurs : 32 millions en 2018.

Profil des utilisateurs : Compétiteurs (amateurs et professionnels).

Ergonomie et simplicité d’usage : Design simple, ergonomique et très simple d’utilisation.

Pratique(s) privilégiée(s): Running et Cyclisme.

Modèle économique: Gratuits avec achats in app.

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Avec une très grande majorité de montres connectées, ou bracelets connectés.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : Suivi détaillé des activités sportives (cartes, itinéraires, analyse des entraînements). Enregistrement de l’activité sur le fil d’activités Strava, amis et connaissances peuvent ainsi interagir. Possibilité de rejoindre les clubs des marques préférées, d’équipes et d’amis, selon aspirations. Possibilité de recommander un itinéraire et partager les photos de ses expéditions et aventures.

Fonctionnalités offertes par la version payante : Recevoir des plans d’entraînement personnalisés. Fixation d’objectifs, de distance, de temps, et sur différents segments. Feedbacks en temps réel, dans le but d’aider à la performance et à l’entraînement. Exploitation des données de manière plus pertinente, grâce à des analyses sophistiquées et des données détaillées.

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : 54.99 euros.

Type de partage et réseau social : Oui, avec tous les contacts sur tous les réseaux sociaux, et également au sein de l’application Strava.

Système d’attribution des likes : Oui (kudos).

Comparaison avec d’autres adeptes : Oui, avec tout le monde, et sur des segments et des endroits précis.

Abbildung in dieser Leseprobe nicht enthalten

Nombre d’utilisateurs : 30 millions, toutes applications Nike+ confondues (juin 2014).

Profil des utilisateurs : Utilisateurs de tout type, débutants ou coureurs confirmés, mais format très communautaire.

Ergonomie et simplicité d’usage : Design épuré et simplicité d’accès.

Pratique(s) privilégiée(s) : Running.

Modèle économique : Gratuit.

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Peu de variété de montres connectées compatibles (Apple Watch uniquement), soit l’obligation d’avoir son téléphone.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : Personnalisation de programmes d’entraînement adaptés. Défis avec ses amis et partage social très présent, présence d’un fil d’actualité.

Fonctionnalités offertes par la version payante : Pas de version payante.

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : Gratuit.

Type de partage et réseau social : Oui, avec tous les contacts sur les réseaux sociaux, ou sur son cercle d’amis Nike+.

Système d’attribution des likes : Oui (pendant et après la course).

Comparaison avec d’autres adeptes : Oui, mais pas très fournie. Essentiellement avec ses amis. Possible avec toute la communauté mais seulement dans le cadre de certains défis.

- Fitbit (et dérivé Fitbit Coach) :

Date de création : 2007.

À qui appartient l’application : Indépendant.

Nombre d’utilisateurs : 18 millions en 2016 (en comptant application ainsi que bracelets et montres fitbit).

Profil des utilisateurs : Utilisateurs majoritairement « fitness », recherchant à rester actif, améliorer leur nutrition et gérer leur poids, ou mieux dormir.

Ergonomie et simplicité d’usage : Semble moins attractive graphiquement que beaucoup de ses homologues.

Pratique(s) privilégiée(s): Running et fitness (musculation).

Modèle économique : Gratuit.

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Compatible avec un très grand nombre de bracelets et de montres connectées, mais on peut aussi utiliser l’application sans accessoire annexe Fitbit, et uniquement avec son smartphone. Couplage possible avec Strava.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : Suivi des entraînements et des activités quotidiennes, mesure des pas effectués, mesure des calories dépensées, suivi du poids, suivi nutritionnel. Suivi du sommeil. Possibilité de défier des amis. Possibilité de fixer des objectifs.

Fonctionnalités offertes par la version payante : La version payante est une autre application dérivée (Fitbit Coach) qui offre un suivi beaucoup plus personnalisé en termes de coaching (conseils, vidéos...).

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : 39.99 euros.

Type de partage et réseau social : Oui, avec sa communauté Fitbit (amis dans l’application et sur les réseaux sociaux).

Système d’attribution des likes : Oui (possibilité d’encourager ses amis).

Comparaison avec d’autres adeptes : Oui, mais avec ses amis uniquement.

- Runkeeper :

Date de création: 2008.

À qui appartient l’application : Asics.

Nombre d’utilisateurs : Plus de 45 millions d’utilisateurs.

Profil des utilisateurs : Tous types de coureurs (débutants, intermédiaires, confirmés...).

Ergonomie et simplicité d’usage : L’application est très réussie graphiquement, rapide, et très ergonomique.

Pratique(s) privilégiée(s) : Running.

Modèle économique : Gratuit avec achats in-app.

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Compatible avec un très grand nombre de bracelets et de montres connectées.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : Possibilité de faire des fractionnés. Statistiques sur la distance, le temps, le rythme, les calories brulées. Présence de signaux et alertes sonores, mesure du rythme cardiaque, évolution de la performance. Enregistrement possible des parcours que l’on souhaite refaire. Fixations d’objectifs.

Fonctionnalités offertes par la version payante : Nos amis peuvent suivre nos sessions ou nos courses sur une carte en direct. Pas de publicités. Conseils personnalisés. Programme d’entraînement premium.

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : 39.99 euros.

Type de partage et réseau social : Oui, sur tous les réseaux sociaux.

Système d’attribution des likes : Oui.

Comparaison avec d’autres adeptes : Runkeeper affiche seulement un classement basé sur le nombre d’activités dans le mois (pas de kilométrage) et il n’y a pas de badges ou de trophées (juste des records).

- Endomondo :

Date de création: 2007.

À qui appartient l’application : Under Armour.

Nombre d’utilisateurs : 30 millions (Novembre 2014).

Profil des utilisateurs : Débutants, intermédiaires et confirmés.

Ergonomie et simplicité d’usage : Claire et sobre.

Pratique(s) privilégiée(s): Running.

Modèle économique: Gratuit avec achats in-app.

Couplage nécessaire ou conseillé avec des wearable technologies ou d’autres applications : Compatible avec un très grand nombre de bracelets et de montres connectées.

Fonctionnalités offertes par la version gratuite : Données chiffrées, rythme cardiaque, vitesse moyenne, altitude, dénivelé, rythme au kilomètre, temps au kilomètre. Présence de publicités.

Fonctionnalités offertes par la version payante : Faire des fractionnés.

Prix de l’abonnement annuel en euros de la version payante : 29.99 euros.

Type de partage et réseau social : Oui, amis Facebook, contacts ou utilisateurs ayant également l’application.

Système d’attribution des likes : Oui.

Comparaison avec d’autres adeptes : Oui.

2) Hypothèses et problématique

Aux prémices de cette étude, j’avais plutôt pour idée de travailler sur une application en particulier (Runtastic) et de me concentrer sur le fait de comprendre quelles étaient les raisons du choix de cette application en particulier plutôt qu’une autre, savoir ce qui poussait les consommateurs plus globalement à en choisir une plutôt qu’une autre, et comprendre s’il était fréquent de cumuler diverses applications.

Cependant, je me suis rendu compte qu’il serait difficile de trouver le bon angle d’approche en partant dans cette direction-là, et que cela serait peut-être trop restrictif, d’analyser uniquement l’application Runtastic.

Je me suis donc recentré dans ma question de départ vers une autre direction, à savoir plutôt essayer de déterminer et analyser les résistances poussant des individus à aller à l’encontre de cet effet de mode, en ne souhaitant pas utiliser ces procédés.

Ainsi, cela m’a permis de définir la question de départ suivante :

A l’heure de l’omniprésence du numérique, quelles sont les résistances qui peuvent entraîner certains sportifs à ne pas utiliser les applications connectées ?

L’objectif principal dans ce travail de recherche sera donc d’analyser qualitativement les profils de différents pratiquants de course à pied, et d’essayer de comprendre les raisons qui poussent certains d’entre eux à refuser de se lancer dans l’utilisation des applications connectées dans le cadre de leur pratique sportive régulière.

En effet, les différentes marques usent de plus en plus de stratégies marketing et commerciales pour conquérir différents publics. Les motivations de chacun vont ensuite être ainsi différentes pour débuter la pratique de la course à pied avec une application connectée ou un objet connecté tel qu’une montre ou un bracelet.

Nous pouvons supposer que des personnes vont souhaiter utiliser une innovation dernier cri avec par exemple la motivation de perdre du poids et de suivre leur évolution à ce niveau-là, d’autres personnes auront possiblement l’envie de viser des performances ou objectifs chronométriques précis, ou encore la volonté de partager tout simplement leurs performances avec leurs amis...

A l’inverse, des personnes ne vont pas souhaiter se lancer dans l’utilisation de tels objets, et vont en quelque sorte ne pas céder à une pratique de plus en plus marquée et généralisée ces dernières années, il suffit en effet juste de constater l’apparence actuelle du coureur à pied type dans les différentes rues, parcs ou espaces verts de France. Nous observons une prédominance du coureur à pied doté d’écouteurs, ou d’un casque lui permettant d’écouter sa playlist préférée, ou les conseils issus de son application de coaching, et qui va avoir également une montre ou un bracelet connecté sur son poignet, ou va utiliser une application sur son smartphone pour mesurer sa performance. De même, les semelles connectées, ressemblantes aux semelles orthopédiques, sont de plus en plus nombreuses, et permettent de récolter des performances liées à la foulée. Il est donc indubitable que les coureurs, de haut en bas, sont de plus en plus connectés à différentes technologies.

Il y a donc un intérêt à analyser les raisons d’une « défiance » possible à l’égard de ces applications et objets, et nous sommes en droit de nous poser la question du pourquoi du comment.

Nous pouvons émettre l’hypothèse suivante : certains sportifs essaient lorsqu’ils pratiquent leur activité physique de se déconnecter de toutes leurs autres activités quotidiennes et ont une recherche d’évasion dans leur pratique, et souhaitent ainsi éviter l’utilisation de technologies connectées durant leurs efforts.

Une seconde hypothèse peut être également que certains individus qui ont finalement choisi d’utiliser ces technologies l’ont fait en cédant à un certain effet de mode, ou à la pression de leur entourage, et ont donc subi en quelque sorte un choix qui n’aurait pas été forcément le leur aux premiers abords.

Nous pouvons évoquer également le cas des personnes qui commencent à essayer ces technologies, puis finissent par arrêter et ne les utilisent plus.

La décision de ne pas utiliser un objet connecté ou une application dans le cadre de sa pratique de la course à pied n’est probablement ni anodine, ni effectuée au hasard.

Il y a, et nous pouvons le penser, très généralement, une très grande part de rationalité derrière cette décision qui est sans doute une décision réfléchie et consciente, comportant une ou plusieurs raisons. La non-utilisation d’une innovation dernier cri tels que ces objets ou ces applications, ne doit être en aucun cas vu péjorativement ou comme un retard, parce que certaines personnes n’expriment tout simplement pas le besoin, l’envie ou le souhait d’en quelque sorte céder à une mode de plus en plus présente, faisant probablement du coureur à pied, le sportif le plus connecté qui soit.

Ces différentes hypothèses ainsi que mes différentes lectures théoriques et académiques m’ont donc permis de définir la problématique suivante :

La non-utilisation des technologies connectées dans le cadre d’une pratique régulière de la course à pied : une décision rationnelle et réfléchie ?

Cette étude sera centrée sur un profil de pratiquants particulier, en l’occurrence des pratiquants réguliers de course à pied, c’est-à-dire un panel de personnes réalisant en moyenne au minimum 3 séances hebdomadaires, et le but sera de comprendre pourquoi certains de ces coureurs étudiés n’ont soit jamais souhaité utiliser des objets ou applications connectées dans leur pratique de la course à pied, ou ont abandonné l’usage de ceux-ci après les avoir essayés.

Il est à souligner qu’il n’y a pas encore énormément de travaux de recherche présents à ce sujet dans la littérature actuelle et ces éléments d’analyses pourront donc apporter de nouvelles données socio-culturelles.

Cette étude sera également à mettre en perspective avec la technologisation massive de la société actuelle d’un point de vue plus global.

3) Enjeux de cette étude

Les enjeux abordés au cours de cette étude seront divers :

Enjeu sociologique :

L’enjeu sociologique sera important à analyser dans cette étude. Grâce à cette étude, nous pourrons mieux cerner les différentes catégories de pratiquants, comprendre leur façon de pratiquer, avec ou sans la technologie, mieux connaitre leurs motivations par rapport à l’utilisation ou non de celle-ci. Nous pourrons également voir si les personnes restent toujours avec les mêmes idées au cours du temps, ou s’il est fréquent de constater du changement dans leurs opinions, au gré des contextes sociaux et des trajectoires individuelles.

Enjeu culturel :

Ici, nous essaierons de déterminer le rapport que les pratiquants (runners, trailers) entretiennent avec leur activité, mais également d’évoquer leur rapport par aux autres pratiquants, et par rapport à la nature (en tant que pratique outdoor, en nature).

L’enjeu sera ainsi de comprendre s’il existe différentes cultures en fonction du profil des pratiquants et si celles- ci comportent des écarts majeurs. Puis, nous essaierons de déterminer si une culture en particulier a pris le dessus par rapport à une ou plusieurs autres.

I. Cadrage théorique et méthodologique

1) Cadrage théorique

Sur un plan théorique, cette étude voudra apporter une part de nouveauté par l’intermédiaire de son sujet de recherche. En effet, l’analyse des résistances subsistant au XXIème siècle concernant la volonté de ne pas céder à la tentation des technologies connectées dans les pratiques physiques n’ont pas encore été assez analysées dans la littérature.

Ma démarche sera donc de proposer de nouveaux axes d’analyse, tout en m’appuyant bien entendu sur des écrits théoriques existants.

Diverses études ou ouvrages scientifiques ont toutefois été publiés en ce qui concerne le fait de raconter l’histoire, l’apparition, et l’évolution des technologies, de plus en plus omniprésentes, dans nos vies quotidiennes, et dans le sport en général. Des auteurs emblématiques tels que Bernard Andrieu ont notamment travaillé encore très récemment (20187 ) sur l’hybridation du corps et les conséquences de l’ « incorporation des techniques sur notre identité et nos pratiques corporelles ». Dans cet ouvrage, Andrieu s’intéresse à la question du corps, et plus exactement à la question relative à la relation entre le corps vivant, vu comme une entité à part entière, autonome, et indépendant, et le corps vécu par notre conscience. Les nouvelles technologies vont à la fois nous conduire vers un corps vivant mais vont aussi nous détourner du vécu, lié à notre conscience.

Nous sommes selon Andrieu, de plus en plus dans la recherche de l’immortalité, avec un corps augmenté, qui cherche à disposer d’une meilleure santé, d’une meilleure autonomie, à diminuer ses handicaps et à augmenter sans cesse ces performances, cependant la réalité est que toutes ces incorporations conduisent à des progrès mais aussi à des échecs.

C’est donc un sujet passionnant à traiter également du fait qu’il soit d’actualité et au cœur de nos vies quotidiennes.

Il faut également évoquer la notion de culture « sportive », définie par Pociello en 1992 comme « un ensemble structuré de pratiques, d’outils et de techniques, des modes d’industrie, de cultures et d’habitat, des types de coutumes, de croyances et de mythes, aussi bien que les usages traditionnels et ludiques du corps qui sont caractéristiques d’une société et lui donnent une vision unifiée et cohérente du monde.8 »

Cette notion semble incontournable par le fait que la culture sportive traduit ensuite les différents modes de pratiques et de pensées, qui orientent les comportements des pratiquants, dans un ensemble de normes et de valeurs.

Les valeurs peuvent être définies comme des idéaux collectifs partagés par un grand nombre de personnes différentes. Les normes, correspondent quant à elles, à des règles ou comportements que l’on n’est pas censé transgresser. La transgression peut éventuellement provenir de l’envie d’un individu de construire de nouveaux cadres, ou de l’envie de celui-ci de s’émanciper d’un certain cadre défini.

Plusieurs lectures bibliographiques m’ont plus généralement permis de m’ancrer dans mon sujet et de me positionner afin de définir la problématique évoquée précédemment, dans le but d’observer les résistances à la technologie qui peuvent subsister chez des coureurs à pied réguliers. Comme l’évoquent en 2017, Benoît Godin et Dominique Vinck, l’innovation se propage au fil du temps, et avec le temps, les personnes seront plus enclines à l’innovation. En attendant des résistances s’observent avec des personnes qui ne sont pas encore prêtes à passer à l’innovation. En outre, la « résistance » se réduit et s’estompe au fur et à mesure que s'accumulent les contacts avec des gens qui ont déjà adopté la nouveauté.

La résistance intentionnelle à une technologie peut avoir des raisons plus larges qu'un simple acte de rejet. Le déni des technologies est fréquemment perçu comme un acte d'identification et d'action en opposition à divers types de dominance. Ainsi, dans le cadre de l’innovation technologique, de nombreux acteurs vont vouloir résister dans le but de contrer l'hégémonie de certains groupes sociaux dominants.

La résistance est donc une forme « d'innovation critique dans laquelle les acteurs déploient des stratégies et des actions de résignation, de réorientation, de (re)conception, de production, de mise en œuvre et de gestion des technologies pour générer une base socio-matérielle adaptée à leur vision du monde ou pour empêcher la stabilisation des systèmes technologiques qui leur sont opposés.9 »

Un paradoxe est à noter avec certaines personnes qui se refusent à utiliser énormément de nouvelles technologies mais qui utilisent pourtant Internet et le Web.

Nous pouvons également nuancer ces résistances en soulignant que l’on constate une tendance à adopter de plus en plus souvent des stratégies d'imitation en ce qui concerne les nouvelles technologies, ce qui peut indiquer une attitude plus positive à l'égard de l'innovation.

Verchère en 2016, nous met en garde contre certaines pratiques sportives qui se rapprochent de plus en plus des jeux-vidéos, car le contrôle par la technologie est tellement important qu’on peut se demander si le sportif n’est pas parfois téléguidé ou piloté à distance, par son entraîneur ou son coach.

Le cas le plus frappant ces dernières années et un cas typique de ces nouveaux agissements des sportifs est selon lui celui de Chris Froome, multiplie vainqueur du Tour de France (à 4 reprises) dont le comportement est aujourd’hui frappant sur son vélo, lors de ses diverses courses.

En effet, le coureur anglais « la plupart du temps, ne regarde pas la route, et n’observe pas plus les autres coureurs. Au contraire, toute son attention se porte sur les nombreux indicateurs affichés par son compteur de vitesse, qu’il serait désormais plus juste de qualifier d’ordinateur de bord.10 » Les coureurs cyclistes sont aujourd’hui envahis par la technologie que ce soit pour consulter leurs relevés de puissances (développés en watts), et présents sur leurs compteurs de vitesses, mais également avec l’arrivée massive des oreillettes depuis une dizaine d’années, qui permettent aux directeurs sportifs de communiquer avec leurs coureurs toutes informations et instructions qu’ils jugent utiles pour lui. L’approche de la course est devenue « rationnalisée et très scientifique » et les directeurs sportifs pilotent à distance leurs coureurs via leurs écrans de contrôles présents dans leur voiture, ce qui conforte le fait que certaines compétitions sportives peuvent se rapprocher d’une certaine manière de plus en plus de sorte de jeux vidéos grandeur nature, les coureurs sont alors les personnages de ces jeux vidéos et alors « leur but n’étant plus nécessairement d’agir avec spontanéité et initiative comme on pourrait s’y attendre, mais de dérouler une à une les différentes étapes d’un algorithme décidé préalablement. »

Le cyclisme n’est selon Verchère cependant pas le seul sport touché par cette massification globale des technologies qui touche tous les sports en général en permettant à la technologie d’influer sur la pratique d’un sport en temps réel. En outre, certains entraineurs à l’image de Fréderic Grappe alertent sur le fait que malgré tous les atouts que peut avoir un capteur de puissance, ou n’importe quel indicateur technologique, rien ne remplace ce que ressent l’athlète réellement, et les sensations qu’il éprouve au sein de son corps, la résistance à la douleur, son mental...

Le danger pour les sportifs sur un plan philosophique, est de perdre en quelque sorte leur âme et leur corps, qu’ils laissent au profit d’éléments extérieurs, ils n’ont donc plus la maitrise totale de ces éléments puisque ceux-ci sont pilotés par des artefacts technologiques.

En conclusion, un nouveau dualisme a émergé ces dernières années, selon Verchère « non plus celui de l’âme et du corps, mais de l’âme et de l’interface homme-machine ou plutôt corps­machine. »

Alain Milon analyse de son côté la présence du corps confronté à l’arrivée massive de technologies induisant l’arrivée de la « réalité virtuelle ». Selon lui, « La cyberculture nous enlise dans un fantasme de perfection. Les individus n’ont plus de visages mais des interfaces, ils ne sont pas des sujets mais des avatars, ils n’ont pas de désir mais du plaisir sans sujet (la cybersexualité).11 »

La volonté de transformer et d’améliorer son corps n’en finit plus de progresser. Les récentes nouvelles pratiques pour développer celui-ci (dont la musculation) ou autres nouvelles pratiques corporelles sont en expansion, tout comme les produits diététiques qui s’accumulent, dans notre vie quotidienne. Ceci dans le but de donner un maximum de chances au plus grand nombre dans le but d’un épanouissement. En outre, nombreux domaines comme la santé, la performance, ou la jeunesse, sont notamment mis en valeur sans pouvoir être totalement partagé, par tous.

Selon Milon, nos attitudes corporelles sont le résultat de divers grands courants tels que la psychanalyse, la phénoménologie et les sciences cognitives, qui n’ont chacun pas le même modèle d’analyse du corps humain. Il est selon lui primordial de rechercher « l’unification de l’homme vivant ». Dans le cas contraire, il y aurait selon lui un risque de « désincarnation de l’humain, réduit à une existence matérielle. »

Andrieu évoque en 2007, la désincarnation technique. Lorsqu’on évoque la désincarnation technique, la peur prend souvent le dessus et tend à engendrer un mécanisme réactionnaire, une volonté de défendre son identité. Nous devons certes rester vigilants vis-à-vis des risques écologiques et sanitaires que peuvent induire la technologie, mais malgré tout Andrieu évoque la possibilité offerte de nous offrir « une nouvelle identité corporelle » par l’incorporation des techniques.

Ainsi, au quotidien, le corps naturel est remplacé en quelque sorte par l’hybride puisqu’il « s’incorpore dans des habitus, des postures, des gestes12 » au fur et à mesure du temps, notre corps s’habitue et acquiert une « nouvelle autonomie ».

Cela fait un moment selon lui que le corps hybride est déjà présent en nous, depuis l'introduction d'un « environnement artificiel dans nos systèmes biologiques ».

Nous ne devons cependant pas croire en la toute-puissance de l’hybridation et l’auteur souligne également les effets « négatifs et néfastes que peut avoir l’hybridation en le forçant soit à une adaptation par hybridation soit en le conduisant à la mort ».

Il ne faut donc pas arrêter de repenser notre rapport à la technologie pour que l’adaptation soit la meilleure possible.

Le Breton, en 2002, décrit la cyberculture prédominante dans le monde moderne actuelle, le fait que l’on peut tout suivre grâce à internet, tout partager avec tout le monde, dans tous les domaines, ce qui fait que les distances se réduisent de manière avérée mais cependant à l’inverse, les corps n’ont jamais été aussi « éloignés » les uns des autres dans nos relations du quotidien. Il évoque les dangers encourus par ces pratiques virtualisantes.

Paradoxalement, il arrive ainsi que nous soyons plus intimes avec des personnes « virtuelles » que nous ne rencontrerons jamais, qu’avec nos proches que nous voyons régulièrement. On a parfois peur de « s’engager » dans nos vies, ce qui fait que nous osons davantage le faire de manière virtuelle, car cela nous donne un sentiment sécuritaire de le faire par l’intermédiaire de ces technologies, plutôt que de le faire dans la vie réelle.

Par ailleurs, dans ce monde ou le virtuel a pris une place pré dominante, nous ne sommes toujours pas à l’« abri de la fatigue, de la faim, du sommeil, des maladies ou du handicap » malgré le fait de s’« affranchir de ses appartenances réelles pour endosser les identités multiples du cyberspace en jouant sur son sexe, son âge, ses gouts sexuels, sa nationalité...13 ».

Nous restons donc quand même terriblement vulnérables malgré cette sensation de toute puissance entraînée par le virtuel qui nous donne l’impression de pouvoir tout contrôler.

Jauréguiberry, en 2014 se questionne sur la déconnexion face aux technologies de communication, où la déconnexion est vue comme une tentative de trouver une réponse et d’essayer de maitriser l’abondance récente des technologies de communication dans notre vie. Cependant ces tentatives éventuelles restent à la marge et sont minoritaires, et ponctuelles. Le plus souvent, elles ont pour but d’échapper au stress du résultat, au contrôle exercé par son manager, et à l’envie de ne pas se laisser bousculer par un surplus d’informations. Elles permettent alors de prendre du temps pour soi, et de retrouver un rythme plus calme, et plus adéquat.

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC) sont également vues comme porteuses de nombreuses promesses, et cela crée des injustices et des exclusions avec des personnes qui peuvent avoir accès à ces technologies, et d’autres qui n’y ont pas accès. Une « fracture numérique » peut ainsi apparaître selon Jauréguiberry, entre les personnes inclues, et exclues.

Quand les technologies débarquent, il existe et il existera toujours un effet de mode, une effervescence, l’envie de tester ces nouveautés, mais au fil du temps et des années, ce plaisir de la découverte et de la connexion laisse de plus en plus souvent la place à un désir de déconnexion.

Le syndrome du « zappeur » est de plus en plus prédominant, nous voulons être connectés partout, tout le temps, à tout moment de la journée, par peur de rater un moment ou une annonce importante, nous avons de plus en plus de mal dans nos choix car ils sont souvent hâtifs, et pris sur l’instants, nous avons moins de recul dans nos décisions, pensées ou analyses que par le passé, et le jugement est souvent beaucoup plus éphémère qu’avant.

Les technologies augmentent les inégalités entre les classes sociales, alors qu’on pouvait souhaiter l’inverse en les utilisant, de même elles devaient permettre de gagner du temps, or les personnes qui souhaitent se déconnecter sont de plus en plus nombreuses et rapportent souvent le fait qu’elles sont débordées et prises par le temps consacré à ces technologies, qui sont ainsi très souvent vues comme très chronophages. La déconnexion est un symbole de ce qu’est devenu l’homme moderne, alternant entre connexions et déconnexions, et devant trouver le juste milieu pour ne pas en subir des conséquences néfastes les et l’homme moderne doit toujours garder une longueur d’avance dans sa réflexion et ses choix.

La connexion doit donc auparavant être maitrisée pour ne jamais se retrouver dans le cas d’une « hyperconnexion déstructurante ou d’un burn-out.14 »

Burgogue-Larsen (2009) souligne que comme dans toutes ses activités, l’homme est « l’artisan du meilleur comme du pire15 » et les nouvelles technologies n’échappent pas à la règle. Celles-ci sont ainsi porteuses de diverses qualités et possibilités rendues accessibles à tous, mais comprennent à la fois de nombreux dangers.

Elle évoque le pouvoir global de ces technologies qui n’en finit pas d’augmenter. La politique est également totalement modifiée depuis l’apparition d’internet, et il est aujourd’hui indispensable de prendre en compte cet élément en politique. Elle souligne le langage fleuri qui peut fréquemment y survenir, l’intimité qui n’est pas toujours respectée, la mise à nu régulièrement débridée, et les droits et libertés fréquemment bafoués. Elle emploie des termes assez forts vis-à- vis des nouvelles technologies, en associant régulièrement le mot « tyrannie » à celles-ci, et elle évoque la transparence continue souhaitée et rendue permise par ces moyens de communication. Nous avons en effet envie de tout avoir tout de suite, en un clic et si possible de manière gratuite.

Également, Loret en 2003, souligne que le sport que l’on a connu par le passé n’existe plus aujourd’hui et qu’il s’est transformé, avec plusieurs évolutions.

L’arrivée de la télévision et des médias dans le sport a bouleversé les pratiques, et notamment beaucoup de règles dans différents sports, dans le but de moderniser ces sports et de les rendre plus attractifs, plus spectaculaires, plus télévisuels.

La première évolution est donc selon lui une « téléspectacularisation du sport ».

Il y a eu également une évolution technique avec l’évolution de l’enseignement du sport dans le monde, l’apparition de nouvelles pratiques, de nouveaux sports, et de nouvelles tendances. Ceci est la deuxième évolution : l’évolution « technique » du sport.

La troisième évolution est celle qui semble déboucher vers des perspectives infinies, à savoir l’évolution « technologique » du sport, les matériaux, objets et éléments présents dans chaque sport n’en finissent plus de s’améliorer sous l’effet de l’innovation perpétuelle et des nouvelles technologies crées par les ingénieurs.

La quatrième évolution est l’évolution juridique et institutionnelle, devenue nécessaire depuis que le sport est « devenu un secteur économique à part entière16 ».

La cinquième et dernière évolution est l’évolution culturelle, notamment dans tout ce qui est relatif à l’apparition des marques et publicités relatives aux sports et à ses produits dérivés.

Depuis les années 1980, on assiste à un grand changement dans les pratiques sportives, avec l’apparition de sport alternatifs (surf, VTT, roller, escalade, skate...) de cybersports (issues de la réalité virtuelle) également, et cela a totalement bousculé nos pratiques en nous offrant également une immense variété de possibilités.

L.Robène revient quant à elle, en 2017, sur les raisons qui ont conduit à la multiplication des technologies dans le sport. Celles-ci sont souvent instaurées dans le but de résoudre des problèmes, d’améliorer le confort des sportifs, ou de faciliter leurs performances.

Les technologies répondent sans cesse aux besoins des utilisateurs et à la demande incessante, dans tous les domaines, dans une société de consommation qui n’a jamais été aussi présente.

Le domaine des transformations possibles semble infini, mais parfois la technologie va trop vite et il est obligatoire de la freiner. Elle cite l’exemple de la natation et des combinaisons en polyuréthane (matériau révolutionnaire) qui ont permis d’améliorer des dizaines de record du monde il y a quelques années, et qui ont ensuite été interdites, car quasiment tous les records du monde avaient été battus, et les instances ont eu l’impression que cela faussait les réelles performances des athlètes, et que l’apport du textile était trop important.

Il existe donc des limites que l’on ne peut pas encore franchir pour le moment, mais selon l’auteur ces limites « s’adaptent à l’époque17 » et il est probable que d’ici quelques dizaines d’années, nous n’ayons pas les mêmes limites, ainsi des technologies aujourd’hui interdites pourraient se retrouver autorisées ou pourraient se démocratiser par la suite.

2) Cadrage méthodologique

Mon travail de recherche, à visée qualitative a utilisé deux types d’outils en ce qui concerne le protocole de recueil de données. L’outil principal a été les entretiens individuels semi-directifs. C’est sur cet outil qu’est basée cette étude. J’ai choisi ce type d’entretiens pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, c’est un sujet qui n’a pas été beaucoup traité dans la littérature et où nous n’avons pas encore assez de données précises sur lesquelles s’appuyer. L’entretien individuel semi-directif permet de garantir la spontanéité et la liberté de réponse chez les interviewés, et il permet une précision plus importante des réponses grâce à la présence de questions ouvertes. Cette méthode est donc utile pour rentrer dans le détail, et en profondeur sur certains thèmes.

En ce qui concerne les relances possibles et le traitement des questions, cette méthode a permis également davantage de souplesse.

Déroulement des entretiens et limites constatées :

Un guide d’entretien a donc été établi en amont (cf. Annexe 1) pour recueillir les impressions de chaque interviewé sur des thèmes et questions préparés à l’avance. Pour l’hétérogénéité de l’échantillon, j’ai pu disposer de réponses provenant de sportifs de haut niveau, et de sportifs amateurs. Mon échantillon total fut composé de 20 entretiens semi-directifs. Ces entretiens individuels et semi-directifs ont duré de 25 à 30 minutes, en moyenne.

Chacun de ces entretiens abordaient six thèmes majeurs (cf. Annexe 1).

Ces 6 thèmes étaient les suivants :

- Démarrage de l’activité
- Analyse de la pratique actuelle
- Rapport à la performance
- Place des objets connectés dans la pratique
- Rapport à la technologie dans la vie quotidienne
- Avis sur les applications et objets connectés dans le running.

Chaque thème était composé de différentes questions, dans le but de rentrer au maximum en profondeur dans le sujet, pour avoir le plus de détails possibles. Cependant, il ne fallait pas qu’il y ait non plus trop de questions potentielles car il est difficile de se faire accorder beaucoup de temps, lorsqu’nous sommes un inconnu, aux yeux de quelqu’un.

Pour faciliter l’acceptation de certains répondants, j’ai eu la chance de connaître personnellement quelques sportifs de haut niveau, à savoir Hugo Hay, Baptiste Jard, et Hugo Houyez, qui participent régulièrement à des compétitions à l’échelle nationale ou européenne, ainsi qu’un autre répondant pratiquant régulier de course à pied, nommé Jean Uminski. 4 des 20 répondants étaient donc des personnes que je connaissais en amont de ce travail.

De plus, il est à noter qu’il était difficile d’interrompre les sportifs lors de leur pratique, et j’ai donc procédé d’une manière simple. J’ai pour cela choisi des personnes ayant fini leur activité (et reconnaissables généralement au fait de pratiquer des étirements, ou étant en « récupération », en train de marcher).

Certaines personnes avaient assez de temps devant elles à m’accorder pour réaliser les entretiens, directement le jour-même, au sein du Parc de la Tête d’Or, mais d’autres avaient moins de temps, ce qui m’a conduit à définir avec elles un autre créneau sur lequel ils avaient plus de temps, et sur lequel je pouvais les retrouver pour les interroger.

Pour obtenir mon échantillon, le travail lié aux observations fut plus que nécessaire. En effet, j’ai essayé au maximum de trouver des personnes, n’utilisant visiblement pas d’objets connectés.

De plus, il me fallait des personnes s’entraînant au minimum 3 fois par semaine, afin de rester dans mon idée d’interroger seulement des pratiquants réguliers, ce qui a fait que je me suis basé aussi sur leur apparence physique et leur équipement (chaussures, tenue...), pour essayer d’estimer au mieux cela. Cela n’a bien sur pas toujours été une réussite et j’ai dû à plusieurs reprises renoncer à des entretiens, lorsque les personnes m’ont indiqué qu’elles ne couraient qu’une ou deux fois par semaine.

En ce qui concerne le taux d’acceptation, il a été d’environ 66%. 2 personnes sur 3 en moyenne acceptaient ma proposition d’entretien.

Le second outil qui m’a permis de recueillir des données fut l’observation. L’observation est intervenue pour compléter les entretiens semi-directifs, et donc sélectionner également 16 des 20 personnes de mon échantillon. Les entretiens ont été essentiels dans cette étude puisque permettant d’obtenir des informations et résultats précis sur les coureurs interrogés, et offrant la possibilité de recueillir des impressions et pensées, invisibles à l’œil nu.

Il était intéressant toutefois d’utiliser un deuxième outil de recueil de données, afin de pouvoir confronter les données des entretiens semi-directifs face à la pratique globale observée lors de mes différentes séances d’observation au Parc de la Tête d’Or, l’observation établissant ainsi une analyse beaucoup plus générale du comportement des coureurs vis-à-vis de la présence de la technologie dans leur pratique, en se basant essentiellement sur des aspects visuels et identifiables.

En utilisant ces deux outils, le but était de profiter de leur complémentarité afin de pouvoir réduire au maximum les limites et les biais de chacun d’entre eux.

Déroulement des observations et limites constatées :

En ce qui concerne les observations, j’ai donc au préalable créé une grille d’observation (cf. Annexe 2) afin d’observer de manière visuelle les comportements des pratiquants grâce à plusieurs critères analysés (attitude gestuelle, attitude générale, rythme de la pratique, accessoires utilisés, comportement social...) et j’ai par la suite réalisé mes observations sur 450 pratiquants, en m’installant assis sur un rebord près de l’entrée des Enfants du Rhône, dans le parc, avec ma grille d’observation sous la main, afin de procéder au comptage.

Cela a été parfois plus difficile de noter les personnes qui avaient un rythme de course extrêmement rapide, et où il était du même coup parfois assez compliqué de voir s’ils avaient par exemple une montre connectée ou s’ils utilisaient leur smartphone dans leur pratique.

Une autre difficulté a été que j’ai pu parfois, par inadvertance croiser une même personne à plusieurs reprises sur un ou différents créneaux de mes observations, et ne pas me rendre compte que cette même personne était passée plusieurs fois, étant donné le nombre très élevé de personnes différentes observées, durant chaque créneau.

En ce qui concerne le critère identifié comme « l’utilisation du smartphone », et lorsque les personnes avaient des écouteurs ou un casque, ainsi que leur smartphone, il n’était pas possible d’avoir la certitude exacte que les coureurs qui passaient devant moi utilisaient ce même smartphone pour utiliser également une application connectée, tout en écoutant leur musique, ou alors s’ils avaient simplement fait le choix de courir uniquement avec leur musique. Il y a donc forcément un doute, qui subsiste à ce niveau-là.

En revanche, certains coureurs avaient uniquement leur smartphone, mais sans disposer d’écouteurs ni de casque, ce qui peut laisser supposer que ceux-ci avaient lancé une application connectée sur leur smartphone.

Pour ce qui est du rythme de la pratique, ce fut un critère assez subjectif, en effet une pratique peut être jugé lente pour un observateur mais ne l’est pas forcément pour une autre personne, et j’ai réalisé cette observation durant les quelques mètres où les « runners » passaient en courant devant moi, ce qui n’est pas forcément représentatif de leur allure pendant le tour complet du parc, qui représente près de 4 kilomètres.

Le terrain :

En ce qui concerne le terrain, mes entretiens semi-directifs et mes observations se sont déroulées en très grande partie, dans le haut lieu de la course à pied au sein de l’agglomération lyonnaise à savoir le Parc de la Tête d’Or à Lyon. Ceci m’a permis d’augmenter la représentativité de mon étude malgré un échantillon assez faible (20 entretiens), lié à la méthode employée (entretiens semi-directifs individuels) en prenant ainsi un lieu où les profils seront également différents (sportifs de haut niveau, sportifs amateurs, sportifs loisirs...) tout en gardant toutefois des personnes dont la caractéristique majeure et commune à chacun d’entre eux, était qu’ils effectuaient tous au moins trois séances de course à pied par semaine.

Mode de traitement des informations :

Pour ce qui est des entretiens semi-directifs, il a fallu procéder à différents codages pour synthétiser au maximum les réponses obtenues par tous les interrogés, sur les différents thèmes, afin de regrouper ensuite les résultats, et cela a permis l’obtention de plusieurs pistes d’analyses sur différents aspects : les points communs enregistrés sur le panel des interrogés, des oppositions marquées sur l’utilisation des technologies dans la pratique de la course à pied, ainsi que la création de différents profils distincts de coureurs.

II. Les résultats de l’enquête

1) Des similitudes dans le panel des pratiquants interrogés

Tout d’abord, il est à noter que sur mes 20 interrogés, 12 d’entre eux ont affirmé pratiquer la course à pied de manière individuelle, soit à chacune de leur sortie ou majoritairement, soit 60%, soit un chiffre qui se rapproche quelque peu des 87% de personnes courant seul lors des observations effectuées du Parc de la Tête d’Or, et montrant que le running reste majoritairement une pratique individuelle. 8 des interrogés courent quant à eux très régulièrement avec une ou plusieurs autres personnes, cependant sur ces 8 personnes, 4 pratiquent la course à pied en club, ce qui implique quasi obligatoirement une pratique plutôt collective de la discipline.

En dehors des trois athlètes de haut niveau interrogés et de Jean Uminski, nous avons pu constater que la pratique du running en club ne semble absolument pas répandue dans les interrogés, puisqu’aucun des 16 autres interrogés ne pratiquait cette activité en club, le plus souvent en fonction des contraintes que cela imposerait, notamment au niveau « du temps » ou le fait de « dépendre d’un coach », et de ne plus « courir pour soi-même ».

La très grande majorité des pratiquants souhaite donc garder un sentiment de liberté dans leur pratique en ne s’inscrivant pas dans un club, afin de garder la possibilité de s’entraîner quand ils le souhaitent, et quand ils le veulent. 2 interrogés seulement (Erwan et Ludwig) ont déclaré ne faire attention ni au temps, ni à la durée, ni à la distance lors de leurs sorties, pour diverses raisons.

Pour Erwan, le chronométrage, la durée, ou la distance au niveau du kilométrage, n’ont pas vraiment d’importance et d’intérêt, et nous le constatons avec ses propos : « Je ne prends même pas mon téléphone pour aller courir, je me base uniquement sur mes sensations et mon ressenti quand je vais courir ».

Erwan et Ludwig, ont tous les deux pris l’habitude de pratiquer leurs sorties sur les mêmes distances, en faisant « les mêmes parcours et chemins à chaque fois », ce qui les a habitués à avoir certains repères et certains réflexes à ce niveau-là, entraînant la conséquence de n’utiliser aucun appareil dans leur pratique, y compris une montre classique.

En revanche, en ce qui concerne les 18 autres interrogés, un ou plusieurs de ces facteurs a été relevé comme important à chaque fois, prouvant qu’il est tout de même très difficile de ne pas du tout regarder la performance réalisée, que ce soit en termes de durée, de distance, ou d’allure.

Tous les interrogés, sans exception, ont indiqué faire attention à leur hygiène de vie, et que cela allait selon eux « de pair » avec leur pratique, avec toutefois des degrés différents et des personnes qui s’autorisent plus de « plaisirs » alimentaires que d’autres, ceci variant en fonction des différents objectifs de chacun et la volonté de réaliser des performances, ou de s’inscrire dans une logique de perdre du poids par exemple.

Tous se sont rejoints sur quelques avantages que peuvent avoir les applications ou objets connectés, ceux-ci permettant de disposer d’un suivi et d’un historique de toutes les sorties réalisées, de constater des évolutions potentielles ou des progrès effectués, et de « laisser une trace » des séances accomplies, pour que celles-ci « ne soient pas perdues ».

Les nombreux indicateurs de suivi possiblement obtenus grâce à ce type d’objets ou d’applications ont également été mentionné à maintes reprises, avec la possibilité de disposer d’informations sur la vitesse moyenne, l’allure, le kilométrage, la distance parcourue...

A l’inverse, la fonction liée à la fréquence cardiaque est régulièrement délaissée ou peu utilisée, pour cause d’une fiabilité assez médiocre, sous réserve d’avoir l’équipement adéquat et adapté à ce type de fonction recherchée.

Exceptés Baptiste Jard, et Hugo Hay, sportifs de haut niveau, tous les interrogés déclarent qu’il pourrait être possible de ne pas utiliser d’objets connectés ou d’applications connectées dans leur pratique, cependant nous pouvons nous demander si dans les faits, cela serait réellement le cas, car il est toujours compliqué d’arrêter des habitudes prises depuis un long moment.

Baptiste et Hugo, pourraient selon eux, difficilement progresser à leur niveau de compétition sans l’utilisation de ces objets.

2) Des oppositions vis-à-vis de l’utilisation de la technologie dans la pratique

Oppositions sociales et culturelles :

Les interrogés se rejoignent globalement sur la technologisation actuelle massive de la société, et sont conscients que nous sommes dans une période où notre société nous rend tous de plus en plus connecté.

Cependant, les interviewés n’ont pas tous le même rapport à la technologie, et il a régulièrement été noté pour plusieurs d’entre eux que ce serait essentiellement une « histoire de génération », et que nous sommes fortement influencés par la génération avec laquelle on grandit.

Certains sont pleinement connectés, que ce soit dans leur pratique, ou dans la vie en général, car ils estiment avoir grandi dans une société qui a conduit à cela.

Hugo Hay, 22 ans témoigne ainsi qu’il est connecté « Comme quelqu’un né à la fin des années 90, sans plus ni moins », montrant ainsi qu’il semble exister une réelle banalisation de la technologie actuellement. Implicitement, cela peut suggérer que notre époque a rendu presque obligatoire ou nécessaire le fait d’être connecté, et que nous subissons d’une certaine manière les modes et tendances contemporaines.

Anthony, 23 ans, poursuit sur la même longueur d’ondes en indiquant : « Je pense que notre génération peut difficilement y échapper », exprimant la difficulté selon lui de s’extirper d’une certaine norme.

Pierre, 37 ans, révèle ce même sentiment en ajoutant qu’il est globalement connecté dans sa vie « pour suivre la technologie quand même car c’est notre époque puis ça permet de rester en contact avec les gens aussi », symbolisant une fois de plus que ce choix est fortement connoté par la société actuelle et qu’il est difficile de passer outre tout cela.

[...]


1 Feirouz Boudokhane-Lima, « L’usage des objets connectés dans le cyclisme : étude sur les tendances et les pratiques émergentes », Revue française des sciences de l’information et de la communication [En ligne], 12 | 2018, mis en ligne le 01 janvier 2018, consulté le 06 mars 2019.

2 Berthelot, C. (2018, 16 Décembre). Running 2.0 : quelles sont les nouvelles tendances ? Consulté sur https://mbamci.com/running-connecte-nouvelles-tendances/

3 Chan, M. (2015, 23 Février). Running et objets connectés. Consulté sur https://www.lecoinforme.com/running -objets-connectes

4 https://fashionunited.fr/actualite/business/le-marche-du-running-continue-d-exploser/2018031215107

5 Comparatif réalisé sur les six applications connectées les plus utilisées dans le monde en 2019 dans la pratique du running.

6 http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/2018/04/04/32001-20180404ARTFIG00241-le-marche-des-objets- connectes-decolle-enfin-en-france.php

7 Andrieu, Bernard. La langue du corps vivant : Emersiologie, t. 2. Vrin, 2018.

8 Pociello C. Les cultures sportives. 1995

9 Benoît Godin and Dominique Vinck (eds) (2017) Critical Studies of Innovation: Alternative Approaches to the Pro­Innovation Bias. Cheltenham, UK: Edward Elgar Publishing.

10 Verchère, R. (2016). Les innovations technologiques dans le sport enrichissent-elles l’expérience corporelle Corps, 14(1), 115-122.

11 Milon, Alain. La réalité virtuelle : Avec ou sans le corps ? Paris: Editions Autrement, 2005.

12 Andrieu, B. (2007). Contre la désincarnation technique : un corps hybridé ? Actuel Marx, 41(1), 28-39.

13 Le Breton, D. (2002). Vers la fin du corps : cyberculture et identité. Revue internationale de philosophie, 222(4), 491-509.

14 Jauréguiberry, F. (2014). La déconnexion aux technologies de communication. Réseaux, 186(4), 15-49.

15 Burgorgue-Larsen, L. (2009). Les Nouvelles Technologies. Pouvoirs, 130(3), 65-80.

16 Loret, A. (2003). L'intégration par le sport au risque de l'innovation sportive. Empan, no51(3), 39-47.

17 Robène, L. (2017). Technologies et techniques des sports : le regard de l’histoire et des sciences humaines et sociales. Movement & Sport Sciences, 97(3), 1-7.

Fin de l'extrait de 139 pages

Résumé des informations

Titre
La non-utilisation des technologies connectées dans le cadre d’une pratique régulière de la course à pied. Une décision rationnelle et réfléchie ?
Note
12
Auteur
Année
2019
Pages
139
N° de catalogue
V947168
ISBN (ebook)
9783346316202
ISBN (Livre)
9783346316219
Langue
Français
Citation du texte
Alexandre Alvarez (Auteur), 2019, La non-utilisation des technologies connectées dans le cadre d’une pratique régulière de la course à pied. Une décision rationnelle et réfléchie ?, Munich, GRIN Verlag, https://www.grin.com/document/947168

Commentaires

  • Pas encore de commentaires.
Lire l'ebook
Titre: La non-utilisation des technologies connectées dans le cadre d’une pratique régulière de la course à pied. Une décision rationnelle et réfléchie ?



Télécharger textes

Votre devoir / mémoire:

- Publication en tant qu'eBook et livre
- Honoraires élevés sur les ventes
- Pour vous complètement gratuit - avec ISBN
- Cela dure que 5 minutes
- Chaque œuvre trouve des lecteurs

Devenir un auteur